Route du Rhum : J2, franche accélération à venir

Aucun soucis technique cette nuit au sein de la flotte des Ultimes, les skippers ont du faire face à des conditions encore scabreuses avec un vent bien établi d’une trentaine de noeuds et des rafales à 40, la mer restait relativement forte.

Ce matin, l’amélioration a été progressive avec une petite baisse du flux et une mer qui avait tendance à s’aplanir, ce qui a permis aux bateaux les plus puissants de creuser ou de reprendre l’avantage sur les plus petits de la flotte, les MOD 70.

Les classements calculés par rapport à la distance au but ne reflètent pas forcément la réalité, toujours en tête, Loick Peyron sur Banque Popualire VII a repris quelques milles sur Yann Guichard sur son maxi de 40 Spindrift 2 qui pointe à 60 milles, sur une trajectoire sensiblement identique, Séb Josse sur le Multi 70 Edmond de Rothschild pointe encore à la troisième place à une trentaine de milles du second. Décalés dans l’est, Francis Joyon sur Idec Sport et Lionel Lemonchois sur Prince de Bretagne sont classés à l’heure actuelle 6ème et 4ème, ils devraient se retrouver devant Sébastien Josse au pointage de ce soir grâce à un différentiel de vitesse de quelques noeuds. Yann Eliès sur Paprec Recyclage et Sidney Gavignet sur Musandam Oman Sail sont désormais en queue de flotte, leur objectif est de ne pas voir la porte du contournement de l’anticyclone se fermer devant eux, alors que les plus gros trimarans seront passés.

La flotte devrait passer Madère dès ce soir.

© Idec

 

Les skippers à la vacation du jour :

Lionel Lemonchois, skipper du trimaran maxi 80 Prince de Bretagne :

« Depuis le départ, nous n’avons pas eu une seule minute de répit. Ca a été vraiment dur et je commence à être bien fatigué. Il faut impérativement que j’arrive à dormir un peu aujourd’hui. Plus nous allons gagner vers le sud, mieux ce sera. Dans le golfe de Gascogne, la mer était vraiment dégueulasse et ce n’était pas facile d’aller vite. Là, depuis le lever du jour, ça commence à se calmer doucement et d’ici à demain, ce sera nettement plus confortable. Je vais donc tâcher de m’accorder une petite sieste de quinze minutes ce matin. En ce qui concerne le bateau, je suis content. Il se comporte bien. Idem pour le pilote automatique que j’ai réussi à faire marcher dans 40 noeuds de vent ».

 

Antoine Koch, routeur du Multi 70′ Groupe Edmond de Rothschild :

« La nuit a été agitée… Ils sont toujours dans la traîne active de la dépression avec un flux de Nord-Ouest puissant. Les grains qui sont nombreux sur leur route amènent beaucoup d’instabilité. Ce matin, Sébastien avait encore un bon 30 nœuds établi, grimpant à 40-45 nœuds dans les rafales et surtout une forte houle de Nord-Ouest d’environ 5 mètres.  Il se restaure comme il faut et il a réussi à se reposer hier après-midi et cette nuit, ce qui est très bien compte tenu de l’état de la mer et du vent encore fort. »

© Yvan Zedda/Gitana S.A.

Sébastien Josse, skipper du Multi 70 Edmond de Rothschild :

« Ça se passe pas mal, le plus gros est derrière nous : on est dedans mais la sortie est imminente. Ça va faire du bien. J’essaye de faire ce qu’il faut pour rester dans le match. On verra comment ça se passe après. Dans un ciel de traine avec de gros cumulus, il reste de la mer, 4 mètres de houle, 30 nœuds vent, trois ris ORC… Les conditions sont encore musclées. Ce ne sont pas les alizés !  J’ai une bulle de protection du cockpit qui est partie. Je vais la remettre plus tard. Je barre beaucoup. La suite : sortir de cette mer désordonnée ! J’attends que le vent adonne, mollisse, et on va renvoyer de la toile. Ce matin, j’en profite pour me reposer comme on est au portant : c’est plus pratique que le près. »

 

Yann Elies skipper du multi 70 Paprec Recyclage :

« Ça reste encore chaud : il y a plus de 30 nœuds de vent mais la mer s’aplatit doucement ce matin. Il y a une magnifique houle avec des déferlantes, c’est un peu l’ambiance du Grand Sud : ça faisait longtemps que je n’avais pas vu ça. Je commence à récupérer ce matin, j’ai bien dormi sous trois ris et trinquette, et j’avance correctement donc je suis arrivé à m’alimenter. Il fait beau, on commence à avoir du soleil, ça sent le bout du tunnel. On va déguster les pistes de ski dans la neige fraiche… On va attaquer dans quelques heures. La musique est respectée : les gros devant, les petits derrière. Je suis content de la façon dont j’ai navigué, car je ne suis pas loin de Sidney Gavignet qui est un bon marin.

Je suis impressionné par Sébastien Josse qui a fait des moyennes hallucinantes que je ne suis pas prêt de faire, et puis Lionel Lemonchois aussi a fait des moyennes de 27 nœuds, je suis impressionné ! C’est la question du choix de la voilure ce matin. Je vais sans doute renvoyer de la toile maintenant qu’il fait jour et que je suis en forme. Je me pose beaucoup de question sur la toile. Les autres ont l’expérience donc ils ne se la posent pas. C’est ce qui fait la différence entre Lionel Lemonchois et moi.

Les prochaines heures, ça devrait s’améliorer, le terrain va s’aplatir un peu, en même temps il va falloir mettre du charbon ! On va tous chercher à contourner l’anticyclone, si on prend du retard, ça va s’étirer par devant. Jusqu’à présent, j’ai eu du mal à tenir les moyennes des routages. J’espère maintenant tenir la cadence, car j’ai peur que la porte se ferme pour les petits bateaux dans le contournement de l’anticyclone. Je vais renvoyer de la toile et voir si c’est le bon choix et puis j’ai un peu de bricolage à faire… »

 

Sidney Gavignet, skipper du multi 70 Musandam-Oman Sail :

« Je me fais griller au soleil dans ma cabine à chien, ça fait du bien ! On est sorti du gros temps avec grosses bourrasques, des rafales plus fortes de 10 nœuds : j’ai failli cabaner hier matin, mais j’ai eu le temps de choquer l’écoute en grand et de me préparer à rentrer à l’intérieur au cas où le bateau se serait retourné. Cette nuit et ce matin, j’ai un peu trainé la patte. Je dormais dans mon hamac la télécommande dans la main, donc je n’ai pas été rapide : on n’arrivera pas aller aussi vite que les gros. Nerveusement, ça va très bien, rassurez vous ! Physiquement ça va aussi. Mais je n’ai plus d’eau chaude, j’ai cassé mon réchaud, c’est con pour la nuit. On attend que le vent tourne gentiment vers le Nord, on garde du vent pendant un moment, j’ai 30 nœuds maintenant, alors que cette nuit on a eu 30 35 nœuds. J’ai eu une bourrasque à 45 nœuds avec de la grêle, c’était spécial ! On fait une pointe à 35 nœuds dans une vague, mais ca va ! Il faut quand même être vigilant… Les vagues sont ¾ arrières donc c’est moins dangereux que les deux premiers jours. »

Yann Guichard, skipper de Spindrift 2 :
« Il y a de la mer, pas très ordonnée, elle est grosse, c’est surtout les grains qui sont puissants, mais moins depuis 1h ou 2h. Toute la nuit 45 nœuds dans les grains, c’est chaud… Ça va, ca glisse, on va vers l’amélioration, le vent va mollir dans 3-4 heures car c’est fatigant, avec les manœuvres et les changements de voiles. Sur ce type de bateau, ça prend du temps. J’arrive à revenir sur les premiers, donc je suis content. J’adapte ma voilure, j’ai passé la nuit avec deux ris, je suis revenu depuis hier, il faut renvoyer un ris ou pas… 50 milles de retard, ce n’est pas grand chose, on va être serré dans le Sud, il va falloir tenir le rythme, il va falloir que je renvoie de la toile, donc je vais perdre du terrain mais revenir après. Je suis agréablement surpris pas le bateau : j’arrive à le gérer… J’ai dormi un tout petit peu ce matin. »

 

Loïck Peyron, skipper de du maxi solo Banque Populaire VII: « La mer commence à  s’aplatir : la meilleure nouvelle que nous ayons eue depuis 48 heures ! Mais ça bouge beaucoup, énormément même. Le vent est toujours très instable : ça va de 25 à 40 nœuds dans les grains et on ajuste tout le temps le pilote. Les conditions jusqu’à présent étaient dantesques. Cette nuit, c’est beaucoup mieux : il y a de la lune, quelques nuages, pas beaucoup de bateaux, les grandes manœuvres vont commencer. Cela ne peut que s’améliorer. D’ici demain cela sera nettement plus confortable. J’ai passé beaucoup d’heures à la barre et même avec ce bateau qui est large, j’ai failli le mettre sur le toit en m’endormant à la barre : en tombant, j’ai fait abattre le bateau et le temps de remettre tout cela en place, je me suis fait quelques cheveux blancs ! »

Route du Rhum, le point après 24 heures

Le départ d’hier n’aura finalement pas posé de problèmes aux marins, Sidney Gavignet sur Musandam Oman Sail gratifiait les chaines de TV d’une belle montée sur un flotteur en tête de la flotte des Ultimes après le passage de ligne, Thomas Coville revenait ensuite grâce à la puissance de son bateau, tout comme Lionel Lemonchois très à l’aise sur Prince de Bretagne, ce dernier passait la bouée du Cap Fréhel en tête devant Sidney Gavignet et Thomas Coville.

