Coup double pour Realstone Sailing

L’équipage du CER, Realstone Sailing, a de nouveau démontré son très beau potentiel ce week-end à Versoix et sur le Genève Rolle Genève, puisque le D35 mené par Jérôme Clerc s’est imposé sur la classique lémanique et sur l’Open de Versoix.

Les D35 avaient repris les hostilités dès vendredi pour l’Open de Versoix, le vent était absent une bonne partie de l’après midi et n’avait daigné se lever qu’à 17h, ce qui avait permis au comité de lancer trois manches. C’est Dona Bertarelli et son équipage de Ladycat, qui se montraient les plus réguliers avec une quatrième place puis une victoire et une seconde place, comme l’expliquait Yann Guichard, tacticien sur Ladycat les automatismes commencent à se mettre en place et cet équipage pourrait faire figure d’outsider face aux favoris,dont Alinghi, mené par Ernesto Bertarelli, frère de Dona  qui était en embuscade à un point de Ladycat à l’issue des trois régates de vendredi, Realstone Sailing, leader du classement provisoire était sur le podium avec deux points de retard sur les leaders, devant de Rham – Sotheby’s.

Artemis Racing était cette fois-ci mené par Xavier Revil, qui débute sur ce support et prenait la 5ème place provisoire devant Zen Too, le D35 de Guy de Picciotto, était présent après avoir talonné il y a 15 jours lors de l’Open de Crans.

Dona Bertarelli, propriétaire et barreuse de Ladycat, à l’issue des trois manches de vendredi :« Nous avons eu beaucoup de plaisir à naviguer aujourd’hui. Nous avons enfin trouvé les bons réglages du bateau, nous nous sommes beaucoup entraînés cette semaine et ça a payé. Nous avons retrouvé la vitesse, ce qui nous a manqué lors du dernier événement.  Cette nouvelle équipe est fantastique. Nous avons une bonne cohésion de groupe, et le résultat s’en ressent : tout a bien fonctionné. J’ai trouvé le bateau plus facile à la barre et quand on a la bonne vitesse et que les manœuvres fonctionnent, ça ne peut que bien aller ».

Les catamarans étaient présents samedi sur la ligne de départ de la classique Genève-Rolle-Genève, avec environ 200 autres bateaux.
Dès le départ, Realstone Sailing a pris les commandes de la flotte des D35, en se laissant très vite glisser vers la côte suisse, de Rham Sotheby’s, Zen Too et Ladycat étaient les adversaires les plus dangereux pour l’équipage du CER, qui se retrouvaient parfois scotcher dans les dévents au plus près de la côte, alors que les autres équipes avaient choisi de naviguer plus au large.

Sur la deuxième partie du parcours, après le passage de Nyon, le Joran s’est levé à plus de 15 nœuds, imposant une navigation physique aux équipages.

De Rham Sotheby’s longtemps second se fera passer par Ladycat sur le retour vers Genève, Zen Too barré par Fred Le Peutrec, restera bien placé sur cette course et prendra une belle 4ème place devant Veltigroup, Artemis et Alinghi.

Okalys Corum, mené par nicolas Grange démâtera lors du retour vers Genève, sans blessés à bord.

Jérôme Clerc, barreur de Reastone Sailing : « La stratégie de notre tacticien Denis Girardet a été excellente de bout en bout. Nous avons fait des choix et nous nous y sommes tenu. Nous avons fait ce que nous avons voulu faire, même si cela semblait « gonflé » quelques fois.  C’est vrai qu’il y a eu 3 ou 4 transitions de vent, qui nous ont laissé un peu « scotchés » à certains moments, mais même si nous avons parfois tremblé, nous avons tenu notre ligne et ça a payé ! »

Classement Genève-Rolle-Genève:
1. Realstone Sailing (J. Clerc)
2. Ladycat (D. Bertarelli)
3. De Rham-Sotheby’s (Ph. Cardis)
4. Zen Too (F. Le Peutrec – G. de Picciotto)
5. Veltigroup (B. Lerch – M. Simeoni)
6. Artemis Racing (P.Cayard – T. Tornqvist)
7. Alinghi (E. Bertarelli)
8. Nickel (F. Moura)
DNF Okalys-Corum (N. Grange)

Pour la dernière journée de l’Open de Versoix, le comité n’aura pu lancer qu’une seule course dans des airs extrêmement légers avec seulement à 1 à 3 nœuds de vent.
Dans ces conditions plus que légères, les marins de Realstone Sailing  signent une nouvelle victoire de manche  devant Veltigroup et Artemis Racing barré par Torbjorn Tornqvist, avec Paul Cayard à la tactique.

Okalys-Corum, était présent, malgré son démâtage la veille et terminait en 4e position de la manche

Nicolas Grange, propriétaire et barreur du catamaran : « Ce fut un weekend contrasté. Nous sommes un peu frustrés car nous avons fait une très bonne première partie de course hier lors de la Genève-Rolle-Genève, mais nous sommes néanmoins heureux d’avoir pu faire au moins une manche aujourd’hui, avant le Bol d’Or Mirabaud. Du coup, nous sommes rassurés sur le fait que nous pourrons y participer ! »

Le classement général après 4 étapes: Realstone Sailing domine avec 3 pts d’avance sur Alinghi (8 pts), à égalité de points avec Ladycat. Ce trio est suivi de Artemis Racing (10 pts) et de De Rham Sotheby’s (10 pts). Les suivants sont au coude à coude avec Veltigroup (17 pts), Zen Too (18 pts), Okalys Corum (19 pts), puis Nickel (24 pts).

Prochain rendez-vous, le Bol d’Or Mirabaud qui aura lieu le samedi 16 juin. Le départ de la classique lémanique aura lieu à 10 heures avec près de  600 bateaux sur la ligne.

Yann Guichard : « La motivation et l’esprit d’équipe sont restées intacts, ce qui fait une des forces de l’Energy Team. »

Yann Guichard, skipper du MOD Spindrift racing, de l’AC45 de l’Energy Team et tacticien sur le D35 Ladycat a de nouveau répondu aux questions de Voile-Multicoques (interview réalisée lors de l’Open de Crans).

© Chris Schmid / Spindrift racing

Voile-Multicoques.com : Tu intègres l’équipage de Ladycat, qui participe au Vulcain Trophy avec un équipage remanié, qui s’est professionnalisé, quels sont vos objectifs ?

Yann Guichard : Dona Bertarelli, la propriétaire, prend les saison les unes après les autres, elle a voulu un peu de changement cette année, en prenant un équipage plus professionnel et avec des hommes.

