Francis Joyon passe sous les 9 jours sur l’Atlantique Sud

Francis Joyon, le skipper du maxi trimaran Idec, vient d’améliorer sensiblement son temps sur la Route de la Découverte avec un temps de 8 jours, 16 heures, 07 minutes et 5 secondes, il aura mis 1 jour et quatre de moins qu’en 2008, avec une vitesse moyenne sur l’orthodrmie de 18,66 noeuds et de 21 rapporté à la distance réelle parcourue.
Le skipper avait quitté Cadix pour ce record de l’Atlantique Sud, sans faire appel à un routeur à terre, il a donc assuré seul sa stratégie et son placement dans cet enchainement de systèmes météos.

Francis Joyon tentera de décrocher le dernier record en solitaire manquant à son palmarès au printemps prochain,  le Record de l’Atlantique Nord entre New York et le Cap Lizard.

Les réactions du skipper : « Je ressens à chaud beaucoup de satisfaction… et une grosse fatigue. Je ne réalise pas vraiment car je navigue toujours, mais le plaisir d’être passé sous la barre des 9 jours est bien présent. Je suis parti avec l’espoir de faire un temps correct. Mon départ en 2008 avait été rapide, mais la fin plus pénible. Cette année, cela aura été l’inverse. Ma plus grande crainte est toujours d’être arrêté dans les calmes plats, mais cela n’a pas été le cas. Le bateau a marché très vite durant de longs moments. La première partie était ralentie par la mer. Puis ce fut de longs moments de glisse très agréables. J’ai pu chatouiller les 30 noeuds en pointe, mais comme on progresse face aux systèmes météo dominants, on affronte souvent une mer difficile peu propice à la très haute vitesse… Je suis arrivé de nuit, sur cette île de San Salvador qui n’est pas très habitée, donc peu de lumière. On contourne des grands caps qui ne sont pas éclairés, et on approche une barrière corallienne au GPS. J’ai appelé Monsieur Clifford Fernandez  du WSSRC qui avait trouvé un petit bateau pour pointer mon passage de ligne. J’ai enroulé le gennaker et il est monté à bord. Après 5-10 mn, j’ai renvoyé de la toile pour ne pas dériver à la côte, ils sont descendus, et je suis reparti sans avoir vu un arbre… Je redescends à présent vers les Antilles françaises.

Le bateau est toujours perfectible dans les détails, mais il est globalement abouti, bien conçu et bien construit, très éprouvé. On peut encore travailler sur les détails et les voiles…

 Personnellement, je ne suis pas aussi perfectible que mon bateau. Les années passent, et je suis grand père depuis peu. Il faut résister à l’usure du temps, en faisant beaucoup de sport entre les sorties en mer, afin de répondre aux exigences du trimaran… ». 

L’atlantique sud en moins de 9 jours pour franchir Francis Joyon ?

Le skipper du maxi trimaran Idec, qui détient déjà le record de la Route de la Découverte est sur la bonne voie pour améliorer sensiblement son temps de 2008.

Il lui reste ce soir 520 milles à parcourir et son avance se porte à 308 milles, Francis Joyon progresse sur une route assez sud dans une zone anticyclonique avec des vents d’une dizaine de noeuds mais avec forte houle venue du nord, comme l’expliquait le marin ce matin :  » Je suis aux prises avec l’anticyclone. J’ai tenté hier, en naviguant plusieurs heures à 90° de la route, de me glisser sous les calmes, mais plus on se rapproche du but, et moins il devient aisé d’y échapper. J’ai encore 8 à 10 noeuds de vent, qui me permettent de marcher à 15 – 16 noeuds » Je préfère « tricoter » aujourd’hui dans du vent faible, et attendre la petite rotation du vent au secteur sud qui me permettra de finir en route directe. Cela a beaucoup tapé mais au moins j’avais la vitesse pour atténuer ces sensations… C’est dans ces moments que le bateau souffre le plus, surtout au niveau des voiles ; c’est pourquoi je préfère conserver le peu de vent pour continuer à avancer et ménager le bateau… »

Francis Joyon devrait donc arriver sur la ligne d’arrivée du record de l’Atlantique Sud vendredi, probablement en moins de 9 jours.

