Du spectacle pour le 1er match de la finale de la Louis Vuitton Cup

Le départ de la 1ère manche de la Louis Vuitton Cup entre Luna Rossa et ETNZ a été retardé de 20 minutes hier en raison du dépassement de la limite de vent maximale fixée à 19 noeuds, le comité lançait finalement la manche dès que le vent faiblissait. Ce petit délai était bienvenue pour le challenger italien, puisque le catamaran AC72 de Luna Rossa connaissait des problèmes sur le foil tribord. L’équipe technique parvenait cependant à réparer le système de relevage du foil avant le départ de la régate.

L’équipage d’Emirates Team New Zealand réussissait à glisser son catamaran au vent de Luna Rossa, les deux bateaux partaient lancés à plus de 30 noeuds, avec des vitesses à plus de 35 noeuds vers la 1ère marque, ETNZ franchissait celle-ci avec 8 secondes d’avance sur le cata italien.

© ACEA / PHOTO GILLES MARTIN-RAGET

Les espoirs des italiens s’évanouissaient quelques centaines de mètres après cette marque, avec une nouvelle casse sur le système de relevage de foil, comme l’explique le skipper Max Sirena : « Une pièce du système de relevage de la dérive a cédé. Nous avons effectué un peu de maintenance récemment sur la dérive pour optimiser ‘l’aéro package’. Cela faisait cinq jours que nous naviguions ainsi et aujourd’hui cet élément a cassé. Par chance, la rupture est survenue en navigant sur un bord de portant et non lors d’un empannage, sinon nous aurions également pu perdre le contrôle de notre AC72 ».

La suite de la course aurait du être un parcours de santé pour les kiwis, mais l’équipage de Dean Barker continuait à attaquer malgré l’absence d’adversaire, et à la 3ème marque du parcours, le catamaran enfournait violemment à l’abattée. L’AC72 passait de 40 à une dizaine de noeuds, dans la manoeuvre, deux équipiers étaient balayés par la masse d’eau et passaient par dessus bord. Ils étaient immédiatement récupérés par le bateau d’assistance du team néo-zélandais.

© ACEA / PHOTO GILLES MARTIN-RAGET

Dean Barker : « Nous sommes surtout ravis que personne ne soit blessé. Toute le monde est encore sous le choc mais nous étions en course et à bord de ces machines nous savons que tout peut arriver. Avec le recul, les conditions n’étaient pas si extrêmes mais si vous ne faites pas le nécessaire quand il faut, les choses peuvent rapidement mal tourner. Et cet après-midi, nous avons visiblement raté la manœuvre. Nous allons analyser nos données. L’équipage va se remettre de ses émotions et ils seront à nouveau d’attaque demain ».

Le catamaran subissait quelques dégâts dans cette figure de style avec le carénage du bras de liaison avant arraché, tout comme le filet du côté babord.

L’équipage finissait sa manche avec deux équipiers absents, et remportait son 1er point lors de cette finale de la Louis Vuitton Cup.

Le defender américain de l’America’s Cup, Oracle Team USA, lançait également ses régates de sélection, deux équipages étant opposés, celui de James Spithill et de Ben Ainslie. Le match était très disputé mais c’est finalement Spithill qui s’imposait sur le second bateau du team américain. La seconde manche de ces defender series disputée ce soir a également tourné court avec la perte d’un safran sur le cata de Ben Ainslie.

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Spindrift 2 remporte la Fastnet Race devant Banque Populaire VII

Yann Guichard, Dona Bertarelli et leur équipage ont remporté la première course à laquelle participait le dernier bateau entré dans l’écurie, le maxi trimaran Spindrift 2, ex Banque Populaire V. Ils se sont imposés cette nuit après 38 heures et 54 minutes de course.

Le record de l’épreuve n’a pas été battu, faute de conditions météos favorables, avec des brises faibles et un courant de marée important jusqu’à Land’s End, après le passage du phare du Fastnet les grands multis n’ont pas bénéficié de conditions de vent suffisantes pour espérer accrocher le temps de référence détenu par Banque Populaire V depuis 2011.

Le trimaran de 140′ aura eu un adversaire coriace sur les 605 milles entre Cowes et Plymouth puisque Banque Populaire VII (ex Groupama 3), mené par Armel le Cléac’h termine à 22 minutes de Spindrift 2, après avoir réussi à rejoindre celui-ci au passage du Fastnet où seulement 300 mètres séparaient les deux trimarans.

