Thomas Coville s’élancera pour un nouveau tour du monde demain

Thomas Coville, skipper du maxi multi Sodeb’O, quittera Brest demain pour rejoindre la ligne de départ de son record autour du monde en solitaire demain. Il tentera de battre le record détenu par Francis Joyon sur Idec depuis 2008 en 57 jours 13 heures 34 minutes.

Les fichiers météo de ce soir confirment e bonnes conditions jusqu’à l’équateur, le départ se fera à la mi-journée.
Thierry Briend membre de l’équipe de routage du team Sodebo : « Avancer le départ nous permet d’optimiser la trajectoire générale jusqu’aux Canaries,. Cela nous permet aussi de bénéficier tôt d’un bon angle de vent pour gagner rapidement dans l’Ouest et de nous dégager des côtes et de la mer difficile au large de La Corogne. Thomas partira de jour, ce qui simplifie également les manœuvres délicates dans une zone comme Ouessant. En début d’après-midi, nous serons en début de marée descendante ce qui aplatira la mer et Thomas bénéficiera d’un courant favorable. Pour la suite et nos doutes sur la force de l’alizé sous les Canaries, la situation n’évolue pas beaucoup mais les quatre premiers jours promettent un bel enchaînement. »
Thomas Coville :  « C’est une belle fenêtre même si elle n’est pas parfaite, c’est toujours une cotte mal taillée une bonne fenêtre météo. Il faut accepter que ce ne soit pas idéal et savoir se faire violence pour s’élancer. Le départ se ferait demain en fin de journée à Ouessant avec 25/30 nœuds de vent de Nord et de la mer de face. Les 24 premières heures devraient être viriles entre le Golfe de Gascogne et le Cap Finisterre. Ensuite, nous pourrions dessiner une jolie trajectoire entre le large du Portugal et l’équateur, presque sur un bord. En revanche, nous avons une période de vent plus faible entre les Canaries et le Cap Vert, nous souhaitons donc attendre les prochains fichiers pour voir comment cela évolue. »

© Yvan Zedda / Sodebo

Déroulé de la journée de départ
H-4 = 9h : Le maxi-trimaran Sodebo largue les amarres de Brest
H-2 = 11h Thomas Coville est seul à bord du maxi-trimaran Sodebo
Autour de 13 heures : top départ !

Les mots de Francis Joyon à son arrivée

La fenêtre météo


« La fenêtre météo n’était pas très attrayante pour plusieurs raisons. Quand je suis arrivé à New York,  le système cyclonique était en place sur Miami. Cela entraîne beaucoup de pluie avec des vents dans le sud : ces conditions ne sont pas favorables, sans compter que la trajectoire de la dépression n’était pas totalement connue… Mais nous nous trouvions de ce côté de l’Atlantique et nous nous sommes dit, avec mon routeur Jean-Yves Bernot, que tenter le pari valait le coup. Et puis après tout, nous étions là pour jouer… ».

 

Une route plus longue (3222 milles)

« La dépression aurait pu prendre une route un peu plus nord, donc un peu plus courte. Ou au contraire encore plus sud, ce qui aurait été catastrophique. Finalement, nous avons trouvé un compromis qui nous a convenu. Le petit avantage de prendre cette route sud c’est qu’il n’y avait pas la menace des icebergs sur les bancs de Terre Neuve et j’ai eu moins de brume que lors de mon précédent record. Ceci dit, en bénéficiant d’une dépression équivalente sur une route plus nord, plus directe, on pourrait gagner au moins une demi-journée ».

 

Les limites du maxi trimaran IDEC repoussées

 « Dès les premières journées, j’ai compris qu’il fallait aligner les milles pour compenser cette route plus longue. Cela m’a obligé à tenir des vitesses très élevées (26,20 nœuds de moyenne sur le fond). Mon record des 24 heures (666, 23 milles) m’a bien aidé dans cette optique. Après « quelques » années de multicoque, je découvre que nous pouvons demander encore plus à ces maxi trimarans. Je croyais que j’étais déjà au maximum, j’ai découvert un nouveau potentiel. Les vitesses de 35 nœuds sont atteintes et dépassées. Nous pouvons même chercher les 40 nœuds, voire plus… . Ce sont des vitesses cibles que je ne connaissais pas sur ce bateau. En fait, je ne sais pas vraiment quelles sont les limites de ces bateaux. Tout dépend de l’état de la mer, du vent… Nous ne pouvons réellement chercher ces limites que dans des conditions réelles de record ou de course au large qui sont assez rarement réunies  ».
144 milles de retard sur Thomas Coville et pas de doute

« J’étais confiant car si Thomas avait suivi une route plus directe, il avait manqué de vent en fin du parcours. Et moi je savais que je n’en manquerai pas… ».


