Transat Jacques Vabre : Prince de Bretagne démâte à moins de 100 milles de l’arrivée, Arkema et FenêtréA Mix Buffet attendus cette nuit

La Transat Jacques Vabre se termine mal pour Lionel Lemonchois et Bernard Stamm. Le duo qui avait connu un début de course difficile avec la rupture de drisse de grand voile de Prince de Bretagne, a démâté ce soir à moins de 100 milles de la ligne d’arrivée.
L’équipe technique et l’organisation de la transat sont à pied d’oeuvre afin de sécuriser la plate forme avec l’aide des deux marins, en effet le trimaran n’est qu’à 18 milles de la côte et dérive vers celle-ci à environ 1 noeud.

© Jean-Louis Carli / ALeA / TJV17

La 3ème place de cette Transat devrait donc rester vaquante, un coup dur pour Lionel Lemonchois, son sponsor Prince de Bretagne et Bernard Stamm.

En Multi50′, la victoire, sauf avarie devrait revenir à Lalou Roucayrol et Alex Pella, qui pointent à 100 milles de la ligne avec 134 milles d’avance sur le duo Erwan le Roux et Vincent Riou sur FenêtréA Mix Buffet. Les deux marins ont été contraint de faire un stop au vent de Fernando de Noronha pour changer la drisse de gennak cette nuit. Le 3ème Multi50′ Reauté Chocolat est à 400 milles de l’arrivée.

Erwan Leroux, skipper de FenêtréA-Mix Buffet (Multi50)

On s’est arrêté cette nuit sous le vent de Fernando de Noronha. Nous avons changé la drisse de gennaker que nous avions cassée dans le Pot au noir. On ne sait pas pourquoi, c’est la première fois que je casse sur ce bateau, elle a cassé à l’intérieur du mât tout en haut. On a de quoi naviguer sous gennaker jusqu’à l’arrivée. J’ai passé 45 minutes dans le mât, ça nous a pris 1h à 1h30.  C’est dommage ça avait l’air très sympa cette île, même si nous étions de nuit. En ce moment, on a entre 22 et 24 nœuds de vent et une mer de merde comme en Atlantique nord. Une mer croisée et du coup le bateau ne va pas à sa vitesse. On a un peu de fatigue mais qui est oubliée avec les joies de l’arrivée, on est au taquet !

On se dirige vers Recife, on ne va pas longer les côtes on va passer au large

ETA ? Vincent m’a dit demain 15h TU, j’ai noté dans mon agenda ! Pour une fois que l’on va arriver de jour, on ne va pas bouder notre plaisir.

Tour du Monde en Solitaire : le record des 24h pour François Gabart avec 851 milles et un temps record à Bonne Espérance

François Gabart poursuit sa route parfaite sur l’Atlantique Sud, après une réparation d’une latte de grand voile cassée hier. Le skipper de MACIF a donc été contraint d’affaler celle-ci pendant deux heures trente afin d’effectuer le changement de latte.
Ensuite le marin a repris des vitesses impressionnantes puisqu’il a pulvérisé son record des 24 heures en solitaire à plusieurs reprises aujourd’hui. François Gabart détenait déjà celui-ci avec 784 milles, il a porté la barre à plus de 800 milles pour terminer à 851 milles, soit 35 noeuds de moyenne.

Photo Jean Marie Liot / DPPI / MACIF

En dehors de la performance et de ce nouveau record, la manoeuvre avait également pour but d’éviter d’être rattrapé par des vents trop forts dans son dos.

Le marin évolue actuellement à 43° sud avec 510 milles d’avance sur le record de Thomas Coville, il est fort probable qu’il s’adjuge également le meilleur temps intermédiaire solitaire et équipage confondus entre Ouessant et Bonne Espérance.

François Gabart, skipper du trimaran MACIF, à propos de ce nouveau record :
« J’en suis ravi. Les records sont faits pour être battus, c’est comme ça qu’on progresse. Les sensations à ces vitesses sont assez extraordinaires, le bateau vole, c’est un mélange de puissance et de légèreté.Maintenant, ce n’est pas l’objectif prioritaire, l’idée est d’abord de finir ce tour du monde… »

Transat Jacques Vabre : Prince de Bretagne attendu jeudi matin, Arkema toujours leader en Multi50′

Après la victoire de Thomas Coville et Jean Luc Nélias sur Sodebo Ultim et la seconde place de Sébastien Josse et Thomas Rouxel sur le Maxi Edmond de Rothschild ; seuls Lionel Lemonchois et Benard Stamm sur Prince de Bretagne restent en course en classe ultime.

Les deux marins sont privés de génératrice, et donc d’électricité, ils sont donc contraint de se relayer à la barre, le pilote automatique étant inutilisable. Ils naviguent toutefois à environ 25 noeuds dans des alizés d’une quinzaine de noeuds. Ils sont attendus à Salvador de Bahia.  jeudi dans la matinée.

