Trophée Jules Verne, 1200 milles d’avance, le Horn dans 3 à 4 jours

Francis Joyon, Alex Pella, Sébastien Audigane, Gwénolé Gahinet, Clément Surtel et Bernard Stamm sont sur une route très sud, à 59°, de façon à passer sous un anticyclone, en conservant une vitesse correcte. Ils évoluent ce soir à 25  noeuds, avec une configuration de voilure maximale (grand gennaker et GV haute) et avec une avance conséquente sur le record de l’ordre de 1200 milles .
Ils naviguent dans une zone de glaces, le routeur à terre Marcel Van Triest, tente de guider l’équipage dans cette zone dangereuse, ce qui n’a pas empêché les hommes de quart la nuit dernière de détecter un iceberg au radar, à seulement 6 milles du trimaran.
Cette veille est indispensable, afin de détecter les icebergs de taille « modérés » qui ne sont pas forcément visibles sur les images satellites ; ceci étant encore plus nécessaire dans le brouillard qui sévit sur la zone avec une visibilité réduite de l’ordre de 100 à 200m.

Le Horn se profile dans 3 à 4 jours, cependant la route ne sera pas de tout repos, puisque l’équipage devrait multiplier les empannages pour se recadrer, l’atterrissage sur le cap mythique s’annonce pour l’instant incertain, certains routages les faisant longer la côte pour arriver par l nord. Les prévisions s’affineront dans les jours prochains pour le passage du dernier grand cap de ce tour du monde.

Photo Jean-Marie Liot / DPPI / IDEC

Photo Jean-Marie Liot / DPPI / IDEC

Francis Joyon, skipper d’IDEC SPORT :  « On est très content. Là, sous l’anticyclone, on tient encore une vitesse de 25 nœuds, ce qui est vraiment satisfaisant compte-tenu des conditions de petit temps que nous avons. Les gars sont au maximum sur les réglages. Dans la nuit, on a eu un écho nous indiquant un iceberg par 6 milles dans le travers. On a pu continuer sans devoir l’éviter.  Le terrain n’est pas miné jusqu’ au cap Horn. Il y a en fait un polygone de glace au nord de la mer de Ross. On est en train de s’éloigner de cette partie assez envahie par les icebergs. On va vers le mieux à ce niveau là, même si on doit rester hyper vigilant, les yeux en permanence sur le radar et sur l’horizon pour le barreur. S‘il veut  (le vent) bien alors se renforcer, nous pourrons tenir les mêmes vitesses, mais nous serons obligés de tricoter en tirant des bords. On va pouvoir revoir nos gammes en matière d’empannages. D’après certains routages, on pourrait avoir à en faire jusqu’à 50 avant d’approcher le Horn. Cela va nous réchauffer ».

 

Trophée Jules Verne : léger ralentissement avant une nouvelle accélération

Francis Joyon et ses équipiers ont mis un peu de nord dans leur route, afin de négocier au mieux une zone de transition entre la dépression qui les a accompagné depuis Bonne Espérance et une nouvelle dépression en formation.
L’équipage empannera dans la nuit, pour redescendre sur l’avant du nouveau système qui devrait accompagner IDEC SPORT dans les jours à venir.
L’avance sur le record est ce soir de 830 milles.

Photo Jean-Marie Liot / DPPI / IDEC

Photo Jean-Marie Liot / DPPI / IDEC

Francis Joyon, skipper d’IDEC SPORT : « On est déjà dans le Pacifique, on a à peine le temps de le réaliser ! La dépression qui nous accompagne depuis une éternité va s’arrêter là. Notre idée est de faire route au Nord, de faire un empannage et de redescendre sur une autre dépression plus en avant. Il s’agit de passer dans un autre système. On a déjà renvoyé toute la toile. On n’avait pas revu la grand-voile haute depuis si longtemps. On va sûrement refaire un peu de gennaker dans la nuit jusqu’à ce qu’on retrouve la dépression et qu’on remette les plus petites voiles. »

 

Bernard Stamm : « C’est quand même incroyable de faire un tout droit comme ça, c’est fou ! Cela s’est vraiment bien enchaîné pour nous. Après cette zone de transition, on va toucher un nouveau flux et on va surtout pouvoir faire de nouveau cap au sud-sud-est. Et tout cela s’annonce plutôt bien, et jusqu’au Horn, même s’il y aura plus de manœuvres à faire ».

