Alinghi s’impose en Méditerranée

Ce premier grand prix en mer aura été un succès pour la classe des Décision 35, les catamarans lémaniques ont tenu le choc à Beaulieu sur Mer, où une seule journée a du être annulés du fait de conditions trop fortes (mer et vent).

Les concurrents du Vulcain Trophy se sont donc affrontés sur trois jours et  dix manches au total. Les conditions météos ont été assez variées, avec des vents de 5 à 15 nœuds.

L’équipage le plus à l’aise a été sans conteste Alinghi d’Ernesto Bertarelli qui remporte le Grand Prix de Beaulieu-sur-Mer. Foncia de Michel Desjoyeaux monte sur la seconde marche du podium ; le podium est complété par Ladycat de Dona Bertarelli, qui avait renforcé son équipage avec Yann Guichard à la tactique.


© Chris Schmid / Alinghi.com

Alinghi avait pris l’avantage dès le premier jour avec Foncia en embuscade, Ladycat avait également bien commencé ces régates avec une quatrième place au provisoire après la première journée. Artemis Racing s’est au contraire effondré au cours du week-end passant de la 3ème à la 6ème place.

Ernesto Bertarelli : « Nous avons très bien marché. Je pense que le fait de naviguer ensemble depuis tellement d’année nous a permis de nous adapter très rapidement aux nouvelles conditions en mer avec de la vague. C’est grâce à la coordination de l’équipage et à la constance des réglages que nous avons optimisé les performances du bateau. Nous sommes ravis de cet événement dans le Sud. Régater autant en quatre jours permet d’enlever le facteur chance dans les résultats. »

Michel Desjoyeaux : « Nous aurions aimé avoir un peu plus de réussite, mais il nous manque de la fluidité et de l’expérience dans les transitions. Nous avons fait des erreurs qui ont plombé l’ambiance et qui nous ont empêchées d’être complètement disponibles pour la régate. Mais nous avons tout de même réalisé de belles choses, comme la première journée qui nous a aidé pour la général. Cette régate nous a permis d’identifier clairement notre concurrent pour le prochain Grand Prix. »

Dona Bertarelli : « Pour nous, ce sont des excellentes régates dans le Sud. C’est surprenant car les conditions sont difficiles. C’est dur de barrer et de régler le bateau, mais en fin de compte, nous avons réussi à prendre de bons repères. Le fait d’avoir Yann Guichard à bord à la tactique et en tant que performeur fait une grosse différence. Nous avons trouvé une bonne vitesse et mis au point une bonne tactique. Pour le week-end prochain, nous souhaitons continuer sur cette lancée. Ce podium, c’est un travaille de cinq années et il est mérité pour tout l’équipage. »

© Chris Schmid / Alinghi.com

Veltigroup de Marco Simeoni prend la quatrième place avec quatre podiums de manche.
Beau grand prix pour Zen Too de Guy de Picciotto, le catamaran barré par Fred Le Peutrec signe sa plus belle place cette saison en terminant 5ème. Les trois équipages qui suivent sont à égalités de point à l’issue des dix manches courues. Okalys-Corum de Nicolas Grange occupe la sixième position, grâce à une victoire de manche, il devance Nickel, barré par Fred Moura. Le CER Carrefour-Prévention ferme la marche en se classant neuvième, avec Pascal Bidégorry à la barre.

Au classement général du Vulcain Trophy,Foncia de Michel Desjoyeaux conserve sa première position avec 4 points d’avance sur Alinghi. Veltigroup de Marco Simeoni complète le trio de tête. Il n’est qu’à deux points de son concurrent direct et pourrait jouer les troubles fêtes dans le duel pour la victoire au Grand Prix d’Antibes.

