Tour du monde en solitaire contre vents et courants dominants : ralentissement pour Yves le Blévec

Quatrième jour de mer pour Yves le Blévec sur le trimaran. Actual, lors de cette tentative de record autour du monde en solo contre vents et courants dominants

Le skipper est sur une route quasi plein sud, il a passé les Canaries et négocie actuellement une zone de transition, qui le ralentit quelque peu

Yves les Blévec, skipper d’Actual Ultim :
« Ça fait déjà deux jours qu’on a fait le dernier point, le temps passe vite ! », lançait Yves ce matin. « Je commence à oublier mon statut de terrien. En mer, le quotidien, l’état d’esprit n’ont rien à voir avec ce que l’on vit à terre. Je prends la navigation au jour le jour. Tout va bien à bord, le vent avait baissé un peu la nuit dernière, j’ai pu bien me reposer. Je navigue prudemment, tant que c’est instable, avec des grains, je navigue un peu sous-toilé, ça apporte une certaine sérénité. Je suis en short et en T-shirt, mais avec le vent de face et le « spray » permanent des embruns, il ne fait pas encore très chaud. 

Ce tour du monde, c’est comme une montagne immense qui me barrait l’horizon le premier jour. Aujourd’hui, j’ai commencé à attaquer la pente, je ne vois plus le sommet.

Je n’ai pas d’impératif de vitesse, même si j’aime faire marcher correctement mon bateau, je n’ai pas trop d’états d’âme à lever le pied si nécessaire. »

© Th.Martinez / Sea&Co.
Trimaran ULTIM “ACTUAL”

Tour du Monde à l’envers en solitaire : nouveau départ pour Yves le Blévec et Actual hier

Yves le Blevec s’est élancé hier pour une nouvelle tentative de record autour du monde en solitaire contre vents et courants dominants.
Le skipper d’Actual Ultim avait été contraint de renoncer rapidement après le Golfe de Gascogne lors de sa première tentative, suite à une casse sur son chariot d’écoute de grand voile.

© Th.Martinez / Sea&Co.
Trimaran ULTIM “ACTUAL”

Il a coupé la ligne de départ, choisie au large de la Trinité sur Mer à 16 heures 55 minutes et 28 secondes, hier. Les conditions étaient clémentes, sans houle, avec quelques grains sur la ligne.

L’ambiance a rapidement changée avec une brise de nord-ouest de 20 à 30 nœuds et une mer formée dès l’entrée du  golfe de Gascogne.
Le skipper se trouve désormais près de la longitude du Cap Finisterre, il tire un bord vers l’ouest pour rejoindre la bordure de la dépression située au large des Canaries avant de plonger au sud.

Tour du monde à l’envers : Yves le Blévec de retour à la Trinité pour réparer

Yves le Blévec a accosté ce matin à la Trinité à Trinité sur Mer. L’équipe technique a immédiatement débuté son travail pour réparer au plus vite.

© Th.Martinez / Sea&Co.
Trimaran ULTIM “ACTUAL”

Le skipper d’Actual est revenu sur la casse qui l’a contraint à faire demi-tour :

« Un défaut dans une pièce du chariot de grand voile a bloqué la circulation des billes, et comme j’ai dû faire des gros « choqués » dans les vents très instables de la première nuit, ça a vite dégradé ces roulements ce qui rendait le chariot inutilisable… C’était vraiment dur de pousser la barre pour rentrer à la maison, mais il fallait prendre la décision très vite parce qu’au moment où on a entériné ce retour technique je traçais à 25 nœuds vers les Canaries… C’était ça ou faire une croix sur le record. »

Christian Dumard le routeur à terre du skipper ne prévoit pas de fenêtre météo favorable avant ce week-end, la réparation devrait être terminée d’ici-là.

Transat Jacques Vabre : le Maxi Edmond de Rothschild en tête de flotte, Arkema leader chez les Multi50′

Après le passage d’une dorsale anticyclonique ce matin, et donc des conditions relativement cléments, les trois engagés en classe Ultim vont connaitre dans les heures à venir des conditions beaucoup plus musclées.
Les trois duos naviguent actuellement bâbord amures au près dans un vent d’environ 25 noeuds, ce flux de Sud-Ouest va se renforcer progressivement dans la nuit pour atteindre les 30-35 nœuds établis au passage du front, les rafales devraient avoisiner les 40-45 nœuds avec une houle d’au moins 5 mètres.

Sébastien Josse et Thomas Rouxel sur le Maxi Edmond de Rothschild qui mènent la flotte devraient être les premiers à atteindre  ce front, ils sont suivis de près par le duo Thomas Coville  et Jean Luc Nélias sur Sodebo  Ultim à une vingtaine de milles. Prince de Bretagne est logiquement distancé dans ces conditions, les deux marins préférant naviguer en sécurité dans ces conditions difficiles pour le 80′.