© Jean-Louis Carli / ALeA / TJV17

Le premier Multi50′ devrait suivre environ  5 ou 6 heures après Prince de Bretagne.
L’avantage est pour l’instant pour Lalou Roucayrol et Axel Pella sur Arkema, qui disposent de 64 milles d’avance sur Erwan le Roux et Vincent Riou sur FenêtréA-Mix Buffet. Le duo a l’ouvre sur celui-ci devra patienter avant d’envisager un retour, jusqu’au large de Recife la situation devrait se limiter à une course de vitesse entre les deux bateaux. L’atterrissage pourrait laisser entrevoir un possible retour du dauphin.  Reauté Chocolat pointe à 310 milles, alors que la France Tech Rennes Saint Malo est dans le Pot au Noir à 500 milles du leader.

Armel Tripon, skipper de Réauté Chocolat (Multi50)

 » Nous sortons du Pot au noir. On y était cette nuit, depuis quelques heures c’est nettement mieux, on est à la fin des galères.
Ce Pot n’a pas été très accueillant, il nous a barré le chemin, on a été arrêté 6 h et pas très rapide du tout pendant 12h. En fin de nuit la porte s’est ouverte… C’est bizarre, on a du vent d’Est qui n’était pas prévu par les modèles. Nous naviguons grand-voile haute et J1. On pense à l’arrivée, on a basculé de l’autre cote, on regarde les routages, les plannings, on arrive sur la partie finale du parcours. Ca va aller assez vite, on aura toujours 15-20 nœuds. On suit à chaque classement le match des premiers… Le retour d’Arkema, c’est vraiment une trajectoire exceptionnelle. Le match est super, on les envie d’être à la bagarre. On a encore du boulot pour être au niveau de ces 2 bateaux. »

Tour du monde en solitaire : François Gabart connait des soucis de latte de grand voile mais porte son avance à près de 300 milles

La configuration météorologique reste extrêmement  favorable pour François Gabart, qui fait une route quasi directe vers le Cap de Bonne Espérance, sur le dos d’une dépression née au large de l’Amérique du Sud.

Son avance sur le record se porte à près de 300 milles ce soir, le skipper évolue à près de 30 noeuds à l’heure actuelle.

Photo Jean Marie Liot / DPPI / MACIF

A noter un soucis sur une latte de grand voile, qui a contraint le skipper à affaler celle-ci cette après-midi. Le trimaran a repris son allure de croisière dans la soirée, ce qui laisse à croire que la toile a été renvoyée et que le soucis est réparé.

https://youtu.be/Tpw8I8tnWCQ

 

 

Transat Jacques Vabre : Victoire de Thomas Coville et Jean-Luc Nélias sur Sodebo Ultim, Sébastien Josse et Thomas Rouxel sur le Maxi Edmond de Rothschild seconds

La Transat Jacques Vabre 2017 a son vainqueur en classe Ultime, ce sont Thomas Coville et Jean-Luc Nélias sur Sodebo Ultim qui se sont imposés à Salvator de Bahia  en 7 jours 22 heures 7 minutes et 27 secondes soit 24,94 nœuds de moyenne réels sur les 4 742 milles parcourus.
Sébastien Josse et  Thomas Rouxel sur le Maxi Edmond de Rothschild se classent seconds à 1h48 minutes des vainqueurs, soit en 7 jours 23 heures 55 minutes et 24 secondes et  25,21 nœuds de moyenne sur les 4 838 milles réellement parcourus.

Bien évidemment, après cette transat express,  le record juqu’ici détenu par Franck Cammas  et Stève Ravussin sur Groupama 2 et datant de 2007 est très largement battu.

Sébastien Josse et Thomas Rouxel auront mené les trois premiers jours, avant de céder la place de leader à Thomas Coville et Jean-Luc Nélias, les deux hommes sont parvenus à résister aux assauts de leur poursuivants, qui auront tout fait pour revenir, malgré un handicap de vitesse, dû à des avaries sur les foils de Gitana 17. En effet, avant le passage du front, le foil bâbord a lâché, puis en approche du Cap Vert, ce fut au tour du foil tribord… Les deux appendices étaient donc remontés afin de ne pas plus aggraver la situation.

Photo Jean-Marie Liot / ALeA / TJV17

Les marins, à leur arrivée :

Thomas Rouxel, co-skipper de Maxi Edmond de Rothschild (Ultime)
« C’était stressant, mais on s’est régalé, on a régaté au contact avec Sodebo, c’était génial. Cela reste du multicoque en double donc le niveau d’adrénaline est assez élevé. On est encore dopé, je me sens en forme mais cela va retomber. C’était une course intense. Clairement le fait de régater à moins de 50 milles de ton adversaire, ça m’éclate. Tu es tout le temps aux réglages, c’est super stimulant. »

Thomas Coville, skipper de Sodebo Ultim’ (Ultime)
« En partant du Havre, on avait dit que ce serait un mano a mano. Dès la première nuit, on a vu que ça allait être super super chaud. On les a vu passer à notre vent, je peux vous dire que le Maxi Edmond de Rothschild qui déboite au vent à 40 nœuds, c’est super beau. Devant Guernesey, ils nous ont impressionnés parce que leur façon de naviguer voulait dire « on est là. » On s’est fait un peu distancer sur cette phase. »

