Emirates Team New Zealand gagne les Extreme Sailing Series de Boston et prend la tête du championnat

Dean Barker et son équipage sur Emirates Team New Zealand ont réalisé un joli coup lors de l’ultime régate des Extreme Sailing Series de Boston ; en prenant la seconde place, les néo-zélandais empochaient les points comptant double et reléguaient Terry Hutchinson et l’équipage d’Artemis à  la seconde place à 4 points derrière Emirates Team New Zealand.

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L’équipage d’Artemis perd donc cette étape après avoir mené depuis le premier jour, une déception pour le skipper américain qui aurait souhaité s’imposer devant son public lors du jour de la fête nationale célébrant l’indépendance des USA :  » Comme je l’ai dit hier, il y a une seule manche qu’il est interdit de perdre, la dernière. Nous étions très bien placés à la première marque, mais le vent à pris de la gauche et 4 bateaux sont passés devant. Je suis déçu mais je tiens à féliciter Emirates Team New Zealand, ils ont fait un super boulot et n’ont rien lâché. Je suis désolé pour les nombreux fans qui nous ont soutenu pendant ces 5 jours de compétition, ils auraient mérité cette victoire, surtout en ce jour d’Indépendance Day. »

Cette victoire d’étape est la première pour les néo-zélandais qui enchainent les podiums depuis le début de la saison, Dean Barker :  « Les conditions de navigation ont été très difficiles ici, « expliquait Dean. « Déjà à Istanbul, la finale avait été très serrée et c’est agréable cette fois d’en sortir victorieux. Boston était un très bel événement,  la ville est sublime et le public a été fantastique. »

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The Wave, Muscat et son nouveau skipper Leigh McMillan complète le podium : « J’ai du mal à y croire, je sautais partout et hurlais comme un gosse quand nous avons coupé la ligne d’arrivée. C’est génial pour l’équipe, une sacré récompense. »

Côté français, Groupe Edmond de Rothschild réalise une contre performance avec une cinquième place, les hommes du Gitana Team ont manqué de régularité sur ce grand prix, enchainant des victoires avec des dernières places, Pierre Pennec : «J’ai eu des passages à vide cette semaine et sur les Extreme Sailing Series, le niveau est tel que je ne peux pas me le permettre. Je me suis peut-être mis un peu trop de pression en arrivant ici et il va falloir que je trouve le bon dosage entre la pression saine du compétiteur et celle qui déstabilise. A bord, nous ne parvenions pas à trouver les solutions pour retrouver notre niveau mais hier soir, lors de notre débriefing, nous avons eu une discussion calme mais très franche et cela m’a beaucoup aidé pour cette dernière journée. J’aime cette franchise car elle nous fait progresser. Mes équipiers sont très forts, ils savent tout faire, et pour le reste ça se passe dans la tête. Il faut que j’arrive à me libérer sur l’eau comme cela a été le cas sur les dernières manches aujourd’hui.»

L’équipage de Groupe Edmond de Rothschild perd donc sa place de leader au général au profit d’ETNZ, Artemis est second avec 1 point d’avance sur les français.

Les Extreme 40 se retrouveront pour de nouvelles régates à Cowes du 6 au 12 août.

Classement de l’Extreme Sailing Series 2011 après quatre Grands Prix
1.Emirates Team New Zealand (NZ) – 39 points
2. Artemis Racing (SWE)  –  37 points
3. Groupe Edmond de Rothschild (FRA) –  36 points
4. Luna Rossa (ITA) – 33 points
5. Red Bull Extreme Sailing (AUT) – 28 points
6. The Wave, Muscat (OMA) – 27 points
7. Alinghi  (SUI) –  24 points
8. Oman Air (OMA) – 15 points
9. Team Extreme (EUR) – 9 points
10. Niceforyou (ITA) – 9 points
11. Team GAC Pindar (GBR) – 7 points

Interview de Tanguy Cariou (Alinghi)

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Tanguy Cariou, tacticien du D35 et skipper de l’Extreme 40 Alinghi a accepté de répondre aux questions de Voile-Multcoques, concernant le début de saison de l’équipe suisse sur les deux circuits multicoques sur lesquels le team est engagé (Vulcain Trophy et Extreme Sailing Series).

Voile-Multicoques.com : Tu navigues depuis 2007 sur le D35 Alinghi, en tant que tacticien. Quelles sont les particularités du Lac Léman, ce lieu de régates assez particulier ?

