Les Multi 50′ dans une nouvelle ère

La classe Multi50′ a pris des décisions importantes en fin de saison dernière, afin de renouveler sa flotte et d’attirer de nouveaux sponsors et skippers.
En effet la classe tombait petit à petit en désuétude, il avait donc été décidé d’exclure les anciens bateaux, afin de ne conserver que les plus récents et surtout d’autoriser les foils, sans toucher aux matériaux de construction des plates formes afin de limiter les coûts. Ces foils toujours dans un soucis de maitrise des coûts étant monotypes.

Le résultat est une classe qui reste attractive pour des PME avec un budget de’environ 2 millions d’euros pour un bateau neuf, et de moins de 500.000€ de budget de fonctionnement annuel, l’ajout des foils sur les bateaux déjà existants étant évalué à 200.000 €. Ces budgets sont donc bien éloigné de ceux des Ultimes (10 millions pour un bateau neuf) ou de l’IMOCA (4 à 5 millions pour un bateau neuf). Qui plus est la classe a réussi à organiser un championnat avec 7 épreuves alternant grand prix et courses au large.

L’arrivée des foils a, bien sûr, fait augmenter légèrement l’addition, mais elle a surtout permis de séduire les skippers. « Entre les études, le chantier que cela nécessite et la paire de foils, il faut compter 200.000 euros de plus », admet Tripon, ravi de son choix.

La première vraie confrontation a eu lieu ces derniers jours, dans le cadre du Grand Prix Guyader des Multi50. Au programme des runs de vitesse mais surtout des parcours côtiers sur lesquels le potentiel de ces multicoques océaniques pouvait pleinement s’exprimer. Même si les trimarans ayant adoptés les foils n’étaient pourvus que d’un seul appendice babord, suite à des délais plus importants que prévus de la part du fournisseur, l’effet boost espéré était bien ressenti par les différents équipages, puisque plusieurs d’entre eux ont frôlé ou dépassé les 40 noeuds dans des conditions de vent soutenu.

Au delà de la performance, c’est surtout le plateau réuni qui est un succès, avec cinq bateaux sur ce grand prix, et deux bateaux neufs sont par ailleurs en construction, Ciela Village pour Thierry Bouchard et Solidaires en Peloton-Arsep pour Thibaut Vauchel-Camus.

Sur cet événement, les trois des cinq engagés pourvus d’un foil se sont adjugés le podium : FenêtréA – Mix Buffet mené par Erwan Le Roux gagnant,  devant Arkema de Lalou Roucayrol et Réauté Chocolat d’Armel Tripon, 3ème. Eric Defert sur Drekan Groupe/Cegelec Finistère prenait la 4ème place devant la French Tech Rennes Saint Malo mené par Gilles Lamiré.

Erwan le Roux, vainqueur du GP Guyader en Multi 50′ :
« Nous sommes super content de gagner l’épreuve. Le bilan de ces quatre jours de course est vraiment positif. A bord, les gars ont vraiment bien bossé. Mathieu Renault a été impérial et Tom Laperche super efficace. Adam Currier et Clément Bouyssou se sont, eux, donné à fond physiquement après des mois de chantier pourtant difficiles. Ce bon résultat nous permet de valider pas mal de choses mais aussi d’aborder la suite de la saison plus sereinement. Reste que le fait que ça commence bien pour l’équipe n’est pas la seule chose de satisfaisante à l’issue de ce GP. Je suis super content de voir le niveau de la classe cette année, avec l’arrivée, à la fois, de nouveaux skippers et de nouveaux partenaires. La concurrence est très homogène et il va devenir de plus en plus difficile de gagner. C’est, évidemment, quelque chose dont je me réjouis.
Cette semaine, le plan d’eau de Douarnenez, assez exceptionnel il faut bien le dire, nous a offert des vitesses un peu affolantes avec nos foils. Cela étant dit, nous devons faire attention car nos bateaux ne sont pas forcément prévus pour aller à plus de 35 nœuds. Nous allons devoir analyser tout ça car aller vite, c’est bien, mais arriver de l’autre côté lors d’une transatlantique reste quand même la priorité. »,

Transat Québec Saint Malo, victoire et record pour Spindrift 2 en ultime, Arkema vainqueur en Multi50′

Le maxi trimaran Spindrift 2 de Yann Guichard et Dona Bertarelli remporte cette transat Québec Saint Malo dans la catégorie Ultime. L’équipage  aura bouclé cette course en un peu plus de six jours, améliorant le record de l’épreuve jusqu’ici détenu par Loïck Peyron (7 jours 20 heures 24 minutes) à bord du trimaran Orma Fujicolor II en 1996.

Son seul adversaire en « Ultime », le MOD 70 Musandam-Oman Sail avait chaviré à environ 700 milles du Canada. L’équipage a été récupéré par un cargo et déposé à Terre Neuve.Sidney Gavignet, Fahad Al Hasni et Alex Pella ont rejoint leurs foyers respectifs, tandis que Damian Foxall et  Mayeul Riffet, tentent de mettre en place une opération de récupération du trimaran.

Arrivée de Spindrift TQSM 2016 from Transat Québec St-Malo on Vimeo.

Yann Guichard, skipper de Spindrift 2 :
« On est vraiment très contents de remporter cette course. On l’imaginait un peu au départ qu’on descendrait en dessous de 7 jours mais finir à 6, c’est un beau chrono. Toute l’équipe a fait un super travail. J’avais participé à la transat en 2004, malheureusement j’avais du abandonner au milieu de l’Atlantique, donc là de la finir et de battre en plus le record c’est génial. C’était assez incroyable la traversée du Saint Laurent. C’était très étroit au départ et les premiers 50 milles sont assez difficiles. Heureusement nous sommes partis au portant avec Oman Sail. Cela a été une belle bagarre avec des rebondissements : un coup nous étions devant, l’autre coup c’était eux. On a finalement réussi à s’échapper juste avant la bouée de Gaspé sur un petit coup tandis qu’il reste dans une zone sans vent. Les meilleurs souvenirs sont cette sortie du Saint Laurent et le passage de Saint Pierre où il y avait du monde qui nous attendait en début de nuit avec 40 nœuds de vent, c’était un moment assez incroyable. Tout s’est bien passé à bord, on avait trois nouvelles personnes dont deux anglais. Ils se sont tout de suite acclimatés et ont pris la mesure du bateau. L’esprit était fantastique, le bateau est en parfait état il est prêt à repartir demain pour refaire une traversée de l’Atlantique ou faire un tour du monde. Avec Dona nous avons réussi à créer une équipe qui nous ressemble avec des personnes qui sont passionnées de la mer et aussi de la performance et là on l’a bien prouvé avec le bateau que nous étions capables de le mener rapidement à travers l’Atlantique. Le programme c’est de rester quelques jours ici à Saint-Malo où l’accueil a été très chaleureux, puis de ramener le bateau à notre port d’attache de la Trinité-sur-Mer et le préparer pour le prochain objectif qui est le Trophée Jules Verne l’hiver prochain ».

