Interview de Yann Guichard

Voile-Multicoques.com vous propose une interview de Yann Guichard, qui a commencé sa carrière en équipe de France Olympique en Tornado en 1997, il intègre ensuite rapidement le Gitana Team en tant que tacticien et co-skipper de Gitana 11, son palmarès compte aussi quelques records sur l’Atlantique (Orange II en 2006, Groupama 3 en 2007), en 2009 il se voit confier la barre de l’Extreme 40 du Gitana Team et devient  skipper de Gitana 11 nouvelle version.
L’interview a été réalisée lors de la conférence de presse de lancement du MOD 70.

© Yvan Zedda / Gitana S.A.

© Yvan Zedda / Gitana S.A.

Voiles-Multicoques.com : Vous étiez présent avec d’autres membres du Gitana Team à la conférence de presse de lancement du MOD, un engagement du team est-il envisageable ?

Yann Guichard : Le Gitana Team est intéressé, le team est impliqué dans le multicoque depuis 10 ans, et après la Route du Rhum il n’y a plus vraiment de circuit de multicoque océanique à travers le monde. Je pense que c’est un beau projet, qui a beaucoup d’avenir. En tant que marin c’est très attirant, naviguer autour du monde avec ces bateaux devrait être sympa, maintenant j’espère que le projet va prendre forme.

Aujourd’hui il y a beaucoup de courses en monocoques (Volvo Ocean Race, Vendée Globe etc.), mais rien en multicoques, alors que ce sont des bateaux extraordinaires, il y a une place à prendre, j’espère que ce circuit-là pourra la prendre.

Quelles sont vos impressions sur Gitana 11 après les premières navigations ?

Nous avons fait six navigations depuis la mise à l’eau, les premières impressions sont plutôt très bonnes, même si les conditions rencontrées ont été assez clémentes : vent de terre sans mer, mais nous avons eu du vent.

Je crois que le bateau garde toute la mobilité et l’énergie qu’avait un 60’ ORMA, en ayant même des petits plus dans les conditions légères, parce que le bateau n’a pas pris énormément de poids et a désormais des formes plus hydrodynamiques au niveau des flotteurs et de la coque centrale. C’est un beau chantier d’hiver, et je pense qu’au départ de la Route du Rhum c’est un bateau sur lequel il faudra compter.

Qu’est ce qui vous a conduit à effectuer ses modifications sur le bateau ?

A l’époque de l’ouverture de la Route du Rhum aux G-Class, nous avons travaillé par rapport aux bateaux confirmés : Sodeb’O, Idec et peut être Groupama 3. Nous savions que nous allions plus vite face à ces bateaux en dessous de 12-13 nœuds de vent, mais dès que le vent monte et que la mer augmente on avait un peu plus de mal.

Pour mieux passer dans la mer et dans le vent il fallait une longueur de flottaison un peu plus longue, pour moins enfourner en longitudinal et c’était l’objectif : donc allonger les flotteurs et la coque centrale,  ce qui demandait plus d’efforts à la structure du bateau, on a donc gardé les mêmes bras mais ils ont été renforcés, le plan de voilure est le même, puisque le bateau en rapport poids/puissance est au dessus de ses adversaires, on a juste rajouter une ou deux voiles supplémentaires, puisqu’il n’y a plus de limitation étant donné qu’on sort d’une jauge.

© Yvan Zedda / Gitana S.A.

© Yvan Zedda / Gitana S.A.

Gitana 11 a été entièrement adapté pour le solitaire ?

Oui, avant les postes de barres étaient excentrés, on avait deux colonnes, et déjà à l’époque le bateau était bien adapté au solitaire. Maintenant on a une colonne centrale, les deux postes de barre ont été recentrés, l’objectif était d’avoir toutes les écoutes à portée de main, je n’ai plus à sortir du cockpit pour manoeuvrer Gitana 11.

Quel sera le programme après la Route du Rhum ?