Sébastien Josse, skipper de Maxi Edmond de Rothschild (Ultime)
« Il faut saluer la stratégie de Thomas et Jean-Luc au large des Açores, ils ont protégé l’ouest, c’est ça le coup qu’il faut retenir. On aurait pu se recaler faire plein de chose pour contenir cette attaque. Etre à Bahia avec le bateau en un seul morceau et avoir joué tout le temps au contact, c’est déjà très bien. On est des compétiteurs, on aurait bien sûr préféré être deux heures devant que derrière ! »

Jean-Luc Nélias, co-skipper de Sodebo Ultim’ (Ultime)
« C’est le sport mécanique où il faut pousser pousser pousser. Le mec à coté il essaie de faire pareil. C’est comme le leader en montagne, tu ne sais jamais quand il va attaquer. On a passé notre temps à regarder derrière pour voir quand ils allaient revenir. C’est difficile à gérer au niveau tactique. Est ce qu’il faut protéger ou être agressif ? On a décidé d’être agressif parce que le bateau était robuste et fiabilisé. On a fait les trajectoires les plus tendues possibles pour ne pas lui laisser une miette. Il n’a pas molli. La nuit du départ à Guernesey, c’était dantesque, fallait vraiment s’accrocher pour pas se faire arracher par le bateau et là ils nous déboitent. Ils allaient très fort. »

Sébastien Josse
« La sortie du golfe de Gascogne n’était pas hyper clémente et on a eu notre lot de surprises journalières. On a des petits soucis sur les foils qui nous ont empêchés de voler. Cela nous un peu handicapé. C’est un souci de composite, il faudra regarder plus en profondeur, je n’en connais pas la cause. Les foils ne sont plus dans leur intégrité. Ils sont plus souples que ce qu’ils devraient être. Sur la dernière partie du parcours, c’est là qu’on aurait dû avoir les plus belles pointes de vitesse. C’est là où on est frustrés, car on aurait pu exploiter le potentiel maximum du bateau. On aurait pu aller très vite… On n’était pas dans un esprit d’attaque à la fin. On est resté un peu au large pour avoir plus de vent, Sodebo a optionné à la côte. On se limitait à une certaine vitesse pour garder le contrôle du bateau à cause de nos problèmes de foils.
A un moment donné, il faut être réalistes et conscients. A 100 milles de l’arrivée avec 70 milles de retard le pourcentage pour les doubler est infime à moins qu’ils aient un gros pépin. Arriver à Bahia, c’est un gros truc pour notre équipe. On aurait été à 10 milles derrière, l’état d’esprit n’aurait pas été le même. 
»

Thomas Coville
« Après la descente au portant après le front, très joli front d’ailleurs, on a senti à un moment donné un truc bizarre. Ils ont roulé le gennaker dans la nuit et se sont décalés. Du coup, on s’est décalé dans l’ouest et on est passé devant.  On s’est dit « peut-être qu’ils veulent assurer ». On ne savait pas.
Jusqu’à ce matin, on a tout donné. Cette nuit, à 100 milles du but, on a senti qu’ils jetaient l’éponge. C’est un moment très jouissif.
La seule chose qu’on arrivait à voir dans leur trace, c’était les manœuvres. Eux je ne pense pas qu’ils voyaient les nôtres parce qu’on a beaucoup bossé pour cela et fait une trajectoire très tendue, très fluide. Je n’ai jamais autant poussé le bateau en solo, surtout au reaching. Jean-Luc était super à l’aise au reaching, moi je n’avais pas ce curseur-là. 
»

Jean-Luc Nélias
« Rien n’a filtré, et on aurait fait pareil. Tout pouvait arriver jusqu’à la fin. »

Thomas Coville
« C’est une belle victoire parce qu’elle montre qu’on sait faire autre chose que des records, on sait gagner des courses. C’est une belle histoire, on n’a pas laissé grand-chose de côté. L’état du bateau aujourd’hui après la traversée qu’on a faite, c’est le résultat d’un boulot monstrueux. Tous les teams ont magnifiquement évolué. Ce qu’ils ont fait en deux mois sur Edmond de Rothshild pour amener le bateau à Bahia, cela signifie clairement que c’est un bateau dont on n’a pas fini de parler.

Ce qui est compliqué dans nos sports mécaniques, c’est d’être dans le bon timing. Pour gagner une Transat Jacques Vabre, faut déjà être au départ, être au bon niveau technique au bon moment. Tout le milieu a monté. »

Sébastien Josse

« Au final, c’est satisfaisant, le bateau a été mis à l’eau en juillet l’année dernière, on a eu peu de temps pour le préparer et s’entraîner.

C’est du multicoque, on est à haute vitesse, on est stressé et super concentré, c’est sûr que l’on apprécie l’arrivée. Terminer quelques heures derrière ça gratte un peu mais ce n’est que le début de l’histoire du bateau. Le bateau à un potentiel énorme. »

Jean-Luc Nélias

« C’est génial de gagner une Transat Jacques Vabre ! Ca ne se gagne pas comme ça, il faut se battre. Il y a 8 jours on était tous ensemble au Havre, et là on se retrouve dans un autre continent un autre hémisphère. Un jour tu es au Cap Vert, le lendemain, tu es au Pot au noir. Avant-hier on était au Pot au noir et cette nuit on croisait des pêcheurs brésiliens. Ils ne pouvaient pas imaginer que 48 heures on était au Cap Vert! On part du Havre, c’est la pleine lune, chaque jour elle se décale dans le ciel, elle est pas au même endroit. On navigue à une échelle planétaire ».

