Transat Jacques Vabre : Statu quo en classe Ultime

Aucun changement dans la hiérarchie de la classe Ultime aujourd’hui, quatre jours après le départ de cette transat Jacques Vabre.
Sodebo et MACIF enchaînent les empannages dans un flux de Nord-Est d’une quinzaine de noeuds le long des côtes africaines qui devrait les amener au Cap Vert.
François Gabart et Pascal Bidégorry sont toujours à une quarantaine de milles des leaders. Comme prévu Actual a vu son retard s’amplifier sur la journée suite au passage de la dorsale et navigue à plus de 675 milles des deux bateaux de tête.

Pascal Bidégorry, co-skipper de Macif (Ultime)
« On à 15 nœuds de vent, au portant, le vent s’est relevé après une nuit molle et on accélère un peu entre 25 et 30 nœuds de vitesse. Nous sommes passés très près des Canaries au petit jour et c‘était magnifique avec un lever de lune hier soir, c’est assez exceptionnel. On est passé près, pas pour faire du tourisme mais pour grappiller un peu de vent sur Sodebo, un peu mieux loti que nous et on se bat pour ne pas décrocher ! On va chercher du vent, un peu vers l’Ouest mais l’avenir nous le dira. Le bateau va bien, pas de problème, nous avons eu des petits soucis électroniques après le cap Finisterre mais pas de gros problèmes sur le bateau. Il marche bien du côté où il a son foil, en bâbord amures. Nous n’avons pas fait beaucoup de bâbord depuis que nous sommes partis, le bateau est jeune, du bon boulot a été fait dessus c’est plutôt satisfaisant. Le rythme est bon, ça se passe plutôt bien. Macif, c’est un gros bateau, il ne faut pas faire semblant, le bateau est exigeant en double. Les conditions sont sympas, la mer s’est rangée, 25-30 nœuds au portant. Je suis dans ma petite cabane, je regarde François par les hublots, il faut que je lui mette sa petite crème ! Vraiment ça va, nous avons des camardes de jeu qui ont dû affronter des conditions beaucoup plus difficiles que nous. »

Les équipages des Multi50 naviguent en bordure de la dorsale , dans le même système et à quelques milles d’Actual.
Erwan Le Roux et Giancarlo Pedote sur FenêtréA Prysmian ont réussi à passer la dorsale et bénéficient d’un vent d’ouest plus soutenu que leurs deux concurrents encore en course. Arkema et Celia Village devraient bénéficier de ce flux qui va se renforcer dans les heures à venir.

Oliver Krauss, co-skipper Ciela Village (MultiI50)
« On est encore au près, c’est un peu long, mais c’est bientôt fini, on va bientôt ouvrir les voiles, on va accélérer. On a beaucoup de vent, 27-28 nœuds avec du vent de sud-ouest. Nous allons passer un front d’ici 1 heure ou 2 et après on fait du plein sud. Il est temps que cela arrive, ça va nous faire du bien parce que là c’est difficile. Au dessous de 22 nœuds on arrive à dormir, mais au-dessus c’est plus compliqué. On fait avec, mais impossible de prendre une soupe ni de boire un café ! Je ne pensais pas que ca allait durer jusqu’à jeudi d’être au près. Nous sommes contents d’être en tête. Nous découvrons des choses, nous faisons quand même des erreurs de débutants sur le bateau. Avec des conditions comme ça, ça n’est pas évident quand tu ne connais pas le bateau. Mais notre routeur Xavier Macaire se débrouille super bien, il nous appelle, ça aide pas mal quand tu n’as pas le temps de regarder ton ordi, ta météo, c’est bien d’avoir quelqu’un à terre pour t’aider. Surtout quand tu lui fais 100% confiance. il nous appelle parfois c’est nous. C’est variable mais on l’a au téléphone au moins 5 à 6 fois par jour. A partir de demain après-midi, on pourra débrider les voiles. On va avoir du vent en bordure, un peu au près, nous sommes limite. On peut partir avec des vents de travers. Je n’ai pas regardé l’état de mes pieds,  avec une combinaison sèche, ça ne respire pas très bien, on ne doit pas sentir très bon. Ca serait bien un peu de soleil pour pouvoir prendre une petite douche ».

