Record de l’Atlantique nord : François Gabart en retard

François Gabart a coupé la ligne de départ du record de l’Atlantique Nord au niveau de la bouée d’Ambrose à 2h18’45, heure française. Le navigateur devra rallier le Cap Lizard avant jeudi  à 5h14’55, pour battre les 5 jours 2 heures 56 minutes et 10 secondes établis par Francis Joyon en 2013.

La fenêtre de départ n’était pas idéale avec une zone orageuse sur le début de parcours, par ailleurs la route suivie par le solitaire l’entraine a distance respectable de l’orthodromie et de la route du record actuel.

Ce soir, après 20 heures en mer, le trimaran Macif et son skipper filent à plus de 30 noeuds à l’avant du front dans un vent de sud sud ouest de 25 à 30 noeuds. Le déficit est actuellement de 120 milles.

 

Du mouvement chez les Ultimes

  • Armel le Cléac’h et son équipage sont arrivés à New York vendredi 23, le skipper du maxi trimaran solitaire Banque Populaire VII débutera son stand by dès le 2 juin pour sa tentative de record sur l’Atlantique Nord en solitaire
  • Sodeb’O Ultim est désormais mâté, le team s’affaire sur le trimaran afin d’effectuer les premiers test sous voiles qui devraient avoir lieu dans les jours qui viennent. Thomas Coville pourra ensuite débuter sa préparation pour la Route du Rhum.
Baptiste Morel/Voile-Multicoques

Baptiste Morel/Voile-Multicoques

  • Spindrift 2 a quitté la Trinité sur Mer cette après midi, le maxi trimaran du team Spindrift racing rejoint également les Etats Unis, l’équipage de Yann Guichard et Dona Bertarelli tentera également le record de l’Atlantique Nord, en équipage.
Baptiste Morel/Voile-Multicoques

Baptiste Morel/Voile-Multicoques

Yann Guichard. « La route la plus courte se ferait au près, face au vent et aux dépressions, ce qui n’est pas très intéressant en préparation d’un record qui se joue au portant. Nous allons donc adapter au mieux notre trajectoire pour aller chercher au maximum des allures portantes et de reaching. L’objectif est de nous approcher au plus près des conditions de navigation du record afin que chacun retrouve bien ses sensations, notamment à la barre. J’ai vraiment hâte. Même si nous avons effectué plusieurs navigations longues au départ de La Trinité, rien ne remplace le mode océanique, tant techniquement que humainement. »

Erwan Israël navigateur : « La météo s’annonce très variée voire même plutôt instable sur la fin de parcours, nous partons au Sud dans des conditions médiums pour aller longer le Portugal avant d’enrouler l’Anticyclone des Açores par dessous. Ensuite, nous remontrerons vers Newport dans un régime plus dépressionnaire et le vent doit forcir sur le final.

 

Spindrift 2 sur la Route du Rhum

Mirabaud qui devient Gold partenaire et l’horloger  Zenith en tant que Chronométreur officiel.

Le programme de l’année se fera sur le catamaran monotype D35, mené par Dona Bertarelli et sur le maxi trimaran de 140′ Spindrift 2 avec le record de l’Atlantique Nord en équipage et la Route du Rhum en solitaire pour Yann Guichard.

Ladycat, le D35 sera aligné pour la 8ème année consécutive sur le Vulcain Trophy, Dona Bertarelli sera à la barre, Yann Guichard à la tactique, ils seront épaulés par des équipiers du maxi trimaran afin de parfaire les automatismes.

Concernant le maxi, le programme débutera cet été avec une tentative sur l’Atlantique Nord, comme l’explique le skipper : « Spindrift 2 s’attaquera cet été à l’impressionnant chrono réalisé sur l’Atlantique Nord en 2009 par Pascal Bidégorry et son équipage à bord de ce même bateau. Avec un temps de 3 jours, 15 heures et une vitesse de près de 33 nœuds, il faudra compter sur une météo toute aussi exceptionnelle et une machine optimisée pour pouvoir l’accrocher. Nous tenterons également le record des 24h dans cette fenêtre si les conditions le permettent »

Yann Guichard a également annoncé son engagement sur la Route du Rhum, il possédera le trimaran le plus long dans la catégorie ultime sur cette course en solitaire.

