Trophée Jules Verne J7 : journée de transition

Spindrift 2 et IDEC SPORT sont dans une zone de transition au large de Salvador de Bahia, dans des vents modérés et instables, cette zone est large de 400 milles.
Les deux équipages espèrent rejoindre l’alizé d’Atlantique sud demain puis accrocher une dépression née au large de l’Argentine dans 48 heures.
L’avance s’est un peu réduite sur Banque Populaire V qui avait été rapide sur cette portion, elle est désormais de 200 milles pour IDEC SPORT et de 275 milles pour Spindrift 2.
Message du jour de Spindrift 2 :
Conditions faciles sous la douceur des tropiques pour Spindrift 2 et son équipage. Une mer plate et une douzaine de noeuds qui permettent au maxi trimaran de progresser à vingt deux noeuds tout de même. Cet épisode devrait durer jusqu’à ce soir au moins, et l’arrivée d’un front orageux qui créera plus d’instabilité. Alors l’équipage en profite pour effectuer des vérifications de routine. Au programme de la journée, démontage de barre pour Loic et Antoine, ascension dans le mât pour Sebastien Marsset et vérification de structure des flotteurs pour Thierry et François. Côté performance, ces conditions clémentes ne sont bien sûr pas idéales. Une partie de l’avance emmagasinée dans l’hémisphère nord devrait diminuer. Alors l’équipage prend son mal en patience et fait ce qu’il faut pour progresser à la rencontre d’une dépression d’ici 48 heures le long de l’Argentine.
CREDIT : IDEC SPORT

CREDIT : IDEC SPORT

Francis Joyon, skipper d’IDEC SPORT :
« On garde encore un peu de vent… Globalement on avance encore dans les 20 nœuds. Par moments il y a des petits trous, on ralentit et puis on repart… Le passage a l’air de se faire sans zone de calmes… mais Marcel (Van Triest, le routeur d’IDEC SPORT) nous met en garde en nous disant qu’en réalité nous aurions des zones de pétole.  Donc on anticipe un petit peu : on a mis tous les poids sur l’avant, on a déplacé les voiles et tous les poids à l’intérieur. Le but de ce matossage est de sortir un peu l’arrière du bateau de l’eau, afin de gagner un peu de vitesse dans le petit temps. On se prépare à se bagarrer sévèrement car il est important de sortir rapidement de cette zone. Plus on en sort vite, plus on attrape rapidement le vent suivant, bien sûr…
J’espère qu’on va commencer à y voir un peu plus clair dans une trentaine d’heures, que nous aurons alors dépassé les principales difficultés et que le bateau retrouvera une vitesse plus régulière. C’est vrai qu’il y a un petit peu d’incertitude météo sur cette zone ».

Trophée Jules Verne : l’équateur en moins de 5 jours pour Spindrift 2

Spindrift 2 et IDEC SPORT ont changé d’hémisphère cette nuit effaçant le temps de référence de Banque Populaire V sur le partiel Ouessant-Equateur. Spindrift 2, le trimaran de Yann Guichard et Dona Bertarelli n’aura mis que 4 jours, 21 heures 29 minutes pour franchir la latitude 0 soit un gain de17 heures 25 minutes.
Francis Joyon et ses hommes effectuent également un superbe début de parcours et bouclent ce partiel en 5 jours 01 heures 52 secondes.
Le Pot au Noir est désormais derrière eux, les deux trimarans vont rester dans l’alizé au large du Brésil et devraient pouvoir accrocher une dépression qui les accompagnera jusqu’au Cap de Bonne Espérance.

Yann Guichard, skipper de Spindrift 2, jeudi soir :
« En fin d’après-midi, nous n’étions pas encore sortis du Pot au Noir : il y avait autour de nous de petits grains sans vent et les vitesses oscillaient de 4 nœuds jusqu’à 25 nœuds… Nous sommes rentrés dans cette Zone de Convergence Inter Tropicale ce jeudi matin où les premiers grains sont apparus, mais nous avons toujours eu un peu de vent avec de temps en temps des bourrasques brusques. C’est un Pot au Noir à peu près normal avec ses brises irrégulières, mais le problème c’est qu’il est descendu dans le Sud avec nous !  Nous avons donc pas mal manœuvré pour adapter la voilure, parfois à peine le travail achevé : un ris, deux ris, gennaker, génois, foc… On a mis presque toute la garde-robe ! Mais on n’a jamais été totalement arrêtés. On voit un peu de soleil à notre vent avec de petits nuages qui bourgeonnent, ce qui laisserait entendre que le bout du tunnel n’est pas loin. J’espère qu’à la tombée de la nuit, nous aurons touché les alizés de Sud-Est plus réguliers : on peut imaginer passer l’équateur en milieu de nuit. Avant 5h02 (heure française), cela ferait moins de cinq jours… mais il y a aussi notre camarade (Francis Joyon et son équipage) qui n’est pas loin et qui va vite !


