Tour du Monde en Solitaire : François Gabart a accroché une dépression, direction le Leeuwin

Après une nuit de manoeuvres, François Gabart a accroché  la dépression née dans les  50èmes.

Le skipper a donc repris une route est, il a doublé les Kerguelen et navigue désormais à plus de 30 noeuds, de façon a ne pas être rattrapé par le gros de la dépression qui génèrera des vents de plus de 50 noeuds et un mer de 6 mètres.

Petit à petit, MACIF va également gagner quelques degrés dans le nord, avec en vue le Cap Leeuwin.

Ce soir le skipper possède 700 milles d’avance sur le record de Thomas Coville.

 

Tour du Monde en Solitaire : François Gabart par 54° sud

François Gabart, en lien avec son équipe de routeurs a dû changer ses plans, en effet, la dépression attendue s’est délitée, obligeant le skipper a pointé les étraves de son trimaran vers les 50èmes et plus.

Photo Jean Marie Liot / DPPI / MACIF

Malgré tout, Jean-Yves Bernot a trouvé une porte de sortie au skipper, puisque le vent de Sud-Ouest passe au Nord-Ouest en se renforçant.
Le skipper a empanné il y peu dans ce flux qui devrait le porter au minimum jusqu’à la longitude du cap Leeuwin avec un minimum de manoeuvres.
Qui plus est cette route, même si elle s’est faite à vitesse réduite a l’avantage de réduire la distance à parcourir. L’avantage de François Gabart sur le record reste donc conséquent avec 817milles d’avance sur le record de Thomas Coville.
Avec la reprise d’une route est, cet avantage va de nouveau sensiblement augmenter dans les heures à venir.

 

Transat Jacques Vabre : Arkema vainqueur en Multi50′, FenêtréA-Mix Buffet second

Lalou Roucayrol et Alex Pella sont arrivés ce matin à Salvador de Bahia, et remportent donc cette Transat Jacques Vabre dans la catégorie Multi50′.
Les deux marins auront mis  10 jours 19 heures 14 minutes et 19 secondes, à la vitesse moyenne de 16.81 nœuds pour boucler cette course.
Ils s’adjugent également le record des 24h dans la classe avec 568 milles et également le record de l’épreuve en Multi50.

Photo Jean-Marie Liot / ALeA / TJV17

Erwan le Roux et Vincent Riou sont arrivés 7h37mn 04s après le vainqueur. Les deux marins auront été handicapés par des soucis sur la fin de course avec la casse de la dérive et des soucis de drisse. Le 3ème, Reauté Chocolat mené par Armel Tripon et Vincent Barnaud sont attendus dans la nuit.

Photo Jean-Marie Liot / ALeA / TJV17

Les réactions des skipper de la classe Multi50′

Lalou Roucayrol, skipper de Arkema
« Il y a deux ans, je me suis arrêté à Salvador de Bahia car j’avais le bateau coupé en deux et on a du faire de la stratification pour repartir sur Itajai et finir la course. On a franchement mérité cette victoire, on a fait une belle course, je suis vraiment content. On a mis du charbon tout le temps, on a été vite. Ca a été la bagarre du début jusqu’à la fin. On a fait un départ magnifique, c’est dingue, c’est la première fois qu’on navigue ensemble. J’étais rassuré de partir avec Alex, ça m’a soulagé qu’il soit d’accord de partir avec moi. Une Transat Jacques Vabre, c’est un engagement, tu navigues toujours à 110% des polaires, c’est sport. »

Alex Pella, co-skipper de Arkema
« C’est génial le Mutli50 ! C’est une belle expérience, ce sont des super-bateaux, j’ai compris le mode d’emploi au fur et à mesure. J’étais heureux d’être là, ce bateau a un potentiel énorme. On n’a jamais eu de problème de vitesse. Ca me rassure pour Lalou pour la Route du Rhum. Par contre, c’est vraiment inconfortable !
Nous n’avons eu aucun souci technique majeur, la préparation était parfaite, un grand merci à l’équipe technique. On s’est super bien entendu avec Lalou, tous les ingrédients étaient là. »

Lalou
« Une anecdote, Alex a l’habitude d’enlever son ciré pour dormir, se mettre au sec dans son duvet etc.. Je lui ai laissé croire que c’était possible, et la première nuit, il a vu qu’en fait on dormait dehors et tout le long, on a dormi dehors ! »

Alex
« On passé 10 jours avec les cirés, et quand on les enlevés, c’était juste devant, à l’entrée de la baie, et on s’est pris un gros grain ! Toute la course on a dormi sous la casquette. C’était une nouveauté pour moi, ces bateaux sont très nerveux, il faut avoir la main sur l’écoute en permanence. »