Lalou Roucayrol, skipper d’Arkema (MultiI50) :
« On a passé la nuit à batailler avec le gennaker. La mer était assez forte ce qui nous empêchait de progresser normalement. Il reste encore un petit front à passer : c’est vraiment difficile de gagner au Sud ! Hier, nous avons eu des pointes de vent à 40 nœuds : la mer était vraiment défoncée, j’ai trouvé ça surprenant ! C’est difficile cette année d’atteindre Madère, en plus il fait froid et nous sommes trempés depuis le départ, il est temps de retrouver un peu de chaleur et de soleil. Faire chauffer de l’eau, ça tient de la gageure…  A un moment donné, j’étais en haut, à l’intérieur, je sentais le foie, la rate, le court bouillon, ça faisait des bons, ça nous a vraiment bien secoué. »

Transat Jacques Vabre : Sodeb’O et Macif au coude à coude au large du Maroc

En Ultime, le duel entre les duos Thomas Coville/Jean Luc Nélias sur Sodeb’O Ultim et François Gabart/Pascal Bidégorry sur Macif se poursuit au large du Maroc dans un nouveau système météo. Les équipages des deux trimarans ont du composer avec une dorsale anticyclonique, ils sont en train de retoucher un vent plus établi qui devrait les conduire rapidement vers les Canaries.  35 milles séparent les deux équipages avec toujours un avantage sur Sodeb’O, malgré tout Macif a réussi à combler une partie de son retard.
Yves le Blévec et Jean Baptiste Levaillant sur Actual sont à 240 milles du leader, ils n’ont pas pu bénéficier du système météo qui a accompagné les leaders le long du Portugal et sont contraints de contourner la dorsale, ce qui devrait accroitre leur retard.
Lionel Lemonchois, le skipper de Prince de Bretagne espère pouvoir affréter un remorqueur demain afin de pouvoir ramener la plate forme de son Maxi 80 Prince de Bretagne en sécurité.

Yves le Blévec, skipper d’Actual
« Nous avons été rapidement vers le Sud et vers des conditions qui nous conviennent. Une barrière horizontale est en train de se former entre Gibraltar et Madère, une dorsale avec très peu de vent. Les deux autres Ultime essayent d’aller au plus près du Maroc, là où il y a du vent car d’ici quelques heures, ils auront plus de difficulté à passer. Nous n’avons pas été les plus rapides, et nous allons donc contourner cette dorsale par l’Ouest, ce qui va nous obliger à faire du près. Les premiers jours de course étaient difficiles. On découvre le bateau avec Jean-Baptiste : chaque manœuvre prend un peu de temps et d’énergie. »

Les trois Multi-50 sont dans la même situation que l’Ultime Actual et vont devoir contourner la bulle. Ciela Village  pointe toujours en tête devant Arkema et FenêtréA-Prysmian.
Gilles Lamiré et Yvan Bourgnon convoient la French Tech Rennes Saint Malo à petite vitesse vers Brest suite à leur collision avec un OFNI.

Erwan Le Roux, skipper de FenêtréA Cardinal (Multi50)
« C’est difficile de le dire autrement : notre début de course a été compliqué. Depuis la sortie de la Manche, plus que le vent, ce qui est compliqué, c’est l’état de la mer. Nous avons pas mal de virements de bord à faire et comme nous sommes au près, ça tape énormément. Ce n’est pas facile pour nous, mais ça ne l’est pas non plus pour le bateau qui encaisse les chocs. Nous n’avons pas encore régaté. Nous n’avons pas encore regardé où sont les petits copains mais nous savons que nous n’avons pas super bien navigué. Pour nous, jusqu’ici, l’essentiel a été de réussir à conserver le bateau en bon état et c’est ce que nous allons continuer de faire au moins jusqu’à ce soir, quand les conditions vont commencer à s’améliorer. Nous avons encore un front à passer. De ce fait, le vent d’ouest va tourner au sud-ouest. D’après les fichiers, cette rotation devrait avoir lieu vers 13 heures (heure de Paris) puis, sur les coups de 16 heures, ça devrait commencer à mollir un peu pour se stabiliser entre 10 et 15 nœuds dans la soirée. La mer restera sans doute très inconfortable mais je pense que ce sera plus facile. C’est clair que ça va faire du bien quand ça va s’arrêter de secouer et redevenir un peu plus confortable. Pour l’instant, l’objectif, c’est de passer ce nouveau front sans encombre puis, une fois que ce sera fait, ce sera de remettre un peu d’ordre dans le bateau, de faire deux-trois bricoles et d’établir une stratégie pour la suite. Il sera temps de vraiment passer à l’attaque ».

Transat Jacques Vabre : retour en vidéo sur l’hélitreuillage de Lionel Lemonchois et Roland Jourdain et sur l’avarie de Gilles Lamiré et Yvan Bourgnon

Le skipper de Prince de Bretagne est revenu sur les circonstances et les conséquences du chavirage. L’ensemble du team Prince de Bretagne reste mobilisé pour récupérer au plus vite la plate forme du trimaran, dont le gréement a été libéré par Lionel Lemonchois.

