Race for Water mis à l’eau la semaine prochaine

Le premier trimaran monotype MOD 70 sera mis à l’eau lundi prochain à 8h30 aux pieds de la cité de la Voile à Lorient.

© Yvan Zedda / Multi One Design S.A

Le bateau a reçu sa décoration aux couleurs de la Fondation Multi One Attitude, qui oeuvre pour la sauvegarde de l’eau et des océans. Le design graphique du bateau a été réalisé par Romain Collaud qui étudie à l’ECAL/Ecole cantonale d’art de Lausanne, dans le cadre du Bachelor en Communication visuelle, suite à un concours interne.

© ECAL / Romain Collaud

Le lancement officiel du trimaran aura lieu lors d’une grande soirée  le vendredi 25 mars. Un show « Son & Lumière » monumental ouvert au grand public et gratuit se déroulera à 21h pour le baptême du MOD70 «Race for Water» qui sera skippé par le navigateur suisse Steve Ravussin.

Thomas Coville en avance

Le skipper de Sodeb’O a effectué une belle remontée le long des côtes sud américaines, ce malgré une étrave tribord endommagée, le gain se porte à 900 milles en une semaine, il a compté jusqu’à 220 milles d’avance sur le record de Francis Joyon.

Cette avance s’est nettement réduite ( 30 milles ce soir) depuis l’entrée du trimaran rouge dans une zone de transition après avoir traversé une dépression orageuse, grâce à  une « aile de mouette » au large des côtes brésiliennes qui lui a permis d’aborder au mieux cette dépression. Thomas Coville est de nouveau sur la bonne amure, le flotteur endommagé étant au vent. Les trois prochains jours devraient se faire dans un vent moins soutenu et au près, l’avance devrait donc se réduire jusqu’au passage de l’équateur.

Thomas Coville grapille malgré une étrave endommagée

Thomas Coville poursuit sa route au large des côtes sud américaines, cette remontée de l’Atlantique Sud a assez mal commencé pour  le skipper suite à une collision avec un globicéphale.

La crash box d’étrave du flotteur tribord a été endommagée dans cette collision comme l’explique Thomas Coville :

« Il y a quelques heures, j’ai senti un choc avec le bateau, un choc léger, je me suis retourné et j’ai vu un banc de globicéphales qui chassait au-dessus de l’eau. Ce sont des mammifères marins typiques de la région et donc, en percutant l’un d’entre eux, j’ai perdu un morceau de l’étrave du flotteur tribord.

J’ai du mal à vous cacher mon émotion ou mon amertume, je n’arrive pas à trouver les mots. C’est finalement l’avarie la plus injuste qui puisse arriver dans ce genre de programme. C’est quelque chose que l’on ne peut pas dominer et, pour autant, la seconde étrave du flotteur a l’air de tenir. Cela permet de garder intégrité du flotteur qui ne peut pas prendre l’eau. On avait déjà eu un problème similaire et on s’était arrêté en Afrique du Sud.


On avait un bateau en pleine possession de ses moyens, et moi, malgré la fatigue latente, j’avais la pêche, la niaque, cette nuit j’ai donné tout ce que j’avais comme toutes les autres d’ailleurs. Voilà comme des projets aussi éprouvants ne tiennent à rien, c’est un sentiment d’injustice énorme. »

Les précisions de Thierry Briend, directeur technique du team Sodebo et routeur :

« Si Thomas perd la crash box avant en mousse, il se retrouvera alors à naviguer en toute sécurité sur un second « faux nez » en carbone dont la forme « perce vague » est aussi respectée. Pour l’heure, il n’y a aucun risque que l’eau entre dans le flotteur.
L’avant de la crash box est en place mais, avec la vitesse, la mousse va partir progressivement. Dans ce cas, soit la crash box part en entier, alors Thomas naviguera avec la deuxième fausse étrave, soit elle reste et il faudra faire avec. « 

Après discussion entre l’équipe technique, le skipper, et le co-architecte Benoit Cabaret (le trimaran étant un plan Irens/Cabaret, il s’avère que cette avarie ne présente pas de danger pour l’intégrité du bateau, Thomas Coville a donc décidé de poursuivre son tour du monde, malgré un handicap en performances estimé entre 10 et 15%.

