IDEC SPORT attendu à Brest ce week end

L’équipage d’IDEC SPORT fait route vers Brest, après l’abandon de sa tentative de Trophée Jules Verne, il se trouve actuellement à mi chemin entre le Cap Vert et les Canaries.
Francis Joyon et ses cinq hommes d’équipage espèrent atteindre Brest ce week-end, dimanche matin ou dans la nuit de samedi à dimanche.
Les marin s’attellent aux petites réparations lors de cette remontée, afin d’être prêts dès que possible à s’élancer sur une nouvelle tentative autour du monde.

Photo Jean-Marie Liot / DPPI / IDEC

Photo Jean-Marie Liot / DPPI / IDEC

Francis Joyon, skipper d’IDEC SPORT :
«  Nous sommes dans une zone de transition, dans l’alizé qui faiblit. Mais après cette période de calme, on doit attraper des vents dépressionnaires un peu plus au Nord, et remonter assez rapidement. On espère être à Brest dimanche matin, ou dans la nuit de samedi à dimanche si les conditions sont vraiment favorables.
À nous six, on en a franchi un paquet de Pot au Noir (Zone de Convergence  Intertropicale, ndlr). Je m’en souviens d’un qui avait été aussi virulent et aussi brutal avec des grains vraiment violents et des vents qui passent de 0 à 40 nœuds en quelques instants, mais cela reste très rare. D’autant que cette fois ci, cela a duré sur une vingtaine d’heures avant de se poursuivre sur une longue période de quasi calme. Au Pot au Noir, il reste une part de mystère… Rien de ce que nous avons eu n’était prévu ; ni par les fichiers, ni par les observations qu’on avait pu faire avant. On a décidé de faire demi-tour, de le retraverser en se disant qu’on allait déguster… Et en fait, dans la remontée, on a eu un Pot au Noir très rapide dans des vents réguliers et sans s’arrêter. C’était assez sidérant !
L’équipage a retrouvé sa bonne humeur après que chacun ait pris un peu sur soi pour accuser le coup dans son coin. Aujourd’hui, le bon naturel des uns et des autres a repris le dessus. On commence à regarder les nouvelles fenêtres météo possibles, il ne semble pas en avoir dans l’immédiat, mais de notre côté nous serons prêts. Il nous suffira juste de remettre deux semaines d’avitaillement à bord et on pourra repartir. »

Thomas Coville s’adjuge un nouveau partiel au Leeuwin et accroit son avance sur le record

Thomas Coville évolue désormais au sud de l’Australie, le skipper et son trimaran Sodebo Ultim décrochent un nouveau temps de référence entre Ouessant et le Cap Leeuwin en 21 jours 3 heures 9 min et 8s à 24,9 nœuds de moyenne.Ceci porte l’avance de Thomas Coville à 1 jours 12 heures 19 min sur le record de Francis Joyon sur Idec de 2007, et de près de 800 milles en distance.

Photo Jean-Marie Liot / DPPI / SODEBO

Photo Jean-Marie Liot / DPPI / SODEBO


L’océan indien aura été fidèle à sa réputation avec des conditions de mer difficiles, et une visibilité réduite.
Le skipper entamera dans 48 heures la traversée du Pacifique, il devrait pouvoir naviguer relativement sud jusqu’à l’antiméridien, il devra ensuite remonter de quelques degrés afin d’éviter une zone de glaces.

 
Thomas Coville, skipper de Sodebo Ultim :
« Sur la cartographie de mon écran d’ordinateur, je n’ai pas l’impression de me déplacer très vite.
Je ne vois pas grand-chose, pour ne pas dire rien. C’est ambiance hiver dans un brouillard permanent. Depuis cinq jours, j’ai vu une éclaircie, sinon il fait très gris, il pleut tout le temps. Il fait environ entre 1-0° degrés, soit -5° en ressenti. Je ne peux plus manœuvrer sur le pont sans gants. Ils sont souvent mouillés, alors j’alterne entre deux paires. Il faut tout protéger notamment les doigts et le nez pour ne pas qu’ils gèlent. Dans ce froid, chaque manœuvre est difficile et très engageante.
Malgré ces conditions extrêmes, je suis content car ça ne se passe pas trop mal et on a une belle avance. C’est le tronçon où Francis avait été fort. C’est une bonne chose d’aller plus vite. Ça veut dire qu’on a bien travaillé avec Jean-Luc (ndlr Nélias – le routeur de Sodebo Ultim’). Ça signifie aussi qu’on est presque à la moitié et qu’on est bientôt sur le retour. »

 

 

 

 

Idec Sport fait demi tour et rentre à Brest

L’équipage d’IDEC SPORT, mené par Francis Joyon, après concertation avec leur routeur à terre Marcel Van Triest, a fait demi tour ce matin pour rentrer à Brest.