L’équipage a été pas mal sollicité après ce départ musclé dans le golfe de Gascogne, et là maintenant dans le Pot au Noir, mais tout le monde est désormais entré dans le rythme. Nous avons pu faire un gros check-up du bateau et tout va bien à bord : on peut envisager la suite sereinement ! Les gars sont juste déçus parce qu’il n’y a pas eu de gros grains de pluie en journée : ils n’ont pas pu prendre de douche… En tout cas, c’est une belle entame de course et maintenant, on va se concentrer sur l’hémisphère Sud pour enchaîner rapidement avec le cap de Bonne-Espérance. »

Trophée Jules Verne J5 : l’équateur en 5 jours

Le passage de l’équateur est prévu en fin de nuit pour les deux équipages engagés sur ce Trophée Jules Verne. Le chrono devrait être de plus ou moins cinq jours, le meilleur partiel était jusqu’ici détenu par Banque Populaire V en 5j 14 h 55 minutes, ce temps devrait être amélioré de plus de douze  heures et devenir la propriété de l’équipage de Yann Guichard et Dona Bertarelli sur Spindrift 2. Francis Joyon et ses hommes qui naviguent quelques dizaines de milles derrière devraient améliorer le temps de Banque Populaire V également.

Les deux trimarans sont en train de sortir du Pot au Noir et naviguent dans un alizé d’une quinzaine de noeuds. Leur avance sur le record sur porte ce soir à environ 240 milles pour Spindrift 2 et 190 pour IDEC SPORT.
La difficulté principale sera d’accrocher une dépression qui emmènera les équipages dans le grand sud.

© Yann Riou/Spindrift racing

© Yann Riou/Spindrift racing

 

Marcel Van Triest, le routeur à terre d’IDEC SPORT :
« Il reste ce que j’appelle deux ‘grumeaux’ de zones sans vent mais l’alizé est tout proche maintenant, ils vont retrouver du vent et accélérer de nouveau. Je ne regarde pas du tout le passage à l’équateur – c’est surtout la suite qui m’intéresse maintenant – mais s’il faut tout de même donner une estimation je dirais pour résumer qu’ils y seront vers 3 ou 4 heures du matin. Comme ils sont partis à 3h02, le match c’est de savoir s’ils vont mettre plus ou moins de 5 jours à l’équateur… mais ce sera proche de 5 jours pile ! Pendant 600 à 800 milles il nous faudra profiter de notre angle au vent avec ce passage du pot au noir qui s’est fait un degré plus à l’est que d’habitude. Puis il y aura une zone de transition pas simple pour savoir si on réussit ou pas à attraper une dépression venant de l’Uruguay. C’est cela qui déterminera si on fait un très bon temps au cap de Bonne Espérance ou seulement un temps honnête. »

Dona Bertarelli, barreuse de Spindrift 2 :
« Sacré Pot-au-Noir ! Il n’y en a que pour lui ces dernières heures à bord. Erwan, notre navigateur, nous raconte que lors d’une de ses participations à la Volvo Ocean Race, à l’approche du Pot-au-Noir, ils naviguait à 30 nœuds de vitesse et d’un coup, rideau. Plus rien, pas un souffle d’air !

Alors voilà, sur Spindrift 2 on guette chaque nuage, chaque risée, chaque changement de couleur de la mer ou intensité de vague. Pour l’instant, il n’est pas bien méchant. On réussit tant bien que mal à avancer et n’avons pas encore eu droit à l’arrêt buffet. Le plus dur ce sont les changements de voiles et prises de ris répétitifs lorsque le vent passe de 5 nœuds à 25 noeuds. Le mot clef des chefs de quart : ne pas se faire surprendre et bien anticiper. »

Trophée Jules Verne J4 : Entrée dans le Pot au Noir avec plus de 300 milles d’avance

Spindrift 2 et IDEC SPORT s’apprêtent à entrer dans le Pot au Noir dans les heures à venir, celui-ci s’annonce peu étendu et devrait être traversé en une douzaine d’heures.