Sidney Gavignet et son équipage sur le MOD70 Oman Air Musandam complètent le podium en temps réel. Sébastien Josse avait quant à lui décidé de courir en double avec Charles Caudrelier, afin de préparer et de sa qualifier pour la Transat Jacques Vabre, c’est désormais chose faite, les deux hommes ont bouclé le parcours en 4ème position en 48 heures et 8 minutes.


Yann Guichard, co-skipper du Maxi Spindrift 2 « Le moment décisif a été l’arrivée ici. C’est vrai que pendant toute la course, nous avons été très proches avec Banque Populaire VII. En mer d’Irlande, il nous avait même un peu dépassé, nous étions à la même vitesse tout le long. Tout s’est joué comme d’habitude 2 milles avant l’arrivée. Cette course est un sprint, il faut être dessus du début à la fin et c’est ce qui fait son charme. Tout s’est super bien passé à bord et tout le monde est resté concentré sur son objectif. Nous avons fait deux semaines d’entrainements depuis la mise à l’eau donc on est très contents du résultat ».

Sidney Gavignet, skipper du MOD70 Oman Air:   « J’aurais aimé battre Spindrift 2 et Banque Populaire mais nous aurions eu besoin d’un coup de pouce du destin pour y parvenir, a-t-il déclaré. C’est comme s’ils étaient les parents et nous le petit enfant. Mais nous avons réussi à ne pas nous laisser distancer pendant une longue période, et nous terminons juste derrière eux donc c’est un bon résultat. Cela signifie aussi que nous nous imposons dans la classe MOCRA en temps compensé, ce qui est une bonne chose. Je suis heureux pour Oman Sail et l’équipage ».

Sébastien Josse, skipper du MOD70 Edmond de Rothschild : « Nous sommes fatigués mais heureux de boucler cette course et de nous qualifier pour la Jacques Vabre. Les conditions météos ont été assez conformes aux prévisions avec un début de course vraiment physique … Nous sommes sortis du Solent au près dans un vent forcissant – entre 12 et 15 nœuds moyens – et ces quelques milles ont été intenses avec un grand nombre de virements à réaliser. Dans ces enchaînements de manœuvres, nous avons clairement manqué de bras pour mener le bateau comme nous savons le faire en équipage. Les 150 milles, de la sortie du Solent au Cap Lizard, ont heureusement été plus simples à gérer car dès qu’il y a de l’eau à courir c’est moins sollicitant physiquement. En Mer Celtique, nous avons eu plus de vent que prévu avec 17 nœuds moyens qui sont montés jusqu’à 25 nœuds. La mer était courte et assez hachée ce qui n’était pas très confort. Mais comme prévu, dès que nous avons passé le Fastnet nous sommes repartis vent arrière. La nuit a été géniale dans cette configuration. Ce matin, le vent s’est totalement écroulé alors que nous pointions à 10 milles de l’arrivée. Nous sommes restés quasiment arrêtés durant 4 heures et il a fallu être patients en attendant que le Sud-Ouest ne rentre et nous permettre de nous diriger vers l’entrée de la baie de Plymouth où était mouillée la ligne l’arrivée.  C’était vraiment intéressant de participer à la Rolex Fastnet Race en double ; cette navigation comptera double dans notre préparation. Il y avait de l’enjeu avec une ligne de départ, des concurrents et un parcours à respecter. Réaliser notre qualification dans ces conditions nous a permis de repousser nos limites bien plus que si nous l’avions faite seuls dans notre coin au large de Lorient. Sur les premiers milles de course, nous avons dû exécuter plus de virements que nous en ferons sûrement sur toute la Jacques Vabre ! Edmond de Rothschild était beaucoup plus facile à manier au portant, sous gennaker, qu’au près. Sur cette course, nous avons en effet pu constater qu’il était vraiment compliqué de lâcher la barre et de laisser le bateau sous pilote quand nous naviguions au près dans de la mer. Il va falloir travailler cela et trouver les bons réglages pour la Jacques Vabre.  Durant la Transat, il va falloir faire simple. Le bateau est très exigeant et puissant, ce qui rend toute navigation engagée. Physiquement, les manœuvres sont difficiles mais surtout une fois ces manœuvres réalisées, il faut se concentrer et se remettre à la barre pour retrouver l’équilibre du bateau. Les temps de récupération sont vraiment courts.»

