Alors que la première saison des MOD 70 avait démontré le potentiel de la classe, avec des performances au rendez-vous, des courses serrées et une fiabilité somme toute satisfaisante, la seconde saison semble de plus en plus incertaine.
L’origine de cette impasse serait un désaccord entre les armateurs des bateaux et l’organisation MOD SA.
Le tour du monde prévu cette année était illusoire sans l’arrivée d’un sponsor de classe, comme l’avait déclaré Marco Simeoni, président de MOD SA il y a quelques mois, mais le tour de l’Europe initialement prévu ne semble plus être à l’ordre du jour.
Difficile pour les équipes ayant un bateau de vendre leurs projets dans ces conditions, seul Oman Sail continue à naviguer, Spindrift racing, Groupe Edmond de Rothschild et Race for Water ont été sortis de l’eau ; Michel Desjoyaux n’a pas de sponsor pour réarmer l’ancien Foncia, et Virbac Paprec, n’a pour sa part toujours pas mis son bateau à l’eau, le MOD n°2 (ex Véolia) n’a jamais trouvé preneur.
Le salut de la classe pour cette année pourrait venir de Prince de Bretagne qui organise son propre tour de l’Europe ouvert à tous les multicoques, ce qui permettraient aux armateurs de participer à une course.
L’ouverture de la Transat Jacques Vabre aux multicoques était également en discussion, mais il est peu probable que les skippers de MOD s’engagent si l’organisation ouvrait la course aux Ultimes (les MOD étant moins performants sur le papier).
L’avenir de la classe est donc plus que morose, et l’achat de Banque Populaire V par Spindrift racing, (plus le fait que le maxi trimaran était convoité par le Gitana Team), laisse à penser que les principaux acteurs du circuit ont de gros doutes sur celui-ci.
Le Gitana Team quitte le circuit Extreme Sailing Series en 2013, après quatre podiums successifs depuis 2009, l’équipe souhaite se recentrer sur la course au large, comme l’explique le directeur général Cyril Dardashti « L’histoire du Gitana Team restera marquée par ces années (sur les Extreme Sailing Series) mais aujourd’hui il a été décidé de se concentrer sur la Course au Large avec le trimaran de 70’ Groupe Edmond de Rothschild, skippé par Sébastien Josse, et Gitana 11. Les programmes de ces deux bateaux pour la saison 2013 seront très prochainement officialisés.» L’équipe se concentrera donc sur le MOD70, mais utilisera également Gitana 11 (l’ancien 60′ ORMA, allongé à 77′), en dehors de la Route des Princes, le trimaran pourrait être aligné sur des records en solitaire (ce qui était initialement prévu lors de sa mise à l’eau)
La Route des Princes, tour de l’Europe organisé par Prince de Bretagne, débutera d’un port du sud de la France le 1er juin 2013 et se terminera le 30 à Roscoff. Les escales, qui permettront au public de voir les bateaux s’affronter sur des formats courts auront lieu à Valence (Espagne) du 4 au 9 juin, à Benicarlo (Espagne) le 9, à Lisbonne (Portugal) du 13 au 16, à Dublin (Irlande) du 20 au 23, à Plymouth (Angleterre) du 26 au 29 et à Roscoff. Ce tour de l’Europe sera ouvert à tous les multicoques de 50′ et plus.
La Transat Jacques Vabre se prive des MOD70, cette classique aura lieu en 2013 entre le Havre et Itajai au Brésil, elle sera ouverte aux monocoques de 40′ et 60′ et à la classe des Multis 50′. L’organisation n’a semble-t-il pas souhaiter introduire une classe en équipage alors que la course se courre en double pour les autres participants.
La Solidaire du Chocolat s’ouvre quant à elle aux multis pour son édition 2012, cette transat réservée jusqu’ici à la classe 40′, accueillera les MOD 70 et les Ultimes qui se mesureront en équipage sur le parcours Cadix (Espagne)-Progreso (Mexique).
Silence radio de la classe MOD70 qui ne devrait rien annoncer au salon nautique. Le tour du monde au programme initial de 2013 semble désormais utopique, sans sponsor pour la classe et avec un plateau réduit, le MOD n°2 n’a semble-t-il toujours pas trouvé preneur et Michel Desjoyaux n’a pas de sponsor pour l’année à venir. Reste à définir un nouveau programme pour cette saison, la logique voudrait que les MOD soient alignés sur la Route des Princes, ce qui éviterait des frais supplémentaires face à un tour de l’Europe spécifique à la classe monotype ; une transat aurait été la bienvenue, mais l’organisation de la Transat Jacques Vabre a fermé la porte aux MOD…
L’équipage de Groupe Edmond de Rothschild pointait en tête avant la dernière journée de régates hier à Rio, les hommes du Gitana Team auront tout fait pour défendre leur place, mais le grand favori The Wave Muscat remporte la victoire de cette étape avec 0,2 point d’avance sur l’équipage français et gagne le titre de champion des Extreme Sailing Series 2012.
Celui-ci était déjà acquis pour les hommes de Leigh McMillan avant la dernière manche, restait à définir les équipages qui accèderaient au podium, la troisième place d’Oman Air leur permettait d’accéder à la seconde place au général, aux dépends de l’équipage du Gitana Team, le team français a été un acteur majeur du circuit avec quatre podiums successifs depuis 2009.
Roman Hagara et Red Bull Sailing Team sont les grands perdants de cet act, avec une avant dernière place sur l’ultime manche, ils ratent le podium et terminent quatrièmes de cette étape et de la saison.
Alinghi, qui avait superbement débuté l’act brésilien termine difficilement celui-ci, enchainant les mauvais manches et n’accède qu’à une sixième place.
