Roman Paszke est parti en solo autour du monde contre les vents dominants

Le skipper polonais a quitté Las Palmas, son point de départ pour son tour du monde, le 14 décembre, avec pour objectif une circumnavigation contre les vents dominants en environ 100 jours (le temps à battre est celui de Jean Luc Van Den Heede sur le monocoque Adrien en 122 jours 14 heures).

Roman Paszke navigue actuellement au sud des îles du Cap Vert, après 72 heures de mer sur son catamaran Gemini 3, il devrait désormais mettre le cap sur les côtes brésiliennes. La position du bateau est à suivre sur le site Paszke360.

Les vitesses restent modestes pour un catamaran de 27m de long par 14 de large jusqu’ici, malgré tout le skipper est le premier à relever le défi d’un tour du monde d’est en ouest sur un multicoque.

 

Roman Paszke et Gemini 3 aux Canaries

Le skipper polonais, Roman Paszke et son équipage sont arrivés à Las Palmas samedi après un convoyage du catamaran de 27m depuis Lorient de 8 jours.

Le marin va pouvoir débuter le stand-by de sa tentative de record autour du monde contre les vents dominants, après avoir rencontré aujourd’hui un membre du WSSRC qui devait approuver les dernières formalités, il espère boucler ce tour du monde en 100 jours.

Chantier inédit sur le maxi Sodeb’O

Alors que Thomas Coville participe à la Volvo Ocean Race avec Franck Cammas sur Groupama 4, son équipe s’affaire sur son maxi trimaran Sodeb’O avec lequel il a bouclé deux tours du monde.

L’objectif de ce chantier est de modifier le comportement du trimaran, afin que le skipper puisse naviguer plus en sécurité dans le grand sud, les architectes, Nigel Irens et Benoit Cabaret ainsi que Martin Fischer en charge du développement des appendices, ont donc décidé d’avancer les foils qui soulagent le flotteur sous le vent, ce qui augmentera le cabrage du multicoque.

Les explications de Benoit Cabaret sur cette modification : “Lorsque les foils ont été implantés en 2010, Martin Fischer a proposé une géométrie et un positionnement dans les flotteurs. De notre côté avec Nigel, nous avons assuré le côté structure mais nous avions également fait un travail de positionnement et étions arrivés au même résultat que Martin. Une fois en mer, les foils ont marché de façon efficace. Ils soulagent bien le bateau mais c’est tout le flotteur qui sort de l’eau alors que Thomas préférait qu’il cabre, c’est à dire qu’il s’appuie sur son tableau arrière avec l’étrave hors de l’eau. En tant qu’architectes et hydrodynamiciens, nous avons travaillé sur la solution qui réduit au maximum la trainée ce qui est le cas lorsque le flotteur sort complètement de l’eau. En revanche, pour Thomas, plus de cabrage c’est plus de sécurité puisque cela réduit le risque d’enfournemen.” 

La première solution envisagée pour avancer les foils était de modifier l’emplacement sur des puits des appendices sur les flotteurs, celle-ci n’a pas été retenu, et l’équipe s’engage donc sur une voie inédite puisque c’est les flotteurs qui vont être avancés pour obtenir ce cabrage.

Benoit Cabaret : “Après avoir échangé avec l’équipe technique, il s’avère qu’avancer les foils n’est pas une tâche facile et il aurait fallu détruire ce qui a été fait il y a un an pour tout recommencer quelques centimètres plus loin. Nous avons donc étudié la possibilité d’avancer, non pas les foils mais carrément les flotteurs. Avancer le tout a aussi un autre avantage, puisque l’on avance le centre de flottabilité du flotteur ce qui contribue également au cabrage. Cette seconde solution permet également de faire travailler beaucoup plus de personnes en parallèle, chacun dans son domaine, alors que sur une implantation dans un endroit confiné comme l’intérieur du flotteur, les taches doivent être réalisées les unes après les autres, ce qui prend beaucoup de temps. Nous avons ainsi comparé les deux solutions et lorsque nous faisons le bilan, avancer les flotteurs est plus simple à tous points de vue.”

