Cap au sud pour Banque Populaire V

Vingtième jour de mer pour l’équipage de Banque Populaire V, les marins possèdent toujours une confortable avance (2100 milles) sur le record de Groupama 3, ils naviguent actuellement au sud de la Tasmanie par 53° Sud, bénéficiant d’un vent d’Ouest de 30 nœuds et d’une longue houle leur permettant de plonger au sud est.
Ils ont fait leur entrée dans le Pacifique avec un nouveau record intermédiaire entre le Cap des Aiguilles et le Sud de la Tasmanie (record de l’Océan Indien).
Loïck Peyron à la vacataion est revenu sur les conditions actuelles :  » L’état de la mer s’est amélioré. La houle devient très longue. On a passé un début de nuit très difficile avec une mer très courte. Il fallait ralentir pas mal, mais maintenant ça va. On n’a malgré tout pas pu éviter une chute dans une vague assez impressionnante ce matin, en battant certainement le record de vitesse instantanée du bateau en dépassant les 48 nœuds… et en chute libre. C’était plutôt Newton qui nous aidait qu’Eole . Il y a des creux d’une dizaine de mètres parfois, mais avec une très longue période, pas loin de 200 mètres, entre chaque crête. Ca rend les choses parfaitement maniables. Il n’y a que dans le Sud qu’on voit des périodes aussi longues. Les vagues avancent à une trentaine de nœuds, un petit peu comme nous, ce qui fait qu’on arrive vraiment à glisser dessus et c’est vraiment très joli « .

© BPCE

Le skipper expliquait également que l’équipage va poursuivre sa route au sud, vraisemblablement jusqu’à 56° sud, avant de devoir de nouveau faire route au nord pour éviter une zone où des icebergs ont été signalés :  » D’après les informations dont nous disposons, il n’y a pas de glaces dans les 48 heures qui viennent. En revanche, au milieu du Pacifique, on a déjà la position d’un certain nombre de « glaçons » dont un gros bébé de 7 kilomètres de long dont on sait pertinemment qu’il est en plein milieu mais beaucoup plus Nord, par 53°/54°. On va remonter tout doucement pour éviter cette zone de glaces qu’on a d’ores et déjà délimitée « . 

Avant cette zone de glaces, les marins vont devoir faire face à des conditions très musclées dans 48 heures :  » On sait qu’on va rencontrer des conditions difficiles dans 48 heures, juste après la Nouvelle-Zélande, en bordure d’un anticyclone. On va avoir des vents de Nord très très forts. On va être plein vent de travers avec 40 nœuds vraisemblablement. Il va nous être impossible de les éviter et ça ne va pas être très confortable parce que c’est l’allure où on ne peut pas ralentir, ou très difficilement. J’ai l’impression que ça va peut-être se terminer sous mât seul ou peut-être la grand-voile à trois ris, au minimum. Et puis tout de suite après, il n’y aura pas beaucoup de vent parce qu’il y a cet anticyclone. Pour l’instant, il y a une prévision d’une grosse dépression juste avant le cap Horn. A priori elle est une peu stationnaire dans cette zone. Mais on s’attend de toutes façons à tout à ces latitudes un peu complexes. Ca ne peut pas être une promenade de santé « .

L’équipage va donc profiter de conditions plus légères demain afin d’effectuer une inspection du trimaran et plus particulièrement du mât si les conditions de mer le permettent.

A découvrir sur Libération.fr un article sur le travail du routeur à terre du maxi Banque Populaire V, Marcel Van Triest.

Chantier inédit sur le maxi Sodeb’O

Alors que Thomas Coville participe à la Volvo Ocean Race avec Franck Cammas sur Groupama 4, son équipe s’affaire sur son maxi trimaran Sodeb’O avec lequel il a bouclé deux tours du monde.

L’objectif de ce chantier est de modifier le comportement du trimaran, afin que le skipper puisse naviguer plus en sécurité dans le grand sud, les architectes, Nigel Irens et Benoit Cabaret ainsi que Martin Fischer en charge du développement des appendices, ont donc décidé d’avancer les foils qui soulagent le flotteur sous le vent, ce qui augmentera le cabrage du multicoque.

