Arrivée de la seconde étape de la Route des Princes demain

La flotte des multicoques engagés sur la Route de Princes a rapidement progressé depuis le départ de Lisbonne le week end dernier.

Les MOD70 et le 80′ Prince de Bretagne naviguent quasiment à vue depuis le départ de cette seconde étape, les cinq trimarans ont passé le Fasnet en milieu de journée, Oman Air Musandam pointait en tête suivi par Spindrift racing, Groupe Edmond de Rothschild et Virbac Paprec 70.

En Multi50, c’est FenêtréA Cardinal qui a passé le célèbre phare irlandais en tête cinq minutes devant Actual, Arkema Région Aquitaine, le vainqueur de la première étape pointe en 3ème position devant Rennes Métropole Saint Malo Agglomération.

Yann Guichard, skipper de Spindirft racing : « On a doublé le Fastnet, maintenant nous sommes au portant dans beaucoup plus de vent, on fait une série d’empannages. Ce sera du petit temps jusqu’à Dun Laoghaire, on va avoir une journée ensoleillée et peu ventée, mais il y aura des coups à jouer. On fait des empannages au plus près possible du DST. On ne s’est pas reposé, on n’a pas bien tricoté cette nuit, Oman a mieux tricoté que nous. On a essayé de contrôler Edmond de Rothschild, on a oublié de jouer vraiment le vent, Oman est passé devant, tout le monde est assez proche, mais comme d’habitude ça va se jouer sur les derniers milles, et on sera a priori au petit matin à Dun Laoghaire. Mais ça va dépendre du vent de noroît, à quel moment il rentre, et comment on va avancer le long de la côte irlandaise aujourd’hui. Au passage du rocher, on a vu les cinq bateaux ensemble, c’était sympa de passer de 25 nœuds de vitesse à 10 nœuds. Nous n’avons pas beaucoup dormi depuis deux jours et demi, c’est une petite délivrance ce passage du Fastnet, tout est trempé à l’intérieur.

Le parcours de la Route des Princes est super intéressant, avec des étapes variées.  On savait que la deuxième étape serait un gros morceau, mais les conditions n’ont pas été celles qu’on attendait. C’était excitant car dès qu’il y a de la mer et du reaching, c’est difficile pour le bateau et les organismes. On rentre maintenant dans un mode stratégique de navigation côtière et de contrôle des adversaires. »

Gilles Favennec, Oman Air Musandam : « Oui, ca va bien, on a passé le Fastnet il y a une demie heure, trois quart d’heure, là maintenant, on est dans du petit temps au portant, tout va bien, on va pouvoir sécher un peu. On était un peu inquiet de l’état de la mer après le cap Finisterre, quand on a contourné la dépression. On ne peut pas trop contrôler maintenant, c’est surtout un jeu de tactique. On a de l’ouest pour 10-12 nœuds de vent, sous gennaker, on marche à 10 nœuds. Pour la fatigue, ça va, on respecte les systèmes de quart, donc on arrive à bien dormir, l’organisation à bord va bien. Notre objectif, c’était de prendre des points au Fastnet, on est content d’avoir a réussi, on veut tenir jusqu’au bout. »

Lalou Roucayrol, skipper d’Arkema Région Aquitaine : « Pas cool pour nous cette deuxième étape. On n’arrive pas à se mettre dedans, on casse du matos bêtement (une poulie de bordure une batterie de trois bloqueurs). Hier, c’est Mama (Mayeul Riffet) qui à dû monter dans le mât réparer le nerf de chute de GV cassé. Ce matin, on vient de découvrir que le gallon de solent sur la chute s’est déchiré sur deux mètres. Bref, dès que l’on veut repartir il y a un grain de sable dans l’engrenage.

 On manque cruellement de retour sur le bateau dès que le vent monte. On hésite, on fait des manœuvres souvent à la volée par manque de connaissance et manque de pratique dans la brise. C’est extrêmement frustrant et pour couronner le tout, il pleut d’une pluie fine et froide qui vous transperce jusqu’aux os. C’est gris, ça caille et ce n’est pas drôle ! Où est l’été ? Est-ce-que c’est un avertissement pour tous les apprentis sorciers ignorant les hoquets de notre vivante planète ? Bref, c’est un temps à la réflexion ! »

Marc Thiercelin sur la Route du Rhum 2014 ?

