Interview de Fred Le Peutrec – Partie 2

Seconde partie de l’interview que Fred Le Peutrec, grand spécialiste du multicoque (3 prépartions olympiques en Tornado, Vainqueur de The Race sur Club Med, barreur des 60′ ORMA Bayer puis Gitana 11, barreur et boat manager de Groupama 3, barreur de Smart Home) a accordé à Voile-Multicoques.com.

Voici la fin de cette interview qui concerne le début de saison de Groupama 3, le Trophée Jules Verne à venir, la Route du Rhum 2010, l’America’s Cup etc.

© Yvan Zedda

© Yvan Zedda

Voile- Multicoques.com : Quel bilan tirez-vous du début de saison de Groupama 3 ?

Fred Le Peutrec : Nous aurions bien sûr préféré garder les deux records (Atlantique Nord et distance parcourue en 24 heures), mais l’objectif principal de cette année reste le Jules Verne. Les différentes navigations, tournée méditerranéenne et records, n’avaient pour but que de sélectionner et de souder l’équipage du Trophée Jules Verne, s’approprier le bateau, le connaître un peu mieux, le fiabiliser, parce que ce sont des machines sur lesquelles nous devons toujours continuer à travailler. Evidemment, il y a une petite frustration mais nous espérons prendre notre revanche cet hiver.

En ce qui concerne le record de l’Atlantique que nous avons effectué en même temps que Banque Populaire V, même si nous perdons deux records, les conditions de navigation étaient tellement exceptionelles que nous en garderons un excellent souvenir, cette traversée restera une navigation extraordinaire. Traverser l’Atlantique en un peu plus de 3 jours et demi était peu envisageable il y a quelques années, on est donc complètement satisfait du potentiel du bateau, il est sain, et  sera bien prêt pour le Jules Verne.

Nous savions au départ du record de l’Atlantique qu’étant donné les conditions, l’essentiel allait se jouer sur la puissance maximale du bateau, Banque Populaire V a plus de couple de rappel, nous savions qu’on allait souffrir, les conditions n’étaient pas idéales pour Groupama 3, mais sur le Tour du monde, il y a plus de zones de transition, ça se jouera sur toutes les allures, la descente sera au portant et pas au reaching, dans ces conditions là nous avons un bateau léger qui descend bien, le jeu devrait être plus ouvert pour nous.

Il y aura aussi une notion d’endurance technique qui jouera, nous partirons avec un trimaran profitant de plusieurs années de navigation et de fiabilisation.

© BENOIT STICHELBAUT/SEA&CO

© BENOIT STICHELBAUT/SEA&CO

Nous sommes impatients de partir, nous serons dans de bonnes conditions techniques, avec un équipage en béton, qui se connait bien, nous avons gardé la base de l’équipage présent sur le dernier tour du monde, et les marins qui ont embarqué cette saison (Lionel Lemonchois, Thomas Coville, Stan Honey) sont des gens qui ont énormément de métier, et ça n’est que du plus pour l’équipage.

L’avenir de Groupama 3 semble être la Route du Rhum 2010 que Franck Cammas devrait courir, la décision de participer a-t-elle été prise ?

C’est en court de définition, nous essayons de préciser les choses : les différentes contraintes techniques et physiques qui seront rencontrées, et nous les mesurons exactement pour être sur que ce soit faisable en solitaire. Mais les chances de voir Groupama 3 au départ sont fortes.

© Guilain GRENIER / Sea & Co

© Guilain GRENIER / Sea & Co

Concernant cette Route du Rhum 2010, Gitana 11 que tu as barré pendant plusieurs années a été remis à l’eau après un allongement à 77’. Penses-tu que ce bateau puisse être un candidat potentiel à la victoire face aux maxis trimarans qui devraient être engagés ?

Assurément oui, c’est un bateau qui peut gagner, il est à la bonne échelle pour une personne seule. L’allongement a permis de retrouver de la stabilité, l’a assagie un peu. C’était déjà un des 60’ ORMA les plus marins, je pense que sous cette nouvelle forme ce trimaran reste un excellent bateau.