Francis

Francis Joyon en avance sur son record

 

Après avoir eu jusqu’à 215 milles de retard sur son propre record, Francis Joyon a pu accélérer sur une route quasi directe et compte ce soir 65 milles d’avance. Le marin est désormais sur une route plus sud que lors de sa dernière traversée, il lui reste maintenant à choisir le meilleur passage de front demain, comme il l’expliquait : « la question du moment est d’affiner la trajectoire pour trouver le meilleur cap possible dans la perspective du front que je vais chercher d’ici demain après-midi (lundi) ». Ce qui explique les quelques empannages réalisés ce matin :  « Ce sont des petits bords de recadrage, car je me suis rendu compte que j’étais un peu trop bas. J’avais été un peu prétentieux, donc je corrige le tir ».

Ce passage est délicat, car le positionnement doit permettre au skipper de ressortir avec le meilleur angle possible, sans trop ralentir près du centre de l’anticyclone.

« Sur cette Route de la découverte, on jongle forcément entre différents systèmes météo. C’est très intéressant et ça explique qu’on n’y tiendra jamais des moyennes aussi élevées que sur l’Atlantique nord, puisqu’il faut bien gérer les transitions entre ces systèmes. Je me méfie, car en 2008 je m’étais approché un peu trop près de l’anticyclone et j’avais perdu du terrain. Donc je fais très attention à ne pas commettre la même erreur « .

Francis Joyon déjà sur la Route de la Découverte

Alors que Thomas Coville a abandonné hier sur le record de l’Atlantique Sud, suite à une blessure,  Francis Joyon a pris le départ de ce même record entre Cadix et San Salvador.

En l’absence de son concurrent habituel, le skipper tentera de battre son propre record déjà détenu sur ce même  trimaran IDEC, il a coupé la ligne de départ aujourd’hui à 12h50’25 » TU ; pour améliorer son chrono (9 jours 20 heures 32 minutes), il devra couper la ligne d’arrivée avant samedi à 9 heures 22.

Cette tentative de record permettra à Francis Joyon de convoyer son bateau de l’autre côté de l’Atlantique pour l’objectif de l’année, reprendre le record de l’Atlantique Nord à Sodeb’O et Thomas Coville.

Le marin de Locmariaquer a choisi de ne pas se faire router sur cette Route de la Découverte, il choisira donc seul sa route, la météo s’annonce musclée et sur une route très nord comme l’explique le skipper :  « Je pars avec du vent de nord-est soutenu vers les Canaries, mais je devrai me recaler pour respecter la marque de parcours dans l’archipel (il faut laisser l’île de Gran Canaria à tribord, ndr). Ce ne sera donc pas forcément très rapide au début, mais ensuite j’irai chercher ce front froid vers le milieu de l’Atlantique. Cela devrait me permettre d’aller vite sur la route directe derrière ce front, dans du vent de nord-est. Un passage alizéen par le sud, lui, m’aurait obligé à multiplier les empannages pour éviter d’être plein vent arrière et conserver un angle au vent rapide. C’est une bonne fenêtre météo qui s’est présentée, il fallait saisir cette opportunité ».

La cartographie de la tentative de record.

Abandons et programme des G-Class solos

  • Thomas Coville, le skipper du maxi trimaran Sodeb’O , est contraint de renoncer à sa tentative de record sur la Route de la Découverte suite  à une blessure à la jambe gauche. Celle-ci date de dimanche, lors d’un empannage dans un vent fort. Le skipper fait désormais route vers les Açores qu’il devrait atteindre demain. Il suit ainsi les conseils de deux médecins, afin d’éviter des séquelles ultérieures.

Thomas Coville « J’ai cru que ça allait se résorber mais la situation s’est rapidement dégradée, ma cheville a beaucoup enflé et j’ai maintenant du mal à me déplacer ce qui peut engager ma sécurité et celle du bateau. Les médecins craignent que cela s’aggrave et entraine des conséquences sur ma récupération à long terme. Comme je ne suis pas loin des Açores, me dérouter s’avère être une sage décision. C’est dommage car je me sentais vraiment bien sur ce bateau transfiguré au portant. Cet entrainement m’intéressait beaucoup même si ce record de la Découverte n’est pas le centre de notre programme avec Sodebo. »