L’objectif essentiel était la Route du Rhum et la Transat Jacques Vabre si elle avait été ouverte aux G-Class, ce qui n’est pas le cas.

Le bateau même si il a été allongé à 70’ est petit pour faire autre chose que traverser l’Atlantique, ce qui est envisageable avec ce bateau là ce sont les 24 heures en solitaire, ce que je vais probablement essayer de faire l’année prochaine et après pourquoi pas une traversée de l’Atlantique. Mais je crois que les records au delà de l’Atlantique ne sont pas envisageable parce que le bateau n’est pas assez haut sur l’eau.

Vous êtes second de l’iShares Cup avant la dernière épreuve, pensiez vous pouvoir viser le podium en début de saison ?

La session d’entraînement avec Oracle et Groupama a été très bénéfique, car tout le monde a bien joué le jeu, nous avons beaucoup  appris en une semaine de navigation. A Venise, nous ne connaissions pas du tout le niveau des autres mais nous nous sommes vite rendu compte qu’on était dans le coup et que podium était accessible.

Aujourd’hui nous pouvons gagner le championnat, il faut finir devant Masirah et en mettant Loick derrière nous, ça sera une belle bagarre.

A Almeria, nous pouvons avoir du vent comme de la pétole, les courses se dérouleront dans le port, tout peut arriver, donc ça va être chaud…

Un mot sur l’équipage qui est très régulier depuis le début de la saison.

Je crois que l’équipe que j’ai autour de moi connaît bien le multicoque et est très compétente, je savais que nous serion dans le coup parce que nous avions bien préparé le bateau, nous avons bien bossé sur comment faire avancer le bateau au mieux.

Une de nos forces vient du fait que l’on essaie de naviguer le plus proprement possible, par exemple à Amsterdam c’est frappant, nous n’avons pas fait une seule faute sur nos adversaires, pas de pénalité, le 2eme derrière nous a du faire au moins 7-8 fautes. C’est un gros avantage, nous essayons de minimiser la prise de risque, l’objectif est vraiment d’être régulier, on a plutôt bien réussi à le faire, et par rapport aux autres équipages nous aimons les conditions légères qui ont été assez fréquentes sur le circuit.

N’est-il pas dommage de limiter les Extremes 40 à de si petits parcours ?

C’est vrai qu’en tant que compétiteurs nous sommes parfois un peu frustré.

C’est important qu’il y ait ces courses là pour le public, mais pourquoi ne pas faire une où il y ait un peu de « large » : parcours en baie ou un vrai cotier.Le concept est comme ça, c’est vrai qu’on est à la limite du show, mais il ne faut pas perdre l’aspect compétition pour que les marins de haut niveau restent sur ce circuit.

Merci à Yann Guichard d’avoir répondu aux questions de Voile-Multicoques.com.

Interview de Fred Le Peutrec – Partie 2

Seconde partie de l’interview que Fred Le Peutrec, grand spécialiste du multicoque (3 prépartions olympiques en Tornado, Vainqueur de The Race sur Club Med, barreur des 60′ ORMA Bayer puis Gitana 11, barreur et boat manager de Groupama 3, barreur de Smart Home) a accordé à Voile-Multicoques.com.

Voici la fin de cette interview qui concerne le début de saison de Groupama 3, le Trophée Jules Verne à venir, la Route du Rhum 2010, l’America’s Cup etc.

© Yvan Zedda

© Yvan Zedda

Voile- Multicoques.com : Quel bilan tirez-vous du début de saison de Groupama 3 ?

Fred Le Peutrec : Nous aurions bien sûr préféré garder les deux records (Atlantique Nord et distance parcourue en 24 heures), mais l’objectif principal de cette année reste le Jules Verne. Les différentes navigations, tournée méditerranéenne et records, n’avaient pour but que de sélectionner et de souder l’équipage du Trophée Jules Verne, s’approprier le bateau, le connaître un peu mieux, le fiabiliser, parce que ce sont des machines sur lesquelles nous devons toujours continuer à travailler. Evidemment, il y a une petite frustration mais nous espérons prendre notre revanche cet hiver.