Tanguy Cariou : Même si le lac est grand, les vents sont très instables et les prévisions difficiles.
On a soit l’influence des  flux d’ouest lorsque des perturbations océaniques attaquent la façade atlantique et traversent toute la France, soit un vent de nord Est quand il y une influence thermique.
Le petit lac (entre Yvoire et Genève) est en théorie la partie la plus ventée du plan d’eau.
Les conditions sont assez particulières avec des vents changeants en direction et en intensité. Il faut donc être opportuniste, les régates ici ne sont jamais jouées avant la ligne d’arrivée !

Baptiste Morel/Voile-Multicoques.com

Alinghi a toujours terminé sur le podium du championnat de Decision 35. Vous pointez en 3ème position du classement provisoire (après le Bol d’Or), quels sont vos adversaires les plus redoutables ?

A l’heure actuelle ce sont principalement les équipages qui viennent de l’étranger. Ces équipes sont structurées et organisées, et possèdent des moyens techniques et humains importants, comme Foncia et Artemis.
Le CER, le centre d’entrainement à la régate de Genève, effectue sa première saison sur le circuit, mais a également une approche très professionnelle, ils naviguent avec envie et passion, ce qui fait d’eux des concurrents redoutables.
Le Challenge s’est peu à peu professionnalisé, à quel niveau le situes-tu par rapport à un circuit international tel que les Extreme  Sailing Series sur lequel est également engagé Alinghi ?

Ces deux championnats sont assez difficiles à comparer, car les concepts sont différents.
Le D35 est un catamaran monotype mais les équipes peuvent travailler sur les voiles en respectant la jauge et un nombre de boutons par an contrairement à l’Extreme 40 où l’ensemble bateau et voiles est monotype.
Le travail de développement sur les voiles des D35 est donc important, nous disposons de plusieurs gennakers (creux, plats) même si nous ne pouvons en embarquer qu’un sur le bateau, d’un code 0, de solents.

Mais la plus grosse différence est qu’un manche de D35 dure 45 minutes à une heure, alors qu’une manche d’Extreme 40 ne dépasse pas 7 à 15 minutes. Au niveau intensité l’Extreme 40 est assez proche du match racing, le D35 est un peu plus proche d’une régate conventionnelle.

Pour faire une comparaison avec le ski,  le D35 est un slalom géant avec un parcours dans l’axe, une piste et des skis bien préparés, l’Extreme 40 serait plus du boardercross, avec une piste plus « surprenante ».

 Les D 35 naviguent depuis sept ans dans un cadre monotype, reste-t-il des améliorations possibles à apporter au catamaran, ou s’oriente-t-on vers un changement de classe ?

Sur les cinq dernières années, le bateau a peu évolué, il pourrait bien sûr être « relooké » avec des grands voiles à cornes, des lignes plus tendues à l’avant, ce qui améliorerait les performances.
Mais il faut conserver le compromis entre performances sportives et contraintes économiques. Jusqu’ici le circuit se portait bien, le nombre de bateaux est passé de 12 en 2010 à 10 réguliers cette saison, le circuit se déplacera en Méditerranée, je ne sais pas si les dix seront présents pour ces deux dernières étapes.
Il faudra suivre l’évolution, voir si le relookage apporterait une nouvelle vie à la classe ou si il faut continuer sur ces bateaux avant d’envisager un nouveau circuit.

Baptiste Morel/Voile-Multicoques.com

Deux étapes du Vulcain Trophy seront courues en Méditerranée en fin de saison, cette nouveauté peut-elle changer la donne par rapport à un championnat classique couru exclusivement sur le Léman ?

Complétement, l’intérêt de ce circuit est de courir sur des multicoques très pointus à régler, très performants, dans des conditions très changeantes sur le lac ; sur ces plans d’eau ouverts en Méditerranée, nous allons probablement rencontrer des vents plus réguliers, des conditions plus stables. Au niveau tactique les possibilités seront peu être un peu plus limitées, nous pouvons aussi imaginer  des manches avec plus de vagues, ce qui sera probablement difficile sur ces bateaux. La découverte sera probablement intéressante, il faudra ensuite en tirer les conclusions à la fin de la saison.

Quel a été le programme d’entrainement d’Alinghi avant le début du Vulcain Trophy ?

L’équipe est constituée des mêmes personnes depuis maintenant 4 ou 5ans, ce qui constitue un point positif, car le support est bien connu, comme le plan d’eau, avec des vents changeants. Il est donc difficile de faire de bonnes sessions d’entrainement, nous essayons donc de faire du qualitatif avec 30% de navigations seul et 70% sur des parcours avec d’autres équipages, ce qui correspond à une quinzaine de jours d’entrainements avant la saison.