Ceci permet de naviguer à six et non plus à sept comme avec les filles, ce qui simplifie les choses, avec un poste pour chaque personne.

L’objectif chiffré est d’essayer d’accrocher les troisième, quatrième ou cinquième place du championnat, ce qui est faisable mais difficile.

Alinghi, le CER (Realstone Sailing), et Artemis sont un peu au dessus du lot, mais le reste de la flotte est assez homogène, la course à la quatrième place risque donc d’être serrée.

Cette saison se court exclusivement sur le Léman cette année, quelles sont les spécificités de ce plan d’eau ?

Sur le premier grand prix, nous avons eu un vent de sud un peu instable, ce qui est habituel sur le lac, tout comme le petit séchard pour le second grand prix, les conditions sont toujours plus ou moins piègeuses, il faut être opportuniste, tout peut arriver jusqu’à la ligne soit coupée.

C’est aussi ce qui fait l’intérêt de ce type de plan d’eau, tout peut être remis en questions rapidement, les nouveaux parcours, plus courts que la saison dernière, et avec une porte au vent ouvrent également un peu le jeu, ce qui ajoute des opportunités pour revenir sur les bateaux qui nous précèdent.

Voile-Multicoques.com/Baptiste Morel

Revenons sur ces changements de format des régates, avec un raccourcissement des parcours et l’introduction de la porte au vent, ce format se rapproche de ceux qui ont été adoptés sur les autres circuits multicoques (America’s Cup World Séries, Extrême Sailing Series), penses-tu qu’il s’agit de la bonne formule pour courir en multicoque ?

Je ne pense pas qu’un type de parcours soit meilleur qu’un autre, tout dépend du type de bateau, et de l’objectif, comme on peut le voir sur les circuits tournés vers le public à terre.

L’introduction de la porte au vent en D35 ouvre le jeu, mais l’idéal serait d’avoir les règles de la Coupe de l’America en ce qui concerne l’engagement à la bouée, le tribord reste donc roi selon les règles ISAF avec des passages de bouées parfois un peu dangereux.

Ce format donne plus d’intensité, mais aussi plus de travail à l’équipage avec des manœuvres incessantes, ce qui change des longs bords calés que nous avons connu jusqu’ici sur le circuit.

Voile-Multicoques.com/Baptiste Morel

Tu es le skipper du MOD Spindrift racing depuis quelques mois, quelles sont les qualités du bateau par rapport aux autres trimarans que tu as barré jusqu’ici (60′ ORMA, Gitana 11 sous sa forme rallongée) ?

Ces bateaux sont difficilement comparables, le choix d’un bateau monotype fait que les coefficients de sécurité sont plus importants, le bateau est donc plus costaud, plus raide, à un plan de voilure un peu moins puissant par rapport aux autres bateaux que j’ai pu barrer.

Dans les petits airs, le bateau est un peu plus difficile à faire avancer qu’un 60′ ORMA, du fait d’un rapport poids/puissance un peu moins favorable, mais ce bateau est très intéressant, la monotypie a été très bien respectée, comme nous avons pu le constater sur les régates courues jusqu’ici avec des écarts très serrés, il faut aller chercher quelques centièmes de nœuds face aux adversaires pour s’imposer. Ce qui promet de belles régates inshores, mais aussi sur l’Atlantique dès cet été.

Voile-Multicoques.com/Baptiste Morel

Certains skippers ont déjà evoqué une participation à la Route du Rhum 2014 sur les MOD, l’envisages-tu et quelles seraient les modifications à apporter au bateau pour l’adapter au solitaire ?

Le bateau semble plutôt adapté, il y aurait bien sûr un second pilote à installer et quelques modifications mineures.

La course aura lieu dans deux ans et demi, l’objectif immédiat reste bien sûr le Multi One Championship, mais il est clair que je participerai à la course sur ce bateau, nous verrons si une classe MOD sera créee pour la course ou si nous participerons dans la classe Ultime. Il serait dommage que ces bateaux restent à quai pendant la Route du Rhum, ce type de course permettrait aussi de mettre en valeur la classe.

Les deux premières confrontations avec tes concurrents ont été très serrés cette année, que ce soit sur le Tour de Belle Ile ou l’Armen Race, où se sont jouées ces courses ?

Pour le Tour de Belle Ile, nous avons pris une option au départ qui n’était pas la bonne, Foncia et Groupe Edmond de Rothschild ont donc été devant dès le début et nous n’avons fait que lutter pour revenir sur eux, ce que nous avons fait petit à petit.

Sur l’Armen Race, nous étions en tête sur le retour, mais nous avons eu un problème pour hooker la GV, ce qui a permis à Foncia de revenir et de nous passer, les bateaux ont été au contact pendant toute la course, la moindre erreur fait que le copain passe devant, il faut donc être irréprochable sur les manœuvres. Nous avons fait quelques erreurs, c’est le métier qui rentre, nos adversaires ont un peu plus d’expérience sur ces bateaux et nous progressons de jour en jour, nous allons donc poursuivre nos entraînements dès la semaine prochaine.

Voile-Multicoques.com/Baptiste Morel

Revenons sur ces entraînements, quelles informations sont partagées avec les autres teams, avez-vous des debriefings communs, quelles informations partagez-vous ?

Avec Foncia, nous partageons en live les réglages à la VHF quand nous sommes sur l’eau, nous ne faisons pas de véritables debriefs, nous discutons des réglages de manière informelle.

Ces sessions permettent de progresser dans la connaissance du bateau grâce à ces échanges, en naviguant seuls le feeling est rapidement bon, et on pense être champion de la baie, la confrontation permet de faire des progrès exponentiels, je pense que ces entraînements sont indispensables pour bien figurer face aux autres.

De notre côté nous avons choisi, et eu l’opportunité, de nous entraîner avec Michel Desjoyaux, ce qui est une excellente expérience, je pense que Foncia est une des grosses équipes en MOD 70, c’est donc super de pouvoir mettre des choses en commun avec eux.

Passons aux America’s Cup World Series, Energy Team termine sur trois belles performances, que ce soit avec toi, ou Loick Peyron à la barre, quelles sont les forces de cette équipe qui a pourtant un déficit d’entraînement par rapport aux top teams (Oracle Racing, Artemis, Emirates Team New Zealand et Luna Rossa) ?

Etape après étape, nous avons réussi à poser des bases qui font qu’aujourd’hui notre équipe est solide à terre et sur l’eau.

Nous avons bien travaillé sur l’eau, les manœuvres et la communication se déroulent très bien, l’ambiance est excellente au sein de l’équipe. Même après de mauvais résultats la motivation et l’esprit d’équipe sont restées intacts, ce qui fait une des forces de l’Energy Team.