En ce qui concerne le record de l’Atlantique que nous avons effectué en même temps que Banque Populaire V, même si nous perdons deux records, les conditions de navigation étaient tellement exceptionelles que nous en garderons un excellent souvenir, cette traversée restera une navigation extraordinaire. Traverser l’Atlantique en un peu plus de 3 jours et demi était peu envisageable il y a quelques années, on est donc complètement satisfait du potentiel du bateau, il est sain, et  sera bien prêt pour le Jules Verne.

Nous savions au départ du record de l’Atlantique qu’étant donné les conditions, l’essentiel allait se jouer sur la puissance maximale du bateau, Banque Populaire V a plus de couple de rappel, nous savions qu’on allait souffrir, les conditions n’étaient pas idéales pour Groupama 3, mais sur le Tour du monde, il y a plus de zones de transition, ça se jouera sur toutes les allures, la descente sera au portant et pas au reaching, dans ces conditions là nous avons un bateau léger qui descend bien, le jeu devrait être plus ouvert pour nous.

Il y aura aussi une notion d’endurance technique qui jouera, nous partirons avec un trimaran profitant de plusieurs années de navigation et de fiabilisation.

© BENOIT STICHELBAUT/SEA&CO

© BENOIT STICHELBAUT/SEA&CO

Nous sommes impatients de partir, nous serons dans de bonnes conditions techniques, avec un équipage en béton, qui se connait bien, nous avons gardé la base de l’équipage présent sur le dernier tour du monde, et les marins qui ont embarqué cette saison (Lionel Lemonchois, Thomas Coville, Stan Honey) sont des gens qui ont énormément de métier, et ça n’est que du plus pour l’équipage.

L’avenir de Groupama 3 semble être la Route du Rhum 2010 que Franck Cammas devrait courir, la décision de participer a-t-elle été prise ?

C’est en court de définition, nous essayons de préciser les choses : les différentes contraintes techniques et physiques qui seront rencontrées, et nous les mesurons exactement pour être sur que ce soit faisable en solitaire. Mais les chances de voir Groupama 3 au départ sont fortes.

© Guilain GRENIER / Sea & Co

© Guilain GRENIER / Sea & Co

Concernant cette Route du Rhum 2010, Gitana 11 que tu as barré pendant plusieurs années a été remis à l’eau après un allongement à 77’. Penses-tu que ce bateau puisse être un candidat potentiel à la victoire face aux maxis trimarans qui devraient être engagés ?

Assurément oui, c’est un bateau qui peut gagner, il est à la bonne échelle pour une personne seule. L’allongement a permis de retrouver de la stabilité, l’a assagie un peu. C’était déjà un des 60’ ORMA les plus marins, je pense que sous cette nouvelle forme ce trimaran reste un excellent bateau.

Le projet de MOD a refait surface cet été, les communiqués parlent du lancement de la série, s’agit-il seulement d’une annonce ou existe-t-il des bases solides pour cette série ?

Il y a des investisseurs qui sont prêts à définir le cadre, à mettre le pied à l’étrier à la série, tout ceci repose sur l’arrivée  d’une structure financière mise en place par Steve Ravussin et Franck David. Ensuite tout dépendra bien sûr du post élan, il faut que des partenaires entrent en jeu pour sponsoriser les trimarans.

Que penses tu de ce projet alors que les supports multicoques semblent se raréfier ?