Leigh McMillan, skipper de The Wave, Muscat: « Nous avons parfois eu de la chance, mais je voudrais vraiment remercier les gars qui m’entourent. Ils ont toujours pris soin de moi et m’ont aidé à regarder de l’avant ». Notamment dans la dernière manche à Rio, qui comptait double : « Juste avant le départ, nous avions repéré quelques belles rafales de vent sur la droite du parcours, donc nous nous sommes préparés pour un départ au bateau comité. Mais le vent a fini par tomber et tout semblait fini pour nous »
Morgan Larson, skipper d’Oman Air : “C’est vraiment dommage pour Red Bull. Ce n’était pas facile sur ce plan d’eau. Mais je ne peux que me réjouir pour Oman Air. Ce fut une belle épreuve pour nous. Elle nous a permis de nous révéler en tant qu’équipe. Nous avons eu des moments difficiles à l’arrière de la flotte sur certaines manches, mais tout le monde a gardé la tête haute en restant positif. La journée d’aujourd’hui nous a vraiment mis à l’épreuve et je suis très heureux de notre résultat”.
Hervé Cunningham, régleur sur Groupe Emond de Rothschild : « Cette troisième place nous laisse forcément un goût un peu amer car nous étions là pour gagner mais cela reste une très belle place. Cette saison, The Wave Muscat a été intouchable, impérial, un cran au dessus. Un grand bravo à eux ! Pour Oman Air, l’histoire est différente et je pense que nous lui donnons la deuxième marche du podium… Cette saison 2012 a été marquée par des changements au sein de l’équipage et par deux mauvais Grands Prix. Porto est certainement le plus dur à digérer car nous finissons cinquièmes sur avarie et avec un équipier à l’hôpital. Mais c’est malgré tout très bien d’être sur le podium des Extreme Sailing Series pour la quatrième année consécutive » .
La sixième saison des Extreme Sailing Series™ s’est donc terminée à Rio, la saison 2013 débutera à Mascate au Sultanat d’Oman le 5 mars prochain, avec 8 équipes en compétition (6 équipes actuelles et deux nouvelles), celles-ci seront dévoilées lors du Salon Nautique de Dusseldorf le 20 janvier 2013, alors que les sept autres étapes devraient être connues avant la fin de l’année.
Le team Groupe Edmond de Rothschild a annoncé qu’il ne serait pas présent sur sur le circuit l’année prochaine, préférant se consacrer à leur programme offshore.
Cyril Dardashti, le directeur général du Gitana Team :« Nous avons vécu quatre belles années sur les Extreme Sailing Series, tant sportives qu’humaines. Le team a toujours su accrocher les podiums et nous a fait vivre des moments uniques en menant tout le Groupe Edmond de Rothschild dans son sillage. L’histoire du Gitana Team restera marquée par ces années mais aujourd’hui il a été décidé de se concentrer sur la Course au Large avec le trimaran de 70’ Groupe Edmond de Rothschild, skippé par Sébastien Josse, et Gitana 11. Les programmes de ces deux bateaux pour la saison 2013 seront très prochainement officialisés. Notre absence sur les Extreme Sailing Series l’année prochaine, ne signifie pas que nous ne reviendrons pas ultérieurement sur le circuit. Tout le team est très attaché à l’événement. Je souhaitais vivement remercier et féliciter Mark Turner et ses équipes d’OC Sport pour tout le travail accompli, leur professionnalisme et la qualité des étapes de ce World Tour. Enfin, je m’associe à Ariane et Benjamin de Rothschild pour remercier et adresser un grand bravo à l’équipage mené par Pierre Pennec. Les garçons ont démontré tout leur talent, leur engagement mais aussi leur ténacité dans les moments difficiles, ce qui est particulièrement important pour nous » déclarait
Classement de l’Act 8 des Extreme Sailing Series 2012 à Rio de Janeiro, au Brésil après 30 manches (09.12.12) Position / Team / Points
1. The Wave, Muscat (OMA) 192.2 points
2. Groupe Edmond de Rothschild (FRA) 192 points
3. Oman Air (OMA)181 points
4. Red Bull Sailing Team (AUT) 179 points
5. SAP Extreme Sailing Team (DEN)166 points
6. Alinghi (SUI) 152 points
7. GAC Pindar (GBR) 129.6 points
8. ZouLou (FRA) 119 points
9. Team Brasil (BRA)92 points
Classement Général des Extreme Sailing Series 2012 après l’Act 8, Rio Position / Team / Points
1. The Wave, Muscat 76.5 points
2. Oman Air 65 points
3. Groupe Edmond de Rothschild 64.5 points
4. Red Bull Sailing Team 59 points
5. GAC Pindar 45.5 points
6. SAP Extreme Sailing Team 42 points
7. Alinghi 35.5 points
8. ZouLou 28 points
La deuxième journée des Extreme Sailing Series de Rio, qui vont clôturer la saison, a vu les leaders du classement général rjoindre les avants postes, notamment pour l’équipe française Groupe Edmond de Rothschild qui retrouve une place sur le podium provisoire.
Le vent était moins fort que la veille, avec cinq à onze nœuds, huit manches ont pu être courues, l’équipage du Gitana Team s’est imposé sur la moitié d’entre elles, comblant en très grande partie son retard sur The Wave Muscat qui était nettement moins à l’aise lors de cette seconde journée, l’autre équipage omanais d’Oman Air et Red Bull Sailing Team réalisaient une belle journée enchainant les places d’honneur comme les français, ce qui leur permettaient aussi de revenir dans la quarté de tête.
Ces quatre équipages (The Wave, Red Bull, Groupe Edmond de Rothschild et Oman Air) se tenaient en deux points à la fin de ses huit manches, The Wave et Red Bull avec 81 points, 80 pour le Gitana Team et 79 pour Oman Air.
Alinghi, barré par Pierre Yves Jorand, qui avait mené les débats la veille, aura été moins constant avec deux places de neuvième avant de mieux finir la journée avec deux secondes places et une victoire.