©Yann Riou/Gitana SA

 

Sébastien Josse, skipper du Maxi Edmond de Rothschild (Ultime) :

« C’était une mise en jambes assez sportive !
Cette nuit, le vent était très irrégulier, on était un peu surtoilé, le bateau s’est emballé à 40 nœuds à certains moments. Nous avons eu plus de mer que prévu avec 3 mètres à 3,5 mètres de face par endroit. Ce n’était pas des conditions très faciles à gérer, il fallait être dessus et très concentrés. Mais nous avons pu trouver un rythme avec Thomas, nous alimenter avec les supers plats du chef Julien Gatillon* et dormir un peu chacun notre tour. C’était très appréciable de bénéficier d’un ciel clair avec cette quasi pleine lune. Surtout avec les problématiques d’AIS que nous connaissons depuis le départ. »

Lionel Lemonchois, skipper de Prince de Bretagne (Ultime) :

« Ça a été très humide, mais aussi et surtout très casse-bateaux à cause de l’état de la mer, notamment au niveau du Raz Blanchard, face au courantOn préfère assurer et ne pas prendre de risques inutiles. On n’a pas envie de faire des bêtises et de casser le bateau. On vient tout juste de réduite un peu la voilure. Le vent se renforce petit à petit à l’approche du front. On essaie d’anticiper au mieux comme, de toute façon, nos petits camarades de devant sont difficilement approchables dans ce genre de conditions»

© Jean-Louis Carli / ALeA / TJV17

Jean-Luc Nélias, co-skipper de Sodebo Ultim’ (Ultime)

« On vient de retrouver du vent, on marche à grandes enjambées vers le talweg et le front.
On n’avait pas 36 000 choix de trajectoires, on a suivi nos collègues. Nous sommes un peu moins rapide que Gitana qui depuis Etretat a montré des capacités de vélocité supérieure à nous, il se fait la malle.
Cette nuit, on a fait de pointes à 37-38 nœuds, mais Gitana avait sans doute une moyenne plus élevée. A Ouessant nous n’étions pas trop loin mais après il est parti.
J’étais en train de faire une petite sieste pour être frais et dispo.
On vérifie que tout est bien rangé dans le bateau, on fait tourner le moteur pour faire marcher les batteries, on mange, on se repose et on va prendre des ris petit à petit. »

Photo Jean-Marie Liot / DPPI / SODEBO

En Multi50, Lalou Roucayrol et Alex Pella ont pris les avant postes depuis le début de course et semblent décider à défendre cette position.
Cinq des six multis de la classe suivent une route sensiblement identique à celles des ultimes, Ils Armel Tripon et Vincent Barnaud sur  Réauté Chocolat ont quant à eux fait le choix de la prudence en privilégiant  une route sud depuis le tout début d’après midi afin d’éviter les conditions musclées prévues cette nuit.
Derrière Arkema, FenêtréA – Mix Buffet pointe en 2nde position devant le tout dernier bateau de la classe mis à l’eau, Ciela Village.

© Jean-Louis Carli / ALeA / TJV17

Erwan Leroux, skipper de FenêtréA – Mix Buffet (Multi 50) :

« Il a fait très humide, très froid et on n’a pu se reposer qu’en fin de nuit. Arkema a attaqué, je m’y attendais un peu  mais je pensais à ne pas casser le matériel. On a le front encore ce soir, donc on va y aller mollo pour passer sans encombre et partir au portant après.
J’ ai réussi à m’alimenter, Vincent Riou a été impérial, il a passé pas mal de temps à la nav’ et à la météo, c’était donc plus simple pour moi. Je suis resté à l’extérieur, on est assez complémentaire ! Ce soir, il ne devrait pas y avoir de problèmes, on va bien manger. On est bâbord amures et on attend le front.
On a touché le sud-ouest, il y a 12 nœuds de vent et on fait route au 236, cap à l’ouest, c’est parti…
On a un enchaînement technique, il faut anticiper car le vent ne fait que monter et il faut éviter d’abîmer le matériel quitte à faire le virement un peu plus tôt que prévu. Si tu es en avance ce n’est pas grave, il faut faire la manœuvre le plus propre possible, c’est un peu chaud avec beaucoup de mer.
Cela change pas mal les foils, car d’attaquer comme ça à 25 nœuds, on ne pouvait pas le faire avant ! »

Lalou Roucayrol , skipper d’Arkema (Multi 50) :

« Ça va, on est sur la dorsale, ça a molli. Là je viens de manœuvrer une voile, on déplace les poids à bord pour charger l’avant. Il reste un peu de pression,7/8 noeuds, mais la progression est très gênée par le fond de houle. Toute la nuit, la mer était assez creuse et cassante, ça a bien secoué à bord !  
Le passage à Cherbourg a été chaud avec 2 ris/ J2 et beaucoup de mer, c’était assez fort, très fort même. On est parti au large pour éviter le gros du courant mais au final on a eu pas mal de mer !

