The Bridge : la flotte au louvoyage

Au troisième jour de course, les quatre équipages des maxis trimarans évoluent au près, dans un couloir d’environ 200 milles de large, délimité par l’anticyclone des Açores au sud et la Zone des Glaces au nord, qui a été élargie.
Les conditions ne sont donc pas très favorables à la vitesse, l’anticyclone remontatn très nord engendre un flux faible, qui a permis à l’équipage de Sodebo de recoller un peu aux deux leaders. Thomas Coville et ses hommes pointent à 70 milles, Actual à 200.
Idec Sport a été légèrement décroché à une trentaine de milles du leader Macif.

 

Les premiers trimarans  sont attendus lundi vers 8h du matin, heure locale, à New York.

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François Gabart (Macif) : « On est forcément ravis d’avoir réussi à creuser sur IDEC SPORT, ce serait dommage de ne pas l’être. Mais on arrive dans une zone avec pas beaucoup de vent, on reste prudents, c’est loin d’être fini tout ça.
Cette nuit, on a eu au plus fort 20-25 nœuds, au débridé, puis une petite molle. On va de nouveau tomber aujourd’hui dans une zone avec très peu de vent,  avec probablement un petit contrebord bâbord à faire. Dans ce genre de conditions, on peut se faire rattraper ou continuer à creuser. Dans les prochaines 24 heures, on a au moins deux virements à déclencher, avec beaucoup de changements de voiles. Il peut se passer plein de choses, ça peut recoller. Aller jusqu’à New York, cela reste pas simple du tout, je le confirme !  Les conditions ne nous facilitent pas la vie.  On n’est un peu coincé par l’anticyclone et la zone des glaces. Mais on va faire avec, on n’a pas le choix. »

Thomas Coville (Sodebo Ultim’) : « On et en chasse depuis le petit décalage qui s’est produit il y a 48 heures.  On a beaucoup de manœuvres à faire, c’est assez tonique. On passe du près à des allures un peu plus débridées, travers au vent, comme on a eu cette nuit. Il faut suivre le rythme, les enchaînements, c’est là que cela se joue. À part le gennaker, toute la garde-robe y est passée. Depuis le départ, on n’a pas fait beaucoup de portant. On espère pouvoir profiter ou créer un petit décalage, un petit changement d’angle pour rattraper notre retard, qui peut se mesurer à 2 heures à bord de nos bateaux. On verra si le passage de la zone des glaces nous offre une opportunité. »

Davy Beaudart (Actual) : « Nous avons eu jusqu’à 25-30 nœuds la nuit dernière, la mer était hachée, le bateau cognait beaucoup ce qui nous a contraint à lever le pied un peu. Là ça va mieux, ça se dégage, le vent tombe. Nous avons remis de la toile aussitôt. Nous approchons de la bordure de l’anticyclone, il va falloir tirer des bords… Dans la journée, ça va mollir un peu et ça va refuser en approche de la dorsale de l’anticyclone. Les bateaux de devant vont buter dedans les premiers. À bord, Sam (Davies) fait tourner les modèles afin de déterminer la route optimale pour passer sous la zone des glaces, cela ne va pas être simple. Il va falloir la longer en tirant des bords. L’ambiance est vraiment très bonne à bord et on prend tous beaucoup de plaisir à être en mer.  »

Gwénolé Gahinet (IDEC SPORT) : « On est très content, le début de course s’est super bien passé. On a fait des manœuvres et des trajectoires propres. La nuit dernière a été un peu plus difficile dans du près sur une mer un peu hachée, et on a vu Macif nous passer à avec une bonne vitesse. Il a dû prendre un ris avant nous, mais avec son mât basculant et ses foils, cela reste un autre bateau. Dans ce type de conditions, il a un net avantage. Ce matin, on est dans la pétole, et on attend une petite rotation pour virer. Nous menons le bateau d’une façon qui est assez propre à Francis (Joyon). On place le curseur sur la conduite du bateau toujours assez haut, tout en essayant d’économiser les manœuvres, d’autant plus que nous ne sommes que cinq à bord. »

FrancisJoyon (IDEC SPORT). « Nous observions Macif à l’AIS et on pouvait deviner très précisément quand il se mettait à « voler ». Alors que nous étions parfaitement réglés avec la voile du temps, il allait jusqu’à 5 à 6 noeuds plus vite que nous qui naviguions de manière plus traditionnelle, à plat. C’était impressionnant. Avec un affaiblissement depuis ce matin de la force du vent, qui est passé de 25 à 10 noeuds, on voit que les vitesses s’égalisent entre Macif et nous.

C’est une Transat vent debout. Nous sommes parfois tentés d’abattre un peu pour aller titiller les 40 noeuds de vitesse, comme ce fut le cas la nuit dernière, mais ce n’est pas raisonnable car il nous faut rejoindre New York. Nous allons chercher le refus, moment où le vent va basculer dans l’axe de progression du bateau. Nous effectuerons alors un petit virement de bord pour reprendre notre progression vers l’ouest, toujours au près mais dans des vents faibles, dans l’attente de la prochaine dépression. Nous ne désespérons nullement de revenir sur Macif. Nous sommes heureux de pouvoir tenir tête dans certaines conditions à un bateau aussi novateur.

Les quarts tournent bien, et toujours dans la bonne humeur. Gwéno et moi-même récupérons deux fois par jour les fichiers météos américains et européens. On fait une petite synthèse, souvent avec le soutien de Pic (Sébastien Picault), tout en gardant un oeil sur l’AIS pour observer nos adversaires, et nous décidons ainsi du cap à suivre pour les heures à venir. Quentin Ponroy, benjamin du bord et voilier de son état, prend beaucoup de plaisir à la barre, le nez dans ses chères voiles qu’il inspecte en permanence pour en tirer la quintessence. »

The Bridge 2017 : Idec Sport et Macif s’échappent

Macif et IDEC SPORT se livrent bataille en tête de flotte de The Bridge, ils échangent la première place au rythme des classements.