Le projet de MOD a refait surface cet été, les communiqués parlent du lancement de la série, s’agit-il seulement d’une annonce ou existe-t-il des bases solides pour cette série ?

Il y a des investisseurs qui sont prêts à définir le cadre, à mettre le pied à l’étrier à la série, tout ceci repose sur l’arrivée  d’une structure financière mise en place par Steve Ravussin et Franck David. Ensuite tout dépendra bien sûr du post élan, il faut que des partenaires entrent en jeu pour sponsoriser les trimarans.

Que penses tu de ce projet alors que les supports multicoques semblent se raréfier ?

Ce qui me plait c’est qu’un circuit de multicoques océaniques puisse renaître, je trouve cela vraiment désespérant dans le paysage de la voile qu’il n’y ait plus de multicoque aux jeux olympique. C’est symbolique mais ceci à des conséquences réelles sur l’activité nautique dans les clubs de sports, les écoles de voiles. Il y a toute une génération de gamins qui ont 15,16 ou 20 ans maintenant et qui s’étaient projetés dans l’idée de prétendre au meilleur un jour sur multicoque, bien entendu tout le monde n’y arrive pas, mais il y a toute une dynamique et une activité de voile légère qui a été ralentie à cause de l’abandon du support olympique multicoque.

Le fait qu’il n’y ait plus de multicoque océanique est dommageable, c’est totalement à contre temps que des bateaux aussi aboutis soient dans des hangars. C’est comme interdire la descente en ski ou la Formule 1 en automobile.

© Hans Berggren

© Hans Berggren

Au delà de la série qui s’arrête, c’est tout un système qui souffre qu’il n’y ait pas les machines les plus dingues, les plus extrêmes, sur l’eau. Les gens commencent à s’en rendre compte, et je pense que d’ici un an ou deux, ces séries manqueront réellement, je ne serai pas étonné que les journalistes, les médias ne trouvent pas un peu triste que ces bateaux là aient disparus et  soient rangé dans des hangars.

La Coupe de l’America aura lieu en multicoque, sur deux bateaux bien différents. Alinghi 5 est un catamaran semble-t-il axé sur le petit temps, BMW Oracle Racing alignera un trimaran plus proche d’un 60’ ORMA dans ses formes, que penses-tu de ces bateaux ? Crois tu que l’un d’entre eux possède un avantage ?

Je reste convaincu que le trimaran peut avoir l’avantage du fait du format de course: une montée et descente dans le vent donc VMG (Velocity Made Good) pur et une manche où la descente dans le vent se fait sur du largue abattu, ce n’est pas pour rien que la classe ORMA s’est concentrée sur cette formule. Les catamarans ne sont pas des bateaux aussi complets que les trimarans.

Le catamaran  est forcément bridé par son couple à un moment, où alors  il faut faire un cata très large mais qui perdra l’avantage dans le petit temps parce qu’il se mettra sur une patte très tard, et il sera handicapé dans les manœuvres. Pour jouer la carte du catamaran, il faut faire un bateau raisonnablement large, qui se mette sur une patte le plus tôt possible, auquel cas l’accélération est un peu moins bonne.

© Carlo Borlenghi/Alinghi

© Carlo Borlenghi/Alinghi

Pour les problèmes de puissance, ils sont essentiellement liés à la puissance du moteur une fois que le châssis est figé, il est tout aussi possible de faire un trimaran aussi performant dans le petit temps qu’un catamaran.

Je reste persuadé que la formule la plus polyvalente est le trimaran, Alinghi 5 est un bateau très intéressant, mais malgré tout je reste assez confiant dans les performances du trimaran.

© Gilles Martin Raget / BMW ORACLE Racing

© Gilles Martin Raget / BMW ORACLE Racing

De plus cibler un bateau pour une fenêtre météo extrêmement réduite peut être risqué, les conditions  météos sur les plans d’eau ne s’avérent pas forcément conformes aux statistiques, comme on l’a vu aux derniers JO.

