Une classe Ultime dispersée

Voiles et Voiliers fait le point, dans un article disponible sur son site internet, sur la classe Ultime.
Les ultimes existent depuis plusieurs décennies et peinent à rassembler.
Plusieurs tentatives de fédérer ces maxis ont été des échecs (G-Class de Bruno Peyron, l’actuel collectif Ultim).

 

Photo Vincent Curutchet / DPPI / MACIF

Photo Vincent Curutchet / DPPI / MACIF

A ce jour, les différents protagonistes avancent en ordre dispersé, Actual, Macif, Sodebo font partie du collectif Ultim, tout comme Banque Populaire qui mettra à l’eau son bateau dans le courant de l’année. Ce collectif a pour but de développer un programme articulé sur de navigations en solitaire, il s’est doté d’un cadre architectural, excluant les MOD70, le maxi 80 Prince de Bretagne et Spindrift 2. Mais le collectif, du fait du faible nombre de « membres », se voit contraint d’intégrer des courses ne respectant pas le cadre architectural qu’il a défini, comme The Bridge, ou encore la Route du Rhum.

© Eloi Stichelbaut

© Eloi Stichelbaut

L’article de Voiles et Voiliers dévoile plusieurs informations importantes :
– le trimaran du Gitana Team serait hors cadre du collectif Ultim, de part sa taille de 33m (limité à 32m pour le collectif) et du fait de l’asservissement des appendices (ce qui n’est actuellement pas autorisé par le collectif)
– Prince de Bretagne souhaite rester impliqué dans la voile, l’actuel Maxi 80 pourrait être vendu pour acquérir un bateau d’occasion plus grand si l’opportunité se présentait. L’objectif pour le team et le skipper Lionel Lemonchois est la Route du Rhum 2018, le maxi 80 naviguera essentiellement en RP en 2016, le programme 2017 n’est pas défini- Actual d’Yves le Blévec naviguera avec un mât fixe cette saison suite à la rupture du vérin de bascule sur la Transat Jacques Vabre. Le programme 2016 inclut The Transat, Actual sera opposé à Sodebo et Macif sur cette transatlantique.
– une nouvelle course entre Monaco et Pondichery (avec escale à Maurice) pourrait avoir lieu en 2018

Thomas Coville et Sodebo (qui font partie du collectif) seront la The Transat, ensuite le skipper tentera sa chance autour du monde en solitaire cet hiver.
François Gabart sur Macif participera également à The Transat avant une tentative de record en Méditerranée en septembre.

Du côté des exclus du collectif (volontairement ou non), Spindrift racing a annoncé son intention de courir la Transat Québec Saint Malo cet été (pour l’instant Spindrift 2 est le seul dans la classe Ultime) avant une nouvelle tentative de Trophée Jules Verne l’hiver prochain. Idec et son skipper Francis Joyon semblent avoir été séduit par le Jules Verne de cet hiver et paraissent déterminé à retenter l’aventure en 2016.
Marc Thiercelin qui possède l’ex Majan (sistership d’Actual) cherche toujours des financements pour lancer le chantier de remise en état et d’élargissement de son trimaran.

 

 

Oman Sail rejoint le Bullitt GC32 Racing Tour, le Gitana Team optimise le sien pour le Bol d’Or

Oman Sail a annoncé son entrée sur le circuit des catamarans à foils GC32.
L’équipe omanaise sera présente dès la semaine prochaine pour le premier événement sur  le Lac de Traunsee, en Autriche.

© Mark Lloyd / Lloyd Images

Le catamaran monotype sera mené par Leigh McMillan, le skipper d’Oman Sail ayant déjà remporté à deux reprise les Extreme Sailing Series. Deux de ses équipiers de The Wave, Muscat seront sur le GC32 : Nasser Al Mashari et Peter Greenhalgh. Les deux autres membres n’ont pas encore été annoncés.

 

 

Sébastien Josse livre quant à lui des informations, dans une interview pour Voiles et Voiliers, sur le GC32 Groupe Edmond de Rothschild qui ne participe pas au circuit cette année.

Le catamaran sera engagé sur le Bol d’Or du lac Léman, il a été optimisé pour les conditions légères habituellement rencontrées sur le Léman avec un nouveau mât plus léger et plus haut, l’ajout de trapèzes pour trois équipiers. Ces modifications devraient permettre au GC32 de décoller dès 7 noeuds de vent réel.

Sébastien Josse sera accompagné deGurvan Bontemps, Olivier Douillard, Benjamin Amiot et Cyril Dardashti pour cette course.

 

 

Le Gitana Team lance la construction d’un maxi multicoque

Le Gitana Team a annoncé hier le lancement de la construction d’un maxi multicoque en fin d’année, pour une livraison au printemps ou à l’été 2017.
Le chantier Multiplast se chargera de la construction du bateau, la taille devrait être comprise en 31 et 35m, le plus probable étant 32m soit 105′, ce qui permettrait son intégration au collectif Ultim.

L’objectif principal de ce maxi-multicoque sera le tour de monde, que ce soit en équipage ou en solitaire. Par ailleurs le Gitana Team, fort de son expérience sur le Multi 70, souhaite construire un multi qui permettra des phase de vol dans certaines conditions (ce qui semble également être l’objectif de Macif et Banque Populaire).
La première course du futur multi devrait être la Route du Rhum 2018.

Cyril Dardashti, directeur général de l’écurie : « Grâce au soutien et à la volonté d’Ariane et de Benjamin de Rothschild, mais aussi des collaborateurs du Groupe Edmond de Rothschild, le Gitana Team se lance dans l’aventure d’un géant des mers. C’est une chance incroyable pour l’équipe de pouvoir s’engager dans cette voie d’autant que notre objectif est bien de lancer la conception d’un maxi-multicoque polyvalent en nous appuyant sur les récentes avancées technologiques en matière d’appendices mais en les transposant au large. Nous sommes aux portes d’une nouvelle génération de bateaux et c’est pourquoi même si les équipes de conception y travaillent déjà depuis de nombreux mois, il nous reste encore beaucoup de points à entériner avant le début de la construction fixé à la fin de l’année 2015.»

Le bureau d’études du Gitana Team, dirigé par Antoine Koch, a confié la conception de son futur bateau à Guillaume Verdier et à son équipe. Ils seront épaulés par Bobby Kleinschmit et la société Pure Design, qui officient habituellement au sein du Team New Zealand.

L’équipe continuera à s’appuyer sur l’expérience acquise sur le Multi 70 qui poursuit sa campagne de test sur les nouveaux appendices (foils en L et en C et safrans en T).