Dona Bertarelli, barreur régleur à bord de Spindrift 2 :
« C’était fantastique sportivement et humainement. Cela faisait plusieurs années que je voulais faire la Transat Québec Saint-Malo. La course est magnifique, le départ à Québec, le Saint Laurent, passer toutes ces marques qui sont historiques et mythiques comme le rocher Percé, Saint-Pierre-et-Miquelon et le Fastnet et puis l’arrivée ici à Saint-Malo, il y a plusieurs courses dans la course. Nous avons navigué à une vitesse réduite dans le Saint Laurent car il y a même des endroits où il y a des limitations de vitesse pour protéger les Belugas et on a également fait très attention à tous les cétacés qu’il y a dans la zone avant de pouvoir accélérer dans l’Atlantique. Il y a une multitude de choses dans cette course qui fait qu’elle est très belle et très spéciale. Nous sommes très contents d’avoir battu le record de Loick Peyron. C’est difficile de battre les records quand c’est un départ de course car on ne peut pas choisir notre départ et on doit donc composer avec la météo qui se présente. On a surtout pas eu beaucoup de vent sur l’arrivée ! Maintenant c’est un très beau chrono et on est fiers d’avoir fait ce qu’on a fait aujourd’hui »

 

En Multi50′, les arrivées se sont enchainées cette nuit, Arkema, skippé par Lalou Roucayrol  remporte la Transat Québec Saint-Malo, dans la catégorie Multi50 en 9 jours 9 heures 00 minute et 58 secondes, à la moyenne de 13,6 nœuds (3 254 milles nautiques sur le fond, à la moyenne de 14,46 nœuds).

Thierry Bouchard et son équipage parvenaient à accrocher la seconde place dans la catégorie sur Ciela Village en 9 jours, 10 heures, 42 minutes et 30 secondes, à la moyenne de 13,45 nœuds (3 214,60 milles nautiques sur le fond, à la moyenne de 14,18 nœuds).

Gilles Lamiré et ses hommes prenaient la 3ème place en Milti 50 à cinq minutes de Ciela Village seulement avec un temps de 9 jours, 10 heures, 47 minutes et 53 secondes, à la moyenne de 13,45 nœuds (3 272,65 milles nautiques sur le fond, à la moyenne de 14,43 nœuds).

Arrivée de French Tech Rennes Saint-Malo (VNR) from Transat Québec St-Malo on Vimeo.

 

Lalou Roucayrol, skipper d’Arkema :
« Une Transat extraordinaire! L’Atlantique en 4 jours, c’est fantastique pour nos Multi50 qui sont finalement des gros tris de sport. Très content pour l’équipage aussi. On a monté cette équipe avec César Dohy avec qui j’ai fait la Transat Jacques Vabre et Etienne Carra qui est mon préparateur et mon convoyeur. Il fallait quelqu’un à la navigation pour faire le lien. C’est Karine Fauconnier qui s’y est collée. Le bateau n’est pas facile et il fallait beaucoup de cohésion car c’est plus un bateau de solitaire. Je retiens la première victoire du bateau en transat, mais aussi ce beau travail d’équipe. On a des images plein la tête, les baleines de la Gaspésie, le passage magique à Saint Pierre et Miquelon. La passe à Henry est un goulet très étroit. On s’y est trouvé empétolé, sous la lune et les étoiles avec  des milliers d’oiseaux qui pillaient… étonnant. J’ai aussi eu une rencontre avec une baleine qui est sortie de l’eau 50 mètres devant le bateau. J’ai poussé la barre pour l’éviter, mais quelle belle vision. L’Atlantique a été très favorable, avec des conditions de record. On était en avant de la dépression, avec le vent qui rentrait sans avoir encore levé la mer. Cette Classe Multi50 est formidable. On est arrivé dans un mouchoir de poche au bout de 9 jours très intenses. »

 

Thierry Bouchard, skipper de Ciela Village :
« Pas du tout déçu, bien au contraire de cette deuxième place. La course a été magnifique, très engagée, très sportive, avec une arrivée super serrée. Gilles Lamiré était dans le rétro. Lalou était le plus rapide. La classe est homogène, malgré les architectes très différents. Ce sont les hommes qui ont fait la différence. Cette transat est extraordinaire. Du côtier dans le Saint Laurent, avec les courants, les vents très difficiles. L’Atlantique a été clément, et la Manche, comme d’habitude, très compliquée. Les trois bateaux battent le record, preuve de l’intensité de la course. J’ai adoré la régate au contact dans le Saint Laurent. »

Gilles Lamiré, skipper de la French tech Rennes Saint-Malo :
« Je suis fatigué. Je n’ai pas dormi depuis 36 heures. On s’est bagarré à couteaux tirés, entre marins qui s’apprécient. Les bateaux sont différents mais marchent superbement. Ces bateaux sont magiques, fantastiques. La Classe mérite de se développer davantage. On a eu de très belles conditions météos, pour tous battre le record. Personne n’a jamais rien lâché. Tous les passages de marques ont été magiques, Gaspé notamment. On a pris la tête dans la baie de Gaspé, au milieu du souffle des baleines. Incroyable. Je navigue avec des amis. Yvan Bourgnon est un grand marin qui nous fait progresser. Le projet continue de progresser depuis 10 ans et on va continuer ainsi… »

Transat Québec Saint-Malo : chavirage de Musandam-Oman Sail

Le trimaran Musandam-Oman Sail (MOD70), mené par Sidney Gavignet qui est engagé sur la Transat Québec Saint-Malo, a chavité tôt ce dimanche matin.
Le skipper français et ses équipiers omanais, Fahad Al Hasni, Sami Al Shukaili et Yassir Al Rahbi. ainsi que Damian Foxall sont en sécurité sur le bateau retourné, qui se situe à environ 450 milles nautiques à l’est de St-Pierre et Miquelon, au large du Canada.