Le journal la Provence a dévoilé que Marc Thiercelin pourrait s’aligner sur la prochaine Route du Rhum, dont le départ sera donnée en 2014.

Le skipper avait acheté l’épave d’Oman Air qui avait chaviré suite à une casse sur la dernière édition de cette course mythique, il a désormais le soutien d’Opcalia, il reste cependant à la recherche de partenaires afin de finaliser ce projet et relancer le chantier du trimaran, évalué à 2 millions d’euros.

Les mots de Francis Joyon à son arrivée

La fenêtre météo


« La fenêtre météo n’était pas très attrayante pour plusieurs raisons. Quand je suis arrivé à New York,  le système cyclonique était en place sur Miami. Cela entraîne beaucoup de pluie avec des vents dans le sud : ces conditions ne sont pas favorables, sans compter que la trajectoire de la dépression n’était pas totalement connue… Mais nous nous trouvions de ce côté de l’Atlantique et nous nous sommes dit, avec mon routeur Jean-Yves Bernot, que tenter le pari valait le coup. Et puis après tout, nous étions là pour jouer… ».

 

Une route plus longue (3222 milles)

« La dépression aurait pu prendre une route un peu plus nord, donc un peu plus courte. Ou au contraire encore plus sud, ce qui aurait été catastrophique. Finalement, nous avons trouvé un compromis qui nous a convenu. Le petit avantage de prendre cette route sud c’est qu’il n’y avait pas la menace des icebergs sur les bancs de Terre Neuve et j’ai eu moins de brume que lors de mon précédent record. Ceci dit, en bénéficiant d’une dépression équivalente sur une route plus nord, plus directe, on pourrait gagner au moins une demi-journée ».

 

Les limites du maxi trimaran IDEC repoussées

 « Dès les premières journées, j’ai compris qu’il fallait aligner les milles pour compenser cette route plus longue. Cela m’a obligé à tenir des vitesses très élevées (26,20 nœuds de moyenne sur le fond). Mon record des 24 heures (666, 23 milles) m’a bien aidé dans cette optique. Après « quelques » années de multicoque, je découvre que nous pouvons demander encore plus à ces maxi trimarans. Je croyais que j’étais déjà au maximum, j’ai découvert un nouveau potentiel. Les vitesses de 35 nœuds sont atteintes et dépassées. Nous pouvons même chercher les 40 nœuds, voire plus… . Ce sont des vitesses cibles que je ne connaissais pas sur ce bateau. En fait, je ne sais pas vraiment quelles sont les limites de ces bateaux. Tout dépend de l’état de la mer, du vent… Nous ne pouvons réellement chercher ces limites que dans des conditions réelles de record ou de course au large qui sont assez rarement réunies  ».
144 milles de retard sur Thomas Coville et pas de doute

« J’étais confiant car si Thomas avait suivi une route plus directe, il avait manqué de vent en fin du parcours. Et moi je savais que je n’en manquerai pas… ».


La vie à bord d’IDEC

« En général, je prends un peu de nourriture fraîche mais je n’ai cette fois pas eu le temps d’avitailler avant de partir. Heureusement, un ami russe m’a gentiment donné des produits qui m’ont permis de me nourrir avec autre chose que les conserves stockées à bord. Pour ce qui est du sommeil, j’ai dormi moins de 10 heures depuis le départ. Il a aussi fallu faire avec pour l’humidité : il a beaucoup plu sur ce trajet puisque j’étais dans la partie active de la dépression. En fait, tout était trempé à bord ».


La gestion du stress

« Sur ces bateaux, nous sommes en permanence à la limite du chavirage. Il faut réguler tout le temps les voiles pour soulager le bateau quand il plante dans les vagues. Les trois premiers jours, j’étais inquiet. Au quatrième, j’étais blindé : je m’étais habitué à un niveau de stress jusqu’alors inconnu pour moi ».

