Oman Air toujours en tête du GC32 Championship

Après quatre courses hier, la journée a été écourtée aujourd’hui à Oman. Une seule manche a été courue dans 9 à 10 noeuds de vent, celui-ci est ensuite tombé, la seconde manche du jour a été annulée pour cause de dépassement du temps limite. Les conditions ne s’étant pas améliorées, le comité n’a pas pu lancer d’autre manche ce jour.

©Jesus Renedo/GC32 Championship Oman 2017

©Jesus Renedo/GC32 Championship Oman 2017

Oman Air mène toujours, cependant l’écart s’est réduit et SAP Extreme Sailing prend la seconde place du général grâce à une deuxième place de la seule manche du jour, les danois pointent à 4 points du leader et ont 3 points d’avance sur Alinghi. Team Tilt est 4ème devant le Team ENGIE.

Les régates reprendront demain dès 12h heure locale.

Un nouveau Multi 50 à foils pour Thibaut Vauchel-Camus sous les couleurs de Solidaires En Peloton – ARSEP

L’arrivée des foils adopté par la classe Multi50 redynamise le circuit avec l’annonce de la construction d’un second bateau neuf (après celle de Ciela Village 2 de Thierry Bouchard). C’est le skipper Thibaut Vauchel-Camus, qui bénéficiera de ce nouveau trimaran qui arborera les couleurs  de Solidaires En Peloton – ARSEP, qui oeuvre pour la recherche sur la Sclérose En Plaques.
Le futur  skipper s’est déjà distingué en class 40 et plus récemment sur la série des Flying Phantom.

Le nouveau multicoque sera signé  par le cabinet VPLP (Van Peteghem/Lauriost-Prévost), et la construction sera assurée par la société ENATA. Le trimaran sera bien évidemment au maximum de la jauge et doté des foils monotypes adoptés par la classe.

Thibaut Vauchel-Camus :
« Je souhaite encore et toujours jouer la gagne. La Classe Multi50 permet de briller de manière spectaculaire lors de tous les grands rendez-vous océaniques et côtiers, en solitaire comme en équipage, pour un coût encore maîtrisable (peu de carbone, pas d’hydraulique, pas de mât basculant…). L’apport des foils va incontestablement redonner du lustre et de l’intérêt à ces bateaux en les rendant encore plus « sexy » aux yeux du public et des médias”.

Grâce au lancement de Ciela Village 2 de Thierry Bouchard, actuellement en construction sur plan VPLP, nous allons profiter de ces études tout en y apportant notre touche personnelle. Le Multi50 Solidaires En Peloton – ARSEP sera construit au maximum de la jauge en terme de largeur (15,24 m), longueur (15,24 m) et tirant d’air (23,77 m). Nos bras de liaison, plan de pont et flotteurs seront sensiblement différents du bateau de Thierry Bouchard. Nous travaillons sur Saint-Malo en équipe en nous appuyant sur de grandes expériences du Multi50 et grâce à l’aide du Lycée Professionnel Alphonse Pellé (avec qui nous avons réalisé une maquette à l’échelle 1 du cockpit à l’ergonomie spécifique). La construction des moules a débuté. Le bateau sera construit, assemblé et armé à Dubaï avant d’être convoyé en septembre par la mer jusqu’à Cadix (ESP), soit près de 5 000 milles de prise en main. Nous effectuerons ensuite notre qualification pour la Transat Jacques Vabre entre Cadix et Saint-Malo, avec un co-skipper encore à déterminer. «  Victorien Erussard, l’ami et complice de toujours est aujourd’hui à la tête du grand projet Energy Observer et n’est pas disponible cette année pour naviguer en course au large.

Erwan Le Roux, Président de la classe Multi50 : « L’ensemble de la classe Multi50 se réjouit de voir arriver ce nouveau bateau. Il me semble que l’esprit de ce projet correspond bien à celui de la classe: innovant, dynamique et sportif. Thibaut a montré de quoi il était capable en Class40. Ce sera un sérieux adversaire. Bienvenue également à ses partenaires très engagés et à bientôt sur une ligne de départ ! ».
Le bateau participera aux différentes courses inscrites au programme de la Classe Multi50 : Transat Jacques Vabre, Route du Rhum, The Transat, Transat Québec Saint Malo, ainsi qu’aux différents grands prix.

