America’s Cup, des dégâts pour Artemis racing et Oracle Team USA

  • L’AC45 Turbo du team suédois Artemis racing  a suvi une casse sur la plate forme la semaine dernière, ce qui a entrainé la chute de l’aile et des dégâts sur celle-ci. Il semble que cette aile était la seconde aile construite pour la prochaine Coupe de l’America, elle était en test sur l’AC45T au moment de la casse. Les suédois possèdent cependant leur plate forme (l’AC50) et leur première aile en parfait état. Ils ont d’ailleurs battu Oracle Team USA lors d’un entrainement jeudi dernier.
  • Autre équipe, autres dégâts, le defender américain, Oracle Team USA a chaviré lors d’un entrainement dans une quinzaine de noeuds de vent. James Spithill et ses équipiers avaient déjà failli chavirer la semaine dernière. Cette-ci leur AC50 a fini sur la tranche, les dégâts semblent minimes, les américains devraient être de retour sur l’eau cette semaine.

A noter, sur la vidéo publiée par Oracle Team USA le floutage des foils de dernière génération, bien visibles sur la vidéo précédente.

  • L’équipe kiwi Emirates Team New Zealand devrait bientôt être opérationnelle, une partie du team était déjà sur place aux Bermudes. Leur AC50 a pris la direction de l’archipel la nuit dernière, dans un avion cargo de leur sponsor. Les kiwis devraient donc naviguer en fin de semaine dans le Great Sound.
  • Côté français, l’équipe ne semble pas connaitre de gros soucis techniques et passe beaucoup de temps sur l’eau. Franck Cammas et ses hommes ont pu tester leur deuxième paire de foils, au profil optimisé.
    Le skipper semble satisfait et note une progression notable au niveau des manoeuvres :
    « Pas question pour nous de rater l’occasion de nous jauger par rapport aux autres. Il est important de nous confronter, de manœuvrer en régates afin de bien nous coordonner au sein de l’équipage. Il faut répéter nos gammes encore et encore. Lors de la session précédente qui s’est déroulée il y a une semaine, nous avions couru 7 matchs sur 2 jours. Nous avons pu voir nos faiblesses, notamment sur la phase de départ ou encore sur les transitions. Mais, nous avons aussi pu constater qu’on avait une très bonne base de vitesse. C’est vraiment intéressant aussi de regarder les allures et voir les vitesses et les angles des autres. Tout cela est riche et ces phases sont de véritables accélérateurs d’enseignements.

    Nous avons reçu nos foils dernière génération la semaine passée. Ils sont bien nés et nous ont permis dès la première sortie de réaliser un « Foiling Tack », c’est-à-dire un virement en volant, sans toucher l’eau. Ce sont des profils optimisés des foils que nous avons testés à Lanvéoc. Nous avons aussi travaillé pas mal sur la surface de carénage pour améliorer encore l’aérodynamisme… A date, nous sommes satisfaits de toutes nos avancées. Nous pensons que nous avons pris les bonnes directions dans les choix qu’on a effectués. Après, nous ne sommes pas à l’abri de soucis techniques et on voit bien que c’est pareil pour toutes les équipes. »


    ©Eloi Stichelbaut

La flotte de l’America’s Cup quasi au complet aux Bermudes

Groupama Team France a mis à l’eau son AC50 il y a un peu plus d’une semaine,  et navigue depuis le 16. L’équipage de Franck Cammas a rejoint le challenger Oracle Team USA et trois des challengers, Land Rover BAR, Artemis Racing et Softbank Team Japan dans les eaux du Great Sound aux Bermudes.

© ACEA 2017 / Photo Austin Wong

Il reste désormais un peu plus de deux mois avant le premier match des Qualifiers, les équipes présentent sur place enchainent donc les journées de navigation, afin de parfaire les automatismes sur leurs catamarans.
Il ne manque plus qu’Emirates Team New Zealand, qui devrait rejoindre ses concurrents dans les semaines à venir.
Les kiwis qui ont développé pour le grinders un système de vélos afin de fournir l’énergie hydraulique nécessaire au réglage des appendices et de l’aile du catamaran.