Jusqu’à Ouessant le vent était instable, avec des grains jusqu’à 27-28 noeuds. C’était rapide et très humide, donc difficile de dormir dans ces conditions car tu fais des bonds. On a peut-être un peu plus attaqué que FenêtréA-Mix Buffet, on a un bateau plus rapide dans la brise mais ça ne se joue à pas grand-chose. »

 

Oliver Krauss, skipper de Ciela Village (Multi 50) :

« Cette nuit nous n’avons pas pu dormir ! Comme prévu, c’était rapide. A partir de Cherbourg avec le vent et le courant contre, la mer était dure. On avait du mal à tenir debout tellement ça allait dans tous les sens. Il fallait se tenir au moulin à café.
C‘était un peu compliqué aux abords de Ouessant. Et après, ça s’est calmé très vite on a eu une bonne accalmie ce matin, pour enfin se reposer un peu car nous n’avons pas pu dormir.
Ce soir, on aura plus de houle, on va se retrouver comme dans un shakeur dans tous les sens. On a passé une petite dorsale, il y a une heure ou deux. Pour l’instant, c’est repos et cette après-midi, ça va commencer à bouger un peu. Arkema a attaqué fort un peu avant Cherbourg. On n’a pas pu le suivre au début mais nous avons été prudents car c’était assez « casse gueule ».

Demi tour pour Yves le Blévec suite à une casse du chariot d’écoute de grand voile

Yves le Blévec, qui avait pris le départ pour une tentative de record autour du monde contre vents et courants dominants en solitaire hier, a fait demi-tour cette après-midi suite à la  casse de son chariot d’écoute de grand-voile.

Les conditions cette nuit avaient été musclées dans le Golfe de Gascogne avec des rafales à plus de 35 noeuds.

© Th.Martinez / Sea&Co.
Trimaran ULTIM “ACTUAL”

L’objectif pour le skipper d’Actual est de réparer au plus vite et de repartir dès que possible pour une nouvelle tentative.

Samuel Tual, Président du Groupe Actual « L’enjeu du défi dépasse largement cette avarie technique. La seule chose qui compte est de réparer au plus vite pour se remettre en conditions de départ ! »

Week end de grand départ pour les multicoques

Ce week end sera chargé pour les skippers de multicoques, avec le départ de la Transat Jacques Vabre entre Le Havre et Salvador de Bahia pour trois duos en catégories Ultim, et six en Multi50′, le départ d’Yves le Blévec pour une tentative de record autour du monde en solitaire contre vents et courants dominants, alors que François Gabart s’attaquera au record du tour du monde dans le sens classique.

A noter également la première sortie de Banque Populaire IX aujourd’hui au large de Lorient pour Armel le Cléac’h et l’équipe de Banque Pop.

  • Le premier à s’élancer devrait être François Gabart, qui a quitté les pontons de Port la Forêt vers 18h, sur son trimaran Macif pour rejoindre la ligne de départ de son tour du monde au large d’Ouessant. Il s’élancera demain matin, il s’attaque au record en solitaire détenu par Thomas Coville sur Sodebo en 49 jours 3 heures 7 minutes.
    Le skipper avec un départ précoce dans la saison se laisse la possibilité d’un retour pour un nouveau stand-by si la météo se montrait défavorable dans l’Atlantique Sud.

© Lloyd Images

  • Yves le Blévec devrait quant à lui partir demain après midi pour une tentative de record autour du monde en solitaire, tout comme François Gabart, mais le skipper basé à la Trinité effectuera cette tentative contre les vents et les courants dominants. L’objectif sera d’établir un temps de référence en multicoque sur ce parcours. Le départ devrait se faire entre 14 et 16h au large de la Trinité sur Mer.
    Yves le Blevec : « La pression vient de changer de camp : de l’étude des fichiers météo à celle des derniers détails logistiques ! Nous sommes dans la continuité de ces dernières semaines de préparation. Mon sac est prêt depuis plus d’une semaine, je n’ai plus qu’à mettre mon ciré !

    Je vais procéder à quelques dernières vérifications avec l’équipe et tout sera prêt. Ce départ est tout sauf une surprise. J’ai bien conscience que c’est un moment important de mon existence. Là, je suis content d’être chez moi, de profiter de ce confort rassurant. J’ai bien dormi cette nuit, je vais bien dormir la nuit prochaine, je suis super à l’aise. »

    © Th.Martinez / Sea&Co.
    Trimaran ULTIM “ACTUAL”

     

  • Autre événement majeur de la course au large dont le départ sera donné dimanche, la Transat Jacques Vabre, entre Le Havre et Salvador de Bahia.
    Trois duos partiront en catégorie Ultim, deux équipages font figure de potentiels vainqueurs, Thomas Coville et Jean Luc Nélias sur Sodebo ultim, et Sébastien Josse et Thomas Rouxel sur le Maxi Edmond de Rothschild.
    Le skipper de Sodebo s’adjoint de nouveau les services de Jean Luc Nélias, les deux hommes  connaissent parfaitement leur monture sur laquelle Thomas Coville  détient le record autour du monde en solo. Le trimaran devrait être mené à 100% de son potentiel sur ce parcours.