Lalou
« C’est ma 9e Transat Jacques Vabre, et avant le départ, je sentais que c’était bien, ça partait dans une spirale ascendante. On a une bonne équipe à terre aussi.  Karine (Fauconnier) et Eric (Mas) nous ont bien encadrés, car c’est difficile de faire la navigation, même de taper des petits messages sur le clavier…

On arrive devant Erwan, c’est comme ça, on s’est bien battu, on ne démérite pas, c’est chacun son tour ! L’année dernière, on gagne la Québec-St-Malo en équipage et là on gagne en double la Transat Jacques Vabre. Cette victoire, je la place au top. Beau bateau, belle vitesse, bonne préparation, tout s’est parfaitement déroulé. On aurait pu même aller encore plus vite. Objectivement, le bateau passait bien même dans la mer courte. Hier, on fait 570 milles, on aurait pu faire 600 milles. »

Alex
« Mon caleçon ne fait que des victoires, je le prends toujours, même si il n’est pas beau ! »

Lalou
« Dans le Pot au noir, on s’est décalé, FenêtréA-Mix Buffet n’a pas de gennaker, mais on ne le sait pas. On s’en est aperçu après, vu sa trajectoire. Ca se joue à la sortie du Pot au noir, on a vraiment bien navigué, notre trace est très belle. »

Alex
« Avec Karine (Fauconnier) et Eric (Mas), on a fait un travail extraordinaire. Ce qui n’est pas facile avec le routage à terre, c’est la communication. Nous n’avons pas été très bons sur deux transitions, sous les Açores et au Cap Vert. A partir de là, on a mieux travaillé tout ça, et du coup on a fait un beau Pot au noir ».

Lalou
« Karine nous a laissé de la place et du coup on a joué les bascules, on a senti les choses, on avait un gennaker donc ça nous a aidé par rapport à Erwan et Vincent, mais c’est la course, c’est comme ça. »

 

 

Vincent Riou, co-skipper de FenêtréA-Mix Buffet : 
Ca fait du bien d’arriver, quand la machine s’arrête, quand on abat, qu’on roule, à chaque fois c’est toujours le même relâchement en multicoque, le bateau il faut tout le temps le surveiller et quand ça s’arrête il y a la pression qui tombe.

Erwan le Roux, skipper de FenêtréA-Mix Buffet :
Le bruit est constant donc quand ça s’arrête ça fait du bien. Il n’y a aucune frustration d’être deuxième, on a digéré cela depuis longtemps.

Il y a eu une super régate, ils ont mis le curseur hyper haut, nous, nous sommes restés dans ce qu’on s’était dit. On va y aller doucement et attendre que les conditions qui vont nous permettre d’avancer. Arès le front, on a laissé passer la mer, puis on a allumé, on est revenu sur Arkema, on fait un meilleur passage de l’anticyclone, et on arrive à passer devant lui. Après tout se passe bien, la descente au Cap Vert, on creuse l’écart, on gère la molle de la Mauritanie, tout se déroule parfaitement. Le début de course était top.

Vincent :
On a fait un bon job, c’était déjà pas si simple de passer le front, faire des trajectoires propres sans monter la prise de risque, c’était l’objectif qu’on s’était donné. On ne voulait pas prendre de risques inconsidérés au départ. On a eu une belle trajectoire jusqu’à l’entrée du Pot au noir. C’est comme ça, c’est la vie des marins.

Erwan :
Juste avant le Pot au noir, Vincent me dit : « on l’a échappé belle, tu as vu le bidon passé, un bidon de 200 litres qui passe à côté du bateau. », et ça a commencé à se compliquer pour nous.
Ce bidon, il nous aura embarqué un safran comme qui rigole. Il ne s’est pas passer 10 minutes que Paf dans la dérive. On imagine qu’ils étaient en groupe. Au début on pensait avoir cassé le safran et au final c’était un bout du crashbox de la dérive qui était replié dans le safran. Déjà c’était une bonne nouvelle car si on avait cassé le safran central, on aurait été mal. Et puis on est reparti, c’est comme ça. Ca n’est pas la première fois qu’on terminerait une course avec une dérive en chou-fleur. On n’est pas allé voir, mais au fur et à mesure qu’on avançait, le bruit augmenté sous le bateau, on imagine que l’orange était en train de se peler en bas et que finalement le truc n’est pas devenu juste une dérive de cassé, c’est un truc en chou-fleur qui freine considérablement le bateau.

