Trophée Jules Verne, l’équipage de Spindrift2 contraint à l’abandon suite à une casse

Alors que l’équipage de Yann Guichard était dans les temps du record d’ides Sport, le skipper et ses hommes sont contraints à l’abandon sur cette tentative de Trophée Jules Verne.

© Chris Schmid/Spindrift racing

Cet abandon fait suite à la casse de la mèche du safran tribord. Sans cet appendice, la performance du trimaran Spindrift2 est moindre, qui plus est cette casse impacte aussi la sécurité des hommes avec des risques de décrochage à haute vitesse et d’éventuels dommages collatéraux.

Yann Guichard, skipper de Spindrift2 : « Ce problème technique nous contraint malheureusement à arrêter cette tentative de record du Trophée Jules Verne. C’est évidemment une déception pour tout l’équipage. Nous nous dirigeons vers la côte sud-ouest de l’Australie que nous devrions atteindre d’ici 4 jours.« 

Trophée Jules Verne, 6h43 minutes d’avance au Cap des Aiguilles

Yann Guichard et son équipage sur Spindrift2 ont doublé le premier Cap (cap des Aiguilles) de ce tour du monde la nuit dernière  à 2h40 UTC (3h40 heure française) après 12 jours, 14 heures, 58 minutes depuis Ouessant.
Spindridt2 possède toujours quelques heures d’avance sur le chrono de Francis Joyon et de son équipage sur Idec Sport. Cette avance était de 6h 43 min à l’entrée dans l’océan indien, celle-ci s’est progressivement réduite sur les derniers jours du fait de l’anticyclone de Sainte Hélène qu’il a fallu contourné pour accrocher des vents portants,  ajoutant 700 milles pour ce grand contournement.

© Chris Schmid/Spindrift racing

Les prévisions sont optimistes pour les prochains jours, le grand trimaran devrait pouvoir rester sur une route assez sud (200 milles par rapport à Idec) lui permettant de profiter du flux de l’anticyclone des Mascareignes.  La situation s’annonce moins favorable après les Kerguelen avec plusieurs empannages et la présence d’icebergs.

Yann Guichard, skipper de Spindrift2 : « On a dû faire un grand détour pour contourner l’anticyclone de Sainte-Hélène : il a fallu attendre le 40° Sud avant de commencer à tourner à gauche ! C’était assez extrême, mais nous n’avions aucune possibilité de « couper le fromage » : il a fallu prendre notre mal en patience surtout que nous avons eu un vent de travers avec une mer de face pas facile à négocier… Depuis trois jours, on allonge la foulée dans la bonne direction et cela fait du bien au moral : on vient de passer le cap de Bonne-Espérance et on reste dans les objectifs que nous nous étions fixés.
Il fait jour depuis deux heures et on sent bien qu’on est dans l’océan Indien ! On va bientôt passer le 50° Sud et il fait gris avec une mer à 2°C… Mais avec des albatros qui nous accompagnent : c’est magnifique ! On a donc de bonnes conditions pour aller vite vers les Kerguelen qu’on laissera dans notre Nord puisqu’on risque de descendre jusqu’au 53-54° Sud. Mais on va aussi avoir des icebergs devant nous à partir de mercredi : il va falloir veiller au radar et aux lunettes à infra-rouges. Cela s’annonce un peu tendu… On devrait longer l’anticyclone en se faisant propulser par les dépressions australes : c’est plutôt bien jusqu’aux Kerguelen, mais après, on va avoir plusieurs empannages à effectuer ce qui nous ralentira un peu. On devrait toutefois traverser assez vite cet océan Indien sans perdre trop de temps, en espérant ne pas être en retard à l’entrée du Pacifique, au Sud de la Tasmanie
»

 

Les prévisions du routeur à terre, Jean-Yves Bernot :

Spindrift continue sa descente vers 53 S. Il s’agit de se placer correctement dans l’Océan Indien pour garder du vent soutenu, synonyme de vitesses élevées. La situation météo est peu évolutive pour les prochains deux jours : toujours devant notre front froid rencontré en Atlantique sud. On l’appelle FF2. Nous sommes des familiers maintenant ! Vent de secteur W.NW 25-30 kt Houle de 5 à 6 m.
L’Océan Indien austral n’a pas très bonne réputation chez les marins. On l’appelle « le tunnel ». Les routes sont coincées entre l’anticyclone qui s’étale le long de 45 S et les glaces qui se promènent vers 53 S. Entre les deux règnent les dépressions australes avec leur cortège de vent de NW à SW associé aux passages de fronts froids teigneux. Le vent y est souvent fort, la mer croisée est pénible, le ciel couvert.
La température de l’eau est de l’ordre de 3 à 4° C, voire 2°C dans les remontées d’eau froide venant du sud, là où se plaisent les icebergs.

