La réaction de Thomas Coville après son record de l’Atlantique Nord

Retour sur les premiers mots de Thomas Coville à son arrivée à la Trinité sur Mer, à l’issue de son record en solitaire sur l’Atlantique Nord ; bouclé en 4 jours 11 heures 10 minutes 23 secondes.

Photo Jean-Marie Liot / DPPI / SODEBO

« Ce record a une saveur particulière, il est très important dans mon histoire personnelle.
Parce j’ai commencé ici même, à La Trinité, comme préparateur dans l’équipe de Laurent Bourgnon, lorsqu’il comptait justement s’attaquer au record de l’Atlantique. Et pour moi, de penser que lorsque Laurent s’y est attaqué, il a réussi l’exploit incroyable de l’améliorer largement, et moi aujourd’hui, je mets 4 jours et 11 heures, c’est incroyable… Je suis très ému d’avoir réussi à passer cette barre, avec ce record-là, qui a été le premier que j’ai tenté, lorsque j’ai décidé de me lancer à la chasse aux meilleurs chronos océaniques. »

« J’étais à New York, cette ville complètement folle. Jean-Luc m’appelle, me parle d’une fenêtre qui s’ouvre, assez incertaine quand même. Mais c’est là que je sens un élan : parce que l’intuition est plus forte que les calculs et les raisonnements. Or je n’ai aucun doute, je me sens super fort dans ma tête. Bien sûr, en Atlantique Nord, rien ne se passe jamais comme prévu. Pourtant, on a battu ce record ! J’ai fait confiance à ma sensibilité et ça a payé. »

« Quand tu t’attaques au record autour du monde en solo, tu essayes d’en garder toujours sous la pédale, parce que tu ne sais jamais de quoi demain sera fait, parce que ça dure plus d’un mois et demi. Alors que dans un record de l’Atlantique, tu ne te préoccupes pas de demain, juste de l’instant présent : tu n’as pas d’autre solution que de tout donner d’emblée. C’est un effort, une tension que tu ne relâches jamais. J’ai dû dormir quatre ou cinq heures en tout. Je restais debout, au risque de littéralement tomber de fatigue, mais je préférais garder la main sur l’écoute et le chariot de grand-voile, pour régler et choquer en cas de besoin. J’étais à fond tout le temps. Je n’ai pris un ris qu’à deux reprises. J’ai empanné plusieurs fois pour monter au nord et échapper à l’anticyclone. La trajectoire m’imposait de descendre dans le vent tout en puissance, en restant très proche du vent arrière. Cela voulait dire à fond, avec toute la toile, soit plus de 700 m2 au dessus de ma tête, même par 35 nœuds de vent (force 8), tout en puissance. Je n’ai jamais fait ça. Sous l’Irlande, on était plus près du vent, du coup, ça allait très très vite, avec la coque centrale totalement hors de l’eau, à près de six mètres en l’air… »

Publicités

Thomas Coville : record de l’Atlantique en moins de 4 jours et demi sur Sodebo Ultim

Quelques jours après Francis Joyon, qui avait amélioré son propre temps en mode convoyage rapide et pour sa première navigation en solitaire sur Idec Sport ;  c’est au tour de Thomas Coville de reprendre le record de l’Atlantique Nord.
Le skipper de Sodebo Ultim signe donc le nouveau temps de référence de la traversée de l’atlantique nord en solitaire après avoir franchi la ligne d’arrivée au Cap Lizard  aujourd’hui, à 19h 29min.
Thomas Coville n’aura mis que 4 jours 11 heures 10 minutes 23 secondes pour cette traversée express , il bat de 15 heures 45 min 47s le chrono réalisé par Francis Joyon le 13 juillet.

Photo Jean-Marie Liot / DPPI / SODEBO

Il aura parcouru 3039 milles nautiques (5628 km) à la vitesse moyenne de 28,35 noeuds (26,87 nœuds sur l’orthodromie).

Sodebo Ultim’ retrouvera son port d’attache demain, il se présentera à l’entrée du chenal de la Trinité sur Mer demain vers 16h00 pour une arrivée au ponton à 17h00.

Thomas Coville est désormais détenteur du record de l’Atlantique Nord  en solo et de celui du tour du monde en solitaire.