Lionel, pouvez-vous revenir sur les circonstances de l’accident ?
 « Je n’ai pas vu grand-chose car j’étais dans le bateau. On était au près, sous trinquette, dans de la mer, avec entre 15 et 17 nœuds de vent. Dix minutes avant, avec Bilou, on se posait la question de savoir s’il fallait qu’on déroule le solent ou pas. Je ne sais pas ce qui s’est passé, j’ai juste eu le temps de bondir et d’attraper Bilou pour l’attirer dans la descente. Est-ce que c’est le fait d’une vague ou d’une survente ou bien des deux, c’est difficile à dire… C’est dur parce que nous avions passé le plus gros du mauvais temps et que la météo allait vraiment en s’arrangeant. »

Qu’avez-vous ressenti à ce moment-là ?
« C’est le ciel qui vous tombe sur la tête. J’ai déjà vécu ça il y a deux ans (sur la Mauricienne, ndlr). Revivre deux fois de suite la même chose, ça commence à faire beaucoup. Je n’ai pas pensé à la Transat mais au bateau, à toute cette somme de boulot et d’énergie que nous avons dépensé pour que le Maxi80 Prince de Bretagne soit comme il est. C’est terrible de voir tous ces efforts foutus en l’air en l’espace de deux secondes et de penser aux conséquences qu’il va y avoir derrière. »

Dans un premier temps, vous n’avez pas demandé d’assistance puis finalement, vous avez déclenché votre balise de détresse. Qu’est-ce qui a motivé cette décision ?
 « Hier soir, quand j’ai appelé Mino (Dominique Vittet, le directeur technique du team, ndlr), il m’a annoncé des vents de plus en plus forts, précisant que ça pourrait monter jusqu’à 40 nœuds dans la soirée de jeudi. Cet après-midi, il y avait déjà cinq à six mètres de creux et ça soufflait à 30 nœuds. Je me suis dit que ça ne valait pas la peine de se mettre en danger à deux dans une mer pas loin d’être démontée. J’ai quand même fait en sorte de larguer le gréement pour soulager le bateau. J’y suis parvenu après deux bonnes heures passées dans l’eau avant d’être récupéré par les secours et de quitter le bateau. »

Comment s’est déroulée l’opération d’hélitreuillage ?
« L’hélicoptère du MRCC Madrid est arrivé hyper vite. Il nous a même surpris car on  ne l’attendait pas si rapidement. Il est passé une première fois au dessus de nous puis a refait un tour avant de descendre un gars qui nous a monté l’un après l’autre, Bilou d’abord et moi ensuite. Au total, ça a duré vingt minutes. C’était très impressionnant de voir le type au bout de son câble au dessus du bateau balancé dans tous les sens, mais on a vite senti que l’équipe avait l’habitude de faire ce genre de chose car l’opération s’est déroulée de façon très carrée et très pro. »

On imagine que, maintenant, votre priorité, est d’essayer de récupérer le Maxi80 Prince de Bretagne ?
« En tous les cas, nous allons tâcher de faire ce qu’il faut pour. Nous avons commencé les discutions pour trouver un remorqueur. L’idée, a priori, c’est plutôt d’essayer de remorquer le trimaran à l’envers jusqu’à La Corogne ou un autre port assez proche, puis de le gruter pour le retourner. A mon sens, c’est ce qui sera le moins destructeur pour lui. Notre équipe technique s’occupe de ça et si possible, nous partirons jeudi soir après le coup de vent pour être sur zone vendredi. »

Emotion également palpable pour le malheureux équipage de la Frenc Tech Rennes Saint Malo qui abandonne suite à une collision avec un container. Gilles Lamiré et Yvan Bourgnon espèrent rejoindre Brest d’ici trois jours.

https://dailymotion.com/video/x3b8tov

Transat Jacques Vabre : Abandon du Multi 50 La French Tech-Rennes Saint Malo

Gilles Lamiré et Yvan Bourgnon ont notifié leur abandon à la Direction de Course de la Transat Jacques Vabre à 16h50. Les deux skippers du Multi 50 La French Tech-Rennes Saint Malo sont entrés en collision avec un container. Le trimaran est très endommagé mais la situation reste sous contrôle des deux marins qui sont en bonne santé.