Un grand chelem des records historique

« J’ai battu les trois derniers records (24 heures, Route de la Découverte et Atlantique nord) après la remise en état du bateau suite au chavirage de New York en 2011. Cela me tenait vraiment à cœur de prouver que mon maxi trimaran était fiable et gardait encore un bon potentiel. C’est d’autant plus satisfaisant que j’ai amélioré tous ces records avec les voiles d’origine, celles du tour du monde de 2007 ».

Les réactions des skippers de la classe Ultime en solitaire

Thomas Coville, skipper du maxi Sodeb’O : « Ce qu’il fait, est une fois de plus remarquable . Cette route, explique le skipper de Sodebo, est loin de l’orthodromie (la route directe) et impose d’aller encore plus vite. A 500 milles du Cap Lizard, Francis Joyon avance devant la dépression à l’angle optimal et tout se joue une fois de plus sur cet exercice délicat de rester en phase avec le déplacement du front. La trajectoire est alors imposée par l’angle que tu fais avec le vent.  On sent bien sa volonté d’aller chercher ce record. Je lui ai laissé deux ans de répit en allant gagner la Volvo Ocean Race et il les a saisis pour aller s’attaquer avec panache à ces records référents. Il faudra y retourner pour faire mieux. La tâche sera difficile. Depuis que nous avons entamé ensemble en 2008 cette course aux records océaniques en solitaire, la bataille est devenue une compétition de haut niveau. Il est le premier à réussir  ce grand chelem. Chapeau bas Monsieur Joyon ! »

Lionel Lemonchois, skipper du maxi 80′ Prince de Bretagne :  » Il est incroyable, Francis ! Il n’arrête pas de nous étonner. Il est là où on l’attend, et il n’en finit pas de nous surprendre. Cela ne va pas être facile de passer derrière lui. Même si les records sont faits pour être battus, il place la barre très haut. L’Atlantique en solo à 25 noeuds de moyenne environ cela commence à faire ! Bravo « 

 

Bol d’Or : la victoire pour Zenith Fresh, le Ventilo M1

L’équipage de Zenith Fresh aura déjoué les pronostics pour cette 75ème édition du bol d’Or. Depuis l’arrivée des D35 sur le Léman en 2004, aucun multicoque n’avait réussi à battre l’un des monotypes sur cette épreuve, c’est désormais chose faite avec cette victoire de l’équipage de JeanPhilippe Buche. Ils ont profité des petits airs pour prendre le large sur leurs adversaires, en partie aidés par le faible poids du catamaran par rapport aux D35, ils s’imposent en 12 heures 30 minutes et 29 secondes, avec près de deux heures d’avance sur le second, Team SUI-9 et Alinghi, qui complètent le podium.

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© loris von Siebenthal–myimage

Au sein de la classe D35, les équipages se sont de nouveau livré à une belle bataille sur l’eau. C’est d’abord  Ylliam-Comptoir Immobilier qui menait la flotte dans  le haut lac, mais une transition de vent dans cette zone permettait à Realstone Sailing de revenir et de prendre le leadership,  Zen Too mené par Fred le Peutrec tentait une option sur la côte suisse jusqu’au Bouveret.

A ce stade de la course, un regroupement s’opère  avec Team Sui9, Tilt, Realstone Sailing, Okalys-Corum, Ladycat powered by Spindrift racing et Alinghi dans un mouchoir de poche, les autres bateaux passaient la barge avec plus d’une demi heure de retard sur le peloton de tête.

Les D35 entamaient donc le retour vers Genève dans des vents évanescents. Alinghi, Team Sui9 et Tilt trouvent un peu plus d’air à la côte française avant de rejoidre le centre du lac, Okalys-Corum poursuivait côté français ce qui lui permettait de passer en tête des D35.
Un nouveau regroupement s’opère de nouveau avec quasi l’ensemble de la flotte, seuls Ylliam-Comptoir Immobilier, Veltigroup et Oryx restaient en retard.  Mais c’est finalement Team Sui9 qui passe la ligne en tête des D35 devant Alinghi, Realstone Sailing, Ladycat powered by Spindrift racing,  Okalys-Corum et Zen Too.
Au classement général du Vulcain Trophy, Alinghi creuse son avance avec cinq points d’avance sur Realstone Sailing, huit sur Zen Too, Okalys Corum pointe en quatrième position devant SUI9 et Ladycat.