Pierre Pennec, barreur de Groupe Edmond de Rothschild :« Au niveau du vent, la tendance était moins forte qu’hier. Il y a eu entre 5 et 11 nœuds selon les endroits du plan d’eau. Le site de navigation était un plus clair aujourd’hui, c’était plus marqué et donc plus facile à lire. Mais le vent se retrouvait toujours divisé en deux par le pain de sucre et il fallait anticiper cela, ce que nous avons mieux fait aujourd’hui qu’hier. En moyenne nous avons pris des bons départs et nous avions une bonne vitesse. Nous gagnons quatre courses, ce qui est très positif, mais nous faisons également deux manches de derniers. Sur la quatrième régate, Oman Air nous ferme la porte au comité. Cette situation de blocage nous amène à devoir choisir le mauvais côté du plan d’eau. Et là nous tombons dans une bulle sans vent. Nous nous retrouvons complétement arrêtés sans pouvoir rien faire et en voyant tout le monde partir. Sur la dernière manche, c’est également le départ qui pêche mais cette fois cela est dû un manque de préparation de notre part. En fin de journée, la situation est toujours un peu tordue et nous avons passé trop de temps à observer le plan d’eau pour déterminer notre stratégie qu’à préparer notre départ. Nous étions au bon endroit car celui qui part là où nous étions gagne la manche mais nous étions trop tard. C’est bien sûr énervant de faire de si mauvaises manches mais cette journée reste une journée très positive pour Groupe Edmond de Rothschild. Nous rattrapons beaucoup de points à nos adversaires de tête, nous sommes dans le coup et l’équipage se sent en confiance.»
La troisième journée est visible en live stream sur le site officiel, celle-ci a bien débutée pour Groupe Edmond de Rothschild qui prend la tête du classement provisoire avec deux victoires de manches et une seconde place, devant les deux équipages omanais à 7 points et Red Bull à 11 points.
La dernière épreuve des Extreme Sailing Series 2012 a débuté hier à Rio de Janeiro sur un plan d’eau piégeux du fait des reliefs qui encercle la baie.
Si l’équipage omanais de The Wave Muscat fait figure de grand favori pour le titre, les places restantes sur le podium s’annoncent disputées entre Oman Sail, Groupe Edmond de Rothschild et Red Bull Sailing Team.
Cette première journée a souri à l’équipage suisse d’Alinghi, qui mène les débats grâce à deux victoires de manches sur six courues, comme l’explique le skipper Pierre-Yves Jorand : “Ce fut une excellente journée pour nous. Dans les deuxièmes et troisièmes manches nous avons réussi à creuser une belle avance sur le reste de la flotte à la première bouée, ce qui nous a aidé pour la suite. Nous avons essayé de naviguer de manière détendue et intelligente, sans compliquer les choses et je crois que cette approche a porté ses fruits”.
Alinghi est à égalité de point avec l’équipage de Leigh McMillan sur The Wave Muscat, Zoulou effectue également une superbe journée avec une troisième place au provisoire et 3 points de retard sur le leader.
Oman Air et Red Bull pointent en 4 et 5ème places, les deux équipages rivaux pour une place sur le podium sont entrés en collision dans l’avant dernière manche, les australiens ayant percutés l’arrière du flotteur de l’Extreme 40 omanais, les deux équipages n’écopent que d’une pénalité de temps dans la 1ère manche de la seconde journée.
Groupe Edmond de Rothschild mené par Pierre Pennec débutait bien la journée avec une victoire sur la première manche mais peinait ensuite à trouver ses marques comme l’expliquent les membres d’équipage :
Arnaud Psarofaghi, régleur de Grand-Voile : « Le plan d’eau est instable et divisé en deux parties. Pour schématiser, il y avait du vent établi aux alentours des 15 nœuds sur la ligne puis au minimum de la journée nous avons dû avoir entre 3 et 4 nœuds à la première porte. Il y avait des zones de vent faible à éviter, ce que nous n’avons pas toujours su faire. Nous n’avons pas été très chanceux aujourd’hui et puis nous avons commis des erreurs dans nos choix de bords sur certaines manches. Le bilan de cette première journée est qu’il ne faut pas hésiter à faire les extérieurs pour rester rapides et aussi peut-être faire plus simplement les choses, notamment dans les approches de marques »
Pierre Pennec, barreur : « Les conditions étaient très bonnes aujourd’hui, avec un grand soleil, mais le vent était très oscillant sur le plan d’eau. Ces variations d’intensité du flux rendaient la lecture du plan d’eau compliquée. Cela est principalement dû au relief qui encercle le terrain de jeu et notamment au pain de sucre car le vent passe d’un côté ou de l’autre de façon assez aléatoire. Nous avons fait de bons départs, avec des approches de lignes efficaces, mais nous avons été moins pertinents dans notre choix au premier passage de bouée sur deux manches.»
Groupe Edmond de Rothschild pointe donc à la 7ème place du provisoire, à 9 points du leader et 2 points de ses adversaires pour le podium (Oman Air et Red Bull Sailing Team).
Les régates de la 2ème journée reprendront à 18h (heure française) et sont visibles en streaming sur le site officiel des Extreme Sailing Series.
Les skippers et les équipages engagés sur l’European Tour nous aurons encore offert un final à suspense pour cette ultime étape offshore.
Yann Guichard et ses hommes avaient réussi à prendre la tête de la flotte après une nuit au contact et se présentaient en vainqueur à Gênes, en ayant intercalé deux bateaux (Race for Water et Oman Sail) entre eux et Foncia, ce qui leur permettait de remporter ce tour de l’Europe, c’était sans compter sur la pugnacité de Michel Desjoyaux qui revenait dans les 10 derniers milles et parvenait à se glisser sous le vent de la flotte pour se présenter en deuxième position sur la ligne, Race for Water complète le podium de cette étape en terminant à trois minutes de Foncia.
Cet European Tour est donc remporté par Foncia et Michel Desjoyaux qui aura eu fort à faire pour l’emporter face à Spindrift racing, Yann Guichard et ses hommes se classent donc second à deux points de Foncia.