© Yann Riou/Spindrift racing

L’avance est assez conséquente pour les deux trimarans, Spindrift 2 mène la danse avec 350 milles et IDEC SPORT 300 milles.

Francis Joyon, skipper d’IDEC SPORT : « Et bien là on est à 30/32 nœuds sur la route directe et on espère que ça va continuer le plus longtemps possible. Sur mon tour du monde de 2007, j’avais eu une trajectoire assez propre aussi, mais celle-ci est encore plus rapide. On est complètement dans les temps du record, on a même de l’avance, c’est sympa, ça met la banane à tout le monde ! Malgré la fatigue, on est vraiment contents d’être là. Et avec les gars tout va bien, l’ambiance est très bonne. Il faut leur poser la question à eux, mais pour l’instant ils ne m’ont pas jeté par dessus-bord…. »

Trophée Jules Verne J3 : Route directe vers le Pot au Noir

Après l’empannage d’hier, les équipages d’IDEC SPORT et de Spindrift 2 poursuivent leur route plein sud vers le Pot au Noir dans des alizés instables (20 à 25 noeuds).
Les trimarans devraient parer l’archipel du Cap Vert demain matin et entrer dans le Pot au Noir dans la soirée ou dans la nuit. Celui-ci s’annonce peu actif, l’alizé de Sud Est de 15-20 nœuds devrait être atteint jeudi dans la soirée.

Sur le plan comptable, les deux bateaux affichent ce soir une belle avance de193 milles pour IDEC SPORT et de 210 pour Spindrift 2.

Francis Joyon : « La trajectoire est très oscillante avec les grains cela bascule à 40° d’un coté et de l’autre. Au final on a un cap moyen qui est bien. Maintenant c’est tout droit mais nous subissons encore les perturbations de Ténerife. Quand on aura passé ça on fera route directe sur l’équateur dans l’alizé de nord-est. »

 Photo Jean Marie Liot / DPPI / IDEC

Photo Jean Marie Liot / DPPI / IDEC

Bernard Stamm : « On est un peu ralentis par des grains dans un vent assez instable. Des fois ça monte au dessus de 35 noeuds et cela peut descendre à 12-13 noeuds. C’est pas simple mais tout va bien. Là on est à 25 noeuds de moyenne. Il commence à faire chaud. On ne sait pas trop comment s’habiller car il y a beaucoup de vent apparent. Maintenant on se relaye toutes les heures et demi et on arrive à faire des tranches de sommeil de 3 heures. L’ambiance est bonne. ! »

 

Dona Bertarelli, Spindrift 2

« Enlevés les couches de laine mérinos, les gros cirés et les bottes ; bienvenue aux crocs, lunettes de soleil et crème solaire. Il commence à faire chaud et c’est bien agréable. On file toujours dans un vent oscillant autour des 15 nœuds, ligne droite sur l’équateur. On ne pouvait pas rêver mieux comme trajectoire.»

Trophée Jules Verne J2 : empannage pour les deux équipages

 Les deux trimarans, IDEC SPORT et Spindrift 2 ont empanné en fin de matinée, et vont maintenant filer bâbord amure dans un alizé bien établi vers l’équateur.
Les équipages ont des routes relativement similaires (Spindrift 2 est légèrement décalé dans l’ouest de la trajectoire d’IDEC).
Les routages semblent donner un temps de moins de 5 jours à l’équateur, les conditions de mer qui s’améliorent devraient donc permettre aux multicoques de conserver des vitesses proches de 30 noeuds.
Les deux bateaux affichent ce jour un léger retard sur le détenteur du record, Banque Populaire V, de 80 milles pour IDEC SPORT, et 50 pour Spindrift 2.
La tendance devrait s’inverser demain, en effet Banque Populaire avait été contraint de faire une route assez proches des côtes sur ce début de parcours et avait ensuite dû mettre de l’ouest dans sa route. Idec et Spindrift faisant route directe plein sud, les trajectoires actuelles et celles du détenteur actuel devraient converger demain. Les deux trimarans engagés cette année devraient donc combler ce retard très rapidement et accroitre une avance jusqu’au Pot au Noir.
© Yann Riou/Spindrift racing

© Yann Riou/Spindrift racing

Francis Joyon, skipper d’IDEC SPORT, joint aujourd’hui

Francis, vous venez d’empanner, peux-tu nous expliquer la situation ?