Les flotteurs seront donc avancés de 60cm sans qu’ils soient allongés, cette modification ne devrait pas modifier l’équilibre général du trimaran, à noter également le renfort des bras de liaison suite à la casse d’Oman Air, sistership de Sodeb’O, lors de la Route du Rhum 2010. Le chantier devrait s’achever fin avril, et le skipper pourrait de nouveau tenter de battre le record autour du monde en solitaire l’hiver prochain.

Pratiquement 4 jours d’avance au Cap Leeuwin

L’équipage du Maxi Banque Populaire V a de nouveau décroché un temps de référence sur le Trophée Jules Verne en accrochant le chrono Ouessant-Cap Leeuwin en 17 jours 23 heures 57 minutes et 18 secondes de mer, améliorant le chrono de Groupama 3 de 3 jours 14 heures et 24 minutes.

Les hommes naviguant sur le trimaran possèdent donc plus de 72 heures d’avance sur le temps du record soit 2200 milles. Loïck Peyron, le skipper, est revenu sur cette performance lors de la vacation  :  » Nous sommes forcément très satisfaits de ce nouveau record et puis le temps lui-même est significatif. C’est un peu comme 9,99€… on fait tout en 17 jours 23 heures et pas tout à fait 18 jours ou encore 11 jours 21 heures et 48 minutes pour Bonne Espérance. Les chiffres sont symboliques. Mais pour le moment, les conditions ne sont pas si favorables, la performance de ce bateau, en revanche, est incroyable ! C’est Yvan Ravussin qui était à la barre en passant Leeuwin, c’est donc un record suisse! « 

Depuis 48 heures, la route du trimaran avait pris du nord et s’est rapproché de l’Australie, afin d’éviter une zone de glaces, malgré tout l’équipage va devoir plonger au sud ce soir pour couper au plus court et rester dans le même système météo, malgré une tempête qui sévit au sud.

© BPCE

Loïck Peyron :  » Nous en avons fini avec l’Indien et nous avons passé la frontière avec une petite tempête assez sympathique. On y va tranquillement. On va empanner avant la fin de cette journée et aller dans cette tempête et une mer très formée. On va essayer de passer devant. On est obligé parce que sinon on va enchaîner avec pas de vent du tout dans l’anticyclone. On va arrondir un peu. En terme de terrain , ça va devenir un peu cassant. Mais en laissant passer un peu, on devrait avoir la mer dans le bon sens. Pour le moment, ce que nous avons n’est pas de la houle. C’est de la petite mer pas terrible. C’est une fréquence courte qui fait qu’on ne peut pas accélérer vraiment. Nous allons partir plus Sud, avec une mer plus creuse et plus de vent. Les quelques jours à venir ne vont pas être faciles. Nous allons théoriquement descendre assez Sud et passer pas très loin de l’île Macquarie, au Sud de la Nouvelle-Zélande. Les conditions vont être assez musclées pour les 48 prochaines heures, vraisemblablement ce qu’on aura rencontré de plus fort depuis le départ « .

Les deux prochains jours s’annoncent donc stressant pour l’équipage qui sera plus que jamais à l’écoute du bateau, malgré le potentiel exceptionnel du bateau, les marins doivent brider son potentiel pour poursuivre leur tour du monde en sécurité comme l’expliquait Xavier Revil : « Si on se laisse aller, on atteint facilement les 40 nœuds. Mais on se limite à 35 nœuds pour rester dans des vitesses raisonnables et pour que le bateau ne souffre pas. Dès qu’on lofe un peu trop ou qu’on serre un peu trop les angles, Banque Populaire s’emballe. On pourrait aller tout le temps à 40 nœuds, mais ce serait prendre beaucoup trop de risques. Il y a un monde entre 35 et 40 nœuds. A partir de 38 nœuds, l’eau devient très dure, le bateau ricoche sur toutes les vagues. Ca tape vraiment dur et c’est limite vivable à l’intérieur « .