 

Oman Air en tête du GC32 Championship

Le championnat de GC32 a débuté aujourd’hui à Oman, avec 11 équipages en lice.
Cinq d’entre eux étaient concurrents sur les circuit  Extreme Sailing Series  en 2016 (Alinghi, Oman, Air, Red Bull Sailing Team, Land Rover BAR et SAP Extreme Sailing Team), trois concourraient sur le GC32 Racing Tour (Team Tilt, Team ENGIE et Argo). SVB Team Germany et Youth Vikings Denmark sont deux équipages crées cette année et qui représenteront respectivement l’Allemagne et le Danemark lors de la Red Bull Youth America’s Cup, Le Team Tilt, présent depuis plusieurs saisons en D35 et depuis l’année dernière en GC32 représentera la Suisse lors de cet événement qui précédera la finale de la 35 ème America’s Cup., et Land Rover BAR fera de même pour le Royaume Uni.
Tawera Racing est une nouvelle équipe néo zélandaise qui devrait intégrer le circuit des Extreme Sailing Series, qui peine à faire le plein de concurrents cette année.
L’objectif de ce championnat est de réunir les plateaux des différents circuits de GC32 à travers le monde.

Baptiste Morel/Voile-Multicoques.org

Baptiste Morel/Voile-Multicoques.org

Les conditions étaient idéales dans le sultanat pour cette première journée.
Cinq manches ont été disputées, et c’est le bateau omanais qui s’est montré le plus régulier, avec deux victoires de manches, une seconde, une troisième et une septième place, l’équipage d’Oman Air pointe donc en tête devant SAP Extreme Sailing et Alinghi à égalité de points, Team Tilt est 4ème à un point du podium et quatre du leader, Team ENGIE est 5ème.

Tanguy Cariou, coach du Team Tilt : « Nous sommes contents d’avoir commencé ce championnat, et dans des bonnes conditions. Nous faisons certaines bonnes choses, mais devons en travailler d’autres. On n’est pas encore à l’optimum dans notre façon de naviguer et ne sommes pas assez réguliers, ce qui explique qu’on ne tient pas toujours le rythme des premiers. »

Sébastien Schneiter, barreur de Team Tilt : « C’était notre première compétition en configuration Youth, c’est un bon début. Mais nous savons que nous avons encore des places à gagner, et allons travailler sur nos points faibles ces prochains jours. »

Ernesto Bertarelli, barreur d’Alinghi  : « Avec cinq courses courues aujourd’hui, nous avons réalisé le programme complet de cette première journée du championnat annuel de la classe GC32 à Oman. Ces bateaux volants sont vraiment de belles machines. Je prends beaucoup de plaisir à la barre !
Je suis satisfait du résultat avec une alternance de places de 3èmes et de 4èmes.
La régularité paye souvent sur une régate qui dure plusieurs jours. Car contrairement à certaines épreuves où l’on retire à la fin la plus mauvaise manche de la compétition, ici, toutes les courses vont compter. Chaque place et donc chaque point est important.
Nous pointons ce soir en 3ème position du classement général provisoire, à égalité de points avec SAP Extreme Sailing Team (2ème) et trois points derrière Oman Air (1er). C’est serré dans le haut du classement car l’autre équipage Suisse, Team Tilt, n’est qu’à un point derrière nous !
Nous attendons demain des conditions assez similaires à celles d’aujourd’hui et j’ai hâte d’en découdre à nouveau avec cette belle flotte de dix autres GC32.»

