Création d’un collectif Ultim par les armateurs des maxis multis solo

Banque Populaire, Macif et Sodebo, armateurs  ou futurs aramateurs de maxis multicoques solitaire ont annoncé aujourd’hui la création du Collectif Ultim. Leur but est de soutenir cette « nouvelle » classe et de la doter d’un programme de courses sur 4 ans réservé aux multicoques de 80 pieds et plus.

Ce nouveau Challenge Ultim prévu dès 2015 intégrera un tour du monde en solitaire en 2017 et au minimum une course intermédiaire, les autres années, celle-ci aurait pour format du solo ou du double.

Les bateaux éligibles à intégrer ce collectif devront être maniables en solitaire sans assistance électrique ou hydraulique devront s’aligner au moins au départ d’une course par an.

Les trois bateaux de Banque Populaire (Banque Populaire VII, ex Groupama 3, mené par Armel le Cléac’h), le futur Sodeb’O Ultime (ex Géronimo en cours de modification mené par Thomas Coville), et le futur Macif (mené par François Gabart) seront aligné sur ce circuit, reste à convaincre d’autres armateurs de les rejoindre.

© Yvan Zedda/BPCE

Yann Guichard espère pouvoir modifier son maxi trimaran de 140′, Spindrift 2 (ex Banque Populaire V), afin de l’adapter au solitaire et pourrait être un candidat convoité, mais aussi redouté du fait de la puissance de son bateau.

Francis Joyon et son sponsor possède un bel outil, mais même si le duo détient les quatre records majeurs en solitaire, le trimaran âgé de 6 ans, ne devrait pas avoir le potentiel de vitesse du futur Sodeb’O ou Macif.

L’actuel Sodeb’O (105′), quasi sistership d’Idec sera à la vente l’année prochaine et pourrait grossir les rangs de la classe, Lionel Lemonchois et Prince de Bretagne sont dotés d’un trimaran de 80′ mais celui-ci est plus adapté à des transatlantiques qu’à un tour du monde.

Marc Thiercelin cherche toujours un financement pour réparer l’ex Oman Air Musandam (sistership de Sodeb’O), tout comme Philippe Monnet qui possède l’ex B&Q Castorama (précédemment mené par Ellen MacArthur).

Le polonais Roman Paszke a déjà tenté deux tours du monde sur son maxi catamaran Bioton, mais a renoncé  à deux reprises au large de l’Amérique du Sud. Reste également disponible un catamaran qui pourrait être adapté au solitaire : l’ex Orange 2 de Bruno Peyron.

Thierry Bouvard, Responsable du Pôle Programmes Editoriaux et Sponsoring de Banque Populaire
« Banque Populaire est un acteur impliqué dans la voile depuis plus de 25 ans. Nous avons toujours été favorables à ce que les grands bateaux participent à des courses, et s’affrontent les uns aux autres dans un esprit de compétition et de partage des émotions. Nous sommes ravis de voir aujourd’hui les forces fédérées autour du Collectif Ultim pour offrir au public des moments forts de voile, d’aventure humaine comme nous les aimons tant. »

Jean-Bernard Le Boucher, Directeur des programmes de course au large du groupe Macif
« La Macif porte des valeurs de solidarité, d’innovation, de performance et de partage. Ces mêmes valeurs animent les armateurs qui fondent le Collectif Ultim. C’est une chance pour Macif de s’engager dans ce programme ambitieux à partir de 2015. Notre objectif est de repousser collectivement les limites de la Course au Large en solitaire, synonyme d’aventure et d’émotions pour un large public. »

Patricia Brochard, co-Présidente de Sodebo
« L’esprit pionnier et aventurier est toujours à l’origine de la réussite des entreprises qui, comme les marins, osent ou ont osé se lancer dans des paris audacieux. La création du Collectif Ultim est née de la volonté de plusieurs armateurs de construire ensemble un projet pour relever de nouveaux défis et le partager avec un large public. La liberté d’agir pour créer notre avenir nous anime au quotidien. »

Armel Le Cleac’h, skipper de Banque Populaire
« Je suis heureux de la dynamique qui est en train de naître, qui va permettra à ces formidables bateaux de se confronter et ainsi, de nous offrir de nouvelles aventures. »

François Gabart, skipper de MACIF
« C’est un nouveau défi à relever pour faire grandir nos rêves et les partager avec le plus grand nombre. »

Thomas Coville, skipper de Sodebo
« Cette dynamique collective est une chance unique pour promouvoir les fondamentaux véhiculés par la course au large : liberté, engagement, partage. »

Séb Josse et Charles Caudrelier remportent la Transat Jacques Vabre en MOD 70

Sébastien Josse et Charles Caudrelier sur le MOD 70 Groupe Edmond de Rothschild ont remporté aujourd’hui la Transat Jacques Vabre. Ils ont franchi la ligne d’arrivée à Itajaí au Brésil à 18h03’54’’ (heure française) après 11 jours, 5 heures, 3 minutes et 54 secondes de course, soit une vitesse de 20,7 nœuds sur la route (22,12 nœuds de vitesse moyenne), le duo aura mené la course de bout en bout devant leur adversaire Oman Air-Musanda, mené par Sidney Gavignet et Damian Foxall. Les deux marins naviguant sur le trimaran omanais avaient pourtant refait une partie de leur retard dans la traversée du pot au noir avec seulement 2 heures d’écart au passage de l’équateur, puis se réduisant à 20 milles (en distance au but), à 48 heures de l’arrivée, mais les skippers du MOD70 du Gitana Team aidés par  leurs routeurs à terre,  Jean-Yves Bernot et Antoine Koch, ont parfaitement négocié l’arrivée sur le Brésil et remportent donc cette course.

 

Leur sentiment à l’arrivée :
Charles Caudrelier : « Je ressens du soulagement car ces bateaux sont stressants. On vit avec la peur permanente du chavirage, il faut trouver la bonne limite. Niveau stress, fatigue et dépassement de soi, cette Transat Jacques Vabre dépasse largement tout ce que j’ai pu faire avant. Nous avons mené la course depuis le début mais le retour d’Oman Air-Musandam ces derniers jours nous a fait peur. Je ressens aussi du bonheur, et de la fierté : je réalise un rêve de gosse. »
Sébastien Josse : « C’est effectivement un soulagement d’arriver à Itajai. En monocoque, la quille apporte une sécurité. En multi, le stress est omniprésent. On s’est fait une grosse frayeur au large de Gibraltar : je me suis endormi et nous avons failli chavirer par l’avant. J’ai eu le réflexe de tirer la barre, le flotteur a planté dans l’eau. Le bateau est heureusement retombé du bon côté. On ne pouvait même pas se préparer une boisson chaude : pas de petits plaisirs à bord d’un MOD70, rien de superflu. »

La navigation en double en MOD70 :
Sébastien Josse : « En équipage on est toujours très proche de la limite. Nous avons essayé de nous approcher de cette limite en double. Nous avions un bon rythme. Il fallait trouver le bon curseur face à Sidney Gavignet et Damian Foxall qui savent eux-aussi pousser leur bateau. Le mot d’ordre : garder la plateforme à plat en allant vite.»
Charles Caudrelier : « C’était très usant car il y avait en permanence l’un de nous deux à la barre. Et on ne la lâchait pas pendant nos quarts. Pour faire la moindre action il fallait réveiller l’autre. Dans les grosses conditions, on ne peut pas se permettre d’aller régler seul une voile sans prendre un risque de chavirer. L’autre option aurait été de ralentir : mais sommes des compétiteurs donc on n’a pas fait ça. On a eu une météo exceptionnelle, des conditions très rapides. Ce qui nous a permis d’aller quasiment aussi vite qu’en équipage.Nous avons beaucoup travaillé ensemble en amont, nous nous connaissons bien. On a bien préparé notre coup. Nous avons tous les deux une bonne expérience du solitaire et du double. »

Début de course sans problème pour les MOD, un chavirage en 50′

Après 4 jours de course, les duos engagés sur la Transat Jacques Vabre  dans les classes multicoques ont désormais tous parés le Cap Finistère.