Francis JOYON : « Oui, nous sommes passés bâbord amures et nous avons envoyé le gennaker. Le but est bien sur de faire une route qui nous rapproche de l’équateur. Le flux dépressionnaire de nord nous donnait un cap qui allait de plus en plus vers l’ouest, donc au bout d’un moment il faut y aller pour retrouver une route plus directe. Là nous sommes cap au 180 °, plein sud, route directe sur l’équateur !  »

Cela veut dire qu’IDEC SPORT pourrait couper l’équateur via un seul empannage en tout et pour tout ?

« Un routage nous indiquait un petit contre-bord à faire en fin d’après-midi, un autre nous faisait espérer qu’on puisse aller tout droit. Le cap s’est bien amélioré donc oui on espère aller tout droit… et même s’il faut faire un petit contre-bord de recalage, ce ne sera pas bien grave. »

Vous espérez donc franchir l’équateur en plus ou moins 5 jours ?

« C’est ce qu’on espère oui ! Hier nous avions du mal à aller aussi vite que nous aurions voulu car il y avait beaucoup de mer, en particulier en face du cap Finisterre. Le bateau bondissait à travers la houle au portant… c’était assez spectaculaire ! Mais maintenant que la mer s’est un peu calmée, depuis quelques heures, nous allons pouvoir atteindre les vitesses-cible plus facilement. »

Peux-tu revenir sur les 24 premières heures de votre tentative?

« C’était quand même chaud ! Le bateau faisait un peu le fou. La mer n’était pas orientée dans le même sens que le vent, ce qui complique beaucoup le truc. Le bateau tapait énormément par moments… On s’en sort sans trop de casse, juste avec deux ou trois bricoles à réparer comme la protection pour le barreur, mais rien de grave. On a affronté ces 24 premières heures avec un peu de réussite, pour ce qui est du passage dans la mer et de la route accomplie. »

On te sent plutôt satisfait de ce début de record…

« Oui, je crois bien que je n’ai jamais traversé aussi vite le golfe de Gascogne ! Malgré les vagues et les rafales, ça n’a pas trainé ! On a tenu de bonnes vitesses moyennes et le fait de pouvoir être en route directe vers le sud maintenant c’est bien. C’est sympa! »

Quelle ambiance à bord avec l’équipage ?

« Nous sommes forcément un petit peu fatigués, car le rythme a été très soutenu depuis le départ. C’est normal : on n’a pas beaucoup dormi, pas beaucoup récupéré, pas beaucoup mangé… On est contents maintenant de pouvoir nous restaurer sans voir la nourriture sauter par dessus-bord ou tomber par terre! Avec les grains, il fallait être vigilants et nous étions à fond sur le bateau… Sinon l’ambiance est à l’entraide, tout le temps, nous avons mis en place un système de quarts avec des changements très souvent et ça fonctionne bien. Il y a une énorme entraide pour bien faire marcher le bateau. »

En allant vers le sud, vous devez avoir un peu moins froid à bord…

« Effectivement, il a fait très froid la première nuit et aussi au cap Finisterre. Mais maintenant les températures remontent nettement. Dehors, au lever du jour tout à l’heure, on voyait des énormes nuages noirs avec des grains, mais maintenant le soleil perce les nuages et ça se dégage progressivement. Il n’est pas impossible qu’on ait un peu de belle lumière dans la journée, ça va être très sympa… »

L’état de la mer s’est-il bien amélioré?

« Le phénomène de mer croisée qui rendait le passage très brutal s’est calmé Le bateau glisse maintenant, c’est vraiment agréable. Gwénolé (Gahinet) m’a remplacé à la barre et on retrouve du vent au moment où je te parle. On va accélérer assez rapidement, je pense. »

 

Yann Riou, médiaman à bord de Spindrift 2, à 7h ce matin :

« Toujours au portant dans une mer qui semble bien vouloir se ranger un peu. On est passé il y a environ une heure sous gennaker medium (on avait auparavant le petit gennak’ de brise), signe que le vent a tendance lui aussi à se calmer.
Tout est relatif, il y a encore 25 nœuds et on fait encore des pointes de vitesse régulières à 35 nœuds, ce qui est pas mal pour du portant. On sent aussi clairement que la température de l’eau et de l’air augmentent rapidement. Les 24 premières heures ont été toniques. Il y a eu une mise en place de gennaker de brise très humide et des pointes jusqu’à 46 nœuds.
A l’intérieur, il fallait s’accrocher pour se déplacer sans se faire éjecter sur une paroi. Disons que pour réussir à manger, il fallait avoir très faim et que pour réussir à dormir, il fallait avoir très sommeil.
L’équipage va bien, tous semblent être contents être là. Le bateau fonctionne bien. On a juste eu un petit problème d’entrée d’eau par le puits de dérive. Une petite piscine d’eau de mer mais rien de grave. Antoine (Carraz) nous a arrangé cela.
Au niveau stratégique, on est plutôt satisfait de ces premières 24 heures, et de cette fenêtre. Il va y avoir un empannage à venir et c’est ce qui accapare toute l’attention d’Erwan (Israël) et de Yann qui se relaient à la table à cartes. »