©Eloi Stichelbaut

Franck Cammas, skipper de Groupama Team France :

« Pour une première, c’est plutôt une réussite, d’autant qu’il y avait pas mal de vent, 18 nœuds avec des rafales à 20 au début !  Tout l’équipage est content. Nous avons eu de bonnes sensations. Nous y sommes allés crescendo et avons petit à petit tiré sur notre Groupama Team France jusqu’à faire des bords rapides tant au portant qu’au près. Cependant, nous n’avons pas utilisé, sur cette première, toute la puissance du bateau, même si nous avons atteint les 37 nœuds à un moment.
Nous avons réellement navigué 1h15 à toutes les allures. Nous n’avons pas travaillé les manœuvres mais avons préféré ré-apprivoiser notre catamaran en ligne droite. Le fait qu’il soit plus grand, aide à gagner en stabilité.
Les coques mesurent 1 mètre 50 de plus que celles de notre bateau test. Nous allons assez vite et, tout de suite, dès les premiers bords, un bon équilibre a été atteint. Le bateau est vraiment très agréable.
Il y a pas mal d’évolutions à mettre en place avant d’arriver au potentiel maximum du Class AC Groupama Team France. Il nous faut encore une quinzaine de jours. Mi-avril, nos foils dernière génération vont arriver. Encore une étape en perspective ! En attendant, l’objectif est d’exploiter toutes les minutes possibles sur l’eau ! »

http://www.youtube.com/watch?v=DEYoehR8q8M

 

L’America’s Cup en pleine mutation

Le Dead of Gift semble définitivement oublié, cinq des six équipes engagées sur la 35ème America’s Cup, ont en effet dévoilé un accord-cadre prévoyant le future de la Coupe de l’America, transformant le mythique événement en un classique championnat international.

Jimmy Spithill (Oracle Team USA), Sir Ben Ainslie (Land Rover BAR), Dean Barker (Softbank Team Japan), Torbjorn Tornqvist (Artemis Racing) et Franck Cammas (Team France) ont officialisé l’avenir de la compétition si l’un des cinq teams remporte la 35ème édition. Emirates Team New Zealand n’est pas signataire de l’accord et dénonce une remise en cause du Dead Of Gift.

© ACEA 2016 / Photo Ricardo Pinto

© ACEA 2016 / Photo Ricardo Pinto

L’accord porte sur les 36 et 37èmes éditions, la compétition aurait lieu tous les deux ans, soit en 2019 et 2021.

Les autres éléments du protocole sont les suivants :

– Le circuit préliminaire, America’s Cup World Series (ACWS), débutera au cours du 4ème trimestre 2017. L’ambition est que ce circuit comporte 12 événements internationaux au cours des deux prochaines années.

– La première année des ACWS sera disputée sur des AC45 Foiling, c’est-à-dire sur les catamarans ayant courus les LVACWS 2015 et 2016.

– Une transition s’opérera à compter de la deuxième année vers les catamarans de la Class America’s Cup, classe qui aura concouru en 2017 aux Bermudes.(avec toutefois une modification de la règle de manière à étendre entre 4 et 26 nœuds, la gamme de vent dans laquelle peuvent courir les bateaux). Après ce passage aux Class AC, les AC45 Foiling sortiront définitivement du circuit.

– Le dernier grand prix des ACWS se tiendra sur le lieu où se jouera la Coupe. Le classement de ce circuit déterminera les équipes sélectionnées pour concourir sur les America’s Cup Playoffs.

– Le lieu où se tiendra la 36ème Coupe de l’America sera choisi par le vainqueur de la 35ème

– Pour réduire les coûts, les équipes ne seront pas autorisées à construire, à tester ou à s’entraîner sur les bateaux du type AC45 Turbo comme cela est aujourd’hui permis.