La vie à bord d’IDEC

« En général, je prends un peu de nourriture fraîche mais je n’ai cette fois pas eu le temps d’avitailler avant de partir. Heureusement, un ami russe m’a gentiment donné des produits qui m’ont permis de me nourrir avec autre chose que les conserves stockées à bord. Pour ce qui est du sommeil, j’ai dormi moins de 10 heures depuis le départ. Il a aussi fallu faire avec pour l’humidité : il a beaucoup plu sur ce trajet puisque j’étais dans la partie active de la dépression. En fait, tout était trempé à bord ».


La gestion du stress

« Sur ces bateaux, nous sommes en permanence à la limite du chavirage. Il faut réguler tout le temps les voiles pour soulager le bateau quand il plante dans les vagues. Les trois premiers jours, j’étais inquiet. Au quatrième, j’étais blindé : je m’étais habitué à un niveau de stress jusqu’alors inconnu pour moi ».

Un grand chelem des records historique

« J’ai battu les trois derniers records (24 heures, Route de la Découverte et Atlantique nord) après la remise en état du bateau suite au chavirage de New York en 2011. Cela me tenait vraiment à cœur de prouver que mon maxi trimaran était fiable et gardait encore un bon potentiel. C’est d’autant plus satisfaisant que j’ai amélioré tous ces records avec les voiles d’origine, celles du tour du monde de 2007 ».

Les réactions des skippers de la classe Ultime en solitaire

Thomas Coville, skipper du maxi Sodeb’O : « Ce qu’il fait, est une fois de plus remarquable . Cette route, explique le skipper de Sodebo, est loin de l’orthodromie (la route directe) et impose d’aller encore plus vite. A 500 milles du Cap Lizard, Francis Joyon avance devant la dépression à l’angle optimal et tout se joue une fois de plus sur cet exercice délicat de rester en phase avec le déplacement du front. La trajectoire est alors imposée par l’angle que tu fais avec le vent.  On sent bien sa volonté d’aller chercher ce record. Je lui ai laissé deux ans de répit en allant gagner la Volvo Ocean Race et il les a saisis pour aller s’attaquer avec panache à ces records référents. Il faudra y retourner pour faire mieux. La tâche sera difficile. Depuis que nous avons entamé ensemble en 2008 cette course aux records océaniques en solitaire, la bataille est devenue une compétition de haut niveau. Il est le premier à réussir  ce grand chelem. Chapeau bas Monsieur Joyon ! »

Lionel Lemonchois, skipper du maxi 80′ Prince de Bretagne :  » Il est incroyable, Francis ! Il n’arrête pas de nous étonner. Il est là où on l’attend, et il n’en finit pas de nous surprendre. Cela ne va pas être facile de passer derrière lui. Même si les records sont faits pour être battus, il place la barre très haut. L’Atlantique en solo à 25 noeuds de moyenne environ cela commence à faire ! Bravo « 

 

Francis Joyon pulvérise le record de l’Atlantique Nord

Francis Joyon, sur le maxi trimaran Idec a réussi son pari, en lien avec son routeur Jean Yves Bernot, de battre le temps de référence sur l’Atlantique en solitaire.

La fenêtre météo ne semblait pourtant pas idéale, obligeant le marin à une route sud, à près de 400 milles de l’orthodromie, alors que Thomas Coville avait bénéficié pendant 4 jours d’une route sur celle-ci, et avait donc effectué moins de milles pour se rapprocher des côtes anglaises. Pourtant Francis Joyon a réussi à maintenir son multicoque en avant de la dépression qui l’a accompagné du début à la fin de son parcours, il a grâce à deux empannages à se recaler pour éviter le centre de celle-ci, se faisant, il a pu aligner les milles, avec un maximum de 665 en 24 heures (à un mille de son record des 24 heures). En maintenant de telles vitesses, le retard dû à cette route sud s’est transformé en avance, et le skipper a pu négocier la fin de son parcours à des vitesses proches des 30 noeuds.