Race for Wtaer complète le podium grâce à leur troisième place sur cette cinquième étape offshore, Stève Ravussin et son équipage terminent également deux points devant Musandam Oman Sail, qui effectue une belle épreuve avec une courbe de progression tout à fait satisfaisante. Groupe Edmond de Rothschild termine cinquième de cette épreuve et paye une mauvaise fin de course au classement.
Michel Desjoyaux, skipper de FONCIA :« Cette arrivée est à l’image de l’ensemble de ce tour de l’Europe, pendant tout ce mois de course : acharné, disputé, des renversements de situation, quelques chassés croisés. Des grands moments de doutes et de solitude, des grands moments de bonheur pour certains, de catastrophe pour d’autres. C’est le jeu. Et à la fin, FONCIA s’en sort très bien. En sauvant notre place derrière Spindrift sur cette étape là, on sauve notre place au général » « On a vu trois bateaux passer à 15 milles de l’arrivée. A un moment on s’est dit « et bien tant pis, c’est foutu, on a tout perdu ». Et puis on s’est dit que la ligne d’arrivée n’était pas encore franchie. On a vu Oman et Race for Water passer dans une zone avec très peu de vent. Nous, nous avons contourné cette zone, et nous sommes revenus par l’extérieur avec du vent tout le temps. On sauve notre deuxième place là-dessus et on sauve notre général. Avec deux points d’avance. Après un mois de course ! » « Dès le début, nous savions que Spindrift serait notre gros morceau de ce tour Européen. On savait qu’ils seraient de très gros clients car ils venaient de gagner la Krys Ocean Race. Ce sont d’ailleurs eux qui gagnent le plus de manches je crois. » « C’est un bateau sur lequel tout le monde bosse, où tout le monde est concentré, du début à la fin. A l’escale et en mer. C’est un réel plaisir de naviguer dans ces conditions, parce que tout le monde donne le meilleur de soi-même à n’importe quelle heure du jour et de la nuit. Et même si on fait des erreurs, on passe outre. Ce sont des gars compétents, motivés, travailleurs ». « Pour le moment, cette victoire a surtout le goût du champagne parce que je me suis fait arroser par les copains de Spindrift ! Elle a un goût particulier parce que c’est la dernière course de ce bateau, de moi-même et de l’équipage sous les couleurs de FONCIA. C’est sympa de finir sur une très belle note, pour cette enseigne qui m’a permis de faire plein de belles choses depuis 2007. Je voudrais dédier cette victoire à tous les collaborateurs de FONCIA qui m’ont soutenu depuis janvier 2007. Les belles histoires ont aussi une fin ».
Yann Guichard, skipper de Spindrift racing :« On n’est pas passé loin ! On est irréprochable sur les trois dernières courses, on a pris tous les points qu’il était possible de prendre. Mais FONCIA a très bien navigué et il mérite cette belle victoire. Ils gagnent le tour européen avec 2 points d’avance sur 280 points distribués, rien que ça, ça parle ! La 3eplace aussi s’est jouée sur la dernière manche. On a vu des arrivées très serrées tout le temps. A Dublin, 3 bateaux en 77 secondes. A naviguer, c’est super. Et à suivre de terre, ça doit être chouette aussi ! « Au passage de la ligne d’arrivée : j’ai d’abord congratulé mon équipage, parce qu’on a fait une belle course. Cette étape est une des plus belles qu’on ait faite avec la première. On n’a jamais rien lâché. On a été en tête après le départ, on s’est fait décrocher, on est bien revenu. On a fait ce qu’il fallait faire. On y a cru. On avait le potentiel pour gagner. Maintenant, je crois que l’étape qui nous coûte le plus cher, c’est Around Portugal…c’est celle-là qui a creusé notre tombe. Dans toutes les autres, on a été dans le coup. On n’a pas beaucoup de regret à avoir même si c’est sûr, une fois à terre, on recompte forcément les points. Nous avons le potentiel. Nous avons gagné la Krys Ocean Race, nous faisons 2e de l’European Tour, nous sommes en tête au Multi One Championship… Donc, quelque part, on gagne la saison 2012. »
« Le MOD70 était une découverte pour moi, pour l’équipage, et je suis ravi d’avoir intégré ce circuit. On a montré à tout le monde que le bateau est fantastique, le circuit sympa et que ça fait de super courses. » « On est très cuits. J’ai bien enchaîné, ça fait deux mois et demi que je suis sur l’eau. Mais je suis heureux, je ne vais pas me plaindre, c’est une bonne fatigue. Mais c’était vraiment intense. On navigue à vue sur ce tour de l’Europe, même sur des étapes de 1000 milles. On est constamment à vue. Je crois qu’avec FONCIA, sur un mois de course, on a dû se voir 28 jours non stop. C’est assez incroyable et c’est ce qui fait que le rythme est soutenu. Mais c’est super à vivre, d’être fatigué comme ça, mais ne jamais rien lâcher. Il y a toujours une bonne ambiance à bord du bateau. »
Stève Ravussin, skipper de Race for Water : « Fantastique finish. C’était une belle étape, on était tous ensemble, on se voyait. Il y avait des petites options plus ou moins payantes à faire. Mais on voit que quand les bateaux s’arrêtent, les autres sont tellement proches qu’ils reviennent vite. Le team Race for Water est très content. Cette année, j’ai très peu navigué. J’étais mauvais sur les régates inshore, dans les départs notamment. Dans les courses offshore, c’était mieux. Sur les trois dernières manches, on était tout le temps dans le coup. Mais je crois qu’il faut s’entraîner, naviguer beaucoup, parce que c’est très très serré »
« Le moment fort, pour nous, je crois que c’est cette 3e place, aujourd’hui, sur le podium. C’est bien pour l’équipe, pour tous nos petits gars, nos jeunes, que j’ai essayé de faire naviguer cette saison. C’est un beau petit clin d’œil. On n’était pas loin de toucher une victoire. J’espère qu’on le fera plus tard. »
« Les bateaux sont solides, fiables, très proches en performance. Dans la monotypie, c’est le meilleur être humain qui gagne à la fin et là, c’est Michel Desjoyeaux et son équipage. »
«Nous avons 7 bateaux sont construits. Si on les a en 2013, ce sera super. Nous, on va chercher des financements pour le bateau. Et le championnat MOD70 va perdurer, parce qu’il n’y a que ça de vrai ».