Ceci ne l’empêche pas de continuer à rattraper son retard sur le temps de référence de Francis Joyon, Sodeb’O ne concède aujourd’hui que 244 milles sur le temps d’Idec, le skipper a gagné 400 milles depuis son passage du Horn, ce qui lui laisse de fortes chances de refaire totalement son déficit avant Ouessant :

« Virtuellement, on peut encore battre le record. J’ai perdu ma dame et j’ai encore un fou qui est capable de faire échec et mat. »

Thomas Coville passe le Horn avec 680 milles de retard

Thomas Coville est passé ce mardi 8 mars à 12h24 heure française à environ 200 mètres du Cap Horn, en même temps que Neutrogena, 60′ IMOCA engagé sur la Barcelona World Race.

Le trinitain aura mis 38 jours, 16 minutes et 32 secondes de mer et  parcouru19 186 milles parcourus à la moyenne de 21,03 nœuds pour franchir le Cap Horn, le retard sur le temps de référence  était de 680 milles soit 2 jours et 11 heures.

Depuis la Tasmanie, Thomas Coville aura mis 10 jours, 16 heures et 49 minutes pour rallier le Horn, soit 2 heures et 23 minutes de plus qu’Idec, l’objectif de moins de 1000 milles de retard est donc atteint pour le skipper, qui devra néanmoins cravacher sur la remontée de l’Atlantique pour rejoindre Brest avant le 28 mars à 1h.

Sébastien Josse confirmé chez Gitana

Comme la rumeur le laissait entendre, c’est bien Sébastien Josse qui prendra la barre du futur MOD 70 de l’écurie Gitana.

Un choix qui peut paraître surprenant au premier abord, le skipper n’ayant pas une grosse expérience du multicoque (quelques Grand Prix en 60′ ORMA, un Trophée Jules Verne victorieux en 2002 sur Orange), cependant, il possède une grosse expérience en tant que meneur d’homme suite à sa Volvo Ocean Race.

© Oskar Kihlborg/ Volvo Ocean Race

Le Baron Benjamin de Rothschild, qui arme les bateaux du Gitana Team explique ce choix  : « Le MOD 70 est un trimaran et de fait ce sera un bateau exigeant et compliqué à mener. Ainsi, choisir un marin qui ne soit pas un grand spécialiste du multicoque peut paraître un choix audacieux, mais la monotypie, qui régit cette nouvelle classe, laissera aussi une grande place à la capacité du skipper à fédérer des personnalités autour de lui. D’un point de vue technique, les régates se disputeront à armes égales et l’humain sera alors déterminant. Sébastien Josse a une belle expérience dans ce domaine avec ses nombreuses années passées en Figaro. Il a également su démontrer par le passé ses qualités de meneur d’hommes lors de sa participation à la Volvo Ocean Race. Son profil nous a séduits et nous sommes ravis qu’il rejoigne le Gitana Team »

Sébastien Josse fera donc ses premières armes à la barre d’un multicoque, comme il l’explique « Jusqu’à présent, ma carrière professionnelle s’est écrite en monocoque même si mon CV possède quelques expériences en multicoque, notamment lors du Trophée Jules Verne en 2002 ou de navigations en trimaran Orma en tant que n°1. Depuis une dizaine d’années, les choses se sont enchaînées très vite et l’opportunité de prendre la barre d’un projet en multicoque ne s’était jamais vraiment présentée. Mais j’avoue que cela me faisait envie et me titillait depuis longtemps. Je regardais cette nouvelle classe des MOD 70 avec d’autant plus d’intérêt qu’elle se destine à l’équipage à bord de monotypes, ce qui ouvre le jeu pour un non spécialiste comme moi. Ce projet est une vraie remise en question pour moi, un nouveau départ. Il va falloir que je travaille dur face à des adversaires redoutables en multicoque tels que Michel Desjoyeaux, Stève Ravussin ou encore Roland Jourdain. Mais justement, le fait que le MOD 70 et son circuit soient majoritairement pensés pour de l’équipage me rassure et cela va me permettre d’apprendre plus rapidement »

Il aura l’occasion de s’entrainer sur Gitana 11 dès cette saison afin de sélectionner son équipage et afin d’être prêt pour la première course d’entrainement en 2012.