Photo Jean-Marie Liot / DPPI / IDEC

Les deux équipages menés par François Gabart et Francis Joyon ont distancé Sodebo et encore plus Actual, ceci en ayant réussi à s’extirper des calmes hier soir, alors que leurs deux adversaires sont restés englués plusieurs heures.
Les deux leaders naviguent à plus de 32 noeuds ce soir, petit avantage de 6 milles pour l’équipage d’Idec Sport face à Macif, Sodebo pointe à 88 milles et Actual à 215.

Davy Beaudart (Actual) : « On est au près, on monte tranquillement au Nord pour aller chercher la bascule de vent de la première dépression. C’est ambiance « saute-moutons » sous un ciel gris avec quelques grains qui passent. On devrait virer dans le milieu d’après-midi (HF). On va alors toucher un flux de Nord qui va se renforcer gentiment entre deux dépressions. On va avoir 24 heures un peu toniques au reaching avec une mer un peu croisée. Ça va être une partie un peu plus rapide, mais aussi plus délicate à gérer. On adorerait profiter des transitions pour revenir sur nos trois camarades de devant, mais en vitesse pure, cela restera dur.  On va prendre ce qu’on peut prendre. On ne va rien lâcher jusqu’à l’arrivée. »

Yves le Blévec (Actual) : « Nous avons passé une journée un peu difficile hier dans la dorsale où l’on n’avançait vraiment pas vite. Là, nous sommes partis pour une vraie transat de près. Nous allons accrocher un premier petit front dans les heures qui viennent.
Actuellement, il y a une vingtaine de nœuds de vent avec des rafales : sur le pont il faut vraiment garder la main sur les écoutes car le vent est assez instable. Le jour est en train de se lever. On prend nos marques, chacun entre dans le rythme. Globalement ça va bien à bord, tout se met en place. »

Vincent Riou (Sodebo Ultim’) : « On  a passé un petit front cette nuit. Pour nous la situation est compliquée, c’est très désavantageux d’avoir du retard, mais on est toujours à l’attaque et on attend notre heure. Devant nous, on a une zone de transition avec du vent un peu faible qui va nous ralentir toute la journée beaucoup plus que nos adversaires. Il va falloir se battre pour ressortir au plus vite. Actuellement, nous sommes au près serré dans 12/13 nœuds de vent. On a eu jusqu’à 25 nœuds cette nuit au passage de front, et là, on repart dans un vent de 10 nœuds, voire moins pour la journée. Le choses ne sont pas super bien enchaînées pour nous, on a raté deux-trois petits coups et depuis on est un peu la peine. Cela s’est joué à peu de choses lors de la première nuit, c’est la vie des courses au large et la route est encore longue. »

Jean Luc Nélias (Sodebo Ultim’) :  « On a passé en fin de nuit le centre d’une basse pression. Il a plu un peu. On a viré vers l’ouest au lever du jour. On a fait des sauts de vagues en tribord amures. Le ciel est entre bleu et gris et le vent redevient faible et instable. Ça oscille autour de 14 nœuds. Nous avons fait des changements de voiles d’avant et de ris dans la grand-voile. Les quarts n’ont pas été trop perturbé. Le maximum de vent que nous avons eu c’est 23 nœuds.
Aujourd’hui nous passons une zone de transition entre deux basses pressions sans vent, ce qui va impliquer des manœuvres. Pour le moment on subit un peu la stratégie. C’est toujours meilleur pour ceux qui ont réussi à être devant en arrivant dans l’Ouest de la Bretagne. Il fait plus froid depuis ce matin. »

Sébastien Picault (IDEC SPORT) : « On est très heureux du départ et de la façon selon laquelle se goupille ce début de course. Nous avons mis nos quarts en place de deux, avec Francis qui vient de nous donner des coups de main et supervise tout ça. Nous avons un petit décalag au Sud par rapport à Macif, qui reste quand même très à l’aise en vitesse et on ne trouvait pas très judicieux de faire une route similaire. On fait notre petit chemin. La route est encore longue, avec des petits trucs à jouer. On essaye de faire les bords rapprochants au mieux. On essaye de bien tenir nos rythmes de quarts. Jusqu’à présent, on a réussi à se reposer correctement. Au départ, cela a été plus sportif. Lais à présent, plus au large, on essaye de choisir le moment le plus judicieux pour déclencher une manœuvre afin d’être cinq sur le pont. Pour l’instant, tout se passe plutôt bien, pour le bateau, comme pour les bonhommes. »

Francis Joyon (IDEC SPORT) :« Nous avons eu le passage de front un peu plus tôt que Macif » explique Francis, « et avons viré de bord avant eux. Il va très vite dans notre nord. Nous surveillons aussi Sodebo qui a poussé son bord un peu plus nord pour bénéficier, j’imagine, d’un bon angle de descente aujourd’hui. Nous sommes heureux de pouvoir demeurer quelques heures sur un même bord tribord amure. Nous avons beaucoup travaillé depuis le départ, du fait de notre équipage réduit à 5 hommes. Nous commençons seulement à nous organiser en quarts de deux personnes sur le pont, prêts à réveiller les deux autres en cas de manœuvres lourdes. Je demeure hors quart, mais disponible pour tous en plus de mon tour de barre. Nous commençons seulement à récupérer mais par petites tranches de repos seulement, qui nous laissent un peu en dette de sommeil. La mer semble s’aplanir quelque peu. Il fait gris, mais avec peu de pluie. Tout le monde à bord est vraiment « au taquet », et Alex (Pella) n’a pas encore eu le loisir de nous raconter une de ses blagues coutumières. La course est tout sauf rectiligne. Pas de route directe en vue mais de nombreuses dépressions à négocier. Cela me rappelle mes Transats Anglaises… »

Macif suivi de près par Idec Sport sur The Bridge

Après un départ spectaculaire depuis Saint Nazaire hier, les quatre trimarans ultimes ont débuté cette course dans une dorsale anticyclonique, synonyme de petites vitesses.