Classement Vulcain Trophy 2011

1er – FONCIA (8e, 1er, 1er, 3e, 2e, 2e = 9 pts)
2e – Alinghi (2e, 4e, 5e, 5e, 1er, 1er = 13 pts)
3e – Veltigroup (4e, 3e, 3e, 1er, 8e, 4e = 15 pts)
4e – Artemis Racing (3e, 5e, 2e, 2e, 10e, 6e = 18 pts)
5e – CER Carrefour Prévention (1er, 2e, 10e, 6e, 7e, 9e = 25 pts)
6e – Okalys-Corum (6e, 6e, 8e, 4e, 4e, 7e = 27 pts)
7e – De Rham Sotheby’s (5e, 7e, 6e, 8e, 5e, 10 = 31 pts)
8e – Ladycat (9e, 10e, 7e, 11e, 6e, 3e = 35 pts)
9e – Zen Too (7e, 8e, 11e, 7e, 9e, 5e = 36 pts)
10e – Nickel (10e, 9e, 4e, 9e, 11e, 8e = 40 pts)
11e – Ylliam (11e, 11e, 9e, 10e, 3e, 10e = 43 pts)

Fred Le Peutrec : « Banque Populaire V est un avion de chasse » (Interview)

Fred Le Peutrec, barreur du  maxi trimaran Banque Populaire V, détenteur du Trophée Jules Verne sur Groupama 3, a répondu aux questions de Voile-Multicoques.com sur son début de saison à la barre de Zen Too, la future tentative de Trophée Jules Verne de Banque Populaire V.

Voile-Multicoques.com : Tu barres de nouveau un D35 cette saison, Zen Too, vous êtes actuellement en 9ème position au classement général, quels sont les objectifs de l’équipage cette année ?

Fred Le Peutrec : Cette saison n’est pas évidente, je navigue avec des gens dont la voile n’est pas le métier, ils ont donc assez peu de temps à consacrer au D35. Les entrainements sont très réduits, nous naviguons seulement la veille des régates, l’équipage manque donc d’automatismes dans le fonctionnement pour s’affirmer dans le haut du classement.

Voile-multicoques.com

Nous ne sommes pas très loin, la plupart du temps nous terminons à quelques longueurs des premières places.

L’objectif est avant tout de progresser, notamment sur les deux dernières manches en France.

Concernant les classiques courues sur le Léman (Bol d’Or et Genève-Rolle-Genève), quelles sont les difficultés de ces courses « longue distance » ?

La plus grosse difficulté réside dans les changements de systèmes météos, avec des effets de sites et beaucoup de transitions, qui ne sont pas systématiques.

Les locaux qui naviguent à l’année sur le Lac ont quelques automatismes qui permettent de déterminer des schémas, malgré tout, les effets de couloirs et de vents réservent beaucoup de surprises avec des vents différents qui se succèdent tout au long du Léman.

Voile-multicoques.com

Quel a été le programme d’entrainement de l’équipage avant le début du Vulcain Trophy ?

Nous avons eu seulement quelques sessions d’entrainement avec de belles conditions de vent en avril, ce qui représente 6 jours de navigation, sans confrontation aux autres équipages avant le début de la saison.

Deux grand prix seront courues en Méditerranée cette année, penses-tu que ces étapes peuvent changer la hiérarchie actuelle ?

Je ne pense pas que ces étapes hors du lac bouleversent le classement, les équipages au point resteront logiquement devant.

Le Léman est un beau stade pour naviguer, mais je crois que sortir de ce plan d’eau est une bonne chose pour la série puisque les bateaux naviguent uniquement sur le lac depuis plusieurs années avec des lieux de régates peu variés.

Le bateau en lui même n’est pas forcément très adapté à ce type de navigations, le catamaran n’aime pas la mer, mais en été et dans l’est méditerranéen de telles conditions de vagues sont peu probable.

Les D35 sont utilisés depuis 7 ans, penses-tu que les propriétaires s’orientent vers une nouvelle jauge ?

Tout dépendra de la direction vers laquelle les propriétaires veulent aller, puisque les décisions sont prises en assemblée générale. Cette série est avant tout un loisir pour eux, avec une ambition sportive plus ou moins importantes selon les propriétaires.

La donne est un peu différente désormais avec plusieurs séries de catamarans de 40′ et le passage de la Coupe de l’America aux multicoques, ce qui tire les différents circuits vers le haut.

Revenons à ta saison sur le Maxi Banque Populaire V, vous avez abandonné sur casse l’hiver dernier lors de la tentative de Trophée jules Verne, quel bilan tirez-vous de cette tentative concernant le trimaran ?

Ce bateau est un avion de chasse, qui s’inscrit dans l’évolution de Groupama 3, puisqu’il a été généré par le même cabinet d’architecte (VPLP), « il a le Jules Verne dans les jambes ».