Roman Paszke prépare un tour du monde à l’envers

Roman Paszke, le skipper polonais qui avait participé à The Race, prépare actuellement une tentative de record autour du monde en solitaire d’est en ouest (contre vents et courants dominants). Il compte s’élancer sur son catamaran de 27 m GEMINI 3, il avait choisi Lorient pour ses navigations d’essais.

Il devait quitter le port breton la semaine dernière afin de rejoindre Las Palmas aux Canaries, qui sera le port de départ de son tour du monde (le WSSRC n’exige qu’une distance minimale et deux passages de l’équateur pour valider un temps autour du monde à savoir 21600 milles), ce projet est ambitieux puisqu’il n’a jamais été tentée en solitaire sur un multicoque, d’autres marins espèrent également s’élancer sur ce parcours (Philippe Monnet sur l’ancien B&Q/Castorama).

Le temps à battre est celui de Jean-Luc Van Den Heede,  en 122 jours 14 heures 3 minutes et 49 secondes sur le monocoque Adrien, Roman Paszke espère boucler sa circumnavigation en 100 jours.

Le catamaran semble être en bien meilleur état que lors de son dernier passage en mars dans le port de la BSM, un refit a probablement été réalisé, le skipper semble également être soutenu par plusieurs partenaires (TV polonaise, Renault, fournisseur d’énergie…).

Paszke 360

D’autres photos sont disponibles sur l‘Histoire des Halfs.

1700 milles d’avance pour Banque Populaire 5

Loïck Peyron et son équipage poursuivent leur route vers les Kerguelen, l’océan Indien s’avère relativement clément avec une mer peu formée, cependant les hommes de Banque Populaire 5 ont dû réaliser deux empannages pour se recadrer sur la route sud pour aborder au mieux le passage de l’archipel des terres australes françaises qui devrait avoir lieu dans 48 heures.
Thierry Chabagny :  » Le vent est soutenu, c’est monté un peu. On a en ce moment entre 27 et 29 nœuds de vent de Nord Ouest. On fait un cap à l’Est très rapprochant. La mer n’est pas trop formée donc on va vite. Le bateau glisse bien. Ca a l’air de fraîchir un petit peu donc on va peut-être changer de voile à l’avant et passer sous petit gennaker pour garder une vitesse plus constante et avoir des accélérations moins violentes pour préserver un peu le bateau. Les conditions sont idéales, si ce n’est que le ciel est bas, que c’est brumeux, qu’on ne voit pas grand chose et qu’il commence à faire vraiment froid dehors. J’étais obligé de barrer avec les gants tout à l’heure parce que je commençais à avoir l’onglée. Le fait d’être descendu dans le Sud, nous a fait sentir la différence en termes de température, à la fois de l’air et de l’eau. L’eau est à 7°, l’air est à 8/9°, mais avec les 35 nœuds de vent apparent qu’il y a dehors, tu as vite froid et on sait qu’on est encore loin de ce qu’on va avoir de pire dans les 48 prochaines heures « .

© BPCE

La suite de ce tour du monde pourrait s’avérer plus contraignante puisque des glaces ont été signalées à l’ouest des Kerguelen, comme l’explique le skipper, Loïck Peyron : « Il y a pas mal de glaces. Il y a notamment une zone un peu bizarre dans l’Ouest des Kerguelen qui nous inquiète un peu. On nous a également signalé un immense champ d’icebergs après les Kerguelen il y a quelques jour. On est dans du vent qui va forcir un petit peu, c’est toujours du vent portant. On va faire une jolie courbe sous les Kerguelen et après ça va mollir un peu, à l’approche de cette grande zone de glaces. Puis ensuite il y aura une grande dépression à contourner sous l’Australie, où on risque de remonter assez proche des côtes australiennes pour éviter le plus fort du vent et on replongera avec plaisir dans le Grand Sud, sous la Nouvelle-Zélande. A priori on va dessiner une sorte de grand S dans l’hémisphère Sud « . 
Le passage du Cap Leeuwin est prévu dès le week end prochain, ce qui permettrait à l’équipage de décrocher de nouveau des records intermédiaires.