Francis Joyon, Bernard Stamm, Boris Herrmann, Clément Surtel, Alex Pella et Gwénolé Gahinet avaient pris le départ d’une tentative de Trophée Jules Verne il y a un peu moins d’une semaines. La fenêtre météo était clairement atypique, mais laissait envisager un temps correct à Bonne Espérance, et un bon enchainement pour débuter dans le Grand Sud.
La situation s’est cependant montrée moins favorable au fur et à mesure de la progression de l’équipage, avec un passage difficile des îles du Cap Vert, puis une évolution nettement défavorable au niveau du Pot au Noir. Celui-ci se révélait plus actif que les prévisions, plus large et en déplacement constant vers le sud, bloquant le trimaran a très petite vitesse.
Au moment du demi tour, l’équipage pointait avec 420 milles de retard sur le record de Banque Populaire V et celui-ci n’aurait fait que se majorer au fil de la descente vers Bonne Espérance, l’équipage a donc pris la décision de faire demi-tour, se laissant une chance non négligeable de pouvoir repartir si une nouvelle fenêtre météo se présentait. l

Photo Jean-Marie Liot / DPPI / IDEC

Photo Jean-Marie Liot / DPPI / IDEC

Francis Joyon, skipper d’IDEC SORT :
« Entre grains d’une violence inouïe, et des longs moments totalement déventés, j’ai beaucoup réfléchi hier avant de poser la question à Marcel van Triest sur l’opportunité de poursuivre notre tentative. Il s’avère qu’avec ce retard imprévisible pris à l’équateur, nous ne serons pas en mesure d’accrocher les dépressions en formation du côté du cap Frio, au large du Brésil. En continuant notre route, nous risquions fort de nous présenter à Bonne Espérance avec un retard insurmontable…
Nous ne renonçons pas. La possibilité de faire demi-tour fait partie de ce genre de défi, et nous l’avions évoquée dès notre départ de Brest le week-end dernier. Nous allons de nouveau traverser les zones à grains du pot au noir pour rallier Brest dimanche prochain, et débuter un nouveau stand by. »

 

Idec Sport et Sodebo Ultim en avance sur leurs records

  • Thomas Coville poursuit sa route dans un Indien toujours musclé avec une avance stabilisée à 360 milles sur le record de Francis Joyon. Il devrait passer la latitude des Kerguelen dans les 24 heures à venir.