Bruits de ponton

– Sébastien Josse, qui avait décroché un poste de barreur sur le VOR70 de Groupama pour la prochaine Volvo Ocean Race, a démissionné de ce poste. Il deviendrait selon toute vraissemblance skipper du futur trimaran monotype MOD70 de l’armement Rothschild. L’arrivée du skipper au sein du Gitana Team ne devait être dévoilé que lors du baptême du 1er MOD, cependant les rumeurs se font de plus en plus insistantes, et le départ de l’équipe de Franck Cammas a été confirmé.

– Artemis Racing, le syndicat suédois engagé dans la prochaine Coupe de l’America, serait en train de finaliser l’achat du 60′ ORMA Gitana 12. L’objectif serait d’allonger les flotteurs du trimaran, de couper la partie inférieure de la coque centrale afin qu’elle ne touche plus l’eau (comme sur les D35), et de changer le gréement pour une aile rigide, l’équipe suédoise disposerait ainsi d’un catamaran à aile rigide d’une taille proche des futurs AC72.

 

Thomas Coville maintient la cadence

Thomas Coville conserve un retard d’environ 1200 milles sur le record de Francis Joyon, il n’aura concédé que 43 milles depuis Bonne Espérance.

©Sea&Co

Le skipper connait toujours des conditions périeuses sur son trimaran Sodeb’O : « J’essaie de tenir plein vent arrière dans un vent d’Ouest qui oscille entre 23 et 31 nœuds. J’ai un gennak’ plus grand et le pilote a du mal à tenir. En montant sur la vague, tu as un angle un peu chaud, le bateau monte sur une coque, le pilote donne un coup en arrivant en bas et tu peux faire un planté du bâton comme on aime pas trop. C’est toujours le risque avec une mer de trois quarts arrière comme là et il faut camper dans le cockpit. »
Malgré ce retard, Thomas Coville espère pouvoir refaire son retard sur la remontée de l’Atlantique :   « Une personne normalement constituée aurait lâché le morceau et cela m’a traversé l’esprit d’ailleurs, malgré tout, la nature m’a fait de beaux cadeaux dans cet Océan Indien. Monter comme ça au près et au reaching dans une mer vraiment pas gentille, c’est périlleux, cela demande du sang-froid mais on s’en est pas mal sorti avec un bateau toujours très aérien. Un beau défi en multicoque et même si ça tape dans tous les sens, y arriver procure du plaisir. »


Pas de nouvelle tentative pour Banque Populaire V

Le maxi-trimaran Banque Populaire V, de retour à Lorient depuis dimanche dernier après une première tentative avortée de Trophée Jules Verne, ne repartira pas pour une nouvelle tentative cet hiver.

Malgré ce problème, le trimaran semble être en relatif bon état, comme le confirme  Pierre-Emmanuel Hérissé, responsable technique du Maxi Banque Populaire V  : « Le bateau est revenu dans un super état général, mais le contrôle supplémentaire que nous devons faire sur ce bras, associé aux contraintes météos dues au début de l’hiver dans l’hémisphère sud ne va pas  permettre  de repartir dans les délais que nous nous étions fixés. On doit donc se laisser un peu plus de temps que prévu, c’est une décision collective prise avec les architectes. »

Pascal Bidégorry et son équipage ne reprendront donc leur stand-by qu’à partir de novembre 2011, ils profiteront de ce délai supplémentaire pour multiplier les navigations d’entrainement.

Thomas Coville gagne 150 milles

Thomas Coville a plongé au sud pour éviter des vents violents, sa route au sud de celle de Francis Joyon lui a permis de regagner plus de 150 milles sur le temps de référence.

Sodeb’O a retrouvé des allures portantes, malgré tout, le skipper a du effectuer de nombreuses manoeuvres pour maintenir au mieux le trimaran sur sa route malgré une mer croisée, qui plus est Thomas Coville doit redoubler de vigilance puisqu’il navigue dans une zone où ont été signalés des growlers, comme l’explique le routeur Christian Dumard :  « Tom navigue entre deux zones. Il passe dans le Sud d’un iceberg de 5 kilomètres qui s’est fragmenté et dont les fragments ont dérivé vers l’Est et au Nord de deux icebergs détectés à 415 milles dans le Sud-Est du bateau. »

Banque Populaire V à Lorient

Le maxi trimaran Banque Populaire V  a rejoint son ponton à Lorient ce matin, Pascal Bidégorry et ses 13 hommes d’équipage sont donc de retour après leur tentative avortée de Trophée Jules Verne, suite à une collision avec un OFNI.
Pascal Bidégorry espère repartir après un check-up du bateau et les réparations suite à la casse de la dérive, le bateau devrait être prêt dans une dizaine de jours.