© Olivier Blanchet/ DPPI/TJV2015

© Olivier Blanchet/ DPPI/TJV2015

Gilles Lamiré : « Nous naviguions à une vitesse de 15 nœuds vers le Sud, sur pilote automatique avec vent de travers. Tout se passait bien lorsque le bateau s’est arrêté net. Étant au poste de veille, je suis sorti en premier : j’ai vu un bout de flotteur derrière le bateau et un container dans la mer. »

Yvan Bourgnon : « Il manque 5 à 6 mètres sur le flotteur bâbord et le flotteur tribord est endommagé sur un mètre. La difficulté consiste maintenant à ramener le bateau en s’appuyant sur un seul flotteur. Notre routeur météo travaille sur une route idéale pour rentrer dans les meilleures conditions possibles. Nous nous dirigeons à vitesse réduite (6 nœuds) sous voile, vers Brest que nous devrions rallier d’ici trois jours. »

Transat Jacques Vabre : Sodeb’O 60 milles devant Macif

Thomas Coville et Jean Luc Nélias sur Sodeb’O Ultim continuent de creuser petit à petit un avantage sur leur concurrent direct Macif mené par le duo François Gabart/Pascal Bidégorry. Ils naviguent actuellement à la latitude de Lisbonne à 40 milles au large, les conditions se sont améliorées depuis le passage du Cap Finisterre, la mer s’organise et le vent se stabilise, ce qui devrait permettre au duo de tête dans la classe Ultime d’allonger la foulée.

© Yvan Zedda / Sodebo

© Yvan Zedda / Sodebo

Jean-Luc Nélias, so-skipper de Sodebo Ultim’ :
« Quand il y a un grain, on prie, on appelle au secours le gars qui tombe de la bannette…  Nous avons choqué les deux voiles, le rail d’écoute de grand-voile, c’est passé de 14 à 33 nœuds en deux minutes, et la vitesse du bateau était de 35-36 nœuds. Une fois qu’on a passé le DST (Dispositif de Séparation de Trafic), on a pu lâcher les chevaux. Là, On marche à 25 nœuds de moyenne. Une fois la dépression passée, la nuit a été assez calme, nous avons pu relâcher la tension nerveuse. Depuis, le vent est très irrégulier, la mer est de plus en plus marquée, il doit y avoir des photos de surf à Penice ! La houle est de plus en plus grosse. Il y a des grains, du soleil et les premiers poissons volants. On suit notre bonhomme de chemin vers le sud, tout va bien. Nous ne dormons pas beaucoup. Nous n’avons pas encore mis en place notre système de quart. Il y a quand même de la fatigue physique, car depuis le début il y beaucoup de manœuvres, de réglages à faire. Il faut être deux sur le pont, c’est difficile musculairement. Nous avons les bras endoloris, les épaules qui couinent, le biceps larmoyant.
Concernant le chavirage de Prince de Bretagne : « Sur la position, on voyait bien que le bateau n’avançait pas beaucoup. Je suis allé sur le site web de la Transat Jacques Vabre et j’ai vu qu’il avait chaviré. nous sommes émus, déçus, et contents à la fois  de savoir que les deux bonshommes soient à l’intérieur. Nous n’avons pas de détails, on sait juste qu’ils n’ont pas demandé assistance. On pense bien fort à eux, on est là pour leur envoyer des bonnets et des polaires pour qu’ils se tiennent chaud ! »

François Gabart, skipper de Macif :
« Je suis pas mal occupé, la mer est encore assez forte, le vent est assez instable. Nous avons pas mal de choses qui ne fonctionnent pas. Heureusement qu’on est deux, sinon je ne serais pas là à parler ! On essaye de tout remettre en place, ce sont surtout des problèmes électroniques. Le bateau dans sa structure en général, tient, donc on est ravi. Mais là actuellement, on n’a plus d’électronique.
On a essayé de naviguer prudemment, le bateau est léger, assez volage dès que le vent est instable, il faut se méfier. Je suis ravie de ce baptême du feu.
Le vent a molli, nous avons encore une grosse houle, mais ça se gère bien, on file vers le sud. Nous essayons de de nous dégager de cette zone un peu tumultueuse. Avec Pascal, nous nous entendons bien, de faisons de belles manœuvres ensemble, c’est juste génial. On commence à être un peu fatigué, mais juste ce qu’il faut pour se lancer dans la course. Sodebo a pris un peu d’avance, à la fois beaucoup et pas grand chose à l’échelle d’une transat. On verra bien dans quelques jours
. »

 

Yves Le Blévec et Jean Baptiste Levaillant sur Actual devraient parer le cap dans les heures à venir et pourront profiter de ces conditions plus clémentes. Les deux hommes, en phase de découverte du trimaran continuent une navigation prudente, comme l’expliquait le skipper ce matin.