Avec u vent fraichissant et une mer difficile, on pensait que les skippers des Ultimes allaient privilégier la vitesse et réduire les manoeuvres, au final seuls Yann Guichard sur Spindrift 2 et Yann Eliès sur Paprec recyclage choisissaient cette option avec un seul virement. Le reste de la flotte menée par Loick Peyron sur Banque Populaire VII effectuait trois virements pour parer la pointe Bretagne et Ouessant.

Loick Peyron a fait parler la puissance de son bateau durant la nuit et s’est creusé une avance de presque 50 milles sur Groupe Edmond de Rothschild barré par Sébastien Josse. Le reste de la flotte navigue entre 60 et 80 milles du leader avec des trajectoires assez proches, Francis Joyon sur Idec Sport pointé 7ème faisant une route plus à l’est alors que Prince de Bretagne plus au large (40 milles en latéral) est pointé 3ème.

Les fortes conditions de mer et de vent n’auront pas l’instant pas été rédhibitoires aux plus petits bateaux, notamment les MOD 70.

L’événement marquant de ce début de course reste l’avarie de Thomas Coville survenue hier vers 23h30. Alors qu’il allait sortir du rail d’Ouessant, le skipper de Sodeb’O a semble-t-il manqué de lucidité et est descendu dans la coque centrale pour régler un soucis de moteur. A sa sortie, il n’a pu éviter le choc avec un cargo qui était en route de collision avec Sodeb’O Ultim. Le bateau est très endommagé avec le flotteur tribord arraché jusqu’au bras et l’étrave de la coque centrale  également manquante, le skipper et le bateau sont en sécurité à Roscoff.

Thomas Coville, skipper de Sodeb’O Ultim à propos de cette collision :

« J’étais en train de sortir du DST, c’est à dire la zone de trafic maritime qui nous était interdite, je pense que j’allais très vite. J’avais eu un petit souci dans la nuit à l’avant et j’avais décidé de remettre du charbon et je revenais je crois très fort sur Loïck (Loïck Peyron, Maxi Banque Populaire VII), j’étais très à l’aise.

J’ai eu une alarme moteur, pour faire une charge batterie, qui s’est déclenchée et donc je suis rentré à l’intérieur parce que j’étais surpris qu’au bout de huit heures je sois obligé de faire une charge. Il n’y avait rien d’anormal donc je suis remonté et là, j’ai bien vu sur mon écran…Il faut imaginer que sur nos bateaux nous n’avons pas beaucoup de visibilité, là il fait nuit, il y avait des grains avec beaucoup de pluie et en fait on naviguait qu’à l’écran finalement comme les pilotes d’avions ou contrôleurs aériens qui ne travaillent qu’au radar. J’avais bien vu qu’il y avait deux cargos proches de moi, mon bateau était en mode vent, il a une manière d’évoluer qui peut être aléatoire par rapport au vent et par rapport aux vagues, moi je suis à 25 nœuds, le cargo est à 18 nœuds donc on a une vitesse de rapprochement de 40 nœuds et en gros je fais les deux milles en question en une minute trente. Je ressors de la cabine après avoir démarrer le moteur, je cherche le bon régime moteur et au moment où je lève la tête je vois ce mur noir passer devant moi et je le touche d’environ 1,5 mètres ou peut-être à 3 mètres de son arrière. C’est à dire que cela ne passait pas et cela aurait pu passer à 3 mètres. »

 

Yann Guichard, skipper de Spindrift 2 : « Ça a été compliqué cette nuit, il a fallu slalomer entre les cargos et les pêcheurs. Il y a eu des moments un peu chauds. Je n’ai pas eu de problèmes mais la nuit a été éprouvante. La mer est croisée et pas facile. Je ne suis pas allé très vite vu l’état de la mer, j’ai beaucoup manœuvré et les manouvres dans 25/30 nœuds voire plus, la moindre erreur est fatale.
(…) Maintenant ça avance tout droit, j’espère pourvoir accélérer quand la mer se calmera, pour l’instant elle est presque de face. Ça s’éclairci un peu, j’ai du ciel bleu à mon vent, par contre, il y a des grains à 30 nœuds et la mer est démontée. Ce matin j’ai mangé, pendant la nuit aussi, il n’y pas de souci, je ne suis pas malade, les conditions sont dures, je n’ai pas encore dormi, je vais faire une sieste 10/15 minutes quand on va raccrocher. Il faut que je m’aère la tête, ça ira mieux au large du Portugal. Le portant, ce n’est pas pour tout de suite… On a encore 30 heures difficiles pour le bonhomme et le bateau, on souffre avec lui, on a l’impression qu’il va se désintégrer. Dans les vagues, l’étrave décolle de 15 mètres… C’est violent mais tout va bien »

Francis Joyon, skipper d’Idec Sport :

« Je t’appelle avec le téléphone satellite dans une main et l’écoute dans l’autre : le vent est assez fort et très instable. Un coup je suis au près serré, un coup au vent de travers… le vent oscille brusquement entre l’ouest/sud-ouest et le nord-ouest, ce n’est pas très cool et très tendu en multicoque ! J’ai deux ris dans la grand voile et il me faut faire des changements de voile d’avant de temps en temps entre la trinquette et l’ORC (plus petite, ndr), pour faire ça je me mets au vent arrière pour rouler et j’essaie de faire vite… La mer est très difficile à gérer car la houle de travers est assez forte, il y a au moins 4 mètres de creux et surtout celle-ci vient heurter la mer du vent. Le résultat n’est pas joli-joli à voir… et en plus il n’y a pas de soleil pour recharger mes panneaux solaires (rires) ! »
J’ai appris pour l’abandon de Thomas (Coville), de mon côté j’ai pas mal de petits soucis mais rien de comparable et rien de grave. J’ai notamment de petits pépins électriques et je n’ai plus d’ordinateur de bord : l’écran ne reste allumé que quelques secondes et j’ai bien du mal à voir les fichiers de vent et la position de mes concurrents. Je suis obligé d’attendre que ça se calme un peu pour tenter de mettre en service l’ordinateur de secours. Cette nuit, on a eu jusqu’à 38 nœuds et surtout je me bagarre avec les grains…C’est très inconfortable : jamais je n’avais fait taper le bateau à ce point là ! Ça secoue vraiment très, très fort et je pense qu’on va avoir des conditions encore instables comme ça toute la journée. Ce qui m’embête un peu c’est que j’ai du mal à trouver la vitesse optimale, car je suis obligé de choquer tout le temps… sinon le bateau s’envole. Pour l’instant je n’ai pas dormi du tout, j’ai du réussir à faire deux ’nuits’ de trois secondes mais pas plus… « 

Lionel Lemonchois sur Prince de Bretagne :

« Cette nuit, ça a été très musclé. Je suis resté toute la nuit à la barre et je n’ai pas dormi du tout mais tout va bien à bord. Je suis content parce que le bateau se comporte bien, cependant, je reste prudent et cherche à placer le curseur au meilleur endroit entre aller vite et préserver le matériel, d’autant que ce qui suit s’annonce costaud également et ce sera pire encore pour ceux qui sont derrière nous, un peu moins rapides 

Route du Rhum J-1

Tour d’horizon des concurrents en catégorie Ultime, la victoire de Franck Cammas voici 4 ans avait surpris, le skipper de Groupama 3 s’était emparé de la tête de la course dès la bouée du Cap Fréhel pour ne plus la lâcher, à la surprise générale.

En effet le potentiel de vitesse du trimaran était connu en équipage, mais la capacité du marin à le mener en solitaire de Bretagne en Guadeloupe a poussé plusieurs concurrents vers cette solution des « très » gros et puissants multicoques.

 

 

Dans cette catégories des « grands ultimes » nous retrouvons

 

  • Thomas Coville sur Sodeb’O Ultim’

Le skipper de Sodeb’O s’attaque à son premier défi sur ce « nouveau » trimaran. Le skipper a mis ce bateau à l’eau en mai 2014, il s’agit de l’ancien Géronimo d’Olivier de Kersauson profondément remanié. En effet les architectes de la première mouture, VPLP se sont remis à leurs planches à dessin pour faire renaitre ce multicoque dont il ne reste qu’une partie des flotteurs, la bôme et les bras de liaison.

L’avant des flotteurs, la coque centrale ont été redessinés, les flotteurs ont été renforcés afin de recevoir des foils. L’équipe de Sodeb’O a adapaté les appendices (safrans et foils) d’USA 17 (le trimaran de 90′ à aile d’Oracle Racing vainqueur de la 33ème Coupe de l’America).