Sébastien Josse : « Lors de la Route du Rhum, les gains observées sur la plateforme ont été vraiment encourageants mais les safrans en T n’étaient qu’un pas vers notre objectif. Car sustenter un trimaran de 70 pieds au large et en solitaire est déjà un vrai challenge mais le faire voler est encore autre chose ! Avec cette version 2015, nous entrons dans une autre dimension, une période de mise au point et de tests indispensables pour la suite des projets du Gitana Team. Les études et simulations théoriques sont capitales mais elles ne seront jamais suffisantes car rien ne remplace la pratique. Nous avons une chance incroyable de pouvoir tester les pistes architecturales au réel sur le Multi70 Edmond de Rothschild. Il y a encore tellement d’inconnus dans le comportement des nouveaux dans une mer formée et sur une longue distance, que toutes nos navigations nous permettent d’enregistrer des données plus que précieuses.»

Le GC32 du Gitana Team, qui permet également aux marins d’appréhender le vol sur multicoque sera engagé sur le Bol d’Or Mirabaud qui se déroulera le 13 juin sur le lac Léman.

 

MOD 70, un départ vers les Antilles

  • Le MOD 70 ex Foncia, propriété de Michel Desjoyaux, a retrouvé l’eau. Il devrait rejoindre la flotte du Team Phaedo, qui navigue actuellement sur un catamaran Gunboat 66, sa zone de navigation privilégiée devrait être les Antilles (Voiles de St Barth, Carribean 600, Antigua Sailing week etc.). Il semblerait que le navigateur britannique Sam Goodchild soit de l’aventure.
  • Race for Water, le trimaran de Stève Ravussin, est de nouveau à l’eau. Le bateau partira le 15 mars de Bordeaux, pour un tour du monde, le Race for Water Odyssey, le but de cette campagne est d’étudier la pollution des océans par le platique, en « visitant » les cinq vortex de plastique connus autour de la planère. Marco Simeoni, président de la fondation Race for Water sera sur le trimaran durant les 9 mois de l’expédition.
  • Le Gitana Team, outre le chantier de son IMOCA, poursuit les études sur son multi 7à qui devrait être équipé de foils en L pour sa remise à l’eau. L’équipe a déjà débuté son apprentissage du foiling sur son monotype GC32 la semaine dernière à Lorient. L’IMOCA doit être mis à l’eau en août, Sébastien Josse devrait donc pouvoir tester le trimaran de 70′ dans sa nouvelle configuration avant de passer à sa préparation pour le Vendée Globe.
  • Aucun programme prévu pour les MOD 70 de Spindrift racing et de Paprec Recyclage. Le team Spindrift racing sera occupé sur de nombreux supports (le maxi trimaran de 140′ avec une tentative de trophée Jules Verne en fin d’année, les circuits GC32, D35 et le tour de France à la Voile), il est probable que leur MOD reste au sec une année de plus.
  • Le MOD 70 Musandam d’Oman Sail, skippé par Sidney Gavignet, devrait être aligné sur les classiques semaines de Kiel et de Cowes.

Le plateau de la Great Cup s’étoffe

La Great Cup qui se courre sur des catamarans monotypes, les GC32, à foils suscite un bel engouement pour la saison à venir.

En effet, quatre équipes françaises seront sur les rangs. Après Erik Maris et son Zoulou, Sébastien Rogues soutenu par son sponsor GDF Suez, deux grosses écuries engagées en multicoques ont été officialisées ces derniers jours.

Le Gitana Team qui vient de mettre son catamaran à l’eau à Lorient et qui a effectué ses premiers tests ces derniers jours, ainsi que Spindrift racing.

Yann Guichard :  » Clairement, la voile de demain se dessine aujourd’hui autour des bateaux qui volent. Non seulement sur l’America’s Cup mais aussi sur d’autres supports de régate au contact comme les GC32 et même en course au large où les nouveaux monocoques du Vendée Globe dévoilent actuellement des foils dans cette idée d’être toujours plus aériens pour être plus rapides. La performance et l’innovation entrent directement dans les fondamentaux de Spindrift racing, comme la volonté de courir au plus haut niveau mondial et la dimension. Le circuit GC32 correspond parfaitement aux objectifs sportifs de l’écurie ainsi qu’aux objectifs de nos partenaires offrant une exposition internationale au travers des cinq pays étapes. Nous sommes très enthousiastes à l’idée d’apprendre à voler dans quelques semaines et d’affronter les meilleurs sur ce circuit qui promet d’être compétitif. »

Le calendrier du circuit :

23-26 avril Warm-Up Marseille / France / Entraînements officiels

27-31 mai ‘Austria Cup’ / AUTRICHE / Lake Traunsee
24-27 juin ‘Cowes Cup’ / ANGLETERRE / Cowes
30 juillet-2 août ‘Sailing Cup Kiel’ / ALLEMAGNE / Kiel
27-30 août ‘Trofeo di Roma’ / ITALIE / Rome Fiumicino
30 sept-3 octobre ‘Marseille One Design’ / FRANCE / Marseille

GC 32 Racing Key West Race Week 2015 from Nick Bowers on Vimeo.

Francis Joyon 6ème au finish devant Yann Eliès

Francis Joyon et Yann Eliès ont joué un remake de l’arrivée de Lionel Lemonchois et Sidney Gavignet, avec le même résultat, le skipper le plus expérimenté et sur le plus gros trimaran bat l’autre sur le fil.

Francis Joyon sur Idec Sport a choisi la même option à terre que Lemonchois plus tôt dans la journée, avec le même succès puisqu’il passait Yann Eliès encalminé plus au large.

Francis Joyon boucle donc cette 10e Route du Rhum – Destination Guadeloupe en 9 jours 4 heures 42 minutes et 4 secondes, à la vitesse moyenne de 16,05 nœuds. Il a parcouru en réalité 4 664 milles à 21,13 nœuds de moyenne. L’écart au premier, Loïck Peyron, est de 1 jour 13 heures 33 minutes et 32 secondes.

Francis Joyon, skipper d’Idec Sport :

« Mon père me disait toujours qu’il fallait être soit premier soit dernier ! (rires). Bon, je ne suis pas vraiment habitué à ramasser les bouées, mais c’est la loi du sport et il faut savoir l’accepter. Pour qu’il y ait de beaux vainqueurs, il faut aussi qu’il y ait de bons perdants ! J’ai effectué ma pénalité de deux heures hier soir et Yann (Eliès) est revenu, puis j’ai réussi à repasser dans le final mais c’est anecdotique. Ceci dit, je suis plutôt content d’arriver de jour, parce que je sais que la nuit les dévents de la Guadeloupe peuvent être assez embêtants : une fois j’ai mis plus de douze heures à faire le tour donc je me méfiais ! 