  • Le principal adversaire de Thomas Coville, Francis Joyon, va quant à lui reprendre sa campagne de records, sur le quasi sistership de Sodeb’O. Il détient trois des quatre principaux records en solo sur son trimaran Idec (tour du monde, route de la Découverte, record des 24 heures). Il devrait s’aligner sur le record de la Route de la Découverte pour améliorer son propre record, suite à l’abandon de Soded’O. Puis il  retentera sa chance sur l’Atlantique Nord avec la traversée de New York au Cap Lizard. Il avait chaviré peu après son départ en 2011 lors de sa précédente tentative.
  • Roman Paszke, sur son maxi catamaran Bioton, a pris la décision de renoncer à son tour du monde contre vents et courants dominants il y a quelques jours en raison du mauvais temps dans la zone du Cap Horn. Cette décision est une surprise puisque le marin polonais visait le temps de Jean Luc Van Den Heede sur un monocoque en 129 jours, et qu’il était possible pour lui de passer le Horn en moins de 30 jours en s’abritant, et en attendant des conditions météos favorables.

Thomas Coville sur le record de la Route de la Découverte

Le skipper du maxi trimaran Sodeb’O a pris le départ du record de l’Atlantique Sud (la Route de la Découverte) en début d’après midi. Thomas Coville va tenter de battre le temps de Francis Joyon, établi en 2008 sur ce trajet Cadix- San Salvador, il devra pour se faire tenir une moyenne de près de 18 noeuds et terminer en moins de 9 jours 20 heures et 32 minutes.

Il sera pour se faire épaulé de deux routeurs à terre, Jean-Luc Nélias et Thierry Douillard, qui essayeront de composer au mieux avec deux passages de front sur la route des Caraïbes après un départ musclé au large de l’Espagne.

Thomas Coville : ‘’Sur la route des Canaries, il y aura beaucoup de vent à gérer au portant dans une mer bien formée. Un départ plutôt costaud avec une arrivée en 36 heures à Gran Canaria que je vais aborder en pleine nuit. Sodebo ne devrait pas trop sentir le dévent de l’île puisque le vent souffle de secteur Nord, par contre s’extraire de l’archipel s’annonce délicat avec peu de lumière et beaucoup de trafic.’’

 

© Gilles Martin-Raget/Sodebo

‘’Ensuite, je m’attaquerai au passage d’un premier front, sur une route plutôt Nord,’’ poursuit-il. ‘’Ce sera le premier point clef de ma traversée. Je sais que la situation météo n’est pas la plus optimale pour ce parcours mais c’est engagé et cela fait partie de l’opportunisme des records. Compte tenu de notre programme, c’est le bon timing pour partir. Après la traversée de la Méditerranée en septembre (en 25h), nous voulions faire une transat en solo et un retour en équipage dans cette idée de monter crescendo dans l’entraînement pour le tour du monde de cet hiver qui est notre priorité avec Sodebo. Même si je ne m’attends pas à une traversée des plus fluides, j’ai envie et besoin de me confronter au chrono.’’

Thomas Coville devra donc couper la ligne d’arrivée, située devant la petite île de San Salvador aux Bahamas, avant mardi 12 février à 9h46’34’’ (heure française, 8h46’34’’ TU).

Le suivi du record avec la cartogaphie GéoVoile.

Francis Joyon établit un nouveau record

Francis Joyon avait quitté la Trinité-sur-Mer, son port d’attache vendredi dernier, afin de tenter de battre le record de distance en solitaire en 24 heures, il a trouvé des conditions favorables au large des Açores avec 668 milles parcourus soit 1237km en une journée (27,83 noeuds de moyenne). Le temps de référence était jusqu’ici détenu par Thomas Coville avec 628,5 milles nautiques, il l’avait établi en 2008 lors de sa seconde tentative contre le record du tour du monde.