Trophée Jules Verne : IDEC SPORT à mi-parcours en moins de 20 jours

IDEC SPORT a passé la mi-parcours ce soir en moins de 20 jours , Francis Joyon et ses hommes ont déjà parcouru plus de 13300  milles sur le fond à 28,7 noeuds de moyenne (11160 milles sur l’orthodromie à plus de 24 noeuds de moyenne).

Ils décrochent un nouveau temps de référence Ouessant- Tasmanie, en 18 jours, 18 heures et 31 minutes.

Les six hommes de l’équipage du maxi trimaran naviguent désormais au sud de la Nouvelle Zélande avec une avance de 1077 milles sur le record de Banque Populaire V, avec une nouvelle journée à plus de 800 milles.

Jean-Marie Liot / DPPI / IDEC

Jean-Marie Liot / DPPI / IDEC

Les conditions de mer restent musclées avec 5m de houle et une mer déferlante, le skipper a du calmer les ardeurs de ses barreurs, qui poussaient le trimaran géant dans ses retranchements.

Francis Joyon, skipper d’IDEC SPORT :  « Nous tentons de battre des records de vitesse, mais nous nous triturons les méninges depuis 48 heures pour essayer de ralentir le bateau tout en le préservant. J’ai du limiter la vitesse maximale à 40 nœuds » parce que les garçons exagèraient tellement qu’on était à la limite de l’autodestruction du bateau. J’ai dû calmer un petit peu le jeu. Nous bénéficions aujourd’hui d’un très bon angle au vent qui souffle toujours à une trentaine de nœuds, avec une mer qui pousse dorénavant sur l’arrière du bateau. Les embruns déferlent moins sur le barreur, et la conduite du bateau devient plus confortable que lors des deux derniers jours .»

Francis Joyon et le routeur à terre, Marcel Van Triest, essayent désormais de trouver la meilleure route sur le Pacifique pour rejoindre le Horn. En dehors d’un anticyclone à la mi-océan l’équipage ne devraient pas connaitre de grosses difficultés météorologiques.

 

Trophée Jules Verne : plus de 1000 milles d’avance pour IDEC SPORT

Francis Joyon et ses cinq équipiers poursuivent leur trajectoire au sud de l’Australie, en conservant de belles moyennes malgré un vent de travers moins favorable qu’il y a quelques jours.
L’équipage a incurvé sa route il y a 48 heures, les emmenant à 54° sud, ce qui leur permet de gagner des milles sur le record avec ce soir 1002 milles d’avance sur le record de Banque Populaire V.
IDEC SPORT a accroché hier un nouveau record (non homologué par le WSSRC) avec un temps de 17 jours, 6 heures, 59 minutes au Leeuwin soit 16 heures 58 minutes de mieux que le temps intermédiaire de référence datant de décembre 2011, détenu jusqu’ici par Banque Populaire V.

Dans les heures à venir, Francis Joyon et ses hommes accrocheront de nouveau un record intermédiaire (homologué WSSRC), après avoir passé la longitude de la Tasmanie, ils décrocheront alors le record de l’Indien avec un temps, et la meilleure performance sur le parcours depuis Ouessant.

Crédit : IDEC SPORT

Crédit : IDEC SPORT

 

Francis Joyon, skipper d’IDEC SPORT :  « Nous sommes en avance sur nos plus folles espérances Nous avons tiré le meilleur parti des conditions proposées. Le bateau, son excellent passage à la mer et son bon plan de voilure, associé à un équipage qui ne lâche rien, ont fait le reste. La route est encore longue et nous arrivons à un point de ce Trophée Jules Verne où hommes et matériel commencent à souffrir.  Passé le petit épisode un peu pénible de la nuit dernière, nous retrouvons un angle de descente au vent favorable, qui nous permet de gagner imperceptiblement vers le sud. Nous devrions glisser jusqu’à 54 degrés de latitude sud pour passer sous la Nouvelle Zélande. Marcel van Triest, notre conseiller météo à terre, est vigilant sur la position des glaces et il nous a rassuré sur ce point. »

La suite s’annonce favorable pour l’équipage du maxi trimaran, les prévisions sur le Pacifique avec un enchainement de dépressions, ce qui avait manqué l’année dernière.