La Coupe se jouera sur deux manches gagnantes, il suffit que ces jours là, il y ait un système de vent ou un thermique qui se lève un peu plus fort et qu’au lieu des 6 nœuds prévus il y ait 10 ou 12 nœuds, on aura alors des manches de brise, et je suis assez convaincu que le trimaran ira plus vite.

Cette épreuve devrait remettre les multicoques en valeur, penses tu que ceci puisse jouer en faveur des ces bateaux ?

Cette coupe va mettre les multicoques sous les feux de la rampe. Je serai très étonné que les marins qui vont courir cette épreuve, les observateurs, médias etc. ne soient pas  totalement emballé par le spectacle que vont offrir ces bateaux là en navigation, que ce soit au niveau des performances, de l’engagement. C’est bien que cette coupe se coure sur multicoques, c’est assez paradoxal que le système de multicoque océanique qui s’était  beaucoup développé en France se soit cassé la geule  au moment où les anglo-saxons réputés conservateurs sur leurs monocoques démarrent sur des multicoques pour la coupe. Il y aura forcément des retours après même si ces deux bateaux là vont probablement être « rangés » après la coupe, ce qui est dommage, mais ce sera difficile de se passer de ces bateaux après cet événement.

Merci à Fred Le Peutrec pour sa disponibilité

L’Atlantique Nord en 3 jours 15 heures et une journée à 907 milles pour l’équipage de Banque Populaire V

C’est finalement l’équipage de Banque Populaire V qui sort double vainqueur du duel qui l’opposait à l’équipage de Groupama 3 sur l’Atlantique.

Les hommes de Pascal Bidégorry s’offrent le record de l’Atlantique Nord, à près de 33 noeuds de moyenne et celui des 24 heures avec une journée à 907 milles soit 37,08 noeuds de moyenne, ces deux records étaient détenus depuis deux ans par Groupama 3.

Pascal Bidégorry, Ronan Lucas, Kévin Escoffier, Yvan Ravussin, Ewen Le Clech, Sébastien Audigane, Florent Chastel, Jean-Baptiste Le Vaillant, Emmanuel Le Borgne, Marcel Van Triest, Pierre-Yves Moreau, Xavier Revil décrochent donc ces deux premiers records pour le maxi trimaran Banque Populaire V, dernier né des maxis multicoques.

Les impressions de Pascal Bidégorry, skipper de Banque Populaire V : « Je ne réalise pas bien encore ce que nous venons d’accomplir. J’avais déjà du mal à imaginer que nous puissions aller aussi vite sur 24 heures mais ce nouveau record me laisse partagé entre une immense émotion et une grande surprise. Cette victoire sur le temps vient récompenser trois années d’un travail considérable fourni par tout le Team, les préparateurs, le bureau d’étude, les architectes et l’ensemble des équipes de la Banque Populaire. Je suis vraiment extrêmement heureux de leur offrir aujourd’hui ces deux cadeaux : le record de vitesse en équipage sur 24 heures et le nouveau temps de référence sur l’Atlantique Nord.  Nous attendions cette première tentative avec impatience et elle était essentielle pour nous à quelques mois du Trophée Jules Verne. Je ne pensais pas qu’on pourrait traverser aussi vite. Nous ne nous sommes pas posé la question de savoir si nous pourrions aller chercher le temps de 2007. Nous sommes restés concentrés sur la météo, la stratégie et la marche du bateau avec l’obsession d’en tirer la quintessence. Le Maxi Banque Populaire V est un bateau hors normes et nous sommes tous extrêmement fiers de pouvoir naviguer sur ce bateau exceptionnel ».