Sidney Gavignet, skipper de Musandam Oman Sail :« Cette étape Marseille/ Gênes est celle qui m’a procuré les plus beaux moments sur mon MOD. Parce qu’il y avait la pleine lune, de gros nuages noirs avec le soleil qui se couche d’un côté et la lune qui se lève de l’autre, avec des couleurs dans les nuages, gris, bleus, roses. Puis aussi parce qu’il y a eu les plus beaux moments de navigation, des conditions idéales, en partant de Marseille, on était sous gennaker, le vent est monté, le bateau était calé sur son flotteur, la coque centrale hors de l’eau, on restait comme ça de longs moments à 30 nœuds, constants. A l’intérieur, il n’y avait pas de bruit car la coque centrale ne touchait pas l’eau. C’était de beaux moments. « On n’a pas la 3ème place qu’on voulait, mais ce n’est pas grave. On a bien tenu notre place et fait partie de la bagarre. C’était l’objectif. On voulait gagner un ou deux trucs par-ci par-là, c’est ce qu’on a fait en gagnant une étape à Marseille et une city race à Cascais. On a beaucoup appris. On est heureux d’avoir participé à cet European Tour. Le format est à refaire. On sera heureux de revenir l’an prochain. On a tous énormément progressé. Tout le monde est méritant. Il y a 3 déçus et 2 contents dans cette course. Les deux contents : FONCIA et Race For Water qui réussissent à attraper la 1ère et la 3ème place. Et trois déçus, Spindrift qui rate la 1ère place, nous qui ratons le podium et Gitana qui fait dernier. Mais tout le monde a animé la fête. C’était un beau tour de l’Europe. »
Sébastien Josse, skipper de Groupe Edmond de Rothschild :« Un peu frustré et déçu. On avait mis pas mal de cœur au début de l’étape. On était dans le bon paquet et dans le bon rythme. Et patatras quand le gennaker s’est déchiré en deux. Pas moyen de réparer et de raccrocher le wagon ! On n’avait plus trop de moyens de rivaliser alors qu’on était dans une bonne phase.
« Si on regarde le classement, ce n’est pas très satisfaisant. Je pense que nous étions pas mal dans le coup les 2 premières étapes. On a raté des opportunités qui auraient pu nous mettre en confiance pour avoir une motivation psychologique qui nous aurait permis d’accrocher Spindrift et FONCIA. Mais on ne va pas refaire l’histoire. Il y a du niveau, ça se joue à rien. A certains moments clés, nous n’avons pas pris les bonnes décisions. On aurait pu faire beaucoup mieux.
Sur toutes les étapes, ça s’est fini à vue, sauf l’avant-dernière. On peut être satisfait du support et du fait qu’il n’y ait pas trop de technique qui rentre en jeu. L’équipage et les prises décisions font la différence. Quant à la fiabilité, le contrat de ce côté là est rempli. On va préparer le bateau pour le convoyage retour, un arrêt à Nice pour le Grand Prix d’Extrême 40 et ensuite un débriefing de la saison à froid à Lorient afin de bien préparer 2013 ! »
L’European Tour devrait se terminer dans une dizaine d’heures à Gênes, après une descente express la nuit dernière à plus de 25 noeuds vers la première marque de parcours, les cinq équipages des MOD70 continuent leur bataille de placement au large de la Corse pour passer la Giraglia.
Deux groupes s’étaient formés, Foncia et Race for Water sur une route plus près de la côte et d’un autre côté Spindrift racing, Musandam-Oman Sail et Groupe Edmond de Rothschild.
Voile-Multicoques.com/Baptiste Morel
Ce soir c’est Michel Desjoyaux et son équipage qui ont un petit avantage sur leurs poursuivants puisqu’ils pointent avec une meilleure vitesse et 4,5 milles d’avance sur Stève Ravussin et une dizaine sur Spindrift racing et Oman Sail, Groupe Edmond de Rothschild a perdu quelques milles dans une zone de grains dans laquelle le gennaker du trimaran du Gitana Team s’est déchiré. Malgré cette petite avance, rien n’est jouer puisque le vent devrait faiblir à l’approche de l’arrivée, et il est probable que les cinq bateaux se regroupent de nouveau en baie de Gênes pour un dernier sprint.
Les équipages des cinq MOD70, en course sur ce tour de l’Europe, se sont affrontés hier au large du Roucas Blanc pour la deuxième journée des City Races, avant de prendre le départ de la dernière étape cette après midi.
Les conditions étaient plus qu’incertaines hier, avec un violent orage qui s’est abattu sur la cité phocéenne vers 13 heures entrainant de fortes rafales et des trombes d’eau. Les bateaux restaient donc à quai une heure de plus avant que le comité de course ne décide d’envoyer les équipages sur l’eau pour trois manches.
Au final seules deux manches seront courues du fait d’une nouvelle averse en fin d’après midi sous laquelle le vent était nulle, le vent était irrégulier sur ces deux parcours bananes avec de belles rafales à 20 noeuds la bouée au vent, près du Frioul, alors que celui-ci était faible devant le Roucas Blanc.
Voile-Multicoques.com/Baptiste Morel
La première manche du jour était remportée facilement par Foncia devant Musadam Oman Sail, Spindrift racing terminant 3ème devant Groupe Edmond de Rothschild et Race for Water.
La seconde course était menée de bout en bout par Spindrift racing, Sidney Gavignet se plaçait de nouveau second.