Le mât a été construit dans les moules de celui de Groupama 3 version solitaire, les deux bateaux ayant des dimensions et un plan de voilure proche. L’ancien trimaran de Franck Cammas était d’ailleurs convoité par Thomas Coville, mais la vente avait échouée au profit de Banque Populaire.

Le trimaran se classe dans le trio de tête des plus grosses unités de cette Route du Rhum. Dans des conditions identiques à celle de la précédente Route du Rhum, Thomas Coville fait donc parti des grands favoris, qui plus est le marin navigue en solo depuis presque dix ans maintenant (en 60′ ORMA initialement, puis sur le maxi Sodeb’o premier du nom, le plan Irens/Cabaret), il a cinq tours du monde en multi à son actif.

Malgré tout, ce trimaran est récent, la mise au point est toujours longue sur ce type de multicoque, mais le skipper n’a cessé de naviguer depuis la mise à l’eau, avec notamment une « reconnaissance » du parcours avec un aller en équipage réduit vers la Guadeloupe et un retour en solitaire.

Thomas Coville semble donc affuté, le potentiel de vitesse du trimaran est très certainement équivalent, voir plus probablement supérieur au bateau tenant du titre (Banque Populaire VII, ex Groupama 3), le point négatif pourrait être l’absence de course en flotte du skipper depuis 2010, mais bon nombre de ses concurrents sont dans le même cas.

Les plus :

– bateau performant

– skipper spécialiste des records en solitaire

Les moins :

– trimaran récent avec une mise au point somme toute réduite

  • Loick Peyron sur Banque Populaire VII

Le duo inattendu de cette Route du Rhum, Loick Peyron fait son retour à la barre d’un grand multicoque en solitaire suite au forfait du skipper maison Armel le Cléac’h.

Celui-ci s’est blessé à la main, et à donc été contraint de céder la barre du trimaran tenant du titre, et depuis optimisé par le team Banque Populaire. Armel le Cléac’h était ultrafavori de cette course, avec, on le sait, un bateau performant puisque Franck Cammas avait pu gérer sa course il y a 4 ans suite à une belle avance prise dès les premiers jours de course, et un marin rompu à l’exercice du solitaire sur cet engin depuis deux ans, avec les records de la Méditerranée, des 24 heures et de la Route de la Découverte (avec de grosses moyennes dans des conditions de mer et de vents fortes). Il avait du renoncer à celui de l’Atlantique Nord faute de fenêtre météo favorable.

Loick Peyron « hérite » donc d’un bateau sur lequel il n’avait jamais navigué jusqu’alors, bien que grand spécialiste des multicoques avec un palmarès éloquent, le baulois bénéficiera d’une préparation plus que réduite par rapport à ses concurrents, avec un déficit de navigation ces dernières années (malgré son passage chez Artemis lors de la dernière America’s CUp). Ces dernières courses en solo se sont déroulées en 60′ IMOCA, et sa dernière en multicoque date d’il y a 12 ans maintenant, qui plus est le skipper pourrait être moins affuté physiquement que la plupart des concurrents de cette classe Ultime.

Les plus :

– le bateau tenant du titre

– la connaissance des multicoques du skipper

Les moins :

– la préparation physique du skipper

– le manque d’entrainement sur le trimaran

http://www.youtube.com/watch?v=bpfb6eSQRM0

  •  Yann Guichard sur Spindrift 2

Probablement une des plus grande inconnue de cette Route du Rhum, Yann Guichard est probablement le meilleur spécialiste actuel du multicoque en France, avec des navigations sur de multiples supports (D35, Extreme 40, AC45, 60′ ORMA, 77′ sur la Route du Rhum 2010, MOD 70, maxi multicoque), et une écurie fondée avec Dona Bertarelli qui lui offre un programme de navigations conséquent, mais centré sur l’équipage.

Le potentiel de vitesse du trimaran de 40m est supérieur en équipage à celui de l’ex Groupama 3, le bateau a été adapté autant que faire se peut à l’exercice du solitaire avec un mât raccourci, la suppression de la bascule de celui-ci, l’adoption du vélo pour alterner effort avec les bras et les jambes.

Le passage du trimaran dans la mer et le vent fort sera inégalé sur le plateau des ultimes, mais reste à exploiter au maximum les capacités du multi en solitaire, le skipper risque d’être obligé à sous toilé son trimaran afin d’anticiper les changements météos, alors que les petits « multis pourront enchainer ces manoeuvres.

Le skipper avoue également que le moindre soucis technique sera ingérable en solitaire.

Les conditions météos musclées prévues les premiers jours pourraient l’avantager si il arrive à tirer le maximum du potentiel de son bateau gérable, mais la seconde partie de course avec des conditions changeantes pourraient lui être moins favorable. Reste aussi la faisabilité d’une transat sur ce géant, peu de gens pariaient sur Franck Cammas il y a 4 ans, Yann Guichard déjouera peut être une nouvelle fois les pronostics.

Les plus :

– la vitesse du bateau dans des conditions de mer difficiles et les vents forts

– la connaissance du support par le skipper

Les moins :

– la capacité à gérer un bateau aussi puissant

 

 

 

Les Ultimes « intermédiaires »

  • Francis Joyon sur Idec Sport

Francis Joyon avait terminé second lors de l’édition 2010, son objectif reste le podium, malgré le déficit de puissance de son plan Irens/Cabaret de 2007 par rapport aux derniers nés de VPLP. Il peut tirer son épingle du jeu si les conditions après le coup de vent du départ sont variables, le bateau étant très polyvalent quelque soit les conditions.

Le marin aligne un palmarès éloquent sur son trimaran puisqu’il a été détenteur de tous les records en solo, avant de se faire déposséder de quelques uns par Armel le Cléac’h, il lui reste cependant les deux plus difficiles, l’Atlantique Nord et le tour du monde.

Le skipper part donc sur un bateau éprouvé et fiabilisé, avec 20000 milles au compteur et peu d’avaries, même si le trimaran est rustique, il n’en est pas moins relativement performant. De plus il le connait par coeur, il le prépare quasi seul, et semble capable de parer à la plupart des avaries possibles, et le mènera au maximum de son potentiel sur cette course, alors que d’autres pourraient être tentés d’agir avec plus de retenue.

Les plus :

– un palmarès inégalé en solitaire

– trimaran polyvalent et parfaitement adapté au skipper

Les moins :

– déficit de performance face aux trois grands ultimes

 

 

L’interview par Voiles et Voiliers

  • Lionel Lemonchois sur Prince de Bretagne

Le skipper est double vainqueur de la Route du Rhum dans deux classes différentes (60′ ORMA en 2006 sur Gitana 11, avec le record actuel de l’épreuve), et en Multi 50′ en 2010), il espère le triplé.

Il est parfaitement aguerri à l’exercice du solitaire et reste un très grand spécialiste du multi et un équipier recherché, sur « son » projet il a adapté une plate forme de 60′ ORMA (l’ex Sodeb’O) à sa main et avec comme objectif cette course.

Le skipper a gardé une largeur suffisante gage de puissance et une longueur modérée afin que le trimaran soit évolutif quelques soit les conditions sur l’Atlantique, il n’aura gardé de la plate forme initiale que les bras, la bôme, les appendices et l’accastillage. Le trimaran semble un bon compromis puisqu’il reste tout à fait maniable dans toutes les conditions et assez rapide.

Malgré tout, le skipper sait son trimaran un peu moins performant que les gros ultimes dans des conditions fortes, le mât basculant lui donnera un avantage dans des conditions plus légères et le skipper est capable d’accélérer si les conditions lui sont favorables, sans se pauser de questions sur sa capacité à mener le bateau en solo.

 

 

 

 

Les « petits » Ultimes, les trois « MOD » 70

La classe monotype initialement crée pour des courses en équipage ayant périclité, les équipes possédant un  MOD 70 ont pour deux d’entre elles adapté les plate forme à l’exercice solitaire. Yann Eliès est arrivé très récemment à la barre de Paprec, alors que ses deux concurrents directs ont beaucoup plus d’expérience à la barre de ces trimarans.

 

  • Sébastien Josse sur Groupe Edmond de Rothschild

Le skipper du Gitana Team sera probablement le concurrent le mieux armé parmi ces trois petis Ultimes. Il est à la barre du trimaran depuis 2011 et a beaucoup navigué sur ce support. Il s’est beaucoup entrainé pour cette course, en multipliant les sorties en solitaire, il a également remporté la Jacques Vabre l’année dernière en double, faisant une quasi répétition de ce qu’il pourrait rencontré pendant cette course.

Le trimaran est également celui qui a été le plus modifié, des ballasts ont été ajoutés, la casquette a été élargie afin que le skipper n’ait pas à descendre dans le bateau, il est équipé d’un système anti chavirage maison sécurisant.

Et plus important côté performance, le Gitana Team a mis en place des safrans en T avec un plan porteur à l’extrémité de ceux-ci avec un réglage d’incidence, ces appendices permettent de gagner quelques noeuds en sustentant plus le bateau qu’avec les seuls foils et safrans classiques et permet le limiter le tangage et donc de stabiliser le multicoque notamment à haute vitesse.