 

© Chris Schmid / Spindrift racing

Classement :

1- Spindrift 2 – arrivé à 2h53 (heure locale – 3h53 heure française) – Temps : 1 jour 14h 53′ 58 »
2- Banque Populaire VII – arrivé à 3h16 (heure locale – 4h16 heure française) – Temps : 1 jour 15h 16’ 39’’ 
3- Oman Air – Mussandam – arrivé à 4h16 (heure locale – 5h16 heure française) – Temps :1 jour 16h 16′

Tricherie lors des America’s Cup World Series ?

L’équipe américaine et defender de l’Amaerica’s Cup, Oracle Team USA, s’est retiré à titre rétroactif des America’s Cup World Series courus la saison dernière.

En effet, des mesures effectuées par America’s Cup Race Management, ont mis en évidence un poids anormal des trois AC45 alignés par Oracle Team USA (les deux d’Oracle Team USA et celui de Ben Ainslie), ces mesures ont été faites avant la Youth America’s Cup qui aura lieu en septembre, cette compétition réservée aux jeunes équipages ayant pour support le catamaran monotype à aile rigide utilisés sur les ACWS.

Selon l’équipe américaine, une enquête interne a révélé une modification concernent l’ajout de lest au niveau de la martingale grâce à une résine, il semble que tous les AC45 du team américain (les deux bateaux Oracle utilisés lors des ACWS, celui de Ben Ainslie, et les deux autres catamarans ayant servi de plate forme pour le développement des dagger foils). Ces modifications auraient été faites par plusieurs membres du shore team et un membre de l’équipe navigante.

Ben Ainslie a tenu à souligner  que son AC45 avait été préparé par les Américains avant l’arrivée du skipper britannique, qui ignorait complètement la non-conformité de son multi.

© ACEA / photo Gilles Martin-Raget

L’équipe néo-zélandaise a vivement réagi, estimant que ces faits révélaient d’une tricherie de la part du defender et pas de modifications effectuées à l’insu du reste de l’équipe, comme le prétend le communiqué de presse américain.

Il semble en effet difficile de croire que des membres de l’équipe technique et navigante d’Oracle aient pris l’initiative de modifier cinq AC45 sans en référer au reste du team et que cette modification soit passée inaperçue au sein de la base.

 

 

Luna Rossa en finale de la Louis Vuitton Cup face à ETNZ

L’équipage de Luna Rossa, mené par le barreur Chris Draper et le skipper Max Sirena, va rejoindre celui d’Emirates Team New Zealand en finale de la Louis Vuitton Cup. La première des deux équipes à empocher 7 points rencontrera le defender Oracle Team USA pour l’America’s Cup.

L’équipe italienne aura facilement disposé de son adversaire suédois en demi-finale avec un score de 4-0.

Artemis Racing manquait cruellement d’entrainement sur cet AC72, et restait marqué par la tragique disparition d’Andrew Simpson lors du chavirage de leur premier catamaran. Le skipper Nathan Outteridge n’aura pas démérité en prenant des départs agressifs lors de ces quatre matchs et en remportant trois départs.

La meilleure performance des suédois a été réalisée avant hier, malgré un départ perdu, l’équipage d’Artemis racing ne concédait qu’1 minute 18 secondes sur la ligne d’arrivée.

Hier les italiens ont remporté leur dernier match assez facilement, Artemis écopant de trois pénalités, une lors de la phase de pré-départ pour refus de priorité avec un contact entre les deux AC72, puis deux pour sorties de la zone de course. Le delta était de 2 minutes 11 secondes à la fin de la régate.

Les réactions des skippers :

Chris Draper : « Nous avons tellement appris depuis le début de l’événement, ce fut vraiment instructif . Le moral de l’équipe était bas, nous avons vécu des moments difficiles (après les round robins). Nous sommes parvenus à optimiser notre vitesse au près ainsi que nos manœuvres. Cette ultime manche fut à haut risque, nous étions tous nerveux. Je pense que nous avons vraiment progressé en régatant contre Artemis. Et cela sera évidemment très bénéfique pour la suite ».