©François Van Malleghem / DPPI / IDEC

Le skipper ajoute donc un nouveau record à son palmarès : « Il me fallait réunir des conditions idéales, que je n’avais jusqu’alors trouvé que dans l’océan Indien, avec des vents réguliers bien établis dans la durée, de préférence en avant d’un front afin de bénéficier d’une mer (relativement) plate… Je suis allé environ 800 milles dans l’ouest du cap Finisterre, en bordure des hautes pressions près des Açores. Je suis parti avec un vent de secteur sud-ouest, mais j’ai dès le départ dû affronté une houle contraire de secteur nord. J’ai attaqué à fond, et au bout d’un moment, la houle s’est ordonnée et le vent est monté à 32 nœuds. C’était extrêmement périlleux. Le bateau était constamment à la limite. Je ne barrais pas. Je suis demeuré 24 heures debout dans mon cockpit avec l’écoute de grand voile dans une main, et l’écoute de solent dans l’autre. Lorsque le bateau plantait dans la vague, je choquais l’une ou l’autre. Mais il m’est arrivé souvent de choquer toutes les écoutes d’un seul coup. Pas de repos. Quelques barres de céréales pour seule nourriture.  J’aurais été très satisfait de récupérer ce record, ne serait ce que d’une poignée de mille, mais près de 40 milles ! je suis très heureux. Ma satisfaction vient surtout du fait que j’ai très peu navigué depuis mon chavirage l’an passé lors de ma tentative contre le record de la traversée de l’Atlantique. IDEC a subi un beau chantier cet hiver. Mais le mât est le même que celui qui s’est brisé en deux lors du chavirage. Quant aux voiles, ce sont celles d’origine, qui ont bien 90 000 milles au compteur.  Au-delà des chiffres, je viens de m’offrir un moment véritablement magique. Pouvoir faire marcher une telle machine au maximum de son potentiel est extraordinaire. C’est ce que je me disais en doublant des cargos dans des gerbes d’écume. »

Actual s’impose au tour de l’île de Wight

Seuls deux multis 50′ avaient fait le déplacement à Wight pour la traditionnelle JP Morgan Asset Management Round the Island Race, course autour de l’île de 50 milles, Actual et Prince de Bretagne se sont rapidement livrés à un mano à mano dans les eaux anglaises et s’adjugent les deux premières places en temps réel.

C’est Yves le Blévec et son équipage sur le trimaran Actual qui se sont imposés, grâce à une meilleure vitesse au portant, ils ratent de quelques minutes le record de l’épreuve détenu par Francis Joyon sur le 60′ ORMA Eure et Loire.

Les réactions des skippers :

Lionel Lemonchois, Prince de Bretagne : « Nous sommes rapidement sortis du Solent en enchainant les virement de bord sous trinquette et avec un ris dans la grand voile puis la bataille avec Actual a commencé. Nous l’avons doublé juste avant les Needles puis il nous est repassé devant et nous sommes restés bord à bord jusqu’à la pointe de Sainte Catherine, au sud de l’île, mais à l’envoi du gennak, il s’est littéralement envolé car au portant, il est réellement plus rapide que nous. En tous les cas, nous nous sommes bien amusés, c’était vraiment sympa. Plus encore que l’année dernière car c’était plus maniable et, par conséquent, plus agréable et plus rapide.  Nous ne finissons vraiment pas loin. C’est encore plus vrai pour Actual qui termine dix minutes devant nous et qui rate donc le meilleur chrono pour une minute seulement. Quoi qu’il en soit, nous nous sommes bien battus et nous avons également pu constater que les petites modifications que nous avons effectuées lors du chantier de ces six derniers mois n’étaient pas vaines. Il s’agit de détails mais, à titre d’exemple, le chariot de grand voile qui nous avons changé nous permet aujourd’hui de le mettre au moulin à café au louvoyage et cela nous facilite pas mal la vie à bord »

Yves le Blévec, Actual : « C’est génial ! C’est mon deuxième tour de l’ île de Wight. Le premier c’était sur Orange avec Bruno PEYRON. Actual le court pour la première fois, nous avons été les plus rapides toutes catégories confondues dans cette régate magnifique … Oui, nous sommes fiers ! »

Idec de retour en Bretagne

Le maxi-trimaran IDEC est arrivé en milieu de semaine à Lorient, avant de rejoindre le chantier Multiplast.

Francis Joyon et son équipage composé de trois marins ont convoyé le trimaran géant sous gréement de fortune des côtes américaines à la Bretagne, le bateau va désormais entrer en chantier afin de remettre en état la plate forme et le mât suite au chavirage survenu fin août lors de la tentative de record en solitaire de l’Atlantique Nord.

Idec à destination

48 heures après son chavirage, Francis Joyon et son trimaran sont arrivés dans le port de Montauk ,le bateau a été remorqué à l’envers, à petite allure, vers ce port près de Long Island.

La plate forme ne semble pas avoir subi de dégâts après une première inspection, le mât est brisé en deux parties mais a pu être récupéré, ainsi que le reste du gréement. Une grue a été réservée dans le port afin d’effectuer l’opération de retournement du trimaran.