Malgré tout, il faudra des conditions favorables pour réussir à battre le record, ce tour du monde est avant tout une histoire de trajectoires, le point primordial est de ne pas faire trop de route.

Le bateau a intrinsèquement un peu plus de vitesse que Groupama 3 dans certaines conditions, mais cet avantage ne permet pas de compenser en vitesse pure ce que nous pouvons perdre sur le contournement de l’anticyclone de Saint Hélène par exemple.

Banque Populaire V peut conserver des vitesses moyennes un peu plus élevées dans la mer formée, du fait de sa longueur et de sa masse.

Le trimaran semble donc plus à son avantage dans le vent médium et fort, qu’en est-il dans les vents faibles, que vous rencontrerez dans les zones de transition ?

Même en ayant navigué sur les deux bateaux, la différence est difficile à quantifier, il faudrait vraiment faire des speed-tests pour déterminer quel est le trimaran le plus rapide dans ces conditions.

Les comportements sont vraiment très proches, je pense que Groupama 3 est probablement un peu plus rapide dans la pétole, mais les différences ne sont pas substantielles.

Un avis sur les catamarans monotypes AC 45 à ailes rigides qui naviguent depuis quelques mois, et qui seront utilisés pour les séries préparatoires à l’America’s Cup ?

Les bateaux paraissent vraiment excitants, l’idée de naviguer avec une aile intéresse forcément tous les gens qui viennent du multi et qui régatent.

Cette voilure impose une logistique importante, ces innovations ne sont donc pas utilisables en dehors d’un circuit professionnalisé et structuré.

Les services de communication ont tendance à diffuser des images spectaculaires avec des chavirages, mais d’après les images dont nous disposons, les catamarans semblent particulièrement véloces et évolutifs dans toutes les phases de contacts serrés.

Ces AC45 permettent d’imaginer les régates en 72′ dans la mer et la brise de San Francisco, puisque ce plan d’eau est assez venté, les régates sur les AC72 seront probablement très spectaculaires voir dangereuses parfois du fait des vitesses élevées et des engagements forts dans les phases de contact.

Évidemment, ce circuit m’attire, comme tous les régatiers venant du multicoque.

© Gilles Martin-Raget

Trois équipes françaises se sont déclarées, dont deux sont inscrites officiellement, ces divisions récurrentes des marins français ne sont-elles pas préjudiciables ?

Tel qu’est structuré le sport voile en France, ces « divisions » ne me paraissent pas choquante.

C’est le signe d’une bonne activité vélique avec un nombre importants de régatiers dans un petit pays, ce sport est très développée, par rapport à d’autres nations où il est concentrée au sein de yachts clubs, avec des institutions plus « rigides ».

Au niveau des financements, les teams français devront probablement trouver des fonds en dehors de l’hexagone pour accéder à la compétition.

L’essentiel du problème vient du fait que nous ne sommes pas assis sur une tradition de l’America’s Cup en France, tous les projets précédents étaient moins bien financés que les grosses équipes étrangères, sans permanence entre les différentes éditions.

Avec le passage au multicoque, beaucoup pensaient que les français seraient les mieux placés pour tenir la dragée haute aux autres équipes, mais il y a une structure, une culture du travail dans les grosses équipes qui est moins présente en France, ce qui explique la présence de trois équipes qui étaient déjà structurées lors de l’édition précédente.

Tu as navigué sur 60′ ORMA pendant plusieurs saisons, as-tu eu l’occasion de naviguer sur un des deux premiers MOD 70 ?

Non, pas encore, j’espère pouvoir le faire, nous partageons les mêmes pontons, nous naviguons sur le même plan d’eau, je reste très attentif à ce qui se passe sur cette série.

Interview de Tanguy Cariou (Alinghi)

© lloyd Images

Tanguy Cariou, tacticien du D35 et skipper de l’Extreme 40 Alinghi a accepté de répondre aux questions de Voile-Multcoques, concernant le début de saison de l’équipe suisse sur les deux circuits multicoques sur lesquels le team est engagé (Vulcain Trophy et Extreme Sailing Series).

Voile-Multicoques.com : Tu navigues depuis 2007 sur le D35 Alinghi, en tant que tacticien. Quelles sont les particularités du Lac Léman, ce lieu de régates assez particulier ?