– Les mêmes règles seront appliquées sur la 37èmeCoupe de l’America, à la seule différence que seuls les bateaux de la Class AC régateront sur l’ensemble des courses.
Franck Cammas, skipper et membre fondateur de Team France :

« Etre présents dès le départ de cette nouvelle aventure nous permet de construire demain dès aujourd’hui avec des règles clairement identifiées. Boucler le budget en temps et en heure, conserver les talents qui sont à nos côtés sont autant d’atouts essentiels dans notre quête de l’excellence et de la performance. Grâce à cette entente historique, nous allons pouvoir présenter à nos partenaires et à nos futurs soutiens un plan clair afin que leur engagement se constitue sur de bases précises. C’est rassurant pour tout le monde et ça permet de construire une stratégie sur le long terme. Je pense que c’est vraiment une réelle avancée pour la Coupe de l’America afin qu’elle reste ce qu’elle est, à savoir le summum dans la course à la voile. »

Bruno Luisetti, Président de Team France :

« Cet accord et notre inscription à la 36ème Coupe de l’America sont la concrétisation de l’ambition des fondateurs du projet Team France et de ses Filières d’Excellence, d’inscrire notre projet dans la durée. C’est la condition du succès qui permettra à la France de devenir de manière pérenne, une des grandes nations de la voile en équipage. »

Amiral Yves Lagane, Président du Yacht Club de France :

« Au-delà d’accompagner Team France dans sa conquête de l’America’s Cup, nous supportons l’équipe dans sa démarche exemplaire qui a beaucoup de sens pour nous, en France. Celle-ci repose sur la recherche d’un idéal d’Excellence dans un processus qui engage simultanément la science, la haute technologie, l’intuition, l’esprit d’entreprise, l’engagement sportif et le sens marin. Elle passe aussi par la solidarité d’un équipage aguerri aux techniques de la régate au plus haut niveau international et le transfert de ses compétences aux nouvelles générations. »

Russell Coutts, 5 fois vainqueurs de la Coupe et Directeur Général d’ACEA :


« C’est un moment historique et fantastique pour la Coupe de l’America ! Pour la première fois en 166 ans, les intérêts de la compétition prennent le pas sur les intérêts propres. »

Larry Ellison, fondateur d’ORACLE TEAM USA :


« Toute équipe qui souhaite participer à la coupe de l’America sait désormais combien cela va lui coûter, et sur quel type de bateau elle régatera. Elle sait aussi que ces règles ne changeront pas. Sur ces bases, tout challenger peut construire un vrai projet pour porter haut les couleurs de son pays. »

Nouvel imbroglio sur l’America’s Cup, et une partie des équipages de la RBYAC toujours dans l’expectative

Les équipes engagées sur la prochaine America’s Cup avaient, d’après le protocole, la possibilité de lancer leurs AC50 (les catamarans qui participeront à la 35ème America’s Cup) dès le 26 décembre.  Aucune équipe n’a mis à l’eau son catamaran, un blackout a en effet été décrété, celui-ci a une durée de 28 jours.

Ceci ferait, semble-t-il parti de l’accord entre ACEA (qui organise la Coupe et qui est dirigé par Russell Coutts, donc sous l’autorité d’Oracle Team USA) et Emirates Team New Zealand, suite à l’annulation par ACEA des Qualifiers à Auckland. L’équipe néo-zélandaise aurait obtenu en compensation de cette annulation, un gros chèque (25 millions de $) et cette période de blackout de 28 jours consécutifs.

Cet élément permet aux kiwis de poursuivre la construction de leur Class AC +, qui est comme celui des français, en partie obtenu par « cannibalisation » de leur AC45Test, tout en bloquant les navigations des équipes qui ont déjà un bateau en état de marche dans leur hangar.

Oracle Team USA, Artemis racing, Softbank Team Japan et Land Rover BAR, qui sont installés aux Bermudes et qui ont un AC50 prêt à la mise à l’eau sont les plus pénalisés. Ils perdent de précieux jours de navigation et de mise au point sur leurs catamarans.
Ils avaient d’après cet accord la possibilité de respecter ce blackout après le lancement, mais dans ce cas, ils étaient dans l’impossibilité de travailler et de développer leur bateau durant cette période, ce pourquoi ces quatre équipes respectent cette phase actuellement.