Les trois autres équipages ont connu quelques déboires sur cette manche, en effet les trois bateaux se présentaient quasiment de front à la première marque, Stève Ravussin tentait de faire l’intérieur à Groupe Edmond de Rothschild qui se retrouvait avec un bateau dans son tableau arrière (Race for Water) et Foncia sur tribord qui réclamait de l’eau et entamait son virement à très faible vitesse, le contact était inévitable et Race for Water venait percuter le bras arrière et le flotteur du trimaran du Gitana Team, ces deux bateaux se voient contraints de lancer leurs moteurs pour limiter les dégâts, mais le jury décide finalement de disqualifier ce dernier de la manche, alors que Stève Ravussin décidait d’abandonner celle-ci, Michel Desjoyaux se voyait donc attribuer la 3ème place.
Voile-Multicoques.com/Baptiste Morel
La réaction de Sébastien Josse, skipper de Groupe Edmond de Rothschild à l’issue de cette manche : « Sur la deuxième manche, nous nous sommes retrouvés au milieu d’une situation critique. Elle a malheureusement tourné à notre désavantage alors que je considère qu’au début nous sommes dans notre bon droit. A la première marque, Race for Water commet une grosse faute qui nous pousse à la faute. A l’approche de la bouée, Stève Ravussin cherche à nous faire l’intérieur alors qu’il n’a clairement pas la place de passer. Foncia qui était alors très lent vire et nous réclame de l’eau. Mais à ce moment là, Race For Water est dans notre tableau arrière et nous ne sommes plus manoeuvrant. Pour ne pas casser les bateaux, nous avons été obligé de mettre notre moteur en route. Du coup, nous sommes disqualifiés de la manche. C’est vraiment rageant que le comportement de certains nous amènent dans ce type de situation, d’autant que notre bateau a été abîmé dans cette double collision.»
C’est donc Yann Guichard et ses hommes qui s’imposaient sur ces City Races de Marseille avec un petit point d’avance sur Foncia, ce qui laissait toujours un avantage de 7 points à Michel Desjoyaux au classement général, à l’issue de ces courses, Sidney Gavignet poursuivait sur une belle dynamique et prenait la troisième place de ces régates de Marseille devant Race for Water et Groupe Edmond de Rothschild.
Voile-Multicoques.com/Baptiste Morel
Les réactions des skippers :
Yann Guichard, skipper de Spindrift racing :« On gagne ici et c’est bien pour le moral. Je suis heureux de remporter la dernière City Race de la saison. On a bien navigué aujourd’hui et hier, c’était serein à bord. On a bien progressé tout au long de ces City Races même si l’équipage a pas mal changé. Là, nous avions Nicolas Charbonnier et Fred Brousse à bord. Ils ont amené un vrai plus au niveau puissance et tactique. On ne reprend qu’un point à FONCIA mais ça va dans le bon sens. Nous ne sommes plus qu’à 7 points de lui au général. Maintenant, il faut se tourner vers demain. Il y a trois points à prendre sur le petit parcours côtier. Ces points vont être primordiaux pour la suite du classement. »
Michel Desjoyeaux, skipper de FONCIA : « Nous faisons deuxième ici derrière Spindrift racing ce qui n’est pas trop mal car notre début a été un peu laborieux. La journée d’aujourd’hui, complexe, nous a quand même permis de gagner une manche. Ce soir, nous avons 7 points d’avance sur Spindrift. Nous pouvons encore en gagner ou en perdre pas mal entre les points bonus à l’issue du parcours côtier demain, ou d’ici l’arrivée à Gênes. Mais aujourd’hui, quoiqu’il arrive, on ne peut pas faire plus mal que 2e. Nous allons laisser les trois autres se bagarrer pour la 3e place. Il y a pire comme situation ! C’est le résultat de trois semaines de dur labeur de la part de l’équipage. On est capable de très bien jouer jusqu’au bout. Et c’est ce que nous allons essayer de faire. Ensuite, le sport décidera. »
Sidney Gavignet : « C’est cool d’être troisième. Après les péripéties de ces deux derniers jours, nous restons sur le podium au général. Nous sommes devant les gars avec qui nous allons nous battre pour la 3e place de l’European Tour, mais il faudra encore être bons sur la dernière étape. Ce serait bien de pouvoir prendre quelques points bonus demain car nous sommes les seuls à ne pas avoir réussi à le faire jusqu’à présent… »
Résultats Marseille City Races
1- Spindrift racing (Yann Guichard) 12+9+11+10+12+10+12 = 54 pts
2- FONCIA (Michel Desjoyeaux) 8+12+10+12+10 = 52 pts
3- Musandam-Oman Sail (Sidney Gavignet) 9+11+8+11+11 = 50 pts
4- Race for Water (Stève Ravussin) 11+10+12+8+8 = 49 pts
5- Groupe Edmond de Rothschild (Sébastien Josse) 10+8+9+9+8 = 44 pts
Le départ de la dernière étape de cet European Tour a été donné aujourd’hui avec une heure de retard du fait de vents faibles à Marseille, les équipages ont débuté par un petit côtier duquel est sorti vainqueur Spindrift racing devant Foncia et Musandam Oman Sail, les équipages ont ensuite pris la direction de Minorque (aux Baléares), la première marque de parcours, ils enchaineront ensuite sur la Giraglia (nord-est de la Corse) avant l’arrivée sur Gênes.Les trimarans ont retrouvé du vent frais au large de la cité phocéenne et filent désormais à 25 noeuds avec un petit avantage pour Spindrift racing qui mène la flotte devant Musandam, Foncia et Groupe Edmond de Rothschild, Race for Water a opéré un petit décalage sous le vent.Ces quarante huit dernières heures de course s’annoncent intense avec une belle bataille pour la victoire, pour l’emporter Foncia doit terminer au pire dans le tableau arrière de son concurrent, Spindrift racing, qui doivent quant à eux mettre un bateau entre eux et Foncia pour gagner. La bataille pour la dernière marche du podium reste également ouverte pour les trois autres bateaux.