Thomas Coville attendu la nuit prochaine au Cap Lizard

Thomas Coville, le skipper du trimaran SODEBO ULTIM’ continue sa route à haute vitesse sur l’Atlantique Nord.
Il est à l’heure actuelle en avance sur le tout récent temps de Francis Joyon sur IDEC SPORT, puisqu’il ne lui reste plus que 650 milles à parcourir. Il devrait donc boucler l’Atlantique en moins de 5 jours et décrocher ce record.

Photo Jean-Marie Liot / DPPI / SODEBO

Thomas Coville, skipper de SODEBO ULTIM’ :

« Je prends un pied terrible. J’aime bien régler et manœuvrer le bateau.
Je trace un long trait après c’est un peu confus. Je perds le fil car le fait de ne pas dormir, c’est comme si j’avais des trous de mémoire.
Je vois très bien la situation météo. Ma route est claire mais les évènements se mélangent.

Je suis très toilé tout le temps. J’ai pris un ris à un moment donné mais j’ai presque 800 mètres carrés de toiles au dessus de la tête !
Ce n’est pas la même ambiance que quand tu es sur le tour du monde où je serais sans doute avec un ris dans la grand-voile.
Ici, je me mets moins de pression de résultat pour être plus dans la sensation.

J’ai fait des micro siestes, cinq ou six de 20 minutes depuis le départ.
Sinon, je me mets dans le pouf mais j’ai peur de faire un tout droit et de ne pas entendre l’alarme. J’arrive à manger régulièrement et je fais gaffe à ça. Au moment du départ, mon sac d’affaires perso à été débarqué et j’ai moitié moins de vêtements à bord.
Il fait froid, surtout très humide et ce n’est pas très confortable
Je suis trempé et je macère dans mon jus. L’humidité dégouline, je suis dans un décor de brouillard avec une intensité particulière.

Hier j’ai eu le bon feeling celui que tu fais quand tu es dans un état second. J’ai fait un beau coup. En fait, je fais ma météo avec les infos que Jean-Luc (Nélias qui route Thomas depuis la terre) m’envoie et puis sur le pont, c’est un autre sujet où tu dois comprendre les chiffres. Et là, j’empanne au bon moment, ça rentre fort, c’était le bon moment un état euphorique où tu es grisé par la sensation.

Je donne tout pour essayer de battre ce record
C’est l’un des plus historiques. Je ne regarde pas la carto, j’avance step by step sans me mettre la pression du temps. Mais je suis à fond pour ce record. On verra bien une fois la ligne franchie mais en tout cas j’ose et je suis heureux de le faire. La dernière partie n’est pas évidente avec une zone sans vent qui se déplace. Il ne faut pas qu’elle remonte de trop sur ma route».

Thomas Coville officialise sa tentative de record sur l’Atlantique nord

Alors que Francis Joyon vient d’arriver à son port d’attache de la Trinité sur Mer après son record de l’Atlantique nord, un autre skipper a fait le choix de tenter sa chance sur ce même parcours ; Thomas Coville s’est élancé depuis New York hier matin et espèe ravir le temps que Francis Joyon vient d’améliorer.

Photo Jean-Marie Liot / DPPI / SODEBO

Francis Joyon a effectué ce record au débotté avec uniquement les conseils de Marcel Van Triest sur la dernière journée, Thomas Coville a choisi sa fenêtre et bénéficie d’un routage météo de la part de son équipe.

Pour battre le temps de Francis Joyon, Thomas Coville devra être sur la ligne d’arrivée au Cao Lizard avant 10h26 le dimanche 16 juillet.

Thomas Coville, skipper de Sodebo Ultim :
« C’est une fenêtre où les 36 premières heures sont compliquées, il faut s’extirper de la côte et traverser une zone où les baleines et les gros poissons sont nombreux.
S’il y a un bon enchaînement, c’est quasiment une route directe. Il y aura pas mal de changements de voiles mais je peux m’en sortir pour pousser plus que sur le tour du monde.
C’est un bon timing pour rentrer par rapport à nos impératifs de chantier d’été.
Sur la fin de parcours c’est un peu la roulette russe avec la montée d’un anticyclone qui barre la route »

Nouvelle performance de Francis Joyon qui bat son propre record de l’Atlantique Nord

Francis Joyon a battu cette nuit le record de l’Atlantique Nord (entre New York et le Cap Lizard), qui était déjà sa propriété depuis 2013 sur son ancien trimaran IDEC.