Ce qui me plait c’est qu’un circuit de multicoques océaniques puisse renaître, je trouve cela vraiment désespérant dans le paysage de la voile qu’il n’y ait plus de multicoque aux jeux olympique. C’est symbolique mais ceci à des conséquences réelles sur l’activité nautique dans les clubs de sports, les écoles de voiles. Il y a toute une génération de gamins qui ont 15,16 ou 20 ans maintenant et qui s’étaient projetés dans l’idée de prétendre au meilleur un jour sur multicoque, bien entendu tout le monde n’y arrive pas, mais il y a toute une dynamique et une activité de voile légère qui a été ralentie à cause de l’abandon du support olympique multicoque.

Le fait qu’il n’y ait plus de multicoque océanique est dommageable, c’est totalement à contre temps que des bateaux aussi aboutis soient dans des hangars. C’est comme interdire la descente en ski ou la Formule 1 en automobile.

© Hans Berggren

© Hans Berggren

Au delà de la série qui s’arrête, c’est tout un système qui souffre qu’il n’y ait pas les machines les plus dingues, les plus extrêmes, sur l’eau. Les gens commencent à s’en rendre compte, et je pense que d’ici un an ou deux, ces séries manqueront réellement, je ne serai pas étonné que les journalistes, les médias ne trouvent pas un peu triste que ces bateaux là aient disparus et  soient rangé dans des hangars.

La Coupe de l’America aura lieu en multicoque, sur deux bateaux bien différents. Alinghi 5 est un catamaran semble-t-il axé sur le petit temps, BMW Oracle Racing alignera un trimaran plus proche d’un 60’ ORMA dans ses formes, que penses-tu de ces bateaux ? Crois tu que l’un d’entre eux possède un avantage ?

Je reste convaincu que le trimaran peut avoir l’avantage du fait du format de course: une montée et descente dans le vent donc VMG (Velocity Made Good) pur et une manche où la descente dans le vent se fait sur du largue abattu, ce n’est pas pour rien que la classe ORMA s’est concentrée sur cette formule. Les catamarans ne sont pas des bateaux aussi complets que les trimarans.

Le catamaran  est forcément bridé par son couple à un moment, où alors  il faut faire un cata très large mais qui perdra l’avantage dans le petit temps parce qu’il se mettra sur une patte très tard, et il sera handicapé dans les manœuvres. Pour jouer la carte du catamaran, il faut faire un bateau raisonnablement large, qui se mette sur une patte le plus tôt possible, auquel cas l’accélération est un peu moins bonne.

© Carlo Borlenghi/Alinghi

© Carlo Borlenghi/Alinghi

Pour les problèmes de puissance, ils sont essentiellement liés à la puissance du moteur une fois que le châssis est figé, il est tout aussi possible de faire un trimaran aussi performant dans le petit temps qu’un catamaran.

Je reste persuadé que la formule la plus polyvalente est le trimaran, Alinghi 5 est un bateau très intéressant, mais malgré tout je reste assez confiant dans les performances du trimaran.

© Gilles Martin Raget / BMW ORACLE Racing

© Gilles Martin Raget / BMW ORACLE Racing

De plus cibler un bateau pour une fenêtre météo extrêmement réduite peut être risqué, les conditions  météos sur les plans d’eau ne s’avérent pas forcément conformes aux statistiques, comme on l’a vu aux derniers JO.

La Coupe se jouera sur deux manches gagnantes, il suffit que ces jours là, il y ait un système de vent ou un thermique qui se lève un peu plus fort et qu’au lieu des 6 nœuds prévus il y ait 10 ou 12 nœuds, on aura alors des manches de brise, et je suis assez convaincu que le trimaran ira plus vite.

Cette épreuve devrait remettre les multicoques en valeur, penses tu que ceci puisse jouer en faveur des ces bateaux ?