Dans la catégorie Ultime, Lionel Lemonchois et Bernard Stamm restent en course, après leurs soucis de voile sur le début de la transat. Les deux marins devraient bientôt sortir du Pot Au Noir.

En Multi50, la course est relancée dans le Pot au Noir, Lalou Roucayrol et Alex Pella sont parvenus à revenir sur Erwan Le Roux et Vincent Riou sur FenêtréA-Mix Buffet. Les deux trimarans ne sont qu’à deux milles l’un de l’autre, la victoire, sauf avarie se jouera entre ces deux duos, Reauté Chocolat pointant à 200 milles et la French Tech Rennes Saint Malo à 300.

Thierry Bouchar et Olivier Krauss sur Ciela Village se voient contraints d’abandonner. Les deux marins s’étaient arrêtés au Cap Vert pour tenter de régler des soucis d’électronique et de barre. Mais une fissure sur le fond de coque impose cet abandon pour le dernier né de la classe Multi50′.

 

Vincent Riou, co-skipper de FenêtréA-Mix Buffet (Multi50)

Le Pot au noir, ça se passe comme à chaque fois c’est un peu la kermesse. On a buté dans des gros nuages dès le début donc on fait avec. Sinon, il n’y pas trop d’activité mais c’est un peu orageux. Il faut jongler fréquemment avec les voiles, aller vite dans les manœuvres et il faut s’imposer des règles et ne pas se faire dépasser.

On a bien vue la trace de Prince de Bretagne, on va passer à peu près au même endroit et on sait ce qu’il faut faire. On a pas beaucoup regardé les positions mais on sait que Sodebo est devant chez les Ultimes. C’est plutôt rigolo. Tant qu’ils ne sont pas arrivées et que le Maxi Edmond de Rothschild n’a pas dit ce qui leur était arrivé, c’est difficile d’en tirer des conclusions. La Jacques Vabre n’a pas dû être simple pour Edmond de Rothschild et ça reste une belle course car ils sont restés très proches l’un de l’autre tout au long de la course

Thierry Bouchard, skipper de Ciela Village (Multi50)

« On avait vraiment envie de faire cette Jacques Vabre qui nous avait bien réussi en 2015 et c’était un excellent moyen de fiabiliser le nouveau bateau, de se confronter aux autres Multi50. Nous avons fait un bon début de course, le bateau va vite. Puis nous avons été un peu handicapés par nos pilotes qui ne fonctionnent plus depuis 6 jours. En ce qui concerne la fissure constatée, nous préférons ne pas prendre de risques en poursuivant notre course, et nous allons rapidement faire un diagnostic. »

Transat Jacques Vabre : arrivée de Sod’bo Ultim et de Gitana 17 demain midi, FenêtréA-Mix Buffet 1er en Multi50 avec 100 milles d’avance

La Transat Jacques Vabre touche déjà à sa fin pour les deux ultimes de tête, Sodebo Ultime et le Maxi Edmond de Rothschild sont à moins de 380 milles du but. L’écart s’annonce minime à Salvador, il pourrait être de moins d’une heure, les deux  duos menant les trimarans devraient en finir vers midi heure française.
L’avantage est toujours pour Thomas Coville et Jean-Luc Nélias qui ont 3à milles d’avance sur leur adversaire. La discrétion est de mise au sein du Gitana Team, mais le Maxi semble un peu en deçà des performances dont il a fait preuve sur le début de course, ce qui pourrait être dû à une avarie, tout ceci devrait être éclairci demain.

Photo Jean-Marie Liot / DPPI / SODEBO

Jean-Luc Nélias, co-skipper de Sodebo Ultim (Ultime) :

« Ca va, le soleil nous réchauffe les os et Thomas est dans la bannette et on s’approche doucement du Brésil. Je n’en dirai pas trop. Ca s’annonce très technique on va garder nos intentions pour nous à l’heure de la communication et du numérique, donc on se tait.
On va arriver au portant avec du vent soutenu jusqu’à Salvador de Bahia et il n’y aura pas de vent et ce sera pétole le matin, et sans doute une arrivée au près, donc tous les moyens d’une arrivée difficile sont là. On est bien reposé, la pression forcément il y en aura mais pour gagner une course il faut être au contact. Cela fait quelques jours que nous sommes en tête depuis Ouessant. Ils allaient plus vite que nous dans la Manche, donc on prend comme ça vient. C’est comme les courses cyclistes, on ne sait pas quand il va attaquer, on attend l’attaque, elle ne vient pas et tout d’un coup elle arrive.
On connait le bateau, le pourcentage du bateau, c’est un bon bateau de tour du monde, mais en confrontation c ‘est différent.
On a l’impression qu’ils ont roulé leur gennaker au large des Canaries qu’ils ont lofé pendant quelques heures et depuis ils n’ont pas la vitesse qu’on attendait, même avec leur souci technique ils vont à la même vitesse que nous.
Le contrôle c’est tout le problème. Si tu vas à la même vitesse, avec un même bateau d’une même classe, là tu fais du contrôle. Là on ne sait pas est-ce qu’on fait du contrôle ou est-ce qu’il va aller plus vite? est-ce qu’on privilégie la meilleure trajectoire?  Comme il  te suit et qu’il a ta position toutes les heures, cela laisse peu d’opportunité.
On imagine être à Bahia demain dans la journée…. Dans la matinée, c’est ce que nous disent les routages.  »