Francis Joyon a passé la ligne d’arrivée de cette traversée de l’Atlantique Nord hier après midi après 5 jours 02 heures 56 minutes et 10 secondes, en améliorant le temps de Thomas Coville sur Sodeb’O de 6 heures 34 minutes et 30 secondes. Il aura parcouru 3222 milles à une vitesse moyenne réelle de 26,20 noeuds (distance orthodromique : 2 865 milles pour une vitesse moyenne de 23,30 noeuds).

Il détient donc les quatre plus grands records à la voile en solitaire, à savoir le tour du monde (depuis 2008, en 57 jours 13 heures 34 minutes 6 secondes), le record des 24 heures (depuis 2012 avec 666,2 milles soit près de 28 noeuds de moyenne), le record de la Route de la Découverte (depuis février 2013 en  8 jours, 16 heures, 07 minutes, 05 secondes) et enfin cette traversée de l’Atlantique Nord.

L’ensemble du monde de la voile salue cette incroyable performance, le skipper d’Idec accroit un peu plus la pression sur les épaules de ces adversaires, notamment Thomas Coville, qui dispose d’un bateau très proche (mêmes architectes :  Irens Cabaret mais avec 5′ de plus à la flottaison) mais plus performant sur le papier, et qui s’est vu détrousser de trois de ces records, il tentera cet hiver de ravir le tour du monde à son adversaire.

Francis Joyon confiant pour le record

Francis Joyon a estimé son arrivée au Cap Lizard à dimanche soir, donc avec plusieurs heures d’avance sur le temps de Thomas Coville.

Pour se faire, le skipper du trimaran Idec va s’employer à rester en avant de la dépression qui l’accompagne depuis son départ de New York, sans trop se rapprocher du centre dépressionnaire afin de ne pas tomber dans les calmes de ce système météo, ce qui l’a contraint à deux empannages en 24 heures afin de se recadrer en avant de celui-ci : « Si je parviens à rester en avant de la dépression, je pense arriver dimanche soir à Lizard ». C’est parfois scabreux quand IDEC s’envole à plus de 30 noeuds sur la vague. Il me faut alors le freiner en choquant les écoutes, puis relancer pour ne pas perdre l’inertie… J’ai rallongé ma route depuis New York, et je dois à présent conserver une vitesse très élevée en avant du système, tout en mettant imperceptiblement du nord dans ma route. Je vais très probablement devoir à nouveau tirer un petit contrebord à 90° de la route.J ‘aurais ensuite un bien meilleur angle au vent pour aller vite dans la bonne direction. »

Ce soir le skipper compte toujours 130 milles de retard sur le record, mais celui-ci devrait être comblé dans les 36 heures, puisque Thomas Coville avait du suivre une route très nord et multiplier les manoeuvres sur la fin de son record.

Francis Joyon à mi-parcours

Francis Joyon, à bord de son maxi-trimaran IDEC,  va passer cette nuit la mi-parcours de sa tentative de record sur l’Atlantique Nord, il a actuellement un déficit de 111milles sur l’actuel détenteur du record Thomas Coville.

Malgré ce déficit, le skipper maintient des vitesses similaires à celle du record, mais est contraint de suivre une route au sud de l’orthodromie, ce qui explique ce retard, celui-ci devrait se réduire lorsque le marin de Locmariaquer pourra prendre une route plus au nord.

©JEAN MARIE LIOT / DPPI / IDEC

Francis Joyon : « J’ai encore effectué cette nuit quelques « plantouilles ». Je vis au même rythme que durant mon record des 24 heures (établi l’an passé avec 666,2 milles nautique!). « La différence est que l’an passé, j’avais pu choisir ma configuration de route pour le record, et naviguer en avant d’une dépression sur mer plate. Je rencontre depuis New-York une très forte houle, parfois désordonnée, qui nuit à la belle glisse du bateau. Je me suis rapproché très près du centre de la dépression, moins de 50 milles. J’ai donc choisi d’empanner pour revenir vers les zones plus actives en périphérie. »

Francis Joyon dans les temps du record

Francis Joyon a franchi ce matin à 11 heures, 12 minutes heure française la ligne de départ du parcours de la traversée de l’Atlantique, entre New-York et le cap Lizard. Pour battre le record de 5 jours, 19 heures, 30 minutes et 40 secondes deétenu par Thomas Coville sur le trimaran Sodebo, le skipper d’IDEC devra rejoindre la latitude du cap Lizard avant lundi 17 juin à 04 heures, 41 minutes GMT (soit 06 heures, 41 minutes HF).