© B.STICHELBAUT/BPCE

Pas de départ pour le trimaran Banque Populaire 5

Loic Peyron et sa cellule météo ont pris la décision de ne pas prendre le départ du Trophée Jules Verne aujourd’hui, la situation encore favorable hier s’est dégradée sur l’Atlantique nord et sur les premières heures après le départ (vent faible et mer formée), ces conditions auraient provoqué un retard conséquent jusqu’aux Canaries, incompatible avec les temps du record, ce qui a poussé le skipper, son équipage et les météorologues à renoncer à un départ.

© B.STICHELBAUT/BPCE

Loic Peyron : « Nous ne partons pas. Ce n’est pas une surprise dans le monde des chasseurs de records. Il faut être attentif et prêt à choisir la moindre proie et dans notre cas, la proie est de taille. Nous observons les évolutions météo depuis une semaine et nous étions prêts à prendre un petit risque, à partir dans des conditions pas favorables du tout ici au large de Brest, avec très peu de vent et une mer formée. Quitte à avoir du retard à l’Equateur pourquoi pas mais avec un Sud pas mal du tout. Il s’avère qu’ici ça s’est dégradé franchement et qu’il n’y a pas assez de vent pour décoller de Ouessant et trop de mer pour pouvoir démarrer et aller accrocher du vent assez intéressant au large. Dans ces cas là, ça nous met vraiment en retard aux Canaries et le fameux anticyclone des Açores est en promenade à Madère, ce qui nous obligerait à passer au ras des côtes et à arriver à un temps à l’Equateur qui n’est pas bon du tout. Tout l’équipage était prêt. Il faut être prêt tout le temps, c’est tout l’esprit d’un commando. On ne sait pas à quel moment on va pouvoir attaquer, mais pour le moment la paix subsiste ! Fort heureusement, les systèmes météo ne sont absolument pas figés en ce moment sur l’Atlantique et nous regardons déjà ce qu’il se passe dans les dix jours qui viennent. Si d’aventure nous ne partons pas dans un avenir proche, nous ferons une session d’entraînement. Nous avons convenu de nous retrouver tous les quinze jours pour naviguer s’il n’y a pas de fenêtre. Il ne faut pas oublier que nous ne sommes à Brest que depuis trois jours… »

Thomas Coville boucle son tour du monde en 61 jours 7 heures

Thomas Coville avait débuté son tour du monde en solitaire le samedi 29 janvier à 12h07’28 » , le skipper de SODEBO a franchi la ligne d’arrivée  à Ouessant aujourd’hui à 13h15.

Il boucle donc ce tour du monde en 61 jours, 7 minutes et 32 secondes de mer. Il aura mis 3 jours, 10 heures, 43 minutes et 26 secondes de plus que Francis Joyon sur IDEC en 2008 (57j 13h34’06 »), malgré tout le skipper peut avoir la satisfaction d’avoir parcouru 28 431 milles à la moyenne de 19,42 nds, soit 2031 milles de plus que Francis Joyon qui avait parcouru 26 400 milles à la vitesse moyenne de 19,11 nds.

Les premiers mots de Thomas Coville après le passage de la ligne :

Dernière nuit en mer
« La dernière nuit est toujours dense et particulière parce qu’on cumule beaucoup de fatigue. On enchaine les manœuvres, le fait d’avoir la terre proche te demande d’être encore plus vigilant. Une navigation difficile vers un point de chute qui t’impose d’être précis. Il y avait du trafic, je suis passé deux fois à moins de 50 mètres d’un cargo à une vitesse élevée. Il y avait vraiment du mauvais temps avec 5 mètres de creux et 30 nœuds de vent. Rien n’est fait tant que la ligne n’est pas franchie. »

Pudiques
« Pendant 60 jours, tu ne vois personne, tu n’entends que des voix et tout d’un coup apparait un zodiac qui sort de la brume. Il se rapproche et tu retrouves des visages familiers, ceux de ton équipe, aussi marqués que toi. J’ai craqué à ce moment là, Thierry Briend et Thierry Douillard étaient avec moi tous les jours au téléphone, ils savent ce que nous avons fait ensemble. Je me suis isolé pour reprendre mes esprits. Nous avons remis le bateau en route ensemble, nous nous sommes retrouvés dans l’action. En voyant le bateau, ils visualisent tout de suite ce qui s’est passé pendant le périple. Ils sont aussi pudiques que moi, donc ce n’était pas une grande accolade de militaire. C’était assez simple et très fort à la fois. »

