Le remorqueur sur la zone du chavirage d’Idec

Le remorqueur affrété par Idec a rejoint le trimaran retourné et son skipper cet après midi (15h30 heure française) ,un plongeur est rapidement monté à bord du maxi-trimaran IDEC afin d’organiser les opérations avec Un plongeur est rapidement monté à bord du maxi-trimaran IDEC afin de converser avec Francis Joyon, s’assurer de sa santé, et  faire le point sur la marche à suivre. Aidé de Francis, l’équipage du remorqueur s’est tout de suite attelé à détacher le gréement, il semblerait d’après un premier examen sous marin que la récupération du mât et de la bôme soit envisageable sans pouvoir préjuger de l’état de ceux-ci.

Equipage et skipper se sont donnés jusqu’à la nuit pour sécuriser la plate forme avant de commencer le remorquage, le temps devant se dégrader sur zone dans les heures à venir. Le retournement du trimaran ne se fera pas sur le  lieu du chavirage mais à l’abri de la côte, à la pointe nord de Long Island

Francis Joyon a chaviré

Francis Joyon, sur son trimaran Idec avait coupé la ligne de départ ce matin à 8h08 heure locale (2h 08min heure française), malheureusement le skipper a chaviré environ cinq heures après son départ.

©Don Emmert / AFP Photo / DPPI

Francis Joyon revient sur son chavirage : « J’étais sur mon siège de veille à l’extérieur du bateau. Je commençais à m’extirper de la zone météorologiquement perturbée au plus près des côtes américaines. J’avais réussi à parcourir environ 90 milles sur la route dans des conditions très irrégulières et très instables, avec un vent mal établi en direction qui oscillait entre 10 et 30 noeuds. J’ai traversé quelques épisodes orageux très intenses, marqués par de violentes rafales mais c’est à un moment où je pensais m’extraire de cette zone que j’ai reçu comme un véritable coup de poing géant qui a catapulté le bateau sur le côté. Je naviguais sous grand voile arisée à trois ris, avec le petit ORC à l’avant. La violence de la rafale a été telle que le détecteur de gîte, sorte d’alarme anti chavirage n’a pas eu le temps de se déclencher ; J’ai senti la poussée et j’ai choqué la grand voile, puis le chariot en grand. Le vent a continué de pousser très violemment et j’ai senti le bateau littéralement catapulté en l’air. En quelques secondes, j’étais « sur le toit ». Je me suis retrouvé sous l’eau, comme plaqué sous les filets. J’ai tenté de m’orienter pour voir comment remonter à l’air libre. C’était la nuit et le chaos. À l’énergie, je me suis retrouvé près d’un flotteur. Je ne sais trop comment j’ai rejoint le bras de liaison avant et j’ai pu me hisser sur la plateforme. J’ai ensuite rejoint l’intérieur du bateau par la trappe de survie.

Il me semble que Idec n’a pas trop souffert. J’ai environ 10 cm d’eau à l’intérieur. J’ai pu sauver mon électronique. J’ai récupéré mon téléphone Irridium pour prévenir de mon chavirage. J’ai un « flash light » très puissant et comme je sentais le bateau dériver vers la route de l’important trafic maritime vers New York, j’ai passé la fin de nuit sur les filets à signaler ma présence aux cargos. Le jour se lève à présent et ce danger est écarté. Je suis en contact heure par heure avec Christophe Houdet à terre. Je sais que de nombreuses personnes se mobilisent pour trouver un remorqueur. Je ne suis qu’à une cinquantaine de milles de Newport (Rhodes Island). Le bateau me semble intact et je sais que le gréement ne cogne pas contre la plate forme. L’état de la mer est relativeme nt calme et la température de l’air très supportable. J’ai de quoi manger. Dès qu’un navire de remorquage arrivera, je serai en mesure de larguer le gréement, et peut-être d’envisager une opération de retournement afin de faciliter le remorquage… »

Un bateau de secours avait rejoint la zone dans la journée afin d’évaluer la situation et de participer à la sécurisation de la zone du chavirage, ce soir un remorqueur américain est parti de Port Jefferson, port sur la face nord de Long Island dans l’Etat de New York pour rejoindre le maxi trimaran IDEC retourné ;  il devrait procéder au remorquage du trimaran vers Newport demain après que le skipper ait larguer le mât, les voiles et le gréement.

