Plus de 1000 milles d’avance au large du Brésil pour Banque Populaire V

Loïck Peyron et son équipage poursuivent leur remontée de l’Atlantique Sud sur le maxi trimaran Banque Populaire V, ils naviguent actuellement au près à 300 milles au large des côtes brésiliennes dans des conditions estivales avec les alizés après avoir connu une averse de neige il y a quelques jours.

Depuis leur passage du Cap Horn, l’équipage n’a cessé de creuser son avance sur le temps du record de Groupama 3 de 2010, qui avait subi un  Atlantique Sud difficile, ce soir le trimaran bleu possède 1060 milles d’avance grâce à une route plein nord et une trace depuis le Cap Horn proche de l’orthodromie, la suite s’annonce relativement bien pour les marins avec un Pot au Noir peu actif comme l’explique  Marcel Van Triest, routeur à terre :  » Nous sommes satisfaits de ce qui a été fait et maintenant c’est du tout droit jusqu’à la pointe Nord-Est du Brésil. L’avance va encore s’accroître dans les prochaines heures et c’est plutôt bien, parce qu’ensuite, nous aurons plus de milles à faire que Groupama 3. Le Pot au Noir ne se présente pas trop méchamment. Il faudra faire avec ce que la nature va nous proposer, nous n’aurons pas le choix. Ensuite, il y aura a priori deux routes possibles, une directe et une qui fera faire un grand détour pour éviter l’anticyclone des Açores. Nous étudions ça de près « .

Le skipper s’est également montré confiant pour la suite de ce Trophée Jules Verne :  » Ca ne se passe pas mal ! Nous allons rallier l’Equateur dans un temps relativement bon et la suite s’annonce encore mieux. Théoriquement, aujourd’hui nous avons près d’un jour de mieux à l’Equateur que le meilleur partiel de tous les temps encore détenu par mon frère Bruno. En ce moment, le vent est irrégulier, ça y est, on est dans les alizés. C’est très variable. On a entre 14 et 20 nœuds. Il y a beaucoup de grains. C’est un petit alizé léger et ça devrait rester comme ça jusqu’à l’Equateur. D’ici peu, on devrait raser les côtes brésiliennes au niveau de Recife, mais il faudra faire attention de ne pas être trop près parce que ça tamponne. Ensuite, ce sera le Pot au Noir et puis les mêmes alizés, mais dans le Nord ceux-là, avec, on l’espère, un angle de vent plus confortable « .

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Retour en Atlantique pour l’équipage de Banque Populaire V

Les quatorze marins constituant l’équipage de Banque Populaire V ont franchi le Cap Horn ce matin à 7 heures 50 minutes et 30 secondes ce 23 décembre (heure de Paris), après 30 jours 22 heures 18 minutes et 48 secondes de mer. La traversée du Pacifique n’aura pas été de tout repos pour l’équipage qui aura du faire face à une vaste zone de glaces à contourner, puis à une dorsale anticyclonique qui les a longuement ralentis, Banque Populaire V affiche donc un chrono de 10 jours 15 heures 7 minutes et 15 secondes entre la Tasmanie et le Cap Horn, ce record intermédiaire reste donc la propriété de Bruno Peyron et de l’équipage d’Orange II en 2005 avec un temps de 8 jours et 18 minutes.

Les conditions de mer étaient trop musclées pour un passage à vue du troisième cap de ce tour du monde, comme l’explique le skipper Loick Peyron : «  Il n’a pas été possible de passer plus proche du cap Horn, les conditions de mer qui sont déjà pas mal formées là où on se trouve, sont encore plus fortes du côté du caillou. Mais les jeunes impétrants du bord sont tous cap-horniers et ils sont ravis ! Les conditions nous permettent d’attaquer un petit peu, plus que ce qui était possible il y a une semaine ou dix jours, parce qu’aujourd’hui nous n’avons plus qu’une journée d’avance ».