Trophée Jules Verne, IEC SPORT file toujours à plus de 36 noeuds de moyenne

Francis Joyon, Bernard Stamm, Sébastien Audigane, Alex Pella, Clément Surtel et  Gwénolé Gahinet poursuivent leur route par 51° sud à très haute vitesse. IDEC SPORT file en effet à plus de 36 noeuds de moyenne depuis 48 heures avec des pointes à près de 45 noeuds, ce qui n’est pas sans danger, comme l’explique le skipper : « Il faut être sans arrêt sur les réglages et à la barre qui peut décrocher à tout moment, comme cela s’est passé –  une fois avec moi, une fois avec Alex -, dans des vitesses de l’ordre de 44-45 nœuds. C’est très sportif tout ça ! »

Les six marins du bord ne chôment donc pas afin de rester à l’avant de la dépression, pour gagner au plus vite vers l’est en évitant des conditions de mer difficiles s’ils étaient rattrapés par le phénomène météo.

Jean-Marie Liot / DPPI / IDEC

Jean-Marie Liot / DPPI / IDEC

Francis Joyon, skipper d’IDEC SPORT : « On essaye d’être proche des 40 nœuds. On est très motivés puisqu’il s’agit de ne pas se laisser rattraper par la dépression qui nous suit. Plus en arrière, on serait confronté à des conditions de vent et de mer plus difficiles qui nous rendraient beaucoup moins rapides. Il faut faire une moyenne de 36 nœuds pour rester devant et c’est vrai que 36 nœuds, ça y va… »

Bernard Stamm : « Le front froid dépressionnaire nous suit comme notre ombre. Et s’il nous venait de freiner, de traîner sur une manœuvre, il nous rattraperait. On changerait radicalement de décor. Raison de plus pour appuyer sur le champignon ».

Ce rythme effréné leur permet donc de naviguer dans des conditions relativement maniables pour leur trimaran, et de combler petit à petit leur retard sur leur adversaire virtuel, et détenteur du Trophée Jules Verne, le retard ce soir étant de 229 milles.

Francis Joyon : « Pour moi la marge globale sur le record reste excellente si on arrive à rester devant le front. Pour nous, c’est un peu maintenant que le Trophée Jules Verne se joue. Si on arrive à se maintenir devant, on garde une chance importante de le battre »

Ils devraient passer dans le sud des Kerguelen demain, ils naviguent dans des eaux froides, à quelques degrés, ils ont du éviter dans la nuit un iceberg détecté au radar.

 

Trophée Jules Verne : l’équipage d’IDEC SPORT réduit son retard

IDEC SPORT a passé la longitude du Cap de Bonne Espérance la nuit dernière à 4h47 après 12 jours et 19 heures, avec un peu moins de 22h de retard sur le temps du record de Banque Populaire V.
L’équipage mené par Francis Joyon a profité de conditions favorables,  à l’avant d’un système dépressionnaire, pour afficher un belle distance sur 24h avec  879 milles parcourus à 36,6 nœuds de moyenne, soit la 2ème performance mondiale, et la meilleure sur un Trophée Jules Verne.

Francis Joyon, le skipper espère combler le retard actuel de 340 milles au passage du Cap Leeuwin.

Photo Jean-Marie Liot / DPPI / IDEC

Photo Jean-Marie Liot / DPPI / IDEC

 

L’interview du skipper d’IDEC SPORT, Francis Joyon :

Des vitesses moyennes de 36 nœuds, un cap Bonne Espérance paré en moins de 13 jours, les performances d’IDEC SPORT doivent vous satisfaire ? 
Francis Joyon : « C’est vrai que nous allons vite. Avec les 879 milles parcourus sur les dernières 24 heures, on réalise la meilleure performance enregistrée sur toute l’histoire du Trophée Jules Verne. 12 jours et une poignée d’heures, notre temps de passage à Bonne Espérance est très correct. Ce n’était pourtant pas gagné au départ, mais nous avons su surmonter les obstacles qui nous ont freinés sur la route pour nous positionner à l’avant d’un front dépressionnaire à l’entrée des mers du Sud. Depuis, nous tenons des moyennes très élevées en toute sécurité. Nous sommes vraiment très contents de performances du bateau dans ces conditions. On vient d’ailleurs de refaire une petite pointe de 40 nœuds ! »

Vous  rentrez dans le dur du Grand Sud, les glaces ne sont-elles pas aujourd’hui votre principal obstacle pour suivre la route idéale ?
F.J. : «  À ce stade du parcours, on est obligé d’être en veille permanente et continue vis-à-vis des icebergs : au niveau du radar, comme sur le pont et à la barre. À terre, Marcel van Triest, notre routeur, suit également de très près la position des glaces. Il nous fait éviter les zones de concentration importante. Mais contrairement à notre tentative de l’année dernière, la route optimale passe, selon les routages, un coup au nord, un coup au sud des îles Kerguelen ; mais en aucun cas, elle nous fait plonger aussi sud que lors de notre précédente tentative de l’année dernière. On va bien sûr continuer de descendre, mais sans doute pas plus bas que les 52° Sud. »