L’équipage de Groupama 3, mené par Franck Cammas n’aura rien pu faire face à la puissance de son concurrent, cependant ils améliorent leur propres records des 24 heures avec 857 milles en 24 heures et une traversée en 3 jours 18 heures à 32 noeuds de moyenne, mais à 3 heures de Banque Populaire qui s’est offert le luxe de dépasser le trimaran vert samedi, pas de regret pour les hommes de Cammas qui sont satisfaits de leur bateau nottament  dans le médium et le petit temps, comme l’explique le skipper Franck Cammas : « On sait qu’il y a des conditions où il va plus vite (Banque Populaire V) , notamment au près. Nous avons une autre philosophie avec un bateau qui est plus court et plus léger. Au portant, nous devrions aller mieux… Dans un tour du monde, il peut se passer beaucoup de choses ! Sur cette traversée, il est allé plus vite 70% du temps : il faudra être plus malin sur le Trophée Jules Verne où il y a plus de stratégie météo que sur l’Atlantique Nord. »


Prochaine confrontation prévue cet hiver autour du monde dans le cadre du Trophée Jules Verne !

Accélération sur l’Atlantique Nord

Comme prévu le front froid au large de Terre Neuve a permis aux deux trimarans d’accélérer et de faire un cap direct vers le Cap Lizard, ils sont désormais vent de travers et naviguent à des vitesses comprises entre 35 et 40 noeuds dans une mer encore peu formée. Ce qui promet une belle journée au niveau de la distance parcourue, le record des 24 heures devrait vraissemblablement être battu, et la barre des 800 milles pourrait  aussi être franchie.

L’équipage de Groupama 3 a refait son retard accumulé sur la première journée de navigation et l’avantage de 18 milles devrait s’accroitre au fil des heures puisque lors du record de 2007, Groupama 3 avait navigué à plus grande distance de l’orthodromie et deux empennages avait ralenti la merche du bateau. Il est probable que le record sera battu, ainsi l’adversaire numéro 1 de l’équipage de Franck Cammas est Banque Populaire qui réussi de belles performances grâce à une puissance plus importante, comme l’expliquait Fred Le Peutrec, boat manager et barreur de Groupama 3, à la vacation : « Il n’y a pas de stratégie particulière avec ce vent stable : on jette un coup d’oeil dans le rétroviseur pour surveiller la différence de potentiel avec l’équipage de Pascal Bidégorry. On reste sur notre propre rythme, comme pour le record de la Méditerranée. Si Pascal et son équipage sont un peu plus rapides que nous et qu’ils n’ont pas de problème de manoeuvres, nous aurons du mal à récupérer notre petit retard… On privilégie notre navigation en mettant toutes nos forces dans la bagarre : on ne peut pas faire grand chose de plus que ce que nous avons fait ! Dans la bonne humeur, relâchés et concentrés en respectant notre temps de récupération… « 

L’équipage met donc toute les chances de son côté pour faire face à cet adversaire, le foil tribord a ainsi été enlevé puisque le trimaran ne naviguera pas sur cette amure, le grand gennaker a aussi été débarqué pour alléger le bateau.

Du côté de Banque Populaire, le retard accumulé a aussi été comblé avec à 16h00, 28 milles d’avance, les hommes de Pascal Bidégorry semblent donc mieux armés pour ravir le record à leur adversaire, reste à conserver ce rythme très élevé sur un trimaran moins fiabilisé que Groupama 3.

A suivre…

NB : il n’y aura probablement pas de mise à jour ce week end sur www.voile-multicoques.com et sur le blog : voilemulticoques.wordpress.com, je vous invite donc à suivre le record de l’Atlantique Nord sur les sites des deux bateaux et l’iShares Cup sur le site officiel.