Les explications :  « C’est une opportunité de partager un moment exceptionnel avec nos partenaires tout en offrant un challenge passionnant à l’équipe. En tant que compétiteur, j’ai une profonde envie de rivaliser avec les autres trimarans de la classe Ultime. Pour autant, il n’a jamais été question de transformer Spindrift 2 en version ‘solo’ mais plutôt de trouver le meilleur compromis afin d’être performant pour le double objectif de l’Atlantique Nord en équipage et du Rhum. La décision a été mûrie en accord avec Dona et nos partenaires. La transat retour de Miami, l’hiver dernier, où j’ai navigué à voilure réduite et manœuvré seul, m’a définitivement convaincu. Le mât raccourci, l’allègement général, l’adaptation des pilotes automatiques et une somme de détails nous permettront de concrétiser ce et ces défis. Si ce bateau XXL (40 mètres) sera le plus grand du port à Saint-Malo, il devra faire face à des machines taillées ou optimisées pour un homme seul. Néanmoins, je suis un compétiteur et nous travaillons pour avoir les moyens de jouer aux avant-postes. Et pour un passionné de multicoque comme moi, naviguer seul sur un tel bateau sera forcément inoubliable ! »

Yann Guichard a dévoilé quelques unes des modifications concernant le grand multi, dans un interview à l’Equipe, le mât du trimaran sera raccourci de 6m pour la tentative de record sur l’atlantique nord, le foil, le safran au vent seront oté, le mât ne sera plus basculant. Pour la Route du Rhum, l’essentiel du travail se fera sur les pilotes automatiques, le trimaran sera aussi équipé d’un vélo, comme l’avait fait Franck Cammas sur Groupama 3 afin de faciliter les manœuvres du solitaire.

Francis Joyon pulvérise le record de l’Atlantique Nord

Francis Joyon, sur le maxi trimaran Idec a réussi son pari, en lien avec son routeur Jean Yves Bernot, de battre le temps de référence sur l’Atlantique en solitaire.

La fenêtre météo ne semblait pourtant pas idéale, obligeant le marin à une route sud, à près de 400 milles de l’orthodromie, alors que Thomas Coville avait bénéficié pendant 4 jours d’une route sur celle-ci, et avait donc effectué moins de milles pour se rapprocher des côtes anglaises. Pourtant Francis Joyon a réussi à maintenir son multicoque en avant de la dépression qui l’a accompagné du début à la fin de son parcours, il a grâce à deux empannages à se recaler pour éviter le centre de celle-ci, se faisant, il a pu aligner les milles, avec un maximum de 665 en 24 heures (à un mille de son record des 24 heures). En maintenant de telles vitesses, le retard dû à cette route sud s’est transformé en avance, et le skipper a pu négocier la fin de son parcours à des vitesses proches des 30 noeuds.

Francis Joyon a passé la ligne d’arrivée de cette traversée de l’Atlantique Nord hier après midi après 5 jours 02 heures 56 minutes et 10 secondes, en améliorant le temps de Thomas Coville sur Sodeb’O de 6 heures 34 minutes et 30 secondes. Il aura parcouru 3222 milles à une vitesse moyenne réelle de 26,20 noeuds (distance orthodromique : 2 865 milles pour une vitesse moyenne de 23,30 noeuds).

Il détient donc les quatre plus grands records à la voile en solitaire, à savoir le tour du monde (depuis 2008, en 57 jours 13 heures 34 minutes 6 secondes), le record des 24 heures (depuis 2012 avec 666,2 milles soit près de 28 noeuds de moyenne), le record de la Route de la Découverte (depuis février 2013 en  8 jours, 16 heures, 07 minutes, 05 secondes) et enfin cette traversée de l’Atlantique Nord.

L’ensemble du monde de la voile salue cette incroyable performance, le skipper d’Idec accroit un peu plus la pression sur les épaules de ces adversaires, notamment Thomas Coville, qui dispose d’un bateau très proche (mêmes architectes :  Irens Cabaret mais avec 5′ de plus à la flottaison) mais plus performant sur le papier, et qui s’est vu détrousser de trois de ces records, il tentera cet hiver de ravir le tour du monde à son adversaire.