© Thierry Martinez / THE BRIDGE

Les quatre équipages engagés n’ont eu que peu d’opportunités tactiques durant ces 24 premières heures et suivent une route nord comme l’explique Dominic Vittet, le consultant météo de la course : « Ce matin on voit que les quatre bateaux ont choisi l’option Nord. L’option Sud ne n’est pas révélée réaliste à long terme. Mais ils doivent d’abord travrser une immense zone de calmes qui s’étend de la pointe des Cornouailles Anglaises jusqu’au large de la Péninsule Ibérique ».

Demain, l’ambiance devrait être différentes sur les grands multicoques, qui vont toucher une dépression : « La nuit prochaine et les journées de mardi et mercredi s’annoncent bien meilleures et surtout plus musclées : plus les voiliers vont se rapprocher de la dépression, plus le Sud-Ouest va fraîchir (jusqu’à une vingtaine de nœuds) et basculer au Nord-Ouest.»

A l’heure actuelle François Gabart et ses cinq équipiers sur Macif mènent la danse devant Francis Joyon et ses quatre équpierssur Idec Sport. Ils ne sont qu’à 3 petits milles du leader, Sodebo pointe en 3ème place à 36 milles, Actual d’Yves le Blévec ferme logiquement la marche à 84 milles.

Francis Joyon (IDEC SPORT) : « Bien que très concentrés sur nos manœuvres hier soir, nous n’avons pu nous empêcher d’être émus par ce magnifique départ devant Saint-Nazaire. On voyait ce monde incroyable le long des jetées et des berges. Je crois que le spectacle était magnifique pour tout le monde, marins comme public. On s’en tire plutôt pas mal dans le petit temps, à vue de Macif, un bateau de la toute dernière génération. Notre voile d’avant très polyvalente fait des merveilles. On a joué un peu à l’entrée du golfe du Morbihan hier soir, et notre bonne connaissance des lieux, et des courants, nous a grandement servis. Nous faisons à présent route directe vers New York, à la recherche de cette dépression qui va nous mener dans l’ouest de l’Irlande. Il y aura plus de vent, plus de mer aussi. Pour l’instant, la navigation est très paisible, et le vent de sud-ouest nous réchauffe un peu. Notre équipage réduit à 5 hommes a beaucoup manœuvré depuis le départ. Nous étions tous sur le pont jusqu’à deux heures du matin. On commence seulement à s’organiser, tellement nous avons été sollicités par des manœuvres de voiles d’avant. Nous allons terminer cette course probablement très fatigués. »

Yann Riou (Macif) : « Nous sommes en train de traverser notre première dorsale. Le vent, qui n’a jamais été très fort depuis le départ a faibli petit à petit jusqu’à maintenant, où nous déplaçons sur l’eau à la vitesse de 6 nœuds. Lorsque nous aurons passé l’axe de cette dorsale, le vent forcira progressivement. Évidemment, le premier bateau qui retouchera du vent pourra creuser un peu l’écart sur ses concurrents. D’où l’importance de ce qui se joue en ce moment.
Bonne ambiance à bord. Hier, la journée a été sportive, avec plusieurs virements, dont certains sous J1, notre plus grand génois, et donc le plus long à reborder. Aujourd’hui c’est un peu moins physique, mais on reste très concentré pour sortir des calmes. On surveille IDEC SPORT qui est à vue, et SODEBO Ultim’ sur l’AIS (système de reconnaissance  et de positionnement). Le tout sous un léger fond musical – la « playlist » de François – qui sort d’une petite enceinte dans le cockpit. »

Samantha Davies (Actual): « cette première nuit fut superbe, une navigation de rêve ! Maintenant, ça commence à être plus compliqué, sans vent, ça va durer toute la journée avant que l’on retrouve de la brise, de l’autre côté de cette dorsale. Et après, ce sera moins drôle : on aura de la pluie, du vent, mais le positif c’est que l’on ira vite et vers l’ouest !»

A lire également, une interview de Francis Joyon  sur Le Télégramme, qui revient l’équipage très réduit sur cette course, ainsi que sur le Collectif Ultim, sur lequel le skipper se montre assez critique.

Le Maxi Edmond de Rothschild dévoilé par le Gitana Team

Le Gitana Team a dévoilé en grande partie son nouveau trimaran, le Maxi Edmond de Rothschild, qui sera mené par Sébastien Josse.

Celui-ci est actuellement en chantier chez Multiplast à Vannes, le multicoque a été dessiné par l’architecte naval  Guillaume Verdier  en collaboration avec le bureau d’études Gitana.