Pascal Bidégorry, skipper – hors quart

« On a poursuivi notre travail sur ces 15 jours retour. On s’était fixé comme objectif de continuer à naviguer comme si on était en record… notamment dans l’organisation du bord, dans le prolongement de ce qu’on a fait sur les douze premiers jours de course. C’était important, il ne fallait pas s’arrêter et garder la même dynamique.

Le bateau est bien, c’est un fait, tout le monde le dit, mais je me suis régalé à naviguer avec l’équipage à bord. Je pense qu’on a tout pour réussir ce projet comme il faut. On a fait une trentaine de jours de mer. c’est sûr que ça va nous servir énormément, qu’on revient beaucoup moins bête qu’on est parti ! Les gars du team ont fait un travail énorme et on a tous un peu grandi. On a appris à vivre ensemble dans la performance du bateau. Vivre ensemble à 20 nœuds et vivre ensemble à 35 nœuds, ce n’est pas pareil. Dans la gestion du record, j’ai essayé d’apprendre en regardant les autres et en voyant l’intelligence avec laquelle ils ont mené leur bateau et leurs hommes. On voit que ce n’est pas simple. On n’a pas cassé le bateau. On a bien navigué. On a tapé quelque chose mais on n’a pas fait d’erreur.

On espère repartir. Il y a dix jours de travail sur le bateau. Il faut faire un check complet parce qu’on a quand même navigué 30 jours sur un multicoque de 40 mètres.

Juan Vila, navigateur – hors quart

« C’était une très belle expérience, très intense avec des moments hauts et des moments bas, comme toujours dans ce type de course. Tout allait vraiment bien. C’est dommage mais on espère y retourner très vite. Dans mon rôle de navigateur, j’ai forcément passé beaucoup de temps à l’intérieur, en faisant un peu une régate virtuelle sur l’ordinateur. Mais j’étais aussi sur le pont pour toutes les manœuvres, pour aider. Ca m’a permis de voir les deux volets de cette navigation et donné l’envie de repartir. Je sais qu’après une journée à terre, je serai en train de regarder les fichiers et de me dire : quand est-ce qu’on y retourne? ».

Yvan Ravussin, Chef de quart (Quart n°1) :

« Pour cette première tentative, on a fait un super début de course.  Que ce soit sur le plan du bateau ou de l’équipage,  c’était vraiment du pur bonheur et on n’a qu’une seule envie, c’est d’y retourner ! On sait que la casse fait partie de notre sport mais je pensais vraiment être à l’abri sur ce genre de gros bateau. Même si ne c’est pas la première fois que j’effectue ce genre de réparation en pleine mer, celle-là a vraiment été la plus grosse et la plus périlleuse d’entre-elles. Mais cette première tentative nous a permis d’en savoir davantage sur cette machine et nous donne une incroyable envie de voir ce dont elle est capable sur le tour entier ».

Brian Thompson, barreur/régleur (Quart n°1) :

« Je me sens super bien et pas trop fatigué ! Nous avons convoyé pendant quatorze jours et n’allions pas aussi vite évidemment avec la dérive abimée. C’était la première fois que je naviguais aussi longtemps sur ce bateau et je dois dire qu’il a un incroyable potentiel. C’est juste dommage d’avoir heurté cet OFNI. J’étais à la barre au moment du choc, nous allions à 37 nœuds, sous un vent stable et c’était vraiment une super nuit. L’impact n’a pas été aussi violent que ça et nous ne pouvions pas imaginer la gravité des dégâts. Lorsque l’on a franchi l’équateur, j’ai fait une offrande de saucisson à Neptune, mais je ne suis pas sûr que cela ait été suffisant. Je suppose qu’il était un peu en colère que je ne lui ai pas fourni le vin français avec (rires)  !  »