Nous avons aussi beaucoup travaillé sur les voiles avec Incidences, ce qui nous donne un petit plus en vitesse, surtout dans le vent médium et le petit temps, comme sur les dernières étapes. Cet avantage est une des clefs du succès dans ces régates serrées, où il ne faut rien lâcher.

Les grosses équipes gardent un avantage dans le gros temps car ils ont plus d’entraînement. Dans les vents faibles ou modérés, toutes les équipes manœuvrent bien et les petites équipes rattrapent leur retard sur les détails de réglages.

De notre côté, nous avons réussi à gommer toutes les grosses erreurs, ce qui resserre forcément le jeu. Les régates deviennent donc de plus en plus intéressantes avec des vainqueurs différents à chaque Act.

©2012 ACEA/Gilles Martin-Raget

Il ne reste qu’un Act avant la fin de la saison, avez-vous prévu des navigations sur d’autres supports afin de continuer la préparation à la possible participation de l’Energy Team à la 33ème Coupe de l’America ?

Tout dépendra de la suite, si nous décrochons le financement pour l’AC 72, il y aura des entraînements en commun qui pourront se faire sur le MOD 70 pour préparer l’équipage.

En attendant, nous conservons tous nos programmes différents et assez complets pour tous les membres d’équipage de l’AC45.

Arnaud Jarlegan et Devan Le Bihan naviguent avec moi sur le D35 Ladycat, ce qui permet de parfaire les automatismes sur l’AC45, ces passages sur différents supports sont aussi une force, même si nous n’avons pas l’opportunité de nous entraîner sur l’AC 45.

Est ce que les parcours des régates des America’s Cup World Series, à proximité immédiate des côtes, sont adaptés à l’AC45 ? Ou est ce que ces bateaux mériteraient-ils un terrain de jeu plus vaste ?

Les formats sont parfaitement adaptés pour le public, mais aussi pour nous, on s’éclate sur l’eau, il faut seulement intégrer les limites virtuelles, ce qui est difficile au début. Tactiquement ces limites sont intéressantes, elles resserrent le jeu et gomment le défaut du multicoque, du fait du manque de manœuvrabilité de ces bateaux, nous avions tendance à aller sur les extrêmes, ce format permet de recréer du contact entre les bateaux.

©2012 ACEA/Gilles Martin-Raget

Le format des régates reste parfois assez obscur, avec certains Acts où les match-races se déroulaient en une seule manche contre deux manches gagnantes sur d’autres Acts, est ce que les équipes participent à la prise de décisions concernant l’organisation des régates ?

Les équipes ont leur mot à dire, mais au final Oracle Racing définit les règles avec le retour de différents teams. Il est vrai que le format à une manche gagnante pour le match-racing est un peu dur.

Un autre petit reproche que je ferai concerne le fait que la l’America’s Cup se court en match-race, alors que les ACWS se courent en grande partie en flotte, mais il faut aussi prendre en compte l’aspect télévisuel, et là je pense que suivre une course en flotte est plus sympathique pour les téléspectateurs et le public.

Au final l’équilibre est assez bon, que ce soit pour les compétiteurs ou les spectateurs qui semblent satisfaits.

Realstone remporte l’Open de Crans

L’Open de Crans n’a finalement débuté que le dimanche 27, suite à un calme plat sur le Léman le samedi, les marins auront donc patienté une journée à terre avant de reprendre les hostilités sur le lac pour cette deuxième manche du Vulcain Trophy.

La journée a commencé à 12h30 avec le départ de la première manche avec un petit séchard qui commençait à s’établir au large du port de Crans Près Céligny.

Artemis Racing avait remanié son équipage pour cette épreuve en faisant appel à Michel Desjoyaux pour prendre la barre du D35 de l’équipe suédoise, il était accompagné d’Yvan Ravussin à la tactique, Jean-Christophe Mourniac était également de la partie à la tactique sur Okalys Corum, enfin Nicolas Charbonnier prenait la barre d’Alinghi en l’absence d’Ernesto Bertarelli.

La première manche était remportée par Realstone Sailing, du CER devant Okalys et Artemis Racing, Nickel fermait la marche après la disqualification de Veltigroup sur le second portant, l’équipage de Marco Simeoni contestant la pénalité prise à la porte au vent suite à un tribord d’Alinghi, en effet l’équipage de Veltigroup estimait qu’Alinghi avait abattu pour provoquer la pénalité, cet argument n’a semble-t-il pas convaincu le jury qui sortait le drapeau noir.

Petit à petit les nuages arrivaient sur le plan d’eau renforçant le séchard, la seconde manche revenait facilement  à Artemis Racing devant de Rham Sotheby’s et Alinghi, Realstone prenait la 4ème place. Zen Too qui avait pris la 5ème place de la première manche fleurtait de trop près avec la côte et talonnait, ce qui entrainait une voie d’eau, l’équipage mené par Fred Le Peutrec quittait dans l’Open pour prendre la direction de Versoix afin de mettre le catamaran au sec pour réparer les dégâts.

La troisième manche était lancée avec un départ babord amure pour Alinghi et Artemis, mais c’est de nouveau Jérôme Clerc et l’équipage du CER qui emporte cette régate devant de Rham, Okalys et Alinghi, Ladycat prend de nouveau la sixième place après une belle bataille avec Veltigroup.

La quatrième manche est remportée par Alinghi devant Realstone qui enchaine les places sur le podium et  de Rham qui effectue également une belle journée, Artemis se classe 4ème, en queue de flotte, Veltigroup passe Nickel sur le dernier empannage et prend la 6ème place, Ladycat ferme la marche.

La cinquième et dernière manche est très disputée avec un mauvais départ d’Artemis qui prend la gauche du plan d’eau, ce qui s’avère finalement favorable puisque l’équipage de Michel Desjoyaux revient à la seconde place devant Okalys-Corum, Realstone remporte de nouveau la manche.

L’équipage de Realstone Sailing s’impose donc  avec 3 victoires sur 5 devant Artemis Racing barré par Michel Desjoyeaux et Rham Sotheby’s de Philippe Cardis. Alinghi prend la quatrième place , suivent Okalys-Corum, Veltigroup, LAdycat, Nickel et Zen Too qui n’aura pu boucler que la première manche avant de connaitre une avarie.