Les Class AC + (ou AC50) de ces quatre équipes devraient donc toucher l’eau le lundi 6 Février, ce qui  leur laissera 109 jours pour développer et tester leurs bateaux avant la première journée de régate prévue le vendredi 26 mai.

© ACEA 2016 / Photo Ricardo Pinto

© ACEA 2016 / Photo Ricardo Pinto

ETNZ profite donc de cette période pour finaliser la construction de son AC50, tout comme Groupama Team France, bénéficiaire indirect de cet accord « confidentiel ». Cependant l’équipe de Franck Cammas ne devrait être prête à s’entrainer aux Bermudes qu’en mars, alors que l’AC50 kiwi devrait naviguer courant février. Français et kiwis, une fois installés aux Bermudes, devront également tester et développer leurs bateaux sans éléments de comparaison extérieurs.

En l’état actuel, seuls Oracle Team USA, Land Rover BAR et Artemis racing seront en mesure de naviguer en interne avec leur AC45X et le Class AC, Softbank Team Japan aura bien sur place son AC45 Test et l’AC50, mais leur effectif de navigants ne leur permettra pas de régater avec les deux bateaux.

Mise à jour, les explications de Christian Karcher :

Une autre compétition est également prévue en marge de la 35 ème America’s Cup, la Red Bull Youth America’s Cup. Elle doit réunir de jeunes marins âgés de 19 à 25 ans et se disputera sur les AC45F (utilisés lors des Louis Vuitton America’s Cup World Series). Cette compétition est également organisée par ACEA.

© ACEA / PHOTO GILLES MARTIN-RAGET

© ACEA / PHOTO GILLES MARTIN-RAGET

Six équipages représentant les six pays en lice sur la 35ème America’s Cup sont automatiquement sélectionnés, ainsi qu’un équipage représentant les Bermudes. Les autres teams souhaitant participer à cette compétition ont été jaugées sur l’eau par Roman Hagara et Hans-Pieter Steinacher. La plupart des prétendants (argentin, thailandais, turques, autrichiens, danois, américains et suisses entre autres) se sont entrainés sur GC32. Les neufs sélectionnés pour participer à la compétition devaient être connus fin novembre 2016, mais n’ont jamais été dévoilés. Certains n’auront effectués que quelques navigations d’entrainement en GC32 avant le processus de sélection, d’autres notamment le Team Tilt ont beaucoup investi pour préparer leurs jeunes marins à la compétition, mais n’ont toujours pas de retour de l’organisation. Tilt a par exemple couru en 2016 sur deux circuits, le D35 Trophy et le GC32 Racing Tour, ils restent cependant dans l’expectative concernant leur sélection, alors que le processus de sélection est terminé depuis plus de deux mois.

America’s Cup, le point architectural de Jack Griffin

Voile-multicoques.org vous propose la newsletter de Jack Griffin en français.
Jack Griffin,ingénieur, passionné de voile et ayant collaboré avec le team Alinghi, propose sur son site CupExperience de nombreux contenus relatifs à la Coupe de l’America.

Class AC, LE point architectural

Vous savez probablement que les catamarans de classe AC,  qui courront l’America’s Cup en 2017, seront en grande partie monotype – la forme et la construction de l’aile, des coques, de la nacelle et des poutres de liaison sont définies par la règle de classe, et donc strictement identiques pour tous les teams. Ceci est également vrai pour les cockpits du barreur et des wincheurs, ainsi que l’emplacement de l’accastillage. Les seules libertés laissées aux architectes sont donc les carénages aérodynamiques, les formes des safrans et des foils, les structures internes de la partie arrière des ailes et les systèmes de contrôle des appendices (safrans et foils). Les équipes ont testé ces éléments  sur leurs « AC45X », catamarans de 45′ Test (plus larges que les AC45F – parfois appelés « turbo » ou « sport ».