Tanguy Cariou : Même si le lac est grand, les vents sont très instables et les prévisions difficiles.
On a soit l’influence des  flux d’ouest lorsque des perturbations océaniques attaquent la façade atlantique et traversent toute la France, soit un vent de nord Est quand il y une influence thermique.
Le petit lac (entre Yvoire et Genève) est en théorie la partie la plus ventée du plan d’eau.
Les conditions sont assez particulières avec des vents changeants en direction et en intensité. Il faut donc être opportuniste, les régates ici ne sont jamais jouées avant la ligne d’arrivée !

Baptiste Morel/Voile-Multicoques.com

Alinghi a toujours terminé sur le podium du championnat de Decision 35. Vous pointez en 3ème position du classement provisoire (après le Bol d’Or), quels sont vos adversaires les plus redoutables ?

A l’heure actuelle ce sont principalement les équipages qui viennent de l’étranger. Ces équipes sont structurées et organisées, et possèdent des moyens techniques et humains importants, comme Foncia et Artemis.
Le CER, le centre d’entrainement à la régate de Genève, effectue sa première saison sur le circuit, mais a également une approche très professionnelle, ils naviguent avec envie et passion, ce qui fait d’eux des concurrents redoutables.
Le Challenge s’est peu à peu professionnalisé, à quel niveau le situes-tu par rapport à un circuit international tel que les Extreme  Sailing Series sur lequel est également engagé Alinghi ?

Ces deux championnats sont assez difficiles à comparer, car les concepts sont différents.
Le D35 est un catamaran monotype mais les équipes peuvent travailler sur les voiles en respectant la jauge et un nombre de boutons par an contrairement à l’Extreme 40 où l’ensemble bateau et voiles est monotype.
Le travail de développement sur les voiles des D35 est donc important, nous disposons de plusieurs gennakers (creux, plats) même si nous ne pouvons en embarquer qu’un sur le bateau, d’un code 0, de solents.

Mais la plus grosse différence est qu’un manche de D35 dure 45 minutes à une heure, alors qu’une manche d’Extreme 40 ne dépasse pas 7 à 15 minutes. Au niveau intensité l’Extreme 40 est assez proche du match racing, le D35 est un peu plus proche d’une régate conventionnelle.

Pour faire une comparaison avec le ski,  le D35 est un slalom géant avec un parcours dans l’axe, une piste et des skis bien préparés, l’Extreme 40 serait plus du boardercross, avec une piste plus « surprenante ».

 Les D 35 naviguent depuis sept ans dans un cadre monotype, reste-t-il des améliorations possibles à apporter au catamaran, ou s’oriente-t-on vers un changement de classe ?

Sur les cinq dernières années, le bateau a peu évolué, il pourrait bien sûr être « relooké » avec des grands voiles à cornes, des lignes plus tendues à l’avant, ce qui améliorerait les performances.
Mais il faut conserver le compromis entre performances sportives et contraintes économiques. Jusqu’ici le circuit se portait bien, le nombre de bateaux est passé de 12 en 2010 à 10 réguliers cette saison, le circuit se déplacera en Méditerranée, je ne sais pas si les dix seront présents pour ces deux dernières étapes.
Il faudra suivre l’évolution, voir si le relookage apporterait une nouvelle vie à la classe ou si il faut continuer sur ces bateaux avant d’envisager un nouveau circuit.

Baptiste Morel/Voile-Multicoques.com

Deux étapes du Vulcain Trophy seront courues en Méditerranée en fin de saison, cette nouveauté peut-elle changer la donne par rapport à un championnat classique couru exclusivement sur le Léman ?

Complétement, l’intérêt de ce circuit est de courir sur des multicoques très pointus à régler, très performants, dans des conditions très changeantes sur le lac ; sur ces plans d’eau ouverts en Méditerranée, nous allons probablement rencontrer des vents plus réguliers, des conditions plus stables. Au niveau tactique les possibilités seront peu être un peu plus limitées, nous pouvons aussi imaginer  des manches avec plus de vagues, ce qui sera probablement difficile sur ces bateaux. La découverte sera probablement intéressante, il faudra ensuite en tirer les conclusions à la fin de la saison.

Quel a été le programme d’entrainement d’Alinghi avant le début du Vulcain Trophy ?