Erwan :
Le Pot au noir nous est un peu tombé dessus, c’était vraiment le carnage, et là, Lalou Roucayrol est revenu comme une fusée. Dans la foulée on a cassé notre drisse de gennaker, c’était l’apothéose. Ce qui se transforme en 20 milles d’avance sortie du Pot au noir, se transforme ensuite en 80 milles de retard et avec la possibilité de ne pas suivre le rythme qu’il (Lalou) nous impose.

Vincent :
Le bateau était trop ralenti. Devant ils ont faim, il faut se résigner. Des fois ça fonctionne et parfois il y a des grains de sable. On ne pas gagner à tous les coups, c’est pour cela qu’on revient.

Vincent :
C’est assez conforme à ce que j’attendais de naviguer sur un Multi50. Ce sont des petits bateaux. Quand ça commence à être la guerre on est plus facilement à plat ventre qu’à 4 pattes. C’est comme ça, après on est adaptable. On essaye de maintenir un bon niveau de sécurité pour les bonhommes. C’est sympa, ce sont de belles petites machines, ça reste des petits bateaux, on va pas n’importe où avec, on ne fait pas n’importe quoi. Aujourd’hui avec la maitrise de la météo et de la conduite de ces trucs-là, on arrive à faire de belles courses comme on fait là. Moi j’ai l’impression de faire une course de karting quand je fais du Multi50. C’est excellent, ce sont des petits bateaux nerveux, réactifs. Aujourd’hui, il y a un début de flotte qui commence vraiment à ressembler à quelque chose avec des gens qui naviguent super propre, demain ça peut devenir une super série. Ce sont des bateaux très sympas à naviguer, même pour des gens comme moi qui navigue à peu près sur tous les supports, et bien je viens sur un bateau comme ça et je me fais plaisir. C’est signe qu’il y a quelque chose à faire autour de tout cela.

Erwan :
Avec foil, ce n’est pas pareil, ça va plus vite. Ca procure d’autres sensations. Sous foil, on était à la limite de voler, tout le temps en limite de vol, et ça tout le temp de la descente. Le matériel a beaucoup souffert.

Vincent :
Et encore on ne connait pas encore bien ces bateaux, donc on va cool. Mais le jour où on aura la maîtrise, ça va tartiner beaucoup beaucoup plus vite. Y’a encore 2-3 nœuds à aller chercher dans certaines conditions. L’objectif qu’on s’est fixé avec Erwan est d’y aller progressivement. Les bateaux n’ont pas été dessinés pour ça, pas conçus avec ce cahier des charges, donc il y aura de petites adaptation à faire. Vu que l’idée pour nous est de réussir à vivre de nos courses et partager de belles aventures, il faut qu’on s’attache à être un peu raisonnable. Dans l’avenir y’a moyens de faire des trucs énormes avec ces petits bateaux. On avait pris dès le départ la décision de ne pas se faire influencer par la cadence de personne, c’est-à-dire on se met dans la cadence de notre zone de confort et on navigue comme cela parce qu’il y avait des inconnus avec les foils et aussi que je manquais beaucoup d’expérience sur ce bateau-là.

Fin de course difficile en revanche pour le Lionel Lemonchois et Bernard Stamm sur le trimaran Prince de Bretagne. Les deux marins auront terminé cette traversée de l’Atlantique en remorque derrière un bateau de la marine brésilienne. Ils ne seront donc pas classés.

Le Maxi80 avait démâté hier au soir, suite à la rupture d’un galhauban, le mât s’est cassé en deux, malgré tout les deux marins ont pu récupérer celui-ci ainsi que la bôme et les voiles à l’exception du gennaker.

Les réactions des skippers :

Lionel Lemonchois, skipper de Prince de Bretagne

« On est contents d’être là, ça fait trois Transat Jacques Vabre avec Prince de Bretagne, je n’en ai pas fini une, ça commence à faire beaucoup. Pourtant, celle-là on y croyait. La grande nouvelle du jour quand même, c’est que j’ai appris ce matin que je vais être grand-père, c’est la claque de l’année !

On est déçu quand même… Depuis le matin, on était pleine balle, on avait des conditions idéales, sous gennaker, grand-voile haute, 16-17 nœuds de vent, vitesse 26-30 nœuds, même pas sur une coque, rien d’extraordinaire, des super conditions pour arriver. Et tout d’un coup, ça tombe. Ca part avec une douceur, c’est incroyable. Je ne l’ai pas trop senti, Bernard était à la barre, il a senti lui que le mât tombait. »

Bernard Stamm, co-skipper de Prince de Bretagne 

« Quand le gréement est tendu, il tend la plateforme. Quand ça lâche, c’est bing ! Tout est descendu. On a essayé de ramener le mât le plus vite possible mais il a cassé vite ».