En MOD 70, les deux bateaux en course ont déjà passé les Canaries, après avoir dégolfé sans réel problème malgré des conditions soutenues. Les trimarans suivent la même trajectoire avec un avantage pour Groupe Edmond de Rothschild mené par Seb Josse et Charles Caudrelier, Oman Air Musandam, de Sidney Gavignet et Damian Foxall pointent à 45 milles du leader. Ils devraient entrer dans le pot au noir d’ici 48 heures.

Sébastien Josse : «Nous avons actuellement 14 nœuds de vent, la mer est quasiment plate (1,5 mètres). Ce devrait être notre première journée de navigation au sec depuis le départ ! On ressent nettement le changement de température et le soleil est enfin de la partie ; il va falloir bien se protéger à la barre. Juste après le dévent de Madère, nous avons fait notre premier beau planté de la Transat. J’étais à la barre, le bateau sous gennaker et un grain est arrivé. Dans l’abattée, le bateau a enfourné»

Damian Foxall : « Nous avons modifié les réglages du bateau durant les six dernières heures, et nous allons maintenant un peu plus vite. Notre safran central est remonté, nous avons donc dû ralentir pour le remettre en place, mais tout va bien maintenant, même si nous avons perdu un peu de terrain sur Gitana, nous allons nous battre pour revenir. Nous sommes plutôt contents de ce que nous sommes en train de faire. Nous sommes toujours dans du vent d’est, ce qui nous permet de faire route à l’ouest, et c’est ce que nous devons faire. Nous avons dû monter dans le mât au large du Cap Finisterre pour débloquer une drisse, ce qui nous a coûté quelques milles. Quelques autres petits soucis se sont ajoutés et nous ont fait perdre quelques milles de plus, mais nous nous en sortons bien et nous espérons les rattraper, il y a encore un long chemin à parcourir ! »

Les MOD 70 dans le raz de Sein

En Multi 50, le Golfe de Gascogne a contraint l’équipage de Maitre Jacques a stoppé, en effet les deux Loic (Fequet et Escoffier) ont vu l’étrave tribord de leur flotteur se casser nette avant hier. Les skippers ont rejoint la Corogne sans assistance.

Loïc Féquet : « Nous avions eu une nuit difficile, mais le vent et la mer ont été beaucoup moins forts que ce qui avait été annoncé. Nous avions d’ailleurs fait un contre bord à l’ouest à l’entrée du golfe de Gascogne (sur les conseils de notre routeur), non seulement pour éviter la mer plus formée dans le sud du golfe, mais aussi en prévision de la redescente sur le cap Finisterre. Le vent était même tombé à 10 nœuds samedi matin, et nous attendions d’être sûrs qu’il ne se renforce pas trop pour renvoyer de la toile. Les deux vagues qui ont provoqué la casse du flotteur n’étaient pas plus grosses que les autres, et nous n’attaquions pas du tout. D’où l’hypothèse de l’usure… «Nous avons pas mal échangé à ce sujet avec notre équipe et l’architecte du bateau. C’est encore difficile à dire, mais il semble que l’âge du bateau*, mis à l’eau en 2005, soit une cause assez plausible. 

Lorsque le flotteur a cassé, nous n’avions pas des conditions dantesques et nous naviguions de façon à préserver le bateau justement. Nous étions à 100° du vent, avec deux ris et la trinquette, il y avait 20 à 25 nœuds, et la mer était maniable. Cela n’avait rien à voir avec les conditions vraiment musclées rencontrées il y a deux ans sur cette même Transat Jacques Vabre. 
Une cause possible serait aussi qu’il y ait eu un point d’impact un jour, lors d’une manœuvre ou à cause d’une grosse vague et que cela ait créé un point de faiblesse… »
Aujourd’hui nouvelle déconvenue dans la classe hier au soir, Lalou Roucayrol et Mayeul Riffet sur Arkema ont chaviré à 200 milles des côtes portuguaises. Ils naviguaient au contact de Fenêtréa Cardinal au moment de l’incident, le duo n’a pas demandé d’assistance, un remorqueur a été affrété, la plate forme a été sécurisée et le trimaran sera retourné avant de rejoindre Lisbonne.
Les explications sur le chavirage,  Mayeul Riffet : « On avait 12-18 nœuds de vent, le bateau est parti au lof, les safrans ont décrochés, et en 3 secondes le bateau s’est retrouvé à l’envers. On a voulu choquer, c’était bien trop tard. On était sous gennaker donc ça a enfourné quand même. J’étais à l’intérieur, j’ai essayé de sortir mais je n’y suis pas arrivé. Lalou (Roucayrol) est arrivé à nager par dessous et rentrer par la petite trappe. Le trimaran, ou tout du moins la plateforme, est complètement sécurisé. Nous avons passé la matinée et le début d’après-midi dans l’eau afin de couper tout ce qui trainait sous le bateau. Il restait quelques morceaux du mât et nous avons tout lâché. Toute la nuit dernière, la bôme et le reste du mât tapaient dans la coque centrale et nous avions peur que cela crée des dommages plus importants. Il y a encore beaucoup de mer et nous sommes ballotés dans tous les sens. Nous avons la chance d’avoir de l’énergie pour recharger le téléphone satellitaire, à boire et à manger. Cette nuit, nous ferons des quarts de surveillance à l’extérieur du trimaran pour éviter toute collision avec d’autres navires. Nous sommes bien sûrs très secoués et attendons avec grande impatience que notre équipe et le remorqueur viennent à notre rencontre. »
Deux des favoris sont donc hors jeu, Yves Le Blévec et Kito de Pavant ont quant à eux fait un arrêt technique à Madère pour réinstaller une pièce de l’anémomètre en tête de mât d’Actual. L’arrêt a duré environ une heure, le duel face à FenêtréA-Cardinal (Erwan Le Roux/Yann Elies) a donc repris. Les deux trimarans ont pris un cap à l’Ouest afin d’aller chercher de la pression.

Spindrift 2 remporte la Fastnet Race devant Banque Populaire VII

Yann Guichard, Dona Bertarelli et leur équipage ont remporté la première course à laquelle participait le dernier bateau entré dans l’écurie, le maxi trimaran Spindrift 2, ex Banque Populaire V. Ils se sont imposés cette nuit après 38 heures et 54 minutes de course.

Le record de l’épreuve n’a pas été battu, faute de conditions météos favorables, avec des brises faibles et un courant de marée important jusqu’à Land’s End, après le passage du phare du Fastnet les grands multis n’ont pas bénéficié de conditions de vent suffisantes pour espérer accrocher le temps de référence détenu par Banque Populaire V depuis 2011.

Le trimaran de 140′ aura eu un adversaire coriace sur les 605 milles entre Cowes et Plymouth puisque Banque Populaire VII (ex Groupama 3), mené par Armel le Cléac’h termine à 22 minutes de Spindrift 2, après avoir réussi à rejoindre celui-ci au passage du Fastnet où seulement 300 mètres séparaient les deux trimarans.

Sidney Gavignet et son équipage sur le MOD70 Oman Air Musandam complètent le podium en temps réel. Sébastien Josse avait quant à lui décidé de courir en double avec Charles Caudrelier, afin de préparer et de sa qualifier pour la Transat Jacques Vabre, c’est désormais chose faite, les deux hommes ont bouclé le parcours en 4ème position en 48 heures et 8 minutes.