Avantage Banque Populaire V

Les deux trimarans géants ont, comme prévu, coupé la ligne de départ du record de l’Atlantique Nord hier soir, Groupama 3 a été le premier a s’élancer à 22 heures 16, les explications sur ce départ plus précoce que prévu par Sylvain Mondon de Météo France, routeur à terre : « Hier soir, une ligne de grains est passée sur New York, générant des vents assez forts (25-30 noeuds) de secteur Sud ce qui nous a permis de lancer cette tentative un peu plus tôt que prévu. Ce choix s’appuie sur le fait que quel que soit le moment du départ à quelques heures près, le temps de parcours était le même : ce départ un peu avancé permet d’avoir un peu plus de marge par rapport au système dépressionnaire qui va accompagner le trimaran après Terre-Neuve. Un front froid s’est formé sur le Canada et va traverser l’Atlantique jusqu’à l’Angleterre : Groupama 3 va l’attraper à l’approche du courant du Labrador en restant moins près de ce front : il sera plus facile de gérer la trajectoire en restant très proche de l’orthodromie (route directe). C’est une très bonne fenêtre météo parce qu’elle permet de ne pas rallonger la route tout en restant sur le même bord. »

Banque Populaire V a quand à lui coupé la ligne un peu plus de deux heures et demi après le détenteur du record, à 00h 47 avec une pointe à 41 noeuds, pour Pascal Bidégorry et son équipage au moment de passer cette ligne !

Les  premières heures du record se sont passées sensiblement de la même façon sur les deux multicoques avec des temps proches de ceux du record, la situation s’est dégradée pour Franck Cammas et ses hommes dans l’après midi avec une brise faiblissante au large de l’ile aux Sables, une situation qui n’inquiète pas outre mesure puisque Banque Populaire subissait aussi se passage de front avec une avance de 25 milles qui s’est réduite à 11 milles en 4 heures.

Cette nuit pourrait s’avérer décisive pour les deux équipages comme l’explique Franck Cammas, skipper de Groupama 3 : « La trajectoire jusqu’au cap Lizard n’est pas si limpide que cela : après Terre-Neuve, il va falloir choisir entre une route un peu lofée ou plus abattue, ce qui se répercute sur la configuration de voiles. Nous allons nous décider après le cap Race… »

Pour suivre le record :

Groupama 3 et Banque populaire 5 en code vert

Les deux équipes sont passées en code vert ces dernières heures, ce qui signifie un départ de New York pour le record de l’Atlantique dans les 24 à 48 heures.

Les spécialistes météos des deux teams ont prévus un départ dans la nuit de mercredi à jeudi, la fenêtre météo est semble-t-il exceptionnelle avec une traversée sur un seul bord, comme l’explique Marcel Van Triest, navigateur sur Banque Populaire V :« Cela fait maintenant un moment qu’on attend et qu’on se prépare, et tout l’équipage voit donc arriver cette échéance du départ avec beaucoup de plaisir. Nous allons quitter New-York avec du Sud Ouest et pour l’instant les routages nous annoncent une traversée sur un seul bord, au portant. Nous allons bénéficier d’une vingtaine de nœuds pour le départ, avec un flux qui devrait se renforcer par la suite. La navigation va ressembler à un beau jeu de positionnement par rapport à l’état de la mer. Notre avantage est que nous n’avons pas besoin de 40 nœuds pour aller vite. La seule incertitude du moment concerne une baisse du vent sur la fin du parcours. Mais globalement cette fenêtre est très intéressante et nous permet aujourd’hui d’envisager une traversée dans les temps du record… ».

© Guilain GRENIER / Sea & Co

© Guilain GRENIER / Sea & Co

Les deux équipages rivaux vont donc se confronter directement sur l’eau, Franck Cammas sur Groupama 3 détient déjà ce record, alors que Pascal Bidégorry sur Banque Populaire n’a pas encore pu démontrer le potentiel de son maxi trimaran de 40 mètres, la pression est donc sur l’équipage du skipper basque, qui plus est l’équipage de Groupama 3 est composé pour l’essentiel des mêmes équipiers depuis la mise à l’eau du bateau, et ceci peut avoir son importance pour un tel sprint, comme le dit Franck Cammas : «Nous avons l’expérience pour trouver rapidement les bons réglages et tirertoute la quintessence de Groupama 3 ; les hommes font la différence.Justement, je suis entouré d’un équipage exceptionnel dont je suis très fier. Nous sommes tous les dix fins prêts ».