Yves le Blévec, skipper d’Actual :
« Déjà que nous n’étions pas super à l’attaque, le chavirage de Lionel et Bilou nous a bien refroidis. Rassurés de les savoir tous les deux en sécurité mais un peu choqués de savoir que ça s’est passé juste devant nous. Il faut dire que les conditions ne sont plutôt pas faciles. Nous avons une houle bien marquée de travers qui, par moment, fait bien giter le bateau. Le vent nominal n’est pas très fort, autour de 20 nœuds, mais les grains sont parfois violents avec des rafales à 35 nœuds. Il fait froid. Un point positif, la lune vient éclairer la nuit et nous aide bien à voir les nuages dangereux. Jean-Baptiste et moi, on se fait des petits relais de 1 à 2 heures pour arriver à trouver du repos et rester vigilants. Nous naviguons plutôt sous-toilé par rapport à la vitesse du vent pour rester « safe » dans les grains.  On ne sera pas mécontents de sortir de cette zone instable… »

Lionel Lemonchois et Roland Jourdain sont à l’abri dans la coque centrale du Maxi80 Prince de de Bretagne suite à leur chavirage hier soir. Les deux skippers n’ont pas demandé d’assistance, mais pourraient patienter plusieurs jours dans le trimaran retourné. Ils devraient de nouveau joindre leur équipe technique à 13h afin d’organiser les secours.

En Multi 50, les écarts restent faibles, Ciela Village pointe en tête grâce à un positionnement plus sud devant FenêtréA-Prysmian, Arkema et La French Tech Rennes Saint Malo qui est le bateau le plus à l’ouest de la flotte des 50′.

Oliver Krauss, skipper de Ciela Village : «  La mer commence à être bien agitée depuis quelques heures. On a passé le front hier en début d’après-midi mais on a toujours du vent à bord. Pour l’instant, il faut faire attention, lever le pied : la priorité est de ne pas casser le matériel. Contents d’être toujours premiers, une journée de plus mais bon la course est très serrée, on verra ça après. »

 

Le Gitana Team remporte le petit et le grand Tour de Belle Ile

La huitième édition du Tour de Belle-Ile a été remportée par le Multi 70 Groupe Edmond de Rothschild qui a devancé de peu Oman Sail (Sidney Gavignet) et le troisième MOD70 en course, Paprec Recyclage (Jean-Pierre Dick). Sébastien Josse et ses équipiers battent également leur propre record de l’épreuve en 2h24’15, soit 17 minutes de mieux que leur temps de 2011 sur Gitana 11.

Les conditions étaient idéales pour cette grand fête avec une mer peu formée et une brise de sud-ouest d’une bonne quinzaine de nœuds.

« Jean-Pierre est passé en tête aux Poulains, racontera après-coup Sébastien Josse. Mais dans le bord de portant derrière Belle-Ile, nous avons réussi à combler notre retard. Après, il a fallu trouver une  ouverture pour passer, nous étions un peu coincés, mais ils ont empanné un peu trop tôt avant les Galères, ce qui nous a permis de faire la différence. Bien qu’il s’agisse d’une navigation très courte, cela nous permet d’ores et déjà de nous jauger et de valider les grands principes du travail réalisé pendant le chantier d’hiver. C’était indispensable pour établir la job list de tout ce qu’il nous reste à faire. Je le répète beaucoup mais nous ne sommes qu’au début de notre apprentissage et cette première sortie est plutôt très positive. Le bateau n’a pas perdu de sa vélocité au près et a gagné aux allures portantes »

Oman Sail terminait à 1’35 du vainqueur, Paprec Recyclage complétait le podium, à 4’45, Sensation Océan d’Alain Gautier terminait 4ème devant Qingdao, l’ex IDEC de Francis Joyon, qui était présent au côté du nouveau skipper Guo Chuang.

Le 50′ FenêtréA-Prysmian (Erwan Le Roux), prenait la 6ème place  devant Arkema (Lalou Roucayrol).

L’Extreme 40 Groupama (Julien Villion) se classait huitième  devant l’AC45 Groupama skippé par Franck Cammas (le bateau n’était pas classé officiellement du fait de la commande des foils.