Yann Guichard, co-skipper du Maxi Spindrift 2 « Le moment décisif a été l’arrivée ici. C’est vrai que pendant toute la course, nous avons été très proches avec Banque Populaire VII. En mer d’Irlande, il nous avait même un peu dépassé, nous étions à la même vitesse tout le long. Tout s’est joué comme d’habitude 2 milles avant l’arrivée. Cette course est un sprint, il faut être dessus du début à la fin et c’est ce qui fait son charme. Tout s’est super bien passé à bord et tout le monde est resté concentré sur son objectif. Nous avons fait deux semaines d’entrainements depuis la mise à l’eau donc on est très contents du résultat ».

Sidney Gavignet, skipper du MOD70 Oman Air:   « J’aurais aimé battre Spindrift 2 et Banque Populaire mais nous aurions eu besoin d’un coup de pouce du destin pour y parvenir, a-t-il déclaré. C’est comme s’ils étaient les parents et nous le petit enfant. Mais nous avons réussi à ne pas nous laisser distancer pendant une longue période, et nous terminons juste derrière eux donc c’est un bon résultat. Cela signifie aussi que nous nous imposons dans la classe MOCRA en temps compensé, ce qui est une bonne chose. Je suis heureux pour Oman Sail et l’équipage ».

Sébastien Josse, skipper du MOD70 Edmond de Rothschild : « Nous sommes fatigués mais heureux de boucler cette course et de nous qualifier pour la Jacques Vabre. Les conditions météos ont été assez conformes aux prévisions avec un début de course vraiment physique … Nous sommes sortis du Solent au près dans un vent forcissant – entre 12 et 15 nœuds moyens – et ces quelques milles ont été intenses avec un grand nombre de virements à réaliser. Dans ces enchaînements de manœuvres, nous avons clairement manqué de bras pour mener le bateau comme nous savons le faire en équipage. Les 150 milles, de la sortie du Solent au Cap Lizard, ont heureusement été plus simples à gérer car dès qu’il y a de l’eau à courir c’est moins sollicitant physiquement. En Mer Celtique, nous avons eu plus de vent que prévu avec 17 nœuds moyens qui sont montés jusqu’à 25 nœuds. La mer était courte et assez hachée ce qui n’était pas très confort. Mais comme prévu, dès que nous avons passé le Fastnet nous sommes repartis vent arrière. La nuit a été géniale dans cette configuration. Ce matin, le vent s’est totalement écroulé alors que nous pointions à 10 milles de l’arrivée. Nous sommes restés quasiment arrêtés durant 4 heures et il a fallu être patients en attendant que le Sud-Ouest ne rentre et nous permettre de nous diriger vers l’entrée de la baie de Plymouth où était mouillée la ligne l’arrivée.  C’était vraiment intéressant de participer à la Rolex Fastnet Race en double ; cette navigation comptera double dans notre préparation. Il y avait de l’enjeu avec une ligne de départ, des concurrents et un parcours à respecter. Réaliser notre qualification dans ces conditions nous a permis de repousser nos limites bien plus que si nous l’avions faite seuls dans notre coin au large de Lorient. Sur les premiers milles de course, nous avons dû exécuter plus de virements que nous en ferons sûrement sur toute la Jacques Vabre ! Edmond de Rothschild était beaucoup plus facile à manier au portant, sous gennaker, qu’au près. Sur cette course, nous avons en effet pu constater qu’il était vraiment compliqué de lâcher la barre et de laisser le bateau sous pilote quand nous naviguions au près dans de la mer. Il va falloir travailler cela et trouver les bons réglages pour la Jacques Vabre.  Durant la Transat, il va falloir faire simple. Le bateau est très exigeant et puissant, ce qui rend toute navigation engagée. Physiquement, les manœuvres sont difficiles mais surtout une fois ces manœuvres réalisées, il faut se concentrer et se remettre à la barre pour retrouver l’équilibre du bateau. Les temps de récupération sont vraiment courts.»

 

© Chris Schmid / Spindrift racing

Classement :

1- Spindrift 2 – arrivé à 2h53 (heure locale – 3h53 heure française) – Temps : 1 jour 14h 53′ 58 »
2- Banque Populaire VII – arrivé à 3h16 (heure locale – 4h16 heure française) – Temps : 1 jour 15h 16’ 39’’ 
3- Oman Air – Mussandam – arrivé à 4h16 (heure locale – 5h16 heure française) – Temps :1 jour 16h 16′

Edmond de Rothschild et Arkema vainqueurs de la Route des Princes

Cette dernière off-shore de la Route des Princes aura de nouveau été très disputée dans la classe des MOD70, en effet Oman Air Musandam et Edmond de Rothschild pouvaient prétendre à la victoire finale hier au moment de départ de ce dernier sprint à destination de Morlaix.

L’équipage de Sidney Gavignet  était le premier à franchir le  point de passage obligatoire au niveau de Land’s End hier, pui c’était Sébastien Josse et ses hommes qui empochaient le point bonus au passage de la Roche Gautier.

L’équipage du MOD 70 Edmond de Rothschild décrochait dans la foulée sa première victoire d’offshore sur cette route des princes et s’adjugeait la première place au général. Oman Air-Musandam  prenait la 2e place sur cette étape et au général. Spindrift prend la troisième place,  malgré son chavirage en baie de Dublin le 22 juin dernier en raison du système d’attribution des points spécifique de l’épreuve,  Virbac-Paprec 70 termine 4e , malgré tout l’équipage de Jean Pierre Dick n’aura pas démérité sur cette course, en restant le plus souvent au contact de la flotte.

Sébastien Josse, skipper du MOD70 Edmond de Rothschild :

« On arrive à gagner l’épreuve en remportant la dernière étape. C’est la victoire qui nous manquait au large. Le Large où on n’avait pas connu beaucoup de réussite depuis le début de l’épreuve. Là, on a navigué au contact. On n’a pas très bien régaté au début. On a joué au chat et à la souris avec Oman Air-Musandam jusqu’à cette nuit. Ensuite, on a entamé une petite bataille d’empannages et on a tiré notre épingle du jeu au petit matin en passant Roche Gautier en tête. Après, on a contrôlé. On a essayé de naviguer au mieux pour franchir la ligne d’arrivée le plus vite possible. On voulait que ce soit le plus propre possible. On voyait que Virbac-Paprec 70 n’était pas très loin et on ne savait pas ce qui pouvait se passer avec la renverse du courant. On s’est dit que plutôt que de stresser sur la fin du parcours, il fallait continuer à faire au mieux pour ne pas avoir de regret. Le bilan est très positif. L’année dernière, sur l’European Tour MOD70, on n’avait pas très bien marché mais on avait montré notre potentiel. Cette année, on confirme notre potentiel et c’est une bonne chose. On a quand même un peu manqué d’audace sur certaines étapes off-shore mais une fois que chacun a eu trouvé ses marques à la fin, c’était plus facile. C’est plus que satisfaisant. »

Sidney Gavignet, skipper du MOD70 Oman Air-Musandam :

« C’est très râlant, en arrivant j’étais un peu triste, j’aurais bien aimé offrir ça à l’équipe, au sponsor, à la famille, et je n’ai pas réussi. C’est une belle deuxième place, on a animé la course, on a été de bons acteurs. Je suis très content de l’ambiance qu’il y avait dans l’équipe, pour un skipper c’est très important, ça veut dire que tu fais une bonne partie du boulot. Toute l’équipe avec les omanais, on a augmenté notre niveau de jeu, Farhad a progressé, Ahmed est tout jeune, c’est une bonne recrue.