Comme à son habitude, Francis Joyon a effectué seul les dernières préparations sur son bateau, il a donc quitter la marina de Gateway à l’aide d’un semi rigide, sans équipe technique, une fois en mer il a ensuite démonté seul son hélice en plongeant sous son multicoque.

Ce soir, le skipper tient une vitesse d’environ 22 noeuds et maintient son trimaran dans les temps du record avec 14 milles de retard après 12 heures de mer.

Francis Joyon : « Je sais que je dois bénéficier de bonnes conditions sur les deux premiers tiers du parcours, et qu’il subsiste, selon les modèles météo, une incertitude sur l’arrivée, suivant la route que suivra la dépression que nous avons choisi de chevaucher. La route ne sera pas optimale par rapport à l’ortho, puisque je serai un peu plus sud. Mais c’est un mal pour un bien puisque je devrais ainsi éviter le gros des brouillards sous les grands bancs… »

Départ de Francis Joyon cette nuit pour le record de l’Atlantique Nord

Le skipper du maxi trimaran Idec va larguer les amarres dans les heures qui viennent, il quittera la marina de Gateway à Brooklyn pour rejoindre la ligne de départ qu’il devrait couper entre 2 et 8 heures françaises, ce qui lui permettra de bénéficier des dernières heures de jours pour le convoyage vers la ligne et les premiers milles de son parcours entre New York et le Cap Lizard.

Pour battre le record de Thomas Coville, Francis Joyon devra s’affranchir de l’Altlantique Nord en moins de 5 jours, 19 heures 3à minutes et 40 secondes.
Le skipper sera routé par Jean Yves Bernot, la fenêtre météo est correcte, une dépression en circulation sur le Labrador devrait produire des vents soutenus d’une trentaine de noeuds, bien orientés à l’est sud est, sur une mer facilement négociable, durant au moins les deux premiers tiers du parcours. La phase finale d’approche sur les îles Britanniques devrait se révéler plus complexe, comme à l’accoutumé avec des vents forts et une mer potentiellement plus compliquée.

Tour d’horizon de l’actualité des maxis multicoques

  • Spindrift 2, le maxi trimaran de 40m, ex Banque Populaire 5, va entrer en chantier à Lorient pour recevoir ses nouvelles couleurs, la 1ère course du maxi sera la Fastnet en août. Le team Spindrift racing remettra le MOD 70 à l’eau mi avril avec une participation au Tour de Belle Ile le 4 mai avec Yann Guichard à la barre après sa participation aux America’s Cup World Series à Naples.
  • Lionel Lemonchois, à la barre du maxi trimaran de 80′ Prince de Bretagne, sera également présent sur le Tour de Belle Ile, son multicoque vient d’entrer en chantier, avec quelques modifications prévues sur le mât, l’installation d’une dérive à trimmer pour les navigations en équipage prévues cette saison (Tour de Belle Ile, Armen Race, Grand Prix Guyader, Tour des Princes).
  • Banque Populaire VII, l’ex Groupama 3, qui sera mené par Armel le Cléac’h sur la prochaine Route du Rhum devrait prochainement être remis à l’eau, le programme du bateau pour cette saison n’a pas été dévoilé.
  •  Sodebo Ultime, ex Géronimo est en chantier chez Multiplast, les décisions concernant les modifications du trimaran (changement de coque centrale ou pas) devraient être finalisées rapidement afin de l’adapter  la navigation en solitaire en vue de la Route du Rhum 2014. Thomas Coville retentera cet hiver sa chance autour du monde, contre le chrono de Francis Joyon.
  • Francis Joyon est quant à lui en stand by pour sa tentative de record sur l’Atlantique Nord, si il arrive à battre le temps de Thomas Coville sur ce parcours, il détiendrait  alors les quatre records majeurs en solitaire (tour du monde, 24 heures, Atlantique Nord et Sud).