Nils Frei, régleur des voiles d’avant sur Alinghi  : « Nous avons eu un vent assez typique de la région, entre 9 et 13 noeuds de nord ouest, qui nous a permis de foiler au portant sur chacune des courses.
Les parcours sont plus longs que ceux rencontrés sur le circuit Extreme Sailing Series, on a donc plus de temps pour développer le jeu tactique. Les manoeuvres à réaliser sont globalement les mêmes mais on en fait un peu moins puisque nous ne sommes pas contraints par une digue ou un mur de devoir en enchainer plusieurs pour évoluer dans une zone de course restreinte (limites naturelles imposées par le format ‘stade nautique’ et proche du public des Extreme Sailing Series). On a même le temps ici de descendre le gennaker (voile de portant) lors des bords de près afin d’avoir moins de prise au vent.
Même s’il y a peu de points d’écart ce soir, on remarque tout de même que les trois premiers sont engagés sur le circuit Extreme Sailing Series (ESS), alors que les deux suivants courent sur le GC32 Racing Tour. Le concept des ESS serait-il formateur ?
En tous cas, les débuts de course à onze bateaux sont serrés ! Nous n’avons pas trop pris de risque aujourd’hui sur les départs, mais peut-être qu’il le faudra pour se maintenir dans le haut du classement. »

Un nouveau trimaran ultime Sodebo pour Thomas Coville en 2018

Sodebo a confirmé la construction d’un nouveau trimaran ultime. Le multicoque sera mis à l’eau fin 2018 et bénéficiera donc d’un an de mise au point avant le tour du monde en course au départ de Brest prévu à l’automne 2019.

Thomas Coville courra donc sur son actuel ultim, détenteur du record autour du monde en solitaire depuis quelques semaines, sur The Bridge et la Transat Jacques Vabre  en 2017 et la Route du Rhum en  2018, avant de prendre possession de son nouveau bateau.

Le nouveau trimaran respectera la « jauge » du Collectif Ultim, en l’exploitant au maximum, à savoir 32m de long par 23 de large, comme le futur Banque Populaire IX. Sans surprise le bateau sera conçu par le cabinet VPLP (comme Banque Populaire IX ,le futur Gitana Ultim étant conçu par G.Verdier), le design team sera complété par Renaud Banuls (ex VPLP, ex Oracle, ex du design team Banque Populaire V et Groupama) ainsi que Martin Fisher pour les appendices.
Le trimaran sera bien évidemment doté de foils et de plans porteurs de safrans, afin de soulager au maximum le bateau et de « voler » le plus possible.

Le team Sodebo devrait par ailleurs établir sa future base à la BSM de Lorient.

 
Patricia Brochard, coprésidente de SODEBO :
« Avec ce nouveau bateau, notre ambition est bien de figurer au premier plan face aux acteurs en présence. 
Avec le collectif Ultim, nous sommes en train de constituer une flotte capable d’apporter de l’émotion et de susciter de l’intérêt. Parmi nos objectifs, outre la sécurité, nous voulons offrir des courses avec du suspense, de l’émulation entre les marins et pour chaque événement, une histoire à écrire qui pourra passionner le public 
 
Depuis un an, nous échangeons avec Thomas et son équipe avec, au centre de nos débats, le timing, le bon moment pour se lancer dans un nouveau bateau. Dans toute phase d’innovation, il faut arriver au bon moment. Nous le savons aussi chez Sodebo pour nos lancements de produits. Il nous arrive de renoncer quand nous estimons que nous ne sommes pas dans le bon timing.
 
Nous avons envisagé d’améliorer Sodebo Ultim’. Avec cette plate forme, nous partions de nouveau d’une contrainte que nous pouvions améliorer mais pas révolutionner. La décision finale a été prise, pendant le tour du monde, avec l’envie d’innover. Les enseignements de ce tour du monde en mode record ont permis d’enrichir la réflexion et donc la prise de décision. A chaque fois qu’on innove, on prend un risque. Heureusement, l’expérience permet de le limiter. Et un risque, c’est aussi une opportunité. Chez Sodebo, l’innovation fait partie de notre histoire, de notre ADN. 
 