 Thomas Rouxel, co-skipper du Maxi Edmond de Rothschild (Ultime) :

« Avec Sébastien,nous avons le même rythme depuis le début, c’est-à-dire que nous sommes à bloc. Nous ne nous sommes pas trop lâchés avec Sodebo et cette pression d’un concurrent toujours à proximité est super stimulante. Ça te pousse dans tes retranchements. À bord de Gitana 17, nous sommes organisés autour de quarts de 1 h ½ ; 1 h ½ de repos, 1 h ½, de veille et du coup en ce moment, quand on est en veille on régule au chariot.
 Il peut se passer encore beaucoup de choses…  il y a des grains au large du Brésil et la proximité de la côte complique aussi le jeu. Au-delà de ça, il y aura pas mal de changements de conditions de vent jusqu’à l’arrivée, donc il faut être vraiment réactifs et dessus. »

©Yann Riou/Gitana SA

 

Bernard Stamm, co-skipper de Prince de Bretagne (Ultime) :

 

« On devrait rentrer dedans en fin de journée. Pour l’instant, il a l’air assez clément, comme il l’a été pour nos concurrents, Sodebo Ultim et Maxi Edmond de Rothschild. C’est tant mieux mais on s’attend malgré tout à une nuit un peu difficile dans les grains, surtout que comme notre génératrice a cramé ce matin, on est en rade d’électricité  La seule source d’énergie qu’il nous reste, c’est l’éolienne, alors on cherche à créer du vent apparent pour qu’elle tourne. Reste que comme on n’a pas beaucoup de jus, on éteint tout et on rallume le système juste pour regarder où on va. On passe notre temps à se relayer à la barre mais sinon tout va bien »

 

Pas de changement au sein de la classe Multi50′, Erwan Le Roux et Vincent Riou mènent la danse avec 100 milles d’avance sur le second Arkema et 280 sur Reauté Chocolat.
Thierry Bouchard et Olivier Krauss sont en arrêt technique au Cap Vert afin de panser les plaies du dernier né des Multi50.

© Jean-Louis Carli / ALeA / TJV17

Erwan Le Roux, skipper de FenêtréA-Mix Buffet (Multi50) :

« On a bien creusé l’écart, on est sorti de la bulle en premier, demain on va entrer dans le Pot au noir, on a 15-18 nœuds de vent, c’est incroyable, c’est plaisant de naviguer dans ces conditions. Nous avons le foil en bas, ce sont des conditions idéales pour faire de la vitesse, le comportement du bateau est incroyable, on atteint des vitesses que l’on n’atteignait pas avant. C’est plus conformable, le bateau est plus aérien, j’ai l’impression que l’on a gagné en souplesse de bateau, mais c’est un peu stressant dans la nuit noire.»

Tour du monde en solitaire : François Gabart vers un temps record au Cap de Bonne Espérance

François Gabart, sur son trimaran MACIF a accroché la dépression qui est née sur les côtes brésiliennes. Il est désormais dans un flux d’une quinzaine de noeuds, qui propulse le multicoque au double de la vitesse du vent. Ce flux devrait se renforcer.

En dehors de cette pression et des vitesses du navire qui en découle, c’est surtout la trajectoire de cette dépression qui est intéressante,  cell-ci le mène vers les quarantièmes et le Cap de Bonne Espérance sur une route quasi directe.

Photo Jean Marie Liot / DPPI / MACIF

La cellule météo, menée par  Jean-Yves Bernot est donc aussi satisfaite que le skipper de cette situation plus que favorable pour le record.

Ce soir, l’avance sur le record de Thomas Coville se porte à 200 milles, et les routages donnent un temps de passage au Cap de Bonne Espérance de 12 jours.

http://www.youtube.com/watch?v=Eq5E1fJ_mZc

 

 

 

Transat Jacques Vabre : Sodebo Ultim et Gitana 17 à 10 milles l’un de l’autre, FenêtréA Mix Buffet en tête des Multi50′

 

Le Pot au Noir n’aura été qu’une formalité pour les deux premiers trimarans de la classe Ultime. Gitana 17 et Sodebo Ultim n’auront été que peu ralenti dans la zone de convergence intertropicale, ils ont rapidement rejoint les alizés de sud-est de l’hémisphère sud, et naviguent désormais à une trentaine de noeuds en direction du Brésil. L’équateur devrait être passavant minuit.
Il reste aux deux duos de tête moins de milles milles à parcourir, leur arrivée pourrait avoir lieu lundi Et le final s’annonce haletant, en effet, Sébastien Josse et Thomas Rouxel sur le Maxi Edmond de Rothschild ont sensiblement réduit leur retard et ne sont qu’à une dizaine de milles de Thomas Coville et Jean-Luc Nélias sur Sodebo Ultim’. Les deux hommes défendent chèrement leur première place et espèrent la conserver jusqu’à Salvador.
Ces 1000 derniers milles s’annoncent comme une course de vitesse jusqu’à l’approche des côtes brésiliennes.