Baptiste Morel/Voile-Multicoques.org

Baptiste Morel/Voile-Multicoques.org

Les opérations de sauvetage sont en cours afin de ramener les marins à terre.

Les Multi50 ouvrent la route sur cette transat (avec un départ dimanche dernier, alors que les deux ultimes engagés n’étaient parti que mercredi) et entament la dernière ligne droite avec moins de 850 milles avant l’arrivée.  Arkema mené par Lalou Roucayrol, est toujours sous la menace de Gilles Lamiré (French Tech Rennes St-Malo) et de Thierry Bouchard (Ciela Village) qui sont à une trentaine de milles du leader.

L’autre ultime en course, Spindrift 2 de Yann Guichard et Dona Bertarelli, poursuit sa route à haute vitesse, le trimaran a dépassé l’ensemble de la flotte des 40′ et prépare également son atterrissage sur la Bretagne.

 

Transat Jacques Vabre : FenêtréA Prysmian vainqueur en Multi 50, Ciela Village 2nd

Erwan Le Roux et Giancarlo Pedote sur FenêtréA Prysmian gagnent la Transat Jacques Vabre dans la catégorie Multi50, Erwan le Roux devient par ailleurs triple vainqueur de l’épreuve de même que son trimaran sur plans VPLP.  Ils ont bouclé le parcours en 16 jours 22 heures 29 minutes et 13 secondes à la vitesse moyenne sur l’eau de 15,06 nœuds.

Le duo aura dû faire face à des soucis de grand voile et a été contraint de naviguer sous voilure réduite depuis la latitude de Salvador de Bahia.

Ciela Village mené par Thierry Bouchard et Oliver Krauss avait également connu des soucis qui l’avait obligé à faire escale au Cap Vert pour réparer son étrave, les deux skippers arriveront dans la nuit et se classeront seconds.  Arkema a également dû s’arrêter pour réparer  à Salvador de Bahia pour renforcer sa coque centrale qui se délaminait.

Erwan Le Roux, skipper de FenêtréA Prysmian (Multi50)

« Chaque victoire est différente, celle-là a une saveur particulière surtout avec ce bateau. C’est trois victoires sur ce bateau. Ca m’a fait remonter beaucoup d’émotions. J’ai pensé à Hubert Desjoyeaux qui m’a accueilli pour construire le bateau avec Franck-Yves (Escoffier).Tous ces souvenirs remontent, c’est un bel hommage que je veux leur rendre aujourd’hui, c’est grâce à eux tout ça. Ils ont construit un super bateau, j’ai participé à la construction de ce bateau également. C’est vraiment un super bateau. Le plus bel hommage, c’est de gagner des courses. Je dédie à Hubert cette victoire, c’était un grand homme et un grand constructeur de bateau. Cette arrivée est pleine d’émotions. Ca n’a pas été facile, on a eu des moments difficiles, les 5-6 premiers jours… Nous vivions à plat ventre. C’était délicat. Vivre à l’intérieur, c’est compliqué. Les mouvements sont brutaux, on se cogne, rien que de mettre un ciré demande une demie heure. Faire des besoins basiques, ça demande une énergie folle. Tout ça, entre deux vomis. Une première semaine compliquée. Les conditions n’étaient pas forcément dures, mais c’était long. Cinq jours dans une machine à laver c’est dur.
Avec Giancarlo, ça c’est bien passé. Nous avons réussi notre objectif. Il y avait une belle histoire à construire dès le début. C’était de lui transmettre mon expérience du multicoque et mon expérience sur ce bateau. On a travaillé là-dessus toute l’année. On a cultivé la victoire, on a gagné toutes les courses de la catégorie Multi50. Notre objectif de duo gagnant est atteint ! Contrat rempli ! Le prochain objectif, c’est au mois de mai, en solitaire sur The Transat. La course mythique en solitaire qu’il faut décrocher avec le Multi50. J’ai déjà hâte d’y être. Ce sera encore une autre histoire. Mais dans l’immédiat je profite de cette belle victoire sur cette Transat Jacques Vabre. Le lointain, on verra après ! »

Giancarlo Pedote, co-skipper (FenêtréA Prysmian)
« C’est magique, je rêvais de cette course depuis 2001. J’étais préparateur. Tous les soirs, je rêvais sur les quais d’être au départ un jour. Et quatorze ans plus tard, je réalise mon rêve, et en plus de la gagner c’est beaucoup d’émotions. L’arrivée de ma première transat était également au Brésil, donc le mélange de tout ça m’a touché ces derniers 10 milles de course. On a échangé nos sentiments avec Erwan, c’était un bel échange, un beau moment. J’étais bien fatigué au début de la course, j’étais un peu stressé des conditions, car je n’avais aucune idée de ce que cela pouvait donner. J’avais le mal de mer. Je ne me suis pas nourri pendant 48 heures. C’était dur, je serrais les dents. Après, c’est incroyable mon corps a repris de l’énergie, s’est habitué. Cela m’a fait l’effet opposé, car après j’étais très en forme. Je ne me sens pas trop fatigué. »

Transat Jacques Vabre : Sodebo Ultim second, FenêtréA Prysmian large leader en Multi 50′

Thomas Coville et Jean-Luc Nélias ont pris la 2ème place de cette Transat Jacques Vabre dans la classe Ultime, ils auront mis 13 jours 47 minutes 38 secondes à la vitesse moyenne de 17,26 nœuds sur le parcours théorique, et à 20,51 noeuds sur la route réelle de 6 415 milles. Sodebo Ultim’ est arrivé 7h 18min et 11sec derrière Macif.