Thomas naviguera sur Sodebo Ultim’ pendant encore deux saisons et sur le nouveau bateau en 2019. Le trimaran sera ensuite à vendre permettant ainsi à un nouveau projet de participer à cette course majeure que sera le tour du monde en Ultim en solitaire en 2019. Nous avons toujours revendu nos bateaux pour alimenter les compétitions existantes. Ce nouveau projet a pour ambition de continuer à révéler l’entreprise au travers de ce sponsoring et de faire vibrer toujours plus de personnes grâce à ce sport et ces marins qui racontent de belles histoires. » 
 
 
 
Thomas Coville, skipper de Sodebo Ultim et futur skipper du prochain Sodebo :
« Ce nouveau bateau est pour nous la concrétisation de cette idée qui a germé en 2007 en ouvrant le terrain de jeu au tour du monde en multicoque en solitaire.
 
Malgré le devis de poids très présent avec les bras qui datent des années 2000,
Sodebo Ultim’ reste un bateau intéressant et performant qui a de très grandes qualités parmi lesquelles sa polyvalence, sa simplicité et sa robustesse.
 
Tout ce qu’on a appris et conçu avec Sodebo Ultim’ nous sert aujourd’hui. Nous avons la chance d’avoir un Ultim comme laboratoire pour tenter, chercher, explorer, tester grandeur nature et concevoir un nouveau bateau. Nos trois tours du monde en multicoque en solitaire constituent une base de données unique. En 2007/2008, nous avons avions une vision, celle de pouvoir faire le tour du monde en solitaire sur un multicoque.
 
Pour continuer après la Route du Rhum 2014, il fallait que je m’entoure de spécialistes qui m’alimentent, qui me nourrissent. Tous les vendredis, nous avons mis en place une veille technologique pendant laquelle nous débâtions sur ce que font nos concurrents directs ou pas. Nous avons dialogué avec des architectes qui nous ont immergé dans cette évolution technologique des bateaux qui volent. Nous avons aussi observé tout ce qui se fait de mieux dans la voile actuelle, sur la Coupe de l’America et même dans l’aéronautique et l’automobile en se posant la question : si je devais concevoir un nouveau bateau, qu’est ce qui nous aiderait ?
Nous sommes sur un projet qui n’est pas encore définitif avec des avant-projets pionniers et une organisation très innovante que nous dévoilerons au printemps.
 
Nos bateaux sont aujourd’hui capables de participer à un programme complet avec les courses historiques et de nouvelles épreuves dont de l’équipage qui nous permet de former des marins pour transmettre et donner la place aux jeunes talents. Cette idée de nouveau bateau m’a accompagné pendant le record. Quand c’était vraiment dur, cette dynamique m’a permis de trouver de la ressource et de l’énergie. Pour me motiver, j’imaginais que j’étais en course et qu’il y avait un bateau à côté de moi …
L’émulation, la compétition est au cœur de notre système et de notre évolution. Aujourd’hui, notre plateau se constitue et nous construisons avec le collectif en vue ce tour du monde en solitaire au départ de Brest en 2019. »
 
Agenda
 
2017
The Bridge (équipage)
Transat Jacques Vabre (double)
 
2018
Route du Rhum (solitaire)
Mise à l’eau du nouveau bateau fin 2018
 
2019
Course autour du monde en solitaire en Ultim

L’équipage d’IDEC SPORT décroche le Trophée Jules Verne en 40 jours 23 heures et 30 minutes

Le Maxi Trimaran IDEC SPORT a franchi la ligne d’arrivée du Trophée Jules Verne ce matin  à 8 heures et 49 minutes. Francis Joyon, Clément Surtel, Alex Pella, Bernard Stamm, Gwénolé Gahinet et Sébastien Audigane ont bouclé le tour du monde en 40 jours, 23 heures, 30 minutes et 30 secondes.

Jean-Marie Liot / DPPI / IDEC

Jean-Marie Liot / DPPI / IDEC

L’équipage décroche donc le Trophée Jules Verne, ils ont parcouru 26 412 milles sur le fond, à la moyenne de 26,85 noeuds.(22,84 noeuds sur l’orthodromie de 22461 milles). Ils améliorent le précédent record détenu par Loïck Peyron et l’équipage du maxi trimaran Banque Populaire V de 4 jours, 14 heures, 12 minutes et 23 secondes.
Ils ont également battu pas moins de 6 records ou temps intermédiaires, au cap Leeuwin, Tasmanie, Antiméridien, Horn, Equateur et Ouessant.