Les listes d’équipages :

Banque Populaire V : Pascal Bidégorry : skipper, chef de quart/Ronan Lucas : numéro 1, régleur/Yvan Ravussin : barreur, régleur/Jean Baptiste Le Vaillant : barreur, régleur/Pierre Yves Moreau : numéro 1, régleur/Ewen Le Clech : numéro 1, régleur/Manu Le Borgne : barreur, régleur/Sébastien Audigane : barreur, régleur/Florent Chastel : numéro 1, régleur/Xavier Revil : barreur, régleur/Kévin Escoffier : barreur, régleur/Marcel Van Triest : navigateur

Groupama 3 : • Franck Cammas, skipper, chef de quart, barreur/ Frédéric Le Peutrec, chef de quart, barreur, boat manager/ Stève Ravussin, chef de quart, barreur/Loic Le Mignon, barreur/Lionel Lemonchois, barreur/ Bernard Stamm, barreur/ Ronan Le Goff , équipier d’avant/Bruno Jeanjean , équipier d’avant/ Olivier Mainguy, équipier d’avant/Stan Honey, navigateur

iShares Cup : BMW Oracle absent de l’étape de Cowes

La 3ème étape de l’iShares Cup qui se disputera à Cowes à partir de vendredi se fera sans l’équipe américaine qui renonce à ce rendez vous pour préparer l’America’s Cup face à Alinghi .

Le skipper de BMW Oracle Racing, James Spithill, explique : « Tester notre trimaran de 90 pieds récemment modifié est une phase importante et requiert toute notre attention à ce stade. Avec une America’s Cup qui se profile d’ici 6 mois, nous avons un gros travail de préparation à effectuer. Nous sommes d’autant plus déçus de ne pouvoir être à Cowes que notre position de leader est à défendre, mais nous espérons pouvoir rejoindre le circuit à Kiel. »

BMW Oracle qui occupe la tête du classement provisoire avec 18 points devrait  donc laisser sa place de leader à Masirah,  Gitana Extreme, tous deux à un point des américains avant cette étape, ou à Renaissance à 2 points.

Franck Cammas sur Groupama 40 aura aussi à coeur de briller sur cette étape pour effacer les résultats en demi-teinte des deux premières étapes.

Oman Sail toujours en tête

Masirah occupe toujours la place de leader provisoire de cette étape française de l’iShares Cup avec 110 points au compteur et deu victoires de manches hier, à la seconde place, on retrouve le second bateau du team : Renaissance barré par Loick Peyron, qui n’aura courru qu’une manche hier.

Photo : Baptiste Morel

Photo : Baptiste Morel

En effet un accrochage a eu lieu entre le catamaran de Peyron et Ecover de Mike Golding qui a refusé un tribord et est venu percuter le safran babord de Renaissance, entrainant la casse de la barre de liaison et de la cassette de safran, cependant l’équipage de Loick Peyron parvient à terminer cette manche en 2nde position, place qui lui sera attribué pour le reste des manches courrues cet après midi ce qui place les deux bateaux omanis aux deux premières places.

Photo : Baptiste Morel

Photo : Baptiste Morel

L’équipage d’Oracle BMW s’est montré très régulier ce samedi avec une place de 5ème, deux de 3ème, deux de 2nd et deux victoires de manches, ils sont 3ème avec 97 points.

Photo : Baptiste Morel

Photo : Baptiste Morel

On retrouve ensuite deux bateaux français : Gitana Extrême barré par Yann Guichard et Groupama 4 mené par Franck Cammas avec respectivement 87 et 85 points.

Photo : Baptiste Morel

Photo : Baptiste Morel

Le grand perdant du jour a été BT qui rétrograde en 6ème place provisoire.

Photo : Baptiste Morel

Photo : Baptiste Morel

Peu de changement en bas de classement avec Holmatro en 7ème place, iShares en 8ème position àun point d’Holmatro, et Luna et Ecover 9 et 10ème avec 39 et 33 points, ces deux bateaux semblent condamner à conserver leurs places aujourd’hui sauf retrournement de situation.