Sur le Petit Tour, c’est l’autre bateau du Groupe Edmond de Rothschild qui s’imposait,  le GC32 barré par Gurvan Bontemps, qui termine en 2h45’10.
Ils ont dit…

Sébastien Josse (Groupe Edmond de Rothschild) : « Troisième victoire sur le Tour de Belle-Ile, c’est sympa ! Jean-Pierre (Dick) et Sidney (Gavignet) nous ont donné du fil à retordre, mais nous sommes parvenus à faire la différence au niveau des Galères en empannant plus tard. Nous battons en plus notre propre record, c’est toujours bon à prendre ! »

Gurvan Bontemps : « C’était une belle régate à bord du GC32 Edmond de Rothschild. Nous n’avions pas de concurrents de notre catégorie mais ça ne nous a pas empêché de prendre beaucoup de plaisir. Sur la première partie du parcours, où nous n’étions pas vraiment à notre avantage, car au près, nous avons tout de même réussi à jouer avec l’AC45 Groupama ce qui était plutôt sympa. Pour nos types de bateaux, le format s’apparentait à un raid et le plus compliqué a été de gérer la mer et les rafales d’une vingtaine de nœuds dès la sortie du chenal de la Teignouse. J’ai l’habitude des petits catamarans de sport et le GC32 est vraiment un bateau agréable à bord duquel on a vite de bonnes sensations comme lors de notre bord retour au portant vers les Galères »

Erwan Le Roux (FenêtréA-Prysmian) : « Il a fallu s’arracher pour gagner notre duel avec Arkema. C’était un coup à eux,  un coup à nous, la différence s’est faite au dernier passage de marque, ils ont roulé leur gennaker alors que nous avons gardé le nôtre, c’était la bonne option. Tout l’équipage a bien travaillé pour faire de belles manœuvres. »

Franck Cammas  (AC45 Groupama) : « On s’est bien fait rincer. J’ai les yeux explosés. Avant le départ, nous n’étions pas certains de respecter le parcours en passant au vent de Belle Ile, à cause des fortes vagues qui venaient s’écraser sur la côte. Nous y sommes finalement allé mais avec beaucoup de prudence. Ce bateau qui vole, c’est une vraie découverte même si nous avons déjà une bonne expérience grâce à Groupama C. C’est un peu comme passer de l’avion à hélice à l’avion à réaction. Nous avons beaucoup à apAC45prendre et c’est en cela qu’il était intéressant de participer au Tour de Belle Ile ».

Annulation du Défi du Prince

Prince de Bretagne, sponsor du Multi 80′ de Lionel Lemonchois et organisateur de course a annoncé l’annulation du Défi du Prince, course qui devait avoir lieu en mai et qui était ouverte aux multicoques de plus de 50′.

En effet plusieurs bateaux sont immobilisés, dont le 80′ de Lionel Lemonchois, tout juste chargé sur un cargo au Brésil, suite à son chavirage lors de la Mauriecienne  et qui entrera en chantier à son arrivée à Lorient afin d’être prêt pour la Route du Rhum, le Multi 50′ Arkema Région Aquitaine de Lalou Roucayrol est également toujours dépourvu de mât et ne sera de retour en France que courant mai.

Par ailleurs, Spindrift 23, le trimaran de 40m du duo YannGuichard/Dona Bertarelli sera convoyé fin mai vers les Etats Unis pour une tentative de record sur l’Atlantique Nord, Banque Populaire VII, sera mené sur le même parcours en solitaire par Armel le Cléac’h à la même période, les deux trimarans n’auraient donc pas pu participé à cette course. Francis Joyon sur Idec va partir vers le Brésil dans les jours qui viennent et Thomas Coville mettra son nouveau maxi Ultime Sodeb’O à l’eau à la fin du mois avant d’enchaîner les navigations d’entrainement pour le Rhum.

Seule la classe des Multis 50′ semblait conserver un attrait pour cette course, les MOD 70 n’étant pour la plupart que destinés à des navigations RP (Spindrift racing, Paprec).

Cependant une Route des Princes 2, comme en 2013, est programmée l’année  prochaine, ce tour de l’Europe avait été un succès, reste à réunir un plateau suffisant pour cet événement.

 

Nouvelle course pour les multis océaniques avant la Route du Rhum

Prince de Bretagne poursuit son engagement en tant qu’organisateur de course, après une première édition réussie de la Route des Princes en juin dernier, l’entreprise lance le Défi du Prince.

Le concept de cette course est : une ligne de départ unique pour un début de course le 18 mai à 13h00 pour tous les concurrents, entre le phare du Minou et la bouée des Fillettes en rade de Brest, et un parcours adapté à chaque catégorie (4 à 6 jours) de multicoques, à savoir une boucle en Atlantique.

Cette course sera ouverte aux Ultimes, aux Multi 70 (MOD70), et aux Multi 50, les organisateurs laisseront à chaque classe le soin de décider de courir en solitaire ou en équipage réduit.

Report de la Krys Ocean Race

Déjà privée de réel programme cette saison et après une première année difficile en 2012, la classe des MOD70 est de nouveau confrontée à une nouvelle déconvenue avec le report de la transatlantique, cette seconde édition de la Krys Ocean Race, prévue en mai 2014 est reportée en 2016.