Alinghi est engagé sur l’autre grand circuit de régates en multicoque, les Extreme Sailing Series, l’équipe est actuellement en 7ème position du classement provisoire, quelles sont vos ambitions pour cette saison ?

Nos ambitions sont clairement meilleures que notre place actuelle, Alinghi est une équipe avec une histoire importante et riche sur les dix dernières années, depuis la fin de la 33ème Coupe de l’America en février 2010, la structure de l’équipe a beaucoup évolué en passant de 150 à une petite dizaine de personnes.

Nous avons voulu nous engager sur ce circuit Extreme 40 pour maintenir la compétitivité d’Alinghi en étant présent sur un circuit international.

Une grande partie de l’équipage a découvert ce circuit lors de la première étape à Oman, nous avons maintenant fait un tiers de la saison, et les trois épreuves courues ne correspondent pas à nos attentes, nous pouvons objectivement faire mieux que lors de ces trois étapes.

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Quelle est la plus grande difficulté sur ce circuit ? L’exiguïté des plans d’eau, le format court des régates etc ?

Tout est difficile sur ce circuit, d’abord l’intensité, avec des manches très courtes, nombreuses, avec  peu de temps entre celles-ci, sur des plans d’eau très petits avec beaucoup de bateaux et un niveau assez élevé.

C’est un circuit où chaque régate est un combat, il faut se battre, attaquer, être agressif, parfois avec de la réussite, d’autre fois sans, nous faisons des erreurs, mais nous devons tout de suite passer à la régate suivante. Nous pouvons difficilement analyser entre les manches, prendre du recul.

J’ai fait différentes choses (Coupe de l’America, multicoque ORMA, Jeux Olympiques, Tour de France, match-racing),  mais ce circuit montre immédiatement les forces et les faiblesses des équipages : manque de puissance, d’agressivité, de gestion etc, ce qui est parfois moins flagrant sur d’autres compétitions.

Tu as participé à deux America’s Cup (en 2003 et 2007 avec les défis français), que penses -tu de la prochaine avec le passage au multicoque ?

C’est une évolution normale des choses, les dernières éditions de la Coupe de l’America en monocoque ne correspondaient pas au niveau actuel de la technologie en matière de voile.
Le programme est ambitieux par rapport au contexte économique, avec des séries annuelles (America’s Cup World Series), nous verrons combien de participants accèdent aux sélections des challengers.

Un avis sur les catamarans monotypes AC 45 à ailes rigides qui naviguent depuis quelques mois ?

Les bateaux ont l’air réussi, même si les retours sont peu nombreux, mais les images sont intéressantes.
L’aile amène de l’évolutivité à la plate forme, ce qui compense les faiblesses des multicoques.

Tu as navigué sur 60′ ORMA pendant plusieurs saisons, que penses-tu du nouveau circuit qui est amené à le remplacer et des nouveaux trimarans monotypes MOD 70 ?

J’ai eu l’opportunité de naviguer sur le MOD n°1 (barré par Steve Ravussin), le bateau est très bien conçu et s’adaptera très bien à des traversées de l’Atlantique ou à des tours de l’Europe, qui seront de belles épreuves.
Les courses en multicoques océaniques manquent au paysage vélique actuel.

Jean Pierre Dick et Virbac Paprec sur Extreme 40 à Nice

Jean Pierr Dick, qui a remporté la Barcelona World Race avec Loick Peyron, alignera un Extreme 40 lors des Extreme Sailing Series de Nice en octobre  comme le dévoile le skipper : « Enfin en septembre, mon regard et celui de Jérémie Beyou seront tournés vers la Transat Jacques avec des entraînements au large et deux courses en multicoque : le Trophée Clairefontaine et le grand prix de Nice en Extreme 40 . »

Les rumeurs faisaient état d’un engagement du team Virbac Paprec sur le circuit MOD, cette première prise de contact sur un circuit multicoque international est en faveur de ces bruits de ponton, qui plus est le programme IMOCA de Jean Pierre Dick serait tout à fait compatible avec celui du Multi One Championship.

Victoire d’Artemis, devant ETNZ et Groupe Edmond de Rothschild

Après 5 jours de régates et 43 manches courues (un record dans cette classe) ; ce sont finalement les hommes d’Artemis Racing qui s’imposent sur cet Acte 3 des Extreme Sailing Series devant Emirates Team New Zealand et Groupe Edmond de Rothschild.