Photo Francois Van Malleghem / DPPI / IDEC Sport Celebration onboard

Photo Francois Van Malleghem / DPPI / IDEC Sport
Celebration onboard

L’équipage réuni par Francis Joyon n’avait pas le palmarès des derniers recordmans du Jules Verne, constitué le plus souvent de multiples tourdumondistes, les cinqs marins choisis par le skipper avaient des profils plus atypiques. Francis Joyon a choisi des compétences globales, tant à la barre, qu’aux réglages, mais aussi pour l’entretien et les les réparations courantes, cet aspect étant nécessaire avec un équipage aussi réduit. Le facteur humain était également primordial, l’entente cordiale entre les six hommes du bord étant parfaitement perceptibles lors des différentes vacations. Le « pari » de Francis Joyon s’est donc révélé le bon.
Il faut également associer à cette réussite Marcel Van Triest, le « statège » météo d’IDEC SPORT, le néerlandais occupant la fonction de routeur à terre a permis aux marins du bord de tracer une trajectoire au cordeau avec « seulement » 26412 milles parcours contre 29000 pour Banque Populaire V.
Les six marins auront également poussé le bateau au maximum de son potentiel pour accéder à ce résultat, et offrent un deuxième Jules Verne au trimaran (déjà détenteur du record de 2010 à 2012 sous les couleurs de Groupama).
Ils auront profiter d’excellentes conditions dans le grand sud avec plusieurs journées à près de 800 milles et une dépression qui les accompagnera de l’atlantique sud et tout au long de l’indien, le fait de ne pas avoir à contourner de zones d’icebergs trop étendues leur a également permis de couper au plus court dans le grand sud.

Francis Joyon : « À bord, je voulais qu’une mayonnaise prenne. C’est primordial qu’il y ait une vraie cohésion d’équipage et du bonheur à naviguer ensemble. J’ai reçu de très nombreuses propositions, alors qu’il y avait quand même peu de places à bord. J’ai privilégié le facteur humain. Bernard (Stamm), c’est un peu la famille pour moi et c’était aussi, avant l’arrivée de Sébastien, le local de l’étape puisqu’il est Brestois. Clément (Surtel), c’est l’homme incontournable, dans la mesure où il est l’un des trois membres de notre toute petite équipe technique, avec Corentin, mon fils et moi-même.  Sa présence, c’était la garantie d’avoir du savoir-faire technique embarqué. Avec Gwénolé (Gahinet), qui fait partie de l’équipe depuis l’année dernière, le courant est tout de suite très bien passé et cela nous permettait de rajeunir aussi la moyenne d’âge du bord ! Idem avec Alex (Pella) avec lequel j’ai tout de suite eu une belle accroche. La présence de Sébastien s’est plus improvisée pour venir remplacer Boris (Herrmann) qui s’est retrouvé mobilisé sur un projet IMOCA entre nos deux départs cette année. Sébastien connaît très bien les maxi-multicoques, c’était pour nous une valeur sûre.

Nous avons fonctionné avec une bonne cohésion à bord d’un bateau sans hiérarchie. Chacun était responsable de lui-même. Chacun a disputé ce Trophée Jules Verne pour lui-même et nous avons tous donné le meilleur de nous-mêmes.

Les 40 jours ne constituaient pas un objectif au départ, ce n’était pas imaginable. Battre le record d’une minute représentait déjà un exploit formidable. On passait un peu pour des rigolos et des hurluberlus de nous attaquer à ce challenge tellement difficile pour un si petit équipage à bord de ce bateau, face à la douzaine d’équipiers qui détenait jusque là le record à bord d’un bateau de 40 mètres.

Il nous a fallu presque deux tours et demi pour parvenir à battre le record. Et dans l’histoire du Trophée Jules Verne, on voit que pratiquement tous les bateaux ont dû s’essayer sur deux tentatives avant de l’emporter. Seul Bruno Peyron y est parvenu la première fois lors du tout premier Trophée Jules Verne, en 1993.