 

Nouveau départ demain matin pour Francis Joyon

Après une tentative avortée avant même le départ suite à une collision avec une bouée de chenal la semaine dernière, Francis Joyon devrait s’élancer cette nuit sur son trimaran Idec, pour une tentative de record sur l’Atlantique Nord, le skipper devrait couper la ligne entre 2 et 8h du matin demain.

Francis Joyon : « Cela vaut vraiment la peine d’essayer. J’espère un départ rapide dès le passage de ligne dans un bon flux de sud ouest. La première partie du parcours me semble propice à la vitesse et à m’installer d’emblée dans les temps du record. La saison est bien avancée pour espérer une fenêtre idéale et celle que nous avons choisie est loin d’être parfaite, avec notamment une petite dorsale anticyclonique à traverser au beau milieu de l’Atlantique Nord. Je vais jouer ma carte à fond car de toutes manières, il n’ y a rien à regretter. Jean Yves Bernot, qui m’assiste depuis la terre, et moi-même observions une autre opportunité pour le 25 août prochain, mais elle ne semble guère promise à un très bel avenir. Je préfère donc me contenter de ce que l’Atlantique m’offre cette nuit pour tenter ma chance. »

Jean-Yves Bernot : « Des opportunités comme celle-ci ne se présentent pas 50 fois dans l’été d’autant que plus on avance en saison, plus les chances de trouver des conditions propices s’amenuisent. Cette fenêtre météo est donc intéressante et semble un peu plus favorable que celle de la semaine dernière, au moins pour le départ. Elle devrait permettre à Francis de naviguer assez proche de la route directe et donc de faire moins de manœuvres, ce qui est toujours appréciable en solitaire ».

Francis Joyon décidera de l’heure de son départ en fonction des conditions rencontrées au large de New York, il lui faudra, pour reprendre ce record passer la ligne d’arrivée au Cap Lizard en moins de 5 jours, 19 heures, 30 minutes et 40 seconde. Le skipper conserve la possibilité de s’attaquer au record de la plus longue distance parcourue à la voile et en solitaire sur 24 heures, si les conditions ne s’avéraient pas favorables à l’établissement du record de l’Atlantique Nord.

Précisions sur l’avarie de Francis Joyon

Il était environ 15 heures à New York hier après-midi quand le grand trimaran IDEC II, au louvoyage au plus près des rives de l’Hudson est entré en collision avec une bouée de chenal. Les orages violents accompagnés de pluies diluviennes accompagnaient Francis Joyon depuis son départ de la marina de Gateway à Brooklyn. Sans assistance, le détenteur du tour du monde à la voile en solitaire était seul parvenu à sortir de la marina en utilisant la propulsion de son moteur in board. Record et performance obligent, il lui fallait ensuite démonter son arbre d’hélice avant la ligne de départ située à hauteur de la bouée d’Ambrose au large de l’embouchure de l’Hudson. Joyon choisissait donc de s’amarrer sur un corps mort et de procéder au démontage sous l’eau de son hélice. Après plus d’une dizaine de plongeons dans les eaux noires et froides de l’Hudson, le skipper d’IDEC parvenait à ses fins et se déhalait sous voile pour rejoindre la zone de départ. Le vent attendu au secteur sud était alors et contre toute attente franchement orienté à l’est. Après quelques échanges avec Jean-Yves Bernot, routeur-navigateur depuis la terre, Francis comprenait que la dépression attendue, loin de s’évacuer vers l’est, stagnait sur New-York, compromettant radicalement cette tentative de départ.