Tout s’est joué sur la dernière manche, dont le résultat compte double, au départ de cette ultime régate, Terry Hutchinson sur Artemis Racing comptait trois points d’avance sur Groupe Edmond de Rothschild et cinq sur  Emirates Team New Zealand mené par Dean Barker, ce dernier prenait un beau départ en tête de flotte, Artemis se retrouvait sous le vent de Groupe Edmond de Rotschild, les deux catamarans viraient de bord, mais les hommes du Gitana Team se voyaient contraints de virer de nouveau pour éviter un Extreme 40, Pierre Pennec et ses hommes perdaient alors cet acte 3, Artemis pouvant continuer sa route sans virer de nouveau. Emirates coupait la ligne en 1er, devant NiceForYou sur le dernier portant, Terry Hutchinson arrivait à passer Team GAC Pindar et terminait troisième de la manche, emportant l’Acte 3 devant ETNZ et Groupe Edmond de Rothschild.

A noter la contre performance d’Alinghi avec une septième place au général sur cette étape alors que  l’équipage de Yann Guichard pointait en tête à la fin de la seconde journée. Ils payent malheureusement une troisième journée ratée suite à une collision avec Team Extreme, Yann Guichard n’a pu éviter le contact à pleine vitesse, Alinghi effectuera cependant de très belles quatrième et cinquième journées.

Tanguy Cariou, skipper d’Alinghi : « Après deux premières manches plutôt moyennes, nous étions pas mal sous pression, nous avons essayé d’abattre mais avons perdu le contrôle du bateau et sommes rentré violemment en collision avec Team Extreme. Je suis tombé à l’eau et notre numéro a heurté un winch. Nous sommes bien sûr très déçus et désolés pour Team Extreme, mais malheureusement cela fait partie du jeu. »

Pierre Pennec, barreur de Groupe Edmond de Rothschild : « ce troisième Grand Prix de la saison était vraiment très intense. Courir quarante-trois régates, c’est prendre autant de départs avec beaucoup de pression sur nos épaules lors de ces phases toujours cruciales. Le cœur monte très haut tout au long de la journée et malgré toute cette tension nous devons rester concentrés, performants et réactifs. Ces Grand Prix vont me marquer longtemps dans ma vie de coureur. Au niveau intensité, cela n’a rien à voir avec d’autres épreuves. Ici, en une journée nous faisons bien souvent plus de manches qu’en une semaine de course sur d’autres séries ! Notre objectif majeur est d’être réguliers sur l’ensemble de la saison afin de remporter le titre annuel. Bien sûr, nous aimerions bien gagner chaque épreuve, car nous préférons toujours être sur la plus haute marche du podium, mais cela ne doit pas nous faire perdre de vue notre objectif. Et avec cette troisième place à Istanbul la mission est parfaitement remplie !»

Hervé Cunningham, le n°1 de Groupe Edmond de Rothschild  : « Ces deux équipages préparent la prochaine Coupe de l’America. Ce qui signifie qu’ils naviguent quasiment non-stop toute l’année que ce soit ici ou sur d’autres supports. Ils sont peut être « rookies » sur les Extreme mais c’est très loin d’être le cas dans l’absolu. Nous attaquons notre troisième année sur le circuit et c’est pourquoi notre progression sur l’eau est sûrement moins impressionnante que celles de certains de nos adversaires. Mais, Grand Prix après Grand Prix, l’équipage gagne en sérénité et en maîtrise, ce qui est extrêmement positif. Il nous reste encore à travailler, et heureusement »

© Lloyd Images

Classement à Istanbul
1 Artemis Racing 307
2 Emirates Team New Zealand 306
3 Groupe Edmond De Rothschild 296
4 The Wave, Muscat 274
5 Luna Rossa 272
6 Red Bull Extreme Sailing 254
7 Alinghi 245
8 Oman Air 245
9 Team GAC Pindar 237
10 Niceforyou 212
11 Team Extreme 188

Classement général 2011
1 Groupe Edmond De Rothschild 29
2 Emirates Team New Zealand 28
3 Artemis Racing 27
4 Luna Rossa 25
5 Red Bull Extreme Sailing 23
6 The Wave, Muscat 18
7 Alinghi 18
8 Oman Air 11
9 Team Extreme 8
10 Niceforyou 6
11 Team GAC Pindar 5

Artemis en tête à Istambul

La première journée de l’Acte 3 des Extreme Sailing Series™ à Istanbul en Turquie a été disputée par les 11 équipages avec sept courses et six vainqueurs différents.

Artemis Racing l’emporte avec un total de 52 points, avec un  point d’avance sur Luna Rossa (barré par le vainqueur de l’an dernier Paul Campbell James) et Alinghi troisième avec 47 points (et barré par Yann Guichard), second du championnat 2010 sur Gitana).