Le trimaran bénéficie des recherches faites par l’équipe de Guillaume Verdier sur la dernière Coupe de l’America’ (l’architecte avait dessiné le catamaran d’Emirates Team New Zealand, finaliste de l’America’s Cup), la coque centrale et des flotteurs sont fins et leurs carènes présentent une forme en U afin de favoriser le planning, et le vol.
L’objectif du Gitana Team étant de disposer du premier trimaran océanique capable de voler au large, pour se faire l’équipe avait déjà grandement fait évoluer le MOD70 du team (qui navigue aujourd’hui sous les couleurs de Maserati), qui a servi de laboratoire pour le développement des appendices.
Comme sur le Multi70′, le Maxi Edmond de Rothschild disposera de foils en L et de safrans à plans porteurs, qui permettront au trimaran de décoller, ils ne seront dévoilés que lors de la mise à l’eau en juillet.
Le skipper espère des vitesses proches des 40 noeuds en mode archimédien, et probablement quelques noeuds de plus en mode « aérien ».

Un soin particulier a également été porté à l’aérodynamisme de la plate forme avec des carénages de bras et un cellule de vie profilé en forme de goutte d’eau intégrant l’emplanture du mât, ainsi que la cellule de vie et le poste de manoeuvre, qui offrira au skipper un espace protégé pour mener son trimaran.

Initialement prévu avec une taille de 33m de long pour 23 de large, le trimaran ne mesurera finalement que 32m de long, afin de coller aux mesures maximales du Collectif Ultim. Reste la question de l’asservissement des appendices sur lequel le Gitana Team travaille depuis plusieurs années, celui-ci est jusqu’ici interdit par le Collectif. Cependant il est probable que ce point puisse être rapidement revu afin d’intégrer le Maxi Edmond de Rothschild au groupe.

Le programme de Gitana 17 comprend la Transat Jacques Vabre en novembre 2017(Sébastien Josse embarquera Thomas Rouxel pour le seconder), en 2018 il sera sur la ligne de départ de la Route du Rhum puis  sur celle du tour du monde en solitaire en course à l’automne 2019.

En dehors des innovations technologiques, le Gitana Team innove aussi du côté artistique avec une décoration adaptée par Jean-Baptiste Epron au trimaran d’après une oeuvre originale de Cleon Peterson.

Un nouveau trimaran ultime Sodebo pour Thomas Coville en 2018

Sodebo a confirmé la construction d’un nouveau trimaran ultime. Le multicoque sera mis à l’eau fin 2018 et bénéficiera donc d’un an de mise au point avant le tour du monde en course au départ de Brest prévu à l’automne 2019.

Thomas Coville courra donc sur son actuel ultim, détenteur du record autour du monde en solitaire depuis quelques semaines, sur The Bridge et la Transat Jacques Vabre  en 2017 et la Route du Rhum en  2018, avant de prendre possession de son nouveau bateau.

Le nouveau trimaran respectera la « jauge » du Collectif Ultim, en l’exploitant au maximum, à savoir 32m de long par 23 de large, comme le futur Banque Populaire IX. Sans surprise le bateau sera conçu par le cabinet VPLP (comme Banque Populaire IX ,le futur Gitana Ultim étant conçu par G.Verdier), le design team sera complété par Renaud Banuls (ex VPLP, ex Oracle, ex du design team Banque Populaire V et Groupama) ainsi que Martin Fisher pour les appendices.
Le trimaran sera bien évidemment doté de foils et de plans porteurs de safrans, afin de soulager au maximum le bateau et de « voler » le plus possible.

Le team Sodebo devrait par ailleurs établir sa future base à la BSM de Lorient.

 
Patricia Brochard, coprésidente de SODEBO :
« Avec ce nouveau bateau, notre ambition est bien de figurer au premier plan face aux acteurs en présence. 
Avec le collectif Ultim, nous sommes en train de constituer une flotte capable d’apporter de l’émotion et de susciter de l’intérêt. Parmi nos objectifs, outre la sécurité, nous voulons offrir des courses avec du suspense, de l’émulation entre les marins et pour chaque événement, une histoire à écrire qui pourra passionner le public 
 
Depuis un an, nous échangeons avec Thomas et son équipe avec, au centre de nos débats, le timing, le bon moment pour se lancer dans un nouveau bateau. Dans toute phase d’innovation, il faut arriver au bon moment. Nous le savons aussi chez Sodebo pour nos lancements de produits. Il nous arrive de renoncer quand nous estimons que nous ne sommes pas dans le bon timing.
 
Nous avons envisagé d’améliorer Sodebo Ultim’. Avec cette plate forme, nous partions de nouveau d’une contrainte que nous pouvions améliorer mais pas révolutionner. La décision finale a été prise, pendant le tour du monde, avec l’envie d’innover. Les enseignements de ce tour du monde en mode record ont permis d’enrichir la réflexion et donc la prise de décision. A chaque fois qu’on innove, on prend un risque. Heureusement, l’expérience permet de le limiter. Et un risque, c’est aussi une opportunité. Chez Sodebo, l’innovation fait partie de notre histoire, de notre ADN. 
 
Thomas naviguera sur Sodebo Ultim’ pendant encore deux saisons et sur le nouveau bateau en 2019. Le trimaran sera ensuite à vendre permettant ainsi à un nouveau projet de participer à cette course majeure que sera le tour du monde en Ultim en solitaire en 2019. Nous avons toujours revendu nos bateaux pour alimenter les compétitions existantes. Ce nouveau projet a pour ambition de continuer à révéler l’entreprise au travers de ce sponsoring et de faire vibrer toujours plus de personnes grâce à ce sport et ces marins qui racontent de belles histoires. » 
 
 
 
Thomas Coville, skipper de Sodebo Ultim et futur skipper du prochain Sodebo :
« Ce nouveau bateau est pour nous la concrétisation de cette idée qui a germé en 2007 en ouvrant le terrain de jeu au tour du monde en multicoque en solitaire.
 