Thomas Coville, skipper de Sodebo Ultim’ (Ultime)

« Ce n’est pas du tout de la déception, c’est le plaisir de s’être bagarré jusqu’au bout. On s’est fait une première nuit d’anthologie où on s’est vraiment régalé en mettant tout le monde d’accord. On s’est fait une dernière nuit rien que pour nous avec le plaisir de pousser le bateau à fond. Ca été une très belle régate, on a vécu un truc génial à deux, c’est magique de naviguer à deux sur ces bateaux. En fait, cette nuit, je me rendais compte à quel point on est privilégié de naviguer sur un bateau comme Sodebo.
Merci à Sodebo de s’être engagé dans l’aventure Ultime, il fallait oser. J’ai aussi eu le privilège de naviguer aux côtés d’un monsieur comme Jean-Luc Nélias, merci beaucoup à Jean-Luc. Cette nuit, je me suis senti très à l’aise quand on attaqué avec Jean-Luc. Je me suis senti très à l’aise et très serein sur Sodebo avec cette conception du large. La Transat Jacques Vabre a été plutôt une course au contact avec des vents médiums. Quand on sera dans le Grand Sud, je serais content d’être à bord de mon Sodebo. Je suis bien sur mon bateau, je suis très fier de ce bateau. C’était un projet de toute équipe quand on a transformé Géronimo. L’objectif est d’aller en solitaire autour de la planète, là ce sera une autre histoire. Si on peut se payer le luxe de se faire des bagarres comme ça en solitaire à 5 ou 6 bateaux on va changer l’Histoire. On va prendre un plaisir incroyable, c’est mon objectif, prendre du plaisir sur l’eau et que la planète soit notre terrain de jeu. Quel enthousiasme de se retrouver pionnier d’une nouvelle histoire. C’est émouvant d’arriver, c’est une histoire qui s’achève et à la fois on pense à la suivante. J’ai proposé à Jean-Luc en passant la ligne d’arrivée de remettre ça dans deux ans, il m’a répondu oui tout de suite. »

© Yvan Zedda / Sodebo

© Yvan Zedda / Sodebo

Jean-Luc Nélias, co-skipper de Sodebo Ultim’

« Ca s’est joué sur un coup de tactique-stratégie sur un empannage au niveau du cap Vert. Macif avait du retard, en empannant plus tôt que nous il a neutralisé son retard. Ca nous a positionné à l’entrée du pot au noir dans un position un peu décalée, et on pensait que notre position était la meilleure, et finalement c’est la leur qui a le mieux marché. C’est souvent le cas dans le Pot au Noir : on tente des trucs et on n’est pas sûr que ça marche. Il est sorti du Pot au Noir et il a touché du vent plus fort que nous et en multicoque ça ne pardonne pas. Les écarts sont très importants, et la vitesse double, on quitte le système d’alizés, et petit à petit, il s’est échappé. »

A lire : l’interview des deux co-skippers Pascale Bidégorry (MACIF) et Jean Luc Nélias (Sodebo Ultim’) sur Voiles et Voiliers.

En Multi 50, Erwan Le Roux et Giancarlo Pedote sur FenêtréA Prysmian ont du effectuer une réparation sur la grand voile hier et ont concédé quelques dizaines de milles sur leurs poursuivants. Ils conservent cependant plus de 360 milles sur le second Arkema. Ciela pointe à 55 milles d’Arkema.

Transat Jacques Vabre : dernière ligne droite pour MACIF, attendu en vainqueur à Itajai

François Gabart et Pascal Bidégorry sont tout proches de remporter cette Transat Jacques Vabre sur le trimaran MACIF, récemment mis à l’eau et doté d’un seul foil. Il sont attendus la nuit prochaine. Ils sont parfaitement négocier  le front orageux transitoire qui leur barrait la route au petit matin  et ont accroché un flux de sud est établi, la dernière difficulté sera l’approche des côtes avec un vent qui mollira petit à petit.

Thomas Coville et Jean Luc Nélias sont actuellement en train de passer la fin du front, à 180 milles du leader, ce retard ne devrait pas leur permettre d’inquiéter leur adversaire.

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François Gabart, skipper de MACIF (Ultime)
« On a passé le front froid permanent du cabo Frio, et maintenant le climat a changé, il fait plutôt froid alors qu’hier, c’était grand soleil et 40°. Nous sommes contents, car maintenant, c’est tout droit jusqu’à l’arrivée. Il n’y aura pas de grands changements météo, juste des grains à gérer. On est à 27 nœuds et on a du vent fort à venir dans l’après-midi et le début de soirée, ça va aller vite. Nous allons arriver entre 22h et 24h TU (soit 23h et 1h heure française) à une quarantaine de milles de l’arrivée. Le vent mollit à l’approche de la côte. Après, les derniers milles vont être compliqués. On va donc arriver fin de nuit prochaine. »

En Multi 50, FenêtréA Prysmian poursuit sa course, seul en tête, les deux autres multis 50 en course pointant à plus de 400 milles à la sortie du Pot au Noir, alors que le leader passe l’archipel de Fernando de Noronha.

Erwan Le Roux, skipper de FenêtréA Prysmian (Multi50)
« Je suis en pleine séance de matossage, donc je déplace le matériel de l’avant vers l’arrière. Tout le matériel de sécurité, toute l’eau qu’il nous reste, le matériel de rechange, la TPS, la pharmacie, etc., une dizaine de sacs que je déplace de 7 mètres environ et que j’entasse à l’arrière et ensuite j’amarre le tout avec un filet pour que cela tienne en cas d’enfournement intempestif.
Par cette chaleur, je suis à poil pour le faire, car c’est une suée incroyable. On fait ça parce que l’alizé commence à adonner et on ouvre un peu les voiles et dans les allures travers au vent, le bateau aime bien être assis sur l’arrière de la coque centrale, c’est pour cela qu’on met tout le matériel derrière.
On est à 32 milles de Fernando de Noronha et on va passer à 15 milles dans son vent. Le vent va adonner, donc il va falloir bien régler le bateau, on sera au reaching, donc il va falloir bien conduire le bateau pour ne pas le mettre en danger et rester à l’endroit.
Il me semble qu’il nous reste entre 4 et 5 jours, je dois faire un point avec notre routeur Jean-Yves (Bernot). Je crois que ça va mollir un peu à l’approche de Récif. Je ne sais pas, mais je pense que c’est 4-5 jours.
Giancarlo est à la barre, dehors en ciré, car comme ça avance vite, dehors c’est trempé. »