Lionel Lemonchois

« Il a fallu tirer par l’avant. Il a cassé entre le pied de mât et le flotteur. A un moment, on a cru qu’on allait pouvoir tout ramener sans rien casser. J’étais colère sur le moment. Ca fait la troisième fois avec Prince de Bretagne, j’avais à cœur de finir celle-là. Il y avait tout pour que ça finisse bien. »

Bernard Stamm

« On s’était préparé pour l’arrivée, Lionel s’était même rasé. On était prêt. C’est forcément différent pour moi, c’est juste la déception de ne pas finir la Transat Jacques Vabre. Je suis désolé pour Lionel et Prince de Bretagne. Surtout que nous avons été super conservateurs, c’est rageant… On s’en sort bien parce qu’il n’y a que des dégâts mineurs à part le mât. On a toutes les voiles. »

Lionel Lemonchois

« Ca a été du plaisir, on a passé de bons moments. Il y a eu des galères quand même. La drisse de grand-voile qui pète, ça n’arrive jamais, on a aussi eu une panne de démarreur…
Depuis le début de la course, on jouait piano, on savait que ce n’était pas la peine de faire des folies avec les deux maxi devant. Je m’étais donné 24 heures d’écart avec eux, ça aurait pu le faire ! »

Tour du Monde en solitaire : le meilleur partiel de tous les temps au Cap de Bonne Espérance pour François Gabart

François Gabart enchaine les performances exceptionnelles.
Après le record des 24h établi mardi avec 851 milles, le skipper du trimaran MACIF ajoute une nouvelle ligne à son palmarès aujourd’hui, en battant le temps de référence absolu entre Ouessant et le Cap de Bonne Espérance en 11 j 20 h 10 min, celui-ci était jusqu’alors détenu  par Loïck PEYRON en équipage lors du Trophée Jules Verne 2011/2012  en 11 j 21 h 48 min. François Gabart aura donc fait mieux d’ 1 h 38 min.

Photo Jean Marie Liot / DPPI / MACIF

Il améliore également le record officielvOuessant-Cap des Aiguilles en 11 j 22 h 20 min  également détenu par Loïck PEYRON et l’équipage de Banque Populaire V lors du Trophée Jules Verne 2011/2012 en 11 j 23 h 49 min, le temps est amélioré d’1 h 29 min de mieux.
Plus important que ces temps de références intermédiaires, François Gabart  disposait lors de son passage à Bonne Espérance d’un avantage de  2 j 06 h et 24 min sur les temps du record autour du monde de Thomas Coville.

Le skipper navigue  désormais dans l’océan indien, il a débuté une série d’ empannages qui lui permettront de rester dans une bonne veine de vent de la dépression qui l’accompagne depuis les côtés sud américains. Il lui faudra ensuite remonter  vers les Quarantièmess pour accrocher une dépression en cours de formation au large du Mozambique et qui devrait l’accompagner sur ce nouvel océan abordé aujourd’hui. Ce recadrage devrait également lui permettre d’éviter une zone de glaces dérivantes.

Tour du monde en solitaire : le record Ouessant-Bonne Espérance après celui des 24h pour François Gabart ?

François Gabart a réalisé une énorme performance hier, en battant son propre record des 24 heures en solitaire. Il a porté le record à 851 milles sur son trimaran MACIF.
Aujourd’hui il a poursuivi sur une route est par 45°S, il a parcouru 690 milles sur les dernières 24 heures.
Il devrait en toute logique décrocher le meilleur partiel de tous les temps équipage et solitaire confondus, en coupant la longitude du Cap de Bonne Espérance, distante de moins de 200 milles, alors qu’il reste environ 8h au marin pour les parcourir.
Une performance exceptionnelle dans tous les cas, la navigation en solitaire sur ces multicoques à foils s’apparentant parfois à un numéro d’équilibriste lorsqu’il faut maintenir de telles cadences.

©Vincent Curutchet / ALeA / Macif

François Gabart, skipper du trimaran MACIF :
« Le pilotage sur un tour du monde en solitaire ne se fait pas à la barre, c’est essentiellement le pilote automatique qui se charge de ça – par exemple depuis lundi, je n’ai pas touché une seule fois à la barre
 . Le pilotage, c’est arriver à trouver le bon angle par rapport aux vagues et au vent, faire en sorte que le bateau aille vite en souplesse. Cela nécessite beaucoup d’écoute du bateau. Il faut sentir les vibrations qui ne sont pas normales, les bruits suspects, qui sont souvent les signes importants qu’il faut trouver une solution pour aller vite ».« Le défi, c’est de trouver le juste équilibre entre pousser la machine pour avancer et ne pas trop la pousser pour ne pas la fragiliser »