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Le retour du vent a permis à l’équipage d’allonger la foulée depuis hier, Banque Populaire V file donc à plus de 30 noeuds  à l’Est, vers la Géorgie du Sud, le skipper :  » Le vent va mollir toute la journée d’aujourd’hui et se renforcer demain, au Nord Ouest d’une dépression centrée sur la Géorgie du Sud. Une fois qu’on aura empanné, on va pouvoir faire du Nord et retrouver de la chaleur. Ce risque d’être la remontée à l’Equateur la plus rapide que j’ai jamais faite. A priori ce sera dans des temps meilleurs que celui de Franck Cammas et son équipage, et que le record absolu détenu par Bruno, mon grand frère « .

En effet Marcel van Triest, routeur à terre prévoit une remontée rapide vers l’Equateur, il donne également une estimation possible du temps de ce Trophée Jules Verne  :  » Ils vont avoir une mer relativement musclée et vont devoir faire ce crochet par la Géorgie du Sud. Demain matin, ils vont empanner et remonter plein Nord. Ce sera la journée des grands changements. Pour l’instant, ils devraient être très rapides jusqu’au large de l’Uruguay. Ensuite, il y a aura une transition au large du Brésil. Ils devraient arriver à l’Equateur entre sept et huit jours, ce qui est un temps très correct. Au final, il n’est pas impossible de s’approcher des 45 jours… »

Le maxi Banque Populaire V possède ce soir 560 milles d’avance sur le temps de Groupama 3.

L’avance de Banque Populaire fond avec la dorsale anticyclonique

L’océan Pacifique n’en finit pas de ralentir l’équipage de Banque Populaire depuis 5 jours, après avoir été contraint de prendre une route très nord du fait d’icebergs présents en nombre, l’équipage du maxi trimaran est désormais bloqué par une dorsale anticyclonique.

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Cette dorsale continue à se déplacer vers l’est et barre la route du bateau vers le Cap Horn, obligeant les marins à manoeuvrer afin d’optimiser la route du multicoque, la prochaine dépression en arrière de ce front ne devrait « embarquer » le bateau que demain, ce qui permettra de reprendre une route plus directe.
Loick Peyron à la vacation du jour  : « Ca manœuvre ! On vient juste d’empanner une deuxième fois depuis ce matin. On se bagarre dans des conditions compliquées. Nous sommes à un passage à niveau. En ce moment, nous avons 8 nœuds de vent, nous avançons à 11 nœuds et pas du tout sur la route. On risque de mettre au moins 24 heures de plus que prévu pour arriver au cap Horn, mais c’est vrai qu’entre le contournement par le Nord de la zone de glaces qui a entraîné la négociation d’une grosse dépression et maintenant cette dorsale, la situation n’est pas simple. Soit on arrive à passer devant cette dorsale dans quelques heures, ce qui m’étonnerait beaucoup, soit il faut faire avec jusqu’au Horn. C’est un vrai barrage entre deux dépressions, une devant nous et une derrière. Entre les deux, il y a ce petit morceau d’anticyclone. Ca va être relativement long… On sera plutôt au cap Horn le 23 décembre, dans la journée « . 

Le 3ème Cap devrait donc être franchi vendredi, avec une avance encore plus ténue sur le temps de référence, malgré tout l’Atlantique sud semble plus souriant que ce qu’avait connu l’équipage de Groupama 3 en 2010 : « On sent notre concurrent tout proche. On peut sentir son souffle froid ! En 2010, Groupama 3 était passé beaucoup plus Sud que nous dans le Pacifique, preuve qu’il y avait sans doute moins de glaces et là ils déboulent virtuellement à 28 nœuds. C’est sympa d’avoir ce type d’informations, ça fait frémir ! Mais on espère se refaire à partir du Horn, on se bagarre pour cela. Les conditions en Atlantique Sud ne semblent pas mauvaises même si elles ont tendance à se dégrader et on devrait avoir de meilleures conditions que celles qu’ont eu nos amis il y a presque deux ans « .

Le trimaran possède encore ce soir une avance de 780 milles sur le record.