Les explications de Benoit Cabaret sur cette modification : “Lorsque les foils ont été implantés en 2010, Martin Fischer a proposé une géométrie et un positionnement dans les flotteurs. De notre côté avec Nigel, nous avons assuré le côté structure mais nous avions également fait un travail de positionnement et étions arrivés au même résultat que Martin. Une fois en mer, les foils ont marché de façon efficace. Ils soulagent bien le bateau mais c’est tout le flotteur qui sort de l’eau alors que Thomas préférait qu’il cabre, c’est à dire qu’il s’appuie sur son tableau arrière avec l’étrave hors de l’eau. En tant qu’architectes et hydrodynamiciens, nous avons travaillé sur la solution qui réduit au maximum la trainée ce qui est le cas lorsque le flotteur sort complètement de l’eau. En revanche, pour Thomas, plus de cabrage c’est plus de sécurité puisque cela réduit le risque d’enfournemen.” 

La première solution envisagée pour avancer les foils était de modifier l’emplacement sur des puits des appendices sur les flotteurs, celle-ci n’a pas été retenu, et l’équipe s’engage donc sur une voie inédite puisque c’est les flotteurs qui vont être avancés pour obtenir ce cabrage.

Benoit Cabaret : “Après avoir échangé avec l’équipe technique, il s’avère qu’avancer les foils n’est pas une tâche facile et il aurait fallu détruire ce qui a été fait il y a un an pour tout recommencer quelques centimètres plus loin. Nous avons donc étudié la possibilité d’avancer, non pas les foils mais carrément les flotteurs. Avancer le tout a aussi un autre avantage, puisque l’on avance le centre de flottabilité du flotteur ce qui contribue également au cabrage. Cette seconde solution permet également de faire travailler beaucoup plus de personnes en parallèle, chacun dans son domaine, alors que sur une implantation dans un endroit confiné comme l’intérieur du flotteur, les taches doivent être réalisées les unes après les autres, ce qui prend beaucoup de temps. Nous avons ainsi comparé les deux solutions et lorsque nous faisons le bilan, avancer les flotteurs est plus simple à tous points de vue.”

Les flotteurs seront donc avancés de 60cm sans qu’ils soient allongés, cette modification ne devrait pas modifier l’équilibre général du trimaran, à noter également le renfort des bras de liaison suite à la casse d’Oman Air, sistership de Sodeb’O, lors de la Route du Rhum 2010. Le chantier devrait s’achever fin avril, et le skipper pourrait de nouveau tenter de battre le record autour du monde en solitaire l’hiver prochain.

Alinghi 5 restera à Valence

Le catamaran de l’équipe suisse, perdant de la 33ème Coupe de l’America, restera à Valence selon la presse espagnole. Après deux éditions dans les eaux de la ville espagnole (2007 et 2010), Ernesto Bertarelli, patron d’Alinghi a choisi de faire don du multicoque à la ville.

Ceci fait suite au départ du team de sa base sur la Darsena, l’équipe suisse a nettement réduit son activité depuis sa défaite contre Oracle Racing en 2010, pour se concentrer sur le circuit de D35 et des Extreme 40, leur base en Espagne était donc devenue superflue.

Reste à savoir ce que deviendra le catamaran, il s’agit certes d’un bateau exceptionnel, mais les options de la ville concernant ce don sont minimes en dehors de faire de ce bateau une pièce de musée.

De son côté Oracle Racing, defender de la 34ème America’s Cup, avait rapatrié le trimaran ailé USA-17 à San Francisco en février, sans qu’une reprise des navigations soient envisagée.

Luna Rossa (presque) vainqueur des Extreme Sailing Series 2011

L’équipage de Groupe Edmond de Rothschild mené par Pierre Pennec a perdu quasiment toute chance de remporter les Extreme Sailing Series aujourd’hui à Singapour.