Transat Jacques Vabre : Prince de Bretagne démâte à moins de 100 milles de l’arrivée, Arkema et FenêtréA Mix Buffet attendus cette nuit

La Transat Jacques Vabre se termine mal pour Lionel Lemonchois et Bernard Stamm. Le duo qui avait connu un début de course difficile avec la rupture de drisse de grand voile de Prince de Bretagne, a démâté ce soir à moins de 100 milles de la ligne d’arrivée.
L’équipe technique et l’organisation de la transat sont à pied d’oeuvre afin de sécuriser la plate forme avec l’aide des deux marins, en effet le trimaran n’est qu’à 18 milles de la côte et dérive vers celle-ci à environ 1 noeud.

© Jean-Louis Carli / ALeA / TJV17

La 3ème place de cette Transat devrait donc rester vaquante, un coup dur pour Lionel Lemonchois, son sponsor Prince de Bretagne et Bernard Stamm.

En Multi50′, la victoire, sauf avarie devrait revenir à Lalou Roucayrol et Alex Pella, qui pointent à 100 milles de la ligne avec 134 milles d’avance sur le duo Erwan le Roux et Vincent Riou sur FenêtréA Mix Buffet. Les deux marins ont été contraint de faire un stop au vent de Fernando de Noronha pour changer la drisse de gennak cette nuit. Le 3ème Multi50′ Reauté Chocolat est à 400 milles de l’arrivée.

Erwan Leroux, skipper de FenêtréA-Mix Buffet (Multi50)

On s’est arrêté cette nuit sous le vent de Fernando de Noronha. Nous avons changé la drisse de gennaker que nous avions cassée dans le Pot au noir. On ne sait pas pourquoi, c’est la première fois que je casse sur ce bateau, elle a cassé à l’intérieur du mât tout en haut. On a de quoi naviguer sous gennaker jusqu’à l’arrivée. J’ai passé 45 minutes dans le mât, ça nous a pris 1h à 1h30.  C’est dommage ça avait l’air très sympa cette île, même si nous étions de nuit. En ce moment, on a entre 22 et 24 nœuds de vent et une mer de merde comme en Atlantique nord. Une mer croisée et du coup le bateau ne va pas à sa vitesse. On a un peu de fatigue mais qui est oubliée avec les joies de l’arrivée, on est au taquet !

On se dirige vers Recife, on ne va pas longer les côtes on va passer au large

ETA ? Vincent m’a dit demain 15h TU, j’ai noté dans mon agenda ! Pour une fois que l’on va arriver de jour, on ne va pas bouder notre plaisir.

Tour du Monde en Solitaire : le record des 24h pour François Gabart avec 851 milles et un temps record à Bonne Espérance

François Gabart poursuit sa route parfaite sur l’Atlantique Sud, après une réparation d’une latte de grand voile cassée hier. Le skipper de MACIF a donc été contraint d’affaler celle-ci pendant deux heures trente afin d’effectuer le changement de latte.
Ensuite le marin a repris des vitesses impressionnantes puisqu’il a pulvérisé son record des 24 heures en solitaire à plusieurs reprises aujourd’hui. François Gabart détenait déjà celui-ci avec 784 milles, il a porté la barre à plus de 800 milles pour terminer à 851 milles, soit 35 noeuds de moyenne.

Photo Jean Marie Liot / DPPI / MACIF

En dehors de la performance et de ce nouveau record, la manoeuvre avait également pour but d’éviter d’être rattrapé par des vents trop forts dans son dos.

Le marin évolue actuellement à 43° sud avec 510 milles d’avance sur le record de Thomas Coville, il est fort probable qu’il s’adjuge également le meilleur temps intermédiaire solitaire et équipage confondus entre Ouessant et Bonne Espérance.

François Gabart, skipper du trimaran MACIF, à propos de ce nouveau record :
« J’en suis ravi. Les records sont faits pour être battus, c’est comme ça qu’on progresse. Les sensations à ces vitesses sont assez extraordinaires, le bateau vole, c’est un mélange de puissance et de légèreté.Maintenant, ce n’est pas l’objectif prioritaire, l’idée est d’abord de finir ce tour du monde… »

Transat Jacques Vabre : Prince de Bretagne attendu jeudi matin, Arkema toujours leader en Multi50′

Après la victoire de Thomas Coville et Jean Luc Nélias sur Sodebo Ultim et la seconde place de Sébastien Josse et Thomas Rouxel sur le Maxi Edmond de Rothschild ; seuls Lionel Lemonchois et Benard Stamm sur Prince de Bretagne restent en course en classe ultime.