 

Record à l’équateur pour l’équipage de Spindrift 2

L’équipage de Spindrift 2, mené par Yann Guichard a franchi l’équateur aujourd’hui. Les hommes du bord décrochent un nouveau temps de référence entre Ouessant et l’équateur en 4 jours 19 heures 57 minutes (en attente de validation par le WSSRC).
Plus que le chrono c’est l’avance de 23 heures sur le chrono du tenant du titre du Trophée Jules Verne, qui importe. En effet, le routeur et les marins espèrent poursuivre sur la lancée de l’Atlantique Nord et arriver au Cap de Bonne Espérance avec un différentiel positif sur Idec Sport qui avait ensuite bénéficié de superbes conditions sur l’Indien.

© Chris Schmid/Spindrift racing

La passage du Pot au Noir n’aura été qu’une formalité, la zone de convergence n’étant pas très active actuellement, l’équipage a pu rejoindre les alizés mais il faudra probablement faire le grand tour de l’anticyclone de Sainte Hélène avant d’espérer accrocher une dépression qui les mènera dans le grand sud.

Yann Guichard, skipper de Spindrift 2 :
« On a commencé à rentrer dans le Pot au Noir vers 2°Nord : il n’était pas très actif, ce qui ne nous a pas facilité sa traversée avec très peu de brise… Même les grains n’étaient pas très ventés. C’était surtout sympa d’avoir la pleine lune au passage de l’équateur : nous avons même vu l’éclipse ! C’était magnifique pendant une bonne heure… Tout le monde a pris le rythme et la modification de la casquette est vraiment un bonus : on est nettement plus à l’abri. La descente jusqu’à l’équateur n’a pas été une route simple : il a fallu enchaîner les empannages et passer au travers des archipels des Canaries et du Cap-Vert. On a eu une mer assez difficile avant ces deux groupes d’îles.
On doit sortir complétement du Pot au Noir vers 2°Sud, et ensuite, nous allons devoir faire le grand tour de l’anticyclone de Sainte-Hélène qui se reforme dans l’Est : nous allons devoir faire du Sud pendant un bout de temps jusqu’au 37°Sud avant de tourner à gauche vers l’océan Indien. Cela nous rallonge la route, surtout que nous devrons traverser une zone de petit temps dans trois jours. Mais ensuite, nous toucherons du vent de Nord-Ouest favorable. Ce sera finalement une descente assez lente… mais nous devrions toujours être un peu en avance par rapport à Francis Joyon et son équipage au passage du cap des Aiguilles. »

 

Jean-Yves Bernot, routeur du trimaran :
« 
Le pot au noir s’est montré raisonnable : le « trou de souris » entrevu dès les Iles du Cap Vert ne s’est pas refermé.Encore quelques grains vers 1 S avant de toucher les alizés de sud-est, bien installés pour 15-20 kt. Ils sont accompagnés d’une mer jeune, nerveuse, 2 à 2,5 m qui se fait sentir à ces allures de bon plein.

Ce sera  le tarif jusque 20 S atteint Mercredi prochain. Ensuite, on parle de Sainte-Hélène, l’anticyclone bien sûr. C’est l’été dans l’Océan australe, et l’anticyclone prend ses aises jusque 35 S. Il n’y a guère d’autre choix que de descendre jusque 40 S en se faisant discret pour éviter d’éventuelles extensions sans vent vers la côte d’Amérique du sud.
C’est ainsi que se fâchent  les anticyclones : en engluant les bateaux à voile dans des calmes exaspérant… »

Trophée Jules Verne : démâtage de Spindrift 2 au large de Brest

Yann Guichard et ses équipiers avaient quitté Brest en début d’après-midi afin de rejoindre la ligne de départ d’une tentative de Trophée Jules Verne. Le skipper qualifiait cette tentative de dernière chance, la saison des record prenant fin, les conditions s’annonçaient musclées avec un début de parcours au près dans plus de 30 noeuds de vent et 2 à 3 mètres de houle.