Jérôme Clerc (barreur de Realstone Sailing) : « On voulait prendre notre revanche sur le Grand Prix Les Ambassadeurs (pour rappel Realstone avait terminé 2e juste derrière Alinghi mais à égalité de points). La pression est montée aujourd’hui. Nous savions que nous avions peu de manches pour nous démarquer et le petit temps n’a pas arrangé les choses. De plus avec des adversaires comme Michel Desjoyeaux ou Nicolas Charbonnier, nous ne pouvons qu’être encore plus heureux de cette victoire ! »

Michel Desjoyeaux, Artemis Racing : « Cette journée a été fabuleuse ! Ce n’était pas gagné ce matin, surtout après la journée d’hier. Le petit temps (ndlr. le peu de vent) permet de garder le jeu très ouvert sur toutes les régates. Cependant Realstone Sailing est vraiment au-dessus du lot ! ».

Philippe Cardis, skipper de De Rham Sotheby’s : « Nous avons la chance d’avoir un très bon tacticien : Christian Wahl est vraiment un magicien du lac, même lorsque nous avons fait des bêtises, il a réussi à les rattraper par une tactique remarquable » .

Le prochain rendez-vous est un double événement le week-end du 8, 9 et 10 juin, avec l’Open de Versoix, vendredi et dimanche, et la Genève-Rolle-Genève (connue comme la répétition générale du Bol d’Or Mirabaud) intercalée le samedi 9 juin 2012. Les D35 seront donc entre eux le vendredi et le dimanche à Versoix, alors qu’ils rejoindront une flotte nombreuse de plusieurs centaines de bateaux pour l’une des « grandes classiques » du lac Léman le samedi !

Classement de l’Open de Crans:
1. Realstone Sailing (Jérôme Clerc) – 5 pts
2. Artemis Racing (Michel Desjoyeaux) – 10 pts
3. De Rham Sotheby’s (Philippe Cardis) – 11 pts
4. Alinghi (Nicolas Charbonnier) – 12 pts
5. Okalys-Corum (Nicolas Grange) – 13 pts
6. Veltigroup (Boris Lerch) – 25 pts
7. Ladycat (Dona Bertarelli) – 26 pts
8. Nickel (Fred Moura) – 28 pts
9. Zen Too (Fred Le Peutrec) – 35 pt

Au classement général provisoire, Realstone s’installe en tête devant Alinghi et Artemis à égalité de points, de Rham pointe à 3 points des 2 et 3èmes.

Les programmes des multicoques lémaniques dévoilés

C’est au tour des M2 de tenter l’internationalisation, avec deux grands prix prévus en France en Italie pour débuter et clore la saison. Les équipages des catamarans de 28′ débuteront donc le Safram Teamwork Speed Tour à Hyères avec un grand prix et un raid autour de Porquerolles en mai,et clôtureront leur saison avec la même formule sur le lac de Garde.

1. Grand Prix de Méditerranée (17 – 18 mai 2012) (Régate annuelle en mer de la SNG) (Hyères)

2. Raid de Porquerolles (19 – 20 mai 2012 (Hyères)

3. Genève Rolle Genève (9 juin 2012) (Genève)

4. Bol d’Or Mirabaud (16-17 juin 2012) (Genève)

5. Grand Prix du Léman (30 juin-1er juillet 2012) (Morges)

6. Grand Prix d’Italie (6 – 7 septembre 2012) (Gargano, Lac de Garde)

7. Centomiglia (8 – 9 septembre 2012) (Gargano, Lac de Garde)

Les équipages qui participeront aux régates à l’étranger seront dispensées de frais d’inscription au championnat Safram M2. Les organisateurs s’inspireront également des nouveaux formats de régates vus en AC45 et en Extreme 40 en proposant des parcours de maximum 30 minutes avec arrivée ou départ près de la côte.

Du côté des Décision 35, l’expérience méditerranéenne n’est pas reconduite, les propriétaires se retrouveront donc uniquement sur le Léman avec huit rendez-vous classiques. Aucune information n’a filtré sur les teams engagés, cependant on peut s’attendre à retrouver les habituels Alinghi, Ladycat, Okalys-Corum, Foncia, Veltigroup, Zen Too ; Artemis Racing qui avait rejoint le circuit l’an dernier devrai,t selon toute vraisemblance, se consacrer à sa préparation de la 34ème Coupe de l’America avec le circuit AC45 et la mise à l’eau de l’AC72, et devrait donc être absent du plan d’eau helvète cette année.

Baptiste Morel/Voile-Multicoques

Le programme du Vulcain Trophy :

3 au 5 mai 2012 >> Grand Prix Les Ambassadeurs, Société Nautique de Genève

26 et 27 mai 2012 >> Open de Crans, Club Nautique de Crans-près-Céligny

8 et 10 juin 2012 >> Grand Prix de Versoix, Club Nautique de Versoix

9 juin 2012 >> Genève-Rolle-Genève

15 au 17 juin 2012 >> Bol d’Or Mirabaud

25 et 26 août 2012 >> Open du Yacht Club, Yacht Club de Genève

8 et 9 septembre 2012 >> Open de Morges, Club Nautique de Morges

21 au 23 septembre >> Finale du Vulcain Trophy, Société Nautique de Genève

 

 

Yann Guichard :  » Le MOD est bien né « 

Yann Guichard, futur skipper du MOD Spindrift Racing, également engagé sur les Extreme Sailing Series avec Alinghi, et avec l’Energy Team qui prépare la prochaine Coupe de l’America revient sur ces différents projets dans cette interview pour Voile-Multicoques(réalisée pendant les Extreme Sailing Series de Nice).

Baptiste Morel/Voile-Multicoques.com

Voile-Multicoques.com : Tu viens d’annoncer ton engagement en MOD 70 avec la création d’une nouvelle société Spindrift Racing, pourquoi cet engagement sur ce circuit ?

Yann Guichard : Je fais du multicoque depuis près de vingt ans, c’est ma passion, je suis passé sur plusieurs supports en offshore et en inshore, avec une Route du Rhum dernièrement (en 2010 sur Gitana 11), ce circuit fait la synthèse de toute cette expérience, j’étais donc motivé et intéressé pour intégrer ce circuit.

Ce qui est fantastique dans ce projet c’est le fait de partir d’une page blanche, c’est la première fois que je peux construire un team à mon image, après avoir été équipier sur différents bateaux, puis skipper chez Gitana mais avec une équipe déjà en place.

Mon association avec Léo Lucet (directeur de Spindrift Racing) permet de partir sur des bases solides, puisqu’il a déjà géré ce genre de projet au sein du Gitana Team.

La vocation de Spindrift Racing est-elle seulement orientée vers le MOD ou souhaiteriez-vous intégrer d’autres projets multicoques ?