En effet les hommes du Gitana Team ont peiné à trouver leurs marques dans des conditions qu’ils affectionnent pourtant habituellement, vent établi aux alentours des 10 nœuds sans orages cette fois-ci. Onze manches ont été lancées aujourd’hui, les français ont enchainé les manches en milieu et fin de peloton, alors que Luna Rossa trustait les podiums et prenait la tête du classement de cette étape, Groupe Edmond de Rothschild pointe donc à la 7ème place du classement provisoire et concèdent cinquante-huit points de retard sur leur adversaire pour le titre annuel.

Pierre Pennec, le skipper de Gitana Extreme : « Rien n’a été dans le bon sens ! Encore une fois, nous avons pris des mauvais départs. Notre adversaire, Luna Rossa, est très à l’aise dans les phases de pré-départ et vient toujours nous chercher pour perturber notre stratégie. C’est le jeu mais nous n’avons malheureusement pas su faire la même chose aujourd’hui. Cela vient certainement de notre communication à bord et je dois progresser pour que l’équipage puisse mieux anticiper mes choix. Mais les erreurs ont également été trop nombreuses durant les régates. Un certain manque de réussite et de mauvaises appréciations stratégiques nous coûtent très cher. »

Red Bull rétrograde à la seconde place devant Oman Air et Emirates Team New Zealand, Alinghi fait un beau retour en cinquième place devant The Wave Muscat et l’équipage français. L’équipage mené par Sébastien Col sur Team Extreme, The First Club a de nouveau montré de belles capacités en remportant deux manches aujourd’hui.

Luna Rossa est donc en tête du Grand Prix de Singapour et bénéficie d’une confortable avance à la veille des dernières régates, la tâche s’annonce quasiment impossible pour Groupe Edmond de Rothschild doit impérativement finir devant les italienspour pouvoir gagner le championnat 2011.

Pierre Pennec  : « La première place va être vraiment très très difficile à aller chercher. Nous savons que beaucoup de choses peuvent se passer car demain nous allons également disputer beaucoup de régates mais le résultat ne dépend plus uniquement de nous… A bord, en tous les cas, nous allons tout faire pour que cette dernière journée de l’année soit placée sous le signe du plaisir. Nous allons essayer de naviguer comme nous savons le faire pour terminer sur une bonne note. Et puis, il ne faut pas oublier que nos poursuivants au général sont proches (Emirates Team New Zealand, Alinghi …) et selon comment se dessine la journée nous devrons quoiqu’il arrive protéger la deuxième place, ce qui en soit est déjà un très beau résultat.»

Classement du Grand Prix de Singapour à l’issue de la quatrième journée

  1. Luna Rossa (ITA) – 186 points
  2. Red Bull Extreme Sailing (AUT) – 151 points
  3. Oman Air (OMA) – 149 points
  4. Emirates Team New Zealand (NZ) – 146 points
  5. Alinghi (SUI) – 141 points
  6. The Wave, Muscat (OMA) – 140 points
  7. Groupe Edmond de Rothschild (FRA) – 128 points
  8. Team GAC Pindar (GBR) – 119 points
  9. Team Extreme – the first club™(EUR) – 108 points
  10. Team Tilt (SUI) – 103 points

Pratiquement 4 jours d’avance au Cap Leeuwin

L’équipage du Maxi Banque Populaire V a de nouveau décroché un temps de référence sur le Trophée Jules Verne en accrochant le chrono Ouessant-Cap Leeuwin en 17 jours 23 heures 57 minutes et 18 secondes de mer, améliorant le chrono de Groupama 3 de 3 jours 14 heures et 24 minutes.

Les hommes naviguant sur le trimaran possèdent donc plus de 72 heures d’avance sur le temps du record soit 2200 milles. Loïck Peyron, le skipper, est revenu sur cette performance lors de la vacation  :  » Nous sommes forcément très satisfaits de ce nouveau record et puis le temps lui-même est significatif. C’est un peu comme 9,99€… on fait tout en 17 jours 23 heures et pas tout à fait 18 jours ou encore 11 jours 21 heures et 48 minutes pour Bonne Espérance. Les chiffres sont symboliques. Mais pour le moment, les conditions ne sont pas si favorables, la performance de ce bateau, en revanche, est incroyable ! C’est Yvan Ravussin qui était à la barre en passant Leeuwin, c’est donc un record suisse! « 

Depuis 48 heures, la route du trimaran avait pris du nord et s’est rapproché de l’Australie, afin d’éviter une zone de glaces, malgré tout l’équipage va devoir plonger au sud ce soir pour couper au plus court et rester dans le même système météo, malgré une tempête qui sévit au sud.