Malgré le devis de poids très présent avec les bras qui datent des années 2000,
Sodebo Ultim’ reste un bateau intéressant et performant qui a de très grandes qualités parmi lesquelles sa polyvalence, sa simplicité et sa robustesse.
 
Tout ce qu’on a appris et conçu avec Sodebo Ultim’ nous sert aujourd’hui. Nous avons la chance d’avoir un Ultim comme laboratoire pour tenter, chercher, explorer, tester grandeur nature et concevoir un nouveau bateau. Nos trois tours du monde en multicoque en solitaire constituent une base de données unique. En 2007/2008, nous avons avions une vision, celle de pouvoir faire le tour du monde en solitaire sur un multicoque.
 
Pour continuer après la Route du Rhum 2014, il fallait que je m’entoure de spécialistes qui m’alimentent, qui me nourrissent. Tous les vendredis, nous avons mis en place une veille technologique pendant laquelle nous débâtions sur ce que font nos concurrents directs ou pas. Nous avons dialogué avec des architectes qui nous ont immergé dans cette évolution technologique des bateaux qui volent. Nous avons aussi observé tout ce qui se fait de mieux dans la voile actuelle, sur la Coupe de l’America et même dans l’aéronautique et l’automobile en se posant la question : si je devais concevoir un nouveau bateau, qu’est ce qui nous aiderait ?
Nous sommes sur un projet qui n’est pas encore définitif avec des avant-projets pionniers et une organisation très innovante que nous dévoilerons au printemps.
 
Nos bateaux sont aujourd’hui capables de participer à un programme complet avec les courses historiques et de nouvelles épreuves dont de l’équipage qui nous permet de former des marins pour transmettre et donner la place aux jeunes talents. Cette idée de nouveau bateau m’a accompagné pendant le record. Quand c’était vraiment dur, cette dynamique m’a permis de trouver de la ressource et de l’énergie. Pour me motiver, j’imaginais que j’étais en course et qu’il y avait un bateau à côté de moi …
L’émulation, la compétition est au cœur de notre système et de notre évolution. Aujourd’hui, notre plateau se constitue et nous construisons avec le collectif en vue ce tour du monde en solitaire au départ de Brest en 2019. »
 
Agenda
 
2017
The Bridge (équipage)
Transat Jacques Vabre (double)
 
2018
Route du Rhum (solitaire)
Mise à l’eau du nouveau bateau fin 2018
 
2019
Course autour du monde en solitaire en Ultim

Le Maxi Solo Banque Populaire IX a été présenté

Le Maxi Solo Banque Populaire IX, qui sera mis à l’eau en juillet prochain a été dévoilé hier.
La majeure partie des éléments du bateau sont d’ores et déjà construits, l’assemblage des différentes pièces débutera fin 2016 et se poursuivra pendant que le skipper, Armel le Cléac’h disputera le Vendée Globe sur son monocoque IMOCA.

© Banque Populaire/ JB Epron

© Banque Populaire/ JB Epron

Ce nouveau trimaran, qui bénéficie du savoir faire du team Banque Populaire dans la conception de grands multicoques (ORMA, Banque Populaire V et VII), a été imaginé par le cabinet  Van Peteghem – Lauriot Prévost , tandis que les appendices seront l’oeuvre de Martin Fisher.
Le multicoque sera au maximum de la jauge Ultim avec 32m de long pour 23m de large, pour un poids donné de 15 tonnes (ce chiffre est toujours à prendre en compte avec précautions) et un mât de 38m, à titre de comparaison, les derniers multicoques utilisés en solo sont un peu de deçà des mensurations du futur Banque Populaire IX avec 30mx21m et un mât de 35m pour MACIF et 31,5mx21,2m et un mât de 35m pour Sodebo Ultim. Banque Populaire IX sera donc plus puissant que ses concurrents déjà en lice sur le circuit. Les étraves sont de type perce vagues comme sur toutes les dernières créations du cabinet VPLP, les volumes de la coque centrale et des flotteurs seront réduits, comme sur MAcif, afin de conserver un poids mesuré afin de favoriser le vol. La partie aérodynamique s’annonce également soignée  avec des carénages des bras de liaison, la seule inconnue demeure l’aménagement du cockpit, le skipper optera-t-il pour un cockpit semi ouvert comme sur Sodebo ultim ou un poste fermé comprenant la cellule de vie et la zone de manoeuvres comme sur MACIF ?

Les explications de Kevin Escoffier, responsable du bureau d’étude :

« La philosophie générale du projet est de construire une plateforme destinée au solitaire, dans les limites maximales du cadre de la catégorie Ultim, soit 32 m. de long et 23 m. de large. Ces bateaux de course ont une durée de vie importante ; ainsi, dans la perspective d’évolutions futures, on se dote d’une plateforme au maximum de la jauge, mais avec un plus typé pour le solitaire … Banque Populaire IX sera une évolution des Ultims actuels, en plus grand et plus puissant, un bateau léger, avec et mât basculant…  On essaie d’être un cran au-dessus de l’évolution du moment. »

Concernant les appendices, les foils et les plans porteurs présents sur les trois safrans devraient permettre de sustenter totalement le bateau dès 23 à 25 noeuds de vent, et le soulageront grandement dans les vents plus faibles.