Francis Joyon pulvérise le record de l’Atlantique Nord

Francis Joyon, sur le maxi trimaran Idec a réussi son pari, en lien avec son routeur Jean Yves Bernot, de battre le temps de référence sur l’Atlantique en solitaire.

La fenêtre météo ne semblait pourtant pas idéale, obligeant le marin à une route sud, à près de 400 milles de l’orthodromie, alors que Thomas Coville avait bénéficié pendant 4 jours d’une route sur celle-ci, et avait donc effectué moins de milles pour se rapprocher des côtes anglaises. Pourtant Francis Joyon a réussi à maintenir son multicoque en avant de la dépression qui l’a accompagné du début à la fin de son parcours, il a grâce à deux empannages à se recaler pour éviter le centre de celle-ci, se faisant, il a pu aligner les milles, avec un maximum de 665 en 24 heures (à un mille de son record des 24 heures). En maintenant de telles vitesses, le retard dû à cette route sud s’est transformé en avance, et le skipper a pu négocier la fin de son parcours à des vitesses proches des 30 noeuds.

Francis Joyon a passé la ligne d’arrivée de cette traversée de l’Atlantique Nord hier après midi après 5 jours 02 heures 56 minutes et 10 secondes, en améliorant le temps de Thomas Coville sur Sodeb’O de 6 heures 34 minutes et 30 secondes. Il aura parcouru 3222 milles à une vitesse moyenne réelle de 26,20 noeuds (distance orthodromique : 2 865 milles pour une vitesse moyenne de 23,30 noeuds).

Il détient donc les quatre plus grands records à la voile en solitaire, à savoir le tour du monde (depuis 2008, en 57 jours 13 heures 34 minutes 6 secondes), le record des 24 heures (depuis 2012 avec 666,2 milles soit près de 28 noeuds de moyenne), le record de la Route de la Découverte (depuis février 2013 en  8 jours, 16 heures, 07 minutes, 05 secondes) et enfin cette traversée de l’Atlantique Nord.

L’ensemble du monde de la voile salue cette incroyable performance, le skipper d’Idec accroit un peu plus la pression sur les épaules de ces adversaires, notamment Thomas Coville, qui dispose d’un bateau très proche (mêmes architectes :  Irens Cabaret mais avec 5′ de plus à la flottaison) mais plus performant sur le papier, et qui s’est vu détrousser de trois de ces records, il tentera cet hiver de ravir le tour du monde à son adversaire.

Oman Air et Arkema s’imposent sur la 1ère étape offshore

Sidney Gavignet et son équipage ont remporté mercredi la 1ère étape de la Route des Princes, Oman Air Musandam s’est imposé à Lisbonne, devant le maxi 80 Prince de Bretagne mené par Lionel Lemonchois. Le 2nd MOD 70, Spindrift racing termine 3ème de cette étape et 2nd de sa classe à 45 minutes d’Oman Air et 5 de Prince de Bretagne, Yann Guichard avait effectué un beau retour sur le leader la veille, mais n’aura pas pu s’imposer, Groupe Edmond de Rotshchild et Virbac Paprec 70 complètent le plateau des MOD en 3 et 4èmes positions.

© M. Mochet/RDP

En Multi50, Lalou Roucayrol fait une très belle entrée sur ce tour de l’Europe, avec une victoire sur cette étape pour la première course du trimaran, Yves le Blévec sur Actual termine en 2nde position à 15 minutes du vainqueur, Erwan le Roux sur FenêtréA-Cardinal ferme la marche.

©Marcel Mochet/RDP

Au classement général, en MOD70, Oman air mène devant Spindrift racing, à 4 points, Groupe Edmond de Rothschild est 3ème à 6 points et Virbac Paprec 70 4ème à 14 points. En Multi50 Arkema Région Aquitaine est leader avec 42 points devant Actual (36 points) et FenêtréA Cardinal (32 points)

Les réactions des skippers

Sidney Gavignet, MOD70 Oman Air Musandam : « Nous sommes heureux, nous avons fait du bon travail, seulement quelques petites erreurs, mais c’est un bon résultat. Cela signifie simplement que nous travaillons bien ensemble. Hier soir, c’était un peu difficile. Nous avons eu Spindrift et Prince de Bretagne juste derrière nous à la côte. Ils remontaient, et la bascule que nous venions chercher n’arrivait pas ! Ca a été difficile, rien n’était joué jusqu’au bout.