    Photo Jean-Marie Liot / DPPI / SODEBO

    La donne est un peu différente pour le duo Sébastien Josse/Thomas Rouxel, ils disposent d’une monture au potentiel supérieur à Sodeb’O avec des appendices porteurs permettant au bateau d’avoir des phases de vol stabilisé. Les capacités de ce trimaran de dernière génération sont indéniables, mais le bateau est encore en phase de mise au point. Même si l’équipage a parcouru plus de 5000 milles, ils restent des inconnues et l’équipage pourrait être contraint de lever le pied dans certaines phases météorologiques musclées, l’objectif de victoire pouvant passer après le fait d’arriver de l’autre côté sans casse et d’acquérir de l’expérience sur ce bateau.

    Lionel Lemonchois et Bernard Stamm font figure d’outsiders face aux deux autres multis. Il partiront sur le plus petit des ultimes, sur un concept plus proche des ORMA que des derniers maxis multis. Pour tirer leur épingle du jeu et pouvoir rivaliser avec leurs deux adversaires, il faudrait des phases de transition avec du vent faible et du près, dans lesquelles Prince de Bretagne serait à son avantage.

    Le renouveau de la classe Multi50′ se fait sentir sur cette édition avec quatre trimarans de 50′ dotés des foils monotypes, dont un bateau neuf, le Ciella Village de Thierry Bouchard.
    Mais les favoris seront Erwan Le Roux et Vincent Riou sur Fenêtrea Mix Buffet et Lalou Roucayrol et son joker de luxe Alex Pella sur Arkema et en position d’outsider Armel Tripon et Vincent Barnaud sur Réauté Chocolat.

    Le dernier né étant été mis à l’eau assez tard, Thierry Bouchard et Olivier Krauss devraient se contenter d’assurer une bonne place, tout en naviguant en sécurité.http://www.youtube.com/watch?v=2TrbW0VH4C0

    Gilles Lamiré et Thierry Duprey du Vorsent sur La French Tech devraient avoir du mal à rivaliser du fait de l’absence de foils, et ce malgré leur expérience à la barre de ce trimaran, tout comme Eric Defert et Christopher Pratt sur Drekan Group.

Nice Ultimed, nouvelle course du Collectif Ultim en avril 2018

Alors que The Bridge se termine avec l’arrivée de l’équipage d’Actual aujourd’hui, une nouvelle course dédiée aux maxis multicoques a été dévoilée aujourd’hui.

Photo Jean-Marie Liot / DPPI / SODEBO

Cette course, organisée par ASO, se déroulera au départ et à l’arrivée de Nice du 28 avril au 6 mai 2018.
La course se déroulera en équipage, avec environ 7 jours de mer, dont plusieurs passages devant Nice, et à proximité de plusieurs côtes afin que le public puisse assister à ces passages.

Le plateau est pour l’instant composé de Banque Populaire XI qui sera mis à l’eau en fin d’année et qui sera mené par Armel le Cléach, de Sodebo deThomas Coville, d’Actual d’Yves Le Blévec  et  d’IDEC Sport mené par Francis Joyon.

François Gabart (MACIF), membre du collectif Ultim décidera de sa participation à l’issue de sa tentative de record du Tour du Monde en solitaire prévue cet hiver, et du chantier de remise en état de son trimaran qui la suivra.

Le Maxi Edmond de Rothschild, de Sébastien Josse, pourrait également faire parti du plateau.

The Bridge : IDEC SPORT 2nd, Sodebo 3ème

Après Macif, vainqueur de la course, arrivé hier, le podium de The Bridge a été complété aujourd’hui par l’équipage d’IDEC SPORT mené par Francis Joyon et par celui de Sodebo de Thomas Coville.

Les deux équipages ont terminé dans les petits airs au large de New York.
Francis Joyon, Alex Pella, Gwénolé Gahinet, Sébastien Picault et Quentin Ponroy auront mis 8 jours, 11 heures et 9 minutes sur IDEC SPORT, contre  8 jours 16 heures 18 minutes et 55 secondes Jean-Luc Nélias, Vincent Riou, Billy Besson, Loïc Le Mignon, Thierry Briend sur SODEBO.

© Thierry Martinez / THE BRIDGE

Les réactions des équipages :

Francis Joyon, skipper d’IDEC SPORT
« On était à 3 nœuds par moment dans la rivière avec le contre courant, du plein ont arrière qui tournait vent debout. Le final était assez interminable, mais on s’en est assez bien sorti le long de Long Island avec un orage qui nous a bien aidés. 