Thierry Chabagny, barreur/régleur (Quart n°1) :

« Trente jours de mer sur un bateau comme ça, c’est très riche. Ils m’ont permis d’apprendre beaucoup sur l’ensemble des manœuvres, le réglage des voiles… Toutes les heures passées à la barre m’ont développé des sensibilités que je n’avais pas avant de partir. Je me suis aussi rendu compte que j’avais très envie de repartir pour essayer d’enfin boucler ce tour du monde qui nous fait rêver mais qui reste très dur. Humainement, tu te rends compte que c’est comme une petite entreprise et que des notions comme le respect et l’écoute sont très importantes. Ca s’est très bien passé entre nous. J’ai fait beaucoup de solitaire et finalement peu d’équipage. C’est intéressant de pouvoir voir dans le regard des autres ce que tu dégages. Du coup tu as souvent tendance à essayer de faire mieux, de corriger même si la vérité ressort toujours. Je pense que nous avons tous été « choisis » pour notre faculté à nous entendre avec les autres et il n’y a pas eu de problème. On a vraiment partagé chaque instant, c’était un vrai bonheur! ».

Pierre-Yves Moreau, numéro un (Quart n°1) :

« En tant que responsable technique du Maxi Banque Populaire V, je suis intervenu sur la dérive juste après le choc. On a attendu d’être dans des eaux plus calmes pour l’enlever. En la sortant on était un peu dépité parce qu’elle était très abimée, plus que ce qu’on imaginait. Il a fallu rafistoler, couper avec les moyens du bord. On en a coupé deux mètres, ce qui nous a permis de re-naviguer avec le bateau. L’équipage est bon et bien ! J’étais très heureux de mon quart, on était bien complémentaires. On s’est amusé mais c’était sérieux aussi ».

Frédéric Le Peutrec, chef de quart (Quart n°2) :

« Avoir navigué trente jours à bord du bateau et avec l’équipage, ce sont autant d’acquis pour la prochaine fois. Il n’y a pas eu de bobo, pas de plainte, on a tous été aussi déçus les uns que les autres quand le choc est arrivé. C’est rare que ce soit à la première tentative que ça passe. Ce qu’on apprend à chaque fois c’est de l’acquis nécessaire pour la tentative qui sera couronnée de succès. On n’a pas attaqué la partie dans laquelle on se fait les gros souvenirs, c’est à dire le sud. Mais c’est toujours un gros plaisir d’aller très vite avec un bateau équilibré, de se retrouver à la barre en précision avec un engin qui déboule à 37, 38, 40 nœuds au milieu de la nuit. Ce sont de vrais plaisirs. Ca s’est arrêté trop vite mais ce n’est que partie remise. Ça fait partie de l’exercice, ce n’est pas qu’une régate mais la frustration ne va pas au delà du supportable ».

Emmanuel Le Borgne, barreur/régleur (Quart n°2) :

« Le départ était super sympa avec des bonnes conditions pour arriver jusqu’au Pot au Noir. On savait déjà, bien avant d’atteindre l’équateur, que l’Atlantique sud serait compliqué mais on gardait un petit espoir que les choses s’améliorent. La casse mécanique nous a malheureusement fait revoir nos stratégies et on a dû prendre la décision de rentrer. Je dormais au moment du choc mais ce n’était pas très violent. Paradoxalement c’était un choc un peu particulier, assez transverse, qui a fait beaucoup de dégâts.
Le convoyage retour nous a tout de même permis de continuer à valider des choses, à travailler l’organisation des quarts, des manœuvres et c’est curieusement passé assez vite. En tous cas, cette première tentative est trop courte mais très concluante. On s’est présenté à la porte du grand Sud, elle s’est refermée donc on va aller vite toquer une deuxième fois ».

Erwan Tabarly, barreur/régleur (Quart n°2) :

« C’est une superbe expérience que de naviguer sur un des bateaux les plus rapides de la course au large. C’est un grand honneur et beaucoup de plaisir de naviguer avec cet équipage. J’ai profité de chaque instant comme d’un grand privilège. J’en garde de très bons souvenirs même si on aurait aimé aller au bout c’est sûr. Il faut rebondir et on ne va pas s’arrêter là. Il y aura une suite et ce sera pour la prochaine fois ».