Banque Populaire V à mi-parcours

L’équipage du maxi trimaran Banque Populaire 5 ont passé huit heures dans des conditions proches de la survie sur un multicoque de 40m. En effet par 56° Sud, les marins ont essuyé une violente dépression venant de Nouvelle-Zélande, qui a entrainé des vents de 40 nœuds et une mer désorganisée.
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Dans ces conditions, la priorité était la préservation du matériel et de l’équipage, les hommes d’équipage ont donc réduit au maximum la vitesse du trimaran, avec la grand voile réduite à son strict minimum et aplatie au maximum pour diminuer la puissance.
Florent Chastel, numéro un/ régleur est revenu sur cette tempête à la vacation : » C’est en train de se calmer, la mer se range doucement. Nous allons pouvoir renvoyer un peu de toile. Mais pendant huit heures, il n’y a plus eu de place pour la course. On a surtout essayé de passer sans faire de mal au bateau. Nous sommes partis au près là dedans, puis nous avons attrapé la bascule et continué au reaching, à 90° du vent, une allure où le bateau accélère. Nous avons fini avec des paquets de mer impressionnants. Nous avons oublié un peu la performance et les réglages servaient surtout à ralentir le bateau. Petit à petit ça a adonné et le vent s’est calmé. On va pouvoir reprendre la course « .
Le bateau a franchi l’antiméridien, marquant la mi-parcours, pendant cette navigation musclée :  » Nous sommes passés de TU + 12 heures à TU – 12 heures dans nos références à bord. On file vers l’Est et c’est un peu comme si on accélérait le temps. On va le moins possible à l’avant, on évite. Quand c’est nécessaire, le barreur ralenti beaucoup le bateau, on s’attache et c’est un peu du crapahutage jusqu’à l’avant du bateau. A l’intérieur, il est difficile de dormir dans ces conditions. Quand les vagues tapent sur le carbone, ça fait caisse de résonance. Quand on est dans notre bannette, on est à deux centimètres d’un océan en furie « .

Le trimaran navigue désormais dans des vents plus faibles et une mer plus « rangée », ce qui a permis à l’équipage d’accélérer la cadence, l’avance est ce soir de 1900 milles  sur le temps du record de Groupama 3.

Cependant la suite de ce Trophée Jules Verne ne s’annonce pas simple puisque les marins vont devoir éviter une zone de glace et se verront donc contraints de remonter au nord, comme l’expliquait Florent Chastel :  » On ne va pas descendre beaucoup plus car il y a pas mal de glaces, dont un très gros iceberg qu’on devrait approcher demain. La route Sud nous est un peu barrée. Descendre plus, ça devient la roulette russe « .

L’allongement de la route ne devrait pas permettre de poursuivre dans le même système météo, le routeur à terre prévoit donc une réduction de l’avance sur le tableau de marche de près de moitié est à prévoir d’ici au passage du Cap Horn, dans une semaine environ.

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Cap au sud pour Banque Populaire V

Vingtième jour de mer pour l’équipage de Banque Populaire V, les marins possèdent toujours une confortable avance (2100 milles) sur le record de Groupama 3, ils naviguent actuellement au sud de la Tasmanie par 53° Sud, bénéficiant d’un vent d’Ouest de 30 nœuds et d’une longue houle leur permettant de plonger au sud est.
Ils ont fait leur entrée dans le Pacifique avec un nouveau record intermédiaire entre le Cap des Aiguilles et le Sud de la Tasmanie (record de l’Océan Indien).
Loïck Peyron à la vacataion est revenu sur les conditions actuelles :  » L’état de la mer s’est amélioré. La houle devient très longue. On a passé un début de nuit très difficile avec une mer très courte. Il fallait ralentir pas mal, mais maintenant ça va. On n’a malgré tout pas pu éviter une chute dans une vague assez impressionnante ce matin, en battant certainement le record de vitesse instantanée du bateau en dépassant les 48 nœuds… et en chute libre. C’était plutôt Newton qui nous aidait qu’Eole . Il y a des creux d’une dizaine de mètres parfois, mais avec une très longue période, pas loin de 200 mètres, entre chaque crête. Ca rend les choses parfaitement maniables. Il n’y a que dans le Sud qu’on voit des périodes aussi longues. Les vagues avancent à une trentaine de nœuds, un petit peu comme nous, ce qui fait qu’on arrive vraiment à glisser dessus et c’est vraiment très joli « .