Le sport, c’est aussi savoir perdre. Bien sur comme tout le monde je préfère gagner, mais ça ne peut pas être le cas à chaque fois. J’ai eu beaucoup de petits soucis techniques qui m’ont vraiment handicapé, entre autres avec mon informatique et avec mes safrans abimés au large du Portugal.

Dès le départ, j’ai posé un gros truc lourd sur l’écran de mon ordinateur : l’écran a complètement explosé, inutilisable. J’avais un ordinateur de rechange mais il y avait un bug énorme…il s’éteignait toutes les deux minutes. J’avais droit à deux minutes de vision de carto, je ne pouvais pas poser un waypoint, c’était galère.  J’avais quand même un GPS portable, donc, pas de difficulté majeure pour se situer. Donc, ce n’était pas vraiment une navigation à l’ancienne au sextant ! . J’ai fait un come back au large du Portugal mais je l’ai payé cher parce que j’ai tapé mon safran central.

Le temps que je m’en rende compte, mes drosses de direction de barre s’étaient déréglées. Au matin, mon bateau était devenu difficilement barrable… il y a tout de même un trou dans le flotteur qui entraine une gerbe d’eau. Surtout, je pense que j’ai passé beaucoup de temps à tenter d’avancer malgré tous ces petits pépins, mais du coup j’avais moins de temps pour faire de la météo et bien étudier ma route. C’est une somme de petites choses comme ça qui font que cette fois-ci je n’ai pas pu jouer réellement avec les bateaux de devant. C’était un peu frustrant, forcément.

Je trouve que cette édition a été dure : le départ avec la dégelée, petit temps plein-vent arrière avec l’obligation de tricoter comme des fous…ça donne des émotions tout ça ! Je pensais faire un podium, donc je ne suis pas particulièrement satisfait : mais c’est le sport, il faut accepter les contrariétés. Par contre, je suis content d’être allé au bout du truc. J’aurais été triste de devoir m’arrêter. Même en allant moins vite que j’aurai dû, j’ai tenté ma chance et je suis allé jusqu’au bout. »

 

Yann Eliès a franchi la ligne d’arrivée une heure plus tard,  le skipper du 70 pieds Paprec Recyclage a mis 9 jours 5 heures 48 minutes et 15 secondes pour boucler le parcours de 3 542 milles à la vitesse moyenne de 15,97 nœuds. Il a parcouru en réalité 4 538 milles à 20,46 nœuds de moyenne. L’écart au premier, Loïck Peyron, est de 1 jour 14 heures 39 minutes et 43 secondes.

Yann Eliès, skipper du Multi70 Paprec Recyclage :

« Ce fut une super bonne transat, je n’ai jamais été aussi rapide sur l’eau, avec pas mal d’engagement, pas mal d’ennuis aussi, mais au final je ne retiendrais que les bons moments, quand tu es à 30-35 nœuds, le bateau sur les foils et que ça fume de partout. C’est pour ces moments que tu fais la Route du Rhum, surtout en multicoque.

La mission est remplie, le bateau est là, je n’ai pas chaviré. Je n’étais pas loin d’accrocher le vieux briscard, Francis Joyon, ce qui aurais été la cerise sur le gâteau, mais il mérite cette place. C’est un bon dépucelage ! Ca pique les yeux des fois ! Les deux premiers jours c’était dur, il ne fallait pas que ca dure une journée de plus, parce que je ne pouvais plus. J’ai eu des pépins techniques, donc j’ai eu du mal à trouver le bon rythme au début. J’ai eu le sentiment que le dernier jour était le bon donc il faut que je revienne ! Il y a eu de l’intensité, je fais un meilleur temps que Groupama, il y a quatre temps avec un bateau plus petit, ça veut dire qu’on a tiré sur nos machines. J’aimerais bien revenir avec un beau bateau, bien préparé, dans de bonnes conditions. J’ai eu un bel accueil en mer des pêcheurs, des Saintois qui sont venus me rejoindre dans le canal des Saintes, je ne suis pas au bout de mes surprises, car il y a du monde ici ! Je vais maintenant débriefer avec les gars de mes choix, pour que tout le monde progresse et prendre un bon repos mérité. Même si ça été une année difficile pour moi parce qu’en terme de résultat sportif, elle n’a pas été au niveau mes espérances, mais émotionnellement, elle m’a procuré des trucs énormes entre la Solitaire du Figaro et cette transat. C’est aussi pour ça qu’on fait ce métier ! J’ai cru que c’était fait ce matin, je pensais rester devant. Mais c’est le tour de la Guadeloupe ! Il réserve toujours des surprises, ça ne se passe jamais comme prévu… Le plus beau moment, c’est en arrivant à Basse-Terre à 30 nœuds perché sur les foils avec une lumière magnifique… »

Sébastien Josse 3ème de la Route du Rhum, Lionel Lemonchois 4ème et SIdney Gavignet 5ème

Les arrivées se succèdent à Pointe à Pitre,  Sébastien Josse s’est emparé de la 3èm place hier puis Lionel Lemonchois et Sidney Gavignet ont bouclé leur traversée cette nuit avec un superbe finish.

© A.COURCOUX

Yann Guichard, skipper de Spindrift 2 :

« J’ai fait une belle course et je n’ai rien lâché du début à la fin. Il y a eu de la souffrance, je ne le cache mais j’ai réussi à tenir le rythme. Aujourd’hui, je suis ravi de terminer deuxième à Pointe-à-Pitre et d’être sur le podium avec Spindrift 2, juste derrière Loïck (Peyron) qui a réalisé une belle performance.


J’ai toujours cru que je pourrais être compétitif avec Spindrift 2, ce qui n’était pas le cas de tout le monde. Avec l’équipe nous l’avons modifié pour qu’il soit maniable en solitaire. Je l’ai prouvé et j’en suis très heureux et fier pour toute l’équipe qui a travaillé d’arrache pied pour concrétiser ce projet.
 


Au deuxième jour j’ai perdu l’un de mes deux pilotes automatiques et j’ai fait toute la course en me demandant si j’allais pouvoir finir. Sinon, j’ai vraiment eu très peu de problèmes techniques et c’est essentiel pour terminer sur le podium. C’est grâce à l’équipe technique qui a fait un super travail . Mes routeurs à terre, Erwan Israël et Richard Silvani, m’ont aussi soutenu au quotidien, même dans les coups durs, et je suis ravi de notre performance à tous.  
 


Cela a été une course incroyable avec une première nuit difficile et des virements de bord au près où j’ai slalomé entre les cargos et les pêcheurs dans 35 nœuds de vent, il y a eu pas mal de stress. J’ai perdu du terrain mais après j’ai pu allumer dans le Golfe de Gascogne et revenir dans le match. J’ai eu sinon deux moments chauds le long du Portugal où j’ai dû tout choquer en grand mais, mise à part ça, le bateau est resté hyper sain.