En fait, nous étions tous ensemble à Benicarlo, mais quand nous sommes allés au large, c’est là que nous avons pris la tête, jusqu’à 20 milles devant. Nous étions bien positionnés et je suppose que ce fut un moment clé de la course.
J’ai passé une seule journée avec Jean-Yves Bernot sur ​​la météo avant de venir à Valence et pour être honnête, beaucoup de choses se sont éclaircies dans mon esprit. Je voudrais lui dédicacer cette manche. C’était juste une journée, je dois dire que cela m’a rendu plus confiant car nous n’avons pas de navigateur à bord. Sans poste de navigateur, je sortais les fichiers météo, je les examinais et ensuite nous prenions une décision tous ensemble. »

Yann Guichard, MOD70 Spindrift racing : « C’était une belle étape, avec un beau vainqueur qui nous a mis une belle déculottée dès la première marque. Après, c’est vrai qu’on a bien navigué, alors on n’est pas déçu de finir deuxième. A Benicarlo, on était en tête avant d’arriver à la bouée mais on a un peu buté contre le vent alors qu’Oman Air-Musandam a fait une belle option. On n’a jamais réussi à revenir. Ca c’est joué surtout au cap de la Nau où il est passé à l’extérieur du DST alors qu’on est tous passé à l’intérieur et qu’on n’a pas eu de vent pendant un bout de temps. Ensuite, c’est parti par devant. En Méditerranée, ça a été compliqué mais c’est ce qui fait le charme de cette mer là. On a pris beaucoup de plaisir à bord. C’était sympa parce qu’on avait un concurrent, un peu plus gros que nous, mais qui avançait à peu près à la même vitesse. On s’est bataillé avec Prince de Bretagne pendant trois jours. Je crois que ça nous a permis de garder le rythme et de tenir la pression pour essayer de remonter sur Oman. C’était assez sympa au passage du cap Saint-Vincent, trois heures avant l’arrivée, parce qu’on l’a vu à l’horizon. C’était fatiguant mais surtout, on a eu un rythme assez bizarre. On a l’habitude d’avoir des MOD70 juste à côté de nous, ce qui nous permet de nous étalonner… Dans ce cas, c’est à celui qui ne lâche rien. Là, on a un peu fait la course seul. Oman aussi. C’était donc un peu dur, de temps en temps, de trouver la bonne vitesse du bateau mais Prince de Bretagne nous a bien aidés. Visiblement les Omanais aiment bien la Méditerranée. L’année dernière, ils avaient aussi gagné cette étape avec beaucoup d’avance. Là, ils récidivent. Ils ont été bien inspirés. Le bateau va bien, les bonshommes aussi. On a eu le temps de prendre notre rythme. On a eu un super passage de Gibraltar, avec 25 nœuds et un grand soleil. C’était sympa, surtout qu’on n’avait pas vraiment de pression : nos concurrents étaient 40-50 milles derrière. On avait juste à bien travailler pour essayer de revenir sur l’équipage de Sidney Gavignet. »

Sébastien Josse, MOD70 Groupe Edmond de Rothschild : « Dès le début, on a subit les caprices de la Méditerranée. Il y a eu de nombreuses transitions à gérer. Certains bateaux ont réussi à s’extirper des calmes et pas d’autres non. Ca ne s’est pas joué à grand-chose. Au cap de la Nau, on était à 100 mètres les uns des autres avec des risées à droite et des risées à gauche. Nous, on est resté collé au milieu. Après, il y a eu des regroupements mais Oman Air-Musandam est parti à l’est et a pris le large assez rapidement. L’année dernière, il nous a fait la même. Une fois qu’il était parti avec 30 milles, ça a été impossible de revenir car ça partait par devant et derrière, ça mollissait. Il fallait mettre un peu de charbon pour rester accroché et ne pas se retrouver empétolé à Gibraltar. Après, ça s’est plutôt bien déroulé sur la fin du parcours mais c’est vrai que les premiers ont été avantagés. On n’était plus dans les mêmes systèmes météo et plus dans la même logique non plus. A la fin, l’idée c’était d’arriver à garder les points de la troisième place. On a donc un peu marqué Virbac-Paprec 70 pendant toute la fin de la régate. C’était un peu match-racing. Il virait, on virait. On n’avait pas d’initiative ni de stratégie à part celle de rester au contact avec lui et rester devant. On s’en sort pas trop mal on va dire. On n’a pas trop bien navigué jusqu’au cap de la Nau. Mais c’est la Méditerranée… On sait que des fois, ça  passe bien et que d’autres fois, ça passe mal. Là, l’équipage à plutôt bien navigué. Là-dessus, je suis plutôt satisfait mais j’espère que les prochaines étapes seront un peu différentes. »