Alinghi, Emirates Team New Zealand, The Wave Muscat, Groupe Edmond de Rothschild, Team GAC Pindar ont tous remporté une manche, Luna Rossa en empochant deux,  Terry Hutchinson à la barre d’Artemis Racing s’est montré le plus régulier, ce qui semble la clef de réussite sur ce championnat où de nombreuses manches sont courues : « L’une des meilleure choses que nous avons faite a été de ne pas trop nous énerver quand nous n’étions pas gâté par les conditions. La dernière course était l’exemple parfait : nous nous sommes accrochés pendant la course et avons attendu qu’une opportunité se présente à nous pour la saisir.  Quand une jolie petite bascule est arrivée sur le parcours, nous y sommes allés en empannant tôt, je pense que nous avons passé trois bateaux en une seule manœuvre, c’était très très bien ! »

Team GAC Pindar remporte sa toute première manche cette année. Ian Williams, skipper, était réjoui de remporter sa première course dans des conditions si difficiles : « C’était un vrai challenge aujourd’hui, avec des conditions très instables, des vents parfois forts, parfois légers ce qui a rendu les choses vraiment compliquées. Remporter notre première victoire aujourd’hui, c’est super. C’était très serré avec Team Extreme mais au final, on s’est faufilé sur la ligne laissant Team Extreme terminer deuxième. »

Oman Air est bien placé en 4ème position devant Emirates Team New Zealand, The Wave et Groupe Edmond de Rothschild en 7ème position.

Pas d’inquiétude outre mesure du côté de l’équipage français, avec seulement 8 points de retard sur les hommes de tête, comme l’explique Hervé Cunningham, n°1 : « Il est vraiment difficile d’analyser ce plan d’eau et de tirer son épingle du jeu. Les eaux où nous naviguons sont encaissées entre deux collines, ce qui dans les faits nous donnent deux vents très différents en direction à gérer. D’où la difficulté d’appréhender le régime qui va rentrer dans les prochaines longueurs. Le plan d’eau marque peu et les risées sont vraiment dures à anticiper. Tout ce que je viens d’expliquer réclame d’être opportuniste et malheureusement d’avoir un peu de chance. Je n’ai pas la sensation que la chance ait été notre point fort aujourd’hui. Néanmoins, le bilan de la journée reste positif. Ca distribue beaucoup ici : nous avons pu voir un bateau gagner une manche et terminer dernier de la suivante… Les premiers bateaux, dont nous faisons ce soir partie, sont extrêmement serrés en termes de points. Nous allons nous bagarrer jusqu’au bout et ne rien lâcher car, comme nous le répétons souvent, en Extreme un seul point peut faire la différence.»

A partir de demain, les parcours seront plus courts, puisqu’ils les courses auront lieu devant la partie VIP pour la journée presse avant l’ouverture du village de course des Extreme Sailing Series au public, ce vendredi 28.

Etape mouvementée à Qingdao et 1ère victoire pour Luna Rossa

La première journée des Extreme Sailing Series de Qingdao s’était déroulée sans accrocs dans des conditions modérées, Dean Barker et ses hommes démontraient leurs qualités d’adaptation au multicoque en terminant la journée en tête du classement. Le skipper néo-zélandais a débuté son apprentissage du catamaran en octobre dernier sur un Extreme 40 lors de la dernière étape des Extreme Sailing Series avant de poursuivre les navigations sur des Class A et sur l’AC45 depuis quelques mois.

L’autre équipe engagée sur l’America’s Cup, Artemis, terminait seconde devant Red Bull, The Wave Muscat, les français du Gitana Team étaient malmenés en cette première journée en 7ème place derrière Alinghi et Luna Rossa.

Pierre Pennec et son équipage reprenait le dessus jeudi avec une cinquième place provisoire, ETNZ menait toujours la flotte devant Red Bull,  Alinghi et Luna Rossa ; Artemis sombrait à la 7ème place.

