The Bridge : la flotte au louvoyage

Au troisième jour de course, les quatre équipages des maxis trimarans évoluent au près, dans un couloir d’environ 200 milles de large, délimité par l’anticyclone des Açores au sud et la Zone des Glaces au nord, qui a été élargie.
Les conditions ne sont donc pas très favorables à la vitesse, l’anticyclone remontatn très nord engendre un flux faible, qui a permis à l’équipage de Sodebo de recoller un peu aux deux leaders. Thomas Coville et ses hommes pointent à 70 milles, Actual à 200.
Idec Sport a été légèrement décroché à une trentaine de milles du leader Macif.

 

Les premiers trimarans  sont attendus lundi vers 8h du matin, heure locale, à New York.

Image licensed to Lloyd Images

François Gabart (Macif) : « On est forcément ravis d’avoir réussi à creuser sur IDEC SPORT, ce serait dommage de ne pas l’être. Mais on arrive dans une zone avec pas beaucoup de vent, on reste prudents, c’est loin d’être fini tout ça.
Cette nuit, on a eu au plus fort 20-25 nœuds, au débridé, puis une petite molle. On va de nouveau tomber aujourd’hui dans une zone avec très peu de vent,  avec probablement un petit contrebord bâbord à faire. Dans ce genre de conditions, on peut se faire rattraper ou continuer à creuser. Dans les prochaines 24 heures, on a au moins deux virements à déclencher, avec beaucoup de changements de voiles. Il peut se passer plein de choses, ça peut recoller. Aller jusqu’à New York, cela reste pas simple du tout, je le confirme !  Les conditions ne nous facilitent pas la vie.  On n’est un peu coincé par l’anticyclone et la zone des glaces. Mais on va faire avec, on n’a pas le choix. »

Thomas Coville (Sodebo Ultim’) : « On et en chasse depuis le petit décalage qui s’est produit il y a 48 heures.  On a beaucoup de manœuvres à faire, c’est assez tonique. On passe du près à des allures un peu plus débridées, travers au vent, comme on a eu cette nuit. Il faut suivre le rythme, les enchaînements, c’est là que cela se joue. À part le gennaker, toute la garde-robe y est passée. Depuis le départ, on n’a pas fait beaucoup de portant. On espère pouvoir profiter ou créer un petit décalage, un petit changement d’angle pour rattraper notre retard, qui peut se mesurer à 2 heures à bord de nos bateaux. On verra si le passage de la zone des glaces nous offre une opportunité. »

Davy Beaudart (Actual) : « Nous avons eu jusqu’à 25-30 nœuds la nuit dernière, la mer était hachée, le bateau cognait beaucoup ce qui nous a contraint à lever le pied un peu. Là ça va mieux, ça se dégage, le vent tombe. Nous avons remis de la toile aussitôt. Nous approchons de la bordure de l’anticyclone, il va falloir tirer des bords… Dans la journée, ça va mollir un peu et ça va refuser en approche de la dorsale de l’anticyclone. Les bateaux de devant vont buter dedans les premiers. À bord, Sam (Davies) fait tourner les modèles afin de déterminer la route optimale pour passer sous la zone des glaces, cela ne va pas être simple. Il va falloir la longer en tirant des bords. L’ambiance est vraiment très bonne à bord et on prend tous beaucoup de plaisir à être en mer.  »

Gwénolé Gahinet (IDEC SPORT) : « On est très content, le début de course s’est super bien passé. On a fait des manœuvres et des trajectoires propres. La nuit dernière a été un peu plus difficile dans du près sur une mer un peu hachée, et on a vu Macif nous passer à avec une bonne vitesse. Il a dû prendre un ris avant nous, mais avec son mât basculant et ses foils, cela reste un autre bateau. Dans ce type de conditions, il a un net avantage. Ce matin, on est dans la pétole, et on attend une petite rotation pour virer. Nous menons le bateau d’une façon qui est assez propre à Francis (Joyon). On place le curseur sur la conduite du bateau toujours assez haut, tout en essayant d’économiser les manœuvres, d’autant plus que nous ne sommes que cinq à bord. »

FrancisJoyon (IDEC SPORT). « Nous observions Macif à l’AIS et on pouvait deviner très précisément quand il se mettait à « voler ». Alors que nous étions parfaitement réglés avec la voile du temps, il allait jusqu’à 5 à 6 noeuds plus vite que nous qui naviguions de manière plus traditionnelle, à plat. C’était impressionnant. Avec un affaiblissement depuis ce matin de la force du vent, qui est passé de 25 à 10 noeuds, on voit que les vitesses s’égalisent entre Macif et nous.

C’est une Transat vent debout. Nous sommes parfois tentés d’abattre un peu pour aller titiller les 40 noeuds de vitesse, comme ce fut le cas la nuit dernière, mais ce n’est pas raisonnable car il nous faut rejoindre New York. Nous allons chercher le refus, moment où le vent va basculer dans l’axe de progression du bateau. Nous effectuerons alors un petit virement de bord pour reprendre notre progression vers l’ouest, toujours au près mais dans des vents faibles, dans l’attente de la prochaine dépression. Nous ne désespérons nullement de revenir sur Macif. Nous sommes heureux de pouvoir tenir tête dans certaines conditions à un bateau aussi novateur.

Les quarts tournent bien, et toujours dans la bonne humeur. Gwéno et moi-même récupérons deux fois par jour les fichiers météos américains et européens. On fait une petite synthèse, souvent avec le soutien de Pic (Sébastien Picault), tout en gardant un oeil sur l’AIS pour observer nos adversaires, et nous décidons ainsi du cap à suivre pour les heures à venir. Quentin Ponroy, benjamin du bord et voilier de son état, prend beaucoup de plaisir à la barre, le nez dans ses chères voiles qu’il inspecte en permanence pour en tirer la quintessence. »

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