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Le skipper expliquait également que l’équipage va poursuivre sa route au sud, vraisemblablement jusqu’à 56° sud, avant de devoir de nouveau faire route au nord pour éviter une zone où des icebergs ont été signalés :  » D’après les informations dont nous disposons, il n’y a pas de glaces dans les 48 heures qui viennent. En revanche, au milieu du Pacifique, on a déjà la position d’un certain nombre de « glaçons » dont un gros bébé de 7 kilomètres de long dont on sait pertinemment qu’il est en plein milieu mais beaucoup plus Nord, par 53°/54°. On va remonter tout doucement pour éviter cette zone de glaces qu’on a d’ores et déjà délimitée « . 

Avant cette zone de glaces, les marins vont devoir faire face à des conditions très musclées dans 48 heures :  » On sait qu’on va rencontrer des conditions difficiles dans 48 heures, juste après la Nouvelle-Zélande, en bordure d’un anticyclone. On va avoir des vents de Nord très très forts. On va être plein vent de travers avec 40 nœuds vraisemblablement. Il va nous être impossible de les éviter et ça ne va pas être très confortable parce que c’est l’allure où on ne peut pas ralentir, ou très difficilement. J’ai l’impression que ça va peut-être se terminer sous mât seul ou peut-être la grand-voile à trois ris, au minimum. Et puis tout de suite après, il n’y aura pas beaucoup de vent parce qu’il y a cet anticyclone. Pour l’instant, il y a une prévision d’une grosse dépression juste avant le cap Horn. A priori elle est une peu stationnaire dans cette zone. Mais on s’attend de toutes façons à tout à ces latitudes un peu complexes. Ca ne peut pas être une promenade de santé « .

L’équipage va donc profiter de conditions plus légères demain afin d’effectuer une inspection du trimaran et plus particulièrement du mât si les conditions de mer le permettent.

A découvrir sur Libération.fr un article sur le travail du routeur à terre du maxi Banque Populaire V, Marcel Van Triest.

Pratiquement 4 jours d’avance au Cap Leeuwin

L’équipage du Maxi Banque Populaire V a de nouveau décroché un temps de référence sur le Trophée Jules Verne en accrochant le chrono Ouessant-Cap Leeuwin en 17 jours 23 heures 57 minutes et 18 secondes de mer, améliorant le chrono de Groupama 3 de 3 jours 14 heures et 24 minutes.

Les hommes naviguant sur le trimaran possèdent donc plus de 72 heures d’avance sur le temps du record soit 2200 milles. Loïck Peyron, le skipper, est revenu sur cette performance lors de la vacation  :  » Nous sommes forcément très satisfaits de ce nouveau record et puis le temps lui-même est significatif. C’est un peu comme 9,99€… on fait tout en 17 jours 23 heures et pas tout à fait 18 jours ou encore 11 jours 21 heures et 48 minutes pour Bonne Espérance. Les chiffres sont symboliques. Mais pour le moment, les conditions ne sont pas si favorables, la performance de ce bateau, en revanche, est incroyable ! C’est Yvan Ravussin qui était à la barre en passant Leeuwin, c’est donc un record suisse! « 

Depuis 48 heures, la route du trimaran avait pris du nord et s’est rapproché de l’Australie, afin d’éviter une zone de glaces, malgré tout l’équipage va devoir plonger au sud ce soir pour couper au plus court et rester dans le même système météo, malgré une tempête qui sévit au sud.