L’équipe est constituée des mêmes personnes depuis maintenant 4 ou 5ans, ce qui constitue un point positif, car le support est bien connu, comme le plan d’eau, avec des vents changeants. Il est donc difficile de faire de bonnes sessions d’entrainement, nous essayons donc de faire du qualitatif avec 30% de navigations seul et 70% sur des parcours avec d’autres équipages, ce qui correspond à une quinzaine de jours d’entrainements avant la saison.

Alinghi est engagé sur l’autre grand circuit de régates en multicoque, les Extreme Sailing Series, l’équipe est actuellement en 7ème position du classement provisoire, quelles sont vos ambitions pour cette saison ?

Nos ambitions sont clairement meilleures que notre place actuelle, Alinghi est une équipe avec une histoire importante et riche sur les dix dernières années, depuis la fin de la 33ème Coupe de l’America en février 2010, la structure de l’équipe a beaucoup évolué en passant de 150 à une petite dizaine de personnes.

Nous avons voulu nous engager sur ce circuit Extreme 40 pour maintenir la compétitivité d’Alinghi en étant présent sur un circuit international.

Une grande partie de l’équipage a découvert ce circuit lors de la première étape à Oman, nous avons maintenant fait un tiers de la saison, et les trois épreuves courues ne correspondent pas à nos attentes, nous pouvons objectivement faire mieux que lors de ces trois étapes.

© lloyd Images

Quelle est la plus grande difficulté sur ce circuit ? L’exiguïté des plans d’eau, le format court des régates etc ?

Tout est difficile sur ce circuit, d’abord l’intensité, avec des manches très courtes, nombreuses, avec  peu de temps entre celles-ci, sur des plans d’eau très petits avec beaucoup de bateaux et un niveau assez élevé.

C’est un circuit où chaque régate est un combat, il faut se battre, attaquer, être agressif, parfois avec de la réussite, d’autre fois sans, nous faisons des erreurs, mais nous devons tout de suite passer à la régate suivante. Nous pouvons difficilement analyser entre les manches, prendre du recul.

J’ai fait différentes choses (Coupe de l’America, multicoque ORMA, Jeux Olympiques, Tour de France, match-racing),  mais ce circuit montre immédiatement les forces et les faiblesses des équipages : manque de puissance, d’agressivité, de gestion etc, ce qui est parfois moins flagrant sur d’autres compétitions.

Tu as participé à deux America’s Cup (en 2003 et 2007 avec les défis français), que penses -tu de la prochaine avec le passage au multicoque ?

C’est une évolution normale des choses, les dernières éditions de la Coupe de l’America en monocoque ne correspondaient pas au niveau actuel de la technologie en matière de voile.
Le programme est ambitieux par rapport au contexte économique, avec des séries annuelles (America’s Cup World Series), nous verrons combien de participants accèdent aux sélections des challengers.

Un avis sur les catamarans monotypes AC 45 à ailes rigides qui naviguent depuis quelques mois ?

Les bateaux ont l’air réussi, même si les retours sont peu nombreux, mais les images sont intéressantes.
L’aile amène de l’évolutivité à la plate forme, ce qui compense les faiblesses des multicoques.

Tu as navigué sur 60′ ORMA pendant plusieurs saisons, que penses-tu du nouveau circuit qui est amené à le remplacer et des nouveaux trimarans monotypes MOD 70 ?

J’ai eu l’opportunité de naviguer sur le MOD n°1 (barré par Steve Ravussin), le bateau est très bien conçu et s’adaptera très bien à des traversées de l’Atlantique ou à des tours de l’Europe, qui seront de belles épreuves.
Les courses en multicoques océaniques manquent au paysage vélique actuel.

Week end chargé pour les D35

Le week end pascal a commencé samedi pour les équipages des D35 qui se retrouvaient au large de la Tour Carré  pour le départ de la Genève-Rolle-Genève. Très vite Foncia s’est démarqué emmenant dans son sillage Zen Too de Guy de Picciotto et Ladycat de Dona Bertarelli dans un vent faible jusqu’ Rolle.