Ce record est une quasi surprise, le skipper étant parti sans routage météo, sur un mode convoyage rapide, comme à son habitude.
Qui plus est il s’agissait de la première navigation en solitaire du marin sur ce trimaran IDEC SPORT.
Essai réussi donc, Francis Joyon s’est pris au jeu de cette transat en se donnant pour objectif d’arriver avant le Queen Mary II parti sensiblement en même temps dans ce sens ouest-est.
Il améliore son record de 49 minutes et porte le record à 5 jours, 2 heures, 7 minutes.

Photo Jean-Marie Liot / DPPI / IDEC

Francis Joyon, skipper d’IDEC SPORT : « C’était juste. Jétais heureux d’arriver car les dernières 24 heures ont été très éprouvantes. Mes pilotes automatiques fonctionnant mal, j’ai du barrer en permanence ces dernières 24 heures, tout en manœuvrant beaucoup dans les nombreux grains, sur un bateau qui butait beaucoup dans la mer.
J’ai quitté New York dans la précipitation. Je n’ai même pas eu le temps de m’occuper de l’avitaillement. J’ai juste pu acheter quelques oeufs et des bananes. Quant à la nourriture du bord, les gars (sic) avaient tout mangé durant la traversée de The Bridge 2017.

La météo n’était pas terrible et toute la première journée, j’ai tiré des bords vent debout. Mais le lendemain, un système s’est mis en place. J’ai alors vu le Queen Mary 2 qui repartait vers l’Europe. Je me suis dit que puisque nous n’avions pu le battre à l’aller au départ de Saint-Nazaire, je pourrais peut-être arriver en Bretagne avant qu’il ne rejoigne Southampton. (Où il est attendu demain jeudi ndlr). Je me suis pris au jeu et j’ai attaqué. J’ai passé deux jours à plus de 30 noeuds en permanence. Je craignais l’arrivée sur l’Europe car le vent y soufflait du Nord Est. Mais l’anticyclone des Açores a eu la bonne idée de remonter un peu et de me permettre d’atterrir en Manche avec des vents de Sud Ouest.

J’ai fait quelques bêtises lors des envois de gennaker notamment, car j’avais pris l’habitude de me reposer sur des supers marins lors du Trophée Jules Verne. En fait, c’est comme si je retournais à l’école pour réapprendre le B A-ba du bateau. Heureusement, il est très tolérant, même à 30 noeuds… »

Reste désormais à attendre des nouvelles de Thomas Coville sur son Sodebo Ultim qui semble avoir quitté New York hier, avec potentiellement le même objectif que Francis Joyon…

Nice Ultimed, nouvelle course du Collectif Ultim en avril 2018

Alors que The Bridge se termine avec l’arrivée de l’équipage d’Actual aujourd’hui, une nouvelle course dédiée aux maxis multicoques a été dévoilée aujourd’hui.

Photo Jean-Marie Liot / DPPI / SODEBO

Cette course, organisée par ASO, se déroulera au départ et à l’arrivée de Nice du 28 avril au 6 mai 2018.
La course se déroulera en équipage, avec environ 7 jours de mer, dont plusieurs passages devant Nice, et à proximité de plusieurs côtes afin que le public puisse assister à ces passages.

Le plateau est pour l’instant composé de Banque Populaire XI qui sera mis à l’eau en fin d’année et qui sera mené par Armel le Cléach, de Sodebo deThomas Coville, d’Actual d’Yves Le Blévec  et  d’IDEC Sport mené par Francis Joyon.

François Gabart (MACIF), membre du collectif Ultim décidera de sa participation à l’issue de sa tentative de record du Tour du Monde en solitaire prévue cet hiver, et du chantier de remise en état de son trimaran qui la suivra.

Le Maxi Edmond de Rothschild, de Sébastien Josse, pourrait également faire parti du plateau.