 Dans les manœuvres, je n’ai jamais poussé autant, je n’ai jamais été aussi loin. Mais quand après l’effort, le bateau accélère, c’est du pur bonheur. J’ai perdu quelques kilos mais je suis heureux d’être là et j’ai pris beaucoup de plaisir avec le bateau.
 


Les Guadeloupéens sont nombreux aujourd’hui et je sais qu’ils le sont pour le premier concurrent comme pour le dernier. Bravo à eux ! Si je reviendrai sur la course avec ce bateau ? C’est beaucoup trop tôt pour le dire. Je vais déjà savourer ce qui m’arrive avec mon équipe et récupérer car je n’ai pas dormi plus de 2 heures par jour et seulement par tranches de 10 minutes alors, là, je suis épuisé. J’ai aussi dû faire plus de 1 000 kilomètres sur mon vélo pendant cette Route du Rhum ! »

Dona Bertarelli, co-fondateur et skipper de Spindrift racing :
« Yann a fait une course à la hauteur de son talent. Au départ de Saint-Malo, avec les conditions météo annoncées, peu croyaient qu’il pouvait être compétitif et accrocher un podium. Cette 2ème place vient récompenser non seulement sa détermination mais sa conviction qu’il était possible pour un seul homme de mener Spindrift 2, le plus grand des multicoques de course au monde, conçu pour 14 équipiers. Cette réussite est le fruit du travail de toute une équipe et du soutien de nos partenaires, Mirabaud, Genes-x et Zenith. Je tiens à les remercier de nous avoir fait confiance. »

 

Cette nuit c’est donc Sébastien Josse qui a complété le podium et s’emparant de la troisième place sur son Multi 7O  Edmond de Rothschild, il aura mis 8 jours, 14 heures, 47 minutes et 9 secondes pour parcourir les 3 540 milles nautiques théoriques, il aura effectué réellement 4403 milles, à une vitesse moyenne de 21,29 nœuds. Sébastien Josse termine 23 heures 38 minutes et 37 secondes derrière le vainqueur.

Sébastien Josse, skipper du Multi70 Edmond de Rothschild :

« Le deux premiers jours, il a fallu faire le dos rond tout en gardant un peu de rythme. Il fallait trouver le bon dosage. Après, ce n’était que du bonheur. Quand on est dans les alizés, avec ces machines là, c’est exceptionnel. Sur le papier, on ne joue pas du tout dans la même cour avec les grands bateaux. Les bateaux de 40 m et 31 m sont logiquement devant. Je pense qu’ils n’ont pas trop forcé. Il réglait leur vitesse avec nous, les petites libellules de derrière. Il y a un côté sympa de sentir qu’on les a titillés un peu (…)

(…) Je suis plutôt surpris de mon état physique, parce qu’au début, je me disais que c’était trop dur de dormir sur un bateau comme ça. Je m’interdisais de dormir parce que je pensais que c’était trop dangereux. Mais la fatigue m’a rattrapée, je me suis mis à dormir au bout de trois jours. Quand le bateau est bien réglé, que l’on a le bon équilibre, ça se passe super bien. La fatigue que j’ai maintenant est liée au tour de l’île car j’ai beaucoup manœuvré

Le sentiment en mer était génial : tu es sur ton bolide, ta mobylette. Ce sont des oiseaux volants ces bateaux, au portant dans les alizés, rien ne peut décrire les sensations. La moindre vague, la moindre petite risée, le bateau s’emballe, mais finalement il faut le laisser vivre et lui faire confiance. Je ne me suis jamais senti en danger.
Cela fait trois ans que je navigue sur ce bateau, je m’entraîne 150 jours par an, j’ai la chance de faire ça. Du coup, j’ai des automatismes, parfois je suis plus à l’aise que les autres parce que j’ai beaucoup répété mes gammes.
Avec les deux premiers Ultime, il n’y a pas eu de régate. Derrière, nous nous sommes battu, nous avions un beau groupe où ça attaquait. »

© A.COURCOUX

 

Lionel Lemonchois sur Prince de Bretagne et Sidney Gavignet sur Musandam-Oman Sail ont offert un superbe finish pour la quatrième place, à l’approche de la Guadeloupe, Sidney Gavignet possédait un petit avantage d’une quinzaine de milles mais il s’est fait piéger par le dévent de la Soufrière et restait scotché alors que son adversaire tricotait dans une veine de vent près de la côte.

Le skipper de Prince de Bretagne décrochait donc cette quatrième place, une petite consolation après sa déception, le marin avait subi une dépression tropicale l’ayant très fortement ralenti pendant 48 heures et lui ayant fait perdre tout espoir de podium.

Il aura donc mis 8 jours 17 heures 44 minutes et 50 secondes pour boucler le parcours de 3542 milles à la vitesse moyenne de 16,89 nœuds. Il a parcouru en réalité 4 511 milles à 21,51 nœuds de moyenne. L’écart au premier, Loïck Peyron, est de 1 jour 2 heures 36 minutes et 18 secondes.

Lionel Lemonchois, skipper de Prince de Bretagne à son arrivée à Pointe à Pitre :

«  Oh là là, je ne tiens plus debout. Je ne voudrais pas être à la place de Sidney. Il ne m’a pas vu venir. Je suis passé à terre. Ce n’est pas la première fois que je passe par ici. Toute la course a été une belle bagarre. J’étais un peu dépité il y a deux jours quand je suis tombé dans cette espèce de tempête tropicale en formation. Je visais le podium…

J’aurais du faire plus de marquage, j’ai été trop ambitieux. Je visais la 2e place, j’y croyais.  Voilà… Le bateau a quelques petits bobos, mais il va bien. Il aurait mérité une meilleure place.  T’arrêtes pas sur ce bateau : tu tournes dans un sens, dans l’autre, tu ranges les bouts, tu les défaits, t’arrête pas. Dur ? Oui, par moment. Les deux premiers jours ont été un peu sport. Fallait pas que ça dure trop longtemps.