Ces trois derniers jours, vous avez déjà comblé une grande par de votre retard sur le tableau de marche du record. L’Indien va-t-il vous offrir les conditions pour prendre de l’avance sur le chronomètre ?
F.J. : « Actuellement, il fait gris, on voit à 500 mètres, la visibilité diminue, la température extérieure est de 7°. Il y a toujours de la brume, et c’est normal dans cette partie du monde. Mais surtout nous bénéficions de conditions idéales pour tenir des hautes vitesses dans un angle de vent très favorable. La mer n’est pas encore trop formée. Hier, nous avons réussi à aller plus vite que le système de vagues qu’on a pu dépasser. Tout l’enjeu consiste à rester à l’avant du front dépressionnaire qui nous pousse. Plus en arrière, cela complique les choses dans des vent plus irréguliers et sur une mer plus croisée.  Si tout se passe bien, on peut espérer rattraper ce retard sous l’Australie, au niveau du cap Leeuwin. Actuellement, nous avons encore 30 nœuds, nous nous apprêtons à renvoyer un ris dans la grand voile pour bien suivre les évolutions du vent et maintenir le rythme le plus élevé possible. »

Trophée Jules Verne : IDEC SPORT à plus de 36 noeuds de moyenne

L’équipage d’IDEC SPORT, mené par Francis Joyon approche de la longitude du cap de Bonne Espérance ; et e à très haute vitesse.
Les six marins du bord profitent d’une mer plate et d’un vent soutenu pour allonger la foulée, ce soir, le score se porte à plus de 865 milles en 24 heures, la 2ème performance mondiale sur 24h.
Les conditions idéales pour la vitesse devraient se prolonger, et Francis Joyon et ses hommes pourraient approcher ou dépasser le record de Banque Populaire V avec 908 milles.

Le retard sur le temps du record de BP V s’amenuise également avec 457 milles sur l’adversaire virtuel.

Photo Jean-Marie Liot / DPPI / IDEC

Photo Jean-Marie Liot / DPPI / IDEC

Alex Pella :
« Nous ne comparons pas encore nos performances à la barre, mais si on vous le demande, dites que c’est moi le plus rapide. Ce bateau offre un passage dans la mer absolument fabuleux, et cela participe grandement à nous permettre de garder longtemps des vitesses élevées. On se fait vraiment plaisir à la barre, d’autant que la température extérieure, avec ce vent de secteur nord-ouest, demeure douce et très supportable. Nous sommes heureux de cette entrée tonitruante dans le grand sud.»

Francis Joyon, skipper d’IDEC SPORT :
« On file à 40 nœuds et plus par moments, c’est très dynamique à bord. Ça se passe bien parce qu’on a une bonne visibilité. On a 33 nœuds de vent, on a pris un ris dans la nuit et on est passé sous J2. Le bateau marche vraiment bien, il aime bien cette allure. On est bien sûr sur les écoutes, mais la mer n’est pas encore formée, on navigue en sécurité et à plat.

On a ciblé de passer Bonne Espérance par 45° Sud, parce que plus Sud que ça, il y a beaucoup de glaçons, d’icebergs. On essaye de jouer un compromis entre les glaces et la route la plus Sud. On va être forcé de traverser des zones de glaces, c’est certain. Mais on va les traverser plutôt de jour pour avoir de la visibilité.

On est sur l’avant d’une dépression et plus longtemps on restera en avant, plus longtemps on ira vite. Si tout se passe bien, cela durera 6 jours, jusqu’à l’Australie. Du coup, on aurait moins d’une journée de retard à Bonne Espérance et on rattraperait encore du retard à Leeuwin. Mais c’est encore lointain pour vendre la peau de l’ours. » .