Sur notre deuxième tentative cette année, nous avons de nouveau rencontré un Pot au Noir très difficile. C’était moralement très dur. Mais Gwénolé, qui est un éternel optimiste, croyait que la situation météo ne pouvait que s’améliorer. Au cap Bonne Espérance, nous étions mieux placés que les prévisions et toutes les portes se sont ensuite ouvertes devant nous. On a su qu’on pouvait battre le record dès lors que nous pouvions maintenir les 35 nœuds de vitesse à laquelle se déplaçait le front à l’avant duquel nous nous étions positionnés pour traverser l’océan Indien et une partie du Pacifique. On savait que le record se jouait là. Notre motivation était très forte pour connaître plusieurs journées à près de 900 milles. Nous étions toujours à fond. Et si parfois, nous avons fait en sorte de ne pas dépasser les 40 nœuds, à l’avant du front, nous n’avions pas de limites.

Au-delà du côté sportif, sur un record autour du monde, on ne peut pas s’empêcher de regarder la planète en essayant de comprendre comment passer d’un système à l’autre.

Elle n’est pas si grande que ça et surtout, on se rend compte à quel point nous sommes liés à notre environnement. Cela nous encourage à ne pas nous comporter comme des consommateurs d’espaces naturels. »

Bernard Stamm : « Nous avons eu de la chance. Il faut de la réussite pour que météo se mette en place.  Mais cette chance a été provoquée par Francis et Marcel qui ont décidé de partir avec la fenêtre que nous avons prise. Ils ont choisi de faire confiance aux éléments dont on disposait au départ. On a réussi à se servir de cette chance et à profiter de l’enchaînement incroyable qui s’est mis en place.

À bord, les limitations de vitesse dépendaient de l’état de la mer et des conditions. On s’est plus lâchés dans l’Indien. J’ai vu un 48 nœuds et je crois que certains de mes camarades en ont connus aussi. Il n’y a jamais eu de compétition entre nous à la barre. On a toujours fait le maximum pour faire marcher le bateau dans l’objectif du record. Francis plaçait le curseur plus bas, ou plus haut d’ailleurs. Il était le chef d’orchestre. »

Sébastien Audigane : « Un peu avant le deuxième départ, j’ai reçu un appel de Francis pour me proposer d’embarquer à bord. Il a fallu que je me décide en 24 heures. C’était tentant, mais j’ai dû réfléchir très vite. Je me suis tout de suite senti très à l’aise avec cet équipage de marins, des gens qui veulent être en mer avant toute chose. »

Gwénolé Gahinet : « Je me suis lancé dans le projet l’année dernière lors de notre première tentative. C’était pour moi une découverte totale. Cette année, nous étions mieux rodés, mieux préparés. Et c’est pour moi un vrai plaisir d’avoir bien navigué et de faire cette belle trajectoire, notamment dans le Sud avec cette grande ligne droite en bâbord. C’était un vrai engagement physique. Cela reste une expérience exceptionnelle avec beaucoup d’échanges entre nous sur la manière de régler le bateau. »

Alex Pella : « Ce projet a été mené en laissant beaucoup de liberté à chacun de nous. On s’est tous beaucoup enrichis, nous avons beaucoup appris les uns des autres, avec beaucoup de respect entre nous. Nous avons pris beaucoup de positif. Ce Trophée Jules Verne, c’est une très grande satisfaction. Ce n’est pas tous les jours que l’ont fait un record autour du monde ! »

Clément Surtel : « Notre projet était porté par une approche très différente de ceux qui se sont lancés jusque là dans le Trophée Jules Verne. Il misait sur la légèreté plutôt que la puissance. Cela fonctionne, même si nous avons été moins performants dans les zones de petit temps où nous aurions bien voulu avoir un plus de hauteur dans le mât.  Les dernières évolutions nous montrent que les bateaux volants marchent très bien aussi. On verra ce que nous réserve l’avenir. Globalement, le Sud a été physiquement très intense. Mais c’est seulement dans les calmes qui ont suivi le passage du cap Horn que nous nous sommes rendus compte à quel point nous étions fatigués par cette navigation extrême. »