 

Alors qu’il s’apprêtait à faire demi-tour, Francis Joyon, au près sur un clapot virulent et sous des trombes d’eau, ne pouvait éviter une des bouées métalliques qui balisent le chenal de l’Hudson. Les carénages des bras de liaison avant et arrière entre la coque centrale et le flotteur bâbord étaient endommagés, nécessitant un travail de stratification. Mais afin de rejoindre la marina de Brooklyn, il fallait préalablement remettre en place sous le bateau l’arbre d’hélice si laborieusement démonté deux heures plus tôt. Francis allait alors se livrer à une manoeuvre difficile. Saisissant un bout, toutes voiles affalées, il laissait glisser le géant IDEC sur son erre cap sur la même bouée d’amarrage préalablement utilisée. Arrivé à la hauteur du corps mort, dans les conditions de vent, de pluie et de mer dantesques, Francis se jetait à l’eau, agrippait le corps mort et immobilisait son multicoque ! il pouvait ensuite réitérer la pénible opération de remontage de son hélice, avant de rejoindre, déçu et harassé, en fin d’après-midi la marina de Brooklyn.

Le plus urgent est dès aujourd’hui de remettre le voilier en état. Christophe Houdet, fidèle compagnon de Francis, qui a présidé en 2007 à la construction du bateau, arrive à New-York chargé des tissus et matériels nécessaires. Au terme de deux jours de travail, le maxi-trimaran IDEC sera de nouveau pleinement opérationnel. La plus grande incertitude plane désormais sur la faisabilité de cette tentative de record. Jean-Yves Bernot observe une nouvelle « fenêtre » potentielle d’ici environ trois jours.

Retour à New York pour Francis Joyon

Francis Joyon a découvert une fissure sur le bras de liaison avant de son trimaran Idec lors de la remontée du chenal qui le menait vers la ligne de départ du record de l’Atlantique Nord.

Le skipper pense qu’il a heurté une bouée du chenal, il a donc fait demi-tour vers la marina de Gateway, où il effectuera le travail de stratification, à priori seul, avant d’envisager une nouvelle tentative.

Baptiste Morel/Voile-Multicoques.com

Départ prévu lundi pour Francis Joyon

Francis Joyon est arrivé la nuit dernière à New-York, il quittera la marina de Gateway à Brooklyn ddans la nuit de dimanche à lundi, pour unpassage de ligne prévu entre deux et six heures du matin lundi.

Le temps à battre pour cette traversée de l’Atlantique Nord (New York-Cap Lizard) en solitaire est de 5 jours, 19 heures, 29 minutes et 20 secondes, ce record appartient à Thomas Coville, qui le détient depuis juillet 2008, sur Sodeb’O.

©François Van Malleghem / DPPI / IDEC

Le marin de Locmariaquer a déjà détenu ce prestigieux record transatlantique entre 2005 à 2008, sur Idec premier du nom (ex Sport-Elec).

Cette fenêtre météo semble être la meilleure depuis six semaines, Jean Yves Bernot, le routeur du skipper d’Idec prévoit une dépression qui devrait emmener Francis Joyon des rives de l’Hudson jusqu’à l’embouchure de la Manche sur la route orthodromique, dans des vents soutenus (25 à 30 noeuds) avec une mer encore peu agitée, le routeur évalue des chances de battre ce record à 50%, en effet la fin de la tentative devrait se faire dans des vents évanescents et peut être contraires

Thomas Coville boucle son tour du monde en 61 jours 7 heures

Thomas Coville avait débuté son tour du monde en solitaire le samedi 29 janvier à 12h07’28 » , le skipper de SODEBO a franchi la ligne d’arrivée  à Ouessant aujourd’hui à 13h15.

Il boucle donc ce tour du monde en 61 jours, 7 minutes et 32 secondes de mer. Il aura mis 3 jours, 10 heures, 43 minutes et 26 secondes de plus que Francis Joyon sur IDEC en 2008 (57j 13h34’06 »), malgré tout le skipper peut avoir la satisfaction d’avoir parcouru 28 431 milles à la moyenne de 19,42 nds, soit 2031 milles de plus que Francis Joyon qui avait parcouru 26 400 milles à la vitesse moyenne de 19,11 nds.

