Trophée Jules Verne J2 : empannage pour les deux équipages

 Les deux trimarans, IDEC SPORT et Spindrift 2 ont empanné en fin de matinée, et vont maintenant filer bâbord amure dans un alizé bien établi vers l’équateur.
Les équipages ont des routes relativement similaires (Spindrift 2 est légèrement décalé dans l’ouest de la trajectoire d’IDEC).
Les routages semblent donner un temps de moins de 5 jours à l’équateur, les conditions de mer qui s’améliorent devraient donc permettre aux multicoques de conserver des vitesses proches de 30 noeuds.
Les deux bateaux affichent ce jour un léger retard sur le détenteur du record, Banque Populaire V, de 80 milles pour IDEC SPORT, et 50 pour Spindrift 2.
La tendance devrait s’inverser demain, en effet Banque Populaire avait été contraint de faire une route assez proches des côtes sur ce début de parcours et avait ensuite dû mettre de l’ouest dans sa route. Idec et Spindrift faisant route directe plein sud, les trajectoires actuelles et celles du détenteur actuel devraient converger demain. Les deux trimarans engagés cette année devraient donc combler ce retard très rapidement et accroitre une avance jusqu’au Pot au Noir.
© Yann Riou/Spindrift racing

© Yann Riou/Spindrift racing

Francis Joyon, skipper d’IDEC SPORT, joint aujourd’hui

Francis, vous venez d’empanner, peux-tu nous expliquer la situation ?

Francis JOYON : « Oui, nous sommes passés bâbord amures et nous avons envoyé le gennaker. Le but est bien sur de faire une route qui nous rapproche de l’équateur. Le flux dépressionnaire de nord nous donnait un cap qui allait de plus en plus vers l’ouest, donc au bout d’un moment il faut y aller pour retrouver une route plus directe. Là nous sommes cap au 180 °, plein sud, route directe sur l’équateur !  »

Cela veut dire qu’IDEC SPORT pourrait couper l’équateur via un seul empannage en tout et pour tout ?

« Un routage nous indiquait un petit contre-bord à faire en fin d’après-midi, un autre nous faisait espérer qu’on puisse aller tout droit. Le cap s’est bien amélioré donc oui on espère aller tout droit… et même s’il faut faire un petit contre-bord de recalage, ce ne sera pas bien grave. »

Vous espérez donc franchir l’équateur en plus ou moins 5 jours ?

« C’est ce qu’on espère oui ! Hier nous avions du mal à aller aussi vite que nous aurions voulu car il y avait beaucoup de mer, en particulier en face du cap Finisterre. Le bateau bondissait à travers la houle au portant… c’était assez spectaculaire ! Mais maintenant que la mer s’est un peu calmée, depuis quelques heures, nous allons pouvoir atteindre les vitesses-cible plus facilement. »

Peux-tu revenir sur les 24 premières heures de votre tentative?

« C’était quand même chaud ! Le bateau faisait un peu le fou. La mer n’était pas orientée dans le même sens que le vent, ce qui complique beaucoup le truc. Le bateau tapait énormément par moments… On s’en sort sans trop de casse, juste avec deux ou trois bricoles à réparer comme la protection pour le barreur, mais rien de grave. On a affronté ces 24 premières heures avec un peu de réussite, pour ce qui est du passage dans la mer et de la route accomplie. »

On te sent plutôt satisfait de ce début de record…

« Oui, je crois bien que je n’ai jamais traversé aussi vite le golfe de Gascogne ! Malgré les vagues et les rafales, ça n’a pas trainé ! On a tenu de bonnes vitesses moyennes et le fait de pouvoir être en route directe vers le sud maintenant c’est bien. C’est sympa! »

Quelle ambiance à bord avec l’équipage ?