L’organisateur avait déjà entamé des discussions avec les différentes classes de mulicoques océaniques et la course devait s’ouvrir aux Ultimes et aux Multi50′, ceci n’aura semble-t-il pas fédéré les armateurs qui n’ont pas répondu présents. Il est également prévu, si la course devait s’inscrire dans la durée de passer sur un cycle de 4ans, et qu’elle soit ouverte à tous les multicoques.

L’avenir s’assombrit donc encore un peu plus pour la classe monotype, seuls sept trimarans ont été construits, deux d’entre eux ne naviguent pas faute de budget (Race for Water de Steve Ravussin, et l’ex Foncia de Michel Desjoyaux), un autre a été acheté par un propriétaire (Orion Racing) et ne semble destiné qu’à des courses américaines, les quatre autres unités sont dotées de budget (Groupe Edmond de Rothschild, Oman Air Musandam, Spindrift racing et Virbac Paprec), mais sont privées de circuit et de courses.

En effet avec l’annulation de l’Ocean World Tour, un tour du monde par étapes l’année dernière, et de cette transatlantique, la classe perd sa substance, puisque les trimarans ne seront probablement armés que pour des courses côtières ou semi-hauturières. On pourrait voir quelques unités sur la Route du Rhum en novembre 2014, mais le programme des MOD 70 se résumera probablement à cet unique événement, Prince de Bretagne avait bien organisé un tour de l’Europe l’année dernière mais celui-ci n’a pas vocation à devenir annuel.

Voile-Multicoques.com/Baptiste Morel

Voile-Multicoques.com/Baptiste Morel

Qui plus est, le conflit entre armateurs des bateaux et l’organisation ne semble toujours pas réglé, le trimaran aux couleurs du Gitana Team a par exemple disparu de la liste des team sur le site officiel de la classe, certains concurrents avaient par exemple eu, la saison dernière, d’énormes difficultés à obtenir des pièces de la part de Multi SA.

Marco Simeoni, Président de MOD S.A. : « C’est avec une grande tristesse que nous avons pris la décision de reporter la KRYS OCEAN RACE qui devait pourtant s’annoncer comme un grand rendez-vous sportif au sein de la flotte des MOD70. Un contexte économique difficile conjugué à des choix stratégiques de certains partenaires et armateurs nous ont malheureusement contraints à devoir reporter l’évènement. MOD ainsi que ses partenaires Krys et la ville de Brest réfléchissent au format de l’édition future qui permettrait le plein succès de cette course autant sur un modèle sportif que économique».

Jean-Pierre Champion, Directeur Général de Krys Group : « Chacun a en mémoire les images de la 1ère édition : Ces « formule 1 » des mers, au pied de Manhattan, s’élançant pour rejoindre Brest en moins de 5 jours : une prouesse de chaque équipage qui fait écho à l’exigence quotidienne des 880 équipes d’opticiens KRYS. La 2ème édition se doit d’être encore plus ambitieuse et plus unique».

 

Début de course sans problème pour les MOD, un chavirage en 50′

Après 4 jours de course, les duos engagés sur la Transat Jacques Vabre  dans les classes multicoques ont désormais tous parés le Cap Finistère.

En MOD 70, les deux bateaux en course ont déjà passé les Canaries, après avoir dégolfé sans réel problème malgré des conditions soutenues. Les trimarans suivent la même trajectoire avec un avantage pour Groupe Edmond de Rothschild mené par Seb Josse et Charles Caudrelier, Oman Air Musandam, de Sidney Gavignet et Damian Foxall pointent à 45 milles du leader. Ils devraient entrer dans le pot au noir d’ici 48 heures.

Sébastien Josse : «Nous avons actuellement 14 nœuds de vent, la mer est quasiment plate (1,5 mètres). Ce devrait être notre première journée de navigation au sec depuis le départ ! On ressent nettement le changement de température et le soleil est enfin de la partie ; il va falloir bien se protéger à la barre. Juste après le dévent de Madère, nous avons fait notre premier beau planté de la Transat. J’étais à la barre, le bateau sous gennaker et un grain est arrivé. Dans l’abattée, le bateau a enfourné»