Les premiers mots de Thomas Coville après le passage de la ligne :

Dernière nuit en mer
« La dernière nuit est toujours dense et particulière parce qu’on cumule beaucoup de fatigue. On enchaine les manœuvres, le fait d’avoir la terre proche te demande d’être encore plus vigilant. Une navigation difficile vers un point de chute qui t’impose d’être précis. Il y avait du trafic, je suis passé deux fois à moins de 50 mètres d’un cargo à une vitesse élevée. Il y avait vraiment du mauvais temps avec 5 mètres de creux et 30 nœuds de vent. Rien n’est fait tant que la ligne n’est pas franchie. »

Pudiques
« Pendant 60 jours, tu ne vois personne, tu n’entends que des voix et tout d’un coup apparait un zodiac qui sort de la brume. Il se rapproche et tu retrouves des visages familiers, ceux de ton équipe, aussi marqués que toi. J’ai craqué à ce moment là, Thierry Briend et Thierry Douillard étaient avec moi tous les jours au téléphone, ils savent ce que nous avons fait ensemble. Je me suis isolé pour reprendre mes esprits. Nous avons remis le bateau en route ensemble, nous nous sommes retrouvés dans l’action. En voyant le bateau, ils visualisent tout de suite ce qui s’est passé pendant le périple. Ils sont aussi pudiques que moi, donc ce n’était pas une grande accolade de militaire. C’était assez simple et très fort à la fois. »

Ne pas se dérober
« Les 50 premiers jours n’ont pas été faciles mais j’ai eu un réel plaisir à faire ce parcours et à y croire. La dernière semaine a été très difficile mentalement. Je voulais boucler ma trace. Et ce matin, je me suis même demandé pourquoi je passais la ligne mais j’ai été éduqué comme ça et je dédie cette ligne à mes parents qui m’ont appris que quand on commence quelque chose, on le finit même si ce n’est pas facile. Je devais boucler la trace mais je me suis fait violence. Je l’ai fait par principe, par respect… C’était se dérober que de ne pas y aller ! »

Une chance inouïe jusqu’un enfer
« Je sais que j’ai une chance inouïe de faire ce que je fais. J’ai un partenaire Sodebo qui m’a suivi dans la réalisation de ce projet. J’ai mis toutes mes tripes dans ce tour, dans cette route très engagée, très belle. Par rapport à la dernière fois, il y a eu deux changements. D’une part, dans mon approche du quotidien, je ne me suis pas focalisé sur le retard que j’avais. J’y ai cru quand nous sommes repassés devant Francis et c’est là que ça s’est dérobé. La deuxième chose, c’est que je m’étais juré que cette fois-ci, j’irais provoquer la chance ! C’est pour cela que j’ai accepté de faire des routes abjectes comme d’être au près vers les Kerguelen, c’était ma manière à moi de créer ma chance, je serais allé la chercher en enfer s’il le fallait. »

Pas d’erreur et des satisfactions
« Nous n’avons pas fait d’erreur sur la route. Quand tu tiens un projet à bout de bras et que tu en es le porte-parole, tu te sens responsable. Quand tu es seul à bord, tu ne partages ce sentiment avec personne. Il y a des satisfactions : celle de ramener le bateau en bon état, malgré mon étrave abimée, d’avoir monté cette équipe avec une ambiance et un vrai état d’esprit. Il faudrait qu’aujourd’hui je ne sois pas un compétiteur pour ne pas être déçu. On est deux personnes à bord : le compétiteur et l’aventurier ! Le compétiteur est frustré mais l’aventurier a accompli le périple. »

A lire également une interview par Philippe Eliès sur le Télégramme.com, on y apprend que le skipper ne retentera pas ce record l’année prochaine, il semblerait également que Sodeb’O souhaite poursuivre son sponsoring avec Thomas Coville.

Sodeb’O approche d’Ouessant

Thomas Coville bouclera son 2ème tour du monde sur son trimaran Sodeb’O demain, il est attendu sur la ligne au large d’Ouessant vers 10 heures demain, Thomas ne rejoindra pas Brest, il embarquera trois équipiers pour rejoindre la Trinité sur Mer, son port d’attache, où le public pourra l’accueillir vers 18 heures.