Vers 16h15, le maxi trimaran a démâté  entre la pointe de Saint Mathieu et Camaret.
Au moment du démâtage Spindrift 2 évoluait alors dans un flux de secteur ouest d’une trentaine de noeuds, dans une mer de 3 mètres et naviguait 2 ris J3 (ORC) au près à 15-18 noeuds.

Le trimaran a été remorqué par une vedette de la SNSM jusqu’à Brest, le mât et la voilure ont été largués sur la zone du démâtage du fait de la proximité de la côte. Ils font l’objet d’un appel à la vigilance.

© Chris Schmid/Spindrift racing

Yann Guichard, skipper du Maxi Spindrift 2  : « L’équipage est sain et sauf. C’est allé très vite ! En quelques secondes, le mât était tombé… Nous sommes tous très tristes : cela faisait déjà deux mois que nous patientions pour cette nouvelle tentative sur le Trophée Jules Verne. C’était la fenêtre de la dernière chance… C’est forcément une très grosse déception pour toute l’équipe, autant en mer qu’à terre car nous étions prêts. Il y a eu un gros travail d’optimisation sur le bateau et tout s’arrête en quelques instants. » déclarait Yann Guichard

« Nous faisions route vers la ligne de départ : les conditions étaient musclées, avec trente nœuds de vent et trois bons mètres de creux. Et quelques minutes avant que nous engagions notre virement vers la pointe Saint-Mathieu, le mât s’est rompu pour une raison inconnue. Il n’y a pas eu de blessés à bord et c’est le plus important. Malheureusement, nous avons du larguer le mât à la mer pour ne pas prendre de risques pour l’équipage car nous n’étions qu’à un mille et demi des roches du Toulinguet. Des opérations sont en cours pour pouvoir récupérer le gréement au plus vite car les conditions météorologiques vont se dégrader dès mardi matin. Maintenant, on va essayer de se poser pour comprendre ce qui s’est passé et puis aller de l’avant. »

 

Trophée Jules Verne : retour à Brest pour Spindrift2

Yann Guichard et son équipage ont fait demi tour et s’apprêtent à entrer dans le goulet de Brest, seulement quelques heures après avoir quitter le quai Malbert.

© Chris Schmid/Spindrift racing

En cause pour ce faux départ, la météo avec une absence de vent au large et donc l’impossibilité d’accrocher le front qui devait les emmener à l’équateur. Le skipper en accord avec le routeur à terre ont donc choisi de retourner à terre et de se remettre en stand-by.

Une nouvelle fenêtre pourrait de nouveau s’ouvrir en fin de semaine pour l’équipage de Spindrift 2.

Trophée Jules Verne : top départ ce soir pour l’équipage de Spindrift 2

Yann Guichard et ses onze équipiers vont quitter le port de Brest cette après midi afin de rejoindre la ligne de départ de leur tentative de Trophée Jules Verne entre Ouessant et le Cap Lizard. Ils devraient débuter cette tentative de record autour du monde en équipage entre 22h et 1h.
L’équipage de Spindrift2 n’aura pas eu beaucoup d’opportunités météos durant ce long stand by. Ils bénéficieront des conseils de Jean-Yves Bernot, qui sera leur routeur à terre.


L’entame s’annonce atypique, comme l’explique le skipper de Spindrift 2, Yann Guichard :
« Nous n’avons pas eu d’ouverture depuis le début de notre stand-by mi-novembre ! C’est la première opportunité qui se dessine mais on va commencer par faire du près pour aller chercher un front dans l’Ouest qui va ensuite nous permettre de descendre avec du vent de Nord-Ouest vers les Canaries. À l’exception de cette entame, la route s’annonce assez classique avec une aile de mouette sous l’anticyclone des Açores…
L’anticyclone de Sainte-Hélène dans l’Atlantique Sud ne semble pas nous barrer la route, mais ne nous leurrons pas : nous avions prévu un stand-by jusqu’à la fin du mois de janvier et en partant en début de cette semaine, nous n’avons plus de joker ! Ce sera une tentative réussie ou non, il n’y en aura pas d’autres cet hiver… Il faut donc que nous fassions un temps correct (autour de 12 jours) pour arriver à la longitude du cap des Aiguilles. Francis Joyon et ses hommes n’avaient pas pu faire un super score lors de leur Trophée Jules Verne (12j 21h 22’) mais avaient enchaîné un Indien remarquable !  Spindrift 2 est prêt, l’équipage est prêt, nous sommes heureux de partir ! Il n’y a que la nourriture fraîche que Xavier Revil ira chercher lundi matin… Pour un départ du quai vers 18h00 et un passage de ligne tard dans la soirée. »

Le temps de passage estimé à l’équateur est d’environ cinq jours, il faudra ensuite un bon enchainement dans le grand sud afin d’aller chercher le chrono du détenteur du record, l’équipage d’Idec Sport en  40 j 23 h 30 min 30 s.