© BPCE

Loïck Peyron :  » Nous en avons fini avec l’Indien et nous avons passé la frontière avec une petite tempête assez sympathique. On y va tranquillement. On va empanner avant la fin de cette journée et aller dans cette tempête et une mer très formée. On va essayer de passer devant. On est obligé parce que sinon on va enchaîner avec pas de vent du tout dans l’anticyclone. On va arrondir un peu. En terme de terrain , ça va devenir un peu cassant. Mais en laissant passer un peu, on devrait avoir la mer dans le bon sens. Pour le moment, ce que nous avons n’est pas de la houle. C’est de la petite mer pas terrible. C’est une fréquence courte qui fait qu’on ne peut pas accélérer vraiment. Nous allons partir plus Sud, avec une mer plus creuse et plus de vent. Les quelques jours à venir ne vont pas être faciles. Nous allons théoriquement descendre assez Sud et passer pas très loin de l’île Macquarie, au Sud de la Nouvelle-Zélande. Les conditions vont être assez musclées pour les 48 prochaines heures, vraisemblablement ce qu’on aura rencontré de plus fort depuis le départ « .

Les deux prochains jours s’annoncent donc stressant pour l’équipage qui sera plus que jamais à l’écoute du bateau, malgré le potentiel exceptionnel du bateau, les marins doivent brider son potentiel pour poursuivre leur tour du monde en sécurité comme l’expliquait Xavier Revil : « Si on se laisse aller, on atteint facilement les 40 nœuds. Mais on se limite à 35 nœuds pour rester dans des vitesses raisonnables et pour que le bateau ne souffre pas. Dès qu’on lofe un peu trop ou qu’on serre un peu trop les angles, Banque Populaire s’emballe. On pourrait aller tout le temps à 40 nœuds, mais ce serait prendre beaucoup trop de risques. Il y a un monde entre 35 et 40 nœuds. A partir de 38 nœuds, l’eau devient très dure, le bateau ricoche sur toutes les vagues. Ca tape vraiment dur et c’est limite vivable à l’intérieur « .

Avantage pour Luna Rossa face à Groupe Edmond de Rothschild

La bataille se poursuit à Singapour entre Groupe Edmond de Rothschild et les Italiens de Luna Rossa dans chaque course dans cette ultime étape des Extreme Sailing Series, car le titre de Champion 2011 est en jeu. Aujourd’hui c’étaient les Italiens qui prenaient l’avantage dans des conditions assez difficiles avec des bascules importantes. Mais il ne faut pas sous-estimer les Français, qui sous pression sont souvent revenus en force dans d’autres étapes de cette saison. C’est Red Bull qui domine encore à Singapour et qui garde la première place dans cette étape.

A l’issue des neuf manches courues en deux jours, c’est Red Bull Extreme Racing qui pointe en tête du 9ème et dernier Act des Extreme Sailing Series 2011,Roman Hagara et ses hommes ont très bien débuté ce rendez-vous avec deux victoires, deux secondes places et une 4ème lors de la première journée, la seconde a été moins convaincante. L’équipe autrichienne est talonnée à 1 point par Team New Zealand qui retrouve son rang après quelques contre performances sur ce circuit, Luna Rossa pointe à la troisième place à deux points du leader et à un point d’ETNZ.