Francis Joyon confiant pour le record

Francis Joyon a estimé son arrivée au Cap Lizard à dimanche soir, donc avec plusieurs heures d’avance sur le temps de Thomas Coville.

Pour se faire, le skipper du trimaran Idec va s’employer à rester en avant de la dépression qui l’accompagne depuis son départ de New York, sans trop se rapprocher du centre dépressionnaire afin de ne pas tomber dans les calmes de ce système météo, ce qui l’a contraint à deux empannages en 24 heures afin de se recadrer en avant de celui-ci : « Si je parviens à rester en avant de la dépression, je pense arriver dimanche soir à Lizard ». C’est parfois scabreux quand IDEC s’envole à plus de 30 noeuds sur la vague. Il me faut alors le freiner en choquant les écoutes, puis relancer pour ne pas perdre l’inertie… J’ai rallongé ma route depuis New York, et je dois à présent conserver une vitesse très élevée en avant du système, tout en mettant imperceptiblement du nord dans ma route. Je vais très probablement devoir à nouveau tirer un petit contrebord à 90° de la route.J ‘aurais ensuite un bien meilleur angle au vent pour aller vite dans la bonne direction. »

Ce soir le skipper compte toujours 130 milles de retard sur le record, mais celui-ci devrait être comblé dans les 36 heures, puisque Thomas Coville avait du suivre une route très nord et multiplier les manoeuvres sur la fin de son record.

Francis Joyon à mi-parcours

Francis Joyon, à bord de son maxi-trimaran IDEC,  va passer cette nuit la mi-parcours de sa tentative de record sur l’Atlantique Nord, il a actuellement un déficit de 111milles sur l’actuel détenteur du record Thomas Coville.

Malgré ce déficit, le skipper maintient des vitesses similaires à celle du record, mais est contraint de suivre une route au sud de l’orthodromie, ce qui explique ce retard, celui-ci devrait se réduire lorsque le marin de Locmariaquer pourra prendre une route plus au nord.

©JEAN MARIE LIOT / DPPI / IDEC

Francis Joyon : « J’ai encore effectué cette nuit quelques « plantouilles ». Je vis au même rythme que durant mon record des 24 heures (établi l’an passé avec 666,2 milles nautique!). « La différence est que l’an passé, j’avais pu choisir ma configuration de route pour le record, et naviguer en avant d’une dépression sur mer plate. Je rencontre depuis New-York une très forte houle, parfois désordonnée, qui nuit à la belle glisse du bateau. Je me suis rapproché très près du centre de la dépression, moins de 50 milles. J’ai donc choisi d’empanner pour revenir vers les zones plus actives en périphérie. »

Francis Joyon dans les temps du record

Francis Joyon a franchi ce matin à 11 heures, 12 minutes heure française la ligne de départ du parcours de la traversée de l’Atlantique, entre New-York et le cap Lizard. Pour battre le record de 5 jours, 19 heures, 30 minutes et 40 secondes deétenu par Thomas Coville sur le trimaran Sodebo, le skipper d’IDEC devra rejoindre la latitude du cap Lizard avant lundi 17 juin à 04 heures, 41 minutes GMT (soit 06 heures, 41 minutes HF).

Comme à son habitude, Francis Joyon a effectué seul les dernières préparations sur son bateau, il a donc quitter la marina de Gateway à l’aide d’un semi rigide, sans équipe technique, une fois en mer il a ensuite démonté seul son hélice en plongeant sous son multicoque.

Ce soir, le skipper tient une vitesse d’environ 22 noeuds et maintient son trimaran dans les temps du record avec 14 milles de retard après 12 heures de mer.

Francis Joyon : « Je sais que je dois bénéficier de bonnes conditions sur les deux premiers tiers du parcours, et qu’il subsiste, selon les modèles météo, une incertitude sur l’arrivée, suivant la route que suivra la dépression que nous avons choisi de chevaucher. La route ne sera pas optimale par rapport à l’ortho, puisque je serai un peu plus sud. Mais c’est un mal pour un bien puisque je devrais ainsi éviter le gros des brouillards sous les grands bancs… »