Le design des foils

Dans les petits airs, les catamarans auront besoin de tips (partie plus ou moins horizontale du foil, qui donne la portance) plus longs qui permettront aux bateaux de déjauger. Dans des vents plus forts les équipes utiliseront des tips plus courts et générant moins de trainée. Les conditions météorologiques seront donc déterminantes pour le choix des foils, les équipes devront choisir un compromis entre une portance élevée et une réduction de la trainée.  Il y a eu de nombreuses  discussions au sujet des empannages et des foiling tacks (virements sur les foils, sans que le catamaran ne retouche l’eau), ces techniques nécessitent un peu plus de distance à couvrir, la trajectoire s’arrondissant.

Photo : Chris Cameron/ETNZ/ chriscameron.co.nz

Photo : Chris Cameron/ETNZ/ chriscameron.co.nz

Vous pouvez voir sur cette photo de l’AC45X  d’Emirates Team New Zealand, le long tip sur le foil babord à courbure inversée.  A tribord, le foil est baissé, ce qui permet de se rendre compte de la courbure inversée ; cet artifice permet de déporter l’effet du foil à l »extérieur » du bateau afin d’augmenter le moment de redressement.

Dans un article du New York Times , Scott Ferguson  du design team d’Oracle Team USA évoquait également la construction de foils à tips longs pour les conditions légères.  Comme les Kiwis, Oracle Team USA a testé ces foils, ici aussi pourvus d’une courbure inversée, comme le montre cette photo.

Capture vidéo d'Oracle Team USA

Capture vidéo d’Oracle Team USA

Safrans et stratégie de construction de bateaux

Groupama Team France par manque de budget a monté les safrans qui seront utilisés sur le Class AC sur son unique AC45X, ils sont placés sous les coques.

Land Rover BAR (sur son 3ème AC45X) et Emirates Team New Zealand ont choisi de tester une configuration permettant de se rapprocher un peu de la longueur du Class AC en plaçant  le haut du profil dans des casques, en arrière de la poupe des coques, espérant recréer un équilibre plus proche des futurs AC50.

Capture vidéo d'Emirates Team New Zealand

Capture vidéo d’Emirates Team New Zealand

Groupama Team France et ETNZ utiliseront la plupart de l’accastillage de leur bateau d’essai pour construire leur futur AC Class, dans un soucis d’économies.
Oracle Team USA, Artemis Racing, Softbank Team Japan, et Land Rover BAR ont déjà une base opérationnelle aux Bermudes et naviguent avec un (Softbank Team Japan et Land Rover BAR) ou deux bateaux  (Oracle et Artemis) d’essais et assembleront leur AC Class sur place. Ces équipes pourront donc naviguer en interne avec deux bateaux, contrairement aux français et aux kiwis qui auront dépouiller leurs AC45X pour équiper leur AC Class.

Modifications des règles – Foils de remplacement

Les équipes ne sont autorisées à construire que quatre foils au total pour leur AC Class. Les équipes sont donc susceptibles de construire une paire pour les vents légers et une paire pour les vents moyens à forts. La casse d’un appendice pouvant à elle seule anéantir les chances d’une équipe d’accéder à la suite de la compétition, les concurrents ont introduit un amendement au protocole en octobre. Celui-ci permet l’utilisation de foils de remplacement,  à choisir parmi foils de développement des AC45X (6 paires autorisées). L’équipe victime d’une casse pourrait donc rutiliser une paire de foils de développement, aucun joker n’est prévu en cas de casse d’un autre appendice.

N’hésitez pas à vous abonner à la newsletter hebdomadaire de Jack Griffin (en anglais), en cliquant sur ce lien : Newsletter CupExperience

 

 

Land Rover BAR remporte le dernier Act des LVACWS à Fukuoka et empoche les deux points de bonus

Ben Ainslie et son équipage se sont de nouveau montré impériaux pour le dernier Act des Louis Vuitton America’s Cup World Series à Fukuoka, au Japon, en remportant l’épreuve.
Nathan Outteridge et Artemis Racing ont également brillé puisqu’ils terminent 2nd à égalité de points avec l’équipage britannique, le defender Oracle Team USA termine 3ème à 5 points du vainqueur.

