Transat Jacques Vabre : sortie de Pot en vue pour les Ultimes

Les équipages des deux ultimes ont encore multiplié les manoeuvres aujourd’hui afin de s’extirper du Pot au Noir, la sortie est proches pour les duos Gabart/ Bidégorry et Coville/Nélias. Aucun des deux trimarans n’a fait le trou dans la zone de convergence intertropicale, il leur restera environ 2000 milles pour se départager avant l’arrivée à Itajai.

François Gabart, skipper de MACIF
« Nous venons de toucher du vent : on essaye d’en profiter et nous espérons que c’est la fin de cette longue période de pétole, mais rien n’est encore joué. Nous n’avons pas eu un souffle d’air depuis hier matin et nous sommes encore loin d’être sortis du bazar. Avec Pascal, nous sommes tous les deux sur le pont, la lune s’est levée vers le milieu de la nuit, elle est très jolie depuis le début mais on préfère avoir du vent que de la lune… »

© Yvan Zedda / Sodebo

© Yvan Zedda / Sodebo

Jean-Luc Nélias, co-skipper Sodebo Ultim’ (Ultime)
« Tout va bien à bord ! C’est plutôt studieux et laborieux depuis hier matin. Nous essayons de nous extirper de ce Pot au Noir gigantesque qui nous barre la route de la caïpirinha.
Hier, c’était tout bleu, avec pas de vent et une mer d’huile. Cette nuit, ça s’est chargé en nuages mais toujours sur une mer d’huile et depuis ce matin, il y a des orages et de la pluie qui circulent du sud-est vers le nord-ouest, on tourne, on change de voiles. Cette nuit, on a du faire une quizaine de virements de bord. Il n’y a pas beaucoup de grains. Le vent reste faible, et tourne comme une girouette. On a tout les voiles qu’on peut mettre sur le bateau. Nous n’avons pas de routeur, on s’autoroute comme des grands garçons. Alors nous prenons les choses comme elles viennent. La réalité ne correspond pas à la vision numérique du vent. Ca se passe 100% sur le pont. Observation des nuages, du vent qui tourne à droite à gauche.
On est fatigué, ça commence à faire grincer les dents, on aimerait que ça s’arrête pour se reposer. Nous barrons 100% du temps, car cela permet aussi d’observer tout ce qui se passe. On fait des relais toutes les deux heures. Mais quand tu marches à 0, 2 nœuds, l’excitation n’est pas là. Avec Macif, on verra à la fin de la foire, hier c’était mieux pour eux, c’était mieux cette nuit pour nous, c’est la loterie nationale ! On pense en sortir ce soir, on aura bien progressé, on commencera à être dans des vents plus stables. 
»

Team Actual est arrivé à la Trinité aujourdhui, le skipper va désormais poursuivre les navigations avant un chantier d’optimisation.

Yves Le Blevec, skipper Actual :
« Cette transat était faite pour tester le bateau et en cela elle a été extrêmement utile, même si elle s’est arrêtée trop vite. Depuis Barfleur, nous n’avons fait que du près, nous avons beaucoup manœuvré : ça a bien fait avancer la réflexion sur les optimisations à apporter au bateau. 
Après cette grosse semaine de navigation dans des conditions bien compliquées, nous commençons à avoir une bonne idée de ce qu’il y a à faire évoluer sur le bateau. Maintenant, il faut étudier ce qui est réalisable et dans quelle enveloppe budgétaire. 
La priorité dans les jours à venir c’est de remettre le mât dans l’axe pour continuer à naviguer. Nous sommes début novembre, nous avions prévu de rentrer ici début décembre : ce mois de novembre va être optimisé au maximum pour naviguer le plus possible et poursuivre notre travail technique à bord. Ce n’est pas parce que la Transat Jacques Vabre s’arrête que le projet s’arrête, bien au contraire ! Tout cela reste une expérience très constructive pour la suite du projet. »

Prince de Bretagne est en remorque à l’envers, l’équipage a sécurisé la plate forme hier. Le trimaran est attendu à Lorient jeudi.

 

En Multi 50, le leader, FenêtréA Prysmian vont aborder l’entrée dans le Pot au Noir dans les heures qui viennent. Erwan le Roux et Giancarlo Pedote possède une confortable avance de 250 milles sur Arkema. Ciela Village est au Cap Vert, les réparations ont débuté à la mi-journée.

Thierry Bouchard, skipper de Ciela Village :
«  Le point d’amure du gennaker a lâché, ce qui arraché l’enrouleur et le balcon avant : il y a des trous béants et nous faisons de l’eau. Je ne pense pas que notre escale ne va durer que quatre heures parce qu’il y a de la stratification à faire… Et il faut remplacer des pièces. Il faut plutôt compter un peu moins de 24 heures d’escale parce qu’il faut refaire tout le balcon avant qui tient aussi les trampolines ! »

Giancarlo Pedote, co-skipper de FenêtréA Prysmian
« A bord ça va très bien, on a de très belle conditions, et là on fait du nettoyage à bord. Notre vitesse moyenne en ce moment est de 20-22 nœuds. Ce sont des condition vraiment sympas et avec cette mer calme, on a repris de l’énergie et on check le bateau. Nous sommes prêts pour attaquer la suite du parcours. Le passage du Pot au Noir risque d’être intense, ça va être intéressant. Nous y serons probablement demain en début de matinée, ça dépend du vent qui reste stable ou pas jusque là. Nous regardons la trajectoire des IMOCA, on est dessus et du coup cela nous aide à avoir des infos et à préparer notre arriver dans le Pot. Il y a beaucoup de poissons volants. Je libère tous les poissons volants qui se prennent dans les filets. Je mets le bateau sous pilote et je vais les libérer du trampoline. Avec Erwan (Le Roux), nous n’avons pas beaucoup de temps pour discuter, ça se passe super bien. »

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