Oliver Krauss, skipper du Multi 50 Ciela Village
« On a eu un Pot au Noir tranquille pour nous, on a réussi à avancer tout le temps. Donc a fait une bonne nuit, on pensait s’arrêter et finalement on a avancé toute la nuit. On est devant Arkema, il est beaucoup plus dans l’est que nous donc il va repasser devant assez vite. Arrivés à Recife, on verra comme on se situe vis-à-vis de lui. On peut encore faire quelque chose. On n’a jamais fait en-dessous de 8-10 nœuds, sauf sous un nuage, mais notre moyenne est de 8 nœuds. On a continué à avancer, donc c’est le principal. On approche de Fernando de Noronha, on est au largue, et on va être vent de travers pendant un petit moment, on va avancer à fond.
Thierry dormait et moi j’étais au poste de barre sous pilote et j’ai vu un gros truc devant, je croyais que c’était un paquet d’algues, on avançait à 20 nœuds et quand j’ai vu ce que c’était : une baleine, je ne pouvais plus rien faire, elle est passée entre les flotteurs et la coque centrale, ce n’était pas une grosse baleine, ça s’est bien passé, mais c’était quand même stressant. C’est la mer, tu peux te prendre des baleines, des containers, c’est le risque.
Il y a pas mal d’algues. On a fait un petit arrêt pour les enlever des safrans. On le sent à la barre, dès qu’on va à 10-13 nœuds, on sent tout de suite si on a quelque chose, si on en a beaucoup ou pas et on fait une marche arrière. Mais c’était surtout hier, là ça va.
Depuis hier, le ciel est étoilé, et ce matin il y a quelques petits nuages noirs qui passent, qui amènent de la pluie, donc on essaye de les éviter. C’est ciel bleu avec pas mal de nuages, soleil, ombre, cumulus, mer plutôt plate qui commence à clapoter. Beau temps, belle mer ! »

Transat Jacques Vabre : MACIF en position de contrôle, ETA samedi entre 2 et 4h

Statu quo dans la classe Ultime, l’écart s’est sensiblement réduit dans la journée passant de plus de 260 à 140 milles. L’équipage de MACIF a été contraint de s’écarter de la route directe puis d’empanner, alors que Sodeb’O Ultim faisait plus ou moins une route directe vers le Cap Frio. Thomas Coville et Jean Luc Nélias effectuent néanmoins depuis quelques heures un recadrage vers la côte, ils pourraient tenter de couper au plus court dans la zone dans le front en Baie de Rio afin de refaire leur retard sur MACIF qui reste cependant en position de contrôle.

Jean-Luc Nélias, Sodebo Ultim’ :
« Certes, cela peut tamponner à terre mais j’ai quelques exemples récents où on passe comme des fleurs (2 Volvo Ocean Race). Notre problème d’hier, c’est qu’effectivement, on essayait de prendre le plus de marge possible depuis 48 heures (25 milles) mais qu’une grosse zone de grains est venue de l’Est sur la zone, pile poil au moment de notre passage. On le voyait sur le fichier météo CEP ! On a eu 5 nœuds dans le 175° par moment… MACIF qui a dû passer pas loin de six heures avant nous et n’a pas connu cette zone. En fait depuis la sortie du Pot au Noir, il a toujours eu de la droite avant nous et ça c’est normal, mais aussi une TWS plus stable quand on voit la constance de sa vitesse. Nous, derrière, on a subit plusieurs baisses de vent proche de 10 nœuds sous des lignes de grains et au final, il nous a mis une branlée ! On n’est pas dans le même timing météo… A part s’accrocher et batailler et espérer des miracles (qui arrivent parfois), on ne peut pas changer ce que nous propose la météo. Mais on espère que la roue tournera… »

Thomas Coville, skipper de SODEBO (Ultime)

« Aujourd’hui c’est grand soleil, on a retouché du vent, on est sous trinquette, au portant le long du Brésil. La vie pourrait être meilleure, elle peut toujours être meilleure, mais elle pourrait aussi être plus terrible. On essaye d’être concentré sur ce qu’on fait. On a fait une belle balade ce matin, on s’est enchaîné 1h30 de manœuvres et quand ça déroule bien on est super contents. Avec Jean-Luc, on se connaît de mieux en mieux, on connaît aussi mieux le bateau et on se répartit beaucoup plus les rôles. Il manque un ingrédient, car la bagarre est un peu tombée. Ils (François Gabart/Pascal Bidegorry, ndlr) sont partis à la sortie du Pot au Noir. Le duel était magique à vivre.

L’un comme l’autre, on aime naviguer. Jean-Luc aura fait beaucoup de milles cette année, moi, j’en cumule aussi. On se retrouve là à régler le bateau au mieux, on n’a pas l’impression d’avoir mal fait, on n’a pas jeté l’éponge, tant que l’un de nous deux n’a pas passé la ligne tout est possible, même si les chiffres ne sont pas en notre faveur. On ne lâche rien et cela fera partie du plaisir de se dire qu’on a tout donné.

Au début on n’a pas eu de conditions viriles et on était plus à l’aise que MACIF. Dans du temps médium, il s’est avéré plus rapide. J’appréhendais que ce soit plus terrible. A la sortie du Pot au Noir et vue les conditions météos ils sont partis devant. Le jour du départ du Havre, quand j’ai vu qu’ils filaient avec le petit gennaker, je me suis dit que lorsqu’ils mettraient le grand ils allaient réellement filer encore plus. Et au large du Maroc, on s’est retrouvé avec eux. Pour un bateau neuf, ils ont encore pleins de chose à optimiser et ils iront sûrement plus vite après.

A la sortie du Pot au Noir, en étant sous le vent, on avait du refus, on était au près serré contrairement à MACIF qui avait de l’adonnante au large. Et nous avions moins de vent et plus de refus, donc les trajectoires étaient à l’opposé. C’était un choix subi à la sortie du Pot qui nous a emmenés plus à l’ouest que prévu.