Baptiste Morel/Voile-Multicoques.org

Baptiste Morel/Voile-Multicoques.org

Au classement final de ces Series, le Land Rover Ben Ainslie Racing est également victorieux devant Oracle Team USA et Emirates Team New Zealand. Les anglais empochent les deux points de bonus pour les Qualifiers qui débuteront dans 6 mois, les américains débuteront quant à eux la compétition avec un point au compteur.
Ben Ainslie aura tenté, une fois les deux points de bonus assuré, d’empêcher les américains de prendre la 2ème place, les anglais parvenaient à infliger une pénalité au départ à Oracle qui passait la première marque en 6ème position, mais les américains parvenaient malgré cette pénalité à terminer devant les néo zélandais, s’assurant la 2nde place au général. Les kiwis terminent 3èmes.

On notera la belle performance de Groupama Team France sur cette ultime manche, avec une victoire, malgré tout cette 1ère place n’efface pas cet Act japonais maussade pour les français qui enchaineront trois dernières places, une cinquième et une quatrième, ils terminent donc derniers de cet Act et du classement général.

Le retour à la compétition se fera dans six mois aux Bermudes avec les Louis Vuitton Qualifiers, qui se disputeront sur les AC50. Ces catamarans à foils et à ailes rigides sont en grande partie monotype. Les équipes ont cependant pu développer la formes des appendices, leur système de contrôle, la partie avant des flotteurs et le mécanisme de contrôle de l’aile.

Les AC45F sont donc oubliés et ne seront utilisés que pour la Red Bull Youth America’s Cup, compétition réservée à de jeunes compétiteurs âgés de 19 à 23 ans.

Franck Cammas, skipper de Groupama Team France :

« Nous avons été capables de très belles actions et de bien moins bonnes avec notamment des pertes de places malgré un positionnement bon sur certains bords et quelques départs ratés. C’est très décevant même si nous sommes conscients de notre potentiel. Pour preuve la dernière régate que nous gagnons en l’ayant maitrisée de bout en bout sans fausse note. Les LVACWS ne ressemblent en rien à la Coupe de l’America. La prochaine étape, ce sera du match-race sur des bateaux conçus par chacune des équipes. Le travail de nos ingénieurs est très important pour la suite tout comme toutes les mises au point et les entrainements que nous faisons actuellement sur notre Class AC Test et que nous poursuivrons sur le Class AC. »

Bertrand Pacé, le coach de Groupama Team France :

« L’équipe a alterné du très bon et du très mauvais. Nous ne sommes pas parvenus à garder une constance dans la manière de naviguer. Le résultat final est frustrant par rapport aux situations dans lesquelles nous étions sur certaines manches.  Dans le dur, on a eu du mal à être bien coordonnés. Il y a eu des bêtises de manœuvres et parfois des réglages pas toujours parfaits. Sans nous chercher d’excuses, il faut cependant noter que par rapport aux équipages concurrents, nous avons effectué tout au long de la saison des changements d’équipiers à bord de Groupama Team France ; c’est un choix de notre part afin de parfaire l’expérience de chacun et que tout le monde navigue en situation de régates. Nous sommes un groupe et nous performerons en tant que tel. Il ne faut pas oublier les points positifs. En 40 courses, il y a eu beaucoup de progrès. Nous maitrisons le vol beaucoup mieux qu’avant comme aujourd’hui sur la dernière manche où nous étions les seul à voler au portant, notre VMG au près est nettement meilleure et d’une manière générale, l’équipage mène l’AC45 Series avec plus d’aisance et de facilité. »

 

Classement Général LVACWS Fukuoka

  1. Land Rover BAR – Ben Ainslie avec 75 points
  2. Artemis Racing – Nathan Outteridge avec 75 points
  3. Oracle Team USA – Tom Slingsby avec 70 points
  4. Emirates Team New-Zealand – Glenn Ashby avec 65 points
  5. SoftBank Team Japan – Dean Barker avec 61 points
  6. Groupama Team France – Franck Cammas avec 59 points

 

Classement Général Louis Vuitton America’s Cup World Series

  1. Land Rover BAR – 512 points
  2. Oracle Team USA – 493 points
  3. Emirates Team New-Zealand – 485 points
  4. Artemis Racing – 466 points
  5. SoftBank Team Japan – 460 points
  6. Groupama Team France – 419 points

Louis Vuitton America’s Cup World Series, le point à J-4

Les Louis Vuitton America’s Cup World Series Toulon approchent, les premières régates officielles, qui compteront dans le classement en cas d’annulation samedi ou dimanche, auront lieu vendredi après midi au large des plages du Mourillon à Toulon.