Jean Pierre Dick, MOD70 Virbac Paprec 70 : « Pour des coups, il y a en a eu et des sacrés ! Nos bateaux sont véloces pour aller d’un endroit à un autre mais ils peuvent aussi s’arrêter. On n’a pas forcément eu beaucoup de réussite mais on n’a pas toujours pris les bonnes décisions non plus. En tous les cas, ce qui était sympa, c’est qu’on a appris et qu’on a été au contact vraiment longtemps avec Edmond de Rothschild. Il y a eu une sacrée régate et c’était sympa de vivre ça. On était dans le paquet. On passe la bouée de Benicarlo en troisième position. Après, beaucoup de choses se sont passées, notamment  au cap de la Nau qui a été un moment un peu clé de cette course. On a pris une relativement mauvaise décision puisqu’on est revenu sur le cap de Palos ce qui nous a énormément retardés et fait perdre le contact avec Sprindrift. Hier, on a tenté un bon coup. On a failli passer devant Gitana et on s’est battu jusqu’à la fin. C’était sympa, mais si, comme je le disais, on n’a pas eu trop de réussite, j’espère que les prochaines régates vont enfin nous sourire comme ça a souri cette fois-ci à Oman Air-Musandam que je félicite. Pour nous, le duel avec l’équipage de Sébastien Josse a été important car nous n’avons pas beaucoup de repères, notre bateau étant encore neuf. Ca nous montre le chemin à parcourir. On n’est pas loin mais on a encore à apprendre. »

Lionel Lemonchois, Maxi 80 Prince de Bretagne : « C’était compliqué mais très sympa. La météo en Méditerranée a été comme d’habitude, un peu aléatoire. Un coup il y avait trop de vent, un coup pas assez. On a fait beaucoup de près. Oman Air-Musadam a réussi  à s’échapper, d’autres sont restés derrière. En ce qui nous concerne, on a été pas trop mal servi. L’équipage de Sidney Gavignet a fait le trou le lendemain du départ en restant au large. Il était avec Virbac-Paprec 70 qui a, lui, dû rester dans un trou. Nous, on était avec Edmond de Rothschild mais on a mieux négocié deux ou trois passages et il n’est jamais revenu. C’est parti par devant. Le passage de Gibraltar a été assez simple. Assez venté au début. On a navigué très haut de range, avec Sprindrift jamais très loin. Lui et nous avons été à la bagarre quasiment tout du long. On a tiré des bords, essayé d’être du bon côté. C’était vraiment super. On n’a rien cassé, le bateau est nickel. Idem pour l’ambiance à bord. J’ai embauché un « petit jeune », Jean-Luc Nélias, qui n’est pas trop mauvais à la nav (rires)… ça aide bien, c’est sûr. Depuis hier soir, on a fait que reprendre des milles à Oman. Il nous a mis une trentaine de milles au début mais on a grignoté et grignoté… Ce matin, on le voyait tout petit à l’horizon. Il a bien joué, bravo ! L’arrivée à Lisbonne c’est sympa. C’est toujours un endroit où on aime venir. L’entrée du Tage, c’est magnifique ! Si je suis heureux ? Oui, le bateau a été bien, il va de plus en plus vite. »