« Nous sommes forcément un petit peu fatigués, car le rythme a été très soutenu depuis le départ. C’est normal : on n’a pas beaucoup dormi, pas beaucoup récupéré, pas beaucoup mangé… On est contents maintenant de pouvoir nous restaurer sans voir la nourriture sauter par dessus-bord ou tomber par terre! Avec les grains, il fallait être vigilants et nous étions à fond sur le bateau… Sinon l’ambiance est à l’entraide, tout le temps, nous avons mis en place un système de quarts avec des changements très souvent et ça fonctionne bien. Il y a une énorme entraide pour bien faire marcher le bateau. »

En allant vers le sud, vous devez avoir un peu moins froid à bord…

« Effectivement, il a fait très froid la première nuit et aussi au cap Finisterre. Mais maintenant les températures remontent nettement. Dehors, au lever du jour tout à l’heure, on voyait des énormes nuages noirs avec des grains, mais maintenant le soleil perce les nuages et ça se dégage progressivement. Il n’est pas impossible qu’on ait un peu de belle lumière dans la journée, ça va être très sympa… »

L’état de la mer s’est-il bien amélioré?

« Le phénomène de mer croisée qui rendait le passage très brutal s’est calmé Le bateau glisse maintenant, c’est vraiment agréable. Gwénolé (Gahinet) m’a remplacé à la barre et on retrouve du vent au moment où je te parle. On va accélérer assez rapidement, je pense. »

 

Yann Riou, médiaman à bord de Spindrift 2, à 7h ce matin :

« Toujours au portant dans une mer qui semble bien vouloir se ranger un peu. On est passé il y a environ une heure sous gennaker medium (on avait auparavant le petit gennak’ de brise), signe que le vent a tendance lui aussi à se calmer.
Tout est relatif, il y a encore 25 nœuds et on fait encore des pointes de vitesse régulières à 35 nœuds, ce qui est pas mal pour du portant. On sent aussi clairement que la température de l’eau et de l’air augmentent rapidement. Les 24 premières heures ont été toniques. Il y a eu une mise en place de gennaker de brise très humide et des pointes jusqu’à 46 nœuds.
A l’intérieur, il fallait s’accrocher pour se déplacer sans se faire éjecter sur une paroi. Disons que pour réussir à manger, il fallait avoir très faim et que pour réussir à dormir, il fallait avoir très sommeil.
L’équipage va bien, tous semblent être contents être là. Le bateau fonctionne bien. On a juste eu un petit problème d’entrée d’eau par le puits de dérive. Une petite piscine d’eau de mer mais rien de grave. Antoine (Carraz) nous a arrangé cela.
Au niveau stratégique, on est plutôt satisfait de ces premières 24 heures, et de cette fenêtre. Il va y avoir un empannage à venir et c’est ce qui accapare toute l’attention d’Erwan (Israël) et de Yann qui se relaient à la table à cartes. »

Une première version de cartographie regroupant les deux trimarans en lice et celle du détenteur du Trophée Jules Verne est disponible sur Volodiaja.net

Trophée Jules Verne : Jour 1, le Golfe de Gascogne en un seul bord

Les équipages des deux maxis trimarans en lice pour le Trophée Jules Verne ont coupé la ligne de départ cette nuit. Le chronomètre a été déclenché à 3h 02 minutes et 22 secondes pour IDEC SPORT et  5h 01minute et 58 secondes pour Spindrift 2.

Pour battre le record actuel autour du monde, détenu par Banque Populaire V, les hommes de Francis Joyon devront boucler leur circumnavigation avant le 6 janvier 2016 à 15h 44 pour IDEC SPORT et ce même jour à 17h44 pour Spindrift racing.

Les conditions sur la ligne de départ étaient relativement clémentes, mais le vent a rapidement forci  dans le Golfe de Gascogne. Les équipages rencontrent des conditions de mer assez difficiles avec des creux de 4 à 5 m et des vents de 30 noeuds.
Ils ont fait route sur un seul bord vers le Cap Finisterre, légèrement à l’est de la route directe.

Ce soir,  les deux bateaux sont en avance sur le temps du record, 7,6 milles pour IDEC SPORT et 12 milles pour Spindirft 2. Les deux multicoques naviguent à plus de 30 noeuds, ils devraient conserver ce flux soutenu et pouvoir accroitre cette avance.