     Photo Jean-Marie Liot / DPPI / SODEBO

    Photo Jean-Marie Liot / DPPI / SODEBO

Le skipper revient sur ces derniers jours : « Hier j’ai dû réparer la barre de transmission du safran sur le flotteur suite à un choc avec une baleine. Ça a tapé très fort et le safran s’est désolidarisé du flotteur. J’ai dû me mettre à cheval sur le flotteur. J’allais prendre une photo pour l’envoyer à mon équipe technique, quand j’ai senti mes jambes glisser, la sensation que j’allais y passer. Tu sais que si tu n’arrives pas à réparer le safran, c’est l’abandon. Mais j’ai tout de suite trouvé la bonne solution pour le refixer. Je suis rentré dans le cockpit, les jambes en coton mais avec la sensation d’une petite victoire.
Ici tu es juste toléré. C’est hostile. Hier il y avait vraiment de la mer et des creux annoncés jusqu’à 10 mètres. Je n’en ai pas vu mais c’était gros.
Ce matin avant de renvoyer le 3ème ris, j’ai dû aller en bout de bôme et je me suis trouvé dans un ruisseau de grêlons qui c’était accumulé dans cette grande gouttière. J’étais à quatre pattes pour avancer. Il commence à faire très froid. Ça piquait fort sous le grain de grêle !
Aujourd’hui, il fait assez beau, de plus en plus froid et le vent est toujours relativement soutenu – environ 30 nœuds – mais la mer s’atténue et ça te change la vie.
Tu as envie d’aller plus vite, mais ce n’est pas toujours prudent. Quand tu essaies, tu te rends compte que c’est n’importe quoi. Il fallait passer ce noyau de grosses vagues de 8-9 mètres, sans rien casser. J’avais la frustration d’être en dessous des routages et de ce qui était prévu, ce qui me met la pression.
Il faut être encore plus réactif que sur mon ancien bateau. Tu n’as pas le droit à la moindre erreur quand tu arrives en bas d’une vague à 40 nœuds, c’est juste colossal. Tu dois gérer tous les paramètres. Plus le bateau est grand et large, plus tu accèdes à des vitesses importantes et plus la marge d’erreur est faible. »
  • Après un début de Trophée Jules Verne difficile au coeur d’un centre dépressionnaire, Francis Joyon et ses hommes ont empanné hier vers minuit et ont repris une route sud. IDEC SPORT progresse à plus de 30 noeuds de moyenne depuis le milieu d’après midi.
    Après presque trois jours de mer Francis Joyon, Clément Surtel, Boris Herrmann, Alex Pella, Gwenolé Gahinet et Bernard Stamm ont repris l’avantage sur leur adversaire virtuel et détenteur du record, avec une avance de 4 milles qui va s’accroitre dans le heures à venir.
    L’équipage et Marcel Van Triest, le routeur à terre, vont maintenant s’atteler à négocier au mieux le passage des îles du Cap Vert, en espérant éviter les dévents provoqués par le relief.

    Jean-Marie Liot / DPPI / IDEC

    Jean-Marie Liot / DPPI / IDEC


     Gwénolet Gahinet : « Nous sommes en permanence en train de choquer et de reborder, toutes les 20 minutes. C’est exigeant ! »
    Clément Surtel : « Un départ, c’est toujours fort émotionnellement et celui-ci a été brutal. On s’en sort bien. On a évité le gros du vent. La mer se calme. On tient bien la feuille de route en bataillant avec des grains un peu mous. On attaque pour se sortir des grains. On est content de notre moyenne. Un peu de bricolage à faire mais rien de grave. On commence seulement à s’alimenter régulièrement, œufs au bacon pour moi ce matin. Pour l’instant on ne regarde pas trop les écarts, mais on reste concentré sur les conseils de Marcel. On est dans la bonne gestion du bateau, dans la mise en route de ce tour du monde. Avec le vent régulier, on va allumer.  Francis et Marcel échangent par mail et on discute entre nous. J’espère qu’il est content de nous»

Conditions musclées dans l’indien pour Thomas Coville

Thomas Coville, le skipper de Sodebo Ultim, engagé sur un record autour du monde en solitaire, connait un début d’Indien difficile avec des conditions musclées.
Le skipper fait face à une mer formée, avec des creux de 7 à 8 mètres et un vent d’une trentaine de noeuds.

Qui plus est, le marin a heurté un mammifère marin hier,  l’obligeant à refixer  le système de liaison du safran tribord qui avait été touché dans la collision.

L’avance sur le record de Francis Joyon est désormais de 366 milles.

 

Nouveau temps de référence pour Thomas Coville à Bonne Espérance et une journée d’avance sur le record

Thomas Coville a doublé le Cap de Bonne Espérance ce dimanche à 19h 33min 40s, il n’aura mis que 14 jours 4 heures 43 minutes et 48 secondes pour avaler l’Atlantique et rejoindre la pointe sud de l’Afrique passer la longitude du Cap de Bonne Espérance.
 Photo Jean-Marie Liot / DPPI / SODEBO

Photo Jean-Marie Liot / DPPI / SODEBO

Plus important que ce temps de passage, le skipper est surtout en avance sur le record de Francis Joyon, avec une avance de 1 jour 5 heures 14 min 50 au passage du Cap.
Il aura pour se faire enchainer les manoeuvres sur les dernières 24 heures avec pas moins de 21 empannages, afin de rester dans un couloir de vent portant en dehors de la zone des glaces.
Il est désormais au tiers de sa tentative de record autour du monde à la voile en solitaire, Sodebo Ultim’ affiche une vitesse moyenne de 24,6 nœuds  jusqu’ici
 
 

925 milles d’avance pour Thomas Coville

Thomas Coville poursuit sa descente de l’Atlantique Sud à haute vitesse en contournant l’anticyclone de Sainte Hélène. Il possède ce soir 925 milles d’avance sur le record de Francis Joyon.
Le skipper devrait franchir le Cap de Bonne Espérance ce week end de nouveau en un temps record.