 J’ai l’impression d’avoir été dans le match. A part Loïck qui nous a fait son Loïck. Il a très bien navigué et a eu des passages à niveau qu’on n’a pas eus, comme lors du passage à Madère… ça s’est fermé pour nous derrière. Mais en moyenne, les vitesses étaient  assez comparables. C’était bien puissant cette course et la vitesse du bateau… au passage du cap Finisterre, je marchais à 42 nœuds dans les vagues… hallucinant, hallucinant.  C’est bon d’arriver, je suis content d’être là. J’ai digéré la déception et puis j’ai réussi à m’en refaire un sur la fin, ça remet le moral. 
Le rythme de vie ? J’ai rarement aussi peu dormi en une semaine. Je ne pense pas avoir dormi d’un vrai sommeil. J’ai fait des petits comas de 30 à 45 minutes. Il y avait du rythme, on se tirait la bourre. Arrivé à Madère, je n’avais pas encore trouvé le sommeil, ça me stressait.  J’étais trop pris par le truc, impossible de dormir. Là, je suis prêt à tomber… »

© A.COURCOUX

Sidney Gavignet a de son côté franchi la ligne d’arrivée de la 10e Route du Rhum – Destination Guadeloupe en 8 jours 19 heures 15 minutes et 24 secondes à la vitesse moyenne de 16,77 nœuds. Il a parcouru en réalité 4 446 milles à 21,05 nœuds de moyenne. L’écart au premier, Loïck Peyron, est de 1 jour 4 heures 6 minutes et 52 secondes.

Sidney Gavignet, skipper du Multi 70 Musandam-Oman Sail :

« La mission est remplie ! Le bateau a tenu bon pendant toute la traversée, et n’a d’ailleurs subi aucune avarie, il était extrêmement bien préparé grâce à toute l’équipe technique d’Oman Sail. L’objectif principal qui était de rejoindre Pointe à Pitre est rempli et bien rempli, même si j’ai fait des erreurs sur la dernière partie. Je suis même arrivé la même nuit que Prince de Bretagne, qui fait 10 pieds de plus que Musandam-Oman Sail, et qu’Edmond de Rothschild, autre multi de 70 pieds qui a été largement modifié pour cette course. Je suis donc très fier d’avoir emmené les couleurs d’Oman de l’autre côté de l’Atlantique. C’est aussi très fort émotionnellement pour moi de revenir en Guadeloupe, car c’est ici que j’ai rencontré mon épouse il y a 23 ans, alors que j’étais en entrainement en vue de la Whitbread.

C’était une belle régate, on est allé vite. Mais je suis déçu, je ne vous le cache pas. J’ai fait 99% de mes erreurs dans les deux dernières heures de course, donc je les ai un peu velues. C’est quand même une très belle course avec de magnifiques bateaux. J’arrive,  je n’ai rien cassé, à part un pare-brise que j’ai laissé trop vertical et qui s’est fait fracassé par les vagues.

Les journées de portant c’était fabuleux. C’est chouette comme on arrive à dormir à 30 nœuds, quand on connaît bien la bestiole. Mais je ne ferais pas ça tous les jours ; je suis désolé, je voudrais exploser de joie, mais j’ai les boules, j’ai très mal navigué ces deux dernières heures. »

Bravo à Lionel Lemonchois, il a fait du beau travail, les conditions étaient vraiment compliquées sur l’arrivée en Guadeloupe, et j’ai fait pas mal d’erreurs avant de rejoindre la ligne. Bravo aussi à Seb Josse pour sa troisième place. Je me souviens particulièrement d’une nuit pendant laquelle j’étais dans le même axe que lui. Je comparais, chaque heure, nos positions, nos vitesses, et nous étions même plus rapides que les grands bateaux. Je savais que Sébastien, derrière son écran, calculait lui aussi les gains et les pertes. »

Classement Général Provisoire Classe Ultime au 11/11/14 à 09:30:00 CET

  1. Banque Populaire VII/Loick Peyron – en 7 jours, 15 heures, 8 minutes et 32 secondes
  2. Spindrift II/Yann Guichard – en 8 jours, 5 heures, 18 minutes et 46 secondes
  3. Edmond de Rothschild/Sébastien Josse – en 8 jours, 14 heures, 47 minutes et 9 secondes
  4. Prince de Bretagne/Lionel Lemonchois – en 8 jours 17 heures 44 minutes et 50 secondes
  5. Musandam-Oman Sail/Sidney Gavignet – en 8 jours 19 heures 15 minutes et 24 secondes
  6. Idec/Francis Joyon – toujours en course –
  7. Paprec Recyclage/Yann Eliès – toujours en course –

Le final s’annonce également haletant pour les deux derniers skippers en course, avec un petit avantage pour Yann Eliès à l’heure actuelle, le skipper de Paprec Recyclage étant pointé en tête à une dizaine de milles de Basse Terre (et 34 de la ligne d’arrivée).

Mais Francis Joyon n’est qu’à 1,4 mille du Multi 70, le skipper d’Idec Sport a choisi une route un peu plus à terre que son adversaire, à l’heure actuelle les deux marins progressent à toute petite vitesse, moins de 2 noeuds, dans les dévents de l’île.

Yann Guichard second de la Route du Rhum-Destination Guadeloupe 2014

Yann Guichard, le skipper de Spindrift 2, est arrivé à Pointe à Pitre ce soir en seconde position de cette Route du Rhum 2014 à 19 heures 18 minutes et 46 secondes, 14 heures 10 minutes et 14 secondes derrière le vainqueur Loïck Peyron ( Maxi Banque Populaire VII).

Il aura mis 8 jours 5 heures 18 minutes et 46 secondes pour boucler le parcours théorique de 3542 milles à la vitesse moyenne de 17,95 nœuds, et il a réellement parcouru 4334 milles à la vitesse moyenne de 21, 96 nœuds. Il se classe 2e.

Il aura réussi l’exploit de traverser l’Atlantique en solitaire à bord du plus grand  et du plus puissant trimaran de course jamais construit (40 mètres, 18 tonnes).

Le podium sera complet dans quelques heures, avec l’arrivée de Sébastien Josse,  qui il reste moins de 100 milles à parcourir. Il s’agit là aussi d’un exploit puisque le skipper du Gitana Team concourt sur un MOD 70 modifié, soit les plus petits bateaux de la classe Ultime (70′, tout comme Musandam-Oman Sail, et Paprec Recyclage).

Antoine Koch, routeur de Sébastien Josse (Groupe Edmond de Rothschild) :

« Hier, nous avons décidé de continuer à attaquer plutôt que de contrôler Sidney Gavignet et de le suivre dans son empannage. Et ce matin, la situation était plutôt satisfaisante. Non seulement Sébastien a une nouvelle fois très bien navigué, ceci lui permettant de creuser légèrement l’écart avec ses poursuivants mais il a vraisemblablement eu un bord plus confortable qu’eux, avec moins de grains et d’instabilité et c’est ce que nous recherchions. La journée sera vraisemblablement composée d’un long tribord amure en direction de la Guadeloupe mais il faudra gérer les petites oscillations du vent et peut-être opérer quelques recalages si les bascules sont importantes.