IDEC SPORT accélère de nouveau vers Bonne Espérance

Francis Joyon et son équipage poursuivent leur route dans l’Atlantique sud, ils se sont élancés sur ce Trophée Jules Verne il y a 10 jours.
Ils ont connu une traversée du Pot au Noir difficile, et on du franchir une dorsale anticyclonique qui les a de nouveau ralenti hier.
La traversée de cette zone s’achève et l’équipage va toucher dans les prochaines heures des vents de secteur Nord-Ouest à Ouest qui vont les propulser à haute vitesse vers le Cap de Bonne Espérance . Ce soir le retard sur le temps de référence est de 740 milles,  Francis Joyon, Bernard Stamm, Clément Surtel, Alex Pella, Sébastien Audigane et Gwénolé Gahinet guidés par Marcel Van Triest savent qu’ils auront du retard sur le record au passage du premier cap de ce tour du monde, mais espèrent se refaire sur la suite du parcours.

Photo Jean-Marie Liot / DPPI / IDEC

Photo Jean-Marie Liot / DPPI / IDEC

Francis Joyon, skipper d’IDEC SPORT à la vacation du jour :  « On a eu beaucoup de manœuvres cette nuit. Là, cela commence à se stabiliser. On passe actuellement une zone de cisaillements un peu dure à traverser. On a fait des empannages, des virements, des changements de voiles toute la nuit. Depuis ce matin, on est au près, ça tape dur parce qu’on a la houle de face, mais on avance bien, on arrive à rejoindre les mers du Sud assez rapidement .
On est au péage du Grand Sud. Le retard sur le chrono était quelque chose de prévu. On savait qu’on payerait à ce moment là. On sait qu’on établira un moins bon temps que Loïck à Bonne Espérance, tout comme l’année dernière. Mais lors de notre précédente tentative, on a pu refaire la moitié de ce retard au cap Leeuwin. »

Clément Surtel :  « Hier, on a fait une belle opération réparation-entretien. On a bien vérifié tout le bateau et toutes les petites bidouilles qu’il pouvait y avoir à droite et à gauche. Il est vraiment à 100% de son potentiel. On sait que dès qu’on pourra débrider un peu, que la bateau sera à plus de 30 nœuds, on trouvera beaucoup de plaisir à la barre. On commence d’ailleurs à ressortir les collants, les polaires, les bonnets et on s’apprête progressivement à mettre plusieurs couches plus épaisses, plus étanches. Cette nuit, j’ai remis les bottes, et je ne suis plus le seul. À l’intérieur du bateau, l’humidité est déjà de retour. On commence à avoir de la condensation au niveau du puits de dérive. Ça y est, c’est parti ! »

Thomas Coville accueilli chaleureusement à Brest

Thomas Coville a passé la nuit en mer, accompagné par une partie de l’équipe technique de Sodebo, après avoir bouclé son tour du monde en solitaire en 49 jours 3 heures 7 minutes et 38 secondes.
Le skipper et son équipe ont rejoint Brest dans la matinée, Thomas Coville a été accueilli par ses proches, ses partenaires et par le public venu nombreux sur les quais pour accueillir le nouveau détenteur du record autour du monde en solitaires à la voile.

Photo Jean-Marie Liot / DPPI / SODEBO

Photo Jean-Marie Liot / DPPI / SODEBO

Les réactions du skipper à son arrivée :
« Ce que je voudrais qu’on garde de ce record, ce ne sont pas tellement les 49 jours 3 heures, c’est surtout le chemin parcouru. Je suis tombé, je me suis relevé, j’ai osé. C’est un travail de dix ans, un rêve très difficile à atteindre. Mais un rêve que j’ai vécu, que je vis.
Quand on a racheté Sodebo, le bateau Géronimo était là à Brest sur le Quai du commerce, c’était une épave. Et au moment où on s’est lancé dans cette histoire, de modifier Geronimo pour en faire le Sodebo actuel, je pense qu’il n’y a pas beaucoup de gens qui pensaient qu’on arriverait à faire la machine qu’on a réussi à faire aujourd’hui.
 
On s’est retrouvé avec l’équipe technique hier soir après le franchissement de ligne. Ils sont montés à bord et chaque réaction du team a été très émouvante et a reflêté l’esprit de cette équipe très éclectique. J’ai une très très belle équipe autour de moi qu’on a façonnée avec Sodebo petit à petit. Je me retrouve aujourd’hui entouré de gens que j’ai choisis, que j’aime mais qui sont avant tout de très grands professionnels.
 
Cette nuit je me suis offert le luxe de dormir 4 heures d’affilées. Mais vous ne pouvez pas imaginer ce que c’est. Là on revient au sommeil des enfants où lorsque tu t’endors tu n’as rien d’autre dans la tête que le fait que tu vas t’endormir. Tu n’as pas la préoccupation de l’adulte qui se projette. Non tu dors juste, c’est le sommeil que tu n’as pas connu depuis 30 ans.
 