Kevin Escoffier, responsable du bureau d’étude :

« Armel était très satisfait du couple de redressement (point d’équilibre à la ndlr) de Banque Populaire VII. On reconduit ce couple de redressement tout en essayant de faire le plus léger possible, avec un plan de voilure plus élancé. Banque Populaire VII avait des déficits dans le petit temps et on s’attache à compenser ces manques. On sera en dessous du poids de Banque Populaire  VII, tout en étant plus large, avec un même redressement. Le tout pour une plus grande sécurité. Parallèlement au gros œuvre, la fabrication des appendices (safrans et ) est l’une des composantes importantes du projet. Ils vont être omniprésents sur ce bateau. On est sur de nouvelles générations d’appendices. Des plans porteurs apparaissent sur les safrans de flotteurs, sur le central. »

Armel Le Cléac’h, futur skipper de Banque Populaire IX :

« Le Maxi Solo Banque Populaire IX est un bateau magnifique sur lequel on travaille depuis pas mal de temps avec le Team Banque Populaire. On utilise beaucoup notre expérience du Maxi Solo Banque Populaire VII. Ce qui change avec celui-ci c’est la vitesse et le poid, plus on le soulève avec les et plus il accélère. C’est à la fois passionnant car on a l’impression de planer mais ça devient de la conduite de haut vol qu’il faut alors maitriser pour assurer la sécurité sur un tour du monde. C’est un beau challenge !  J’ai fait déjà deux tours du monde, bientôt trois et ce flux d’expériences m’a donné envie d’aller en faire un nouveau sur ce nouveau maxi »

 

Programme sportif du Maxi Solo Banque Populaire IX
– Mise à l’eau été 2017
– Participation à la Transat Jacques Vabre 2017

Caractéristiques :
Longueur : 32.00 m
Largeur : 23.00 m
Poids : 15 t
Hauteur du mât : 38.00  m
Matérieux : Carbon/Kevlar/Normex
Surface de voile au près : 610 m²
Surface de voile au portant : 890 m²
Architectes : VPLP /  : Martin Fisher
Chantier : CDK Technologie, C3 Tech pour les et Green Marine pour la coque centrale
Mât : CDK – Voiles :
Mise à l’eau : 2017

Actual remporte le record SNSM devant Prince de Bretagne, Musadam Oman Sail décroche le record du tour de l’Irlande

Yves Le Blévec et Lionel Lemonchois avaient choisi de courir sur le record SNSM, en équipage sur un parcours de 430. C’est finalement Actual qui a coupé la ligne en premier avec une trentaine de minutes d’avance sur Prince de Bretagne, qui vient tout juste d’être remis à l’eau.
Les deux équipages ont bataillé dur pendant un peu moins de 20h, avec de nombreux changements de leaders.

Yves Le Blévec : « C’était engagé ! Nous étions vent de travers, avec un peu de mer. Les conditions n’étaient pas faciles, mais tout s’est parfaitement bien passé, nous n’avons eu aucun souci technique. Nous avons fait une belle trajectoire, notamment grâce à Isabelle Joschke qui était à la navigation. La présence de Jean-Baptiste Levaillant est quant à elle toujours aussi précieuse et efficace à bord. Toutes les manœuvres ont été réussies, nous avons bien échangé, c’était vraiment une belle navigation, très riche et positive. Nous avons fait plusieurs fois des pointes à plus de 35 nœuds et une très bonne moyenne au-dessus de 30 nœuds une bonne partie de la nuit ! »

En Irlande et là aussi après de multiples changements de leader c’est Sidney Gavignet, accompagné de Damian Foxall, Jean Luc Nélias, Fahad Al Hasni, Yasir Al Rahbi et Sami Al Shukaili sur le MOD70 Musandam-Oman Sail qui remportent la Volvo Round Ireland Race. L’équipage aux couleurs du sultanat s’impose notamment face aux deux autres MOD70 engagés, Phaedo 3 et Concise 10 qui terminent à moins de 6 minutes du vainqueur.

© Lloyd Images

Sidney Gavignet et ses hommes décrochent également le record du tour de l’Irlande en 38 heures 37 minutes sept secondes.

L’actualité des ultimes

  • Aux Etats Unis, Tritium Racing, l’ex 60′ ORMA allongé à 72′  a été remis à l’eau pour participer à la Newport to Ensenada Yacht Race, le trimaran sera skippé par Ryan Breymaier. Il est équipé de foils plus longs achetés à Artemis racing, la dérive centrale a été supprimée.
    Orion, le MOD 70 (ex Veolia) sera également sur la ligne de départ, tout comme l’ex Groupama 3, Mighty Merloe.
  • Lloyd Thornburg et son équipage continuent leur programme avec toujours autant de succès, sur le MOD 70 Phaedo3. Ils signent une nouvelle victoire en temps réel aux Voiles de St Barth.
    Phaedo³ at Les Voiles de St Barth 2016 from Ocean Images on Vimeo.

    Un article du Monde sur le parcours du propriétaire de Phaedo3 : ICI.

  • Oman Sail a remis son MOD 70 Musandam à l’eau la semaine dernière. Sidney Gavignet devrait aligner le trimaran sur la Québec Saint Malo et sur des courses du RORC (sur lesquelles devraient être présents les MOD 70 Concise 10 et Phaedo3
  • Le Gitana Team poursuit le développement de son Multi70 Edmond de Rothschild. Le trimaran navigue régulièrement, l’équipe a atteint son objectif de faire voler Gitana XV au large.
    Sébastien Josse, skipper du Gitana Team : « La théorie est une chose et la pratique une autre. Malgré la qualité des intervenants du projet et les progrès faits en termes de calculs numériques, rien ne remplace les milles sur l’eau. Pouvoir bénéficier d’une plate-forme telle que Gitana XV durant cette période de réflexion puis de construction du futur Maxi est une chance incroyable que nous avons su exploiter au maximum.