Les deux marins sont privés de génératrice, et donc d’électricité, ils sont donc contraint de se relayer à la barre, le pilote automatique étant inutilisable. Ils naviguent toutefois à environ 25 noeuds dans des alizés d’une quinzaine de noeuds. Ils sont attendus à Salvador de Bahia.  jeudi dans la matinée.

© Jean-Louis Carli / ALeA / TJV17

Le premier Multi50′ devrait suivre environ  5 ou 6 heures après Prince de Bretagne.
L’avantage est pour l’instant pour Lalou Roucayrol et Axel Pella sur Arkema, qui disposent de 64 milles d’avance sur Erwan le Roux et Vincent Riou sur FenêtréA-Mix Buffet. Le duo a l’ouvre sur celui-ci devra patienter avant d’envisager un retour, jusqu’au large de Recife la situation devrait se limiter à une course de vitesse entre les deux bateaux. L’atterrissage pourrait laisser entrevoir un possible retour du dauphin.  Reauté Chocolat pointe à 310 milles, alors que la France Tech Rennes Saint Malo est dans le Pot au Noir à 500 milles du leader.

Armel Tripon, skipper de Réauté Chocolat (Multi50)

 » Nous sortons du Pot au noir. On y était cette nuit, depuis quelques heures c’est nettement mieux, on est à la fin des galères.
Ce Pot n’a pas été très accueillant, il nous a barré le chemin, on a été arrêté 6 h et pas très rapide du tout pendant 12h. En fin de nuit la porte s’est ouverte… C’est bizarre, on a du vent d’Est qui n’était pas prévu par les modèles. Nous naviguons grand-voile haute et J1. On pense à l’arrivée, on a basculé de l’autre cote, on regarde les routages, les plannings, on arrive sur la partie finale du parcours. Ca va aller assez vite, on aura toujours 15-20 nœuds. On suit à chaque classement le match des premiers… Le retour d’Arkema, c’est vraiment une trajectoire exceptionnelle. Le match est super, on les envie d’être à la bagarre. On a encore du boulot pour être au niveau de ces 2 bateaux. »

Tour du monde en solitaire : François Gabart connait des soucis de latte de grand voile mais porte son avance à près de 300 milles

La configuration météorologique reste extrêmement  favorable pour François Gabart, qui fait une route quasi directe vers le Cap de Bonne Espérance, sur le dos d’une dépression née au large de l’Amérique du Sud.

Son avance sur le record se porte à près de 300 milles ce soir, le skipper évolue à près de 30 noeuds à l’heure actuelle.

Photo Jean Marie Liot / DPPI / MACIF

A noter un soucis sur une latte de grand voile, qui a contraint le skipper à affaler celle-ci cette après-midi. Le trimaran a repris son allure de croisière dans la soirée, ce qui laisse à croire que la toile a été renvoyée et que le soucis est réparé.

 

 

Transat Jacques Vabre : Victoire de Thomas Coville et Jean-Luc Nélias sur Sodebo Ultim, Sébastien Josse et Thomas Rouxel sur le Maxi Edmond de Rothschild seconds

La Transat Jacques Vabre 2017 a son vainqueur en classe Ultime, ce sont Thomas Coville et Jean-Luc Nélias sur Sodebo Ultim qui se sont imposés à Salvator de Bahia  en 7 jours 22 heures 7 minutes et 27 secondes soit 24,94 nœuds de moyenne réels sur les 4 742 milles parcourus.
Sébastien Josse et  Thomas Rouxel sur le Maxi Edmond de Rothschild se classent seconds à 1h48 minutes des vainqueurs, soit en 7 jours 23 heures 55 minutes et 24 secondes et  25,21 nœuds de moyenne sur les 4 838 milles réellement parcourus.

Bien évidemment, après cette transat express,  le record juqu’ici détenu par Franck Cammas  et Stève Ravussin sur Groupama 2 et datant de 2007 est très largement battu.

Sébastien Josse et Thomas Rouxel auront mené les trois premiers jours, avant de céder la place de leader à Thomas Coville et Jean-Luc Nélias, les deux hommes sont parvenus à résister aux assauts de leur poursuivants, qui auront tout fait pour revenir, malgré un handicap de vitesse, dû à des avaries sur les foils de Gitana 17. En effet, avant le passage du front, le foil bâbord a lâché, puis en approche du Cap Vert, ce fut au tour du foil tribord… Les deux appendices étaient donc remontés afin de ne pas plus aggraver la situation.