©Yann Riou/Gitana SA

Lionel Lemonchois et Bernard Stamm peuvent désormais exploiter le potentiel du Maxi 80′ Prince de Bretagne et reviennent sur la tête de flotte des Multi 50′.

Antoine Koch,  routeur à terre du Maxi Edmond de Rothschild (Ultime) :

« La configuration du Pot-au-Noir s’est révélée assez classique pour la saison. Ils sont d’abord rentré dans une zone de grains avec des rues de nuages bien alignés et se déplaçant avec le vent d’Est. Le jeu est de suivre la ligne de nuages, de l’accompagner et de passer de grain en grain pour exploiter la moindre risée.À la fin de cette première zone, ils sont arrivés sur une barrière de nuages. Là, les grains étaient bien plus marqués, avec du vent assez fort qui grimpe rapidement. C’est une phase où ils ont eu jusqu’à 25 nœuds. C’est là toute La complexité de cette zone. Elle réclame un niveau de réactivité élevé et un fort engagement physique avec énormément de manœuvres rendues difficiles par la taille des grandes machines. Après cette bande de vent fort, habituellement le vent refuse tout en mollissant. C’est là que potentiellement les vents erratiques, tant redoutés, t’attendent. Dans notre cas, le vent n’est jamais passé sous les 8 nœuds et il est même remonté assez vite aux alentours des 12-13 nœuds. Gitana 17 n’a jamais été arrêté, ce qui est une super nouvelle. Depuis ce matin, le vent est un peu plus stable, un peu plus à droite et cela ressemble déjà aux prémices de l’alizé de Sud-Est. La sortie est toute proche ! »

Jean-Luc Nélias, co-skipper de Sodebo Ultim’ (Ultime) :

« Le ciel est dégagé, le plafond cotonneux… Le vent va tourner au Sud / Est et forcir dans la journée, favorisant d’abord le bateau le plus à l’Est : Sodebo Ultim’ ! Dans 15 nœuds annoncés, notre duo va prendre le virage vers les côtes brésiliennes et continuer sa route au reaching (allure entre 60 et 80° degrés du vent). Le programme de son concurrent le plus proche est exactement le même… C’est donc une nouvelle occasion de speed-test comparatif à prévoir, en mode régate au contact.
La tête de course devrait passer l’équateur et entrer dans l’hémisphère sud avant minuit. Il restera alors moins de 1000 nm pour faire la différence avant la ligne à Salvador de Bahia : la fin de course s’annonce passionnante ! »

En Multi50, Erwan le Roux et Vincent Riou font désormais cavalier seuls en tête de la classe, avant 100 milles d’avance sur Arkema et 200 sur Reauté Chocolat.
A noter une blessure pour Alex Pella qui souffrirait de fractures de côtes suite à une chute, ce qui explique probablement en partie le « décrochage » du trimaran.  Ciela Village le dernier né des 50′  fera escale demain au Cap Vert afin de résoudre différents soucis techniques : pilote automatique, aériens, let fissure de coque au niveau du point d’amure de gennaker.

Vincent Riou, co-skipper de FenêtréA – Mix Buffet (Multi50)

« On va parfaitement bien, on a passé une nuit cool donc c’est sympa ! C’est la première nuit, sans se prendre des sauts d’eaux, sans que l’environnement nous agresse trop. Hier on a tiré des bénéfices de notre investissement dans l’Ouest, ça faisait longtemps qu’on avait investi dans l’ouest entre les Açores et le Cap Vert il y avait une belle bulasse ! On a bien fait de prendre cette trajectoire. 

C’est conforme à ce qu’on imaginait avec Erwan depuis le début, on est carré depuis le début on voyait bien l’affaire. Pour le moment on ne s’est pas fait de frayeur mais ça demande beaucoup de concentration, on arrive à faire en sorte que ça se passe bien.

Il commence à faire tiède demain il fera chaud,  le ciré je ne sais pas si on arrivera à l’enlever car ça mouille toujours ces bateaux !  »

Lalou Roucayrol, skipper d’Arkema (Multi50)

« Ca va pour Alex (Pella) ! Il a mal aux côtes, en fait on a eu peur car il s’est cogné fort entre la bôme et la colonne de winch. Il a pris un Doliprane et avec la pommade ça va, il reste 100% efficace.

En ce moment, on glisse sous code 0, on ne s’est jamais arrêté dans la zone de molle, on a limité l’écart avec Erwan (Le Roux). Tu sais, 50 milles sur un Multi50, ce n’est rien, ça ne nous inquiète pas plus que ça, on continue à naviguer propre. On a eu une nuit exceptionnelle, le pilote barrait mieux que nous, on n’a pas arrêté de barrer depuis le début, donc ça nous a fait du bien et ce matin. Deux baleines sont venues souffler près de nous, un bonheur d’être sur l’eau.

Aujourd’hui, on sait où on veut franchir le Pot au noir. On sait qu’on ne le franchira pas au même endroit qu’Erwan Le Roux. C’est encore un peu loin Ça peut changer du tout au tout.»