La journée de vendredi a été des plus mouvementées avec une collision entre Oman Air et The Wave Muscat lors de la première manche, puis pas moins de quatre chavirages (plus d’un tiers de la flotte), le premier à ouvrir la sérié était The Wave Muscat lors de la seconde manche du jour, Torvar Mirsky, qui débute dans la série après de longues années en match racing, heurtait le mât lors du chavirage, tout comme son tacticien, entrainant la casse de celui-ci, la cinquième et dernière manche du jour était de loin la plus animée avec les chavirages de Red Bull Extreme Saling, GAC Pindar et Oman Air. Ces chavirages sont probablement dûs à des conditions assez instables sur le plan d’eau, tant en force (15 noeuds établis, 25 en rafale), qu’en direction avec des bascules de 100°, comme l’expliquait Pierre Pennec : « Sur le plan d’eau, le vent a été très oscillant tant en force qu’en direction. Nous avons eu de 0 à 25 nœuds, avec une dominante de brise car nous avons eu de la pétole uniquement sur le début de la deuxième manche, et un vent très irrégulier en direction, avec des variations de plus de 100° occasionnées par les nombreux buildings qui encerclent le port. Les risées (rafales de vent brutales) demeurent ce qu’il y a de plus dangereux sur l’eau car malgré les réglages le bateau monte haut. Tout l’équipage était extrêmement concentré sur les écoutes et il m’annonçait sans cesse le vent à venir, ce qu’il se passait pour nos concurrents sur le plan d’eau et cela afin d’anticiper au maximum les éventuels problèmes »


Tous les équipages pouvaient être présents le lendemain dans des conditions nettement plus légères (5 noeuds) avec deux manches de match racing pour débuter la journée, puis quatre courses en flotte, Dean Barker perdait le leadership au profit de Luna Rossa, barré par Paul Campbell James (vainqueur du circuit l’année dernière), Alinghi poitait à la 3ème place devant Groupe Edmond de Rothschild.

La journée de dimanche était de nouveau décisive, les hommes de Pierre Pennec coiffaient l’équipage d’Alinghi et de Red Bull et obtenaient la 3ème place derrière Luna Rossa et Emirates Team New Zealand.

Au classement général, Groupe Edmond de Rothschild pointe toujours en tête devant ETNZ, qui fait de plus en plus figure d’outsider, Luna Rossa grâce à cette victoire  pointe à la 3ème place.

Classement de l’Extreme Sailing Series 2011 après le Grand Prix de Qingdao
1. Groupe Edmond de Rothschild (FRA) –  20 points
2. Emirates Team New Zealand (NZ) – 18 points
3. Luna Rossa (ITA) – 18 points
4. Red Bull Extreme Sailing (AUT) – 17 points
5. Artemis Racing (SWE)  –  16 points
6. Alinghi  (SUI) –  13 points
7. The Wave, Muscat (OMA) – 10 points
8. Oman Air (OMA) – 7 points
9. Team Extreme (EUR) – 7 points
10. Niceforyou (ITA) – 4 points

Artemis Racing sur tous les fronts

L’équipe Artemis Racing, challenger pour la Coupe de l’America met tous les moyens possibles pour se préparer au mieux à cette compétition en multipliant les navigations en multicoques.

L’équipe est engagé sur les Extreme Sailing Series, elle navigue depuis quelques semaines sur son AC45 à Auckland, elle devrait commencer très bientôt des sessions d’entrainements sur le 60′ ORMA (ex Gitana 12).

On apprend également aujourd’hui que Paul Cayard et ses hommes prendront part au Vulcain Trophy (ex Challenge Julius Baer) qui se court sur les catamarans D35. L’équipage se composé de :

Torbjorn Tornqvist (Skipper, Barre)
Julien Cressant (Embraque)
Paul Cayard (Tactique)
Sarah Gundersen (N°1)
Terry Hutchinson (Grand Voile)
Yvan Ravussin (Embraque)

Le Gitana Team s’impose à Muscate

Les Français de Groupe Edmond de Rothschild se sont imposés à Mascate après  32 manches disputées en 5 jours. Leader dès le premier jour, Pierre Pennec et ses hommes ont défendu jusqu’à la dernière manche cette première place. « Quelle journée ! Je suis bien évidemment heureux du résultat mais aussi particulièrement fier de la manière dont nous avons remporté ce Grand Prix. Nous avons su être relativement réguliers même si la troisième journée de régates s’est moins bien déroulée que les autres. J’ai une chance incroyable de naviguer avec un tel équipage. J’ai pris beaucoup de plaisir à barrer Groupe Edmond de Rothschild, et particulièrement sur la journée de brise de lundi. Sur les petits parcours, la pression était très grande et j’étais un peu plus tendu. Je n’avais pas le droit à l’erreur, pas avec un équipage comme le mien. Hervé, Thierry et Christophe sont aussi forts techniquement que tactiquement. Ils ont un très bon feeling et ils sont puissants physiquement. J’ai une dream team . Cette victoire me procure beaucoup d’émotion …Cela fait dix ans que l’on ne m’avait pas confié la barre d’un catamaran. »