Les départs se sont avérés primordiaux aujourd’hui, pour la première journée des City Races à Marseille, qui s’est déroulée dans des vents faibles de secteur ouest. En effet l’ordre d’arrivée des trois manches a presque toujours été celui à la bouée de dégagement.
La première manche était réduite à un tour, après un retard dû au lancement des derniers matchs du jour du Match Race France qui se déroulait également devant les plages du Roucas Blanc. C’est Spindrif racing qui prenait l’avantage sur la ligne devant Race for Water, Michel Desjoyaux sur Foncia volait le départ et se retrouvait en dernière position, et tentait une option à la côte qui s’avérait peu payante, leur retard s’aggravait suite à un problème lors du déroulé du gennaker en attaquant le bord de portant. Les positions resteront figées sur cette manche, Yann Guichard remportait celle-ci devant Race for Water et Groupe Edmond de Rothschild, Musandam s’intercalait en 4ème position.
La seconde manche était lancée dans la foulée, et permettait aux trimarans MOD 70 de s’affronter sur un côtier de 13 milles vers la rade nord. Foncia prenait un excellent départ lancé sous le reste de la flotte qui s’élançait avec moins de vitesse.Michel Desjoyaux ne cessera de creuser l’écart sur ses poursuivants. Sébastien Josse se voyait pénaliser suite à un refus de priorité sur le bateau de Stève Ravussin, qui effectuait une belle remontée sur le portant passant de la 5ème à la 3ème place, Sidney Gavignet, sur Musandam Oman Sail réalisait une belle performance en terminant en 2nde position, Spindrift racing prenait la 4ème place devant le trimaran du Gitana Team.
La troisième manche était également réduite à un tour du fait d’un vent faiblissant encore, Stève Ravussin s’imposait devant Spindrift racing et Foncia, le podium de cette dernière course était également celui de la journée. Race for Water prend donc l’ascendant sur son rival pour la troisième place, Musandam-Oman Sail, tout comme Spindrift racing qui termine la journée avec deux points d’avance sur le leader de cet European Tour.
Demain, trois nouvelle manches et un speed match sont prévus, la météo s’annonce très différente d’de celle d’aujourd’hui avec des conditions ventées mêlant pluie, orages, grains et fort vent d’Est.
Yann Guichard, skipper de Spindrift racing : « Ce n’était pas une mauvaise journée aujourd’hui. Nous sommes dans le bon, mais demain sera un autre jour, plus venté. Ce ne sera pas le même jeu avec du vent plus fort. Nous avons pris un bon départ sur la première manche mais pas sur la deuxième. Or, ce parcours côtier s’est joué à la queue leu leu. Il n’y avait pas d’opportunité pour revenir et encore moins pour doubler. Nous avons Nicolas Charbonnier à la tactique, il connaît très bien la rade de Marseille, c’est bien de l’avoir à bord, il a pris de bonnes décisions. »
Charles Caudrelier, navigateur sur FONCIA : « Bilan mitigé. On a fait une mauvaise première manche. Ça s’est joué sur le départ. De toute façon, il faut prendre des risques sur les départs pour être devant. Ça va très vite et il y a peu d’opportunité après pour revenir donc il faut être bon dans cette phase de jeu. Notre adversaire direct est devant, donc ça aurait pu être mieux. Il reste encore des manches demain et on est encore très proches en points. Pour être honnête, on est un peu dans le calcul. Finir devant lui demain, ce serait bien. Il y aura peut-être des choix à faire demain pour le marquer car c’est vraiment notre seul adversaire au classement général. Cela dit, les City Races ne sont pas totalement décisives pour le classement général, tout va se jouer, je pense, sur la dernière étape ».
Classement provisoire des City Races après 3 manches :
1- Race For Water (Stève Ravussin) : 11 10 12 (2e, 3e, 1er), 33 pts
2- Spindrift racing (Yann Guichard) 12 09 11 32 (1er,4e,2e), 32 pts
3- FONCIA (Michel Desjoyeaux) 08 12 10 (5e, 1er, 3e), 30 pts
4- Musandam Oman Sail (Sidney Gavignet) 09 11 08 (4e, 2e, 5e), 28 pts
5- Edmond de Rothschild (Sébastien Josse) 10 08 09 (3e, 5e, 4e), 27 pts
Sidney Gavignet et ses équipiers : Jean-François Cuzon, Brian Thompson, Thomas Lebreton, Khamis Al Amburi et Fahad Al Hasni ont remporté cette quatrième étape de l’European Tour, après avoir pris la tête de la course le lendemain du départ, et grâce à un joli coup tactique près des côtes au passage du Cap Saint Vincent.
L’équipage réussira par la suite à décrocher Race for Water de Stève Ravussin, qui avait pris la même option, ils ne cesseront par la suite de creuser leur avance qui s’élèvera au maximum à 100 milles le tout dans des vents faibles. La dernière nuit avant l’arrivée sur Marseille aura été plus tonique avec des pointes à plus de 30 noeuds.
Cette victoire permet à l’équipage aux couleurs d’Oman de prendre la troisième place du classement général provisoire à l’issue de cette étape.
Race for Water, mené par Stève Ravussin avec Franck Cammas à la tactique, enregistre sa meilleure performance sur ce tour de l’Europe en terminant second de l’étape dix sept minutes devant Foncia, Spindrift racing et Groupe Edmond de Rothschild terminent 4 et 5èmes.
79% des points sont maintenant distribués FONCIA conforte son leadership avec huit points d’avance sur son dauphin Spindrift racing, Yann Guichard et son équipage n’auront plus droit à l’erreur si ils veulent remporter cette épreuve.
Musandam-Oman Sail prend donc la troisième place, à égalité de point avec Race for Water (avec 32 points de retard sur le leader). Le grand perdant est Groupe Edmond de Rothschild, l’équipage de Sébastien Josse perd deux places au général et pointe désormais à 39 points de Foncia, le podium reste néanmoins accessible puisque les hommes du Gitana Team ne sont qu’à sept points de Musandam et Race for Water.