Le projet phare de Spindrift Racing est clairement le MOD 70, mais j’ai envie de partager mon expérience acquise en multicoque avec des jeunes.

Le multicoque revient comme support aux JO, donc pourquoi ne pas essayer d’aider des jeunes régatiers à travers notre structure.

© Yvan Zedda / Sea&Co / MOD S.A.

As tu déjà eu l’occasion de naviguer sur un des MOD  ?

Pas encore, je suis seulement monté quelques minutes sur Race for Water à Lorient, mais j’ai eu beaucoup de retours par des amis, qui seront peut être de futurs équipiers sur le bateau.

Je pense que ce bateau est bien né, ce qui est logique avec des gens d’expérience comme Franck David et Stève Ravussin aux commandes. Ils sont partis des 60′ ORMA avec le cabinet VPLP, qui a le plus beau palmarès en multicoque océanique.

Le trimaran est simple avec beaucoup moins de gadgets que sur les trimarans 60′ ORMA, ce qui correspond à l’objectif de fiabilité de cette classe avec un programme sur 10 ans comprenant un tour du monde.

Nous avons déjà eu un bel aperçu de ce que seront les courses sur ces bateaux avec la Fastnet Race où les deux MOD 70 ont terminé à trois minutes d’intervalle après 30 heures de course et 600 milles parcourus.

Le plateau reste pour l’instant assez franc-français, penses-tu que l’engagement des grands noms de la voile et du multicoque puisse attirer les teams étrangers courtisés sur ce circuit MOD ?

Il y a des contacts avec des teams étrangers sur le circuit MOD 70, deux équipes ont déjà signé Race for Water pour la Suisse et Oman Sail, nous espérons que les six engagements finalisés attireront des sponsors et des skippers.

Au delà de la conjoncture économique actuelle, le frein vient du fait que la classe « n’existe pas » encore réellement, la Krys Match puis la Krys Océan Race permettront d’inviter des skippers, des clients qui pourront visualiser le potentiel du circuit, ce qui pourrait déboucher sur d’autres projets.

Le MOD 70 a une place à prendre, il y a un tour du monde en équipage en monocoque, la Volvo Ocean Race, désormais il y aura un tour du monde en multicoque.

Pour Spindrift Racing, notre vocation n’est pas de trouver obligatoirement un partenaire français, loin de là, nous sommes en pourparlers avec différentes entreprises, mais tant que rien n’est signé nous restons humbles.

Nous devrions retrouver des équipiers français à bord de tous les bateaux, car à l’heure actuelle les meilleurs équipiers de course au large en multis sont français, il serait bête de s’en priver. De mon côté j’aurai au moins un ou deux marins étrangers sur le bateau.

Tu fais partie de l’équipage d’Alinghi qui est engagé sur les Extreme Sailing Series, actuellement en deuxième partie de classement, que manque-t-il à l’équipage pour mieux figurer ?

Sur le bateau le potentiel est là, nous apprenons à nous connaître, c’est de mieux en mieux, mais les résultats sont en dents de scie sur les différents Acts.

Nous sommes parfois en tête mais nous avons du mal à terminer, nous étions en tête pendant deux jours à Trapani sur les « Open Water », avant de terminer sixième, les « Stadiums » (régates sur des formats courts) sont plus difficiles pour nous.

Nous avons raté des journées ce que nous ne pouvons pas nous permettre sur ce circuit où la moindre petite erreur, le moindre manque de cohésion se paient cash.

Il reste trois grands prix, rien n’est terminé, nous allons continuer à nous battre régates après régates, l’important est de se faire plaisir à bord et les résultats suivront, mais le plateau est conséquent, le niveau très élevé, c’est donc logique que les résultats soient serrés.

Baptiste Morel/Voile-Multicoques.com

Quel est la principale difficulté sur ce circuit des Extremes 40 ? L’exiguité des plans d’eau, le format très court des régates avec la nécessité de prendre de bons départs ?

Le départ est primordial, mais nous avons vu aujourd’hui que des départs moyens ne sont pas forcément rédhibitoires, les bateaux en retard sur la ligne peuvent prendre un côté du plan d’eau dans un vent frais, Gitana a pris des départs à droite en deuxième rideau, alors que nous étions tous bloqués sur la gauche, ce qui a été payant au final.

Cependant sur ce grand prix les conditions sont vraiment extrêmes avec un à quatre nœuds de vent, donc tout peut basculer sur une manche.

Tu as couru les deux derniers grands prix de D35 en Méditerranée, comment se comporte ce catamaran typé lac sur un plan d’eau ouvert ?

Tout s’est très bien passé pour nous, avec un beau grand prix à Beaulieu, de bonnes conditions pendant trois des quatre jours de régates, à Antibes nous avons eu un peu moins de vent, mais le bateau s’est bien comporté, ce qui limite ce bateau n’est pas l’intensité du vent, mais l’état de la mer, ce qui a d’ailleurs entrainé l’annulation d’une journée de courses à Beaulieu sur Mer.

L’expérience a été favorable pour toutes les équipes, je pense qu’une majorité souhaite renouveler ce type de navigations l’année prochaine.

Baptiste Morel/Voile-Multicoques.com

Tu as navigué sur l’AC45 d’Energy Team, quels sont les plus grosses différences entre ce catamaran à aile et un multicoque à gréement conventionnel ?

L’aile rigide est très efficace, nous l’avons vu lors de la dernière coupe, elle diminue beaucoup le fardage, le bateau est donc plus évolutif, il vire et empanne mieux.

La gestion de la puissance est assez incroyable sur les AC45, c’est très précis, nous avons trois réglages sur l’aile: le traveller qui permet de régler toute l’aile, ce qu’on retrouve sur un gréement classique ; le camber, qui est l’équivalent de la bordure sur un multi classique comme l’Extrême 40 ou le D35, et qui permet de régler la profondeur entre l’avant de l’aile qui nous appelons le mât et les flaps ou volets sur l’arrière de l’aile ; le twist, qui permet d’enlever de la puissance sur les flaps, ce qui correspond au cunningham. Ces éléments ne sont donc pas complétement différents dans la façon de naviguer.

Le fait de gérer à volonté la puissance est assez formidable. ce qui permet également de régater dans des conditions musclées, comme à Plymouth, où les catamarans ont navigué dans 30 nœuds de vent, ce qui est rare pour des multicoques de cette taille.

Les flotteurs sont très volumineux, les safrans ont une grande surface, ce qui amène un bon contrôle, le bateau est donc très tolérant.