Sur la dernière manche, il fallait aller plus à l’est de tout le monde, et Edmond de Rothschild a réussi a nous pousser, il ont bien joué.

C’est une très belle course, je voulais remercier Prince de Bretagne, on a beaucoup de chance d’avoir un sponsor qui organise une si belle course. »

© M. Mochet/RDP

Jean Pierre Dick, skipper du MOD70 Virbac Paprec 70 :

« On est parti au près jusqu’à Wolf Rock cette nuit et ça a été assez orageux. Cela a donc créé quelques surprises. De notre côté, on a tiré un petit bord qui nous a été un peu fatal. Du coup, on est passé troisième mais on est arrivé à bien se refaire sur  le bord de portant et on a passé la bouée Roche Gautier très près d’Oman Air-Musandam qu’on a doublé ensuite. Malheureusement, il a bien tricoté après et on est arrivé quelques secondes derrière lui. La satisfaction, c’est qu’on a navigué au contact avec les cadors de la série et ça c’est une bonne chose. La petite déception, c’est qu’on soit derrière bien sûr, mais Paris ne s’est pas fait en un jour. Il faut un peu de temps. On a beaucoup appris. Dans les transitions, on manque toujours un peu de fluidité et on perd un peu pied à certains moments mais bon, ça se joue vraiment dans le détail. On est un peu déçu de terminer 3e mais ce n’est pas grave, on va vite passer à autre chose. »

Yann Guichard, skipper du MOD70 Spindrift :

“Je tiens vraiment à saluer le vainqueur de la course Edmond de Rothschild pour sa victoire dans la course, ils ont été notre concurrent le plus redoutable pendant les épreuves. Notre chavirage à Dublin a fait s’évaporer toutes nos chances de victoire sur la Route des Princes, mais grâce à tous les points engrangés sur les premières étapes, nous terminons quand même sur le podium et pour ça on est super contents”.

En Multi50, Erwan le Roux, sur FenêtréA Cardinal a remporté cette dernière étape devant Lalou Roucayrol, malgré un bel enchainement de performance sur la fin de course, l’équipage de FenêtréA Cardinal (ex Crèpes Whaou 3) termine à la seconde place du général, Lalou Roucayrol remporte l’épreuve sur le dernier Multi50 mis à l’eau. Le skipper d’Arkema réalise une superbe performance et s’est assuré du potentiel de son trimaran, « dérivé » d’Actual. Yves le Blévec termine 3ème de l’étape et au général, devant Gilles Lamiré qui découvrait son nouveau bateau, l’ex Prince de Bretagne, vainqueur de la Route du Rhum 2010.

© M. Mochet/RDP

Erwan le Roux, skipper du Multi50 FenêtréA-Cardinal :

« Sur cette quatrième étape, on a fait la course parfaite. Il fallait partir devant et c’est ce qu’on a fait. On est sorti de Plymouth bien en tête et on a attaqué le bord de portant pour aller sur les Minquiers en confiance, avec un peu d’avance sur les copains. En fin de nuit, on a vu un Lalou (Roucayrol) conquérant arriver, et nous passer comme une fusée. Je crois que son bateau est fait pour le portant et on n’a rien pu faire. Il ne manque pas grand-chose pour qu’on prenne ce fichu point de bonus spécial qui nous aurait permis d’être devant mais voilà… Après, on a cravaché pour revenir sur lui, même si on savait qu’on ne gagnerait plus la Route des Princes. Cependant, on voulait la victoire d’étape et on est allé la chercher au plus près des cailloux, dans le courant… On a tout fait. C’était très sympa, on a fait une belle navigation. Je pense qu’on a montré un bel état d’esprit et je suis assez fier de mon team. Sur la course, on a été un peu un diesel, il aurait fallu une 5e étape ou des points sur les in-shore (rires), mais bon, c’est comme ça ! En tous les cas, je suis super content pour Lalou. C’est un nouveau bateau dans la classe, il est bien servi et tant mieux pour lui et ses partenaires. Je crois qu’on a tous livré une belle bataille. Malheureusement, il faut un classement. Le plus triste dans l’histoire, je pense que c’est Yves (Le Blévec), mais on va aller le consoler quand il arrivera à terre ! »

Lalou Roucayrol, skipper du Multi50 Arkema-Région Aquitaine :

«On a fait une très belle descente sous gennak’ entre Eddystone et les Minquiers et franchement, on s’est régalé parce qu’il y avait 17-18 nœuds et du brouillard. C’était donc de la navigation au feeling et on marchait vraiment comme des avions. Cela nous a permis de repasser tout le monde parce qu’on était parti avec un peu de retard après s’être fait enfermé sur la ligne de départ. A partir d’Eddystone, on a commencé à attaquer un peu et on a doublé nos concurrents les uns après les autres. On a passé la bouée cardinale des Minquiers en tête, décrochant ainsi le point et demi de bonus spécial. Après, on s’est retrouvé un peu empétolé dans du clapot et c’était assez merdique. On a plutôt bien navigué mais on a eu un coup malheureux et Erwan Le Roux est repassé devant. En fait, il n’y a rien eu de très significatif sur la partie pour revenir jusqu’à Roscoff parce que c’était quand même très mistoufleux. Mayeul (Riffet) aime bien jouer avec la caillasse. On était à contre-courant tout le long et on est allé virer sous Code 0 à 10 mètres des rochers, au milieu des pêcheurs. C’était chaud mais ça a permis de découvrir le paysage (rires !). C’est la première régate du bateau et donc sa première victoire. Je suis super content pour toute l’équipe. Au total, c’est une belle récompense pour les 17 mois de construction et les 22 0000 heures de travail. Je suis super heureux. L’équipage et moi sommes aux anges. Au départ, on partait sur une course d’entraînement et au final, on gagne. C’est totalement inespéré. C’est le résultat de beaucoup d’efforts et de beaucoup de travail de plein de gens. C’est vraiment le top ! »

Yves le Blévec, skipper du Multi50 Actual :

« On est très content de terminer cette Route des Princes. C’est une épreuve vraiment sympa et son format est génial. Evidement, on est quand même un peu déçu de terminer 3e parce qu’on était bien parti dans cette manche et, hier, à la tombée de la nuit, il nous est arrivé un truc incroyable ! On est tombé dans un trou de vent alors qu’il y avait de l’air soutenu en Manche. On s’est arrêté complètement pendant une demie heure. Du coup, on a pris un retard énorme qu’on a rattrapé toute la nuit. On est arrivé pas très loin des autres aux Minquiers mais on a perdu grave. Ca, on le vit avec un petit peu d’amertume quand même. Le point de bonus, on le sentait bien parce qu’au portant on avait vraiment la vitesse. Mais cela fait partie du jeu de la régate et c’est pour compenser toutes les fois où on a eu de la réussite. Reste qu’il y a une vraie déception. Il n’empêche que les vainqueurs sont des beaux vainqueurs et que tout le monde s’est bien bagarré. Je pense qu’on a participé à un beau spectacle sur cette Route des Princes. On a appris plein de choses, l’équipage s’est super bien entendu. Ce sont vraiment de bons moments. On a globalement bien navigué mais évidement on aurait préféré être à la place de Lalou (Roucayrol). »

Gilles Lamiré, skipper du Multi50′ Rennes Métropole-Saint Malo agglomération:

« Le départ ne s’est pas trop mal passé à Plymouth. On était bien sorti du Sound mais après on a eu un grand bord de portant et c’est vrai que notre grand gennak est plus petit que celui des autres. On savait donc qu’on n’arriverait pas à tenir leur cadence. On a réussi à rester au contact avec Actual mais les autres se sont échappés. A la cardinale ouest Roche Gautier, on est un peu passé deux heures après les autres et on a subi l’influence du courant. On a eu notamment eu le courant défavorable plus longtemps que nos camarades. Après, évidement, c’était dur de recoller d’autant que c’était plutôt assez mou et brumeux. Côté bilan, nous sommes arrivés deux heures après les autres Multi50, ce qui  n’est pas non plus catastrophique. On en tire plutôt du positif, on a bien manœuvré sur cette étape qui ne laissait pas trop de place à la stratégie. On vient de récupérer le bateau et cette Route des Princes était une excellente occasion de se mesurer aux autres bateaux de la classe pour arriver à jauger un peu la concurrence. Cela nous a aussi obligé tout de suite à prendre le bateau en main et en quelque sorte cela a boosté notre apprentissage, c’est bien. »

Enfin, Lionel Lemonchois sur le maxi80 Prince de Bretagne, a terminé devant les MOD70 sur cette dernière étape, démontrant le potentiel de son trimaran, conçu pour les épreuves en solitaire, dont la prochaine Route du Rhum.

Cette épreuve, organisée par son sponsor aura été un beau succès sportif avec des courses inshore et offshore très disputées dans les deux classes.

© M. Mochet/RDP

Lionel Lemonchois :

« C’est toujours bien de finir sur une bonne note. C’est l’artichaut sur le gâteau ! On s’est bien arraché, il fallait qu’on passe devant pour faire un beau final. On voyait qu’on était mieux en vitesse. Mais depuis le début de la course, on arrivait moins facilement à transformer parce qu’on ne connaissait pas aussi bien le bateau, donc là on a transformé ce potentiel qu’on voyait au départ. On sait mieux l’utiliser qu’il y a trois semaines. Nous avons constaté depuis Valence une belle marge de progression. La Route des Princes, c’est génial ! Se balader en Espagne, au Portugal, on devrait le faire plus souvent ! C’est sympa de voir d’autre pays d’Europe, d’aller à leur rencontre. »

Oman Air et FenêtréA Cardinal remportent l’étape Dublin-Plymouth

Sidney Gavignet et son équipage sur Oman Air-Musandam ont devancé Edmond de Rothschild et le maxi 80 Prince de Bretagne à Plymouth, cette étape de très petit temps a été raccourcie par le comité de course. Les teams engagés sur cette route de l’Europe ont eu fort à faire avec ces vents ératiques et ont du jouer avec les courants pour prendre l’avantage, en MOD70, Sébastien Josse était parvenu à recoller à Oman Air le long de la côte sud de l’Angleterre, mais Musandam s’était de nouveau échappé dans une risée.

Au classement général des MOD70, Oman Air Musandam et Edmond de Rothschild sont à égalité de points avec 126 unités, Spindrift pointe encore à la troisième position devant Virbac Paprec 70.

En Multi 50′, c’est Erwan le Roux qui décroche la victoire d’étape, devant Arkema Région Aquitaine, Yves le Blévec longtemps au contact avec FenêtréA Cardinal, n’a pu empêcher le retour des deux trimarans. A noter qu’il existe une réclamation du comité contre Arkema concernant le non respect d’une zone de DST, ce qui pourrait priver Lalou Roucayrol de quelques points.

Au classement général provisoire en Multi5à, Actual conserve la tête avec deux points d’avance sue Arkema et 4 sur FenêtréA Cardinal. Gilles Lamiré est 4ème.

Sidney Gavignet, skipper du MOD70 Oman Air-Musandam : « On peut dire que cette troisième manche de la Route des Princes, nous sommes allés la chercher loin et que, du coup, on la mérite. En plus, il n’y a pas de réclamation à l’arrivé, ça c’est spécial. On va peut-être passer une escale tranquille. Je crois que l’on anime bien la course depuis le départ, de diverses façons. On est un acteur qui fait du jeu. On est très content de la navigation que l’on fait alors que l’on n’a pas de navigateur. On pensait que cela pouvait être une faiblesse et on s’en sort bien donc c’est un plaisir à faire. C’est stressant mais bon, on ne va se pas se plaindre. Si on fait ce boulot c’est que l’on aime aussi le stress mais quand même, vivement la fin de la semaine que l’on puisse se détendre ! (rires). Notre score n’est pas mal (2 étapes offshore sur 3), c’est vrai qu’on est là ! Près de Tuskar, c’était une histoire de courant. Il y en avait beaucoup plus que ce que disaient les cartes. On avait déjà remarqué ça à l’aller et on pense qu’il y avait facilement 4 nœuds de courant. On a voulu aller se protéger, on est allés sur les bancs de sable façon Figaro, en gardant un tout petit peu plus de sécurité quand même. Je pense que quand on a 2 nœuds de courant en moins et bien ça fait deux nœuds de vent en plus et donc ça fait la différence.On ne s’est pas trop vite emballé de notre avance, on savait que ce n’était pas nécessaire de se dépêcher parce que plus tôt on arriverait dans la pétole. Mais là, on n’a pas eu une réussite énorme. Quand les autres étaient à 3 milles de nous, on faisait un noeud et eux quatorze. On se dit que l’on aurait pu avoir un meilleur trou de souris, mais bon, on ne va pas se plaindre parce qu’après on a continué. On n’a pas baissé les bras. Ca s’est joué à vraiment pas grand-chose pour avoir le pont de bonus à Bishop. Ce qui est bien dans notre équipe, c’est que l’on ne baisse pas les bras. Quand les choses changent, on reste patient, on ne panique pas et du coup on arrive à se sortir de situations délicates. »

Sébastien Josse, skipper du MOD70 Groupe Edmond de Rothschild : « On ne pensait pas finir aussi près d’Oman Air-Musandam c’est sûr, vu le premier coup qu’il nous a fait dans le DST du canal Saint-Georges. Il est passé avec 60 milles d’avance au Fastnet. On ne pensait pas le revoir aussi tôt, on s’est un peu battu. On a vu que tout était possible au passage des Scilly. Il y a eu un gros regroupement la nuit dernière. On a repassé une deuxième fois le front qui nous avait arrêtés après Bardsey. On l’a repassé dans l’autre sens, Oman s’est arrêté. On a décidé d’attaquer un petit peu plus nord. C’était de nuit dans 3-4 nœuds donc il y avait beaucoup d’incertitudes. On ne voyait rien, on a tout fait aux sensations. Il fallait essayer de déplacer le bateau tant bien, au gré du vent qui tournait toutes les deux minutes. C’était une période assez sympa. On avait aussi un contrôle sur l’AIS, sur l’ordinateur … mais bon après, il a démarré plus vite et la messe était dite. Nous avons apprécié le petit bord de portant du Fastnet aux Scilly parce qu’après c’était plutôt « multicoque dans la pétole ». Ce n’est pas le plus agréable car les flotteurs tapent d’un côté et de l’autre. Cela s’arrête aussi vite que ça démarre. Dans ces cas là, il faut être patient et ne pas trop s’énerver. Il faut relativiser. On voit que dans cette classe des MOD70, rien n’est jamais avant la dernière étape. Ca se joue parfois à un point pour savoir qui est l’heureux gagnant. Au niveau du bilan, on aurait préféré gagner, maintenant on s’est bien battu. Bien sûr, il y a un peu de déception. On sait qu’il y a du niveau. On va continuer comme ça. On va tout donner sur le prochain in-shore et sur la dernière étape pour Morlaix. »