Avec une ETA à la Tête à l’Anglais à 1h (heure française) la nuit prochaine, Sébastien a toutes les chances de connaître des conditions similaires à celle rencontrées par Loïck, c’est à dire un passage peu venté sous le vent de l’île au niveau de la Soufrière. Car, comme attendu, Loïck a été vraiment ralenti sur une dizaine de milles entre le volcan et la bouée de Basse-Terre. C’est clairement le passage le plus compliqué à négocier » .

© Yvan Zedda/Gitana S.A.

La place de 4ème restera quant à elle disputée jusqu’au bout.

Lionel Lemonchois qui a retrouvé du vent plus régulier depuis le début de journée espère toujours accrocher la 4ème place qu’il se dispute désormais avec Sidney Gavignet (Musandam Oman Sail), une vingtaine de milles séparent les deux marins solitaires avec l’avantage du côté du MOD 70 pour l’instant.

Malgré tout, Sidney Gavignet devra enchainer deux empannages pour parer la tête à l’Anglais et entamer le tour de la Guadeloupe alors que Lionel Lemonchois aura une route directe jusqu’à cette marque de parcours.

 

Pour le team Prince de Bretagne :

« Des grains, prémices de cette dépression tropicale, se sont formés juste derrière Lionel et l’ont rattrapé. Voilà ce qui a parasité l’alizé autour de lui . La situation s’est améliorée pour Lionel entre 8 et 9 heures, ce qui lui permet d’afficher des vitesses identiques à celles des autres mais aussi et surtout d’avoir une stratégie, ce qui était quasiment impossible ces deux derniers jours, la faute aux conditions très aléatoires dans sa zone de navigation ».

« Lionel arrive par le nord et est maintenant sur la lay-line, ce qui signifie qu’il n’aura plus d’empannage à faire. De son côté, Sidney déboule par le sud et va devoir effectuer un contre-bord en plaçant ses empannages au bon endroit. Cela étant, il est très difficile de savoir qui de l’un ou de l’autre va finalement prendre l’avantage d’ici à la Tête à l’Anglais puisque tout va dépendre des fluctuations qu’il va y avoir entre leurs positions respectives actuelles et la Guadeloupe. Ce qui est certain, c’est que chacun va se battre pour aller le plus vite possible et prendre l’avantage avant d’entamer le tour de l’île »,

Lionel Lemonchois, skipper du Multi 80 Prince de Bretagne :

« On verra bien comment ça va se passer. On le sait par expérience, dans les derniers 50 milles du parcours, tous les scénarii sont possibles.

Il (Loïck Peyronà était le super favori au départ. Sa première place n’est pas vraiment une surprise. Les records sont faits pour être battus. Celui-ci est tombé plus vite que ce que l’on pressentait puisqu’il n’aura finalement tenu qu’une seule édition. Cela est la preuve que les bateaux et les hommes progressent mais aussi que Loïck a enchainé tous les passages à niveaux sans encombre, ce qui n’a pas été le cas des autres. Que se soit Yann Guichard, moi ou les autres, nous nous sommes faits enfermés régulièrement pendant que lui a réalisé un dernier bord tout droit de quasiment 900 milles. Les courses au large sont ainsi faites. Il faut que tout s’enchaîne parfaitement et pour lui, cela a été le cas du début à la fin. C’est une victoire bien méritée. Bravo à lui et à son équipe ».

Jean-François Cuzon, routeur de Sidney Gavignet (Musandam Oman Sail) :

« Nous avons ajusté la route en effectuant un recalage cette nuit, pour essayer de se rapprocher de la position de Prince de Bretagne dans des vents favorables d’Ouest, puis nous avons redivergé, avec d’un côté Prince de Bretagne au Nord-Ouest et nous qui faisons route au Sud-Sud-Est pour suivre notre stratégie, nous verrons ce que cela va donner.

Nous savons que le passage dans le Nord-Est de l’île dans les zones de concentration de pêche, qui sont des zones où l’on trouve de nombreux dispositifs avec des bouées, sera délicat, sachant que beaucoup sont aussi non identifiés, donc non positionnés sur une carte. Sidney va arriver dans cette zone en fin de journée heure locale, et il va falloir gérer le passage extérieur pour éviter le slalom entre ces dispositifs de pêche, sachant que de se prendre dans une de ces bouées serait catastrophique. Puis ce sera la tour de la Guadeloupe de nuit, dans un alizé qui sera de moins en moins fort et très perturbé sur la partie Ouest de l’île où l’on peut avoir de gros rebondissements.

C’est un peu la journée de tous les dangers car cela change tout le temps. Par exemple en ce moment il est dans un grain avec 26 nœuds et le bateau fait des pointes à 32 nœuds de vitesse. Il y a 30 minutes, il avait 10 nœuds de vent et le bateau avançait à 14-15 nœuds, donc cela illustre parfaitement ce qui se passe : ce n’est pas une navigation facile qui glisse et où l’on peut se reposer, c’est usant pour le skipper d’être dans des zones comme ça car il ne peut jamais se relâcher et dormir un peu plus sereinement.

L’ETA n’est pas facile à évaluer mais ce sera dans la matinée de mardi, probablement à partir de 08h00 heure locale, tout va dépendre du temps que Sidney va prendre entre la tête à l’Anglais, (marque de passage obligatoire à laisser à bâbord où il devrait arriver vers minuit heure locale ce soir, soit 05h00 CET), et le contournement de la Guadeloupe jusqu’à l’arrivée (Loïck Peyron a mis six heures, avec des passages où il a été complètement arrêté au large de Basse Terre). Je vais donc maintenant préparer le tour de l’île dans les détails ! »

© Llyod Images / Oman Sail

Les deux derniers de la classe Ultime, Francis Joyon sur Idec Sport et Yann Eliès sur Paprec Recyclage en termineront mardi, leurs positions devraient rester en l’état à savoir la 6ème place pour Francis Joyon et la 7ème pour Yann Eliès.

A noter que Francis Joyon a du s’acquitter d’une pénalité de deux heures dans l’après midi pour avoir « mordu » le DST de Ouessant, ceci suite à une panne d’électronique, le skipper naviguant alors à « l’ancienne » avec une carte papier, ce qui explique cette petite erreur avec un multicoque filant à plus de 20 noeuds.

Route du Rhum : Loïck Peyron attendu demain en vainqueur

Loïck Peyron est attendu au petit matin (heure de Paris, 22h30 heure locale) en Guadeloupe, il navigue à 180 milles de l’île avec une confortable avance de 240 milles sur le second Yann Guichard sur Spindrift 2. Le baulois devrait profiter des thermiques nocturnes et finir « tranquillement » sa course cette nuit, il est probable qu’il soit nécessaire de faire deux empannages pour se recaler sur la route de la Tête à l’Anglais.