Mon rythme de sommeil sur la course n’était absolument pas calé. Je n’ai jamais réussi à avoir des routines de sommeil. »

J’étais un petit garçon plutôt observateur, plutôt très admiratif et contemplatif dès que j’étais en pleine nature. J’ai toujours eu besoin et ressenti du plaisir à me retrouver dehors. Après il y avait tout ce qui était exploration et pionnier qui m’intéressait. Et dans la dimension du record la notion de pionnier, de faire une chose singulière et unique pour la première fois, c’est quelque chose qui est fort chez moi depuis que je suis gamin.
 
Certains valorisent ça dans une autre matière mais moi j’ai trouvé que le sport pouvait être quelque chose qui pouvait exprimer ce que j’étais. En plus dans la voile,il y a moyen de s’exprimer en équipage, en solitaire, longtemps… Il y a cette capacité de pouvoir trouver ce qui correspond le mieux à ton expression singulière.
 
C’est vrai que dans les records il manque une notion de compétition par rapport à l’autre et je me suis posée cette question. Mais ce qu’il y a de fabuleux dans un record, c’est de viser la barre la plus haute, comme Lavillenie aujourd’hui. C’est cette notion qui me fascine. Je pense que dans la vie d’un athlète, un record c’est assez gratifiant.
 
L’intelligence de manœuvrer ce genre de bateau en solitaire n’est pas qu’une question de physique, il faut aussi être malin. Savoir profiter de la houle pour faire passer le gennaker permet de s’économiser. Et plus on a de l’expérience, plus on est capable de le faire. Sur ce tour du monde, j’ai autant navigué que si j’avais été en équipage. Je ne pense pas avoir fait moins de manœuvres que si on avait été plus nombreux à bord. Ce qui fait qu’on n’est pas très loin des temps d’équipage. »

Superbe performance de Thomas Coville autour du monde en solitaire, en seulement 49 jours et 3 heures

Thomas Coville signe aujourd’hui une superbe performance sportive, en bouclant son tour du monde en solitaire en 49 jours 3 heures 7 minutes et 38 secondes. Il améliore le record de 2007 de Francis Joyon sur Idec de 8 jours 10 heures 26 minutes et 28 secondes, à une vistesse de 24,09 noeuds de moyenne sur le fond (24800 milles parcourus), soit près de 5 noeuds de mieux que Francis Joyon en 2007 et la cinquième meilleur performance autour du globe, équipage et solitaire confondus.

Le skipper possédait une machine à la hauteur de ses espérances, son trimaran ayant été imaginé autour de ce but, en partant de Géronimo d’Olivier de Kersauson, profondément remanié. En effet, le skipper, entouré de son équipe et des architectes VPLP, ont conservé une partie des flotteurs et les bras de l’ancien trimaran d’ODK, pour obtenir ce trimaran taillé pour le tour du monde en solitaire à la voile.

 Photo Jean-Marie Liot / DPPI / SODEBO

Photo Jean-Marie Liot / DPPI / SODEBO

Thomas Coville a également fait preuve d’une pugnacité hors norme, le marin court après cet objectif depuis 2007, il a tenté 5 fois ce tour du monde et boucle cette circumnavigation en solo sur un multicoque pour la 3ème fois, après les échecs de 2008 et 2011. Il atteint donc son graal aujourd’hui.

Il aura puisé dans ces réserves pour parvenir à cet exploit, essayant de tirer le meilleur parti de sa monture, guidé par sa cellule routage composée de Jean-Luc Nélias, Thierry Douillard, Thierry Briend et Samantha Davies.

L’exploit est unanimement salué par l’ensemble des acteurs de la course au large, le public pourra également accueillir le navigateur demain aux alentours de 9h à Brest.

 

 

 

Francis Joyon, ex détenteur du record autour du monde en solitaire : « Thomas signe un superbe chrono, au terme d’un tour parfaitement négocié. Bravo à lui. Bravo pour sa performance et pour sa persévérance. Il place, avec ce bateau plus grand et plus toilé que ne l’était mon trimaran IDEC, la barre très haute. Il faudra à l’avenir beaucoup de réussite pour battre ce chrono en enchainant sans transition les systèmes météos ainsi que Thomas a su le faire. Nous ne sommes que trois, avec Ellen, a avoir bouclé ce tour du monde en multicoques et sans escale, et savons quel engagement extrême il a fallu a Thomas pour venir au bout de cette magnifique performance »