Une première version de cartographie regroupant les deux trimarans en lice et celle du détenteur du Trophée Jules Verne est disponible sur Volodiaja.net

Trophée Jules Verne : Jour 1, le Golfe de Gascogne en un seul bord

Les équipages des deux maxis trimarans en lice pour le Trophée Jules Verne ont coupé la ligne de départ cette nuit. Le chronomètre a été déclenché à 3h 02 minutes et 22 secondes pour IDEC SPORT et  5h 01minute et 58 secondes pour Spindrift 2.

Pour battre le record actuel autour du monde, détenu par Banque Populaire V, les hommes de Francis Joyon devront boucler leur circumnavigation avant le 6 janvier 2016 à 15h 44 pour IDEC SPORT et ce même jour à 17h44 pour Spindrift racing.

Les conditions sur la ligne de départ étaient relativement clémentes, mais le vent a rapidement forci  dans le Golfe de Gascogne. Les équipages rencontrent des conditions de mer assez difficiles avec des creux de 4 à 5 m et des vents de 30 noeuds.
Ils ont fait route sur un seul bord vers le Cap Finisterre, légèrement à l’est de la route directe.

Ce soir,  les deux bateaux sont en avance sur le temps du record, 7,6 milles pour IDEC SPORT et 12 milles pour Spindirft 2. Les deux multicoques naviguent à plus de 30 noeuds, ils devraient conserver ce flux soutenu et pouvoir accroitre cette avance.

Photo Jean Marie Liot / DPPI / IDEC

Photo Jean Marie Liot / DPPI / IDEC

Marcel Van Triest, routeur à terre d’IDEC SPORT : « même si la mer de travers ne permet pas d’aller très, très vite, on ne va pas se plaindre ! On fait le golfe de Gascogne sur un seul bord et on ne fera probablement qu’un seul empannage d’ici l’équateur ! Il y a 75% de chances de faire un temps correct au Cap et 35% de chances de faire mieux que Banque Populaire qui avait été très rapide sur ce tronçon équateur-Bonne Espérance. Dès demain soir, les gars seront contents car il commencera à faire chaud, ce qui les changera des températures très froides de ce début de record. A 30 milles par heure en route directe, tu gagnes vite des degrés bienvenus. Honnêtement, sur l’Atlantique Nord cette fenêtre est très stable et quasi idéale.  »

Yann Guichard, skipper de Spindrift 2 au large du Cap Finisterre cette après midi sur RMC : « ça y’est, le vent a bien forci. Nous avons 38 à 40 noeuds de Nord, de la mer et, là, pendant que je vous parle, nous marchons à 43 noeuds de vitesse, c’est bien intense à bord. »

 

Banque Populaire V de retour à Lorient à 16h, après un Trophée Jules Verne victorieux

L’équipage du trimaran Banque Populaire V a décroché le Trophée Jules Verne vendredi soir à 23h15 après 45 jours 13 heures 42 minutes 53 secondes de mer, les marins ont bouclé leur tour du monde après 29 002 milles à une vitesse moyenne de 26,51 nœuds.

Ces marins ont été accueilli par une foule nombreuse à Brest hier matin, ils seront de retour à leur port d’attache à la BSM de Lorient cette après midi vers 16h, pour un nouvel accueil triomphal.

L’équipage du maxi a donc effectuée une superbe boucle autour du monde, maintenant le trimaran en avance sur le record de Groupama 3 sur l’intégralité du parcours.

Loïck Peyron, Juan Villa, Ronan Lucas, Thierry Chabagny, Yvan Ravussin, Pierre-Yves Moreau, Emmanuel Le Borgne, Kevin Escoffier, Xavier Revil, Jean-Baptiste Le Vaillant, Brian Thompson, Thierry Duprey Du Vorsent décrochent leur premier Trophée Jules Verne, alors que Fred Le Peutrec entre dans le cercle des doubles détenteurs (Groupama 3 en 2010) et Florent Chastel des triples vainqueurs (sur Orange I et II en 2002 et 2005) de ce tour du monde.