Thierry Bouchard, skipper de Cela Village (Multi50)

« On a des soucis : depuis le 2e jour nous n’avons plus de pilote. On comptait pouvoir réinitialiser toute la centrale dans la molle et ça ne fonctionne pas. Nous n’avons plus de capteur de mât, on va essayer de finir dans de bonnes conditions, on a décidé de s’arrêter à Mindelo.

On a également un problème de bout dehors, au niveau du point d’amure, il faut que structurellement la bateau puisse continuer. C’est l’amure du grand gennaker qui est fissuré, si on continue comme ça on ne peut plus envoyer le grand gennaker.

Pour aller vite la nuit, il faut avoir le pilote, et nous on n’a pas de pilote, on se relayait à la barre toutes les 1h- 1h30. C’est dommage car le bateau marche bien, ce sont les aléas d’un bateau neuf qui n’a pas beaucoup navigué.

On a vu dans les deux premiers jours qu’il y a des allures où il va vite, il tient bien, mais on a manqué de temps en navigation. On a tout fait pour être au départ, je ne regrette rien, on est contents d’être là. C’est sûr que les bateaux de tête sont éprouvés, les skippers connaissent leur bateau.

Antonio Pedro da Cruz et notre équipe technique nous attendent au cap Vert. Nous devrions arriver dimanche matin dans la matinée. On va réparer, nous sommes déjà en contact avec le chantier et l’architecte. »

Vincent Barnaud, co-skipper de Reauté Chocolat (Multi50)

« Ca se passe pas mal, on a du soleil, un peu de vent, ça glisse bien. On est à l’attaque sous grand-voile haute et code O. Notre vitesse varie entre 10 et 12 nœuds, le vent est très variable. On a 7-8 nœuds de vent avec un petite houle de derrière qui nous permet de partir en surf.

On a complètement changé de registre depuis hier, on est passé d’un mode un dur, à un mode tout en finesse.

Pour les prochaines 24 heures, on commence à affiner la porte d’entrée du Pot au noir, on surveille aussi la dépression orageuse au niveau de l’Afrique et du Cap vert, on va y passer la journée. Nous avons juste regardé la porte d’entrée, je ne crois pas que le Pot soit spécialement gros pour le moment mais ça peut changer vite. »

Tour du Monde en Solitaire : François Gabart à plus de 30 noeuds et dans une situation météo très favorable

François Gabart poursuit sa descente de l’Atlantique au large du Brésil, il a mis un peu d’est dans sa route depuis quelques heures. L’objectif étant d’aller chercher la dépression qui est en cours de formation au large de Rio dès demain. Cette dépression devrait l’emmener vers le Cap de Bonne Espérance à grande vitesse en environ cinq jours, ce qui donnerait un temps de passage de 12 jours, soit deux jours d’avance sur le record de Thomas Coville.

Photo Jean Marie Liot / DPPI / MACIF

François Gabart, skipper de MACIF :
« Nous allons chercher la dépression qui naît au Brésil et qui va descendre jusqu’au cap de Bonne-Espérance et, pour l’instant, ça se présente très, très bien.
 Forcément, j’ai tapé dans le bonhomme, parce qu’il faut aller chercher un record qui a été positionné à 49 jours. Il faut se préserver afin d’être bon pendant 49 jours. Evidemment, on se met dans le rouge dès le début, mais il faut faire attention à ne pas dépasser la petite limite après laquelle on ne récupère pas bien.
l faut trouver l’équilibre pour réussir à rester en appui sur la coque centrale, mais ce n’est pas si facile quand on va vite. Je n’arrive pas à rester sur la coque centrale tout le temps et je ne suis pas encore hyper à l’aise à l’idée de dormir comme ça. Ça commence à venir, il faudra de l’entraînement encore. Du coup, mon sommeil est lésé, malgré la fatigue. J’ai réussi quand même à faire quelques siestes
 ».

Le retard du skipper sur le record s’est nettement réduit à 25 milles, dans quelques heures, le déficit devrait se transformer en avance, qui ne devrait donc cesser de croitre jusqu’au premier grand cap de ce tour du monde.

Le skipper a également été amené à effectuer une petite réparation sur sa galette de J1, à voir en vidéo.

http://www.youtube.com/watch?v=9TEkWK0LNMA

 

 

 

 

 

Transat Jacques Vabre : Sodebo Ultim tient tête à Gitana 17, FenétréA-Mix Buffet leader en Multi50′

Pas de changement en tête de course,Thomas Coville et Jean-Luc Nélias sur Sodebo Ultim tiennent tête au duo menant le Maxi Edmond de Rothschildqui pointent ce soir à 26 milles des leaders.
Sébastien Josse et Thomas Rouxel sont légèrement décalés dans l’ouest, avant l’entrée dans le Pot au Noir qui devrait avoir lieu demain. Reste aux marins et à leurs routeurs à déterminer le point d’entrée dans la zone de convergence intertropicale.

Photo Jean-Marie Liot / DPPI / SODEBO

Thomas Coville, skipper de Sodebo Ultim (Ultime)

« Pour tout t’avouer je pensais qu’ils allaient nous déboîter plus que ça, je ne pensais pas qu’au Cap Vert on serait au contact avec eux. On est content de jouer et de bien jouer.