Globalement, on est contents. Les gars se sont bien amusés. J’ai un équipage heureux qui est toujours content de naviguer proprement, de faire des bonnes blagues. On a fait des belles manœuvres, on a vraiment fait marcher le bateau au mieux tout le temps. Au niveau de la stratégie, on a essayé de faire des routes les plus propres possibles. Tous les cinq, nous sommes plutôt satisfaits de notre travail.
J’ai trouvé très amusant d’avoir des bateaux au contact, de pouvoir faire de la stratégie par rapport à eux. J’avais fait ça du temps des trimarans ORMA, et j’ai retrouvé ça avec plaisir. On était léger mais dans le gros temps, on aurait apprécié un équipier de plus. On a moins eu la sensation de vitesse qu’on a connu dans le Trophée Jules Verne. On a découvert le bateau à des allures de près. Il est très complet et on continue d’en apprendre sur son compte. J’ai rempli tout un cahier de petites améliorations à effectuer…

On a été devant MACIF un bout de temps, puisque le deuxième jour on était encore en tête. On était assez optimistes sur les capacités du bateau dans un certain type de temps, mais il est vrai que quand ses plans porteurs ont pu le faire voler, on ne pouvait plus faire grand chose à part regarder passer cinq nœuds pus vite que nous. On a essayé de faire des stratégies et des routes différentes qui ont parfois été assez payantes.

Contre les vents debout, on a forcément moins eu la sensation de vitesse au portant qu’on a pu avoir sur le tour du monde, ça nous a un peu manqué. Mais, on a découvert aussi les stratégies au près et les vitesses-cibles qu’on ne connaissait pas, on a vu les combinaisons de voilure les plus favorables.  Cela reste un bateau très complexe, et chaque fois que je navigue dessus, j’apprends énormément. »

Alex Pella, équipier sur IDE SPORT : « C’est une belle satisfaction que d’avoir pu rivaliser avec des bateaux aussi récents et aussi perfectionnés que Macif et Sodebo, malgré le désavantage d’un équipage ultra réduit… un beau résultat au final! »


© Thierry Martinez / Sea&Co

Thomas Coville, skipper de SODEBO :
« Lorsqu’on prend le départ d’une course comme The Bridge, on écrit l’épilogue avant même le départ : on veut tous le même résultat mais on ne sait pas encore comment ça va se passer. C’est la magie des courses et des transatlantiques.

En tant que skipper, je suis forcement déçu mais il ne peut y avoir qu’un seul gagnant.

Quand on navigue comme ça d’est en ouest, il y a des rebondissements et beaucoup de jeux d’élastique. A chaque fois que l’on revenait sur les leaders, nous avions un nouvel espoir et nous nous sommes battus pour. L’écart est relativement proche car il y a eu un vrai match. Sur le niveau de maîtrise des bateaux, il y a une vraie homogénéité.

L’adversaire a bien joué, très bien joué. François (Gabart) a un bateau plus récent que le nôtre, mais il faut savoir le mener !
IDEC SPORT a très bien joué stratégiquement. Une très belle course de Francis (Joyon) !

Macif est plus léger et plus large que nous. Il est plus véloce dans le petit temps et dans les relances.
IDEC SPORT est « le » bateau de référence de l’équipage autour du monde. Pour cette course, il avait typé le bateau avec une voile de petit temps.

Sur l’échiquier de l’Atlantique, MACIF et IDEC SPORT n’ont pas laissé de place même si à trois reprises, le décalage se comble et se reconstruit. C’est quasiment exponentiel.
Il n’y a pas d’erreur de la part de François et de Francis. Il y a une homogénéité en termes de compétences et c’est du très haut niveau qui présage des régates exceptionnelles. C’est positif pour ce qu’on essaie de construire avec le collectif.

C’est aussi un sport mécanique. Nous allions vite quand nous avons percuté un thon de bonne taille. Dans le choc, le safran tribord a cassé au ras du plan porteur, ce qui a été bien sûr un handicap pour la performance.
Nous avons aussi eu une fuite du système hydraulique, sur la fin de course. La réparation prend du temps sur la récupération et la navigation.
La blessure de Thierry a été très impressionnante pour lui et pour nous. Mais il ne faut pas résumer la course à cela. J’ai eu la chance de naviguer avec une super équipe, c’était jubilatoire, professionnel, avec de la rigueur et de l’humour.

Merci à l’organisation pour ce format de course différent. Tout ce qui a été monté à Nantes avec le basket, le départ de Saint-Nazaire avec beaucoup de monde, le symbole du Queen Mary 2, l’événement pour les partenaires à bord du paquebot pendant la course et l’arrivée dans ce site à New York… c’était un projet ambitieux qui a répondu à ses ambitions. Demain, je pense que le public se mobilisera à nouveau sur des projets comme ça, et nous en serons aussi acteurs avec Sodebo.»  