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Loïck Peyron, skipper du Maxi Banque Populaire V :  » Ce ne sont pas seulement 45 jours de mer que nous venons de faire, ce sont des décennies de travail, des années d’engagement de la part de Banque Populaire dans la voile. Il faut rendre hommage également à Pascal Bidégorry qui a conçu ce bateau et à Hubert Desjoyeaux qui l’a construit et nous a malheureusement quitté il y a peu, et à toute cette équipe bien sûr. Ce genre d’histoire nous fait monter en pression pendant pas mal de temps et il faut être patient pour que ça retombe aussi. Nous avons eu cette chance extraordinaire de pouvoir nous reposer les uns sur les autres. La confiance que nous avions les uns dans les autres fait qu’on est assez reposé paradoxalement. Etonnement, cette course n’est pas la plus fatigante. Tous les records sont fait pour être battus et celui-là le sera un jour où l’autre. S’il y a un bateau pour le battre, c’est celui-là ! « .

François Pérol, Président du Groupe BPCE  : » Cet exploit d’un équipage de quatorze hommes aussi talentueux que résolus constitue un magnifique symbole de la vitalité et de la force de l’esprit d’entreprendre. Tous les collaborateurs se reconnaissent dans l’aventure collective de Loïck Peyron, de son équipage et toutes celles et ceux qui à terre ou en mer  ont participé depuis 5 ans à la réalisation de ce projet « 

Yves Breu, Directeur Général de la Banque Populaire de l’Ouest : «  L’histoire de ce projet, c’est l’illustration parfaite de l’état d’esprit qui anime Banque Populaire au quotidien, une banque audacieuse, qui stimule et encourage les initiatives : soutenir et accompagner dans la durée toutes celles et ceux qui ont un rêve, y croient, se donnent les moyens de le transformer en projet concret et le conduire à la réussite « 

Ronan Lucas, directeur du Team Banque Populaire et navigant :  » Je suis content que nous décrochions ce record parce que je me dis que le travail paie et que ça fait du bien de s’acharner et de se dire qu’on va y arriver, d’y croire, de se battre pour que les choses évoluent. J’avais ce rêve de gosse de faire le tour du monde, passer le Cap Horn, aller dans le Sud, voir les immenses vagues, les douze mètres de creux dans l’Indien. J’ai été très touché par l’accueil ici à Brest. On avait la terre de manière épisodique et on savait que l’histoire avait l’air de prendre. Mais d’arriver ici et de voir la digue noire de monde, on se dit que c’est dingue. Je n’aurais pas rêvé une arrivée aussi belle. C’était beaucoup d’émotion pour nous, mais également du côté de l’équipe technique, c’est leur récompense aussi. Ils n’ont pas vu les Kerguelen mais ils ont vu ce monde. C’est une immense fierté pour eux et aussi pour notre partenaire parce que Banque Populaire fait de la voile par conviction mais c’est bien aussi quand ça paie. C’est magique, je garderai cette arrivée toute ma vie dans ma tête. J’étais convaincu que Loïck Peyron était quelqu’un de brillant. J’avais envie de travailler avec ce Monsieur depuis déjà longtemps et il est plus que brillant. Il est doué pour tout ! C’est un vrai leader, tout le monde a eu envie de se saigner pour lui et il a trainé le groupe derrière lui  « 

Kévin Escoffier, responsable du bureau d’études et navigant : » Je savais que j’aimais beaucoup faire du bateau mais tu as toujours le petit doute quand tu pars 45 jours de te demander si tu vas toujours autant apprécier… Eh bien oui ! J’ai vraiment adoré chaque instant, à aucun moment je ne me suis dit : qu’est-ce que je fais là ? J’ai tout adoré, chaque moment je voulais que ça dure plus longtemps. C’est fantastique, ça me conforte d’autant plus dans ce que je fais, autant sur le plan technique que sur le plan marin. J’avais la casquette technique qui faisait que je me devais d’anticiper les problèmes parce que j’étais un ce deux qui connaissait le mieux le bateau en tant que responsable du bureau d’études « .