Ca s’est joué sur un empannage en amont du Cap vert alors que nous étions en tête. A cet endroit-là tu ne pouvais pas savoir que tu allais rester 36 à 48h dans le Pot au Noir. Quand on fait cet empannage, MACIF fait cette option d’empanner à l’intérieur des îles, car ils avaient 35 milles de retard, on se retrouve sur la même latitude, ils annulent la dette, ils étaient plus dans l’est et cela s’est avéré être bon pour eux. C’est nous qui déclenchons cet empannage à l’intérieur et c’est eux qui en profitent. Hier, ils ont eu un vent forcissant et nous on avait une ligne de grain qui s’est formée. On est resté scotché pendant quelques heures. Il y a une zone à Cabo Frio où ça peut tamponner et après jusqu’à Itajaí, il peut y avoir de gros grains et peu de vent, donc si ça reste comme cela, ça peut bloquer devant et nous pouvons revenir. »

François Gabart, skipper de MACIF :
« Nous avons doublé notre avance sur les dernières 24h : ça allait assez vite, on avait du vent, 25 voire plus de 30 nœuds. Sodebo a eu une trajectoire plus serrée en approche de la côte, nous avons été assez surpris des dernières heures passées. On ne savait pas s’ils avaient un problème technique, s’ils devaient réparer mais ce qui est sûr, c’est que nous ne les avons pas attendus. Ce petit pécule d’avance, c’est à la fois beaucoup et à la fois rien du tout, ce sont des bateaux qui vont très vite et qui à 30 nœuds, peuvent faire 150 milles en 5h. Nous ne sommes pas à l’abri d’avoir des soucis techniques tant que la ligne d’arrivée n’est pas franchie, on est à fond et on ne lâche rien. Nous sommes tous les deux en forme, le bateau aussi, on essaye d’alterner pour éviter la fatigue inutile et traverser les dernières heures dans les meilleures conditions. »

Prince de Bretagne est arrivé ce matin en remorque à Lorient, le trimaran a ensuite été amarré à l’envers. L’opération de retournement n’a pas pu avoir lieu comme prévu dans l’après midi avec 25 noeuds établis, la manoeuvre aura lieu dès que possible. Lionel Lemonchois et son team inspecteront ensuite la plate forme et le chantier de remise en état débutera. Le skipper espère remettre à l’eau le Maxi 80 en avril, la prochaine échéance étant la Transat Plymouth – New-York en mai.

En Multi 50′, Erwan le Roux et Giancarlo Pedote sont sortis du Pot au Noir et peuvent aborder sereinement la fin de course, avec une avance non négligeable sur Arkema, qui est au coeur de la zone de convergence intertropicale à l’est. Ciela Village sur une route plus à l’ouest pourrait effectuer un beau retour après son arrêt technique.

Erwan Le Roux, skipper de FenêtréA Prysmian (Multi50)

« C’est un Pot au Noir particulier, mais pour nous c’est fini depuis hier. Il nous a fait un sale tour avec un vent un peu inhabituel, et une sortie avec un vent de sud-ouest. Et c’est uniquement depuis ce matin qu’on a trouvé les vents de sud-est. Le bord en tribord n’était pas sympa, car nous étions face à la mer, il était usant ce bord pour nous amener dans le sud-est, beaucoup de clapot. Depuis qu’on a viré de bord, c’est un vrai bonheur, ça accélère gentiment, on a ouvert un peu les voiles, on est à 13 nœuds pour 9 nœuds de vent. La machine à fabriquer du vent est enfin en route.
On a eu des grains mais pas beaucoup de pluie. C’est surtout cette nuit qu’on a eu de la pluie. Et avec le vent apparent qui est assez élevé en multicoque tu es rapidement en ciré, donc la douche ce n’est pas pour maintenant.
Giancarlo a déjà passé l’équateur quand il a fait la Mini en 2004. Et moi mon premier passage, ça devait être sur la Transat Jacques Vabre en 2005 sur Gitana avec Thierry Duprey du Vorsent et on devait passer l’Ascension. Je me souviens que c’était tellement la galère dans le près que Thierry ne m’avait pas bizuté. Le près dans l’anticyclone de Saint-Hélène c’était réellement la galère. C’est mon souvenir de mon premier passage de l’équateur. On va faire une petite offrande à Neptune des petits gâteaux, ceux qu’on n’aime pas, car nous n’avons pas pris d’alcool à bord, donc pas de champagne pour lui. On a bien récupéré cette nuit, je pense qu’on va continuer à nous reposer. On est bien en forme, on est pas mal pour attaquer la grande ligne droite. »

Transat Jacques Vabre : MACIF creuse son avance

François Gabart et Pascal Bidégorry continuent leur route le long des côtes brésiliennes à plus de 28 nœuds de moyenne, avec près de 600 milles parcourus sur 24 heures. Ils bénéficient toujours d’un angle plus favorable et d’un peu plus de pression que leur concurrent Sodeb’O Ultim. MACIF possède désormais plus de 200 milles d’avance sur le duo Thomas Coville/ Jean Luc Nélias.
La situation devrait restée stable jusqu’à Rio, ensuite les deux Ultimes seront dans un système de transition jusqu’à l’arrivée à Itajai.

http://www.youtube.com/watch?v=M2A9pTAHwGY

Pascal Bidegorry, co-skipper de MACIF (Ultime)
« Nous, après la latitude de Recife, on peut tirer un peu plus sur la barre. Ça accélère un peu, mais c’est plus bruyant. Nous sommes à 90°-110° degré du vent, avec 18-20 nœuds de vent, ça allonge la foulée. Le vent est toutefois assez irrégulier, plutôt instable : il faut être un petit peu vigilant. C’est pas mal pour nous en termes de météo car on peut faire de l’écart par rapport à notre camarade Sodebo Ultim’. Le cabo Frio porte bien son nom : il fera un peu plus frais mais je ne pense pas que nous aller entre les plateformes de forage pétrolier qui sont nombreuse à ce niveau là du Brésil… En multicoque, ça change super vite et avec François on a bien compris que ça sert à rien de s’emporter : la dernière ligne droite n’est pas la plus facile et il peut y avoir des retournements de situation ! »

Jean-Luc Nélias, co-skipper de Sodebo Ultim’ (Ultime)
« C’est un peu ambiance shaker. On marche à 24-25 nœuds assez près du vent. On fait des sauts de vagues. Il reste encore un peu de tout droit jusqu’à Salvador de Bahia avec du portant et des empannages, un front froid au Cabo Frio. Est-ce qu’on passe à la côte ou au large ? Il y aura des options, des opportunités d’attaque, il ne faut pas lâcher. Il reste pas mal de milles, un peu moins de 2000. Sur une course de 600 milles, il peut se passer des choses. On reste combatifs, même s’il reste 2 bateaux à courir dans la classe, il faut être le premier. Le Pot au Noir était très énervant, nous n’avons pas eu une goutte de pluie ni de vent, nous avons mis 36 heures à nous en extirper. Il y a une part de réussite à la sortie du Cap Vert pour l’entrée dans le Pot au Noir

En Multi 50, la sortie du Pot au Noir semble proche pour FenêtréA Prysmian, la pari risqué d’Arkema dans l’est de la zone de convergence ne devrait pas être payant, l’équipage de Ciela Village espère donc pouvoir combler une partie de son retard suite à son pit stop au Cap Vert et espère pouvoir se battre pour la seconde place.