JEAN-LUC NÉLIAS, équipier sur SODEBO :
« Dans un équipage, c’est toujours bien de profiter et de partager l’expérience des autres et les cultures différentes. Tu es toujours content de voir dans l’œil des autres, sa découverte. L’arrivée à New York est toujours magnifique. Aujourd’hui, nous avons pu naviguer dans la baie à la voile jusqu’au Pont de Brooklyn avec du vent et pas de courant. »

VINCENT RIOU, équipier sur SODEBO :
« Nous avons eu quelques belles soirées avec de belles vitesses. On a tous partagés la barre pour profiter de l’instant. Sodebo Ultim’ est une des références parmi les bateaux les plus rapides au monde. C’est un bateau abouti, tout terrain, simple et bien pensé. Il est facile à manœuvrer. Il a été voulu et adapté au solitaire. Ce n’est pas un bateau conçu pour l‘équipage. »

L’équipage d’Actual reste le seul concurrent en mer, à 300 milles de l’arrivée.

Samantha Davies, Actual : « Tout va bien à bord Actual. Ce soir, après un début course sous le signe de la grisaille, nous avons eu enfin un ciel clair et nous avons profité de la lune et des étoiles. La lune est en phase croissante, et chaque nuit elle nous éclaire un peu plus. À cet instant, le clair de lune brille à travers le hublot de la table à carte, éclairant le clavier de mon ordinateur. 

La lune nous aide, mais les vagues sont contre nous ce soir. Nous faisons un peu des sauts dans vagues dans la partie la plus septentrionale du Gulf Stream. Les mouvements de ces trimarans Ultimes sont assez violents dans les moments chauds, mais associé au clapot, c’est un peu du rodéo qui ne s’arrête jamais.

Prendre son repas est toujours un défi et nous procure une série de « débordements » et de moments cocasses, heureusement sans dommages collatéraux. Le hors quart se limite à du repos et à trouver un emplacement confortable et stable, ce qui demande beaucoup d’énergie. La meilleure place est de se positionner dans les fonds, comme d’habitude !

Heureusement ces moments difficiles nous aiderons à rejoindre New York. Demain, nous allons passer encore quelques moments difficiles au passage d’une transition entre les vents d’Ouest et les vents d’Est, entraînant des zones de calmes.

Aujourd’hui, j’ai commencé à parler anglais pour acclimater l’équipage francophone d’Actual dans la perspective de notre arrivée à New York… « an English speaking city! »
Samantha Davies

Macif vainqueur de The Bridge

François Gabart, Pascal Bidégorry, Guillaume Combescure, Antoine Gautier, Benoît Marie et Yann Riou ont remporté The Bridge aujourd’hui à 13h 31mn et 20sec (19h 31mn et 20sec, heure française).
Le maxi trimaran MACIF a coupé la ligne d’arrivée, sous le pont de Verrazano-Narrows en baie de New York, après 8j 00h 31mn et 20sec de course, l’équipage aura parcouru 3 582 milles à 18,61 nœuds de moyenne contre les vents dominants.

Idec Sport devrait prendre la seconde place de la course dans les heures à venir, Francis Joyon et ses quatre équipiers n’étant plus qu’à 100 milles de l’arrivée.

Francis Joyon, skipper d’IDEC SPORT : « Nous avons de nouveau beaucoup manœuvré cette nuit. La mer était agitée, et le bateau sautait face à la houle. Nous avons dû lever le pied, dans une brume épaisse. Le bateau est en bon état malgré de nombreuses petites casses matérielles. Cette transat aura été riche d’enseignements, car nous sommes demeurés longtemps au contact des autres bateaux, tous très différents architecturalement du nôtre. Nous avons tous beaucoup appris… »

Sodebo devrait suivre quelques heures plus tard, Thomas Coville et son équipage ont été contraint de réduire l’allure pendant quelques heures, suite à la blessure de Thierry Briend, victime d’un traumatisme crânien suite à une chute sur le trimaran. Les nouvelles sont rassurantes comme l’expliquait le skipper à la vacation.

Thomas Coville, skipper de SODEBO : « L’histoire de Thierry nous a fait peur hier. Ce matin, il est allongé dans la bannette et il va beaucoup mieux.On traversait un front avec des courants, la mer s’est levée et elle devenue forte et abrupte.

Les conditions n’étaient pas faciles et on avait décidé de ralentir le bateau. Thierry venait de me relayer à la barre. Il y a eu une vague plus grosse que les autres qui l’a désarçonné. Il a été projeté de toute sa hauteur, et il fait quand même 1m80. Il a heurté un winch, puis un deuxième placé au centre du cockpit pour régler le chariot de grand-voile et il a perdu connaissance. Ça a été un moment fort en émotion de le voir ainsi, ce n’est pas un garçon qui a l’habitude de se plaindre.