The Bridge : IDEC SPORT 2nd, Sodebo 3ème

Après Macif, vainqueur de la course, arrivé hier, le podium de The Bridge a été complété aujourd’hui par l’équipage d’IDEC SPORT mené par Francis Joyon et par celui de Sodebo de Thomas Coville.

Les deux équipages ont terminé dans les petits airs au large de New York.
Francis Joyon, Alex Pella, Gwénolé Gahinet, Sébastien Picault et Quentin Ponroy auront mis 8 jours, 11 heures et 9 minutes sur IDEC SPORT, contre  8 jours 16 heures 18 minutes et 55 secondes Jean-Luc Nélias, Vincent Riou, Billy Besson, Loïc Le Mignon, Thierry Briend sur SODEBO.

© Thierry Martinez / THE BRIDGE

Les réactions des équipages :

Francis Joyon, skipper d’IDEC SPORT
« On était à 3 nœuds par moment dans la rivière avec le contre courant, du plein ont arrière qui tournait vent debout. Le final était assez interminable, mais on s’en est assez bien sorti le long de Long Island avec un orage qui nous a bien aidés. 

Globalement, on est contents. Les gars se sont bien amusés. J’ai un équipage heureux qui est toujours content de naviguer proprement, de faire des bonnes blagues. On a fait des belles manœuvres, on a vraiment fait marcher le bateau au mieux tout le temps. Au niveau de la stratégie, on a essayé de faire des routes les plus propres possibles. Tous les cinq, nous sommes plutôt satisfaits de notre travail.
J’ai trouvé très amusant d’avoir des bateaux au contact, de pouvoir faire de la stratégie par rapport à eux. J’avais fait ça du temps des trimarans ORMA, et j’ai retrouvé ça avec plaisir. On était léger mais dans le gros temps, on aurait apprécié un équipier de plus. On a moins eu la sensation de vitesse qu’on a connu dans le Trophée Jules Verne. On a découvert le bateau à des allures de près. Il est très complet et on continue d’en apprendre sur son compte. J’ai rempli tout un cahier de petites améliorations à effectuer…

On a été devant MACIF un bout de temps, puisque le deuxième jour on était encore en tête. On était assez optimistes sur les capacités du bateau dans un certain type de temps, mais il est vrai que quand ses plans porteurs ont pu le faire voler, on ne pouvait plus faire grand chose à part regarder passer cinq nœuds pus vite que nous. On a essayé de faire des stratégies et des routes différentes qui ont parfois été assez payantes.

Contre les vents debout, on a forcément moins eu la sensation de vitesse au portant qu’on a pu avoir sur le tour du monde, ça nous a un peu manqué. Mais, on a découvert aussi les stratégies au près et les vitesses-cibles qu’on ne connaissait pas, on a vu les combinaisons de voilure les plus favorables.  Cela reste un bateau très complexe, et chaque fois que je navigue dessus, j’apprends énormément. »

Alex Pella, équipier sur IDE SPORT : « C’est une belle satisfaction que d’avoir pu rivaliser avec des bateaux aussi récents et aussi perfectionnés que Macif et Sodebo, malgré le désavantage d’un équipage ultra réduit… un beau résultat au final! »


© Thierry Martinez / Sea&Co

Thomas Coville, skipper de SODEBO :
« Lorsqu’on prend le départ d’une course comme The Bridge, on écrit l’épilogue avant même le départ : on veut tous le même résultat mais on ne sait pas encore comment ça va se passer. C’est la magie des courses et des transatlantiques.

En tant que skipper, je suis forcement déçu mais il ne peut y avoir qu’un seul gagnant.

Quand on navigue comme ça d’est en ouest, il y a des rebondissements et beaucoup de jeux d’élastique. A chaque fois que l’on revenait sur les leaders, nous avions un nouvel espoir et nous nous sommes battus pour. L’écart est relativement proche car il y a eu un vrai match. Sur le niveau de maîtrise des bateaux, il y a une vraie homogénéité.

L’adversaire a bien joué, très bien joué. François (Gabart) a un bateau plus récent que le nôtre, mais il faut savoir le mener !
IDEC SPORT a très bien joué stratégiquement. Une très belle course de Francis (Joyon) !