©Sea&Co

Le skipper a livré un dernier message lors de sa vacation ce matin, pour clore ce tour du monde :

« Voilà, un dernier petit mot pour clôre ce tour du monde à bord de Sodebo. On est à un peu moins de 500 milles de Ouessant dans des conditions musclées, des vents de plus de 30 nœuds et une mer très formée.

Je ne reviendrai pas sur ma déception mais je réitère mon admiration pour ce qu’a réalisé Francis Joyon, c’est la moindre des choses de féliciter son adversaire. Je veux aussi remercier tous les gens qui ont suivi, porté ce projet, qu’ils l’ont vu naître et l’ont fait vivre.

Merci à Sodebo, cette incroyable entreprise, cette famille, ce groupe, qui tout au long de ce voyage, avant et pendant, m’a porté et soutenu. J’ai essayé pendant ce périple de porter leurs couleurs ou, tout du moins, de défendre leurs valeurs de pugnacité, de liberté, d’indépendance et de plaisir dans un monde pas toujours facile même hostile comme celui de la mer.

J’ai pris beaucoup de plaisir à la barre de ce bateau, à manœuvrer, à réaliser cette trace et c’est pour cela que je vais à Ouessant même si la météo s’annonce catastrophique. Je voulais boucler ma trace, en symbole, pour dire que l’on finit les choses que l’on commence. Et même si elles ne se finissent pas comme on le souhaitait, je le fais pour ceux qui tiennent parole, qui vont au bout de leurs actes, qui paient leurs dettes. J’ai essayé de puiser là mon énergie cette semaine.

Je rends hommage à l’équipe qui m’a soutenu au quotidien, heure par heure et qui m’a aidé à réaliser cette belle route. Thierry Douillard, Richard Silvani, Christian Dumard et Thierry Briend (routeurs) qui ont été mes anges gardiens pendant ces deux mois. Seul, j’aurais lâché prise plusieurs fois. Ils ont été présents tout le temps. C’est un projet où il y a beaucoup de recherche, de technique, de technologie, de préparation mais ce tour du monde est avant tout un projet humain, de groupe ou en tout cas qui a la prétention de porter ces valeurs. Je remercie aussi les partenaires techniques qui nous suivent fidèlement et mettent leur savoir-faire au service du projet Sodebo : Météo France, Toyota, Cousin Trestec, Lisi, Ixsea, Open, CLS, Nautix et Helly Hansen.

J’appréhende les arrivées, c’est difficile de croiser le regard des autres après deux mois et de lire à travers leur visage, mon visage à moi. Drôle de sensation d’avoir tant espéré finir et, à la fois, d’appréhender l’arrivée… C’est très paradoxal. »

On ne peut qu’admirer la pugnacité de Thomas Coville qui sera allé au bout de ce tour du monde, le deuxième sur son bateau, malgré des conditions météos difficiles, notamment dans l’atlantique alors qu’il avait comblé son retard sur le record détenu par Francis Joyon.

Espérons que son partenaire qui le soutient depuis de nombreuses années poursuive sa collaboration afin d’atteindre l’objectif du skipper à savoir tourner autour de la planète le plus rapidement possible en solitaire.

Pas de record pour Thomas Coville

Thomas Coville est désormais résigné, il ne battra pas le record autour du monde en solitaire, qui restera, pour une année de plus, le bien de Francis Joyon sur Idec. En effet il reste 2400 milles à parcourir en 3 jours pour Sodeb’O arriver dans les temps du record, ce qui sera impossible.