Franck Cammas répond aux questions de Voile-Multicoques.com et VoileSportive.com

Franck Cammas, skipper du maxi trimaran Groupama 3, actuellement en stand by pour le record de l’Atlantique Nord, et de l’Extreme 40 Groupama 40 a accordé cette interview à VoileSportive et Voile-Multicoques au cours de l’étape hyèroise de l’iShares Cup.

VoileSportive.com : La tournée Méditerranéenne, le record de la Méditerranée vous ont ils conforté sur la fiabilité de Groupama 3 après le chantier post chavirage ?

Franck Cammas : En fait toute cette tournée en Méditerranée nous a obligé et permis de naviguer dans des conditions extrêmement variées ; de naviguer beaucoup puisqu’à l’arrivée à New York le bateau a environ 10000 milles de navigation, ça a été de superbes mois de mise au point, très intenses et dans des conditions que l’on ne rencontre pas en record.

VS.com : Tu avais un rôle de coach auprès de l’équipe américaine, BMW Oracle, qui défie Alinghi pour la prochaine coupe de l’America, aujourd’hui ce sont tes concurrents sur l’iShares Cup. Que penses tu tu niveau actuel de l’équipe en multicoque ?

FC : Ils sont très bons, individuellement ce sont des marins excellents ; pour le multicoque il faut apprendre, comme pour tous les bateaux.
Au sein de l’équipe américaine, il y a des gens qui apprécient beaucoup le multicoque comme James Spithill, qui s’investit sur ce support, d’autres apprécient  nettement moins la navigation sur multi et ont peur. Mais ils vont faire du bon boulot, ils ont su s’adapter.

Photo Paul Todd/ BMW ORACLE Racing

VS.com : Tu as navigué sur leur trimaran, BOR 90, pendant la phase de mise au point. Les rumeurs parlent d’un second bateau ou de grosses modifiacations pour faire face au multicoque d’Alinghi qui serait typé petit temps, selon toi BOR 90 est il trop “conventionnel” ?
FC : L’objectif était de mettre à l’eau un bateau  rapidement, puisque la première échéance était un an après le dépôt du défi face à Alinghi, ensuite il y eu les procédures juridiques qui ont retardé le processus.
Le defender a toujours un avantage qui est de choisir le plan d’eau, nous (BMW Oracle, ndlr)  avons donc essayé de faire un bateau qui était polyvalent avec des moyens de le typer rapidement pour le petit ou le gros temps. La plate forme  peut donc tout à fait s’adapter, évidemment avec des modifications pour que le trimaran progresse dans ce type de vent.
En ce qui concerne le bateau des suisses, nous aurons la réponse dans quelques jours, mais les bruits qui courent font état d’un multicoque typé petit temps, ce qui est normal, puisqu’ils savent parfaitement faire cela avec les D35 et les régates sur le lac Léman.

VS.com : En ce qui concerne la Route du Rhum 2010, as-tu pris une décision sur la bateau qui sera aligné au départ : Groupama 2, Groupama 2 allongé, ou Groupama 3 version solo ?

FC : Pour Groupama 2 allongé, nous avons dit non, ce sera Groupama 2 ou Groupama 3 version solo.
Pour Groupama 3, l’équipe réfléchie et travaille beaucoup sur ce sujet, j’espère partir avec Groupama 3 version solo, ce serait un beau défi.

VS.com : Ceci impliquerait des modifications sur la surface de voiles ?
FC : Bien sûr, un plan de pont un peu différent, un plan de voilure complètement différent mais une plate forme qui resterait extrêmement proche de l’actuelle.

©Guilain GRENIER / Sea & Co©Guilain GRENIER / Sea & Co

VS.com : Tu participes au championnat Julius Baer sur Zen Too (Decision 35), pourquoi avoir choisi l’iShares Cup plutôt que le circuit Decision 35 ?