Iain Percy : « Je suis vraiment fier de notre équipe, nous avons traversé une terrible épreuve.  Mes pensées sont en ce moment avec tous mes co-équipiers ainsi qu’avec la famille de ‘Bart’. Il aurait été si fier de nous aussi. Au moment où il nous a quittés, aucun de nous n’aurait été capable de prédire tout ce que nous avons accompli ces dernières semaines. Nous avons apprécié chaque seconde à bord ».

© ACEA / PHOTO GILLES MARTIN-RAGET

Emirates Team New Zealand et Luna Rossa se retrouveront sur le plan d’eau de San Francisco samedi et dimanche pour les deux premiers matchs, puis le mercredi 21 et le 24 pour les deux suivants. Rappelons que les néo-zélandais ont très facilement remporté leurs matchs face aux italiens. Ceux-ci disposent le la même plate forme que le bateau n°1 des kiwis, qui naviguent quant à eux avec la version 2, optimisée. Ils ont par ailleurs effectués quelques améliorations sur ce catamaran à la fin du round robin.

Sauf surprise de dernière minute, les kiwis devraient donc s’imposer lors de cette finale et affronter Oracle Team USA lors de la 34ème America’s Cup.

 

 

Luna Rossa mène 2 manches à 0 face à Artemis racing

Les Italiens de Luna Rossa Challenge se sont imposés face aux Suédois d’Artemis Racing hier et avant hier lors des deux premières manches des demi-finales de la Louis Cuitton Cup, la régate de sélection des challengers de l’America’s Cup.

La première confrontation avait mal débuté pour l’équipe transalpine qui s’alignait avec sa première aile et qui connaissait des problèmes sur celle-ci quelques minutes avant le pré-départ avec un décollement du film de l’aile rigide, cependant le numéro 1 du bord réussissait à fixer de l’adhésif ce qui solutionnait l’avarie.

Les suédois maitrisaient la phase de départ et gardait le contrôle sur le premier bord de dégagement, ce leadership était de courte durée puisque, dès le premier empannage, les italiens reprenaient la tête grâce à une meilleure maitrise de leurs manoeuvres. Luna Rossa creusait ensuite son avantage particulièrement sur les bords de portant, avec un catamaran affichant un meilleur cap et une meilleur vitesse.

Le manque d’entrainement de l’équipage suédois est donc flagrant face à leur adversaire, qui terminait à deux minutes de l’AC 72 argenté.

Les deux équipes se sont retrouvées sur le plan d’eau hier, avec le même résultat. La régate était lancé dans les conditions les plus clémentes depuis le début de la Louis Vuitton Cup avec 11 noeuds de vent.

Nathan Outteridge s’imposait de nouveau face à Max Sirena sur le départ, mais se faisait rejoindre après quelques longueurs seulement. Ce match était marqué par un beau planté de l’AC72 italien lors d’un empannage, sans conséquence fort heureusement.

Les italiens s’imposaient de nouveau avec un peu plus de deux minutes d’avance, Luna Rossa est donc en bonne voie concernant sa qualification pour la finale de la LV Cup, si ils réitèrent leurs performances, ils pourraient obtenir les deux points manquants  leur qualification demain et samedi.

L’analyse de Christian Karcher sur les challengers et le defender

Début des demis finales de la Louis Vuitton Cup demain

Le coup d’envoi des demi-finales de la Louis Vuitton Cup aura lieu demain, entre les Suédois d’Artemis Racing et les Italiens de Luna Rossa Challenge. Le premier des deux syndicats à obtenir 4 points accédera à la finale face à Emirates Team New Zealand.

Les suédois ont mené une course contre la montre afin d’être présent à cette échéance, ils n’auront navigué que 8 jours sur leur AC72 avent ce premier face à face.

Après une session d’entrainement face au defender Oracle Team USA, le team Artemis s’est mesuré à ETNZ sur une série de phases de départ hier.

Les italiens partent favoris du fait de leur degré de préparation, mais les suédois semblent déjà maitriser leur nouveau bateau avec des gybes « foilés »

Iain Percy (GBR) skipper d’Artemis Racing :
A propos de leur contre-la-montre pour être prêts : « Ces dernières semaines comptent parmi les meilleures de ma carrière de marin. Nous avons tellement appris en si peu de temps. Mais nous sommes loin d’être prêts pour autant… Nos adversaires ont mis leur bateau à l’eau il y a neuf mois. Le nôtre n’y est que depuis neuf jours ! Si nous avions aussi neuf mois devant nous, bien sûr que nous progresserions. Mais nous ne nous cherchons pas d’excuses. Ce qui est arrivé est de notre faute et les faits sont ce qu’ils sont. Notre AC72 est prêt depuis neuf jours et la compétition reprendra ses droits mardi ».