Les équipages reprendront les « hostilités » à partir de vendredi à Marseille pour deux journées de City Races.
Sidney Gavignet, skipper de Musandam OmanSail
« Je suis content…content. Ce n’est qu’une fois la ligne passée que je me suis dit que c’était bon, parce que pendant le dernier petit tour dans les cailloux au retour de Cassis, on a failli cabaner sous un gros nuage noir, dans une bouffe à 40 nœuds. On a tout choqué en grand et il s’en est fallu de peu. C’est beaucoup d’émotion parce qu’on ne se relâche pas beaucoup sur ces bestioles. C’est fatiguant, c’est usant. J’y croyais à cette victoire ! C’est un truc d’équipe, bravo à nous tous. Ça s’est joué au Portugal, au cap Saint Vincent. On a beaucoup progressé dans le petit temps. C’était une des clés sur cette étape pour s’extraire. On marchait bien et Jean François Cuzon a passé beaucoup beaucoup de temps à la table à carte, plus que dans la bannette ! L’équipage progresse. Fahad devient un bon équipier de large. On a une bonne délégation d’Oman qui vient ici et c’est un beau cadeau à faire à toute l’équipe. J’ai passé trois ans en sport études ici, à Marseille. C’est peut-être ça qui m’émeut tant : je repense à tout ce chemin parcouru… »
Stève Ravussin, skipper de Race for Water
« Ça a été du petit temps lémanique pendant longtemps ! On a l’habitude, en Suisse, on est né là-dedans. Le petit temps, ça fait partie du jeu. Mais bon, les multicoques heureusement, ça avance tout le temps. C’était une belle étape, il a fait beau, chaud, on a eu de belles nuits. Nous avons pris un départ pas trop mal. Mais Oman est revenu sur nous la première nuit. Ils nous sont passés juste dessous. Ensuite, ils se sont échappés. Foncia, en revanche, on le voyait régulièrement. Cette nuit, on a moins bien navigué qu’eux, ils nous ont repris pas mal de milles, jusqu’au dernier bord. Ce matin, ils étaient 200 mètres derrière nous. On a eu chaud… On les voyait arriver à fond derrière nous, on était 3 ris et ORC, on a dû renvoyer de la toile après, on était à 38 nœuds ! Mais on a pu garder cette deuxième place qui me plaît très bien. La dernière fois ils finissent devant, cette fois c’est nous. On espère gagner encore une place sur la prochaine étape. »
Michel Desjoyeaux, skipper de FONCIA
« Au début, on était déjà un peu tendu nerveusement dans la pétole… un peu de fatigue physique par dessus la fatigue nerveuse et voilà…on est cuits. Cette nuit, on a fait autant de distance qu’on a pu faire les trois premiers jours dans la pétole ! Sur les dernières heures, nous étions à la bagarre avec Race for Water qu’on essayait d’accrocher. On s’est battu comme des diables. Hier après midi, ils avaient presque 20 milles d’avance sur nous. Et à la bouée Omega ce matin pour le dernier petit parcours au large des îles de Marseille, on était revenus à 1,5 milles. On a passé une nuit à fond la caisse avec des runs dans une mer pas facile … Je crois qu’on a fait une pointe à 38,4 nœuds !. On a bien cravaché ; on était bien positionnés, et c’était chaud. On a fait le premier planté du bateau. Xavier était à la barre, moi à l’écoute sous le vent, on a réussi à rester à l’endroit mais on était à l’attaque. Au final, on fait une bonne affaire au classement général. Les jeux ne sont pas encore faits, tout peut se faire entre les City Races et la dernière étape. Cela dit, on est du bon côté… »
Yann Guichard, skipper de Spindrift racing
« Une étape pas facile, spécialement pour nous. On s’est vite fait décrocher au cap Saint Vincent. Après, c’est parti par devant et on n’a pas réussi à revenir. On a tenté des coups, mais ça n’a pas marché. C’était dur dans la pétole d’être derrière comme ça sans pouvoir faire grand chose. Sinon, j’espère que je ne me suis pas cassé de côtes. La dernière nuit, je dormais par terre, quand Pascal (Bidegorry) m’a fait un salto dessus. J’ai un peu le bras gauche en vrac aussi (peu après son arrivée au ponton, Yann est parti faire des examens médicaux, ndr).
Le bateau, ça va, à part l’amure de gennaker que nous avons cassé juste avant Gibraltar. C’est aussi pour ça que FONCIA nous a semé d’ailleurs.
Au final, l’opération pour nous n’est ni bonne, ni mauvaise. Le match est encore serré avec FONCIA pour le classement général. Nous avons 8 points d’écart. Tout reste à faire sur la dernière étape mais aussi la dernière City Race qui sera très importante. L’objectif est de revenir à 4 points de FONCIA, comme ça, celui qui fera devant l’autre à Gênes aura gagné l’European Tour »
Sébastien Josse, skipper de Groupe Edmond de Rothschild
« Etape compliquée, de tous les dangers. On savait qu’elle pouvait être difficile. Un bateau est parti avec le vent au cap Saint Vincent dans un trou de souris et on ne l’a jamais revu. Il y a eu deux passages à niveau comme ça, le deuxième à Gibraltar. La flotte s’est étirée. A chaque pointage, on se prenait 30 milles dans les dents. Le plaisir est venu de la compétition à vue avec Spindrift. Quand on est côte à côte comme ça, on oublie un peu le classement. Mais c’est vrai qu’on a bouchonné presque 36 heures à moins d’un nœud… dans ces conditions, il faut s’ouvrir deux ou trois soupapes.C’est la deuxième étape où nous finissons 5e, alors ce n’est pas satisfaisant. C’est même décevant car nous avons les moyens de jouer. Nous n’avons pas pris les ascendants quand il fallait les prendre, on ne peut s’en prendre qu’à nous ».