© Marcel MOCHET

Lalou Roucayrol, Multi50 Arkema Région Aquitaine : « C’était une régate incroyable. Depuis le début, avec Actual, nous avons navigué côte à côte, à se contrôler, à se surveiller, à s’envoyer au lof comme autour de trois bouées ! Yves Le Blevec et son équipage navigue vraiment bien, alors c’est une grande fierté pour nous. Surtout que c’est notre première grande course, et on la claque ! Il faut dire qu’on n’a pas chômé. L’équipage a très peu dormi, on a tout donné, nous n’avions pas le choix pour rester dans le match. C’était magnifique, quelle régate ! Et si Actual avait gagné, j’aurais été aussi fier… »

Yves le Blévec, Multi50 Actual « Du départ jusqu’à l’arrivée, on a toujours été au contact visuel avec Arkema – Région Aquitaine. Je n’ai pas compté le nombre de fois où il est passé devant et inversement mais ce doit être énorme. En fait, à chaque passage stratégique il y avait un petit retournement de situation. C’était super intéressant. Au final, ça s’est joué à quelques minutes. Ce qu’on a constaté, c’est que la logique a été respectée. Arkema est un bateau tout récent et il semble qu’il a un potentiel de vitesse vraiment intéressant. On s’est fait un peu largué en vitesse pure. Ca ne joue pas sur grand-chose, seulement sur des centimètres mais on était vraiment à la peine. On était ensemble au cap Saint-Vincent et petit à petit on s’est fait distancé. On a essayé de jouer des coups mais évidement il nous a accompagnés. Ca ne s’est pas passé comme on aurait voulu que ça se passe. A la fin, comme on a vu que le petit truc qu’on attendait n’allait pas venir on a mis la trinquette à la fin ce qui explique la dizaine de minutes de retard. »

Erwan le Roux, Multi50 FenêtréA Cardinal : « On ne pensait vraiment pas que le petit retard qu’on a pris au cap de la Nau allait prendre cette ampleur. Sur le coup, on s’est dit que ce n’était pas grave, qu’on s’était fait collés mais qu’on allait revenir. En fait non… C’est dommage parce qu’on se rend compte que c’est ça qui nous plante l’étape. C’est comme ça. On a essayé de revenir, on est revenu, puis on a essayé de refaire un petit coup pour recoller davantage mais ils sont repartis. Ca n’a fait que se tendre ensuite. Cette nuit, à un moment, on y a encore cru. A la côte, tout se goupillait bien puis d’un coup c’est passé de 23 à 0 nœuds. Après, c’était mort. On n’a aucun regret de ce qu’on a pu faire. C’est comme ça. Il y a des étapes à oublier. Heureusement, il y en a trois autres à venir donc ça va aller. »

Francis Joyon confiant pour le record

Francis Joyon a estimé son arrivée au Cap Lizard à dimanche soir, donc avec plusieurs heures d’avance sur le temps de Thomas Coville.

Pour se faire, le skipper du trimaran Idec va s’employer à rester en avant de la dépression qui l’accompagne depuis son départ de New York, sans trop se rapprocher du centre dépressionnaire afin de ne pas tomber dans les calmes de ce système météo, ce qui l’a contraint à deux empannages en 24 heures afin de se recadrer en avant de celui-ci : « Si je parviens à rester en avant de la dépression, je pense arriver dimanche soir à Lizard ». C’est parfois scabreux quand IDEC s’envole à plus de 30 noeuds sur la vague. Il me faut alors le freiner en choquant les écoutes, puis relancer pour ne pas perdre l’inertie… J’ai rallongé ma route depuis New York, et je dois à présent conserver une vitesse très élevée en avant du système, tout en mettant imperceptiblement du nord dans ma route. Je vais très probablement devoir à nouveau tirer un petit contrebord à 90° de la route.J ‘aurais ensuite un bien meilleur angle au vent pour aller vite dans la bonne direction. »

Ce soir le skipper compte toujours 130 milles de retard sur le record, mais celui-ci devrait être comblé dans les 36 heures, puisque Thomas Coville avait du suivre une route très nord et multiplier les manoeuvres sur la fin de son record.

Alinghi prend la tête du Vulcain Trophy

Ernesto Bertarelli et son équipage d’Alinghi ont repris la tête du classement général provisoire le week end dernier, à l’issue de l’Open de Versoix II et de la Genève Rolle Genève, avec une seconde place sur le grand prix et une victoire sur la première classique lémanique de la saison.