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Cette dernière journée a ,comme souvent sur les Extreme Sailing Series, offert un combat acharné pour le podium, les 7 premiers du classement provisoire pouvaient encore, en théorie, remporter ce premier acte! Terry Hutchinson, skipper d’Artemis Racing et bizu de l’épreuve monte sur la deuxième place du podium : « C’est bon de voir que tous nos efforts depuis fin 2010 ont porté leurs fruits mais il reste encore beaucoup à faire pour nous améliorer. Nous allons légèrement modifier l’équipage pour la seconde épreuve, donc il y a un gros effort à fournir le mois prochain. »
Roman Hagara, skipper de Red Bull Extreme Sailing, accompagné de Hans Peter Steinacher, Will Howden et Craig Monk, complète le podium. Pour le duo olympique de Hagara et Steinacher, qui courraient déjà ensemble l’an dernier, il s’agit du meilleur résultat jamais enregistré: «Nous sommes très heureux ce soir, c’est le résultat que nous recherchions», a déclaré Steinacher. « Le niveau est de nouveau très élevé mais nous sommes ravis de nous battre contre les meilleurs. »


Emirates Team New Zealand, barré par Dean Barker, a effectué une très belle remontée, tout comme Luna Rossa (mené par le vainqueur de l’année dernière, Paul Campbell James), ils finissent respectivement 4ème et 5ème, Alinghi termine a une décevante 6ème place, comme l’explique Tanguy Cariou : «Nous sommes certainement déçus par ce résultat. La sixième place ce n’est pas ce que nous avions espéré avant de voyager à Oman mais nous avons manqué de rythme et d’agressivité sur les trois jours de courses en format stadium. L’équipe est encore en phase d’apprentissage sur ce circuit. Maintenant c’est à nous de faire un bilan objectif de cette première confrontation avant d’attaquer la suite de la saison en Chine mi avril».

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Les deux équipages des bateaux du team Oman Sail, complétement restructurés cette année terminent 7 et 8 ème.

Le second acte des Extreme Sailing Series se déroulera à Qingdao, Chine du 13 au 17 Avril.

Classement du Grand Prix de Muscat le 24 février (après trente-deux manches)

  1. Groupe Edmond de Rothschild (Pierre Pennec) – 253 points
  2. Artemis Racing (Terry Hutchinson) – 243 points
  3. Red Bull Extreme Sailing (Roman Hagara) – 239 points
  4. Emirates Team New Zealand (Dean Barker) – 236 points
  5. Luna Rossa (Max Sirena) –   234 points
  6. Alinghi (Tanguy Cariou) – 217 points
  7. The Wave, Muscat (Torvar Mirsky) – 208 points
  8. Oman Air (Sydney Gavignet) – 188 points
  9. Team Extreme (Roland Gaebler) – 140 points
  10. Niceforyou (Alberto Barovier) – 95 points
  11. Team GAC Pindar (Ian Williams) – 62 points

Groupe Edmond de Rothschild toujours en tête

Pierre Pennec et son équipage ont réussi à conserver la tête du classement provisoire, lors de la 3ème journée des Extreme Sailing Series Oman.

Après une excellente journée hier (3 victoires sur 5 manches et 10 points d’avance), l’équipage du Gitana Team a été moins à son aise aujourd’hui dans un vent d’une dizaine de noeuds sur des parcours « Stadium Racing », comme l’explique Hervé Cunningham, le n°1 du bord : « Cette troisième journée de compétition était un nouveau départ pour nous car le format des parcours changeait. Des courses « longues » sur lesquelles nous nous sommes affrontés les deux premiers jours, nous passions aujourd’hui à des parcours beaucoup plus courts. L’exercice est très différent et malheureusement nous n’avons pas su aussi bien nous exprimer sur l’eau. Avant le début du Grand Prix nous savions que nos lacunes portaient sur ces courses que les organisateurs appellent les « stadium racing ». Le bilan à l’issue des cinq régates disputées ce mardi est que nous devons travailler et progresser sur les départs car ils ont été le point noir de notre journée. Nous sommes nombreux sur la ligne, nos adversaires sont agressifs et il faut se battre en permanence pour faire sa place et la garder jusqu’au coup de canon. Je crois qu’il nous faudra être plus agressifs demain sur ces phases cruciales et cela passe peut être par une plus grande prise de risque.»

Groupe Edmond de Rothschild a également un nouveau dauphin, Artemis Racing,  5ème hier, est revenu à la 2nde place grâce à cinq victoires et deux deuxièmes places, l’équipage de The Wave Muscat reste sur le podium après une journée en demi-teinte.