L’équipage de Spindritt 2 pour cette tentative de Trophée Jules Verne sera constitué de :
Yann Guichard (skipper)
Erwan Israël (navigateur)
Jacques Guichard (chef de quart/barreur-régleur)
Christophe Espagnon (chef de quart / barreur numéro un)
Xavier Revil (chef de quart/barreur-régleur)
François Morvan (barreur-régleur)
Antoine Carraz (barreur-régleur)
Thierry Chabagny (barreur /numéro un)
Ewen Le Clech (barreur-régleur)
Sam Goodchild (barreur / numéro un)
Thomas Le Breton (barreur-régleur)
Erwan Le Roux  (barreur-régleur)

Routeur à terre  : Jean Yves Bernot

 

L’actualité des ultimes en bref

  • Thomas Coville a remis à l’eau son trimaran Sodebo après un long chantier post tour du monde. Les principales nouveautés apportées au bateau sont l’adoption d’un mât basculant et la possibilité de régler l’inclinaison des plans porteurs des safrans. Par ailleurs Thomas Coville a dévoilé l’équipage qui l’accompagnera sur The Bridge, à savoir Jean-Luc Nélias, Loïc Le Mignon, Thierry Briend ainsi que Billy Besson et Vincent Riou.
    La suite de la saison sera consacré à une tentative de record sur l’Atlantique Nord en solitaire, et à la Transat Jacques Vabre, avec de nouveau Jean Luc Nélias en tant que co-skipper.

    Photo Jean-Marie Liot / DPPI / SODEBO

  • Vincent Riou, qui sera sur Sodebo Ultim sur la transatlantique en course The Bridge, ne cache pas son intérêt pour ce bateau. Celui-ci sera disponible à l’issue de la Route du Rhum 2018, Thomas Coville aura ensuite une nouvelle monture. Vincent Riou espère s’aligner sur le tour du monde en solitaire en course prévu en 2019 à la barre de ce trimaran. Il recherche des sponsors pour l’accompagner sur ce nouveau projet.
  • François Gabart a également dévoilé son équipage pour The Bridge. Il sera secondé par Pascal Bidégorry, de Yann Riou, Antoine Gautier et Guillaume Combescure et de Benoît Marie.
    Le reste de la saison sera consacrée aux entrainements en solitaire avant une tentative de record autour du monde en solitaire, dont le stand by commencera mi-octobre.

    © Lloyd Images

  • Yves le Blévec a également optimisé son trimaran cette année, avec un nouveau gréement, le mât est légèrement plus court (30,5m contre 33 auparavant), mais la surface de voilure reste la même. La puissance du bateau reste identique, tout en ayant un trimaran plus sécuritaire et plus adapté à l’exercice en solitaire.
    Le trimaran a fini samedi dernier 2nd du Tour de Belle Ile, il sera ensuite aligné sur The Bridge.

    © Th.Martinez / Sea&Co.
    Trimaran ULTIM “ACTUAL”

     

  • Francis Joyon et son équipage Clément Surtel, Alex Pella, Bernard Stamm, Gwénolé Gahinet ont quant à eux reçu le Trophée Jules Verne au Musée de la Marine la semaine dernière.  Sébastien Audigane en convoyage sur l’Atlantique était absent de cette cérémonie.
    Idec Sport sera également engagé sur The Bridge cet été.

Photo Jean-Marie Liot / DPPI / IDEC

  • L’équipe Spindrift racing est quant à elle concentrée sur sa préparation au Trophée Jules Verne cet hiver. Le trimaran a été optimisé avec de nouveaux appendices (safrans et foils) afin de soulager le bateau. Le bateau ne participera pas à The Bridge suite à la modification du nombre d’équipiers autorisés.
    Par ailleurs le team mené par Yann Guichard et Dona Bertarelli ouvre sa base au public samedi prochain dans le cadre d’une journée portes ouvertes, les détails à découvrir : ICI.

    © Eloi Stichelbaut