Les conditions météorologiques s’annoncent estivales avec un soleil bien présent, mais les prévisions de vents sont moins favorables avec du petit temps, entre 5 et 10 noeuds, prévus vendredi et samedi, et selon certaines prévisions un mistral bien présent dimanche avec plus de 20 noeuds dans l’après midi.
Bien évidemment, il ne s’agit que de prévisions qui s’affineront dans les jours à venir.

© ACEA 2016 / Photo Ricardo Pinto

© ACEA 2016 / Photo Ricardo Pinto

James Spithill, le skipper habituel du defender Oracle Team USA, ne sera pas de la partie, n’étant pas remis d’une opération du coude. La barre de l’AC45 américain sera donc confiée à Tom Slingsby, le partenaire d’entrainement de Spithill sur les AC45 Turbo et tacticien du team américain.

Pas de surprise concernant les autres équipages, les récents médaillés olympiques Peter Burling, Nathan Outteridge et Giles Scott réintègrent respectivement la barre d’Emirates Team New Zealand, d’Artemis racing et le poste de n°1 pour l’anglais sur Land Rover BAR. Aucun changement côté japonais.

L’équipage de Groupama Team France sera également classique, avec Franck Cammas à la barre, il devrait être accompagné de Thierry Fouchier, Devan Le Bihan, Thomas Le Breton, Matthieu Vandame ou Arnaud Jarlegan. Par ailleurs le team français s’entraine depuis ce week end sur les deux GC32  aux couleurs de Groupama et de Norauto.

Une autre nouvelle concernant l’équipe française, parue dans le JDD, inquiétante, puisque le skipper confiait de sérieuses difficultés à boucler le budget ; ainsi que la frilosité de certaines sociétés hexagonales :
«Je suis déçu par le manque de patriotisme de certaines de nos entreprises. Avoir Airbus, par exemple, serait parfait pour nous financer et nous aider techniquement. Mais ils ont choisi d’être partenaire d’Oracle… On a approché Renault, notamment pour utiliser sa soufflerie de Formule 1. Réponse : on met tous nos moyens en F1».
«La Coupe de l’America est pourtant la vitrine du savoir-faire technique d’un pays. Le bateau est la plateforme idéale pour montrer les compétences de nos ingénieurs ou constructeurs. C’est bénéfique dans les deux sens. (…) (Mais ) on commence par entendre : «On ne veut pas se battre contre des milliardaires», alors que les règlements ont justement changé la donne ! (…) Il nous manque encore 4 millions d’euros. Je pense qu’on sera quand même au départ en 2017. Mais si rien ne bouge financièrement, on sera à la limite. On ne peut déjà pas développer le bateau comme on voudrait. On manque de moyens pour être sereins. Si les règlements n’avaient pas évolué en 2015 pour réduire les coûts, on ne serait sans doute même pas là.»

 

Louis Vuitton America’s Cup World Series Toulon J-10

L’échance approche pour l’unique étape française des Louis Vuitton America’s Cup World Series en France, elle aura lieu à Toulon du 9 au 11 septembre.

Les régates auront lieu devant les plages du Mourillon entre 14 et 16 heures tous les jours, pour l’heure les équipes sont à pied d’oeuvre pour monter les plates formes des catamarans AC45S et leurs ailes rigides.

© ACEA 2016 / Photo Ricardo Pinto

© ACEA 2016 / Photo Ricardo Pinto

Les grands favoris seront de nouveau les anglais de Land Rover BAR, menés par Ben Ainslie qui dominent ces séries devant le defender Oracle Team USA et Emirates Team New Zealand.
Les français de Groupama Team France, derniers engagés, sont actuellement en queue de peloton au classement général, mais ont démontré de belles capacités sur certains actes.
Ils auront à coeur de briller devant leur public, il semblerait que Franck Cammas et ses hommes mettent toutes les chances de leur côté, avec de très probables entrainements en GC32 sur le site de la compétition, avant les entrainements officiels en AC45.