Ce qu’il s’est passé il y a deux nuits ou trois nuits on ne sait pas trop. Ils ont du rouler leur gennaker pour loffer ou bien ils ont eu un problème technique. On a saisi l’opportunité.

Le Pot au noir, c’est dans 24/36 heures. On a fait des routages. Même si tu te décales de 150 milles dans l’ouest, l’écart n’est que de 20 minutes à la sortie… en tous cas, c’est maintenant que ça se joue, car après entre le Pot et Bahia, il n’y aura pas grand chose à jouer.»

Thomas Rouxel, Maxi Edmond de Rothschild (Ultime)

« Ça va pas mal, il fait gris avec une bonne couverture nuageuse. On s’en est pas mal sorti et par rapport à Sodebo, notre décalage dans l’ouest nous a été bénéfique. Et là on a un peu plus d’air. On est sous J2, on a 20 et 25 nœuds de vent et ça avance bien. On est tous les deux repartis, ça va s’atténuer un peu c’est le Pot au noir qui va décider un peu dans les prochaines heures de course. Ça va arriver assez vite et dans quelques heures on sera à l’entrée. On a une idée assez précise de là où on souhaiterait passer.

A priori sur les prévisions le Pot au Noir est assez clément avec nous, on n’est pas obligé de passer trop Ouest. Après on verra bien, ça reste le Pot au Noir !

Sur le bateau on a fait une quinzaine de routages pour savoir où on va, même si c’est les routeurs qui affinent tout ça Après ça reste le pot au noir et souvent les prévisions sont mauvaises donc on s’attend à tout.
Nous avons naturellement moins la connaissance de notre bateau que Thomas et Jean-Luc. Du coup à chaque transition, nous mettons un peu de temps à trouver les bons réglages. En vitesse pure oui les bateaux sont différents donc il va y avoir des petits écarts. Mais depuis ce matin, nous voyons que Sodebo est globalement un peu plus rapide que nous. C’est motivant, ça nous permet vraiment de chercher sans cesse à optimiser les performances du bateau, ce qu’on aurait sans doute moins fait si on avait eu 200 milles d’avance. Donc pour ce qui est de l’objectif de développement du bateau c’est super intéressant. Maintenant, pour la course bien sûr que l’on préfèrerait être 200 milles devant. Mais voilà, c’est une belle régate et franchement on s’éclate !

Ça commence à tirer un peu côté fatigue. Les réveils sont difficiles le bateaux reste assez confortable, je pense à Prince de Bretagne ça doit être difficile poureux. La confrontation avec Sodebo est intense et c’est super pour nous car ça nous permet de chercher sans cesse les bonnes options.»

Le troisième concurrent de la classe ne pourra se mêler à la course à la victoire avec 800 milles de retard mais vogue désormais à haute vitesse et espère réduire au maximum son temps de course.

 

En Multi50′, le duo Erwan Le Roux et Vincent Riou ont fait le trou sur Lalou Roucayrol et Alex Pella désormais distancés de 40 milles.  Les trois autres Multi50′ en course ne devraient pas pouvoir disputer la victoire, mais se battront pour la 3ème place. A noter des soucis persistants d’informatique et de pilotes sur Ciela Village.

Alex Pella, co-skipper de ARKEMA (Multi50)

« Ça marche pas mal ! La mer s’est rangée et s’est aplatie, donc ça glisse bien avec moins de stress. Il y a du vent très instable à venir, donc on va essayer de bien manger et dormir avant. Le ciel est très chargé avec beaucoup de nuages et de gros grains, on va passer de 5 à 20 nœuds de vent, c’est l’avantage du Pot au Noir. On verra avec le décalage de Fenêtré A qui sera le gagnant des deux ! En tous cas, tout va bien à bord, le bateau était assez bien préparé et on a rien cassé d’important. Là, je vais dormir une heure et demie et après je reprends la barre.»

Thierry Bouchard, skipper de Ciela Village (Multi50)

« Ça va bien à bord mais on ne sait pas trop ce qu’il va se passe autour de nous. On n’a pas d’écran, on n’a pas de cartographie ce sont les routeurs qui nous donnent les points de passage, on navigue un peu à l’aveugle quoi.

On bricole beaucoup forcement, avec le peu de préparation qu’on a eu. Depuis le deuxième jour, on n’a plus de pilote, on se relaie à la barre tout le temps, la nuit c’est difficile. On fait 1h30 de quart, parfois 2h. On va attendre la molle ce soir pour faire la dernière tentative pour réparer.

Là, la casquette c’est vraiment super vu les tonnes d’eaux qu’on se prend dans la figure, c’ était la bonne idée. Ion est très triste pour Drekan. C’est mon ancien bateau en plus. J’espère qu’ils vont le récupérer. Tout le monde était à l’attaque cette nuit-là, le vent était très instable et irrégulier ça nous est arrivé aussi de planter fort mais le bateau est toujours revenu. Et après ce chavirage ça nous a calmé on veut arriver en sécurité à Bahia.

Il y a une bulle sans vent qui va nous toucher ce soir. On espère la contourner, en tout cas plus que les autres. Par contre dans l’Est, la position pour rentrer dans le Pot au noir sera moins idéale. On a le moral et on sait qui peut se passer encore plein de choses.»