L’aile gomme les défauts du multicoque par rapport au monocoque, un mono est très évolutif, l’aile rigide apporte cette évolutivité, la diminution du fardage fait que le bateau ne s’arrête pas, ce qui est une difficulté sur les phases de départ où il faut gérer le timing à la ligne.

©2011 ACEA/Gilles Martin-Raget

Energy Team a peu navigué par rapport aux top teams, est ce que des entrainements sont prévus pour combler ce retard ?

Le premier acte à Cascais était une phase de découverte pour toutes les petites équipes, avec une différence de niveau maximale entre les nouveaux teams et les autres (Oracle Racing, Artemis Racing et ETNZ), à Plymouth les coréens et Energy Team ont montré un beau potentiel, le retard s’est donc un peu comblé.

Pour atteindre le niveaux des tops teams, il n’y a pas de secret, il faut naviguer plus, les grosses équipes passent 200 jours par an sur l’eau.

Dans cette optique et avant le troisième acte à San Diego, nous allons naviguer une semaine à l’ENV (du 17 au 21 octobre) avec l’Energy Team pour faire du match race sur deux catamarans du Trophée Clairefontaine, nous allons nous entrainer avec Pierre Antoine Morvan, spécialiste français de match racing.

Nous allons également modifier un peu l’équipage avec Christophe Espagnon qui sera au réglage de l’aile à côté de moi (Yann Guichard barrera l’AC 45 d’Energy Team à San Diego) et qui assurera aussi la tactique.

Ensuite nous allons planifier d’autres entrainements sur d’autres supports, le désavantage que nous avons par rapport aux grosses équipes est l’impossibilité de naviguer à deux AC45, Artemis en a commandé un second, Oracle en possède quatre.

Nous ne pouvons pas naviguer entre les actes puisque les bateaux sont en transit, et nous ne pouvons pas faire de speed tests ou de réels entrainements avec les autres équipes, ce qui complique la tâche pour le développement des voiles d’avant.

Des entrainements à deux bateaux permettraient de progresser de façon exponentielle, nous l’avons vu en naviguant avec le Team Korea à Cascais.

Concernant ces formats de courses assez courtes, est ce qu’une réelle communication est possible entre le barreur et le tacticien (ou skipper) sur ces circuits Extreme 40 et AC 45 ?

En Extreme 40 non, sauf sur les Open Water, mais en Stadiums la décision doit se prendre sur l’instant, donc le barreur gère également la tactique dans 80% des cas, nous n’avons pas le temps de discuter du timing d’un virement sans se mettre dans une situation difficile, avec ensuite des « options » qui sont subies et non choisies.

Avant la manche, nous avons malgré tout le temps de discuter pour choisir le positionnement sur la ligne et le côté du plan d’eau à choisir, c’est donc un travail d’équipe.

Sur l’Extreme 40, je pense que pour avoir de bons résultats, les trois équipiers doivent être capables de gérer tout les postes pour faire avancer la machine, le barreur est moins concentré sur la marche du bateau que sur d’autres séries puisqu’il gère également la tactique.

En AC45 les parcours sont peu plus longs, les bateaux vont plus vites, la limite virtuelle doit être intégrée, ce qui ajoute une difficulté supplémentaire ; une aide à la tactique est donc essentielle.

Cet aspect nous a manqué sur les deux premiers rendez-vous, où nous étions plus en phase de découverte du bateau, nous devons passer sur un mode plus centré sur la performance.

Sur certains bateaux, la tactique est assurée par le numéro 2 qui gère les bastaques, sur d’autres c’est le régleur de l’aile ce qui me correspond plus ; nous fonctionnerons de cette façon avec Christophe Espagnon à San Diego.

Foncia en tête devant Zen Too et Alinghi

Les D35 régatent depuis jeudi à Antibes pour la dernière étape du Vulcain Trophy, malgré cette délocalisation en Méditerranée, les équipages ont retrouvé des conditions lémaniques pour ces ultimes régates de la saison avec une brise très légère et une mer plate.

© myimage.ch

Jeudi, c’est Zen Too qui a le mieux débuté avec une seconde place et une victoire, le catamaran barré par Fred Le Peutrec pointait en tête devant Foncia à l’issue de ces deux manches de la première journée, le skipper français était bien évidemment très satisfait : « Ce matin, nous avions bien lu le plan d’eau, nous croyions avoir bien compris comment cela fonctionnait et cela c’est vérifié pendant les manches. Tous les petits bonus, notamment les manches de second à Beaulieu-sur-Mer, ont mis l’équipage en confiance sur notre capacité à réaliser des performances. Nous sommes arrivés ici en étant persuadé que nous pouvions en faire. Maintenant, il faut les enchaîne. Il reste trois jours, mais c’est la dernière étape, il faut tout donner. C’est bien de commencer comme cela même si c’est loin d’être fini»

Michel Desjoyaux et ses hommes sur Foncia débutaient également bien cette étape avec une victoire et une troisième place, permettant de conforter leur première place au classement général. Leur adversaire direct pour la victoire sur ce championnat de D35, Alinghi, avait mal débuté avec une cinquième et une huitième place, sur cette première journée, l’équipage de Dona Bertarelli, sur Ladycat, confirmait sa bonne forme en pointant en quatrième place derrière le CER.

Lors de la seconde journée, Michel Desjoyaux reprenait la tête de cette étape avec une victoire et une sixième place : « Nous avons pu faire deux manches ce qui n’est pas inintéressant. A la première, nous prenons un super départ qui nous a permis d’aller là où nous voulions. Nous étions d’ailleurs étonnés que personne ne veuille faire la même chose que nous. L’équipage avait une bonne fluidité. D’être devant amène toujours un peu de sérénité et de motivation. La seconde manche c’est moins bien passée, mais ça nous permet de nous remettre en question et de nous rappeler que ces régates ne sont pas faciles ».

Zen Too, le multicoque de Guy de Picciotto arrivait à se maintenir à la seconde place de cette étape malgré deux manches moyennes, comme l’explique le skipper, Fred Le Peutrec : « Nous n’avons pas vraiment réussi à nous placer pour aller du bon côté du plan d’eau. Nous savions qu’en décrochant de la droite, nous allions perdre. Il n’y a pas de panique, nous sommes toujours en bonne position. Nous avons eu un petit déclic quand même, c’est fragile, c’est tout frais, mais c’est là. Nous pouvons réellement prétendre jouer pour la gagne. »

Alinghi, qui avait mal débuté le rendez-vous est revenu lors de cette seconde journée, avec une troisième place et une victoire, permettant à l’équipage d’Ernesto Bertarelli de prendre la 3ème place du provisoire. Pierre-Yves Jorand, régleur sur Alinghi : « Aujourd’hui nous avons fait deux belles manches dans des conditions solides, nous sommes clairement plus à l’aise quand c’est un peu plus appuyé. Les départs étaient importants, nous avons notamment réussi un superbe départ bâbord lors de la seconde manche qui nous a solidement installé en tête. En plus nous avions une bonne vitesse et nous avons réalisé de bonnes manœuvres. Avec quatre points, c’est une bonne journée. »

La quatrième place est occupée par les jeunes marins du CER Carrefour Prévention, qui devancent Ladycat de Dona Bertarelli à la cinquième place. Artemis Racing de Torbjorn Tornqvist est sixième devant Veltigroup de Marco Simeoni qui voit s’éloigner la seconde place du Vulcain Trophy.