Max Sirena (ITA) skipper de Luna Rossa Challenge :
A propos des préparatifs en vue de la première régate de mardi : « Nous allons tester de nouveaux réglages notamment au niveau des safrans. Puis, après quelques entraînements, nous déciderons de la meilleure configuration pour les demi-finales. Chris (Draper) choisira la combinaison qui lui convient le mieux. Nous serons prêts. Nous allons consacrer les deux prochains jours à optimiser nos manœuvres et nous avons hâte d’en découdre mardi ».

Dean Barker et ses hommes avaient décidé par participer directement à la finale de la Vuitton Cup plutôt que de choisir un adversaire pour les demis, ce qui leur a permis de réaliser un chantier sur  Aotearoa, leur AC72 afin d’optimiser certains éléments.

 

L’actualité des maxis multicoques en bref

  • Yann Guichard et Dona Bertarelli, les skippers du maxi trimaran Spindrift 2 (ex Banque Populaire V) enchainent avec leur équipage les navigations au large de Lorient, afin de monter en puissance sur ce nouveau support.
Yann Guichard : “Le bateau est “gros”, mais tout à bord est remarquablement étudié et en place. Le plaisir, dès les premières accélérations, est absolu. Tout doit être grandement anticipé. Nous naviguons depuis mardi et nous commençons à établir déjà nos propres marques et réglages, notamment dans l’établissement des gigantesques voiles. Nous prenons notre temps, et analysons chaque manoeuvre. Le coeur de l’équipage définitif est déjà à bord, il y a aura des ajustements, mais nous travaillons toute la semaine avec les hommes qui participeront au programme de l’année. C’est en configuration course qu’on découvre vraiment ce que le bateau a dans le ventre, et le mode d’emploi pour le maîtriser sous pression. Nous avons hâte d’entrer dans le vif du sujet mais cette semaine Lorientaise nous était essentielle.”

© Eloi Stichelbaut/ Spindrift racing

Dona Bertarelli : ”Ce qui est étonnant, c’est la capacité d’accélération de Spindrift 2. On oublie vite son poids tant il réagit à la moindre risée. Il est étonnamment fin à barrer, dans les conditions médium à faibles de cette semaine. 30, 32 noeuds au speedomètre, Spindrift 2 rassure aussi par sa fiabilité. Le bateau est conforme à nos attentes. Il est, d’un avis unanime, magnifique visuellement mais aussi techniquement. Sa démesure semble s’apprivoiser facilement, et on s’habitue vite à son gigantisme. Je prends mon temps, je me teste et je m’enhardie chaque jour un peu plus, le tout dans l’excellente ambiance qui règne à bord…”

  • Tritium Racing, l’ex 60′ ORMA, allongé à 72′ par Artemis Racing puis revendu a remporté la Transpac, l’équipage rate le record d’Explorer de 1997 de deux heures, suite à quelques soucis techniques sur les foils après des chocs avec des OFNI.
  • Le maxi 80′ Prince de Bretagne est en chantier à Lorient depuis maintenant près de quatre semaines, l’objectif pour Lionel Lemonchois est d’optimiser son multicoque pour la prochaine Route du Rhum. Afin de gagner en performance, il a choisi d’équiper son trimaran d’un mât basculant, pour se faire il utilisera un système de palans et de poulies plutôt qu’un système hydraulique. Cette solution permet de minimiser l’augmentation de poids.