Il a perdu connaissance, on l’a installé à l’intérieur en respectant les procédures apprises à l’entraînement. Heureusement, il a rapidement repris connaissance, il n’était pas cohérent, avec des pertes de mémoire et il reposait les mêmes questions.

S’il ne se souvient plus des circonstances de sa chute, il va bien aujourd’hui et tout est opérationnel chez lui. Il a un hématome derrière la tête et il ne souffre à aucun autre endroit. Il reste allongé dans la bannette avec une minerve. Il a déjà repris des forces.

Quand ce genre d’évènements arrive, cela nous rappelle la violence de ces bateaux dans certaines conditions.

Chacun a pris son rôle. On a été assisté par le CROSS Gris Nez, le CCMM (Centre de Consultation Médicale Maritime) de Toulouse, le MRCC de Boston (Maritime Rescue Coordination Centre), par les coast guards américains et par le Docteur Chauve, médecin de la course, qui collaboraient tous ensemble. La procédure médicale de surveillance s’est immédiatement mise en place. Il a été question d’hélitreuillage ou d’une évacuation vers Nantucket. Aujourd’hui, il n’en est plus question car Thierry va mieux, on va aller jusqu’à New York tous ensemble, tous les six et en course. »

Nous avons ralenti le bateau mais il n’a jamais été question d’arrêter de courir. On a ralenti pour s’occuper de Thierry qui était la priorité. Nous sommes toujours en course et nous allons aller jusqu’à Verrazano tous ensemble.C’est la bonne nouvelle : Thierry va terminer la transat avec nous.

 Il n’y a pas de problème pour aller tous ensemble jusqu’à New York avec une arrivée prévue demain en milieu de la journée heure française.

Aujourd’hui, le classement montre un bateau dernier né avec un skipper et un équipage qui l’ont exploité au maximum de son potentiel. Ce n’est pas un hasard si Macif gagne, bravo à eux.»

L’équipage d’Actual, à 530 milles de l’arrivée devrait en terminer d’ici 48 heures.

Sam Davies, Actual :  « Nous avons négocié la nuit dernière un « Trof », une zone de brises violentes et très instables avec des rafales. Maintenant nous sommes à nouveau au près, dans 20 nœuds de vent, juste en bordure du Gulf Stream. Ça tape pas mal et n’est donc assez compliqué de viser les touches du clavier !

Les acrobaties de la nuit dernière dans des rafales jusqu’à 35 nœuds avec des bascules de vent à 90° m’ont fait découvrir que naviguer à bord de tels géants des mers peut être stressant. À trois sur le pont (Yves, Jean-Bapt et moi) on a réussi à maîtriser le bateau, mais nous n’avons pas arrêté de manœuvrer.

Je n’imagine pas une seule seconde gérer cela en solitaire ! Énorme respect pour les skippers qui vont s’engager dans des tours du monde en solitaire à bord de tels engins !

Nous sommes d’ailleurs tous focalisés sur le défi qu’Yves va relever l’hiver prochain et nous mettons cette course à profit pour l’aider à préparer au mieux cette tentative de record de tour du monde à l’envers. C’est génial de faire partie de cette préparation et je suivrai ce challenge d’autant plus près que j’ai aujourd’hui cette incroyable opportunité de découvrir le monde des Ultims. »

The Bridge, Macif en route vers la victoire

L’équipage mené par François Gabart file vers la victoire sur The Bridge. En effet, Macif n’est plus qu’à 290 milles du but, avec 100 milles d’avance sur Idec Sport, 173 sur Sodebo et 614 sur Actual. La victoire semble donc acquise pour les six hommes de Macif sauf soucis technique.
Francis Joyon et ses quatre équipiers ont quant à eux sécuriser leur seconde place, aider par une avarie de safran sur Sodebo, suite à une collision avec un poisson.

© Lloyd Images

Vincent Riou (Sodebo Ultim’): « On navigue bâbord amures dans 15 à 20 nœuds de vent, au près. On va continuer ainsi quasiment jusqu’à la fin de la course. Il y a un peu de mer et ça « couine ». On n’avait plus l’habitude avec ces conditions tellement clémentes depuis le départ. On va avoir du vent plus fort à partir du milieu de nuit, et ça va se renforcer. On sait que ce sera du près jusqu’à New York.
On a utilisé le gennaker dans moins de 5 nœuds de vent au départ à la pointe de la Bretagne, et depuis il est resté dans son sac… a priori il va y rester jusqu’à la fin. Le petit décalage que nous avons créé avec IDEC Sport en étant un peu plus au vent, c’est une opportunité même si nous n’avions pas trop le choix. Ça va être du louvoyage jusqu’au bout. On va avoir un grand bord bâbord amure qui va nous amener entre la Nouvelle-Écosse, Boston puis Nantucket. Ensuite, il y aura une légère rotation du vent sur la droite pour faire route sur l’arrivée en tirant des bords. Une vraie transat de près ! »