© Lloyd Images

Pierre Pennec et l’équipage de Groupe Edmond de Rothschild, avaient bien débuté cet Act avec une troisième place provisoire hier à un point de Luna Rossa, leur seconde journée a été plus difficile dans des vents faibles avec des phases de départ moins inspirées que la veille, les hommes du Gitana Team sont en lutte pour le titre avec Luna Rossa, comme l’explique le skipper du catamaran français, les phases de départ sont primordiales pour contrer leur adversaire :  « Je n’ai pas été performant sur les départs aujourd’hui et cela est pour beaucoup dans nos mauvaises manches. Sur cette finale, il ne nous suffit pas uniquement de bien nous placer sur la ligne car notre adversaire pour le titre cherche constamment à venir nous gêner sur les phases de départ. C’est le jeu mais c’est un paramètre supplémentaire à intégrer et sur lequel je dois m’améliorer. La morale du jour est aussi que nous ne sommes pas uniquement deux sur l’eau et qu’il faut également que je soigne notre placement par rapport au reste de la flotte. Le bilan de la journée n’est pas positif en termes de places mais il est loin d’être rédhibitoire question points. Il nous faut rester calmes et concentrés car il reste trois jours. Les bateaux du haut de tableau sont très proches les uns des autres et de nombreuses cartes restent encore à distribuer »

Paul Campbell James, barreur de Luna Rossa a donc réussi à mettre en difficulté son adversaire qui pointe ce soir à la 5ème place du provisoire avec 9 points de retard sur le catamaran italien. Le nouveau skipper d’Oman Air, Chris Draper réussit ses débuts et s’intercale en quatrième position. Alinghi mené par Yann Guichard est sixième.

Les deux équipages du Team Tilt et de Team Extreme sont aux deux dernières places, les français menés par Sébastien Col sur Team Extreme ont cependant terminé en beauté cette journée avec une victoire de manche.

Il reste donc trois journées de régates aux français du Gitana Team pour tenter de remporter le titre cette année.

Classement du Grand Prix de Singapour à l’issue de la deuxième journée

  1. Red Bull Extreme Sailing (AUT) – 64 points
  2. Emirates Team New Zealand (NZ) – 62 points
  3. Luna Rossa (ITA) – 61 points
  4. Oman Air (OMA) – 55 points
  5. Groupe Edmond de Rothschild (FRA) – 52 points
  6. Alinghi (SUI) – 51 points
  7. The Wave, Muscat (OMA) – 46 points
  8. Team GAC Pindar (GBR) – 43 points
  9. Team Extreme – the first club™(EUR) – 34 points
  10. Team Tilt (SUI) – 27 points

2100 milles d’avance après les Kerguelen pour Banque Populaire V

Seize jours après le départ de Ouessant,l’équipage de Banque Populaire 5 a déjà avalé la moitié de l’océan indien ; le Cap Leeuwin devrait être franchi dans moins de 48 heures, avec une avance probable de 3 jours sur le temps de référence de Groupama. L’avance sur le record s’élève ce soir à 2100 milles, le skipper est revenu sur les capacités exceptionnelles du trimaran lors de la vacation d’hier : « Nous sommes aux commandes d’un véritable avion de chasse et il suffit de tirer sur les bonnes ficelles pour atteindre un incroyable niveau de performance. Banque Populaire V dispose d’un incroyable potentiel, qu’il a déjà prouvé, à de nombreuses reprises, en décrochant la quasi-intégralité des records, et il ne manque plus que ce gros trophée ! La seule chose qui nous freine est l’état de la mer. Au vu des dimensions du bateau, cela peut vite être dangereux structurellement, notamment quand le flotteur au vent tape brutalement. Nous effectuons donc nos routages en fonction de ces paramètres. »