Loïck Peyron, skipper de Banque Populaire VII :

« Demain à la même heure (5h00 heure française), cela sentira le cocotier, la terre et l’humidité. Cette nuit, c’était irrégulier avec des grains. Je vais devoir slalomer avec tous les filets de pêche, il faudra manœuvrer de nuit. Sinon ça va à peu près, notre ami Yann (Guichard) derrière est un peu ralenti. C’est de la gestion tranquille du coup. J’ai failli empanner tout à l’heure à la faveur de petits refus mais finalement non. Mais il restera deux empannages à faire avant la Guadeloupe. Il y aura des changements de voiles, là je suis sous gennaker. Il y a aussi le tour de la Guadeloupe, on ne sait jamais comment ça marche mais je trouve que la nuit c’est mieux : c’est donc pas plus mal d’atterrir à ce moment-là. Il y aura moins de monde, ce sera plus agréable et plus efficace. Il n’y a pas de raison de se faire mal dans le canal des Saintes, mais c’est vrai que refaire du près après quelques jours de portant c’est assez étonnant ! »

La tâche risque d’être plus difficile pour Yann Guichard, qui fera tout pour conserver sa place de second, malgré tout, le skipper du maxi trimaran de 40m pourrait être menacé par le retour de Sébastien Josse sur son « petit » trimaran de 21 mètre qui ne pointe qu’é 170 milles. En effet,  Spindrift 2 abordera la Guadeloupe de jour, avec un régime de brise volage sous le vent de l’île et pouvant être très perturbé par le relief de la Soufrière, le Multi 70 sera beaucoup plus évolutif et plus rapide dans ces petits airs, et nettement plus facile sur les manoeuvres qui seront nécessaires au contournement de l’île.

Erwan Israël, routeur de Yann Guichard sur Spindrift 2 :

“Cette nuit, après les grains, Spindrift 2 a été ralenti dans une zone de vent faible où l’alizé a chuté autour des 10 nœuds pendant quelques heures, Yann a peu dormi pour pouvoir se sortir d’une situation encore très instable, maintenant la distance avec ses deux poursuivants, Lionel Lemonchois et Sébastien Josse. Le vent s’est ensuite de nouveau bien établi autour des 17-18 nœuds et Spindrift 2 a retrouvé de bonnes vitesses moyennes. Nous allons demander à Yann d’empanner avant d’aborder la Tête à l’Anglais qu’il atteindra lundi aux aurores là-bas, c’est-à-dire plus ou moins à la mi-journée en France. Ensuite, à distance avec Richard (Silvani, Météo France), nous serons finalement un peu en retrait car ce sera surtout les observations sur place qui permettront à Yann de s’adapter au mieux aux conditions. Bonne nouvelle, l’alizé devrait être d’une quinzaine de nœuds dans le canal des Saintes, ce qui serait de bonnes conditions pour Spindrift 2.”

Le grand perdant de cette dernière journée de course aura sans conteste été Lionel Lemonchois sur Prince de Bretagne, qui était situé sur une route plus nord que ses poursuivants (principalement Sébastien Josse sur Groupe Edmond de Rothschild, dans une moindre mesure Sidney Gavignet sur Musandam Oman Sail). Il aura été obligé de multiplié les empannages dans une zone de grains, comme il l’explique : « Je me suis retrouvé dans une zone assez active. J’ai même dû faire du près pendant deux heures, ce qui m’a contraint à effectuer pas mal de manœuvres pour passer du gennaker au solent, et inversement.  »

Séb Josse a donc repris la troisième place et Lionel Lemonchois reste très menacé par Sidney Gavignet qui ne pointe qu’à 20 milles de plus par rapport au but, et qui progresse plus vite (24 noeuds contre 10).

Antoine Koch, routeur de Sébastien Josse sur Groupe Edmond de Rothschild :

« Ca glisse très bien depuis hier. Je n’ai pas eu Sébastien cette nuit au téléphone, ce qui est plutôt bon signe ! Cela signifie que tout se déroule comme prévu. Sa trace des dernières heures est parfaitement rectiligne et je pense qu’ils ont eu – avec Sidney Gavignet – un vent plutôt régulier et une nuit sans grains ; une situation plus stable que leurs concurrents de l’Ouest. A regarder la trajectoire de Lionel Lemonchois, on constate qu’il a réussi à faire un très bon cap toute la nuit mais il a dû manœuvrer beaucoup sous des grains certainement. C’est de la fatigue en plus et donc une prise de risque plus importante. Mais Lionel reste pour l’heure le mieux positionné pour les derniers milles. En effet, il faut se baser sur le décalage latéral pour connaître la distance réelle séparant les deux bateaux et non sur les nombres de milles restant à parcourir.  »

© Yvan Zedda/Gitana S.A.

L’issue reste très incertaine pour ce trio, si Prince de Bretagne retrouve un vent plus fort et établi, il aura moins de manoeuvres que ses adversaires situés plus au sud.

Francis Joyon sur Idec Sport et Yann Eliès sur Paprec Recyclage devront probablement se contenter des places de 6 et 7èmes.

ETA lundi matin pour Loick Peyron

Il reste désormais moins de 850 milles à parcourir pour Loick Peyron avant l’arrivée en Guadeloupe, le baulois doit maintenant gérer son avance sur son plus proche poursuivant Yann Guichard sur Spindrift 2, pointé à 200 milles à 18h.
Les deux skippers ont empanné la nuit dernière, ils font désormais route directe vers les Antilles, sauf soucis technique la victoire semble presque acquise pour Loick Peyron, qui aura l’avantage sur le contournement de la Guadeloupe, avec un trimaran plus « facile » physiquement et plus maniable que celui de son adversaire direct.

Malgré tout les poursuivants n’abdiquent pas, notamment Lionel Lemonchois sur Prince de Bretagne, et Sébastien Josse sur Edmond de Rotshcild, les deux marins sont à respectivement 347 et 383 milles du leader et donc à environ 150 milles de Spindrift. Ils vont devoir enchainer plusiseurs empannages avant l’arrivée et espère des conditions molles sur l’arrivée pour espérer la 2nde place occupée par Yann Guichard. Séb Josse a pu réduire quelque peu son retard sur Lemonchois puisque celui-ci a mis à la cape 1h30 afin de régler, semble-t-il des soucis d’électronique et de pilotes automatiques.

Derrière les positions ne sont pas non plus figées avec Francis Joyon et Sidney Gavignet qui vont se battre pour la 5ème place, en queue de peloton, Yann Eliès a pour sa part un safran abimé suite à un choc avec un OFNI.