L’équipage du D35 Alinghi avait pris un bon départ samedi accompagné par SUI-9 et Ylliam-Comptoir Immobilier, ces trois bateaux ne cesseront de creuser leur avance sur le reste de la flotte et passaient la ligne dans cette ordre. Nicolas Grange sur Okalys Corum reprenait quelques points au général avec une quatrième place. A l’inverse, Zen Too ne finissait que 11, Realstone 8 et Ladycat 7.

 

Dimanche, les équipages ont participé à la seconde journée de l’Open de Versoix, une première manche était annulée suite à une grosse rotation du vent, accompagnée d’un net franchissement de celui-ci. Les deux manches du jours seront remportées par Tilt, à l’aise dans ces conditions musclées. Alinghi et Realstone se plaçaient également parfaitement sur ces régates avec une 3ème et une 2nd place pour l’équipage d’Alinghi et une 2nde et une 4ème pour Realstone, ce qui permettaient à ces équipages de prendre respectivement la 1ère et la 2nde place de ce grand prix. Zen Too, mené par Fred le Peutrec, très régulier sur les grands prix prenait la 3ème place. SUI-9 terminait 4ème.

Au classement général, Alinghi prend la tête avec 4 points d’avance sur Realstone et Zen Too, à égalité de points.

La prochaine manche sera le Bol d’Or dans le départ sera donné samedi.

Francis Joyon à mi-parcours

Francis Joyon, à bord de son maxi-trimaran IDEC,  va passer cette nuit la mi-parcours de sa tentative de record sur l’Atlantique Nord, il a actuellement un déficit de 111milles sur l’actuel détenteur du record Thomas Coville.

Malgré ce déficit, le skipper maintient des vitesses similaires à celle du record, mais est contraint de suivre une route au sud de l’orthodromie, ce qui explique ce retard, celui-ci devrait se réduire lorsque le marin de Locmariaquer pourra prendre une route plus au nord.

©JEAN MARIE LIOT / DPPI / IDEC

Francis Joyon : « J’ai encore effectué cette nuit quelques « plantouilles ». Je vis au même rythme que durant mon record des 24 heures (établi l’an passé avec 666,2 milles nautique!). « La différence est que l’an passé, j’avais pu choisir ma configuration de route pour le record, et naviguer en avant d’une dépression sur mer plate. Je rencontre depuis New-York une très forte houle, parfois désordonnée, qui nuit à la belle glisse du bateau. Je me suis rapproché très près du centre de la dépression, moins de 50 milles. J’ai donc choisi d’empanner pour revenir vers les zones plus actives en périphérie. »

Arrivée des premiers multis dans 12 heures à Lisbonne

L’ensemble de la flotte de la Route des Princes a fait son entrée en Atlantique ce midi pour les premiers, le bal a été ouvert par Oman Air Musandam suivi à deux heures par Spindrift racing qui était talonné par le Maxi 80 Prince de Bretagne dix minutes plus tard. En Multi50, Actual et Arkema Région Aquitaine passaient le Cap de Gibraltar a quinze minutes d’écart, avec un avantage pour le bateau de Lalou Roucayrol.Les premiers bateaux de chaque classe empochaient au passage un point de bonus.

Ce soir la situation est un peu moins favorable pour Sidney Gavignet puisque Spindrift racing mené par Yann Guichard a grapillé des milles sur le leader, divisant quasiment par deux son déficit en ne pointant qu’à dix petits milles du trimaran omanais au dernier pointage. Le MOD70 Spindrift est toujours suivi de près (moins d’un mille) par Lionel Lemonchois sur Prince de Bretagne, qui tient le rythme en tête de flotte. Les deux autres MOD, Groupe Edmond de Rothschild et Virbac Paprec 70 se battront pour la 3ème place, leur retard de 70 à 80 milles sur les leaders ne pouvant plus être comblés désormais.

Dans la classe Multi50, Erwan le Roux, sur FenêtréA Cardinal a également été décroché et pointe à 18 milles des leaders, Lalou Roucayrol et Yves le Blévec naviguent à vue, à moins de deux milles l’un de l’autre.