Cependant rien n’est joué avec les cinq premiers équipages qui se tiennent en 13 points. Alinghi barré par Yann Guichard est 4ème.

Classement provisoire du Grand Prix de Muscat le 22 février (après dix-sept manches)
1. Groupe Edmond de Rothschild – 133 points
2. Artemis Racing – 130 points
3. The Wave, Muscat – 124 points
4. Alinghi  – 121 points
5. Red Bull Extreme Sailing – 120 points
6. Luna Rossa – 103 points
7. Emirates Team New Zealand – 102 points
8. Oman Air – 101 points
9. Team Extreme – 59 points
10. Niceforyou – 37 points
11. Team GAC Pindar – 29 points

Quatre ex aequo pour la 1ère journée des Extreme Sailing Series 2011

La première journée des Extreme Sailing Series 2011 s’est déroulée aujourd’hui à Masquate, dans le sultanat d’Oman.

Les conditions étaient parfaites pour une mise en jambe avec une brise stable de 12 à 15 noeuds, qui a permis de lancer 6 courses. Au classement provisoire ce soir, c’est The Wave, Muscat, Groupe Edmond de Rothschild, Artemis Racing et Alinghi qui se partagent la tête du classement, ex aequo avec 49 points.

The Wave-Muscat et Groupe Edmond de Rothschild signent deux victoires de manche, les équipages des deux bateaux semblent partis pour une nouvelle saison de luttes au sommet, malgré les changements de skippers (Pierre Pennec pour Gitana, Torbar Mirsky pour The Wave). Les deux autres équipages à se partager la 1ère place provisoire sont Alinghi et Artemis.

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Team New Zealand, très attendu sur le circuit ne pointe qu’à la 8ème place, Sydney Gavignet, pour ses débuts termine à une belle 5ème place lors de cette première journée ( à lire une interview du skipper d’Oman Air sur V&V.com).
Pierre Pennec, skipper de Groupe Edmond de Rothschild :

« C’est ma 3ème saison en Extreme 40 mais ma première à la barre et j’ai 3 supers équipiers qui connaissent vraiment bien le bateau, ils sont très techniques et physiques. Évidemment après deux secondes places en 2009 et 2010 on vise la première place cette année, mais on est conscient que le niveau est vraiment élevé. […]

La journée s’est plutôt bien déroulée. Nous avons été bien inspirés sur les départs et une bonne vitesse au près nous a permis de passer régulièrement dans le paquet de tête à la bouée au vent. Ces petits plus ont constitué nos points forts aujourd’hui et ils nous permettent d’être deuxième ce soir. Être onze sur le plan d’eau ne complique pas plus les phases de départs mais ça ajoute du piment lors des passages de bouées. C’est assez spectaculaire et ça se bouscule pas mal. Schématiquement, la flotte se scinde en deux et à la première marque au vent, la première moitié arrive bâbord et l’autre moitié arrive tribord et tout cela dans un mouchoir de poche comme le niveau est très homogène (ndlr, en voile un bateau arrivant tribord (droite) est prioritaire sur un bateau venant de bâbord (gauche) et le bateau non prioritaire doit laisser suffisamment de place à son adversaire pour passer. Dans le cas inverse, il réalise ce que l’on appelle dans le jargon vélique un refus de tribord et est logiquement sanctionné). Ca se joue à trois mètres près de passer premier, deuxième ou cinquième voire huitième. Mes équipiers ont fait un super travail aujourd’hui, les manœuvres et la communication sont fluides et quand nous sommes en difficulté nous nous serrons les coudes pour revenir.»

Tanguy Cariou, Skipper d’Alinghi
« Nous sommes à Oman depuis un mois, on a passé presque 2 semaines à préparer notre nouveau bateau. On n’était pas vraiment en mode régate, donc c’était un peu la découverte aujourd’hui. On a réussi à bien se positionner par rapport à nos adversaires, on se sent bien à bord et la courbe d’apprentissage est encore longue. »

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Les régates reprendront demain à partir de 14h.

Extreme Sailing Series, Act 1 – The Wave, Muscat
Résultats après la première journée de course
1er The Wave, 49 points
2ème Groupe Edmond de Rothschild, 49 points
3ème Artemis Racing, 49 points
4ème Alinghi, 49 points
5ème Oman Air, 42 points
6ème Red Bull Extreme Sailing, 39 points
7ème Luna Rossa, 38 points
8ème Team New Zealand, 31 points
9ème Niceforyou, 24 points
10ème Team Extreme, 17 points
11ème Team GAC Pindar, 9 points