Le programme détaillé des festivités :  programme_presse

 

Louis Vuitton America’s Cup World Series Toulon J-20

Dans trois semaines, la rade de Toulon accueillera les America’s Cup World Series.  Les régates se dérouleront devant les plages du Mourillon.

Six équipages seront de nouveau en lice, le defender Oracle Team USA, les anglais de Land Rover BAR, les japonais de Softbank Team Japan, les suédois d’Artemis Racing, les néo-zélandais d’Emirates Team New Zealand et enfin les français de Groupama Team France, qui espérons le, brilleront devant leurs supporters.

© ACEA 2016 / Photo Ricardo Pinto

© ACEA 2016 / Photo Ricardo Pinto

 

Les festivités commenceront vendredi avec la parade des bateaux à 13h30, elle sera suivie d’une série de régates match racing puis en flotte. Ces dernières ne compteront au classement général seulement en cas d’annulation le samedi.

Samedi 10 et dimanche 11 septembre, trois manches sont prévues chaque après midi à partir de 14h.
Les équipages dont l’aixois Franck Cammas seront disponibles pour des séances de dédicaces les vendredi 9 et samedi 10 à la Cité des Sciences et de la Mer à 16h30.

De nombreuses animations sont également prévues à terre (concert de The Avener samedi soir), dans le village dédié, dans les airs avec des démonstrations de voltige.

Premier vol pour l’AC45 Test de Groupama Team France

Le communiqué de presse de Groupama Team France :

35000 heures de construction et quasi autant en terme de réflexion au sein du design team, et voilà le catamaran prototype qui vole avec 10 nœuds de vent. Au portant d’abord, puis au près, les coques se sont surélevées, portées simplement par les appendices : 2 foils en L et 2 safrans en T. Majestueux !

C’est avec de grands sourires que l’ensemble de l’équipe Groupama Team France est rentré au ponton en cette fin d’après-midi après cinq heures sur l’eau au large de Lorient.

Lors d’une première journée de navigation, il n’est pas question de contraindre massivement et immédiatement la structure. Aussi l’équipage a progressivement augmenté le rythme à bord du Class AC Test.

Le semi-rigide remorquant le bateau dans un premier temps, a fini par larguer le bout pour laisser le prototype « designé » par le bureau d’étude de Groupama Team France s’exprimer. Les premiers bords timides ont vite cédé la place à une navigation plus assurée ; une heure plus tard, les coques décollaient au-dessus de l’eau. Seule ombre au tableau, la confirmation de la mauvaise santé du foil bâbord qui s’est abîmé durant cette première sortie. Mais l’équipe menée par Franck Cammas avait anticipé et mis en construction un autre appendice.

©Eloi Stichelbaut/Groupama Team France

Franck Cammas : « C’était extra ! Groupama Team France est un bateau sain. Il y a beaucoup de systèmes à gérer à bord, notamment autour de la barre ; mais c’est assez simple. Aujourd’hui il y avait 10 nœuds de vent et on a volé. Seul le foil qu’on savait d’ores et déjà endommagé suite aux tests de rupture, a comme prévu eu une durée de vie très brève. Mais on a anticipé la construction d’un nouvel appendice.
La journée est très positive, étourdissante ! »

Martin Fischer, responsable Design Team : « Le Class AC Test a bien volé. Il est très stable au portant et au près l’angle est correct ! Quant au fonctionnement des systèmes, c’est encore mieux que ce qu’on espérait ! A part le foil, mais nous n’avons pas été surpris, cette première sortie s’est très bien passée. »

Le Class AC Test Groupama Team France va poursuivre les entrainements pendant encore cinq mois avant de se transformer en Class AC avec des coques plus longues de 1,5 mètres et prendre le chemin des Bermudes.