Le podium parait difficile à briguer pour Sébastien Josse avec des conditions musclées au départ limitant le bénéfice d’un petit bateau manoeuvrant et moins sollicitant physiquement, il visera vraisemblablement la quatrième place.

Les plus :

– trimaran le plus perfectionné des MOD 70

– skipper bien préparé

Les moins :

– déficit de vitesse et de puissance face aux gros ultimes

– première course en solitaire en multicoque

 

L’interview par Voiles et Voiliers

http://www.youtube.com/watch?v=OdSPV7ru3W0

 

  • Sidney Gavignet sur Musandam/Oman Sail

Sidney Gavignet avait débuté en multicoque solo il y a quatre ans, sur un quasi sistership d’Idec et Sodeb’O maxi (le plan Irens Cabaret, non engagé sur cette édition), mais avait été contraint à l’abandon suite à la casse d’un flotteur et au chavirage.

Cette fois-ci le skipper s’est beaucoup entrainé et connait parfaitement son MOD qu’il barre depuis 2012, le trimaran est cependant moins bien armé que celui de son concurrent Sébastien Josse, puisqu’Oman Sail n’a pas développé les appendices du bateau.

Le record du tour des iles britanniques a cependant mis le skipper en confiance et celui-ci fera de son mieux pour bien faire sur cette course.

Les plus :

– grande expérience du marin en course au large

Les moins :

– le potentiel du trimaran

http://www.youtube.com/watch?v=gpgbRZul_50

  • Yann Elies sur Paprec Recyclage

Yann Elies sera probablement le moins bien armé pour cette course, malgré son expérience en équipage sur des maxis multicoques et en équipage plus réduit ou en double en Multi 50′, il n’aura que peu navigué sur son MOD. Celui-ci ne possède pas non plus les appendices perfectionnés de Groupe Edmond de Rothschild.

L’objectif du skipper sera avant tout de terminer sa première course en solitaire en multicoque, si possible en plaçant au moins un autre MOD derrière lui.

http://www.youtube.com/watch?v=Dd9XGXeCvRY

Armel le Cléac’h forfait pour la Route du Rhum

Le skipper du maxi trimaran solo Banque Populaire VII doit déclarer forfait pour la route du Rhum 2014 dont le départ sera donné le 2 novembre. Armel le Cléac’h est contraint de renoncer à cette transatlantique en course, suite à une blessure a la main ayant entrainé une section tendineuse et d’un nerf, ce qui le contraindra à rester plusieurs mois sans compétition.
Ce forfait tombe au plus mal pour le team Banque Populaire puisque le skipper était parfaitement préparé et disposait du bateau vainqueur de la dernière édition (ex Groupama 3, Franck Cammas). Reste à trouver un skipper de remplacement, le nom de celui-ci devrait être connu la semaine prochaine, plusieurs équipiers du team sont susceptibles de se substituer au skipper titulaire, tout comme plusieurs marins habitués des grands multicoques.

Du côté des concurrents, Sodeb’O Ultim’ de Thomas Coville et Idec de Francis Joyon sont actuellement chez Multiplast pour un chantier avant la course, Thomas Coville dispose déjà de sa qualification qu’il a effectué à son retour de Guadeloupe.

Yann Guichard sur Spindrift 2 est quand à lui en train d’effectuer ce parcours de qualification, après un court arrêt à Horta suite à la casse d’un safran de flotteur consécutif à un choc avec un OFNI. Le bateau devrait également subir un check up en septembre.

En Multi 70, Sébastien Josse, le skipper de Groupe Edmond de Rotshchild est également qualifié, Sidney Gavignet sur Oman Sail et Yann Eliès sur Paprec devront aussi satisfaire à ce préambule dans les semaines à venir.

Route du Rhum, les mises à l’eau s’enchainent

  • Le Gitana Team a remis à l’eau le Multi 70′, Groupe Edmond de Rothschild sur lequel Sébastien Josse s’alignera à la prochaine Route du Rhum. L’essentiel du chantier d’hiver a porté sur la mise en configuration solo du bateau initialement prévu pour 6 équipiers, l’ensemble de la table à carte a été ramenée sous la casquette qui dispose de plus de volume, le pilote automatique installé pour la Transat Jacques Vabre a été doublé afin de pallier à une panne. Le trimaran a également été allégé avec u nouveau moteur et de nouvelles voiles, ainsi que la suppression de tous les aménagements intérieurs. Enfin élément le plus innovant pour Gitana XV, des safrans en T.

Sébastien Josse  : « L’objectif de ces nouveaux safrans de flotteurs est de diminuer le tangage du bateau dans la mer. Cette plus grande stabilité devrait nous permettre un gain significatif sur la vitesse moyenne ainsi que dans la conduite du bateau. L’idée n’est pas de faire voler le trimaran… en tous cas pas pour l’instant !» 

Antoine Koch, le responsable du bureau d’études Gitana : « Le temps dont nous disposions cet hiver était trop court pour réaliser l’ensemble des modifications imaginées à l’origine : safrans, foils, travail sur le plan de voilure … Ces nouveaux appendices ne sont qu’une première étape dans ce que nous souhaitons mettre en place par la suite. Le but est bien de faire encore évoluer la plateforme de Gitana XV »

  • Un autre Multi 70 sera en lice pour cette Route du Rhum, Oman Sail Musandam de Sydney Gavignet, le skipper va enchainer les navigations en équipage jusqu’en août, puis peaufinera sa préparation à partir de septembre.
  • Yann Guichard poursuit quand à lui la montée en puissance sur le Maxi trimaran Spindrift 2 avec un record sur l’Atlantique Nord en équipage, dont le stand by débutera en juin, il s’entrainera ensuite en solitaire. Armel le Cléac’h a pour sa part largué les amarres de Banque Populaire VII, l’autre géant de ce Rhum (ex Groupama 3), il s’alignera sur le même parcours en solo.
  • Le Multi 80, Prince de Bretagne, le multi mené par Lionel Lemonchois est en chantier à Lorient, suite à son chavirage, l’équipe technique s’attelle à la remis en état du trimaran afin que le skipper puisse reprendre les navigations au plus vite, probablement début juillet.
  • Le « nouveau » Sodeb’O de Thomas Coville, est sorti du hangar Multiplast, l’ex Géronimo d’Olivier de Kersauson est méconnaissable (nouvelle coque centrale, remplacement de l’avant des flotteurs etc.). Les finitions sont en cours et la mise à l’eau est prévu pour le 19 mai.

Séb Josse et Charles Caudrelier remportent la Transat Jacques Vabre en MOD 70

Sébastien Josse et Charles Caudrelier sur le MOD 70 Groupe Edmond de Rothschild ont remporté aujourd’hui la Transat Jacques Vabre. Ils ont franchi la ligne d’arrivée à Itajaí au Brésil à 18h03’54’’ (heure française) après 11 jours, 5 heures, 3 minutes et 54 secondes de course, soit une vitesse de 20,7 nœuds sur la route (22,12 nœuds de vitesse moyenne), le duo aura mené la course de bout en bout devant leur adversaire Oman Air-Musanda, mené par Sidney Gavignet et Damian Foxall. Les deux marins naviguant sur le trimaran omanais avaient pourtant refait une partie de leur retard dans la traversée du pot au noir avec seulement 2 heures d’écart au passage de l’équateur, puis se réduisant à 20 milles (en distance au but), à 48 heures de l’arrivée, mais les skippers du MOD70 du Gitana Team aidés par  leurs routeurs à terre,  Jean-Yves Bernot et Antoine Koch, ont parfaitement négocié l’arrivée sur le Brésil et remportent donc cette course.

 

Leur sentiment à l’arrivée :
Charles Caudrelier : « Je ressens du soulagement car ces bateaux sont stressants. On vit avec la peur permanente du chavirage, il faut trouver la bonne limite. Niveau stress, fatigue et dépassement de soi, cette Transat Jacques Vabre dépasse largement tout ce que j’ai pu faire avant. Nous avons mené la course depuis le début mais le retour d’Oman Air-Musandam ces derniers jours nous a fait peur. Je ressens aussi du bonheur, et de la fierté : je réalise un rêve de gosse. »
Sébastien Josse : « C’est effectivement un soulagement d’arriver à Itajai. En monocoque, la quille apporte une sécurité. En multi, le stress est omniprésent. On s’est fait une grosse frayeur au large de Gibraltar : je me suis endormi et nous avons failli chavirer par l’avant. J’ai eu le réflexe de tirer la barre, le flotteur a planté dans l’eau. Le bateau est heureusement retombé du bon côté. On ne pouvait même pas se préparer une boisson chaude : pas de petits plaisirs à bord d’un MOD70, rien de superflu. »

La navigation en double en MOD70 :
Sébastien Josse : « En équipage on est toujours très proche de la limite. Nous avons essayé de nous approcher de cette limite en double. Nous avions un bon rythme. Il fallait trouver le bon curseur face à Sidney Gavignet et Damian Foxall qui savent eux-aussi pousser leur bateau. Le mot d’ordre : garder la plateforme à plat en allant vite.»
Charles Caudrelier : « C’était très usant car il y avait en permanence l’un de nous deux à la barre. Et on ne la lâchait pas pendant nos quarts. Pour faire la moindre action il fallait réveiller l’autre. Dans les grosses conditions, on ne peut pas se permettre d’aller régler seul une voile sans prendre un risque de chavirer. L’autre option aurait été de ralentir : mais sommes des compétiteurs donc on n’a pas fait ça. On a eu une météo exceptionnelle, des conditions très rapides. Ce qui nous a permis d’aller quasiment aussi vite qu’en équipage.Nous avons beaucoup travaillé ensemble en amont, nous nous connaissons bien. On a bien préparé notre coup. Nous avons tous les deux une bonne expérience du solitaire et du double. »

Début de course sans problème pour les MOD, un chavirage en 50′

Après 4 jours de course, les duos engagés sur la Transat Jacques Vabre  dans les classes multicoques ont désormais tous parés le Cap Finistère.