Ne pas se dérober
« Les 50 premiers jours n’ont pas été faciles mais j’ai eu un réel plaisir à faire ce parcours et à y croire. La dernière semaine a été très difficile mentalement. Je voulais boucler ma trace. Et ce matin, je me suis même demandé pourquoi je passais la ligne mais j’ai été éduqué comme ça et je dédie cette ligne à mes parents qui m’ont appris que quand on commence quelque chose, on le finit même si ce n’est pas facile. Je devais boucler la trace mais je me suis fait violence. Je l’ai fait par principe, par respect… C’était se dérober que de ne pas y aller ! »

Une chance inouïe jusqu’un enfer
« Je sais que j’ai une chance inouïe de faire ce que je fais. J’ai un partenaire Sodebo qui m’a suivi dans la réalisation de ce projet. J’ai mis toutes mes tripes dans ce tour, dans cette route très engagée, très belle. Par rapport à la dernière fois, il y a eu deux changements. D’une part, dans mon approche du quotidien, je ne me suis pas focalisé sur le retard que j’avais. J’y ai cru quand nous sommes repassés devant Francis et c’est là que ça s’est dérobé. La deuxième chose, c’est que je m’étais juré que cette fois-ci, j’irais provoquer la chance ! C’est pour cela que j’ai accepté de faire des routes abjectes comme d’être au près vers les Kerguelen, c’était ma manière à moi de créer ma chance, je serais allé la chercher en enfer s’il le fallait. »

Pas d’erreur et des satisfactions
« Nous n’avons pas fait d’erreur sur la route. Quand tu tiens un projet à bout de bras et que tu en es le porte-parole, tu te sens responsable. Quand tu es seul à bord, tu ne partages ce sentiment avec personne. Il y a des satisfactions : celle de ramener le bateau en bon état, malgré mon étrave abimée, d’avoir monté cette équipe avec une ambiance et un vrai état d’esprit. Il faudrait qu’aujourd’hui je ne sois pas un compétiteur pour ne pas être déçu. On est deux personnes à bord : le compétiteur et l’aventurier ! Le compétiteur est frustré mais l’aventurier a accompli le périple. »

A lire également une interview par Philippe Eliès sur le Télégramme.com, on y apprend que le skipper ne retentera pas ce record l’année prochaine, il semblerait également que Sodeb’O souhaite poursuivre son sponsoring avec Thomas Coville.

Sodeb’O approche d’Ouessant

Thomas Coville bouclera son 2ème tour du monde sur son trimaran Sodeb’O demain, il est attendu sur la ligne au large d’Ouessant vers 10 heures demain, Thomas ne rejoindra pas Brest, il embarquera trois équipiers pour rejoindre la Trinité sur Mer, son port d’attache, où le public pourra l’accueillir vers 18 heures.

©Sea&Co

Le skipper a livré un dernier message lors de sa vacation ce matin, pour clore ce tour du monde :

« Voilà, un dernier petit mot pour clôre ce tour du monde à bord de Sodebo. On est à un peu moins de 500 milles de Ouessant dans des conditions musclées, des vents de plus de 30 nœuds et une mer très formée.

Je ne reviendrai pas sur ma déception mais je réitère mon admiration pour ce qu’a réalisé Francis Joyon, c’est la moindre des choses de féliciter son adversaire. Je veux aussi remercier tous les gens qui ont suivi, porté ce projet, qu’ils l’ont vu naître et l’ont fait vivre.

Merci à Sodebo, cette incroyable entreprise, cette famille, ce groupe, qui tout au long de ce voyage, avant et pendant, m’a porté et soutenu. J’ai essayé pendant ce périple de porter leurs couleurs ou, tout du moins, de défendre leurs valeurs de pugnacité, de liberté, d’indépendance et de plaisir dans un monde pas toujours facile même hostile comme celui de la mer.