FC : Ce qui est intéressant sur l’iShares Cup, c’est la découverte de nouveaux plans d’eau qui sont très différents les uns des autres, ce qui est un parfois dommage sur le lac Léman, c’est l’orientation petit temps, avec un plan d’eau très particulier.
Le circuit Extreme 40 permet aussi une confrontation  à des adversaires venant d’horizons différents, alors que le Décision 35 reste une série de spécialistes du lac Léman, l’arrivée de  nouveaux concurrents est donc plus facile que sur Decision 35. Le circuit est aussi plus orienté vers les marins professionnels et vers les médias, ce qui est bon pour notre sponsor.

VS.com : Comment expliques-tu le succès grandissant de l’iShares Cup ? Est ce que le format adapé au public participe à ce succès ?

FC : Les sponsors sont attirés par ce rapprochement vers le public, l’organisation est très clean, bien rodée, orientée vers les médias, ils travaillent beaucoup cet aspect, et avec des moyens suffisants.
Le show, il en faut mais pas trop, il faut trouver le juste milieu, de notre côté on a plus l’habitude de régates conventionnelles, ce n’est pas le cas sur le circuit, mais on conserve des bords de près et de portant, très courts, mais l’aspect tactique reste primordial.

VS.com : La classe ORMA a disparu, comment epliques- tu celà ?

FC : je ne sais pas si la formule était mauvaise, il y a eu un ensemble de circonstances qui n’ont pas aider la classe ; mais quand on voit ce qui se passe en monocoque IMOCA, le bilan de l’ORMA était aussi bon.
D’un point de vue spectacle, intensité des programmes, l’ORMA était bien au dessus de ce qui se fait à l’heure actuelle.
Sur le papier, la formule était excellente, maintenant il faut un nouveau souffle avec peut être un nouveau bateau pour intéresser les skippers.
L’image d’une classe difficile pour les marins a peut être joué aussi, avec des skippers qui n’osaient pas venir ou vendre un projet ORMA ; du fait de la difficulté technique avec la nécessité d’une grosse équipe pour suivre le rythme des programmes.

Merci à Franck Cammas et à l’équipe Groupama pour cette interview.

L’actualité du Team Groupama à suivre sur leur site officiel.

Le festival Oman Sail

L’après midi d’hier a été tout à l’avantage de l’équipe Oman Sail puisque Masirah, le catamaran skippé par Pete Cumming a remporté 4 des 6 régates courues, l’autre équipage du team, mené par Loick Peyron n’est pas en reste avec une belle troisièmeplace provisoire, à un point seulement du second, BT, skippé pour cette étape, par le cofondateur de la classe Mitch Booth.

Photo: Baptiste Morel

Photo: Baptiste Morel

La régularité paye sur ces régates où le départ est primordial étant donné la petite taille des parcours, Masirah possède ainsi 9 points d’avance sur BT avec ses quatre places de 1er, une 3eme et une 4eme place. BT et Renaissance se tiennent en 1 point, ensuite Franck Cammas sur Groupama avec des classements en3eme et 6eme occupe la 4eme place devant BMW Oracle et Gitana qui payent quelques erreurs notement des passages de bouées ratées avec pénalité à la clé.

Photo : Baptiste Morel

Photo : Baptiste Morel

IShares et Holmatro occupent les 7 et 8 èmes places, Luna qui c’était montré rdoutable lors des entrainements se classe 9ème du provisoire, avec semble-t-il un gros déficit au portant.

Ecover ferme la marche, Mike Golding, très prudent sur ses départs, semble condamner au dernières places…

Photo : Baptiste Morel

Photo : Baptiste Morel

Le spectacle a été, comme d’habitude exceptionnel avec des bateaux au contact, naviguant le plus souvent sur un flotteur dans environ 12 ou 13 noeuds de vent. Et des parcours mouillés au plus près des spectateurs avec des arrivées le long des digues extremement spectaculaires.

Photo : Baptiste Morel

Photo : Baptiste Morel