 

Loïck  Peyron, skipper de Banque Populaire VII :
 » Je suis sous pilote 90 % du temps, et je fais mon petit tour du bateau pour régler les voiles, afin de descendre le plus bas possible dans le lit du vent, pour éviter de multiplier les empannages. Ce bateau est hallucinant de puissance… En 60 pieds, on n’avait jamais cette aisance. La largeur donne un confort et un sentiment de sécurité à la barre incomparable. Cette nuit, le bateau est monté sur un patin. C’est joli et cela apporte un peu de silence. En ce qui me concerne et en toute modestie, je parviens à gérer les situations compliquées sur ces gros bateaux. Je suis parti dimanche dernier dans l’inconnue sur le plan physique, et je ne connais aucun souci particulier. Je m’amuse même beaucoup à fournir quelques efforts lors de manoeuvres un peu tordues…  On papote tranquillement avec Marcel et Armel. Il nous reste deux empannages à exécuter et il faut les caler au bon moment.
Il faudra aussi négocier la traversée d’une zone de pêche dans l’est de la Guadeloupe, à proximité d’Antigua, avec de nombreux filets dérivants. Ce sera une approche délicate car si on en connait la position de la plupart de ces flottilles de pêche, il demeure de nombreuses inconnues. Il faut faire gaffe. Il est un peu tôt pour parler ETA,  (Estimated Time of Arrival ndlr), lundi dans la matinée, très tôt en heure locale peut-être. Je ne pense pas du tout au record. Je n’ai aucune idée de l’échéance, et cela ne fait pas partie de mes préoccupations…« 

© BPCE

Yann Guichard, skipper de Spindrift 2 :

« Les alizés que nous avons sont des vents instables : je suis passé de 15 à 0 nœuds en 30 secondes au petit matin. Je me suis pris le gennaker et la grand-voile à contre donc j’essaye de remettre tout ça en place pour repartir dans le bon sens. C’est vrai que l’alizé est faible et il y a pas  mal de zones orageuses et de zones sans vent. Demain j’espère que ce sera plus stable. C’est très bien car on pourra un peu se reposer. Il faut faire attention car avec la moindre rafale qui arrive, c’est compliqué avec un bateau comme Spindrift. Il peut être vite déséquilibré et ce n’est pas facile de bien régler le pilote. J’ai pris un ris : c’était chaud dans la nuit. On essaye de garder de la toile mais ce n’est pas suffisant. Je n’ai pas pu bien dormir car il fallait que je sois à la barre. Belle lune qui illumine et pour les manœuvres, c’est bien… Les grains ne sont pas très actifs, on ne les voit pas au radar mais on les devine grâce à la lune. Je suis fatigué mais je n’ai pas de bobo à déplorer. Tout va bien. C’est sûr que physiquement c’est dur. Encore deux jours de mer : il n’en faudrait pas cinq ! Je serai fatigué mais heureux d’arriver. »

 

Francis Joyon, skipper d’Idec Sport :

« J’ai pas mal de petites contrariétés au niveau de l’entretien du bateau et du matériel. Mais bon j’arrive à résoudre les problèmes et le bateau continue à avancer à bonne vitesse donc ça va »

 

Yann Eliès, skipper du Multi 70 Paprec Recyclage :

« Ces six premiers jours, j’ai manqué un peu de réussite parce que je pense que les avaries techniques que j’ai eues sont tombées au pire moment en termes de météo. J’ai donc un petit peu de frustration de n’avoir pu jouer au contact du groupe des quatre qui sont devant moi. Dans le même temps, j’ai le sentiment de vivre une expérience exceptionnelle. Traverser l’Atlantique sur ces bateaux là, faire des runs à la barre à 32 noeuds quand le bateau vole sur ses foils, c’est magique.
Hier, j’étais à l’attaque car les conditions étaient parfaites. J’étais un peu comme un gamin les doigts dans un pot de Nutella et je me disais ‘chic, chic, chic : à moi les runs à plus de 30 noeuds dans les alizés’. J’en ai bien profité et j’ai bien fait d’ailleurs car après la mer s’est formée et il a fallu revenir en mode ‘prudent’. C’est pour ces moments de plaisirs purs que l’on fait ce métier, pour ces instants de récompense.
Le skipper a par ailleurs heurté un OFNI qui est venu taper le safran provoquant un début de délaminage, le skipper à propos de cet incident :
« Quand ça arrive, tu te dis que ce n’est pas grave. Mais on sait très bien que ça va forcement se dégrader. J’ai regardé ce matin : l’état du safran se détériore mais Paprec Recyclage reste ‘barrable’. Je pense néanmoins qu’il est préférable de ne pas monter sur une coque et d’avoir toujours le safran central dans l’eau. Je suis sous pilote, j’essaye de ne pas trop attaquer sur ce bord là pour en garder sous le pied pour le dernier bâbord qui va m’emmener vers la Guadeloupe, le beau bâbord que les routeurs vont me trouver… »
Antoine Koch, routeur de Sébastien Josse sur Groupe Edmond de Rothschild :
« Si ils souhaitent conserver de la pression et exploiter leur bateau au maximum de leur potentiel, ils doivent empanner pour rester dans une veine de vent relativement stable  En théorie c’est simple, mais sur l’eau c’est beaucoup de travail d’autant que les grains qui s’invitent sur leur route ne facilitent pas les choses» expliquait le routeur du Multi70 Edmond de Rothschild avant de compléter : « Sébastien peut souvent paraître moins rapide que Lionel ou ses poursuivants mais globalement, ils n’ont pas la même manière de naviguer. Il est un peu moins rapide mais surtout plus bas en termes de cap. Ce qui en VMG (vitesse de rapprochement au but, ndlr) est assez équivalent à Prince de Bretagne et mieux que ses poursuivants. Cela reflète parfaitement la manière de naviguer de Sébastien. Il aime que ça glisse et mener le bateau en douceur.
L’alizé est un peu perturbé avec des grains qui se promènent sur la route. Cela donne un vent instable et variable en force et parfois en direction, sous les grains notamment. Il ne s’agit peut-être que de quelques nœuds mais à bord, en termes de réglages et de pilotage, cela fait une grande différence quand on a toute la toile de sortie (pour mémoire les Ultimes naviguent vent arrière grand voile haute gennaker). Avec 15 nœuds de vent, c’est tranquille. Avec 18 déjà il faut être plus attentif car, dans les risées, les trimarans commencent à lever la patte. Et avec 22, ce n’est plus du tout le même jeu. La tension monte d’un cran … Dans les risées, le bateau accélère fort et s’emballe. Les réglages sont alors nombreux pour gérer la puissance de la  machine.»