Jean-Luc Nélias (Sodebo Ultim’) :« Ce n’est pas la situation la plus fun mais il n’y a pas le choix. Aujourd’hui, nous allons pas mal nous rapprocher du continent avant de redescendre vers Nantucket demain. Ce matin il fait beau, on est au près serré à faire du saut de vagues. Il fait bon et doux, cela n’a rien à voir avec la nuit précédente et ses brouillards pénétrants. Cet après-midi, le vent va monter à 25 nœuds. Au louvoyage il va y avoir des changements de voiles et aussi pas mal de virements.
La stratégie c’est d’essayer de créer des leviers sur Idec pour avoir une chance de le passer. Cela n’est pas facile car Macif a des meilleures conditions que Idec qui a des meilleures conditions que Sodebo… qui a des meilleures conditions qu’Actual.
On commence à sentir les effets de la terre, la vraie vie à terre ce sera mardi soir.. Le trafic maritime devient plus important, on aussi a croisé des cachalots, des baleines, des dauphins, un filet dérivant et des thons.   C’est sans doute un thon qui a tapé dans le safran tribord alors que nous avancions à 25nds. Il y a eu un bruit métallique. On a ralenti pour regarder et on a essayé de bricoler quelques temps sans succès. Quand nous avons viré de bord, on s’est rendu compte que le bas du safran avait disparu.
Dans la soirée on a tapé de la même façon avec l’autre safran. On a eu la barre bloquée pendant quelques minutes avant de réussir à rétablir le système et à relancer la machine. Pour le moment, on a perdu un peu de temps à bricoler et on est un peu ralenti en bâbord amure. Nous avons perdu pas mal de terrain hier avec nos ennuis et le vent plus favorable pour notre prédécesseur. »

Thomas Coville (Sodebo Ultim’) : « Avec François Gabart, c’est un peu le remake de l’année dernière sur The Transat dans des conditions qui lui sont encore plus favorables et où il peut exploiter le maximum du potentiel en équipage. Dans le petit temps et le medium au près, Macif est au top.
Idec Sport et Sodebo ont des plateformes qui ont des bouts chacun d’époques similaires. Je dirai aujourd’hui que Idec est même une référence en équipage depuis cet hiver. Par rapport à Sodebo, ils sont un peu plus long de 50cm et 1.3 m plus large. Les bras et les flotteurs sont 5 ans plus jeunes que les nôtres et plus légers. Nous avons des gréements qui ont quasiment la même taille.
Les bateaux sont assez proches en vitesse, à part peut-être dans les transitions de petit temps où IDEC est très performant. Ils connaissent super bien leur bateau et la course se joue à très peu… comme percuter un poisson hier après-midi.
Jusqu’au bout, ce sera très ouvert. C’est pour ça qu’on se bat sur les problèmes techniques ; je suis toujours aussi content de les résoudre et on ne lâche rien ! »

Gwénolé Gahinet (IDEC SPORT) : « On fait du prés. On vient de prendre un ris dans la grand-voile. On rencontre une mer de face qui ne nous facilite pas la vie. On attend une rotation du vent dans quelques heures. On fait route directe vers New York, malheureusement, ça ne va pas durer, le vent va refuser en tournant à droite. On va chercher cette rotation du côté de la zone d’exclusion qui borde les côtes américaines.  On peut arriver à partir de 5h TU le 4 juillet, mais on risque de finir dans un vent de Sud-Ouest assez faible et il peut se passer des choses jusqu’au bout, avec pas mal de manœuvres, de virements. La baie de New York n’est jamais simple, surtout dans ce type de conditions. Au niveau du bateau, tout va bien, à part deux ou trois petits bobos. On a juste eu un petit souci avec la montée de la dérive. On a fait une erreur de manipulation pendant une prise de ris, mais on a réparé. Rien de grave. »

Stan Thuret (Actual) : « On est dans le brouillard avec une visibilité réduide à 50 mètres. On progresse à 84° du vent dans 24 nœuds. On est sous J2, grand voile haute. On trace bien, à 23 nœuds, on sort de la zone des glaces. Il y a pas mal de vie autour de nous, aquatique notamment avec des bancs de dauphins. Ils ne sont pas trop joueurs, on voit qu’ils sont plus là pour se nourrir. Il y a des oiseaux aussi que je n’avais jamais vus auparavant. On croise aussi des pêcheurs et des cargos qui se dirigent vers l’Europe. Cette nuit, l’eau était à 5°. Tout était humide à bord et ça piquait un peu. Davy (Beaudart) a eu le quart le plus froid. Le bonnet, les gants et l’écharpe étaient obligatoires. On estime qu’il nous reste 3 jours et 13 heures de course. On va donc rater la Fête Nationale Américaine, mais on sera là pour la remise des prix. »