En MOD 70, les deux bateaux en course ont déjà passé les Canaries, après avoir dégolfé sans réel problème malgré des conditions soutenues. Les trimarans suivent la même trajectoire avec un avantage pour Groupe Edmond de Rothschild mené par Seb Josse et Charles Caudrelier, Oman Air Musandam, de Sidney Gavignet et Damian Foxall pointent à 45 milles du leader. Ils devraient entrer dans le pot au noir d’ici 48 heures.

Sébastien Josse : «Nous avons actuellement 14 nœuds de vent, la mer est quasiment plate (1,5 mètres). Ce devrait être notre première journée de navigation au sec depuis le départ ! On ressent nettement le changement de température et le soleil est enfin de la partie ; il va falloir bien se protéger à la barre. Juste après le dévent de Madère, nous avons fait notre premier beau planté de la Transat. J’étais à la barre, le bateau sous gennaker et un grain est arrivé. Dans l’abattée, le bateau a enfourné»

Damian Foxall : « Nous avons modifié les réglages du bateau durant les six dernières heures, et nous allons maintenant un peu plus vite. Notre safran central est remonté, nous avons donc dû ralentir pour le remettre en place, mais tout va bien maintenant, même si nous avons perdu un peu de terrain sur Gitana, nous allons nous battre pour revenir. Nous sommes plutôt contents de ce que nous sommes en train de faire. Nous sommes toujours dans du vent d’est, ce qui nous permet de faire route à l’ouest, et c’est ce que nous devons faire. Nous avons dû monter dans le mât au large du Cap Finisterre pour débloquer une drisse, ce qui nous a coûté quelques milles. Quelques autres petits soucis se sont ajoutés et nous ont fait perdre quelques milles de plus, mais nous nous en sortons bien et nous espérons les rattraper, il y a encore un long chemin à parcourir ! »

Les MOD 70 dans le raz de Sein

En Multi 50, le Golfe de Gascogne a contraint l’équipage de Maitre Jacques a stoppé, en effet les deux Loic (Fequet et Escoffier) ont vu l’étrave tribord de leur flotteur se casser nette avant hier. Les skippers ont rejoint la Corogne sans assistance.

Loïc Féquet : « Nous avions eu une nuit difficile, mais le vent et la mer ont été beaucoup moins forts que ce qui avait été annoncé. Nous avions d’ailleurs fait un contre bord à l’ouest à l’entrée du golfe de Gascogne (sur les conseils de notre routeur), non seulement pour éviter la mer plus formée dans le sud du golfe, mais aussi en prévision de la redescente sur le cap Finisterre. Le vent était même tombé à 10 nœuds samedi matin, et nous attendions d’être sûrs qu’il ne se renforce pas trop pour renvoyer de la toile. Les deux vagues qui ont provoqué la casse du flotteur n’étaient pas plus grosses que les autres, et nous n’attaquions pas du tout. D’où l’hypothèse de l’usure… «Nous avons pas mal échangé à ce sujet avec notre équipe et l’architecte du bateau. C’est encore difficile à dire, mais il semble que l’âge du bateau*, mis à l’eau en 2005, soit une cause assez plausible. 

Lorsque le flotteur a cassé, nous n’avions pas des conditions dantesques et nous naviguions de façon à préserver le bateau justement. Nous étions à 100° du vent, avec deux ris et la trinquette, il y avait 20 à 25 nœuds, et la mer était maniable. Cela n’avait rien à voir avec les conditions vraiment musclées rencontrées il y a deux ans sur cette même Transat Jacques Vabre. 
Une cause possible serait aussi qu’il y ait eu un point d’impact un jour, lors d’une manœuvre ou à cause d’une grosse vague et que cela ait créé un point de faiblesse… »
Aujourd’hui nouvelle déconvenue dans la classe hier au soir, Lalou Roucayrol et Mayeul Riffet sur Arkema ont chaviré à 200 milles des côtes portuguaises. Ils naviguaient au contact de Fenêtréa Cardinal au moment de l’incident, le duo n’a pas demandé d’assistance, un remorqueur a été affrété, la plate forme a été sécurisée et le trimaran sera retourné avant de rejoindre Lisbonne.
Les explications sur le chavirage,  Mayeul Riffet : « On avait 12-18 nœuds de vent, le bateau est parti au lof, les safrans ont décrochés, et en 3 secondes le bateau s’est retrouvé à l’envers. On a voulu choquer, c’était bien trop tard. On était sous gennaker donc ça a enfourné quand même. J’étais à l’intérieur, j’ai essayé de sortir mais je n’y suis pas arrivé. Lalou (Roucayrol) est arrivé à nager par dessous et rentrer par la petite trappe. Le trimaran, ou tout du moins la plateforme, est complètement sécurisé. Nous avons passé la matinée et le début d’après-midi dans l’eau afin de couper tout ce qui trainait sous le bateau. Il restait quelques morceaux du mât et nous avons tout lâché. Toute la nuit dernière, la bôme et le reste du mât tapaient dans la coque centrale et nous avions peur que cela crée des dommages plus importants. Il y a encore beaucoup de mer et nous sommes ballotés dans tous les sens. Nous avons la chance d’avoir de l’énergie pour recharger le téléphone satellitaire, à boire et à manger. Cette nuit, nous ferons des quarts de surveillance à l’extérieur du trimaran pour éviter toute collision avec d’autres navires. Nous sommes bien sûrs très secoués et attendons avec grande impatience que notre équipe et le remorqueur viennent à notre rencontre. »
Deux des favoris sont donc hors jeu, Yves Le Blévec et Kito de Pavant ont quant à eux fait un arrêt technique à Madère pour réinstaller une pièce de l’anémomètre en tête de mât d’Actual. L’arrêt a duré environ une heure, le duel face à FenêtréA-Cardinal (Erwan Le Roux/Yann Elies) a donc repris. Les deux trimarans ont pris un cap à l’Ouest afin d’aller chercher de la pression.

Virbac Paprec 70 a chaviré

Jean-Pierre Dick et Roland Jourdain ont chaviré en tout début d’après midi lors d’un entrainemen sur le MOD70  VIRBAC-PAPREC 70, ils naviguaient au large de Belle Ile dans 15-20 nœuds de vent en vue de la Transat Jacques Vabre.
L’équipage est sain et sauf, les opérations de récupération sont en cours avec l’aide du Cross, de la SNSM et de l’équipe technique.

©Virbac-Paprec Sailing Team

C’est le second MOD 70 à chavirer après Spindrift racing cet été lors de la Route des Princes, Yann Guichard avait donc renoncé à la transatlantique suite à cette avarie, le plateau de la Transat Jacques Vabre dans la classe se réduira donc à un duel entre Groupe Edmond de Rothschild (Sébastien Josse-Charles Caudrelier) et Oman Air (Sidney Gavignet-Damien Foxall).

Jean-Pierre Dick : « Je suis encore sous le choc. Tout est allé très vite. J’ai vu une forte risée arriver par derrière. J’ai choqué le chariot de grand-voile mais certainement pas assez. Tout a basculé très vite, je suis tombé de très haut, j’ai heurté quelque chose et suis tombé à l’eau. C’était violent. Heureusement, j’ai pu rejoindre le bord très vite. J’ai vite eu mal au dos. Nous avons attendu les secours dans la tristesse. »

Roland Jourdain : « Nous naviguions dans 15 nœuds de vent établi mais irrégulier avec des rafales à 18-20 nœuds. Les conditions étaient maniables. Brusquement, Il y a eu une risée plus forte que les autres. Le bateau est monté, monté. Il est resté stationnaire pendant quelques secondes interminables. J’ai choqué le solent. Nous pensions qu’il allait tomber du bon côté… Et non le bateau a chaviré. J’ai eu très peur pour Jean-Pierre. C’est mon premier chavirage, je suis chaviré. »

Edmond de Rothschild et Arkema vainqueurs de la Route des Princes

Cette dernière off-shore de la Route des Princes aura de nouveau été très disputée dans la classe des MOD70, en effet Oman Air Musandam et Edmond de Rothschild pouvaient prétendre à la victoire finale hier au moment de départ de ce dernier sprint à destination de Morlaix.

L’équipage de Sidney Gavignet  était le premier à franchir le  point de passage obligatoire au niveau de Land’s End hier, pui c’était Sébastien Josse et ses hommes qui empochaient le point bonus au passage de la Roche Gautier.