Jean-Pierre Dick, skipper du MOD70 Virbac Paprec : « Cet offshore n’a pas été venté, c’est le moins que l’on puisse dire. On a pris un beau départ, on passe la bouée en tête, mais après les choses se sont moins bien enclenchées, notamment au passage du DST où on a décidé de passer à l’ouest. Oman Air a pris la poudre d’escampette dans la nuit, il a pris une belle option. Nous sommes restés au contact malgré tout avec Edmond de Rothschild et Prince de Bretagne. On était un peu derrière et du coup dans la pétole on s’est fait largué un peu plus. Au Fatsnet, l’écart commençait à être difficile à rattraper. C’est forcément un peu frustrant de ne pas réussir à revenir, même si on ne termine pas trop loin en temps. J’espère que la prochaine manche sera meilleure ! On s’est posé la question de passer le DST près de la côte, mais cela semblait risqué. Oman Air est allé au bon endroit, chapeau ! Au Fastnet, il avait une sacrée avance. Après, au passage des Scilly, pendant une journée, c’était très pétoleux. On pensait revenir par-dessous, mais ça n’a pas été le cas. Nous avons tout de même réduit la distance. L’ambiance à bord est excellente, on est là pour apprendre, il n’y a pas de pression monstrueuse, mais on a tous envie de bien faire, car nous aimons la compétition. Finalement le petit temps ça ne fait pas de mal, après les conditions plus toniques auparavant. Nous continuons notre apprentissage… »

Lionel Lemonchois, skipper du Multi 80 Prince de Bretagne : « Le hook de la drisse de grand gennaker a cassé. Cet après-midi par mer plate, je suis monté en haut, et j’ai fait un brêlage pour mettre la drisse là-haut et ainsi pouvoir réutiliser le grand gennaker. Toute la partie sud Irlande avant le Fastnet, c’était du gennaker par petit temps, et finalement on s’en ai pas trop mal sorti, mais on aurait eu le grand gennaker, ça aurait été tout de même bien mieux. Même en descendant jusqu’au Scilly, on en aurait eu besoin. D’ailleurs, Edmond de Rothschild nous remet 30 milles dans la descente, parce qu’on on a été obligé  de faire deux empannages alors que lui allait tout droit. Après les scilly, le vent est tombé jusqu’à ce matin. C’était : courant, pétole, bruine, pas super beau temps. Il faut donc improviser, il faut essayer de faire avancer le bateau, de faire un peu de vent apparent, et faire avec les courants d’air qu’on a. Ce n’était vraiment pas rapide. Plusieurs fois, on a été à 0, le bateau était arrêté. Ces bateaux quand ils s’arrêtent, c’est exceptionnel.  Nous avons bien tricoté, mais on aurait eu ce grand gennaker, on aurait peut être été devant Edmond de Rothschild. Quand on a remis le grand gennaker cet après midi, tout de suite on a gagné deux nœuds et on a recollé Edmond de Rothschild , ça allait beaucoup mieux ! ».

Erwan le Roux, skipper du Multi50 FenêtréA Cardinal : « Cette étape a été compliquée, très compliquée ! A chaque fois on prend des beaux départs et on fait ce qu’il faut pour être devant mais on se fait avoir trente minutes après le coup d’envoi. Là, quelques milles après Dublin, Actual a empanne parce qu’il a été obligé de le faire et il nous a collé 13 milles d’un coup. Il a fallu cravacher pour revenir sur lui et une fois que ça a été fait, Lalou Roucayrol est parti de son côté, à droite. C’est sans doute ce qu’on aurait fait si on avait été dans sa situation, derrière. C’est comme ça qu’il nous a mis un caramel et qu’il a passé Bishop en tête. Mais comme on n’avait pas le Pos Report, on a pensé que c’était nous qui avions le point de bonus sauf qu’à un moment donné, on a regardé sous le vent et on l’a vu. On s’est dit que ce n’était pas possible et ça nous reboosté à 100% pour aller le chercher. On s’est accroché à ses basques pour partir avec lui et ne pas le laisser filer. A la fin, on a gardé le décalage qu’on avait créé toute la nuit puis d’un coup on est parti, sans trop savoir pourquoi. Il fallait avoir un peu de réussite, celle que l’on n’avait pas eue lors des deux premières étapes. Sur les derniers milles, il y a eu beaucoup de courant mais on avait du vent pour étaler, donc ça a été. Cette nuit, en revanche, ça a été un peu chaud. On culait presque. C’était un peu tendu, les vitesses n’étaient pas folichonnes. On a cravaché dur, on a continué à faire avancer le bateau à 100%, les gars n’ont rien lâché. C’est génial. On a essayé un système de quart un peu différent sur cette manche. Du coup, il y avait toujours trois personnes sur le pont. On avait toujours quelqu’un aux réglages. Idem à la nav. Donc on avait l’info et le retour de l’info. Alors, effectivement, on restait 6 heures sur le pont mais ça bien fonctionné. On est super content. Ca remet les compteurs à zéro. Je suis très content, du bateau et de l’équipage. »

Lalou Roucayrol, skipper du Multi 50 Arkema Région Aquitaine : « On a récupéré un pigeon bagué qu’on a hébergé, logé, nourri, blanchi, pendant plus de 24 heures et qui nous quand même sali l’intérieur du bateau. Si le pigeon n’avait pas été là, on n’aurait pas fait cette option incroyable ! Alors on se dit qu’il nous a porté chance ! En fait, on a eu du bol de rester au milieu, les autres allaient à la côte… Dans ce genre de course rien n’est jamais joué, on a tenté le tout pour le tout, on a eu la bascule et là bingo ! Mais c’est tellement incertain. Avec FenêtréA-Cardinal, on est resté côte à côte toute la nuit, à se doubler, à se repasser devant. Et ce matin, il est parti plus au large, tandis que sommes restés à la côte. Et voilà, FenêtréA est parti. Mais on est super content d’avoir joué dans le petit temps avec le bateau… On a mis au départ le code zéro, on l’a gardé jusqu’à l’arrivée. Tout le long, c’était le jeu de l’accordéon, c’était très aléatoire. Surtout qu’on a eu beaucoup de courant. Même 2-3 nœuds de courant, ce n’est pas à négliger. Aux Scilly, on était bien, et puis on est tombé dans la molle, on s’est fait aspiré par le courant…  On a fait de la marche arrière ! C’est beaucoup de fatigue nerveuse et physique parce qu’on est tout le temps sur les réglages. On a passé la nuit aux réglages. On est super content d’être là ! »

Yves le Blévec, skipper du Multi50 Actual : « C’était long, surtout cette nuit. Sur la cartographie, à un moment donné on est passé à un point puis on est repassé au même trois heures après : incroyable ! Pas de vent et du courant de face… On a essayé d’écrire Actual, le numéro du bateau… C’était n’importe quoi ! Avant Bishop, on était un peu à la bagarre avec FenêtréA-Cardinal, et Arkema – Région Aquitaine a choisi de traverser tout de suite le front contrairement à nous. C’était un bon coup. Après, ça a retassé. La nuit dernière, l’équipage d’Erwan Le Roux était juste 1,5 mille devant  nous, mais il s’est barré d’un coup. Je le voyais à l’AIS. A bord d’Actual, notre vitesse chutait à 3 nœuds alors que lui avançait entre 7 et 9 nœuds. Il a donc disparu. C’était complètement aléatoire. Après, lui s’est arrêté aussi mais il était déjà loin devant… et ça partait par devant. Après, au cap Lizard, on est allé un peu trop loin alors Rennes Métropole – Saint-Malo Agglomération a croisé devant nous. Il allait bien dans les petits airs et on est resté longtemps bord à bord. On les a doublés à une vingtaine de milles de l’arrivée. Cette étape était un peu compliquée. C’était dur de voir les autres partir, pourtant ça avait bien commencé. A Bradsey, on est passé avec un bon petit matelas d’avance. On était même devant les MOD70 pendant un petit bout de temps, c’était drôle. Après, on savait que ça allait revenir mais on a enchainé les coups sans réussite. Tout s’est un peu enchainé à l’envers. On savait que ce serait laborieux, ça l’a été. On n’a vraiment pas avancé. Le vent, c’était tout et n’importe quoi. Mais bon, c’est la vie et ça va donner du match dans la dernière manche. C’est super serré et c’est génial. Tout va se jouer en baie de Morlaix. »