La Bise s’est ensuite levée (12 nœuds)

Michel Desjoyeaux s’avouait très heureux : « Nous voulions partir à gauche et longer la côte Suisse à l’aller comme au retour. Il a juste fallu gérer le rythme et l’avance sur toute la course pour ne pas nous faire déborder, car à un moment nos concurrents sont partis à droite et au retour à gauche. Nous avons dû rester zen et très concentré dans les derniers mètres de l’arrivée. »

Artemis Racing de Torbjorn Tornqvist  termine second de la Genève-Rolle-Genève, après une première partie de course difficile (10ème au passage de la bouée de Rolle), l’équipage suédois s’est rapidement familiarisé au support et peut compter sur deux marins suisses pour les conseiller sur ce plan d’eau difficile . Paul Cayard, tacticien sur Artemis Racing analyse sa navigation: « Je ne dirai pas que j’ai compris le Lac, mais c’est plutôt Yvan et Pierre qui étaient convaincus de ce bord côte Suisse. Dès que nous avons passé la bouée de Rolle, nous avons essayé de tenir la droite et cela s’est très bien passé. Ils ont bien pensé et cela a payé.» Veltigroup de Marco Simeoni et barré par Stève Ravussin complète le podium après avoir également effectué une remontée incroyable

Marco Simeoni : «Nous sommes contents, cela s’est bien passé. Après Rolle, nous avons pu voir les erreurs des autres donc nous avons pu prendre les bons côtés, c’est ce qui nous a permis de les rattraper. Au début, nous avons grillé le départ donc nous avons dû repasser la ligne, dû coup nous étions dernier».

Alinghi d’Ernesto Bertarelli cinquième devant de Rham Sotheby’s de Philippe Cardis, sixième et Ladycat de Dona Bertarelli. Zen Too de Guy de Picciotto, barré par Fred Le Peutrec est classé onzième de la Genève-Rolle-Genève en raison d’une pénalité de course pour départ prématuré (OCS). Zen Too a engagé une procédure contre le Comité de Course.

Les Décision 35 ont terminé le week end au large de Bellevue pour la quatrième étape du Vulcain Trophy. Veltigroup de Marco Simeoni s’offre sa première victoire, devant Artemis Racing de Torbjorn Tornqvist et Foncia de Michel Desjoyeaux.

 Veltigroup barré par Steve Ravussin remporte donc la Sogeti Cup avec quatre places sur le podium, dont deux victoires. : «Nous sommes toujours contents de gagner un grand prix et c’est le premier pour Veltigroup, mais je crois aussi que le team commence de mieux en mieux à se connaître. Je pense que nous n’avons pas forcément été les meilleures aujourd’hui en manœuvres, mais nous avons fait des bons choix, nous arrivions à faire avancer le bateau, pris les bonnes décisions dans les réglages et François nous a fait une belle tactique, donc la régularité paie.»
A la seconde place, Artemis Racing de Torbjorn Tornqvist confirme sa montée en puissance, malgré deux réagates non courues lundi suite à une collision avec Okalys Corum.  Yvan Ravussin, équipier d’Artemis Racing, revient sur leur week-end : «Joli week-end pour Artemis Racing, vu que nous terminons deuxième sur le podium, dans des conditions diverses et variées avec un peu de Bise inattendue aujourd’hui. Nous avons pu bien gérer, même si le vent était un peu plus fort que d’habitude. Tout a bien marché, nous avons bien navigué, nous sommes très contents. Nous sommes troisième au général, c’est très bien pour des nouveaux venus. »
L’équipage de Michel Desjoyeaux complète le podium à la troisième place. Michel Desjoyeaux : «Je confirme ce que j’ai dit hier soir, cela n’est jamais fini. Le vent « distribue ». C’est très serré et sur la dernière manche les trois premiers pouvaient encore tous prétendre à la victoire. Tant mieux, car cela veut dire que le groupe est très homogène. Les places sont chers lors des passages de bouées, mais c’est aussi ça qui est sympa car c’est très disputé.»

Okalys-Corum de Nicolas Grange se classe quatrième de la Sogeti Cup avec deux places sur le podium. Au cinquième rang se trouve Alinghi d’Ernesto Bertarelli qui termine son week-end en beauté avec notamment une première place méritée. Le CER Carrefour Prévention est sixième de la Sogeti Cup, l’équipage accueillera Pascal Bidégorry pour le Bol d’Or le week end prochain. Septième, Zen Too de Guy de Picciotto devance de Rham Sotheby’s de Philippe Cardis. Ladycat de Dona Bertarelli se classe onzième et ferme la marche.