Marcel van Triest, routeur à terre :« Jusqu’à Bonne Espérance, tout s’est enchaîné correctement, avec le temps qu’on avait imaginé au départ de Ouessant et du vent tout le temps. Souvent l’Indien est un plat de résistance, pour nous ça s’est très bien passé. Il n’y avait pas de glaces et on pouvait plonger dans le Sud. Du coup on est passé au Sud des Kerguelen ce qui n’est pas très habituel avec un bateau comme ça. A l’Est de l’archipel nous avons rencontré notre deuxième épisode de glaces et la situation météo nous a permis de monter très Nord. Jusque là, tout s’était déroulé parfaitement. Après on a eu un Pacifique compliqué, avec l’hésitation de plonger Sud dans une mer très formée ou aller chercher une dépression qui tombait d’Australie. Ca s’est bien passé mais c’était déjà un peu complexe. Après on s’est trouvé avec ce vaste champ de glaces dans le Pacifique Sud et une météo pas coopérative pour la première fois. On a mangé notre pain noir et contourné une grande accumulation de glaces mais on a quand même accepté d’aller dans une zone où il y avait quelques icebergs. C’était jouable parce qu’on était au près, en décembre soit le plein été austral qui nous donnait donc 23 heures de lumière par jour. C’était quand même compliqué de gérer tout ça, on est presque aveugle au niveau glaces et dans cette histoire je suis le borgne ! J’en sais trop pour être ignorant et pas assez pour être tranquille. On s’est retrouvé ensuite derrière la fameuse dorsale et même avec Banque Populaire V on n’a pas pu la percer. On a vraiment tenté trois fois de la passer, mais c’était comme un vrai mur et la seule façon de se rapprocher du but c’était de longer le mur et de faire du Sud. Atlantique Sud, ça s’est très très bien passé. Sur la remontée, on fait un petit bidet qui n’était pas vraiment nécessaire, le seul reproche que j’ai peut-être à me faire. Dans le Nord, il y avait des milles supplémentaires à faire mais c’était un choix relativement simple à faire. On est content de ce qu’on a fait avec cette météo. J’ai longtemps pensé qu’on pouvait arriver en dessous des 45 jours, avec un Atlantique Nord normal on l’aurait fait. Un jour, en réunissant tous les éléments, je pense que les 40 jours seront tenables « .

Les réactions des anciens détenteurs :

Olivier de Kersauson : « C’est vraiment très bien ce qu’ils ont fait. C’est même exceptionnel. Je pense à Hubert Desjoyeaux qui en a construit quelques uns de ces bateaux exceptionnels. Le trophée Jules-Verne est un parcours ultime, c’est le record de référence. »

Franck Cammas : « Ils ont réalisé une première partie de tour du monde incroyable avec parfois plus de 2000 milles d’avance. Sur la seconde moitié, ils ont tenu le rythme pour finir avec plus de deux jours d’avance. C’est évidemment une super performance car c’est toujours compliqué de faire un tour du monde. A bord de bateaux qui vont aussi vite, il faut savoir tenir le rythme, les mener à la juste vitesse pour ne pas casser. L’équipage de Banque Populaire a su le faire et c’est du beau boulot. Il y a souvent eu de la frustration dans les trois dernières années. Je pense donc à ceux qui n’ont pas eu la chance de naviguer. Je tire aussi un énorme coup de chapeau à Ronan Lucas, le team manager. Entre la construction et la navigation, c’est lui qui s’est le plus impliqué dans ce projet. […] On peut évidemment descendre sous les 45 jours avec Groupama 3 comme avec Banque Populaire. Il faut juste avoir cette part de réussite avec la météo et avec le matériel. [….] 

(Concernant Fred Le Peutrec, qui faisait parti de l’équipage victorieux sur Groupama 3 en 2010)  Fred n’avait rien à perdre. Bravo à lui. Il est de tous les beaux projets. C’est un super barreur qui sait aller vite, en finesse. »

Bruno Peyron : « De manière symbolique et émotionnelle, oui, je suis ravi. Toute la famille est contente, on en plaisante en disant qu’on va ramener à la maman un quatrième Jules-Verne à la maison. Le hasard a fait que j’ai été le premier à le lancer, et à chaque fois qu’on me l’a pris, je suis retourné le chercher. Là, Loïck me venge de Cammas, c’est très bien, et j’ai envie de dire que si on nous le reprend, on y retournera ! »

A lire également l’interview de Pascal Bidégorry, l’ancien skipper du maxi trimaran sur Sud Ouest, de Loïck Peyron sur Ouest-France et le Télégramme ; de Vincent Lauriot Prévost, architecte du bateau, qui revient sur les possibles améliorations du trimaran, toujours sur Ouest France.