L’équipage du MOD 70 Edmond de Rothschild décrochait dans la foulée sa première victoire d’offshore sur cette route des princes et s’adjugeait la première place au général. Oman Air-Musandam  prenait la 2e place sur cette étape et au général. Spindrift prend la troisième place,  malgré son chavirage en baie de Dublin le 22 juin dernier en raison du système d’attribution des points spécifique de l’épreuve,  Virbac-Paprec 70 termine 4e , malgré tout l’équipage de Jean Pierre Dick n’aura pas démérité sur cette course, en restant le plus souvent au contact de la flotte.

Sébastien Josse, skipper du MOD70 Edmond de Rothschild :

« On arrive à gagner l’épreuve en remportant la dernière étape. C’est la victoire qui nous manquait au large. Le Large où on n’avait pas connu beaucoup de réussite depuis le début de l’épreuve. Là, on a navigué au contact. On n’a pas très bien régaté au début. On a joué au chat et à la souris avec Oman Air-Musandam jusqu’à cette nuit. Ensuite, on a entamé une petite bataille d’empannages et on a tiré notre épingle du jeu au petit matin en passant Roche Gautier en tête. Après, on a contrôlé. On a essayé de naviguer au mieux pour franchir la ligne d’arrivée le plus vite possible. On voulait que ce soit le plus propre possible. On voyait que Virbac-Paprec 70 n’était pas très loin et on ne savait pas ce qui pouvait se passer avec la renverse du courant. On s’est dit que plutôt que de stresser sur la fin du parcours, il fallait continuer à faire au mieux pour ne pas avoir de regret. Le bilan est très positif. L’année dernière, sur l’European Tour MOD70, on n’avait pas très bien marché mais on avait montré notre potentiel. Cette année, on confirme notre potentiel et c’est une bonne chose. On a quand même un peu manqué d’audace sur certaines étapes off-shore mais une fois que chacun a eu trouvé ses marques à la fin, c’était plus facile. C’est plus que satisfaisant. »

Sidney Gavignet, skipper du MOD70 Oman Air-Musandam :

« C’est très râlant, en arrivant j’étais un peu triste, j’aurais bien aimé offrir ça à l’équipe, au sponsor, à la famille, et je n’ai pas réussi. C’est une belle deuxième place, on a animé la course, on a été de bons acteurs. Je suis très content de l’ambiance qu’il y avait dans l’équipe, pour un skipper c’est très important, ça veut dire que tu fais une bonne partie du boulot. Toute l’équipe avec les omanais, on a augmenté notre niveau de jeu, Farhad a progressé, Ahmed est tout jeune, c’est une bonne recrue.

Sur la dernière manche, il fallait aller plus à l’est de tout le monde, et Edmond de Rothschild a réussi a nous pousser, il ont bien joué.

C’est une très belle course, je voulais remercier Prince de Bretagne, on a beaucoup de chance d’avoir un sponsor qui organise une si belle course. »

© M. Mochet/RDP

Jean Pierre Dick, skipper du MOD70 Virbac Paprec 70 :

« On est parti au près jusqu’à Wolf Rock cette nuit et ça a été assez orageux. Cela a donc créé quelques surprises. De notre côté, on a tiré un petit bord qui nous a été un peu fatal. Du coup, on est passé troisième mais on est arrivé à bien se refaire sur  le bord de portant et on a passé la bouée Roche Gautier très près d’Oman Air-Musandam qu’on a doublé ensuite. Malheureusement, il a bien tricoté après et on est arrivé quelques secondes derrière lui. La satisfaction, c’est qu’on a navigué au contact avec les cadors de la série et ça c’est une bonne chose. La petite déception, c’est qu’on soit derrière bien sûr, mais Paris ne s’est pas fait en un jour. Il faut un peu de temps. On a beaucoup appris. Dans les transitions, on manque toujours un peu de fluidité et on perd un peu pied à certains moments mais bon, ça se joue vraiment dans le détail. On est un peu déçu de terminer 3e mais ce n’est pas grave, on va vite passer à autre chose. »

Yann Guichard, skipper du MOD70 Spindrift :

“Je tiens vraiment à saluer le vainqueur de la course Edmond de Rothschild pour sa victoire dans la course, ils ont été notre concurrent le plus redoutable pendant les épreuves. Notre chavirage à Dublin a fait s’évaporer toutes nos chances de victoire sur la Route des Princes, mais grâce à tous les points engrangés sur les premières étapes, nous terminons quand même sur le podium et pour ça on est super contents”.

En Multi50, Erwan le Roux, sur FenêtréA Cardinal a remporté cette dernière étape devant Lalou Roucayrol, malgré un bel enchainement de performance sur la fin de course, l’équipage de FenêtréA Cardinal (ex Crèpes Whaou 3) termine à la seconde place du général, Lalou Roucayrol remporte l’épreuve sur le dernier Multi50 mis à l’eau. Le skipper d’Arkema réalise une superbe performance et s’est assuré du potentiel de son trimaran, « dérivé » d’Actual. Yves le Blévec termine 3ème de l’étape et au général, devant Gilles Lamiré qui découvrait son nouveau bateau, l’ex Prince de Bretagne, vainqueur de la Route du Rhum 2010.

© M. Mochet/RDP

Erwan le Roux, skipper du Multi50 FenêtréA-Cardinal :

« Sur cette quatrième étape, on a fait la course parfaite. Il fallait partir devant et c’est ce qu’on a fait. On est sorti de Plymouth bien en tête et on a attaqué le bord de portant pour aller sur les Minquiers en confiance, avec un peu d’avance sur les copains. En fin de nuit, on a vu un Lalou (Roucayrol) conquérant arriver, et nous passer comme une fusée. Je crois que son bateau est fait pour le portant et on n’a rien pu faire. Il ne manque pas grand-chose pour qu’on prenne ce fichu point de bonus spécial qui nous aurait permis d’être devant mais voilà… Après, on a cravaché pour revenir sur lui, même si on savait qu’on ne gagnerait plus la Route des Princes. Cependant, on voulait la victoire d’étape et on est allé la chercher au plus près des cailloux, dans le courant… On a tout fait. C’était très sympa, on a fait une belle navigation. Je pense qu’on a montré un bel état d’esprit et je suis assez fier de mon team. Sur la course, on a été un peu un diesel, il aurait fallu une 5e étape ou des points sur les in-shore (rires), mais bon, c’est comme ça ! En tous les cas, je suis super content pour Lalou. C’est un nouveau bateau dans la classe, il est bien servi et tant mieux pour lui et ses partenaires. Je crois qu’on a tous livré une belle bataille. Malheureusement, il faut un classement. Le plus triste dans l’histoire, je pense que c’est Yves (Le Blévec), mais on va aller le consoler quand il arrivera à terre ! »

Lalou Roucayrol, skipper du Multi50 Arkema-Région Aquitaine :

«On a fait une très belle descente sous gennak’ entre Eddystone et les Minquiers et franchement, on s’est régalé parce qu’il y avait 17-18 nœuds et du brouillard. C’était donc de la navigation au feeling et on marchait vraiment comme des avions. Cela nous a permis de repasser tout le monde parce qu’on était parti avec un peu de retard après s’être fait enfermé sur la ligne de départ. A partir d’Eddystone, on a commencé à attaquer un peu et on a doublé nos concurrents les uns après les autres. On a passé la bouée cardinale des Minquiers en tête, décrochant ainsi le point et demi de bonus spécial. Après, on s’est retrouvé un peu empétolé dans du clapot et c’était assez merdique. On a plutôt bien navigué mais on a eu un coup malheureux et Erwan Le Roux est repassé devant. En fait, il n’y a rien eu de très significatif sur la partie pour revenir jusqu’à Roscoff parce que c’était quand même très mistoufleux. Mayeul (Riffet) aime bien jouer avec la caillasse. On était à contre-courant tout le long et on est allé virer sous Code 0 à 10 mètres des rochers, au milieu des pêcheurs. C’était chaud mais ça a permis de découvrir le paysage (rires !). C’est la première régate du bateau et donc sa première victoire. Je suis super content pour toute l’équipe. Au total, c’est une belle récompense pour les 17 mois de construction et les 22 0000 heures de travail. Je suis super heureux. L’équipage et moi sommes aux anges. Au départ, on partait sur une course d’entraînement et au final, on gagne. C’est totalement inespéré. C’est le résultat de beaucoup d’efforts et de beaucoup de travail de plein de gens. C’est vraiment le top ! »

Yves le Blévec, skipper du Multi50 Actual :