Le skipper, qui avait optimisé son trimaran Sodeb’O avant cette nouvelle tentative, n’a pas démérité sur cette circumnavigation : J’ai une chance inouïe de faire ce que je fais, de m’exprimer de cette façon, d’être sur l’eau avec ce bateau et entourée par cette équipe. Techniquement, on apprend à chaque fois. On va boucler, pour la deuxième fois, un tour du monde en multicoque sans s’arrêter. Déjà, en monocoque, il n’y en a pas beaucoup qui arrivent à finir sans s’arrêter ! Physiquement, j’ai aussi l’impression de ne pas avoir subi la machine. J’ai eu le sentiment de rester maître du bateau malgré une météo à chaque fois un peu plus difficile que prévu et qui ne permettait pas de garder une gestion personnelle optimale de l’effort comme du sommeil. Je suis aussi fier de l’organisation et de la qualité du travail avec mes routeurs. Le geste est beau, la trace est belle. Le faire n’est pas l’unique moteur mais le faire proprement est important même si la récompense ultime n’est pas là. »

© Sea & Co


Il a malheureusement souffert de systèmes météo souvent défavorables, comme actuellement avec un anticyclone des Açores très actif : « Cela ralentit comme prévu, je vais avoir encore une journée délicate pour traverser cette dorsale avec des vents turbulents. Le vent vient d’ailleurs de basculer de 90 degrés. Difficile de prévoir, alors je gagne vers le Nord pour avancer et je ressens déjà la houle résiduelle des dépressions qui passent au-dessus et que l’on va chercher. »

Thomas Coville grapille malgré une étrave endommagée

Thomas Coville poursuit sa route au large des côtes sud américaines, cette remontée de l’Atlantique Sud a assez mal commencé pour  le skipper suite à une collision avec un globicéphale.

La crash box d’étrave du flotteur tribord a été endommagée dans cette collision comme l’explique Thomas Coville :

« Il y a quelques heures, j’ai senti un choc avec le bateau, un choc léger, je me suis retourné et j’ai vu un banc de globicéphales qui chassait au-dessus de l’eau. Ce sont des mammifères marins typiques de la région et donc, en percutant l’un d’entre eux, j’ai perdu un morceau de l’étrave du flotteur tribord.

J’ai du mal à vous cacher mon émotion ou mon amertume, je n’arrive pas à trouver les mots. C’est finalement l’avarie la plus injuste qui puisse arriver dans ce genre de programme. C’est quelque chose que l’on ne peut pas dominer et, pour autant, la seconde étrave du flotteur a l’air de tenir. Cela permet de garder intégrité du flotteur qui ne peut pas prendre l’eau. On avait déjà eu un problème similaire et on s’était arrêté en Afrique du Sud.


On avait un bateau en pleine possession de ses moyens, et moi, malgré la fatigue latente, j’avais la pêche, la niaque, cette nuit j’ai donné tout ce que j’avais comme toutes les autres d’ailleurs. Voilà comme des projets aussi éprouvants ne tiennent à rien, c’est un sentiment d’injustice énorme. »

Les précisions de Thierry Briend, directeur technique du team Sodebo et routeur :

« Si Thomas perd la crash box avant en mousse, il se retrouvera alors à naviguer en toute sécurité sur un second « faux nez » en carbone dont la forme « perce vague » est aussi respectée. Pour l’heure, il n’y a aucun risque que l’eau entre dans le flotteur.
L’avant de la crash box est en place mais, avec la vitesse, la mousse va partir progressivement. Dans ce cas, soit la crash box part en entier, alors Thomas naviguera avec la deuxième fausse étrave, soit elle reste et il faudra faire avec. « 

Après discussion entre l’équipe technique, le skipper, et le co-architecte Benoit Cabaret (le trimaran étant un plan Irens/Cabaret, il s’avère que cette avarie ne présente pas de danger pour l’intégrité du bateau, Thomas Coville a donc décidé de poursuivre son tour du monde, malgré un handicap en performances estimé entre 10 et 15%.

Ceci ne l’empêche pas de continuer à rattraper son retard sur le temps de référence de Francis Joyon, Sodeb’O ne concède aujourd’hui que 244 milles sur le temps d’Idec, le skipper a gagné 400 milles depuis son passage du Horn, ce qui lui laisse de fortes chances de refaire totalement son déficit avant Ouessant :

« Virtuellement, on peut encore battre le record. J’ai perdu ma dame et j’ai encore un fou qui est capable de faire échec et mat. »