Photo Jean-Marie Liot / ALeA / TJV17

Les marins, à leur arrivée :

Thomas Rouxel, co-skipper de Maxi Edmond de Rothschild (Ultime)
« C’était stressant, mais on s’est régalé, on a régaté au contact avec Sodebo, c’était génial. Cela reste du multicoque en double donc le niveau d’adrénaline est assez élevé. On est encore dopé, je me sens en forme mais cela va retomber. C’était une course intense. Clairement le fait de régater à moins de 50 milles de ton adversaire, ça m’éclate. Tu es tout le temps aux réglages, c’est super stimulant. »

Thomas Coville, skipper de Sodebo Ultim’ (Ultime)
« En partant du Havre, on avait dit que ce serait un mano a mano. Dès la première nuit, on a vu que ça allait être super super chaud. On les a vu passer à notre vent, je peux vous dire que le Maxi Edmond de Rothschild qui déboite au vent à 40 nœuds, c’est super beau. Devant Guernesey, ils nous ont impressionnés parce que leur façon de naviguer voulait dire « on est là. » On s’est fait un peu distancer sur cette phase. »

Sébastien Josse, skipper de Maxi Edmond de Rothschild (Ultime)
« Il faut saluer la stratégie de Thomas et Jean-Luc au large des Açores, ils ont protégé l’ouest, c’est ça le coup qu’il faut retenir. On aurait pu se recaler faire plein de chose pour contenir cette attaque. Etre à Bahia avec le bateau en un seul morceau et avoir joué tout le temps au contact, c’est déjà très bien. On est des compétiteurs, on aurait bien sûr préféré être deux heures devant que derrière ! »

Jean-Luc Nélias, co-skipper de Sodebo Ultim’ (Ultime)
« C’est le sport mécanique où il faut pousser pousser pousser. Le mec à coté il essaie de faire pareil. C’est comme le leader en montagne, tu ne sais jamais quand il va attaquer. On a passé notre temps à regarder derrière pour voir quand ils allaient revenir. C’est difficile à gérer au niveau tactique. Est ce qu’il faut protéger ou être agressif ? On a décidé d’être agressif parce que le bateau était robuste et fiabilisé. On a fait les trajectoires les plus tendues possibles pour ne pas lui laisser une miette. Il n’a pas molli. La nuit du départ à Guernesey, c’était dantesque, fallait vraiment s’accrocher pour pas se faire arracher par le bateau et là ils nous déboitent. Ils allaient très fort. »

Sébastien Josse
« La sortie du golfe de Gascogne n’était pas hyper clémente et on a eu notre lot de surprises journalières. On a des petits soucis sur les foils qui nous ont empêchés de voler. Cela nous un peu handicapé. C’est un souci de composite, il faudra regarder plus en profondeur, je n’en connais pas la cause. Les foils ne sont plus dans leur intégrité. Ils sont plus souples que ce qu’ils devraient être. Sur la dernière partie du parcours, c’est là qu’on aurait dû avoir les plus belles pointes de vitesse. C’est là où on est frustrés, car on aurait pu exploiter le potentiel maximum du bateau. On aurait pu aller très vite… On n’était pas dans un esprit d’attaque à la fin. On est resté un peu au large pour avoir plus de vent, Sodebo a optionné à la côte. On se limitait à une certaine vitesse pour garder le contrôle du bateau à cause de nos problèmes de foils.
A un moment donné, il faut être réalistes et conscients. A 100 milles de l’arrivée avec 70 milles de retard le pourcentage pour les doubler est infime à moins qu’ils aient un gros pépin. Arriver à Bahia, c’est un gros truc pour notre équipe. On aurait été à 10 milles derrière, l’état d’esprit n’aurait pas été le même. 
»

Thomas Coville
« Après la descente au portant après le front, très joli front d’ailleurs, on a senti à un moment donné un truc bizarre. Ils ont roulé le gennaker dans la nuit et se sont décalés. Du coup, on s’est décalé dans l’ouest et on est passé devant.  On s’est dit « peut-être qu’ils veulent assurer ». On ne savait pas.
Jusqu’à ce matin, on a tout donné. Cette nuit, à 100 milles du but, on a senti qu’ils jetaient l’éponge. C’est un moment très jouissif.
La seule chose qu’on arrivait à voir dans leur trace, c’était les manœuvres. Eux je ne pense pas qu’ils voyaient les nôtres parce qu’on a beaucoup bossé pour cela et fait une trajectoire très tendue, très fluide. Je n’ai jamais autant poussé le bateau en solo, surtout au reaching. Jean-Luc était super à l’aise au reaching, moi je n’avais pas ce curseur-là. 
»

Jean-Luc Nélias
« Rien n’a filtré, et on aurait fait pareil. Tout pouvait arriver jusqu’à la fin. »

Thomas Coville
« C’est une belle victoire parce qu’elle montre qu’on sait faire autre chose que des records, on sait gagner des courses. C’est une belle histoire, on n’a pas laissé grand-chose de côté. L’état du bateau aujourd’hui après la traversée qu’on a faite, c’est le résultat d’un boulot monstrueux. Tous les teams ont magnifiquement évolué. Ce qu’ils ont fait en deux mois sur Edmond de Rothshild pour amener le bateau à Bahia, cela signifie clairement que c’est un bateau dont on n’a pas fini de parler.