    Cette deuxième campagne d’essais dédiée au vol est plus que positive ! Les navigations que nous réalisons actuellement sont juste incroyables, tellement que je ne pensais pas vivre ça un jour…  Avec nos nouveaux appendices, nous avons dépassé des vitesses que nous n’espérions pas atteindre dans cette configuration ou tout du moins pas aussi rapidement ! Et puis la vitesse est une chose très importante mais ces dernières navigations nous ont également énormément appris sur le comportement du bateau, qui est très clairement différent de ce que nous connaissions jusqu’à présent ; le bateau ne flotte plus, il vole sur deux lames… Nous avons passé un cap très important. Les enseignements sont aussi très intéressants sur les erreurs à ne pas commettre dans l’avenir tant dans nos choix architecturaux que sur les systèmes embarqués. Le bureau d’études dispose ainsi de nombreuses données pour poursuivre ses recherches. Le travail ne s’arrête jamais et l’état de la mer est encore un facteur sur lequel nous devons progresser !»
    http://www.youtube.com/watch?v=j2y2az8A124

    Ces recherches effectuées sur le 70′, sous la houlette de Guillaume Verdier et du bureau d’études du team est d’appliquer celles-ci sur le maxi trimaran en construction chez Multiplast.
    Ce Gitana Maxi fera 33m de long par 22 de large, est donc en dehors du cadre architectural du Collectif Ultim. Un autre point de désaccord entre le team et le collectif concerne l’asservissement des appendices, la technologie développée par le Gitana Team étant rejetée par le collectif.
    Plus d’infos dans Tip&Shaft.

  • Spindrift 2 sera remis à l’eau le mois prochain, Yann Guichard et Dona Bertarelli devraient de nouveau tenter le Jules Verne cette hiver, une participation à la Transat Jacques Vabre est également envisagée.
    http://www.youtube.com/watch?v=g9hbz_yQuco
  • Idec Sport et son skipper Francis Joyon retenteront également l’expérience autour du monde en équipage cet hiver. D’ici là le skipper envisage une tentative de record des 24h en solitaire si une fenêtre se présente.
    L’interview du skipper : ICI.
  • Les trois membres actuels du Collectif Ultim sont en plein préparation de The Transat bakerly.
    François Gabart sur Macif et Thomas Coville sur Sodeb’O ont effectué des entrainements en commun organisés par le Pôle Finistère Course au Large.
    Yves Le Blévec a remis Actual a l’eau au début du mois sans grosses modifications

    Yves Le Blevec, skipper d’Actual : « Nous sommes déjà dans la procédure de départ pour The Transat. Je ne pourrais pas m’entraîner comme je l’avais prévu, mais nous nous adaptons. L’objectif, dans le temps qui nous est imparti, est de travailler les priorités. Je ne me fixe pas d’autres impératifs sportifs sur cette transat que de naviguer de la façon la plus sécuritaire possible, tout en restant performant bien sûr. Nous n’en sommes encore qu’au tout début du projet, assurer la sécurité du bateau, c’est assurer celle de notre programme. »

    François Gabart, skipper de Macif : « Le temps de préparation pour The Transat étant assez court (prologue le 23 avril à Saint-Malo, départ le 2 mai de Plymouth), ma priorité est de maîtriser au mieux les manœuvres en solo, ce qui est loin d’être évident . Par exemple, la semaine dernière, nous avons eu une navigation de 18 heures au total. J’ai fait cinq empannages, cinq virements et trois changements de voiles. J’ai passé plus de la moitié du temps à tourner les manivelles, c’était assez costaud !»

    • Thomas Coville qui participera donc à The Transat bakerly, s’alignera autour du monde en solitaire cet hiver. Tip&Shaft revient sur la concurrence face à Macif dans la newsletter du 15 avril, l’ex Géronimo a un petit déficit de performance face au dernier trimaran sorti de chantier (avant celles à venir de Banque Populaire IX et de Gitana Maxi), la question d’un nouveau bateau a été évoquée par le skipper auprès de son sponsor. Celui-ci préfère que le skipper exploite au maximum le bateau actuel étant donné les échéances à venir (Route du Rhum 2018 et Tour du monde en course en 2019). Thomas Coville envisage cependant un changement de flotteurs afin de gagner du poids, mais ce projet n’est pas d’actualité pour l’instant.

Une classe Ultime dispersée

Voiles et Voiliers fait le point, dans un article disponible sur son site internet, sur la classe Ultime.
Les ultimes existent depuis plusieurs décennies et peinent à rassembler.
Plusieurs tentatives de fédérer ces maxis ont été des échecs (G-Class de Bruno Peyron, l’actuel collectif Ultim).

 

Photo Vincent Curutchet / DPPI / MACIF

Photo Vincent Curutchet / DPPI / MACIF

A ce jour, les différents protagonistes avancent en ordre dispersé, Actual, Macif, Sodebo font partie du collectif Ultim, tout comme Banque Populaire qui mettra à l’eau son bateau dans le courant de l’année. Ce collectif a pour but de développer un programme articulé sur de navigations en solitaire, il s’est doté d’un cadre architectural, excluant les MOD70, le maxi 80 Prince de Bretagne et Spindrift 2. Mais le collectif, du fait du faible nombre de « membres », se voit contraint d’intégrer des courses ne respectant pas le cadre architectural qu’il a défini, comme The Bridge, ou encore la Route du Rhum.