Marcel van Triest, routeur, 7è homme du bord : « Là, c’est fini. Depuis le milieu du Pacifique, je voyais déjà que le record était plus qu’envisageable. Mais depuis deux semaines, j’étais plus en mode « on peut tout perdre sur l’Atlantique ». Il restait tellement d’inconnues, et beaucoup d’angoisse. Plus qu’une explosion de joie, cette arrivée, c’est quelque part, pour moi, surtout un soulagement. »

Patrice Lafargue, PDG d’IDEC : « C’est une grosse émotion, je suis même un peu submergé, alors que je suis  pourtant habitué aux exploits de Francis qui a conquis tous les records à la voile. C’est une très grande fierté pour moi, comme pour mes salariés de l’avoir accompagné sur ce Trophée Jules Verne en équipage. Cette petite équipe est composée de vrais marins, ce sont tous des gens bien. Je félicité aussi Thomas Coville qui a battu le record que Francis détenait jusque là en solitaire. Il a fait quelque chose de très fort, un bel exploit. »

 

 

 

L’America’s Cup en pleine mutation

Le Dead of Gift semble définitivement oublié, cinq des six équipes engagées sur la 35ème America’s Cup, ont en effet dévoilé un accord-cadre prévoyant le future de la Coupe de l’America, transformant le mythique événement en un classique championnat international.

Jimmy Spithill (Oracle Team USA), Sir Ben Ainslie (Land Rover BAR), Dean Barker (Softbank Team Japan), Torbjorn Tornqvist (Artemis Racing) et Franck Cammas (Team France) ont officialisé l’avenir de la compétition si l’un des cinq teams remporte la 35ème édition. Emirates Team New Zealand n’est pas signataire de l’accord et dénonce une remise en cause du Dead Of Gift.

© ACEA 2016 / Photo Ricardo Pinto

© ACEA 2016 / Photo Ricardo Pinto

L’accord porte sur les 36 et 37èmes éditions, la compétition aurait lieu tous les deux ans, soit en 2019 et 2021.

Les autres éléments du protocole sont les suivants :

– Le circuit préliminaire, America’s Cup World Series (ACWS), débutera au cours du 4ème trimestre 2017. L’ambition est que ce circuit comporte 12 événements internationaux au cours des deux prochaines années.

– La première année des ACWS sera disputée sur des AC45 Foiling, c’est-à-dire sur les catamarans ayant courus les LVACWS 2015 et 2016.

– Une transition s’opérera à compter de la deuxième année vers les catamarans de la Class America’s Cup, classe qui aura concouru en 2017 aux Bermudes.(avec toutefois une modification de la règle de manière à étendre entre 4 et 26 nœuds, la gamme de vent dans laquelle peuvent courir les bateaux). Après ce passage aux Class AC, les AC45 Foiling sortiront définitivement du circuit.

– Le dernier grand prix des ACWS se tiendra sur le lieu où se jouera la Coupe. Le classement de ce circuit déterminera les équipes sélectionnées pour concourir sur les America’s Cup Playoffs.

– Le lieu où se tiendra la 36ème Coupe de l’America sera choisi par le vainqueur de la 35ème

– Pour réduire les coûts, les équipes ne seront pas autorisées à construire, à tester ou à s’entraîner sur les bateaux du type AC45 Turbo comme cela est aujourd’hui permis.