Frédéric Le Peutrec, détenteur du record sur Groupama 3 et chef de quart est revenu sur les conditions actuelles lors de sa première vacation depuis le départ :  » Nous avons de belles conditions, tout va bien ! Pour une fois, la première depuis notre entrée dans le Sud, nous profitons d’une belle journée ensoleillée, avec un vent mou ce matin, mais qui s’est finalement correctement établi. Nous sommes sous grand voile haute et gennaker, tribord amure et nous faisons actuellement un bord au Sud Est. Nous faisons des milles qui ne coûtent pas cher ! Jusqu’aux Kerguelen, nous étions sur une trajectoire en ligne directe. Depuis, nous avons un vent d’Ouest et nous sommes vent arrière, ce qui nous oblige à tirer des bords avant de pouvoir repartir en route directe vers l’Australie. On est à 140° du vent. Il y a 18 nœuds et nous avançons à 25/30 nœuds. Ce n’est pas très vite. En dessous de 30 nœuds ça n’émeut plus personne à bord ! « 
Fred Le Peutrec a également pu établir une comparaison entre Groupama 3 et Banque Populaire 5 :  » Quand on fait l’effort de contraction de la distance et du temps, c’est fabuleux ! Aujourd’hui, on parle de Leeuwin et en 2010, avec Groupama 3, à ce stade du record, nous étions en sortie de Bonne Espérance »
Les marins du trimaran bleu sont donc contraints d’enchainer les empannages tout en veillant à ne pas descendre trop sud, puisque des glaces y sont signalées (au delà des 49° Sud). 

Roman Paszke prépare un tour du monde à l’envers

Roman Paszke, le skipper polonais qui avait participé à The Race, prépare actuellement une tentative de record autour du monde en solitaire d’est en ouest (contre vents et courants dominants). Il compte s’élancer sur son catamaran de 27 m GEMINI 3, il avait choisi Lorient pour ses navigations d’essais.

Il devait quitter le port breton la semaine dernière afin de rejoindre Las Palmas aux Canaries, qui sera le port de départ de son tour du monde (le WSSRC n’exige qu’une distance minimale et deux passages de l’équateur pour valider un temps autour du monde à savoir 21600 milles), ce projet est ambitieux puisqu’il n’a jamais été tentée en solitaire sur un multicoque, d’autres marins espèrent également s’élancer sur ce parcours (Philippe Monnet sur l’ancien B&Q/Castorama).

Le temps à battre est celui de Jean-Luc Van Den Heede,  en 122 jours 14 heures 3 minutes et 49 secondes sur le monocoque Adrien, Roman Paszke espère boucler sa circumnavigation en 100 jours.

Le catamaran semble être en bien meilleur état que lors de son dernier passage en mars dans le port de la BSM, un refit a probablement été réalisé, le skipper semble également être soutenu par plusieurs partenaires (TV polonaise, Renault, fournisseur d’énergie…).

Paszke 360

D’autres photos sont disponibles sur l‘Histoire des Halfs.

1700 milles d’avance pour Banque Populaire 5

Loïck Peyron et son équipage poursuivent leur route vers les Kerguelen, l’océan Indien s’avère relativement clément avec une mer peu formée, cependant les hommes de Banque Populaire 5 ont dû réaliser deux empannages pour se recadrer sur la route sud pour aborder au mieux le passage de l’archipel des terres australes françaises qui devrait avoir lieu dans 48 heures.
Thierry Chabagny :  » Le vent est soutenu, c’est monté un peu. On a en ce moment entre 27 et 29 nœuds de vent de Nord Ouest. On fait un cap à l’Est très rapprochant. La mer n’est pas trop formée donc on va vite. Le bateau glisse bien. Ca a l’air de fraîchir un petit peu donc on va peut-être changer de voile à l’avant et passer sous petit gennaker pour garder une vitesse plus constante et avoir des accélérations moins violentes pour préserver un peu le bateau. Les conditions sont idéales, si ce n’est que le ciel est bas, que c’est brumeux, qu’on ne voit pas grand chose et qu’il commence à faire vraiment froid dehors. J’étais obligé de barrer avec les gants tout à l’heure parce que je commençais à avoir l’onglée. Le fait d’être descendu dans le Sud, nous a fait sentir la différence en termes de température, à la fois de l’air et de l’eau. L’eau est à 7°, l’air est à 8/9°, mais avec les 35 nœuds de vent apparent qu’il y a dehors, tu as vite froid et on sait qu’on est encore loin de ce qu’on va avoir de pire dans les 48 prochaines heures « .