 

Francis Joyon passe sous les 9 jours sur l’Atlantique Sud

Francis Joyon, le skipper du maxi trimaran Idec, vient d’améliorer sensiblement son temps sur la Route de la Découverte avec un temps de 8 jours, 16 heures, 07 minutes et 5 secondes, il aura mis 1 jour et quatre de moins qu’en 2008, avec une vitesse moyenne sur l’orthodrmie de 18,66 noeuds et de 21 rapporté à la distance réelle parcourue.
Le skipper avait quitté Cadix pour ce record de l’Atlantique Sud, sans faire appel à un routeur à terre, il a donc assuré seul sa stratégie et son placement dans cet enchainement de systèmes météos.

Francis Joyon tentera de décrocher le dernier record en solitaire manquant à son palmarès au printemps prochain,  le Record de l’Atlantique Nord entre New York et le Cap Lizard.

Les réactions du skipper : « Je ressens à chaud beaucoup de satisfaction… et une grosse fatigue. Je ne réalise pas vraiment car je navigue toujours, mais le plaisir d’être passé sous la barre des 9 jours est bien présent. Je suis parti avec l’espoir de faire un temps correct. Mon départ en 2008 avait été rapide, mais la fin plus pénible. Cette année, cela aura été l’inverse. Ma plus grande crainte est toujours d’être arrêté dans les calmes plats, mais cela n’a pas été le cas. Le bateau a marché très vite durant de longs moments. La première partie était ralentie par la mer. Puis ce fut de longs moments de glisse très agréables. J’ai pu chatouiller les 30 noeuds en pointe, mais comme on progresse face aux systèmes météo dominants, on affronte souvent une mer difficile peu propice à la très haute vitesse… Je suis arrivé de nuit, sur cette île de San Salvador qui n’est pas très habitée, donc peu de lumière. On contourne des grands caps qui ne sont pas éclairés, et on approche une barrière corallienne au GPS. J’ai appelé Monsieur Clifford Fernandez  du WSSRC qui avait trouvé un petit bateau pour pointer mon passage de ligne. J’ai enroulé le gennaker et il est monté à bord. Après 5-10 mn, j’ai renvoyé de la toile pour ne pas dériver à la côte, ils sont descendus, et je suis reparti sans avoir vu un arbre… Je redescends à présent vers les Antilles françaises.

Le bateau est toujours perfectible dans les détails, mais il est globalement abouti, bien conçu et bien construit, très éprouvé. On peut encore travailler sur les détails et les voiles…

 Personnellement, je ne suis pas aussi perfectible que mon bateau. Les années passent, et je suis grand père depuis peu. Il faut résister à l’usure du temps, en faisant beaucoup de sport entre les sorties en mer, afin de répondre aux exigences du trimaran… ». 

L’atlantique sud en moins de 9 jours pour franchir Francis Joyon ?

Le skipper du maxi trimaran Idec, qui détient déjà le record de la Route de la Découverte est sur la bonne voie pour améliorer sensiblement son temps de 2008.

Il lui reste ce soir 520 milles à parcourir et son avance se porte à 308 milles, Francis Joyon progresse sur une route assez sud dans une zone anticyclonique avec des vents d’une dizaine de noeuds mais avec forte houle venue du nord, comme l’expliquait le marin ce matin :  » Je suis aux prises avec l’anticyclone. J’ai tenté hier, en naviguant plusieurs heures à 90° de la route, de me glisser sous les calmes, mais plus on se rapproche du but, et moins il devient aisé d’y échapper. J’ai encore 8 à 10 noeuds de vent, qui me permettent de marcher à 15 – 16 noeuds » Je préfère « tricoter » aujourd’hui dans du vent faible, et attendre la petite rotation du vent au secteur sud qui me permettra de finir en route directe. Cela a beaucoup tapé mais au moins j’avais la vitesse pour atténuer ces sensations… C’est dans ces moments que le bateau souffre le plus, surtout au niveau des voiles ; c’est pourquoi je préfère conserver le peu de vent pour continuer à avancer et ménager le bateau… »

Francis Joyon devrait donc arriver sur la ligne d’arrivée du record de l’Atlantique Sud vendredi, probablement en moins de 9 jours.

Francis