Lionel Lemonchois : « Cela fait longtemps maintenant que les mâts des grands trimarans basculent au vent. D’en régler l’inclinaison, cela permet de soulager la plateforme, ce qui autorise à appuyer plus dessus, et donc de gagner en vitesse. Au départ, nous n’avons pas réinstallé le système hydraulique dont était équipé le mât de l’ancien 60 pieds. Nous avons d’abord préféré gagner en longueur de coques et disposer d’un plus grand bateau. Dans nos réflexions pour savoir comment aller plus vite, l’option du système de bascule avec des palans en cascade s’est ensuite imposée d’elle-même. Elle s’inscrit dans la philosophie de la simplicité initiée à l’origine du projet. Nous n’avons rien inventé, mais c’est la première fois qu’un bateau de cette taille sera équipé d’un mât « à ficelles ». Là, sur le bras arrière bâbord, nous modifions et renforçons la cadène de galhauban, une ferrure en carbone qui tient le hauban et le mât debout. Ensuite de chaque côté du gréement, un système de palans à six brins sera ajouté, et se poursuivra le long du bras de liaison pour ramener les bouts sous la casquette. A la sortie, au niveau du winch, les efforts théoriques de 8 tonnes auront été réduits jusqu’à 1,3 tonne. C’est courant, et c’est à l’échelle, du bateau…De la ficelle supplémentaire, cela complique forcément les manœuvres. Il faudra donner d’un côté, et prendre de l’autre. Ce sera un peu plus long et exigeant. Mais tout a été imaginé pour le solitaire, et je devrais y arriver…D’autant que ce système n’est pas conçu pour régater entre trois bouées, mais pour régler l’inclinaison par rapport à la gîte sur des grand bords au large.« 

Artemis Racing vole, Luna Rossa et Emirates Team New Zeland engrangent des points

Le challenger of record Artemis Racing enchaine les navigations sur son second AC72 depuis quelques jours, et contrairement à leur premier catamaran celui-ci « vole » comme les autres challengers pour la 34ème America’s Cup. Il semble que le vol soit relativement stabilisé, l’équipe suédoise va poursuivre ses entrainements  jusqu’au 6 août. Ils entreront alors dans la compétition, directement en demi-finale de la Louis Vuitton Cup. Ils peuvent accéder à ce stade de la compétition du fait du faible nombre de concurrents, trois (Luna Rossa et Emirates Team New Zealand).

Nathan Outteridge, barreur du défi suédois :
« Les modifications apportées (entre le premier catamaran et le second) font qu’ils sont très différents, comme le jour et la nuit . Tous les équipiers confirment qu’il est beaucoup plus confortable. A la barre, dès que les coques se soulèvent, je suis même capable de prédire ce qu’il va se passer. C’est un bateau fantastique à barrer ».

© Sander van der Borch / Artemis Racing

Chris Draper, le barreur de Luna Rossa et son équipage ont de nouveau bouclé un parcours en solitaire avant hier, gagnant un point de plus dans ces rounds robins de la Louis Vuitton Cup. Ils ont atteint près de 40 noeuds dans environ 20 noeuds de vent.

Emirates Team New Zealand a effectué le même exercice hier, le challenger néo zélandais est désormais certain de gagner les rounds robins et a donc le choix entre accéder directement à la finale de la Vuitton Cup (contre le vainqueur des demis finales : Artemis Racing ou Luna Rossa) ou choisir son adversaire pour la demi-finale. En toute logique ils devraient choisir d’accéder directement en finale ce qui leur permettrait de poursuivre les améliorations sur le catamaran, sans grosse prise de risque. En effet Dean Barker et ses hommes ont largement dominé Luna Rossa sur tous les duels et Artemis Racing, même si leur nouveau catamaran se révélait performant manque cruellement d’entrainement et naviguera sur un bateau non fiabilisé.

Hier, les néo zéds avaient choisi de faire tourner leur équipage, et c’est l’australien Glenn Ashby, habituellement au réglage de l’aile qui a pris la barre de l’AC72 all black.

© ACEA / PHOTO GILLES MARTIN-RAGET

Ce soir, ils affronteront de nouveau Luna Rossa.

Le defender Oracle Team USA poursuit sa préparation, la plupart du temps avec ses deux AC72, ils ont cependant prévu quelques entrainements avec les suédois.

ETNZ inflige de nouveau une sévère défaite à Luna Rossa, 1ère navigation pour Artemis Racing

Emirates Team New Zealand a de nouveau sévèrement battu Luna Rossa hier, reléguant le challenger italien à plus de 7 minutes à l »arrivée. Les néos-zélandais n’ont jamais été inquiété au cours de leurs matchs même lorsqu’ils ont perdu leur voile d’avant, les obligeant à naviguer sous aile seule.

Les Kiwis en remportant les Rounds Robins obtiennent le choix  entre accéder directement à la finale de la Louis Vuitton Cup Final ou de sélectionner leur adversaire en demi-finales.