Damian Foxall : « Nous avons modifié les réglages du bateau durant les six dernières heures, et nous allons maintenant un peu plus vite. Notre safran central est remonté, nous avons donc dû ralentir pour le remettre en place, mais tout va bien maintenant, même si nous avons perdu un peu de terrain sur Gitana, nous allons nous battre pour revenir. Nous sommes plutôt contents de ce que nous sommes en train de faire. Nous sommes toujours dans du vent d’est, ce qui nous permet de faire route à l’ouest, et c’est ce que nous devons faire. Nous avons dû monter dans le mât au large du Cap Finisterre pour débloquer une drisse, ce qui nous a coûté quelques milles. Quelques autres petits soucis se sont ajoutés et nous ont fait perdre quelques milles de plus, mais nous nous en sortons bien et nous espérons les rattraper, il y a encore un long chemin à parcourir ! »

Les MOD 70 dans le raz de Sein

En Multi 50, le Golfe de Gascogne a contraint l’équipage de Maitre Jacques a stoppé, en effet les deux Loic (Fequet et Escoffier) ont vu l’étrave tribord de leur flotteur se casser nette avant hier. Les skippers ont rejoint la Corogne sans assistance.

Loïc Féquet : « Nous avions eu une nuit difficile, mais le vent et la mer ont été beaucoup moins forts que ce qui avait été annoncé. Nous avions d’ailleurs fait un contre bord à l’ouest à l’entrée du golfe de Gascogne (sur les conseils de notre routeur), non seulement pour éviter la mer plus formée dans le sud du golfe, mais aussi en prévision de la redescente sur le cap Finisterre. Le vent était même tombé à 10 nœuds samedi matin, et nous attendions d’être sûrs qu’il ne se renforce pas trop pour renvoyer de la toile. Les deux vagues qui ont provoqué la casse du flotteur n’étaient pas plus grosses que les autres, et nous n’attaquions pas du tout. D’où l’hypothèse de l’usure… «Nous avons pas mal échangé à ce sujet avec notre équipe et l’architecte du bateau. C’est encore difficile à dire, mais il semble que l’âge du bateau*, mis à l’eau en 2005, soit une cause assez plausible. 

Lorsque le flotteur a cassé, nous n’avions pas des conditions dantesques et nous naviguions de façon à préserver le bateau justement. Nous étions à 100° du vent, avec deux ris et la trinquette, il y avait 20 à 25 nœuds, et la mer était maniable. Cela n’avait rien à voir avec les conditions vraiment musclées rencontrées il y a deux ans sur cette même Transat Jacques Vabre. 
Une cause possible serait aussi qu’il y ait eu un point d’impact un jour, lors d’une manœuvre ou à cause d’une grosse vague et que cela ait créé un point de faiblesse… »
Aujourd’hui nouvelle déconvenue dans la classe hier au soir, Lalou Roucayrol et Mayeul Riffet sur Arkema ont chaviré à 200 milles des côtes portuguaises. Ils naviguaient au contact de Fenêtréa Cardinal au moment de l’incident, le duo n’a pas demandé d’assistance, un remorqueur a été affrété, la plate forme a été sécurisée et le trimaran sera retourné avant de rejoindre Lisbonne.
Les explications sur le chavirage,  Mayeul Riffet : « On avait 12-18 nœuds de vent, le bateau est parti au lof, les safrans ont décrochés, et en 3 secondes le bateau s’est retrouvé à l’envers. On a voulu choquer, c’était bien trop tard. On était sous gennaker donc ça a enfourné quand même. J’étais à l’intérieur, j’ai essayé de sortir mais je n’y suis pas arrivé. Lalou (Roucayrol) est arrivé à nager par dessous et rentrer par la petite trappe. Le trimaran, ou tout du moins la plateforme, est complètement sécurisé. Nous avons passé la matinée et le début d’après-midi dans l’eau afin de couper tout ce qui trainait sous le bateau. Il restait quelques morceaux du mât et nous avons tout lâché. Toute la nuit dernière, la bôme et le reste du mât tapaient dans la coque centrale et nous avions peur que cela crée des dommages plus importants. Il y a encore beaucoup de mer et nous sommes ballotés dans tous les sens. Nous avons la chance d’avoir de l’énergie pour recharger le téléphone satellitaire, à boire et à manger. Cette nuit, nous ferons des quarts de surveillance à l’extérieur du trimaran pour éviter toute collision avec d’autres navires. Nous sommes bien sûrs très secoués et attendons avec grande impatience que notre équipe et le remorqueur viennent à notre rencontre. »
Deux des favoris sont donc hors jeu, Yves Le Blévec et Kito de Pavant ont quant à eux fait un arrêt technique à Madère pour réinstaller une pièce de l’anémomètre en tête de mât d’Actual. L’arrêt a duré environ une heure, le duel face à FenêtréA-Cardinal (Erwan Le Roux/Yann Elies) a donc repris. Les deux trimarans ont pris un cap à l’Ouest afin d’aller chercher de la pression.