Aujourd’hui les courses ont été annulées du fait de l’absence de vent, les Decision 35 et leurs équipages se retrouveront sur l’eau demain pour les ultimes manches de ce Vulcain Trophy, ce qui permettra de désigner le vainqueur de cette saison.

Alinghi s’impose en Méditerranée

Ce premier grand prix en mer aura été un succès pour la classe des Décision 35, les catamarans lémaniques ont tenu le choc à Beaulieu sur Mer, où une seule journée a du être annulés du fait de conditions trop fortes (mer et vent).

Les concurrents du Vulcain Trophy se sont donc affrontés sur trois jours et  dix manches au total. Les conditions météos ont été assez variées, avec des vents de 5 à 15 nœuds.

L’équipage le plus à l’aise a été sans conteste Alinghi d’Ernesto Bertarelli qui remporte le Grand Prix de Beaulieu-sur-Mer. Foncia de Michel Desjoyeaux monte sur la seconde marche du podium ; le podium est complété par Ladycat de Dona Bertarelli, qui avait renforcé son équipage avec Yann Guichard à la tactique.


© Chris Schmid / Alinghi.com

Alinghi avait pris l’avantage dès le premier jour avec Foncia en embuscade, Ladycat avait également bien commencé ces régates avec une quatrième place au provisoire après la première journée. Artemis Racing s’est au contraire effondré au cours du week-end passant de la 3ème à la 6ème place.

Ernesto Bertarelli : « Nous avons très bien marché. Je pense que le fait de naviguer ensemble depuis tellement d’année nous a permis de nous adapter très rapidement aux nouvelles conditions en mer avec de la vague. C’est grâce à la coordination de l’équipage et à la constance des réglages que nous avons optimisé les performances du bateau. Nous sommes ravis de cet événement dans le Sud. Régater autant en quatre jours permet d’enlever le facteur chance dans les résultats. »

Michel Desjoyeaux : « Nous aurions aimé avoir un peu plus de réussite, mais il nous manque de la fluidité et de l’expérience dans les transitions. Nous avons fait des erreurs qui ont plombé l’ambiance et qui nous ont empêchées d’être complètement disponibles pour la régate. Mais nous avons tout de même réalisé de belles choses, comme la première journée qui nous a aidé pour la général. Cette régate nous a permis d’identifier clairement notre concurrent pour le prochain Grand Prix. »

Dona Bertarelli : « Pour nous, ce sont des excellentes régates dans le Sud. C’est surprenant car les conditions sont difficiles. C’est dur de barrer et de régler le bateau, mais en fin de compte, nous avons réussi à prendre de bons repères. Le fait d’avoir Yann Guichard à bord à la tactique et en tant que performeur fait une grosse différence. Nous avons trouvé une bonne vitesse et mis au point une bonne tactique. Pour le week-end prochain, nous souhaitons continuer sur cette lancée. Ce podium, c’est un travaille de cinq années et il est mérité pour tout l’équipage. »

© Chris Schmid / Alinghi.com

Veltigroup de Marco Simeoni prend la quatrième place avec quatre podiums de manche.
Beau grand prix pour Zen Too de Guy de Picciotto, le catamaran barré par Fred Le Peutrec signe sa plus belle place cette saison en terminant 5ème. Les trois équipages qui suivent sont à égalités de point à l’issue des dix manches courues. Okalys-Corum de Nicolas Grange occupe la sixième position, grâce à une victoire de manche, il devance Nickel, barré par Fred Moura. Le CER Carrefour-Prévention ferme la marche en se classant neuvième, avec Pascal Bidégorry à la barre.

Au classement général du Vulcain Trophy,Foncia de Michel Desjoyeaux conserve sa première position avec 4 points d’avance sur Alinghi. Veltigroup de Marco Simeoni complète le trio de tête. Il n’est qu’à deux points de son concurrent direct et pourrait jouer les troubles fêtes dans le duel pour la victoire au Grand Prix d’Antibes.

Classement Vulcain Trophy 2011

1er – FONCIA (8e, 1er, 1er, 3e, 2e, 2e = 9 pts)
2e – Alinghi (2e, 4e, 5e, 5e, 1er, 1er = 13 pts)
3e – Veltigroup (4e, 3e, 3e, 1er, 8e, 4e = 15 pts)
4e – Artemis Racing (3e, 5e, 2e, 2e, 10e, 6e = 18 pts)
5e – CER Carrefour Prévention (1er, 2e, 10e, 6e, 7e, 9e = 25 pts)
6e – Okalys-Corum (6e, 6e, 8e, 4e, 4e, 7e = 27 pts)
7e – De Rham Sotheby’s (5e, 7e, 6e, 8e, 5e, 10 = 31 pts)
8e – Ladycat (9e, 10e, 7e, 11e, 6e, 3e = 35 pts)
9e – Zen Too (7e, 8e, 11e, 7e, 9e, 5e = 36 pts)
10e – Nickel (10e, 9e, 4e, 9e, 11e, 8e = 40 pts)
11e – Ylliam (11e, 11e, 9e, 10e, 3e, 10e = 43 pts)

Alinghi s’offre le Bol d’Or

Samedi, Ernesto Bertarelli et son équipage se sont adjugé le Bol d’Or Mirabaud 2011 sur le D35 Alinghi et le record de l’épreuve en D35 en bouclant le tour du lac en 6h25.