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Loïck Peyron :  » Nous en avons fini avec l’Indien et nous avons passé la frontière avec une petite tempête assez sympathique. On y va tranquillement. On va empanner avant la fin de cette journée et aller dans cette tempête et une mer très formée. On va essayer de passer devant. On est obligé parce que sinon on va enchaîner avec pas de vent du tout dans l’anticyclone. On va arrondir un peu. En terme de terrain , ça va devenir un peu cassant. Mais en laissant passer un peu, on devrait avoir la mer dans le bon sens. Pour le moment, ce que nous avons n’est pas de la houle. C’est de la petite mer pas terrible. C’est une fréquence courte qui fait qu’on ne peut pas accélérer vraiment. Nous allons partir plus Sud, avec une mer plus creuse et plus de vent. Les quelques jours à venir ne vont pas être faciles. Nous allons théoriquement descendre assez Sud et passer pas très loin de l’île Macquarie, au Sud de la Nouvelle-Zélande. Les conditions vont être assez musclées pour les 48 prochaines heures, vraisemblablement ce qu’on aura rencontré de plus fort depuis le départ « .

Les deux prochains jours s’annoncent donc stressant pour l’équipage qui sera plus que jamais à l’écoute du bateau, malgré le potentiel exceptionnel du bateau, les marins doivent brider son potentiel pour poursuivre leur tour du monde en sécurité comme l’expliquait Xavier Revil : « Si on se laisse aller, on atteint facilement les 40 nœuds. Mais on se limite à 35 nœuds pour rester dans des vitesses raisonnables et pour que le bateau ne souffre pas. Dès qu’on lofe un peu trop ou qu’on serre un peu trop les angles, Banque Populaire s’emballe. On pourrait aller tout le temps à 40 nœuds, mais ce serait prendre beaucoup trop de risques. Il y a un monde entre 35 et 40 nœuds. A partir de 38 nœuds, l’eau devient très dure, le bateau ricoche sur toutes les vagues. Ca tape vraiment dur et c’est limite vivable à l’intérieur « .

1700 milles d’avance pour Banque Populaire 5

Loïck Peyron et son équipage poursuivent leur route vers les Kerguelen, l’océan Indien s’avère relativement clément avec une mer peu formée, cependant les hommes de Banque Populaire 5 ont dû réaliser deux empannages pour se recadrer sur la route sud pour aborder au mieux le passage de l’archipel des terres australes françaises qui devrait avoir lieu dans 48 heures.
Thierry Chabagny :  » Le vent est soutenu, c’est monté un peu. On a en ce moment entre 27 et 29 nœuds de vent de Nord Ouest. On fait un cap à l’Est très rapprochant. La mer n’est pas trop formée donc on va vite. Le bateau glisse bien. Ca a l’air de fraîchir un petit peu donc on va peut-être changer de voile à l’avant et passer sous petit gennaker pour garder une vitesse plus constante et avoir des accélérations moins violentes pour préserver un peu le bateau. Les conditions sont idéales, si ce n’est que le ciel est bas, que c’est brumeux, qu’on ne voit pas grand chose et qu’il commence à faire vraiment froid dehors. J’étais obligé de barrer avec les gants tout à l’heure parce que je commençais à avoir l’onglée. Le fait d’être descendu dans le Sud, nous a fait sentir la différence en termes de température, à la fois de l’air et de l’eau. L’eau est à 7°, l’air est à 8/9°, mais avec les 35 nœuds de vent apparent qu’il y a dehors, tu as vite froid et on sait qu’on est encore loin de ce qu’on va avoir de pire dans les 48 prochaines heures « .

© BPCE

La suite de ce tour du monde pourrait s’avérer plus contraignante puisque des glaces ont été signalées à l’ouest des Kerguelen, comme l’explique le skipper, Loïck Peyron : « Il y a pas mal de glaces. Il y a notamment une zone un peu bizarre dans l’Ouest des Kerguelen qui nous inquiète un peu. On nous a également signalé un immense champ d’icebergs après les Kerguelen il y a quelques jour. On est dans du vent qui va forcir un petit peu, c’est toujours du vent portant. On va faire une jolie courbe sous les Kerguelen et après ça va mollir un peu, à l’approche de cette grande zone de glaces. Puis ensuite il y aura une grande dépression à contourner sous l’Australie, où on risque de remonter assez proche des côtes australiennes pour éviter le plus fort du vent et on replongera avec plaisir dans le Grand Sud, sous la Nouvelle-Zélande. A priori on va dessiner une sorte de grand S dans l’hémisphère Sud « . 
Le passage du Cap Leeuwin est prévu dès le week end prochain, ce qui permettrait à l’équipage de décrocher de nouveau des records intermédiaires.