© BPCE

La suite de ce tour du monde pourrait s’avérer plus contraignante puisque des glaces ont été signalées à l’ouest des Kerguelen, comme l’explique le skipper, Loïck Peyron : « Il y a pas mal de glaces. Il y a notamment une zone un peu bizarre dans l’Ouest des Kerguelen qui nous inquiète un peu. On nous a également signalé un immense champ d’icebergs après les Kerguelen il y a quelques jour. On est dans du vent qui va forcir un petit peu, c’est toujours du vent portant. On va faire une jolie courbe sous les Kerguelen et après ça va mollir un peu, à l’approche de cette grande zone de glaces. Puis ensuite il y aura une grande dépression à contourner sous l’Australie, où on risque de remonter assez proche des côtes australiennes pour éviter le plus fort du vent et on replongera avec plaisir dans le Grand Sud, sous la Nouvelle-Zélande. A priori on va dessiner une sorte de grand S dans l’hémisphère Sud « . 
Le passage du Cap Leeuwin est prévu dès le week end prochain, ce qui permettrait à l’équipage de décrocher de nouveau des records intermédiaires.

© B.STICHELBAUT/BPCE

Nouveau record intermédiaire pour Banque Populaire V

Le maxi trimaran Banque Populaire V a passé la longitude du Cap de Bonne-Espérance ce matin à 07 heures 20 minutes (heure de Paris), après 11 jours 21 heures 48 minutes et 18 secondes de mer, Loïck Peyron et ses 13 équipiers battent donc un nouveau temps de référence depuis Ouessant améliorant l’ancien record de un jour et demi.

Leur avance ne cesse de croitre, les marins possédaient hier 1500 milles d’avance sur le record de Groupama 3, celle-ci se porte désormais à plus de 1800 milles.

Loïck Peyron est revenu sur cette descente expresse de l’Atlantique à la vacation du jour :  » Ce record est presque indécent ! Il y a quelques dizaines d’années, douze jours était le temps que Charlie Barr avait mis pour traverser l’Atlantique, un record qui a d’ailleurs tenu très longtemps. Aujourd’hui, c’est à peine le temps qu’il nous a fallu pour arriver au Sud de l’Afrique. Mais il ne faut pas oublier que nous avons sous les bottes une machine exceptionnelle. Banque Populaire est un outil extraordinaire qui se sert de l’intelligence des hommes et du travail d’une équipe. Ce que nous venons de faire n’était pas envisageable il y a trois ans. Il a fallu optimiser le bateau et accumuler une expérience incroyable « .

L’équipage s’est recadré sur une route plus sud il y a quelques heures afin de se positionner au mieux pour le passage des Kerguelen, le flux qui porte le trimaran devrait s’affaiblir à l’approche de l’archipel, puis les hommes de Banque Populaire 5 devrait reprendre une route plus nord, puisque des zones de glace sont signalées après les Kerguelen.

Le skipper :   » Nous avons enfin empanné il y a quelques heures et nous sommes tribord amures. Nous n’avions pas manœuvré depuis les Canaries, ce qui est aussi un record ! La mer est très formée et il faut se bagarrer à la barre pour ralentir parce que c’est casse bateau. Nous longeons actuellement un front et nous allons tricoter un peu pendant encore quelques heures avant d’arriver aux Kerguelen, demain pendant la nuit certainement. Depuis quelques heures, les efforts sont colossaux, le bateau est très sollicité. Il faut faire attention. […] Il y a ce long front au Nord duquel on glisse depuis quelques jours, le but est de s’en approcher et d’attendre que ça tourne. Les conditions vont se calmer, ça va devenir très léger vers les Kerguelen, dont on ne sait d’ailleurs pas encore si nous allons les passer par le Nord ou le Sud. Ce qu’on sait, c’est que la température de l’eau y est presque négative dans l’Ouest. Il y a une grosse zone d’icebergs après les Kerguelen. Nous allons remonter assez Nord pour l’éviter. Nous devrions être à Leeuwin dans une toute petite semaine. On bouclera sans doute l’indien en six jours, avec sans doute un nouveau record à la clé. Mais attention, ça peut être mou aux Kerguelen et un plus difficile derrière. C’est d’abord l’état de la mer qui fait qu’on est en avance ou pas, et pour le moment elle vient nous contrer. Mais a priori cette mer va devenir très favorable pour aller jusqu’à Leeuwin « .