Ce qui est compliqué dans nos sports mécaniques, c’est d’être dans le bon timing. Pour gagner une Transat Jacques Vabre, faut déjà être au départ, être au bon niveau technique au bon moment. Tout le milieu a monté. »

Sébastien Josse

« Au final, c’est satisfaisant, le bateau a été mis à l’eau en juillet l’année dernière, on a eu peu de temps pour le préparer et s’entraîner.

C’est du multicoque, on est à haute vitesse, on est stressé et super concentré, c’est sûr que l’on apprécie l’arrivée. Terminer quelques heures derrière ça gratte un peu mais ce n’est que le début de l’histoire du bateau. Le bateau à un potentiel énorme. »

Jean-Luc Nélias

« C’est génial de gagner une Transat Jacques Vabre ! Ca ne se gagne pas comme ça, il faut se battre. Il y a 8 jours on était tous ensemble au Havre, et là on se retrouve dans un autre continent un autre hémisphère. Un jour tu es au Cap Vert, le lendemain, tu es au Pot au noir. Avant-hier on était au Pot au noir et cette nuit on croisait des pêcheurs brésiliens. Ils ne pouvaient pas imaginer que 48 heures on était au Cap Vert! On part du Havre, c’est la pleine lune, chaque jour elle se décale dans le ciel, elle est pas au même endroit. On navigue à une échelle planétaire ».

Dans la catégorie Ultime, Lionel Lemonchois et Bernard Stamm restent en course, après leurs soucis de voile sur le début de la transat. Les deux marins devraient bientôt sortir du Pot Au Noir.

En Multi50, la course est relancée dans le Pot au Noir, Lalou Roucayrol et Alex Pella sont parvenus à revenir sur Erwan Le Roux et Vincent Riou sur FenêtréA-Mix Buffet. Les deux trimarans ne sont qu’à deux milles l’un de l’autre, la victoire, sauf avarie se jouera entre ces deux duos, Reauté Chocolat pointant à 200 milles et la French Tech Rennes Saint Malo à 300.

Thierry Bouchar et Olivier Krauss sur Ciela Village se voient contraints d’abandonner. Les deux marins s’étaient arrêtés au Cap Vert pour tenter de régler des soucis d’électronique et de barre. Mais une fissure sur le fond de coque impose cet abandon pour le dernier né de la classe Multi50′.

 

Vincent Riou, co-skipper de FenêtréA-Mix Buffet (Multi50)

Le Pot au noir, ça se passe comme à chaque fois c’est un peu la kermesse. On a buté dans des gros nuages dès le début donc on fait avec. Sinon, il n’y pas trop d’activité mais c’est un peu orageux. Il faut jongler fréquemment avec les voiles, aller vite dans les manœuvres et il faut s’imposer des règles et ne pas se faire dépasser.

On a bien vue la trace de Prince de Bretagne, on va passer à peu près au même endroit et on sait ce qu’il faut faire. On a pas beaucoup regardé les positions mais on sait que Sodebo est devant chez les Ultimes. C’est plutôt rigolo. Tant qu’ils ne sont pas arrivées et que le Maxi Edmond de Rothschild n’a pas dit ce qui leur était arrivé, c’est difficile d’en tirer des conclusions. La Jacques Vabre n’a pas dû être simple pour Edmond de Rothschild et ça reste une belle course car ils sont restés très proches l’un de l’autre tout au long de la course

Thierry Bouchard, skipper de Ciela Village (Multi50)

« On avait vraiment envie de faire cette Jacques Vabre qui nous avait bien réussi en 2015 et c’était un excellent moyen de fiabiliser le nouveau bateau, de se confronter aux autres Multi50. Nous avons fait un bon début de course, le bateau va vite. Puis nous avons été un peu handicapés par nos pilotes qui ne fonctionnent plus depuis 6 jours. En ce qui concerne la fissure constatée, nous préférons ne pas prendre de risques en poursuivant notre course, et nous allons rapidement faire un diagnostic. »