© B.STICHELBAUT/BPCE

Nouveau record intermédiaire pour Banque Populaire V

Le maxi trimaran Banque Populaire V a passé la longitude du Cap de Bonne-Espérance ce matin à 07 heures 20 minutes (heure de Paris), après 11 jours 21 heures 48 minutes et 18 secondes de mer, Loïck Peyron et ses 13 équipiers battent donc un nouveau temps de référence depuis Ouessant améliorant l’ancien record de un jour et demi.

Leur avance ne cesse de croitre, les marins possédaient hier 1500 milles d’avance sur le record de Groupama 3, celle-ci se porte désormais à plus de 1800 milles.

Loïck Peyron est revenu sur cette descente expresse de l’Atlantique à la vacation du jour :  » Ce record est presque indécent ! Il y a quelques dizaines d’années, douze jours était le temps que Charlie Barr avait mis pour traverser l’Atlantique, un record qui a d’ailleurs tenu très longtemps. Aujourd’hui, c’est à peine le temps qu’il nous a fallu pour arriver au Sud de l’Afrique. Mais il ne faut pas oublier que nous avons sous les bottes une machine exceptionnelle. Banque Populaire est un outil extraordinaire qui se sert de l’intelligence des hommes et du travail d’une équipe. Ce que nous venons de faire n’était pas envisageable il y a trois ans. Il a fallu optimiser le bateau et accumuler une expérience incroyable « .

L’équipage s’est recadré sur une route plus sud il y a quelques heures afin de se positionner au mieux pour le passage des Kerguelen, le flux qui porte le trimaran devrait s’affaiblir à l’approche de l’archipel, puis les hommes de Banque Populaire 5 devrait reprendre une route plus nord, puisque des zones de glace sont signalées après les Kerguelen.

Le skipper :   » Nous avons enfin empanné il y a quelques heures et nous sommes tribord amures. Nous n’avions pas manœuvré depuis les Canaries, ce qui est aussi un record ! La mer est très formée et il faut se bagarrer à la barre pour ralentir parce que c’est casse bateau. Nous longeons actuellement un front et nous allons tricoter un peu pendant encore quelques heures avant d’arriver aux Kerguelen, demain pendant la nuit certainement. Depuis quelques heures, les efforts sont colossaux, le bateau est très sollicité. Il faut faire attention. […] Il y a ce long front au Nord duquel on glisse depuis quelques jours, le but est de s’en approcher et d’attendre que ça tourne. Les conditions vont se calmer, ça va devenir très léger vers les Kerguelen, dont on ne sait d’ailleurs pas encore si nous allons les passer par le Nord ou le Sud. Ce qu’on sait, c’est que la température de l’eau y est presque négative dans l’Ouest. Il y a une grosse zone d’icebergs après les Kerguelen. Nous allons remonter assez Nord pour l’éviter. Nous devrions être à Leeuwin dans une toute petite semaine. On bouclera sans doute l’indien en six jours, avec sans doute un nouveau record à la clé. Mais attention, ça peut être mou aux Kerguelen et un plus difficile derrière. C’est d’abord l’état de la mer qui fait qu’on est en avance ou pas, et pour le moment elle vient nous contrer. Mais a priori cette mer va devenir très favorable pour aller jusqu’à Leeuwin « .

1000 milles d’avance pour Banque Populaire V

Loick Peyron et ses hommes naviguent actuellement par 44° Sud, dans un flux de Nord Ouest de 25-30 noeuds qui permet aux marins de poursuivre leur route vers le Cap de Bonne Espérance à 30-35 noeuds, ils possèdent ce soir plus de 1000 milles d’avance sur le record de Groupama 3.
Ce flux soutenu devrait accompagner le trimaran jusqu’au Cap, qui devrait être franchi en environ 12 jours, ce qui permettrait à l’équipage d’accrocher un nouveau record intermédiaire à leur tableau, l’absence de glaces ouvre une possibilité de plonger très sud afin de réduire la distance à parcourir, un passage sous les Kerguelen à 50-55° parait probable au vu des prévisions météos pour les jours à venir, l’écart avec le temps du record devrait encore grandir puisque Franck Cammas et ses hommes n’avaient pas pu descendre à de telles latitudes lors de leur Trophée Jules Verne.