© ACEA / PHOTO GILLES MARTIN-RAGET

Dean Barker, skipper d’ETNZ : « Aujourd’hui, nous n’avons pas commis d’erreur globalement, mais nous savons que nous sommes capables de mieux. Nous donnons le meilleur de nous-mêmes lors de chaque sortie. Il ne s’agit pas de prendre les commandes puis de simplement les garder. Notre objectif se situe bien au-delà de nos performances actuelles. Beaucoup de points peuvent être encore optimisés au niveau du bateau et de la gestion de notre équipe. Nous avons pris un bon départ tandis que le leur était plutôt tardif. Nous nous sommes retrouvés derrière eux après l’empannage. Lorsque vous êtes dans cette position, c’est positif et il faut s’assurer d’avoir de la marge. Peu importe le retard, ce qu’il faut c’est absolument les repousser. Nous aurions probablement pu être plus agressifs sur la ligne, mais nous voulions seulement les mettre en difficulté ».

A noter un soucis technique sur l’AC72 italien avant le début de la régate, le safran bâbord a heurté le fond lors de la mise à l’eau et a du être démonté puis réparé avant que l’équipe ne quitte le ponton.

Artemis Racing a effectué sa première sortie aujourd’hui, l’équipage sous couleurs suédoises a enfin pu naviguer sur ce second AC72 sur lequel ils seront amené à courir les demi-finales de la Louis Vuitton Cup. Les première images disponibles aujourd’hui ne montrent pas encore de capacités de « vol » comme sur les autres catamarans, ceci sera à confirmer ou infirmer dans les jours à venir. L’équipa n’a pas fait part de sa décision quant à la participation à la régate l’opposant à Luna Rossa demain.

© ACEA / PHOTO GILLES MARTIN-RAGET

 

Emirates Team New Zealand corrige Luna Rossa

Nouvelle démonstration de l’équipage de Dean Barker sur ce deuxième duel face à Luna Rossa hier à San Francisco

Emirates Team New Zealand part sous le vent du catamaran italien mais mieux lancé, permettant aux néo-zélandais de passer la première bouée avec quelques secondes d’avance, sur le second bord, ils creusent un peu plus.

Sur le troisième bord, coupe de théâtre,  le mousqueton de la drisse de voile d’avant des kiwis casse, l’équipage tente d’affaler la voile pendant 3 minutes  avant d’abandonner celle-ci, leur bateau d’assistance se chargeant de la récupérer.

© ACEA / PHOTO GILLES MARTIN-RAGET

Malgré la perte de cette vole, Luna Rossa n’arrive pas à refaire son retard, et malgré un manque de stabilité du au déséquilibre consécutif à l’absence de voile d’avant, les kiwis augmentent le delta à chaque passage de marque. Emirates Team New Zeland termine la régate avec 2 minutes et 19 secondes d’avance. La cellule arrière du bateau italien a de nouveau fait la même erreur que lors du premier duel en sortant du cadre imposé, s’auto infligeant une pénalité.

Dean Barker, barreur d’ETNZ : « Ce fut un incident frustrant et vraiment déplorable . Nous n’avons jamais eu de problème à ce niveau. C’est inévitable lorsqu’on commence à régater. Le seul point positif à noter est le superbe travail de l’équipage qui a rapidement réagi face à la situation en la gérant du mieux possible. La manière dont ils y ont fait face fut la bonne. C’est beaucoup plus difficile d’empanner sans voile d’avant. Nous n’avons pas empanné aussi efficacement qu’avec. Et à l’inverse, si vous deviez naviguer qu’avec la voile d’avant, les dérives et les safrans seraient aussi réglés différemment pour mieux équilibrer le bateau. »

Max Sirena, skipper de Luna Rossa : «Nous avons effectué quelques optimisations à bord pour notamment améliorer l’aérodynamisme. Aujourd’hui, les Kiwis ont démontré leur vitesse tout le long du parcours. Nous avons bien navigué aussi, ce qui était notre objectif principal, mais en tant qu’équipage nous devons essayer d’augmenter notre vitesse dans les semaines à venir ».

A noter aujourd’hui la mise à l’eau du second AC72 d’Artemis Racing, le bateau devrait effectuer ses premières navigations d’ici la fin de semaine.

Sander van der Borch / Artemis Racing