Photo Jean Marie Liot / DPPI / IDEC

Photo Jean Marie Liot / DPPI / IDEC

Marcel Van Triest, routeur à terre d’IDEC SPORT : « même si la mer de travers ne permet pas d’aller très, très vite, on ne va pas se plaindre ! On fait le golfe de Gascogne sur un seul bord et on ne fera probablement qu’un seul empannage d’ici l’équateur ! Il y a 75% de chances de faire un temps correct au Cap et 35% de chances de faire mieux que Banque Populaire qui avait été très rapide sur ce tronçon équateur-Bonne Espérance. Dès demain soir, les gars seront contents car il commencera à faire chaud, ce qui les changera des températures très froides de ce début de record. A 30 milles par heure en route directe, tu gagnes vite des degrés bienvenus. Honnêtement, sur l’Atlantique Nord cette fenêtre est très stable et quasi idéale.  »

Yann Guichard, skipper de Spindrift 2 au large du Cap Finisterre cette après midi sur RMC : « ça y’est, le vent a bien forci. Nous avons 38 à 40 noeuds de Nord, de la mer et, là, pendant que je vous parle, nous marchons à 43 noeuds de vitesse, c’est bien intense à bord. »

 

Francis Joyon pulvérise le record de l’Atlantique Nord

Francis Joyon, sur le maxi trimaran Idec a réussi son pari, en lien avec son routeur Jean Yves Bernot, de battre le temps de référence sur l’Atlantique en solitaire.

La fenêtre météo ne semblait pourtant pas idéale, obligeant le marin à une route sud, à près de 400 milles de l’orthodromie, alors que Thomas Coville avait bénéficié pendant 4 jours d’une route sur celle-ci, et avait donc effectué moins de milles pour se rapprocher des côtes anglaises. Pourtant Francis Joyon a réussi à maintenir son multicoque en avant de la dépression qui l’a accompagné du début à la fin de son parcours, il a grâce à deux empannages à se recaler pour éviter le centre de celle-ci, se faisant, il a pu aligner les milles, avec un maximum de 665 en 24 heures (à un mille de son record des 24 heures). En maintenant de telles vitesses, le retard dû à cette route sud s’est transformé en avance, et le skipper a pu négocier la fin de son parcours à des vitesses proches des 30 noeuds.

Francis Joyon a passé la ligne d’arrivée de cette traversée de l’Atlantique Nord hier après midi après 5 jours 02 heures 56 minutes et 10 secondes, en améliorant le temps de Thomas Coville sur Sodeb’O de 6 heures 34 minutes et 30 secondes. Il aura parcouru 3222 milles à une vitesse moyenne réelle de 26,20 noeuds (distance orthodromique : 2 865 milles pour une vitesse moyenne de 23,30 noeuds).

Il détient donc les quatre plus grands records à la voile en solitaire, à savoir le tour du monde (depuis 2008, en 57 jours 13 heures 34 minutes 6 secondes), le record des 24 heures (depuis 2012 avec 666,2 milles soit près de 28 noeuds de moyenne), le record de la Route de la Découverte (depuis février 2013 en  8 jours, 16 heures, 07 minutes, 05 secondes) et enfin cette traversée de l’Atlantique Nord.

L’ensemble du monde de la voile salue cette incroyable performance, le skipper d’Idec accroit un peu plus la pression sur les épaules de ces adversaires, notamment Thomas Coville, qui dispose d’un bateau très proche (mêmes architectes :  Irens Cabaret mais avec 5′ de plus à la flottaison) mais plus performant sur le papier, et qui s’est vu détrousser de trois de ces records, il tentera cet hiver de ravir le tour du monde à son adversaire.

Départ de Francis Joyon cette nuit pour le record de l’Atlantique Nord

Le skipper du maxi trimaran Idec va larguer les amarres dans les heures qui viennent, il quittera la marina de Gateway à Brooklyn pour rejoindre la ligne de départ qu’il devrait couper entre 2 et 8 heures françaises, ce qui lui permettra de bénéficier des dernières heures de jours pour le convoyage vers la ligne et les premiers milles de son parcours entre New York et le Cap Lizard.