© B.STICHELBAUT/BPCE

Loïck Peyron, à la vacation du jour  : » Nous sommes au milieu de l’Atlantique Sud et ce n’est plus du tout la croisière. Depuis presque 24 heures, nous sommes dans les fameux 40èmes rugissants. Nous avons 30/35 nœuds de vent, une vitesse moyenne entre 30 et 35 nœuds, le tout dans une eau à 8° qui ne cesse de chuter. On peut dire qu’on est dans le grand bain. Nous avons sorti les polaires. On est déguisés en oignons et on va rajouter des couches au fur et à mesure. Nous avons vu les premiers albatros hier, de loin, mais ça marque quand même un peu les choses. […] Nous faisons un travail, avec Marcel van Triest et Juan Vila, qui s’attache à éviter les zones de vent trop fort et de mer trop difficile. Depuis ces dernières 24 heures, la mer s’est levée et nous avons ralenti un peu pour essayer de ne pas sur-toiler le bateau. Nous sommes actuellement sous deux ris/trinquette. Globalement, nous sommes toujours en deçà de ce qu’on peut faire. La différence entre le potentiel du bateau et le rythme que nous tenons est d’autant plus importante qu’on ralentit facilement parce qu’on a de l’avance. C’est un petit matelas qui n’est pas encore assez gros, mais ça nous permet un certain confort ».

 

Sortie de Pot au Noir pour Banque Populaire V

Après six jours de mer, l’équipage du Maxi-trimaran Banque Populaire V ont pu s’extirper du Pot au Noir en un peu plus de 24 heures, leur avance virtuelle avait nettement diminué, mais l’écart s’est creusé depuis la sortie de la zone de convergence, ce soir Loick Peyron et ses hommes comptent 145 milles d’avance et naviguent à 27 noeuds à 200 milles des côtes brésiliennes.
Ils ont décroché un premier record intermédiaire avec un temps entre Ouessant et l’Equateur de  5 jours 14 heures 55 minutes et 10 secondes, améliorant ainsi le meilleur chrono détenu par Groupama 3 depuis 2009.
Marcel van Triest, routeur à terre  :  » C’était un peu serré pour battre le record absolu. On le bat d’ailleurs de très peu. Ca avait l’air très faisable au moment des Canaries et du Cap Vert, mais on a eu un Pot au Noir très actif et très long. Du coup, si battre le temps de Groupama 3 en 2010 était plus ou moins acquis, ça n’était pas le cas pour le meilleur temps « . 

La prochaine difficulté de cette descente de l’atlantique sud est l’anticyclone de Sainte-Hélène  qui semble se présenter sous les meilleurs auspices pour les 14 marins, le vent devrait progressivement adonner ce qui permettra un contournement express de ce système météo.

Jean-Baptiste Le Vaillant :  » Ca commence à adonner tranquillement. On va faire le tour de l’anticyclone petit à petit. Ca va devenir plus confortable et ce sera plus facile de dormir. Nous ne sommes pas encore vent arrière et du coup nous avons une mer un peu de face qui fait que ça gigote un peu dans tous les sens. Mais on sait tous que ça ne va pas durer, que d’ici demain ce sera mieux. Alors on prend notre mal en patience. Ce sont les alizés brésiliens ! « .

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Marcel van Triest :  » A cette époque, c’est à dire relativement tôt, l’anticyclone de Sainte-Hélène est assez Sud, bien fort et bien gros, mais nous avons une bonne circulation autour. On ne peut pas couper le fromage mais on va avoir de bonnes conditions pour en faire le tour. Le vent va adonner petit à petit et devenir Est, Nord/Est à l’approche de l’anticyclone. Nous n’avons pas d’inquiétudes particulières « .