Cette édition s’est courue dans des vents soutenus avec des rafales à plus de 25 noeuds et de longs bords à plus de 20 noeuds pour les équipages. Celui d’Alinghi aura mené sur la quasi totalité du parcours suivi de près par Ylliam, Foncia barré par Michel Desjoyaux avait choisi de partir du côté français lors du départ et suivait le duo de tête à la bouée de dégagement, ce trio ne sera jamais rejoint par les poursuivants. La plus belle remontée est à mettre à l’actif d’Okalys Corum, le bateau de Nicolas Grange barré par Loick Peyron, l’équipage a perdu du temps en récupérant un de ses équipiers passé par dessus bord et blessé à la cheville, et a failli chavirer dans un grain, mais ils parvenaient néanmoins à se hisser en 4ème place à l’arrivée devant de Rham Sotheby’s et Ladycat (vainqueur l’année dernière). Le CER qui accueillait Pascal Bidégorry à son bord se classe 7ème devant Veltigroup, Zen Too barré par Fred Le Peutrec, Artemis et Nickel qui ferme la marche, en ayant également du repêcher un équipier tombé à l’eau.

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Ernesto Bertarelli : «C’est très sympa de gagner le Bol d’Or Mirabaud après ma sœur. Nous avons bien navigué, c’est un Bol d’Or  musclé, heureusement, nous arrivons dans l’après-midi et nous avons bien navigué au départ. Nous avons bien négocié toutes les transitions. Le passage de la barge du Bouveret a été très délicat à manœuvrer, car avec plus de 25 noeuds de vent nous avons décidé de ne pas prendre de ris, contrairement à nos poursuivants.»

Michel Desjoyeaux : «Nous tenons à féliciter le vainqueur qui l’a amplement mérité. Nous n’avons pas réussi à lui résister quand nous étions devant, il était vraiment plus fort. Mais nous remercions la Suisse qui nous a offert un temps breton qui nous convenait parfaitement. Evidemment, le vent était un peu tordu pour nous rappeler que nous n’étions pas en mer mais bien sur le lac.»

Arnaud Psarofaghis, barreur d’Ylliam  : «Nous tenions à prendre un bon départ pour pouvoir naviguer dégagé. Une fois dans le Haut Lac nous avons suivi la route pour le Bouveret derrière Alinghi. Là-bas, au vu des vagues et de la force du vent, nous avons opté pour la prise de ris, qui s’est avéré un choix payant. A l’arrivée, nous avons plutôt cherché à contrôler Okalys-Corum qu’attaquer Foncia. Nous sommes très contents de cette troisième place.»

Au classement général du Vulcain Trophy, et après les cinq étapes lémaniques de cette saison, c’est Foncia de Michel Desjoyaux qui mène devant Veltigroup et Alinghi qui effectue une belle remontée suite à sa victoire sur le Bol d’Or, Artemis Racing, l’équipe engagée sur la Coupe de l’America pointe en 4ème place grâce à sa régularité.

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Les D35 ont désormais rendez-vous en septembre, à Beaulieu sur Mer, puis à Antibes, pour les premières régates en mer et en France de ces multicoques lémaniques.

Dona Bertarelli s’offre le Bol d’Or

La soeur d’Ernesto Bertarelli, propriétaire du Team Alinghi, a remporté le bol d’Or sur son D35 le week end dernier.

L’équipage du catamaran rose Ladycat, entièrement féminin la saison dernière, avait été grandement remanié en début de saison en devenant mixte. La propriétaire remporte sa première victoire dans cette classe en dominant la classique lémanique tout au long de la course.

Les impressions de Dona Bertarelli : «Nous n’avons pas lâché, nous ne nous sommes jamais arrêtés, nous avons chaque fois réussi à repartir. Nous avons pris un beau départ. Je n’y croyais pas, je ne pensais pas qu’un jour j’arriverais à gagner le Bol d’Or Mirabaud. C’est magnifique, mais je n’arrive pas encore à réaliser. Toute la course nous avons été en tête, même si nous savons qu’au Bol d’Or Mirabaud il y a des retournements de situations jusqu’au dernier mètre. Donc jusqu’à la dernière minute nous n’avons rien lâché et lorsque nous nous sommes retournés et que nous avons vu personne derrière, nous nous sommes dit que tout pouvait arriver !»

Et de Pascal Bidégorry, deuxième : « Quel plaisir le Bol d’Or ! C’est le deuxième que je fais, deux fois qu’il n’y a quasiment pas de vent, mais à aucun moment nous ne nous sommes ennuyés à bord ! Les D35 sont des bateaux tellement sensibles qu’ils demandent une vigilance accrue et nous donne de quoi cogiter ! L’équipage est top, ça navigue bien, tout le monde est concentré et motivé, ça fait vraiment plaisir. On a bien travaillé dans les phases de transitions, quand nous entrons dans une zone sans vent, on arrive à repartir vite, nous ne sommes jamais passifs. L’essence même de la régate est là. « 

Pascal Bidégorry, sur Banque Populaire termine second suivi de Nickel, barré par Fred Moura qui termine troisième. Zoulou d’Erik Maris, pour son premier tour de lac termine quatrième devant Foncia d’Alain Gautier, à la cinquième place. Alinghi d’Ernesto Bertarelli franchit la ligne d’arrivée à la sixième place. Il devance Julius Baer de Philippe Cardis, septième, et Zen Too de Guy de Picciotto barré par Franck Cammas, huitième. Ensuite et respectivement classés neuvième et dixième, Ylliam de Pierre-Yves Firmenich et Okalys-Corum de Nicolas Grange. Zebra 7 ferme la marche des Décision 35 au onzième range puisque Veltigroup de Marco Simeoni ne régatait pas suite à un chavirage le week-end passé.

1er rendez vous manqué pour les D35

Le week end dernier devait être la 1ère occasion pour les douze équipages des D35 de se jauger, mais le vent capricieux n’a finalement permis qu’une seule confrontation dimanche. Le Grand Prix Beau-Rivage Palace ne comptera donc pas pour le classement général du Challenge Julius Baer, le règlement imposant un minimum de deux manches courues pour valider une épreuve.

C’est Nickel barré par Frédéric Moura qui remporte donc cette unique manche du week end. Derrière eux, le nouveau venu Ylliam se classe 2nd. Ladycat monte sur la troisième marche du podium.

Les favoris du championnat se classent en milieu de tableau avec Foncia barré par Alain Gautier à la quatrième position devant Alinghi d’Ernesto Bertarelli, Okalys-Corum  prend la septième position derrière Veltigroup, barré par Stève Ravussin. Pascal Bidégorry sur Banque Populaire, Julius Baer de Philippe Cardis termine respectivement au 9ème et 10ème rang. Franck Cammas, barreur de Zen Too et Erik Maris, propriétaire de Zoulou ont tenté un bord à terre pour la descente vers la bouée sous le vent. Ils terminent à la 11ème et 12ème.

Prochain rendez-vous du 21 au 23 mai, pour la Realstone Cup,qui se déroulera dans le cadre d’exception du Golf Club du Domaine Impérial de Gland.