Macif est plus léger et plus large que nous. Il est plus véloce dans le petit temps et dans les relances.
IDEC SPORT est « le » bateau de référence de l’équipage autour du monde. Pour cette course, il avait typé le bateau avec une voile de petit temps.

Sur l’échiquier de l’Atlantique, MACIF et IDEC SPORT n’ont pas laissé de place même si à trois reprises, le décalage se comble et se reconstruit. C’est quasiment exponentiel.
Il n’y a pas d’erreur de la part de François et de Francis. Il y a une homogénéité en termes de compétences et c’est du très haut niveau qui présage des régates exceptionnelles. C’est positif pour ce qu’on essaie de construire avec le collectif.

C’est aussi un sport mécanique. Nous allions vite quand nous avons percuté un thon de bonne taille. Dans le choc, le safran tribord a cassé au ras du plan porteur, ce qui a été bien sûr un handicap pour la performance.
Nous avons aussi eu une fuite du système hydraulique, sur la fin de course. La réparation prend du temps sur la récupération et la navigation.
La blessure de Thierry a été très impressionnante pour lui et pour nous. Mais il ne faut pas résumer la course à cela. J’ai eu la chance de naviguer avec une super équipe, c’était jubilatoire, professionnel, avec de la rigueur et de l’humour.

Merci à l’organisation pour ce format de course différent. Tout ce qui a été monté à Nantes avec le basket, le départ de Saint-Nazaire avec beaucoup de monde, le symbole du Queen Mary 2, l’événement pour les partenaires à bord du paquebot pendant la course et l’arrivée dans ce site à New York… c’était un projet ambitieux qui a répondu à ses ambitions. Demain, je pense que le public se mobilisera à nouveau sur des projets comme ça, et nous en serons aussi acteurs avec Sodebo.»  

JEAN-LUC NÉLIAS, équipier sur SODEBO :
« Dans un équipage, c’est toujours bien de profiter et de partager l’expérience des autres et les cultures différentes. Tu es toujours content de voir dans l’œil des autres, sa découverte. L’arrivée à New York est toujours magnifique. Aujourd’hui, nous avons pu naviguer dans la baie à la voile jusqu’au Pont de Brooklyn avec du vent et pas de courant. »

VINCENT RIOU, équipier sur SODEBO :
« Nous avons eu quelques belles soirées avec de belles vitesses. On a tous partagés la barre pour profiter de l’instant. Sodebo Ultim’ est une des références parmi les bateaux les plus rapides au monde. C’est un bateau abouti, tout terrain, simple et bien pensé. Il est facile à manœuvrer. Il a été voulu et adapté au solitaire. Ce n’est pas un bateau conçu pour l‘équipage. »

L’équipage d’Actual reste le seul concurrent en mer, à 300 milles de l’arrivée.

Samantha Davies, Actual : « Tout va bien à bord Actual. Ce soir, après un début course sous le signe de la grisaille, nous avons eu enfin un ciel clair et nous avons profité de la lune et des étoiles. La lune est en phase croissante, et chaque nuit elle nous éclaire un peu plus. À cet instant, le clair de lune brille à travers le hublot de la table à carte, éclairant le clavier de mon ordinateur. 

La lune nous aide, mais les vagues sont contre nous ce soir. Nous faisons un peu des sauts dans vagues dans la partie la plus septentrionale du Gulf Stream. Les mouvements de ces trimarans Ultimes sont assez violents dans les moments chauds, mais associé au clapot, c’est un peu du rodéo qui ne s’arrête jamais.

Prendre son repas est toujours un défi et nous procure une série de « débordements » et de moments cocasses, heureusement sans dommages collatéraux. Le hors quart se limite à du repos et à trouver un emplacement confortable et stable, ce qui demande beaucoup d’énergie. La meilleure place est de se positionner dans les fonds, comme d’habitude !

Heureusement ces moments difficiles nous aiderons à rejoindre New York. Demain, nous allons passer encore quelques moments difficiles au passage d’une transition entre les vents d’Ouest et les vents d’Est, entraînant des zones de calmes.

Aujourd’hui, j’ai commencé à parler anglais pour acclimater l’équipage francophone d’Actual dans la perspective de notre arrivée à New York… « an English speaking city! »
Samantha Davies