Photo Jean-Marie Liot / DPPI / SODEBO

Photo Jean-Marie Liot / DPPI / SODEBO

La route s’annonce cependant compliquée, puisque le marin devra enchainer les empannages  dans un couloir étroit d’environ 80 milles de large entre l’anticyclonique  et une zone de glaces, sous le 43° parallèle, que le skipper et ses routeurs veulent éviter.

Thomas Coville, skipper du trimaran Sodebo Ultim’ :
« Hier j’ai eu un lever de lune incroyable. C’était la quasi pleine-lune, elle était comme un ballon devant mon flotteur bord avec une symétrie parfaite. J’étais sur le filet et pendant quelques minutes j’ai profité de cet instant, le temps s’est arrêté.
Tout à l’heure au radar, j’ai croisé un brise-glace. Ça donne le ton de ce qui se trouve au Sud ! Depuis le départ, on sait que les glaces sont assez nord. Il y a un énorme amas de plusieurs dizaines de kilomètres qui s’est disloqué et forme des growlers. C’est à la fois magique et angoissant.
On ne va pas jouer au samouraï, je n’irai pas dans la zone de glace. Si l’anticyclone remonte un peu dans le nord, cela me permettra de me dégager plus vite. 
Le joli temps de référence à l’Equateur m’a mis en confiance. On va surement perdre un peu de temps avec Sainte-Hélène, mais ça s’équilibre avec tout de même une très bonne vitesse sur la trajectoire de Sodebo Ultim’. Je suis plutôt confiant pour la suite. »

Record du tour du monde en solitaire, 415 milles d’avance pour Thomas Coville

Le skipper de Sodebo s’est adjugé hier le meilleur temps en solitaire sur le tronçon Ouessant-Equateur en 5 jours 17 heures et 15 minutes.
Thomas Coville a ensuite passé sans problème le Pot Au Noir en majorant son avance jusqu’à 415 milles ce soir, il poursuit désormais sa route au large du Brésil en direction de Sainte Hélène.

Thomas Coville, skipper de Sodbo Ultim :
« En partant, je savais que j’avais un bateau qui avait un meilleur potentiel que le précédent. Sans ce nouveau bateau, je ne crois pas que j’y serais retourné. Si on ajoute les conditions météo du départ avec cette belle fenêtre, cela fait un joli temps à l’Equateur.
Ces cinq derniers jours ont été physiques et rapides avec une jolie route presque rectiligne même dans le pot au noir. Je l’ai traversé cette nuit et Sodebo Ultim’ ne s’est jamais arrêté. Je n’ai pas manœuvré, j’ai simplement réglé les voiles.
Cela n’a jamais été scabreux même si je sais que cela peut m’arriver. Je suis très content de mon bateau et du pilote. Je n’ai aucun problème technique majeur, Sodebo Ultim est en parfait état de marche et c’est extrèmement important pour la suite. J’ai eu des journées à plus de 30 noeuds de moyenne, ça va très fort ! Les foils sont très adaptés et je me sens à l’aise sur ce bateau qui a tout de même 5 mètres de plus de large que le précédent. Cette largeur offre une puissance bien supérieure.
J’ai réussi à être tout de suite dans le match, assez libéré avec les bonnes configurations de voiles que nous travaillons depuis trois ans.
Le tour du monde ce n’est pas une transat, ce n’est pas juste aller à l’Equateur. On se dit tout le temps qu’il faut tenir deux mois. Il faut aller jusqu’au bout !
C’est agréable psychologiquement de commencer en étant bien dans le tempo. Quand cela commence comme ça on a un bon moral. Cela montre aussi que nous avons été audacieux de prendre cette fenêtre météo. J’ai un plaisir fou à naviguer et à aller vite. Techniquement, tu sens que tu as du potentiel. On a fait un bon temps en restant raisonnable. Un bon temps sur le premier tronçon, ça met en confiance même si je sais bien qu’il y a tellement d’aléatoires sur un tour du monde. Je ne connais pas beaucoup d’épreuves sportives qui durent aussi longtemps.»