« On est très content de terminer cette Route des Princes. C’est une épreuve vraiment sympa et son format est génial. Evidement, on est quand même un peu déçu de terminer 3e parce qu’on était bien parti dans cette manche et, hier, à la tombée de la nuit, il nous est arrivé un truc incroyable ! On est tombé dans un trou de vent alors qu’il y avait de l’air soutenu en Manche. On s’est arrêté complètement pendant une demie heure. Du coup, on a pris un retard énorme qu’on a rattrapé toute la nuit. On est arrivé pas très loin des autres aux Minquiers mais on a perdu grave. Ca, on le vit avec un petit peu d’amertume quand même. Le point de bonus, on le sentait bien parce qu’au portant on avait vraiment la vitesse. Mais cela fait partie du jeu de la régate et c’est pour compenser toutes les fois où on a eu de la réussite. Reste qu’il y a une vraie déception. Il n’empêche que les vainqueurs sont des beaux vainqueurs et que tout le monde s’est bien bagarré. Je pense qu’on a participé à un beau spectacle sur cette Route des Princes. On a appris plein de choses, l’équipage s’est super bien entendu. Ce sont vraiment de bons moments. On a globalement bien navigué mais évidement on aurait préféré être à la place de Lalou (Roucayrol). »

Gilles Lamiré, skipper du Multi50′ Rennes Métropole-Saint Malo agglomération:

« Le départ ne s’est pas trop mal passé à Plymouth. On était bien sorti du Sound mais après on a eu un grand bord de portant et c’est vrai que notre grand gennak est plus petit que celui des autres. On savait donc qu’on n’arriverait pas à tenir leur cadence. On a réussi à rester au contact avec Actual mais les autres se sont échappés. A la cardinale ouest Roche Gautier, on est un peu passé deux heures après les autres et on a subi l’influence du courant. On a eu notamment eu le courant défavorable plus longtemps que nos camarades. Après, évidement, c’était dur de recoller d’autant que c’était plutôt assez mou et brumeux. Côté bilan, nous sommes arrivés deux heures après les autres Multi50, ce qui  n’est pas non plus catastrophique. On en tire plutôt du positif, on a bien manœuvré sur cette étape qui ne laissait pas trop de place à la stratégie. On vient de récupérer le bateau et cette Route des Princes était une excellente occasion de se mesurer aux autres bateaux de la classe pour arriver à jauger un peu la concurrence. Cela nous a aussi obligé tout de suite à prendre le bateau en main et en quelque sorte cela a boosté notre apprentissage, c’est bien. »

Enfin, Lionel Lemonchois sur le maxi80 Prince de Bretagne, a terminé devant les MOD70 sur cette dernière étape, démontrant le potentiel de son trimaran, conçu pour les épreuves en solitaire, dont la prochaine Route du Rhum.

Cette épreuve, organisée par son sponsor aura été un beau succès sportif avec des courses inshore et offshore très disputées dans les deux classes.

© M. Mochet/RDP

Lionel Lemonchois :

« C’est toujours bien de finir sur une bonne note. C’est l’artichaut sur le gâteau ! On s’est bien arraché, il fallait qu’on passe devant pour faire un beau final. On voyait qu’on était mieux en vitesse. Mais depuis le début de la course, on arrivait moins facilement à transformer parce qu’on ne connaissait pas aussi bien le bateau, donc là on a transformé ce potentiel qu’on voyait au départ. On sait mieux l’utiliser qu’il y a trois semaines. Nous avons constaté depuis Valence une belle marge de progression. La Route des Princes, c’est génial ! Se balader en Espagne, au Portugal, on devrait le faire plus souvent ! C’est sympa de voir d’autre pays d’Europe, d’aller à leur rencontre. »

Oman Air et FenêtréA Cardinal remportent l’étape Dublin-Plymouth

Sidney Gavignet et son équipage sur Oman Air-Musandam ont devancé Edmond de Rothschild et le maxi 80 Prince de Bretagne à Plymouth, cette étape de très petit temps a été raccourcie par le comité de course. Les teams engagés sur cette route de l’Europe ont eu fort à faire avec ces vents ératiques et ont du jouer avec les courants pour prendre l’avantage, en MOD70, Sébastien Josse était parvenu à recoller à Oman Air le long de la côte sud de l’Angleterre, mais Musandam s’était de nouveau échappé dans une risée.

Au classement général des MOD70, Oman Air Musandam et Edmond de Rothschild sont à égalité de points avec 126 unités, Spindrift pointe encore à la troisième position devant Virbac Paprec 70.

En Multi 50′, c’est Erwan le Roux qui décroche la victoire d’étape, devant Arkema Région Aquitaine, Yves le Blévec longtemps au contact avec FenêtréA Cardinal, n’a pu empêcher le retour des deux trimarans. A noter qu’il existe une réclamation du comité contre Arkema concernant le non respect d’une zone de DST, ce qui pourrait priver Lalou Roucayrol de quelques points.

Au classement général provisoire en Multi5à, Actual conserve la tête avec deux points d’avance sue Arkema et 4 sur FenêtréA Cardinal. Gilles Lamiré est 4ème.

Sidney Gavignet, skipper du MOD70 Oman Air-Musandam : « On peut dire que cette troisième manche de la Route des Princes, nous sommes allés la chercher loin et que, du coup, on la mérite. En plus, il n’y a pas de réclamation à l’arrivé, ça c’est spécial. On va peut-être passer une escale tranquille. Je crois que l’on anime bien la course depuis le départ, de diverses façons. On est un acteur qui fait du jeu. On est très content de la navigation que l’on fait alors que l’on n’a pas de navigateur. On pensait que cela pouvait être une faiblesse et on s’en sort bien donc c’est un plaisir à faire. C’est stressant mais bon, on ne va se pas se plaindre. Si on fait ce boulot c’est que l’on aime aussi le stress mais quand même, vivement la fin de la semaine que l’on puisse se détendre ! (rires). Notre score n’est pas mal (2 étapes offshore sur 3), c’est vrai qu’on est là ! Près de Tuskar, c’était une histoire de courant. Il y en avait beaucoup plus que ce que disaient les cartes. On avait déjà remarqué ça à l’aller et on pense qu’il y avait facilement 4 nœuds de courant. On a voulu aller se protéger, on est allés sur les bancs de sable façon Figaro, en gardant un tout petit peu plus de sécurité quand même. Je pense que quand on a 2 nœuds de courant en moins et bien ça fait deux nœuds de vent en plus et donc ça fait la différence.On ne s’est pas trop vite emballé de notre avance, on savait que ce n’était pas nécessaire de se dépêcher parce que plus tôt on arriverait dans la pétole. Mais là, on n’a pas eu une réussite énorme. Quand les autres étaient à 3 milles de nous, on faisait un noeud et eux quatorze. On se dit que l’on aurait pu avoir un meilleur trou de souris, mais bon, on ne va pas se plaindre parce qu’après on a continué. On n’a pas baissé les bras. Ca s’est joué à vraiment pas grand-chose pour avoir le pont de bonus à Bishop. Ce qui est bien dans notre équipe, c’est que l’on ne baisse pas les bras. Quand les choses changent, on reste patient, on ne panique pas et du coup on arrive à se sortir de situations délicates. »

Sébastien Josse, skipper du MOD70 Groupe Edmond de Rothschild : « On ne pensait pas finir aussi près d’Oman Air-Musandam c’est sûr, vu le premier coup qu’il nous a fait dans le DST du canal Saint-Georges. Il est passé avec 60 milles d’avance au Fastnet. On ne pensait pas le revoir aussi tôt, on s’est un peu battu. On a vu que tout était possible au passage des Scilly. Il y a eu un gros regroupement la nuit dernière. On a repassé une deuxième fois le front qui nous avait arrêtés après Bardsey. On l’a repassé dans l’autre sens, Oman s’est arrêté. On a décidé d’attaquer un petit peu plus nord. C’était de nuit dans 3-4 nœuds donc il y avait beaucoup d’incertitudes. On ne voyait rien, on a tout fait aux sensations. Il fallait essayer de déplacer le bateau tant bien, au gré du vent qui tournait toutes les deux minutes. C’était une période assez sympa. On avait aussi un contrôle sur l’AIS, sur l’ordinateur … mais bon après, il a démarré plus vite et la messe était dite. Nous avons apprécié le petit bord de portant du Fastnet aux Scilly parce qu’après c’était plutôt « multicoque dans la pétole ». Ce n’est pas le plus agréable car les flotteurs tapent d’un côté et de l’autre. Cela s’arrête aussi vite que ça démarre. Dans ces cas là, il faut être patient et ne pas trop s’énerver. Il faut relativiser. On voit que dans cette classe des MOD70, rien n’est jamais avant la dernière étape. Ca se joue parfois à un point pour savoir qui est l’heureux gagnant. Au niveau du bilan, on aurait préféré gagner, maintenant on s’est bien battu. Bien sûr, il y a un peu de déception. On sait qu’il y a du niveau. On va continuer comme ça. On va tout donner sur le prochain in-shore et sur la dernière étape pour Morlaix. »