– Les mêmes règles seront appliquées sur la 37èmeCoupe de l’America, à la seule différence que seuls les bateaux de la Class AC régateront sur l’ensemble des courses.
Franck Cammas, skipper et membre fondateur de Team France :

« Etre présents dès le départ de cette nouvelle aventure nous permet de construire demain dès aujourd’hui avec des règles clairement identifiées. Boucler le budget en temps et en heure, conserver les talents qui sont à nos côtés sont autant d’atouts essentiels dans notre quête de l’excellence et de la performance. Grâce à cette entente historique, nous allons pouvoir présenter à nos partenaires et à nos futurs soutiens un plan clair afin que leur engagement se constitue sur de bases précises. C’est rassurant pour tout le monde et ça permet de construire une stratégie sur le long terme. Je pense que c’est vraiment une réelle avancée pour la Coupe de l’America afin qu’elle reste ce qu’elle est, à savoir le summum dans la course à la voile. »

Bruno Luisetti, Président de Team France :

« Cet accord et notre inscription à la 36ème Coupe de l’America sont la concrétisation de l’ambition des fondateurs du projet Team France et de ses Filières d’Excellence, d’inscrire notre projet dans la durée. C’est la condition du succès qui permettra à la France de devenir de manière pérenne, une des grandes nations de la voile en équipage. »

Amiral Yves Lagane, Président du Yacht Club de France :

« Au-delà d’accompagner Team France dans sa conquête de l’America’s Cup, nous supportons l’équipe dans sa démarche exemplaire qui a beaucoup de sens pour nous, en France. Celle-ci repose sur la recherche d’un idéal d’Excellence dans un processus qui engage simultanément la science, la haute technologie, l’intuition, l’esprit d’entreprise, l’engagement sportif et le sens marin. Elle passe aussi par la solidarité d’un équipage aguerri aux techniques de la régate au plus haut niveau international et le transfert de ses compétences aux nouvelles générations. »

Russell Coutts, 5 fois vainqueurs de la Coupe et Directeur Général d’ACEA :


« C’est un moment historique et fantastique pour la Coupe de l’America ! Pour la première fois en 166 ans, les intérêts de la compétition prennent le pas sur les intérêts propres. »

Larry Ellison, fondateur d’ORACLE TEAM USA :


« Toute équipe qui souhaite participer à la coupe de l’America sait désormais combien cela va lui coûter, et sur quel type de bateau elle régatera. Elle sait aussi que ces règles ne changeront pas. Sur ces bases, tout challenger peut construire un vrai projet pour porter haut les couleurs de son pays. »

Trophée Jules Verne : l’arrivée victorieuse d’IDEC SPORT prévue demain matin

L’équipage d’IDEC SPORT est en passe de terminer son tour du monde et de remporter le Trophée Jules Verne. Francis Joyon, Clément Surtel, Bernard Stamm, Sébastien Audigane, Alex Pella et Gwénolé Gahinet sont attendus demain entre 6 et 7h au large d’Ouessant, ils devraient boucler ce tour du monde en moins de 41 jours avec plus de 4 jours d’avance sur le temps de Banque Populaire V dont l’équipage cédera le Trophée à celui d’IDEC SPORT.

IDEC SPORT se trouve actuellement au large du Cap Finisterre, l’équipage va naviguer dans le golfe de Gascogne pour éviter une mer trop forte plus au large.

Le trimaran et son équipage sont attendus à Brest à 10h, cette arrivée dans le port breton sera diffusée en live sur idecsport-sailing.com et sur facebook.

Photo Jean-Marie Liot / DPPI / IDEC

Photo Jean-Marie Liot / DPPI / IDEC

 

Francis Joyon, skipper d’IDEC SPORT : « C’était assez agité dans du vent assez fort. Le bateau était pas mal secoué. Même si on allait un peu moins vite dans une mer plus formée de 3-4 mètres, cela nous a rappelé nos cavalcades dans l’océan Indien. Mais, on est très contents d’avoir réussi à rester à l’avant du front. On est hyper bouillants d’impatience à l’idée de cette approche. »

Clément Surtel. : « Ce Trophée Jules Verne, c’est une vraie ligne droite qu’on a pu tracer en gardant le même rythme que les fronts dans le Grand Sud, comme on est en train de le faire en Atlantique Nord. Selon les derniers routages, on devrait aussi battre le record intermédiaire entre l’équateur et Ouessant, ce sera un peu la cerise sur le gâteau. C’est une trajectoire exceptionnelle. Le jour s’est levé et on peut donc attaqué un peu plus fort. »