Gilles Lamiré, skipper du Multi50 Rennes Métropole-Saint Malo Agglomération : « On craignait un peu cette étape parce que du temps mou était prévu et on dit souvent que notre bateau est plus à l’aise dans la brise. Au final, on est satisfait de notre étape parce qu’on était vraiment dans le match alors qu’on est toujours en phase d’apprentissage de notre trimaran. On a réussi à rester au contact avec tous les bateaux. On a passé l’île de Bradsey en deuxième position. Sur ce coup-là, on a bien navigué et au reaching sous code O dans du médium faible, on a vu qu’on était bien. La nuit dernière, on a eu une grosse molle. Tout le monde était scotché. On s’est battu toute la nuit et au petit matin on était bord à bord avec Actual. Ca c’était vraiment satisfaisant d’autant qu’on a vu aussi que les premiers ne nous avait pas trop distancé. Au près dans le petit temps,  on était un peu mieux qu’Yves Le Blévec en vitesse mais après sous gennak, il nous a redoublé. Au final, le bilan est plutôt positif car pour la première fois depuis le début de cette Route des Princes, on a vraiment été dans le match. Ca promet pour la suite. L’équipage à bien fonctionné. On a hâte de se retrouver sur la prochaine étape. J’espère qu’on aura un peu de brise pour avoir une autre configuration du bateau. »

Spindrift et Actual en tête à Dun Laoghaire

Après le passage du Fastnet, les équipages avaient entamé la dernière ligne droite de cette seconde étape de la Route des Princes. Ils ont du faire face à des vents faiblissants, ce qui a ouvert le jeu tactiquement, c’est Yann Guichard et son équipage s’en sont le mieux sortis en passant la ligne d’arrivée en tête avec 6 minutes 44 d’avance sur Groupe Edmond de Rothschild et 7’17 » sur Oman Sail, Jean-Pierre Dick sur Virbac Paprec 70 avait tenté une option après le Fasnet, celle-ci ne s’est pas avérée payante.

© M. Mochet/RDP

En Multi50′, Yves le Blévec est resté aux avants postes depuis le début de cette Route des Princes, si l’équipage avait terminé seconde de la première étape, la seconde leur a souri après un duel avec FenêtréA Cardinal qui prend la deuxième place à cinq minutes du vainqueur. Lalou Roucayrol sur Arkema Région Aquitaine a été handicapé par la perte de son gennaker et n’a pas pu lutter avec les leaders sur cette manche. Gilles Lamiré qui avait intégré la course à Lisbonne a quant à lui abandonné cette étape afin de rejoindre Dùn Laoghaire au plus vite afin d’être au départ de la prochaine.

MOD 70


Classement de la deuxième étape offshore  :

1. Sprindrift, à 04h 37 mn et 48 s TU

2. Edmond de Rothschild, à 6 mn et 44 s du premier

3. Oman Air-Musandam, à 7 mn et 17 s du premier

4. Virbac-Paprec 70, à 34 mn et 14 s du premier

 

Classement général provisoire MOD70  : 


1. Spindrift (Yann Guichard) 94 pts

2. Edmond de Rothschild (Sébastien Josse) 88 pts

3. Oman Air-Musandam (Sidney Gavignet) 88 pts

4. Virbac-Paprec 70 (Jean-Pierre Dick) 66 pts

© M. Mochet/RDP

 

Classement de la deuxième étape off-shore  : 


1. Actual à 06h32’43 »

2. FenêtréA-Cardinal à 5’10 » du premier

3. Arkema – Région Aquitaine à 04h23’30 » du premier

Abandon : Rennes Métropole – Saint-Malo Agglomération.

 

Classement général provisoire  :

1. Actual (Yves Le Blévec) 80 pts

2. Arkema – Région Aquitaine (Lalou Roucayrol) 74 pts

3. FenêtréA-Cardinal (Erwan Le Roux) 68 pts

4. Rennes Métropole – Saint-Malo Agglomération (Gilles Lamiré) 56 pts.

 

 

Lionel Lemonchois, skipper du maxi 80′ Prince de Bretagne :

« C’est partie remise sur la troisième étape ! Mais on va déjà essayer de réparer le gennaker. Nous sommes contents, car plus ça va, plus on apprend le bateau, et plus on est dans le tempo. Au près, on constate que l’on va systématiquement mieux qu’eux ! Cette deuxième étape  était un peu à l’image de la première. C’était très intense. Tous les bateaux sont au contact, il y a du jeu. Un coup, nous sommes devant, un coup nous nous retrouvons derrière. Personne ne lâche rien, et c’est ce qui rend la course belle. Pour nous, ça se passe de mieux en mieux, à part cette histoire de gennaker qui nous a un peu pénalisé. Il a explosé car la mer était dure, et puis il faut dire aussi qu’on tire dessus, on a du mal à lever le pied… Peu avant, on était très bien placé. Si on n’avait pas eu Edmond de Rothschild qui nous avait empêchés de virer pendant la nuit, on aurait pu passer le Fastnet en tête. Mais c’est le jeu de la régate ! Ils nous ont marqués, mais ça leur a couté cher aussi ! Ce sont des jolies navigations, et puis on change de pays, de climat aussi…

C’est sûr qu’on ne dort pas beaucoup, seulement par petits bouts. Comme ce sont des petites étapes, nous ne sommes pas vraiment organisés en quarts, on y va quand on peut, c’est un peu désordonné. Heureusement cela ne dure pas trop longtemps, car ça tire quand même sur les bonshommes. »

 

Yann Guichard, skipper du MOD 70 Spindrift racing :

« C’était serré, comme d’habitude. Durant toute l’étape, nous avons navigué à vue avec tous les bateaux et c’est vrai que la dernière remontée le long des côtes Irlandaises a été assez éprouvante pour tout le monde parce que ça s’est joué à rien. On est ravi de cette première pace parce qu’on a tenu jusqu’au bout. C’est une belle victoire et je pense qu’elle va être importante pour le moral de l’équipage pour la suite. J’ai réussi à dormir une demi heure 20 milles avant l’arrivée, comme ça j’étais en forme pour le finish, mais c’est vrai que ce n’était pas facile, le rythme était soutenu. Il y a eu beaucoup de virements de bord puisqu’on a contrôlé Oman Air-Musandam et Edmond de Rothschild. On a enchaîné les manœuvres toute la nuit. Du coup, on est assez fatigué mais vraiment très heureux d’être arrivé en tête. L’étape a été compliquée mais ça aurait pu être bien pire puisque quatre jours avant le départ, il y avait 25-30 nœuds au près sur la route. Là, on n’a pas eu des conditions dantesques. Au plus fort, on a eu 25 nœuds près du centre de la dépression, par contre, on a eu beaucoup de près, ce qui est très éprouvant avec ces bateaux parce que ça tape dur. C’était la grosse étape de cette Route des Princes donc c’était important de la gagner. Ici, l’année dernière, le plan d’eau de Dublin – Dùn Loaghaire nous avait beaucoup plu alors maintenant, on va se concentrer sur les in-shore. »