Pour battre le record de Thomas Coville, Francis Joyon devra s’affranchir de l’Altlantique Nord en moins de 5 jours, 19 heures 3à minutes et 40 secondes.
Le skipper sera routé par Jean Yves Bernot, la fenêtre météo est correcte, une dépression en circulation sur le Labrador devrait produire des vents soutenus d’une trentaine de noeuds, bien orientés à l’est sud est, sur une mer facilement négociable, durant au moins les deux premiers tiers du parcours. La phase finale d’approche sur les îles Britanniques devrait se révéler plus complexe, comme à l’accoutumé avec des vents forts et une mer potentiellement plus compliquée.

Nouveau départ demain matin pour Francis Joyon

Après une tentative avortée avant même le départ suite à une collision avec une bouée de chenal la semaine dernière, Francis Joyon devrait s’élancer cette nuit sur son trimaran Idec, pour une tentative de record sur l’Atlantique Nord, le skipper devrait couper la ligne entre 2 et 8h du matin demain.

Francis Joyon : « Cela vaut vraiment la peine d’essayer. J’espère un départ rapide dès le passage de ligne dans un bon flux de sud ouest. La première partie du parcours me semble propice à la vitesse et à m’installer d’emblée dans les temps du record. La saison est bien avancée pour espérer une fenêtre idéale et celle que nous avons choisie est loin d’être parfaite, avec notamment une petite dorsale anticyclonique à traverser au beau milieu de l’Atlantique Nord. Je vais jouer ma carte à fond car de toutes manières, il n’ y a rien à regretter. Jean Yves Bernot, qui m’assiste depuis la terre, et moi-même observions une autre opportunité pour le 25 août prochain, mais elle ne semble guère promise à un très bel avenir. Je préfère donc me contenter de ce que l’Atlantique m’offre cette nuit pour tenter ma chance. »

Jean-Yves Bernot : « Des opportunités comme celle-ci ne se présentent pas 50 fois dans l’été d’autant que plus on avance en saison, plus les chances de trouver des conditions propices s’amenuisent. Cette fenêtre météo est donc intéressante et semble un peu plus favorable que celle de la semaine dernière, au moins pour le départ. Elle devrait permettre à Francis de naviguer assez proche de la route directe et donc de faire moins de manœuvres, ce qui est toujours appréciable en solitaire ».

Francis Joyon décidera de l’heure de son départ en fonction des conditions rencontrées au large de New York, il lui faudra, pour reprendre ce record passer la ligne d’arrivée au Cap Lizard en moins de 5 jours, 19 heures, 30 minutes et 40 seconde. Le skipper conserve la possibilité de s’attaquer au record de la plus longue distance parcourue à la voile et en solitaire sur 24 heures, si les conditions ne s’avéraient pas favorables à l’établissement du record de l’Atlantique Nord.

Départ prévu lundi pour Francis Joyon

Francis Joyon est arrivé la nuit dernière à New-York, il quittera la marina de Gateway à Brooklyn ddans la nuit de dimanche à lundi, pour unpassage de ligne prévu entre deux et six heures du matin lundi.

Le temps à battre pour cette traversée de l’Atlantique Nord (New York-Cap Lizard) en solitaire est de 5 jours, 19 heures, 29 minutes et 20 secondes, ce record appartient à Thomas Coville, qui le détient depuis juillet 2008, sur Sodeb’O.

©François Van Malleghem / DPPI / IDEC

Le marin de Locmariaquer a déjà détenu ce prestigieux record transatlantique entre 2005 à 2008, sur Idec premier du nom (ex Sport-Elec).

Cette fenêtre météo semble être la meilleure depuis six semaines, Jean Yves Bernot, le routeur du skipper d’Idec prévoit une dépression qui devrait emmener Francis Joyon des rives de l’Hudson jusqu’à l’embouchure de la Manche sur la route orthodromique, dans des vents soutenus (25 à 30 noeuds) avec une mer encore peu agitée, le routeur évalue des chances de battre ce record à 50%, en effet la fin de la tentative devrait se faire dans des vents évanescents et peut être contraires