Banque Populaire en approche de la ligne d’arrivée du Trophée Jules Verne

Loïck Peyron et ses treize hommes d’équipage : Juan Vila, Yvan Ravussin, Brian Thompson, Pierre Yves Moreau, Thierry Chabagny, Frédéric Le Peutrec, Emmanuel Le Borgne, Thierry Duprey Du Vorsent, Ronan Lucas, Jean-Baptiste Le Vaillant, Kevin Escoffier, Xavier Revil, Florent Chastel, vont franchir la ligne d’arrivée du Trophée Jules Verne au large de l’île d’Ouessant ce soir dans environ 3 heures, au terme de 45 jours et probablement 14 heures de mer.

© BPCE

Ils devraient donc devenir les nouveaux détenteurs du Trophée Jules Verne ce soir, le trimaran Banque Populaire V et son équipage vont ensuite passer une dernière nuit en mer avant de rejoindre le port du Chateau à Brest demain au environ de 10h30, où le public pourra accueillir comme il se doit les marins victorieux.

Les marins profitent de vents portants pour ces cent derniers milles avec une moyenne de 30 noeuds, ce qui clôturera en beauté un superbe tour du monde et une belle saison pour le team Banque Populaire, Marcel Van Triest, qui a routé le bateau depuis la terre sera bien évidemment de la fête, seule inconnue, la présence ou non de Pascal Bidégorry qui a imaginé ce bateau conçu par le cabinet VPLP, avant d’être remercié par Banque Populaire suite à l’échec de la tentative l’année dernière (A lire, l’interview de l’ancien skipper sur le Télégramme, et de Vincent Lauriot Prévost, architecte, toujours sur le site du Télégramme).

L’équipage de Banque Populaire V dévoilé

Loïck Peyron a dévoilé hier l’équipage qui l’épaulera dans la tentative de Trophée Jules Verne, dont le stand-by débutera à la fin du mois. 

Pas de révolution au sein de l’équipage du maxi-trimaran, l’équipage sélectionné par Pascal Bidégorry l’année dernière est reconduit à l’exception de Jérémie Beyou, à la recherche d’un budget pour le prochain Vendée Globe et d’Erwan Tabarly, qui semble pour sa part avoir trouver un sponsor et un bateau (l’ex Foncia) pour ce Vendée Globe. Jean-Baptiste Le Vaillant qui avait intégré l’équipage lors du record de traversée de l’Atlantique Nord sera chef de quart alors que  Thierry Duprey du Vorsent, qui avait effectué la tournée méditerranéenne du trimaran, aura un poste de régleur/barreur dans le quart de Fred Le Peutrec.

Juan Vila est reconduit au poste de navigateur embarqué, alors que Marcel Van Triest assurera le routage à terre du bateau.

Le temps de référence à battre sera de 48 jours 7 heures 44 minutes et 52 secondes pour décrocher ce Trophée Jules Verne.

Loick Peyron :  » Un chef d’orchestre doit savoir écouter, beaucoup, et si possible être extrêmement bien secondé par tous les solistes. Un équipage a besoin d’être guidé, pour bien jouer ensemble, il faut regarder dans la même direction. Mon rôle est donc d’imprimer un rythme, une ambiance, une confiance. Pour faire un bel orchestre, il faut de bons musiciens. La musique est belle, l’instrument est incroyable ».

Composition de l’équipage du Maxi Banque Populaire V pour le Trophée Jules Verne :

Hors quart

Loïck Peyron, skipper

Juan Vila, navigateur embarqué, responsable électronique/informatique

Quart n°1

Jean-Baptiste Le Vaillant, chef de quart, responsable voiles

Kévin Escoffier, barreur/régleur, responsable vidéo et structure

Xavier Revil, barreur/régleur, responsable avitaillement et vie à bord

Florent Chastel, numéro 1, responsable médical et gréement courant/dormant

Quart n°2

Frédéric Le Peutrec, chef de quart

Emmanuel Le Borgne, barreur/régleur, responsable médical et composite

Thierry Duprey du Vorsent, barreur/régleur, responsable mécanique et énergie

Ronan Lucas, numéro 1, responsable sécurité

Quart n°3

Yvan Ravussin, chef de quart, responsable composite

Brian Thompson, barreur/régleur

Pierre-Yves Moreau, régleur, responsable mécanique et hydraulique

Thierry Chabagny, numéro 1, barreur/régleur, responsable accastillage et voiles

Marcel van Triest, routeur à terre