Oliver Krauss, co-skipper de CIELA Village (Multi50)
« Ce fut un pit-stop plutôt un peu long, un peu dur, on a finalement très peu dormi. Au début de la course, on ne s’attendait pas à être aussi bien, à aller aussi vite avec le bateau. Le côté positif est ce qui s’est passé jusqu’à maintenant : on est toujours là et avec le bateau. Comment on navigue, c’est une bonne question ? On fait plus attention quand le vent est un peu plus fort, mais avec de la retenue. On navigue comme si on naviguait avec les copains. »

Gilles Lamiré et Yvan Bourgnon sont désormais en approche de la Trinité sur Mer, ils devraient arriver au ponton vers 18H ce soir. Gilles Lamiré et Yvan Bourgnon ont sauvé le trimaran très endommagé suite à une collision avec un cointainer, le bateau devrait rapidement entrer en chantier.

Gilles Lamiré, skipper de la French Tech Rennes Saint Malo :  » Notre sport n’est pas un sport mécanique comme les autres. Si la course s’arrête quand on casse, il n’est pas question d’abandonner l’engin sur le bas-côté. Il faut ramener le bateau et l’on peut voir que c’est parfois toute une aventure ! Si on l’avait abandonné, il n’aurait certainement pas été récupérable et je suis bien content que l’on soit resté à son chevet. On a réussi à trouver le bon angle météo pour revenir à terre, et c’est une très grande satisfaction. »

Yvan Bourgnon, co-skipper de la French Tech Rennes Saint Malo: « Je suis très heureux d’avoir participé au sauvetage de ce navire. C’est un très bon bateau, très rapide et à l’aise dans le mauvais temps. D’ailleurs, avant de taper dans un OFNI, nous étions vraiment dans le match et je vois aujourd’hui, à l’image de l’avance des IMOCA dans la course, que notre option Ouest était vraiment la bonne. Cela me rassure sur le plan sportif et me met en confiance pour la suite. »

Lionel Lemonchois et son équipe devraient également rejoindre la terre ferme, le Jif Xplorer, qui ramène le Maxi80 Prince de Bretagne en remorque devrait arriver à Lorient dans la nuit.

Transat Jacques Vabre : Macif en tête, les Multis 50 dans le Pot au Noir

Les deux trimarans Ultimes sont sortis du Pot au Noir ce matin, et ont désormais retrouvé les alizés.
François  Gabart et Pascal Bidégorry sur MACIF ont pris l’avantage sur Sodebo Ultim’. Leur décalage dans le sud est, a permis à MACIF de sortir de Pot plus tôt et avec un meilleur angle.
La situation devrait perdurer dans les jours à venir, MACIF devrait, selon les schémas météorologiques habituels, être le premier à pouvoir du renforcement et de la rotation du vent, en toute logique leur avance actuelle de 90 milles sur le duo Coville/Nélias devrait encore augmenter.
François Gabart, skipper de MACIF (Ultime)
« Ouf ! Nous sommes sortis enfin il y a quelques heures et ça fait du bien, car c’était particulièrement long. D’habitude, dans cette zone, on se retrouve confronté à des vents faibles et à de gros orages qui génèrent des vents violents et soudains. Là, nous avons eu le droit à l’option pas de vent du tout ! Du coup, nous nous sommes sans cesse battus dans le petit temps.
Au niveau stratégique, nous savions que si nous sortions un peu plus à l’est, nous bénéficierions d’un angle favorable dans l’alizé, parce que le vent allait adonner progressivement (passer de sud-est à est). C’est ce qui se passe en ce moment : depuis hier soir, nous avons quasiment la même trajectoire que Sodebo, mais nous allons toujours un peu plus vite.
Nous sommes évidemment super contents d’être là et nous allons essayer de tenir cette avance jusqu’au bout. Maintenant, il reste du chemin jusqu’à Itajai. 2000 milles, c’est l’équivalent d’une traversée de l’Atlantique entre le Cap Vert et les Antilles : la course est encore longue, même si c’est très positif d’arriver dans l’hémisphère Sud avec ce pécule d’avance.La trajectoire est relativement droite, il n’y a pas de danger énorme et a priori très peu de manœuvres à faire, si ce n’est d’éventuelles prises de ris (réduction de la grand-voile, ndlr). Notre principale contrainte va consister à gérer la vitesse et à ajuster les réglages en fonction des petites oscillations du vent». 

Les Multis 50 ont fait leur entrée dans le Pot au Noir, celui-ci devrait se montrer moins actif que lors du passage des Ultimes. FenêtréA Prysmian possède encore 200 milles d’avance sur Arkema. Ciela Villages est toujours en escale au Capt Vert avec des dégâts probablement plus longs à réparer que ce qui était initialement prévu.

Erwan Le Roux, skipper de FenêtréA Prysmian (Multi50)
« On est dans le Pot au Noir depuis ce matin. Ça continue à bien avancer, on n’est pas trop ralenti. Actuellement, on a une dizaine de nœud d’est-sud-est. On devrait en être sorti demain matin. J’espère avoir plus de chance que les petits copains. Pour l’instant, on arrête de regarder les classements et on se concentre sur la sortie du Pot au Noir, on regardera les distances après. Le Pot au Noir, c’est épuisant nerveusement, nous avons le stress d’être bloqué, c’est dur, c’est vraiment très dur. Chaque Pot au Noir est différent, je n’ai jamais eu les mêmes conditions à chaque fois que j’y suis passé. C’est ce qui fait son charme ! ».