Jean-Pierre Dick, skipper du MOD70 Virbac Paprec : « Cet offshore n’a pas été venté, c’est le moins que l’on puisse dire. On a pris un beau départ, on passe la bouée en tête, mais après les choses se sont moins bien enclenchées, notamment au passage du DST où on a décidé de passer à l’ouest. Oman Air a pris la poudre d’escampette dans la nuit, il a pris une belle option. Nous sommes restés au contact malgré tout avec Edmond de Rothschild et Prince de Bretagne. On était un peu derrière et du coup dans la pétole on s’est fait largué un peu plus. Au Fatsnet, l’écart commençait à être difficile à rattraper. C’est forcément un peu frustrant de ne pas réussir à revenir, même si on ne termine pas trop loin en temps. J’espère que la prochaine manche sera meilleure ! On s’est posé la question de passer le DST près de la côte, mais cela semblait risqué. Oman Air est allé au bon endroit, chapeau ! Au Fastnet, il avait une sacrée avance. Après, au passage des Scilly, pendant une journée, c’était très pétoleux. On pensait revenir par-dessous, mais ça n’a pas été le cas. Nous avons tout de même réduit la distance. L’ambiance à bord est excellente, on est là pour apprendre, il n’y a pas de pression monstrueuse, mais on a tous envie de bien faire, car nous aimons la compétition. Finalement le petit temps ça ne fait pas de mal, après les conditions plus toniques auparavant. Nous continuons notre apprentissage… »

Lionel Lemonchois, skipper du Multi 80 Prince de Bretagne : « Le hook de la drisse de grand gennaker a cassé. Cet après-midi par mer plate, je suis monté en haut, et j’ai fait un brêlage pour mettre la drisse là-haut et ainsi pouvoir réutiliser le grand gennaker. Toute la partie sud Irlande avant le Fastnet, c’était du gennaker par petit temps, et finalement on s’en ai pas trop mal sorti, mais on aurait eu le grand gennaker, ça aurait été tout de même bien mieux. Même en descendant jusqu’au Scilly, on en aurait eu besoin. D’ailleurs, Edmond de Rothschild nous remet 30 milles dans la descente, parce qu’on on a été obligé  de faire deux empannages alors que lui allait tout droit. Après les scilly, le vent est tombé jusqu’à ce matin. C’était : courant, pétole, bruine, pas super beau temps. Il faut donc improviser, il faut essayer de faire avancer le bateau, de faire un peu de vent apparent, et faire avec les courants d’air qu’on a. Ce n’était vraiment pas rapide. Plusieurs fois, on a été à 0, le bateau était arrêté. Ces bateaux quand ils s’arrêtent, c’est exceptionnel.  Nous avons bien tricoté, mais on aurait eu ce grand gennaker, on aurait peut être été devant Edmond de Rothschild. Quand on a remis le grand gennaker cet après midi, tout de suite on a gagné deux nœuds et on a recollé Edmond de Rothschild , ça allait beaucoup mieux ! ».

Erwan le Roux, skipper du Multi50 FenêtréA Cardinal : « Cette étape a été compliquée, très compliquée ! A chaque fois on prend des beaux départs et on fait ce qu’il faut pour être devant mais on se fait avoir trente minutes après le coup d’envoi. Là, quelques milles après Dublin, Actual a empanne parce qu’il a été obligé de le faire et il nous a collé 13 milles d’un coup. Il a fallu cravacher pour revenir sur lui et une fois que ça a été fait, Lalou Roucayrol est parti de son côté, à droite. C’est sans doute ce qu’on aurait fait si on avait été dans sa situation, derrière. C’est comme ça qu’il nous a mis un caramel et qu’il a passé Bishop en tête. Mais comme on n’avait pas le Pos Report, on a pensé que c’était nous qui avions le point de bonus sauf qu’à un moment donné, on a regardé sous le vent et on l’a vu. On s’est dit que ce n’était pas possible et ça nous reboosté à 100% pour aller le chercher. On s’est accroché à ses basques pour partir avec lui et ne pas le laisser filer. A la fin, on a gardé le décalage qu’on avait créé toute la nuit puis d’un coup on est parti, sans trop savoir pourquoi. Il fallait avoir un peu de réussite, celle que l’on n’avait pas eue lors des deux premières étapes. Sur les derniers milles, il y a eu beaucoup de courant mais on avait du vent pour étaler, donc ça a été. Cette nuit, en revanche, ça a été un peu chaud. On culait presque. C’était un peu tendu, les vitesses n’étaient pas folichonnes. On a cravaché dur, on a continué à faire avancer le bateau à 100%, les gars n’ont rien lâché. C’est génial. On a essayé un système de quart un peu différent sur cette manche. Du coup, il y avait toujours trois personnes sur le pont. On avait toujours quelqu’un aux réglages. Idem à la nav. Donc on avait l’info et le retour de l’info. Alors, effectivement, on restait 6 heures sur le pont mais ça bien fonctionné. On est super content. Ca remet les compteurs à zéro. Je suis très content, du bateau et de l’équipage. »

Lalou Roucayrol, skipper du Multi 50 Arkema Région Aquitaine : « On a récupéré un pigeon bagué qu’on a hébergé, logé, nourri, blanchi, pendant plus de 24 heures et qui nous quand même sali l’intérieur du bateau. Si le pigeon n’avait pas été là, on n’aurait pas fait cette option incroyable ! Alors on se dit qu’il nous a porté chance ! En fait, on a eu du bol de rester au milieu, les autres allaient à la côte… Dans ce genre de course rien n’est jamais joué, on a tenté le tout pour le tout, on a eu la bascule et là bingo ! Mais c’est tellement incertain. Avec FenêtréA-Cardinal, on est resté côte à côte toute la nuit, à se doubler, à se repasser devant. Et ce matin, il est parti plus au large, tandis que sommes restés à la côte. Et voilà, FenêtréA est parti. Mais on est super content d’avoir joué dans le petit temps avec le bateau… On a mis au départ le code zéro, on l’a gardé jusqu’à l’arrivée. Tout le long, c’était le jeu de l’accordéon, c’était très aléatoire. Surtout qu’on a eu beaucoup de courant. Même 2-3 nœuds de courant, ce n’est pas à négliger. Aux Scilly, on était bien, et puis on est tombé dans la molle, on s’est fait aspiré par le courant…  On a fait de la marche arrière ! C’est beaucoup de fatigue nerveuse et physique parce qu’on est tout le temps sur les réglages. On a passé la nuit aux réglages. On est super content d’être là ! »

Yves le Blévec, skipper du Multi50 Actual : « C’était long, surtout cette nuit. Sur la cartographie, à un moment donné on est passé à un point puis on est repassé au même trois heures après : incroyable ! Pas de vent et du courant de face… On a essayé d’écrire Actual, le numéro du bateau… C’était n’importe quoi ! Avant Bishop, on était un peu à la bagarre avec FenêtréA-Cardinal, et Arkema – Région Aquitaine a choisi de traverser tout de suite le front contrairement à nous. C’était un bon coup. Après, ça a retassé. La nuit dernière, l’équipage d’Erwan Le Roux était juste 1,5 mille devant  nous, mais il s’est barré d’un coup. Je le voyais à l’AIS. A bord d’Actual, notre vitesse chutait à 3 nœuds alors que lui avançait entre 7 et 9 nœuds. Il a donc disparu. C’était complètement aléatoire. Après, lui s’est arrêté aussi mais il était déjà loin devant… et ça partait par devant. Après, au cap Lizard, on est allé un peu trop loin alors Rennes Métropole – Saint-Malo Agglomération a croisé devant nous. Il allait bien dans les petits airs et on est resté longtemps bord à bord. On les a doublés à une vingtaine de milles de l’arrivée. Cette étape était un peu compliquée. C’était dur de voir les autres partir, pourtant ça avait bien commencé. A Bradsey, on est passé avec un bon petit matelas d’avance. On était même devant les MOD70 pendant un petit bout de temps, c’était drôle. Après, on savait que ça allait revenir mais on a enchainé les coups sans réussite. Tout s’est un peu enchainé à l’envers. On savait que ce serait laborieux, ça l’a été. On n’a vraiment pas avancé. Le vent, c’était tout et n’importe quoi. Mais bon, c’est la vie et ça va donner du match dans la dernière manche. C’est super serré et c’est génial. Tout va se jouer en baie de Morlaix. »

Gilles Lamiré, skipper du Multi50 Rennes Métropole-Saint Malo Agglomération : « On craignait un peu cette étape parce que du temps mou était prévu et on dit souvent que notre bateau est plus à l’aise dans la brise. Au final, on est satisfait de notre étape parce qu’on était vraiment dans le match alors qu’on est toujours en phase d’apprentissage de notre trimaran. On a réussi à rester au contact avec tous les bateaux. On a passé l’île de Bradsey en deuxième position. Sur ce coup-là, on a bien navigué et au reaching sous code O dans du médium faible, on a vu qu’on était bien. La nuit dernière, on a eu une grosse molle. Tout le monde était scotché. On s’est battu toute la nuit et au petit matin on était bord à bord avec Actual. Ca c’était vraiment satisfaisant d’autant qu’on a vu aussi que les premiers ne nous avait pas trop distancé. Au près dans le petit temps,  on était un peu mieux qu’Yves Le Blévec en vitesse mais après sous gennak, il nous a redoublé. Au final, le bilan est plutôt positif car pour la première fois depuis le début de cette Route des Princes, on a vraiment été dans le match. Ca promet pour la suite. L’équipage à bien fonctionné. On a hâte de se retrouver sur la prochaine étape. J’espère qu’on aura un peu de brise pour avoir une autre configuration du bateau. »