© Eloi Stichelbaut

© Eloi Stichelbaut

L’article de Voiles et Voiliers dévoile plusieurs informations importantes :
– le trimaran du Gitana Team serait hors cadre du collectif Ultim, de part sa taille de 33m (limité à 32m pour le collectif) et du fait de l’asservissement des appendices (ce qui n’est actuellement pas autorisé par le collectif)
– Prince de Bretagne souhaite rester impliqué dans la voile, l’actuel Maxi 80 pourrait être vendu pour acquérir un bateau d’occasion plus grand si l’opportunité se présentait. L’objectif pour le team et le skipper Lionel Lemonchois est la Route du Rhum 2018, le maxi 80 naviguera essentiellement en RP en 2016, le programme 2017 n’est pas défini- Actual d’Yves le Blévec naviguera avec un mât fixe cette saison suite à la rupture du vérin de bascule sur la Transat Jacques Vabre. Le programme 2016 inclut The Transat, Actual sera opposé à Sodebo et Macif sur cette transatlantique.
– une nouvelle course entre Monaco et Pondichery (avec escale à Maurice) pourrait avoir lieu en 2018

Thomas Coville et Sodebo (qui font partie du collectif) seront la The Transat, ensuite le skipper tentera sa chance autour du monde en solitaire cet hiver.
François Gabart sur Macif participera également à The Transat avant une tentative de record en Méditerranée en septembre.

Du côté des exclus du collectif (volontairement ou non), Spindrift racing a annoncé son intention de courir la Transat Québec Saint Malo cet été (pour l’instant Spindrift 2 est le seul dans la classe Ultime) avant une nouvelle tentative de Trophée Jules Verne l’hiver prochain. Idec et son skipper Francis Joyon semblent avoir été séduit par le Jules Verne de cet hiver et paraissent déterminé à retenter l’aventure en 2016.
Marc Thiercelin qui possède l’ex Majan (sistership d’Actual) cherche toujours des financements pour lancer le chantier de remise en état et d’élargissement de son trimaran.

 

 

Transat Jacques Vabre : FenêtréA Prysmian vainqueur en Multi 50, Ciela Village 2nd

Erwan Le Roux et Giancarlo Pedote sur FenêtréA Prysmian gagnent la Transat Jacques Vabre dans la catégorie Multi50, Erwan le Roux devient par ailleurs triple vainqueur de l’épreuve de même que son trimaran sur plans VPLP.  Ils ont bouclé le parcours en 16 jours 22 heures 29 minutes et 13 secondes à la vitesse moyenne sur l’eau de 15,06 nœuds.

Le duo aura dû faire face à des soucis de grand voile et a été contraint de naviguer sous voilure réduite depuis la latitude de Salvador de Bahia.

Ciela Village mené par Thierry Bouchard et Oliver Krauss avait également connu des soucis qui l’avait obligé à faire escale au Cap Vert pour réparer son étrave, les deux skippers arriveront dans la nuit et se classeront seconds.  Arkema a également dû s’arrêter pour réparer  à Salvador de Bahia pour renforcer sa coque centrale qui se délaminait.

Erwan Le Roux, skipper de FenêtréA Prysmian (Multi50)

« Chaque victoire est différente, celle-là a une saveur particulière surtout avec ce bateau. C’est trois victoires sur ce bateau. Ca m’a fait remonter beaucoup d’émotions. J’ai pensé à Hubert Desjoyeaux qui m’a accueilli pour construire le bateau avec Franck-Yves (Escoffier).Tous ces souvenirs remontent, c’est un bel hommage que je veux leur rendre aujourd’hui, c’est grâce à eux tout ça. Ils ont construit un super bateau, j’ai participé à la construction de ce bateau également. C’est vraiment un super bateau. Le plus bel hommage, c’est de gagner des courses. Je dédie à Hubert cette victoire, c’était un grand homme et un grand constructeur de bateau. Cette arrivée est pleine d’émotions. Ca n’a pas été facile, on a eu des moments difficiles, les 5-6 premiers jours… Nous vivions à plat ventre. C’était délicat. Vivre à l’intérieur, c’est compliqué. Les mouvements sont brutaux, on se cogne, rien que de mettre un ciré demande une demie heure. Faire des besoins basiques, ça demande une énergie folle. Tout ça, entre deux vomis. Une première semaine compliquée. Les conditions n’étaient pas forcément dures, mais c’était long. Cinq jours dans une machine à laver c’est dur.
Avec Giancarlo, ça c’est bien passé. Nous avons réussi notre objectif. Il y avait une belle histoire à construire dès le début. C’était de lui transmettre mon expérience du multicoque et mon expérience sur ce bateau. On a travaillé là-dessus toute l’année. On a cultivé la victoire, on a gagné toutes les courses de la catégorie Multi50. Notre objectif de duo gagnant est atteint ! Contrat rempli ! Le prochain objectif, c’est au mois de mai, en solitaire sur The Transat. La course mythique en solitaire qu’il faut décrocher avec le Multi50. J’ai déjà hâte d’y être. Ce sera encore une autre histoire. Mais dans l’immédiat je profite de cette belle victoire sur cette Transat Jacques Vabre. Le lointain, on verra après ! »

Giancarlo Pedote, co-skipper (FenêtréA Prysmian)
« C’est magique, je rêvais de cette course depuis 2001. J’étais préparateur. Tous les soirs, je rêvais sur les quais d’être au départ un jour. Et quatorze ans plus tard, je réalise mon rêve, et en plus de la gagner c’est beaucoup d’émotions. L’arrivée de ma première transat était également au Brésil, donc le mélange de tout ça m’a touché ces derniers 10 milles de course. On a échangé nos sentiments avec Erwan, c’était un bel échange, un beau moment. J’étais bien fatigué au début de la course, j’étais un peu stressé des conditions, car je n’avais aucune idée de ce que cela pouvait donner. J’avais le mal de mer. Je ne me suis pas nourri pendant 48 heures. C’était dur, je serrais les dents. Après, c’est incroyable mon corps a repris de l’énergie, s’est habitué. Cela m’a fait l’effet opposé, car après j’étais très en forme. Je ne me sens pas trop fatigué. »