Cesar Dohy, Arkema (Multi50)
« Notre passage dans l’archipel du Cap Vert, c’est tout simplement parce que c’est sur le chemin, donc il a fallu faire attention de ne pas se prendre l’île. En ce moment, c’est assez léger, on a 10 nœuds avec un vent au 50. L’arrivée dans le Pot au Noir est assez vague, le modèle change beaucoup, on en saura plus demain matin sur notre entrée dans le Pot. Il y a de l’écart avec FenêtréA Prysmian, car le 4e ou 5e jour de course, il y avait une petite bulle anticyclonique qu’on n’a pas réussi à éviter et du coup, cela a créé l’écart. Nous attendons pas mal du Pot au Noir, car tout le monde va buter, donc il va y avoir une redistribution des cartes. Lalou est à la barre, moi j’ai fait une petite sieste, il fait nuit noire, l’eau est à 27 degrés, il y a beaucoup de poissons volants. Nous sommes à l’attaque. »

Transat Jacques Vabre : sortie de Pot en vue pour les Ultimes

Les équipages des deux ultimes ont encore multiplié les manoeuvres aujourd’hui afin de s’extirper du Pot au Noir, la sortie est proches pour les duos Gabart/ Bidégorry et Coville/Nélias. Aucun des deux trimarans n’a fait le trou dans la zone de convergence intertropicale, il leur restera environ 2000 milles pour se départager avant l’arrivée à Itajai.

François Gabart, skipper de MACIF
« Nous venons de toucher du vent : on essaye d’en profiter et nous espérons que c’est la fin de cette longue période de pétole, mais rien n’est encore joué. Nous n’avons pas eu un souffle d’air depuis hier matin et nous sommes encore loin d’être sortis du bazar. Avec Pascal, nous sommes tous les deux sur le pont, la lune s’est levée vers le milieu de la nuit, elle est très jolie depuis le début mais on préfère avoir du vent que de la lune… »

© Yvan Zedda / Sodebo

© Yvan Zedda / Sodebo

Jean-Luc Nélias, co-skipper Sodebo Ultim’ (Ultime)
« Tout va bien à bord ! C’est plutôt studieux et laborieux depuis hier matin. Nous essayons de nous extirper de ce Pot au Noir gigantesque qui nous barre la route de la caïpirinha.
Hier, c’était tout bleu, avec pas de vent et une mer d’huile. Cette nuit, ça s’est chargé en nuages mais toujours sur une mer d’huile et depuis ce matin, il y a des orages et de la pluie qui circulent du sud-est vers le nord-ouest, on tourne, on change de voiles. Cette nuit, on a du faire une quizaine de virements de bord. Il n’y a pas beaucoup de grains. Le vent reste faible, et tourne comme une girouette. On a tout les voiles qu’on peut mettre sur le bateau. Nous n’avons pas de routeur, on s’autoroute comme des grands garçons. Alors nous prenons les choses comme elles viennent. La réalité ne correspond pas à la vision numérique du vent. Ca se passe 100% sur le pont. Observation des nuages, du vent qui tourne à droite à gauche.
On est fatigué, ça commence à faire grincer les dents, on aimerait que ça s’arrête pour se reposer. Nous barrons 100% du temps, car cela permet aussi d’observer tout ce qui se passe. On fait des relais toutes les deux heures. Mais quand tu marches à 0, 2 nœuds, l’excitation n’est pas là. Avec Macif, on verra à la fin de la foire, hier c’était mieux pour eux, c’était mieux cette nuit pour nous, c’est la loterie nationale ! On pense en sortir ce soir, on aura bien progressé, on commencera à être dans des vents plus stables. 
»

Team Actual est arrivé à la Trinité aujourdhui, le skipper va désormais poursuivre les navigations avant un chantier d’optimisation.

Yves Le Blevec, skipper Actual :
« Cette transat était faite pour tester le bateau et en cela elle a été extrêmement utile, même si elle s’est arrêtée trop vite. Depuis Barfleur, nous n’avons fait que du près, nous avons beaucoup manœuvré : ça a bien fait avancer la réflexion sur les optimisations à apporter au bateau. 
Après cette grosse semaine de navigation dans des conditions bien compliquées, nous commençons à avoir une bonne idée de ce qu’il y a à faire évoluer sur le bateau. Maintenant, il faut étudier ce qui est réalisable et dans quelle enveloppe budgétaire. 
La priorité dans les jours à venir c’est de remettre le mât dans l’axe pour continuer à naviguer. Nous sommes début novembre, nous avions prévu de rentrer ici début décembre : ce mois de novembre va être optimisé au maximum pour naviguer le plus possible et poursuivre notre travail technique à bord. Ce n’est pas parce que la Transat Jacques Vabre s’arrête que le projet s’arrête, bien au contraire ! Tout cela reste une expérience très constructive pour la suite du projet. »

Prince de Bretagne est en remorque à l’envers, l’équipage a sécurisé la plate forme hier. Le trimaran est attendu à Lorient jeudi.

 

En Multi 50, le leader, FenêtréA Prysmian vont aborder l’entrée dans le Pot au Noir dans les heures qui viennent. Erwan le Roux et Giancarlo Pedote possède une confortable avance de 250 milles sur Arkema. Ciela Village est au Cap Vert, les réparations ont débuté à la mi-journée.

Thierry Bouchard, skipper de Ciela Village :
«  Le point d’amure du gennaker a lâché, ce qui arraché l’enrouleur et le balcon avant : il y a des trous béants et nous faisons de l’eau. Je ne pense pas que notre escale ne va durer que quatre heures parce qu’il y a de la stratification à faire… Et il faut remplacer des pièces. Il faut plutôt compter un peu moins de 24 heures d’escale parce qu’il faut refaire tout le balcon avant qui tient aussi les trampolines ! »

Giancarlo Pedote, co-skipper de FenêtréA Prysmian
« A bord ça va très bien, on a de très belle conditions, et là on fait du nettoyage à bord. Notre vitesse moyenne en ce moment est de 20-22 nœuds. Ce sont des condition vraiment sympas et avec cette mer calme, on a repris de l’énergie et on check le bateau. Nous sommes prêts pour attaquer la suite du parcours. Le passage du Pot au Noir risque d’être intense, ça va être intéressant. Nous y serons probablement demain en début de matinée, ça dépend du vent qui reste stable ou pas jusque là. Nous regardons la trajectoire des IMOCA, on est dessus et du coup cela nous aide à avoir des infos et à préparer notre arriver dans le Pot. Il y a beaucoup de poissons volants. Je libère tous les poissons volants qui se prennent dans les filets. Je mets le bateau sous pilote et je vais les libérer du trampoline. Avec Erwan (Le Roux), nous n’avons pas beaucoup de temps pour discuter, ça se passe super bien. »