Sébastien Josse, skipper du MOD 70 Edmond de Rothschild :

« On était au taquet, au contact. On a eu des périodes de molles. Spindrift et Oman Air-Musandam ont très bien navigué mais on s’est tous retrouvé ce matin, à une quarantaine de milles de l’arrivée. A ce moment-là, on s’est dit que c’était possible de revenir alors on a cravaché. Les Omanais et l’équipage de Yann Guichard se sont un peu enquiquinés l’un et l’autre, du coup, nous a on pu faire notre route à côté et doubler Sidney Gavignet juste à l’arrivée. C’est une étape où on a tout eu : du soleil, une dépression des calmes sur la fin… C’était hyper complet, avec pas mal de rebondissements. …. On a fait des bonnes moyennes pendant une dizaine d’heures. Au passage de la dépression, on s’attendait à avoir plus de mer que ça mais finalement c’était maniable. Et quand on est au contact, on attaque toujours plus mais ça s’est bien passé. On est super content. On a super bien navigué sur la fin. »
Sidney Gavignet, skipper du MOD 70 Oman Air Musandam :

« Ca été serré, on s’est tous regroupés au Fastnet, on a plutôt bien joué. Par contre, on a mal négocié le virage de l’Irlande. On est resté un peu coincé dans le courant. Spindrift est reparti, mais ce n’était pas encore gagné pour autant. Nous nous sommes retrouvés quatrième. Après, nous sommes remontés en deuxième position, mais on n’avançait pas comme on voulait. On s’est fait couvrir par Spindrift qui a bien joué le coup et puis ça les arrangeait bien qu’on fasse troisième pour les points, on a manqué de vitesse sur la fin. Ca se joue à pas beaucoup. C’est sûr, c’est agaçant de faire tant d’efforts et ensuite de terminer troisième, mais c’est le sport !

On a eu des super conditions dans le golfe de Gascogne. Ca allait super vite dans les grosses vagues. Les bateaux sont solides, parce que on leur met dans la figure quand même. Ca allait très vite, avec de gros sauts de vagues. On a fait un joli coup au près dans la nuit sur la remontée du golfe, car on s’est décalé sur la gauche. Il y a eu plusieurs coups, Sprindrift a bien joué le passage de la dépression. Nous sommes fatigués parce qu‘on s’est bien donné. Je crois que je n’ai pas dormi depuis le Fastnet. »

Jean-Pierre Dick, skipper du MOD 70 Virbac Paprec :
« La dernière partie de la course a été très tenue. Il n’y avait pas beaucoup d’écart entre les bateaux. Ce fut vraiment une belle course, mais c’est dommage, on ne sait pas ce qui nous est arrivé cette nuit, on était deuxième, et puis le bateau s’est arrêté. Manifestement, on a du traîner quelque chose, on ne sait pas trop quoi. Ca a été l’incident de la nuit, qui a fait qu’on a perdu un peu pied. A la fin d’une longue étape comme celle-ci, on prend tous des risques pour essayer de passer devant, sans succès pour nous, parce qu’on a pris des options un peu folles ! Mais ce fut une belle étape au contact en permanence. Nous avons eu des conditions de mer et de vent très variées. Du gros temps avec beaucoup de mer par exemple. Je ne retiens que du positif, car le niveau des équipages en MOD 70 reste très élevé, et la moindre erreur se paie cash. En tout cas, nous avons fait une belle course avec toute l’équipe, c’était vraiment sympa, mais pas suffisant. Nous sommes un peu fatigués, cette nuit tout le monde était sur le pont, on a tiré sur la bête comme on dit ! J’aime bien ces courses de haute mer, car quand on arrive on découvre des lieux inconnus, une nouvelle population, une nouvelle langue, maintenant on va découvrir les joies de l’Irlande ! ».

Yves le Blévec,  skipper du Multi 50 Actual :

« C’était assez incroyable cette régate avec FenêtréA-Cardinal. On ne s’est pas lâché du début à la fin, à part au cap Finisterre où on est chacun passé d’un côte du DST mais on s’est retrouvé ensuite. On a passé le raz de Sein à quelques longueurs l’un de l’autre et on s’est encore retrouvé ensemble au Fastnet où là, c’est lui qui était devant. Par contre, on lui a remis un peu dans la nuit et on est revenu au contact au petit matin… On a passé quatre jours de régate bord à bord. Il y a eu plusieurs fois où on a eu l’impression d’avoir un petit matelas d’avance et d’être un peu tranquille et en fait non… Ca n’a pas arrêté, c’était passionnant. Nerveusement, c’était un peu épuisant. Heureusement, on avait Jean-Baptiste Le Vaillant à bord qui a un peu pris les choses en mains, ce matin, pour tirer des bords afin de contrôler Erwan Le Roux. Il a bien bossé et Luc, Ronan et moi, on a bien assuré. C’était le plus zen de nous tous, ça a permis de faire tomber un peu la pression. Il ne fallait surtout pas faire de bêtises mais être lucides dans nos décisions. Ca s’est bien passé mais c’était dur parce qu’il y avait vraiment de la molle dans le sud de l’Irlande. En tous les cas, cette victoire est une belle revanche après la première étape et si on sort notre calculette, au classement général, c’est une super bonne opération. Il y a de quoi être satisfait. »

Erwan Le Roux, skipper du Multi 50 FenêtréA Cardinal :

« Avec Actual, c’était vraiment serré et ça montre que la jauge des Multi50 n’est pas si mal faite que ça et les bateaux ont des potentiels assez similaires puisqu’on arrive à égaliser les vitesses. C’est top, ça donne des supers matches. C’est pour vivre ça qu’on fait de la voile et c’est vraiment génial. Sur cette deuxième étape, avec l’équipage d’Yves Le Blévec, c’était un coup à toi, un coup à moi… Dès le départ ça a été comme ça. Au final, ça se joue à des centaines mètres. C’est super mais il y a des trucs qu’on ne maîtrise pas forcément. On se dit qu’on va aller faire une option, qu’on va être bien placé et finalement on se retrouve à nouveau à 50 mètres l’un de l’autre. L’un repart et pas l’autre… Ensuite, la situation s’inverse… C’est l’enfer ! Ils sont fatigués mais nous aussi. On n’a rien lâché, on leur a mené la vie dure et c’est normal parce qu’on veut gagner des régates. En tous les cas, ils ont très bien navigué. Bravo à eux ! »

Lalou Roucayrol skipper du Multi 50 Arkema Région Aquitaine

« On a cassé un peu de matériel, c’est surtout ça qui est dommage parce qu’à partir du moment où on pété le gennak, on n’a plus été dans le même train que les autres. A chaque fois qu’on a pu, on a recollé mais on a été bloqué en arrivant sur Sein. On voulait essayer de glisser un peu pour pouvoir négocier la dorsale mais c’était impossible avec le petit gennak. On était à 120-130 du vent max, donc on n’arrivait pas à glisser. Après, on a fait que rattraper. Je suis un peu vert parce que je ne comprends pas très bien pourquoi la voile s’est déchirée. Elle était neuve. On a aussi cassé le nerf de chute de solent sur à peu près deux mètres en haut, mais lui était usé donc c’est normal. Le bateau va super bien, on continue à apprendre mais dès qu’on n’est plus au contact, on tâtonne pas mal sur les réglages. Je n’ai pas de frustration mais c’est pénible de casser du matériel. Au delà de ça, je suis content d’être ici, à Dublin – Dùn Loaghaire et il reste deux étapes. C’est encore très ouvert ! »