Ronan Lucas, numéro un (Quart n°2) :

« On a passé près d’un mois en mer, je ne l’ai pas senti passer. Les quinze premiers jours c’est une succession : Les Canaries, le Cap Vert, l’Equateur, l’attaque du Sud, Sainte-Hélène… Ca va vraiment très vite et on est toujours focalisé sur le coup d’après. C’est vraiment rapide. Après il y a la déception de se dire que le record est fichu pour cette première tentative. C’est beaucoup d’énergie pour un aléa qu’on ne maîtrise pas. On n’a pas eu de réussite cette fois-ci, la prochaine fois on l’aura. On a des satisfactions ; le bateau va vite, l’équipage est compétent. Au moment où on a abandonné on avait 400 milles d’avance alors qu’on avait une météo plutôt moyenne. Il y a de la déception parce qu’il y a eu beaucoup d’énergie des sportifs sur l’eau, de l’équipe technique et du sponsor qui nous soutient depuis longtemps. Tout le monde y croit. On a juste touché du doigt les moments mythiques d’un tour du monde et on aurait aimé aller plus loin ».

Jérémie Beyou, chef de quart (Quart n°3) :

« Le principe du convoyage est de ne pas trop pousser la machine mais en même temps on a envie de voir certaines choses. Toute la question a donc été de savoir où on plaçait la barre. C’était intéressant de voir comment faire avancer un bateau vite, le plus proche possible de ses capacités maximales mais en tenant compte de ce problème de dérive, pour voir comment on s’en sort et enregistrer ces données là. Ce convoyage nous a permis de discuter plus avec les autres et notamment ceux des autres quarts qu’on a beaucoup croisé. Ce facteur humain est sur le dessus de la pile des critères de réussite ».

Kevin Escoffier, barreur/régleur (Quart n°3) :

 » C’était super ! On a vu que le bateau allait vite et j’ai pris énormément de plaisir. Après un an et demi comme ça, ça fait vraiment du bien de partir enfin. C’est forcement décevant de s’arrêter à cause de la dérive car à part ça le bateau était nickel. C’est la fatalité, un impondérable de notre sport et on doit faire avec.  Il faut se faire une raison mais surtout prendre les points positifs : à part la dérive, le bateau est très propre après trente jours de mer. Bien évidemment on aurait préféré aller plus loin mais cette première tentative est une expérience supplémentaire importante pour un futur départ. Ce qui m’a le plus marqué sur la traversée sont les deux premiers jours. On avait déjà une envie folle de partir naviguer, mais on a surtout eu de super conditions pour bien carburer. J’en garde de magnifiques souvenirs avec de superbes heures de barre ».

Xavier Revil, barreur/régleur (Quart n°3) :

 » Tout d’abord c’est la première fois que je passe autant de jours en mer et je dois dire que ça m’a bien plu ! J’ai même très envie d’y retourner. Tout s’est super bien passé et je suis très vite rentré dans mon rythme de quart. La première nuit était un peu difficile mais tu t’acclimates vite à la vie du bateau et ça me donne beaucoup de confiance pour la suite. Pour mon premier passage de l’équateur, on a fait une petite fête. On est très concentré dans la course et cela a permis d’avoir un moment de convivialité tous ensemble.

L’avitaillement dont j’étais en charge s’est très bien passé. On n’a manqué de rien mais ce n’est pas facile de satisfaire tout le monde en terme de goût. On a appris pendant ces trente jours et c’est comme pour le bateau, il y aura des améliorations à apporter et des ajustements à faire. Mais tout le monde était content. C’est le plus important. »

Florent Chastel, numéro un (Quart n°3) :

 » Il n’y a vraiment eu que du positif sur ces treize jours de course, mis à part le choc avec l’OFNI. Le plus impressionnant sur ce bateau c’est sa capacité à afficher de superbes moyennes dès qu’il y a un peu d’air. Même si la météo n’a pas toujours été très favorable, on a quand même réussi à bénéficier de pas mal d’avance sur les temps du record. C’était une bonne session qui ne se termine pas comme on l’aurait souhaité mais il faut maintenant tout mettre en ordre et essayer de repartir le plus vite possible. En tous cas, le bateau a largement le potentiel pour décrocher ce Trophée ».