J’ai pris beaucoup de plaisir à la barre de ce bateau, à manœuvrer, à réaliser cette trace et c’est pour cela que je vais à Ouessant même si la météo s’annonce catastrophique. Je voulais boucler ma trace, en symbole, pour dire que l’on finit les choses que l’on commence. Et même si elles ne se finissent pas comme on le souhaitait, je le fais pour ceux qui tiennent parole, qui vont au bout de leurs actes, qui paient leurs dettes. J’ai essayé de puiser là mon énergie cette semaine.

Je rends hommage à l’équipe qui m’a soutenu au quotidien, heure par heure et qui m’a aidé à réaliser cette belle route. Thierry Douillard, Richard Silvani, Christian Dumard et Thierry Briend (routeurs) qui ont été mes anges gardiens pendant ces deux mois. Seul, j’aurais lâché prise plusieurs fois. Ils ont été présents tout le temps. C’est un projet où il y a beaucoup de recherche, de technique, de technologie, de préparation mais ce tour du monde est avant tout un projet humain, de groupe ou en tout cas qui a la prétention de porter ces valeurs. Je remercie aussi les partenaires techniques qui nous suivent fidèlement et mettent leur savoir-faire au service du projet Sodebo : Météo France, Toyota, Cousin Trestec, Lisi, Ixsea, Open, CLS, Nautix et Helly Hansen.

J’appréhende les arrivées, c’est difficile de croiser le regard des autres après deux mois et de lire à travers leur visage, mon visage à moi. Drôle de sensation d’avoir tant espéré finir et, à la fois, d’appréhender l’arrivée… C’est très paradoxal. »

On ne peut qu’admirer la pugnacité de Thomas Coville qui sera allé au bout de ce tour du monde, le deuxième sur son bateau, malgré des conditions météos difficiles, notamment dans l’atlantique alors qu’il avait comblé son retard sur le record détenu par Francis Joyon.

Espérons que son partenaire qui le soutient depuis de nombreuses années poursuive sa collaboration afin d’atteindre l’objectif du skipper à savoir tourner autour de la planète le plus rapidement possible en solitaire.

Pas de record pour Thomas Coville

Thomas Coville est désormais résigné, il ne battra pas le record autour du monde en solitaire, qui restera, pour une année de plus, le bien de Francis Joyon sur Idec. En effet il reste 2400 milles à parcourir en 3 jours pour Sodeb’O arriver dans les temps du record, ce qui sera impossible.

Le skipper, qui avait optimisé son trimaran Sodeb’O avant cette nouvelle tentative, n’a pas démérité sur cette circumnavigation : J’ai une chance inouïe de faire ce que je fais, de m’exprimer de cette façon, d’être sur l’eau avec ce bateau et entourée par cette équipe. Techniquement, on apprend à chaque fois. On va boucler, pour la deuxième fois, un tour du monde en multicoque sans s’arrêter. Déjà, en monocoque, il n’y en a pas beaucoup qui arrivent à finir sans s’arrêter ! Physiquement, j’ai aussi l’impression de ne pas avoir subi la machine. J’ai eu le sentiment de rester maître du bateau malgré une météo à chaque fois un peu plus difficile que prévu et qui ne permettait pas de garder une gestion personnelle optimale de l’effort comme du sommeil. Je suis aussi fier de l’organisation et de la qualité du travail avec mes routeurs. Le geste est beau, la trace est belle. Le faire n’est pas l’unique moteur mais le faire proprement est important même si la récompense ultime n’est pas là. »

© Sea & Co


Il a malheureusement souffert de systèmes météo souvent défavorables, comme actuellement avec un anticyclone des Açores très actif : « Cela ralentit comme prévu, je vais avoir encore une journée délicate pour traverser cette dorsale avec des vents turbulents. Le vent vient d’ailleurs de basculer de 90 degrés. Difficile de prévoir, alors je gagne vers le Nord pour avancer et je ressens déjà la houle résiduelle des dépressions qui passent au-dessus et que l’on va chercher. »