Les trois équipages qui composent le podium de la Sogeti Cup sont ceux qui mènent le classement général du Vulcain Trophy. En effet, Foncia est en tête et devance Veltigroup et Artemis Racing, respectivement deuxième et troisième à égalité de point. Ils sont suivis de près par le CER Carrefour Prévention (4ème) et Alinghi (5ème).

Le CER remporte le 1er Grand Prix de la saison

Après six régates dont un parcours côtier, l’équipage de CER Carrefour Prévention s’est imposé à Genève dimanche, devant  Artemis Racing de Torbjorn Torqvist et Alinghi d’Ernesto Bertarelli.

Le vent a été relativement faible sur le Léman pour ce premier rendez-vous des D35, avec un côtier vendredi, quatre manches samedi et seulement une dimanche, cette dernière course a été remportée par Veltigroup barré par Steve Ravussin.

Bruno Barbarin, tacticien de CER : « Nous étions là pour finir dans les cinq. Nous avons fait une super régate et nous y avons pris du plaisir. Nous avons bien navigué.

Coraline Jonet, embraque d’Alinghi :  »Nous sommes dans l’ensemble satisfaits de notre week-end, surtout de la journée d’hier. Nous saluons la performance du Centre d’Entraînement à la Régate. Nous nous réjouissons du prochain Grand Prix ».

Yvan Ravussin sur Artemis Racing  : « Nous sommes très contents de ce week-end. C’était la première fois que nous naviguions tous ensemble, la première fois que Paul Cayard barrait un Décision 35 et nous avons directement été dans le match. Nous avons encore une marge de progression, alors que demander de plus ? »

Veltigroup de Marco Simeoni se classe quatrième. Stève Ravussin, barreur, avait annoncé son envie de terminer aux avant-postes et c’est chose faite ce week-end. Le choix de Philippe Cardis de conserver son équipage identique à 2010 a également payé. En effet, le propriétaire et barreur de de Rham Sotheby’s termine à la cinquième position, en terminant deux fois sur le podium. En concluant son week-end par une deuxième place, Okalys-Corum de Nicolas Grange finit au sixième rang. Il est à égalité de points avec Zen Too de Guy de Picciotto, qui se classe lui septième. Le multicoque noir barré par Fred Le Peutrec monte lui aussi sur le podium à la dernière manche du jour (3ème). Michel Desjoyeaux, propriétaire et barreur de Foncia, s’avoue déçu de ses phases de départ et termine à la huitième place. Ladycat de Dona Bertarelli réussit une belle performance en se classant quatrième de la troisième manche du Grand Prix. Au général, Ladycat est neuvième. Les Nyonnais de Nickel, barré par Fred Moura, terminent au dixième rang et feront tout pour remonter au classement à la prochaine régate.

Prochain rendez-vous pour les  Décision 35 à la Realstone Cup, le 21 et 22 mai 2011 au large de Crans.

Le championnat des D35 2011

Le premier grand prix du championnat des Decision 35 de l’année 2011 sera lancé dans moins de deux mois.La classe des D35 accueille un nouveau partenaire  qui sponsorisera l’ensemble des régates de la saison : la manufacture horlogère VULCAIN.

Cette année 2011 sera marquée par un programme inédit avec deux régates en Méditerranée en septembre.

Le coup d’envoi du VULCAIN TROPHY 2011 sera donc donné le week-end du 5-8 mai lors d’un Grand Prix au format unique qui se déroulera entre Lausanne et Genève, les grand prix suivant se dérouleront ensuite entre Genève et Crans sur Nyon, les équipages disputeront également les deux classiques : Genève-Rolle-Genève et le Bol d’Or Mirabaud.

La saison s’achèvera par l’organisation de deux régates en Méditerranée en septembre. Du 1er au 4 septembre, les Décision 35 s’affronteront  à Beaulieu-sur-Mer et du 22 au 25 septembre, les douze équipages se retrouveront à Antibes pour la finale du championnat.

Côté concurrents, peu de changements, le bateau Julius Bär change de nom (suite à l’arrêt du sponsoring de la banque) et devient Team de Rham-Sotheby’s, les autres catamarans courront sous les mêmes couleurs qu’en 2010. A noter qu’Alain Gautier (suite à son engagement dans l’équipe Aleph pour la 34ème Coupe de l’America)  cède la barre de Foncia à Michel Desjoyaux, qui préparera ses futures navigations en MOD 70.