Cette coupe va mettre les multicoques sous les feux de la rampe. Je serai très étonné que les marins qui vont courir cette épreuve, les observateurs, médias etc. ne soient pas  totalement emballé par le spectacle que vont offrir ces bateaux là en navigation, que ce soit au niveau des performances, de l’engagement. C’est bien que cette coupe se coure sur multicoques, c’est assez paradoxal que le système de multicoque océanique qui s’était  beaucoup développé en France se soit cassé la geule  au moment où les anglo-saxons réputés conservateurs sur leurs monocoques démarrent sur des multicoques pour la coupe. Il y aura forcément des retours après même si ces deux bateaux là vont probablement être « rangés » après la coupe, ce qui est dommage, mais ce sera difficile de se passer de ces bateaux après cet événement.

Merci à Fred Le Peutrec pour sa disponibilité

Nouvelle victoire française sur l’iShares Cup

C’est l’équipage de Gitana Extreme, emmené par Yann Guichard, qui remporte l’avant dernière étape de l’iShares Cup.

Les français trustent les premières places au terme de ces trois jours de régates sur le canal IJ Haven, un plan d’eau très particulier : 865m de long, 265m de large, entouré d’immeubles qui engendraient des effets de site assez marqués.

© Th.Martinez/Sea&Co/OC Events
© Th.Martinez/Sea&Co/OC Events

C’est tout d’abord Loick Peyron sur Renaissance qui s’est montré le meilleur lors des 8 manches de la première journée, suivi de près par Gitana Extreme et Groupama 40, les « locaux » d’Holmatro prenait une belle 4ème place provisoire. Cette première journée fut aussi marquée par la voie d’eau de Masirah suite à un refus de tribord de BT, le catamaran omani fut gruté immédiatement, l’équipe technique d’Oman Sail, après avoir aidé la veille l’équipe d’Ecover à remettre le bateau en état suite à un refus de tribord de Renaissance, était de nouveau mise à contribution pour une nuit de réparation.

Ian « Mucky » McCabe boatbuilder d’Oman Sail après sa seconde nuit blanche : « Il est 9h30, on n’a pas vraiment molli cette nuit. J’ai été aidé par Andy Dore de l’équipe BT, et nous avons bien travaillé. Nous sommes arrivés au point où on peut mettre la dernière « peau » sur le bateau, on pense devoir être de retour sur l’eau – là je me mets la pression ! – vers une heure pour revenir en course. C’était un très gros trou. Nous avons tenu notre planning la majeure partie de la nuit, nous avions des objectifs et on les a plus ou moins tous atteints, on doit avoir une heure de retard, pas grand-chose. C’est une grosse réparation, même si on la fait dans un atelier, alors s’en occuper de nuit sur un quai au milieu d’Amsterdam à 50 mètres des habitations… J’avais un couvre-feu hier soir, je ne pouvais pas utiliser la meuleuse ou les outils électriques entre 10 heures et 7 heures ce matin. C’est intéressant de faire ce genre d’opérations en pleine ville, à l’arrière du camion ! Les autres équipes m’ont offert leur aide, l’équipe de l’iShares Cup m’a apporté des cafés (…) Je suis sur le point de tomber, pour être franc, dès que le bateau sera remis à l’eau. Ça a été une cinquantaine d’heures intenses, je suis pressé d’aller dormir. »

© Yvan Zedda
© Yvan Zedda

Samedi, après une première régate ratée (arrivée hors temps), l’équipage de Gitana Extreme s’est remis sur les rails avec une victoire et deux 3ème places, Loick Peyron sur Renaissance rétrograde à la seconde place provisoire. Franck Cammas et son équipage sur Groupama 40 rétrogradait à la cinquième place après un départ volé sur la première régate de la journée, une pénalité et deux arrivées hors temps.

© Yvan Zedda
© Yvan Zedda

Dimanche, les hommes de Yann Guichard ont réussi à conserver la tête du classement, comme l’explique le skipper de Gitana Extreme :  » Dès la première manche du jour nous avons été dans le coup et nous avons vraiment très bien navigué malgré l’enjeu de ces dernières régates. Une fois encore la cohésion de notre équipage est l’une des clés de notre réussite. Nous sommes soudés dans les bons comme dans les mauvais moments, l’ambiance est top à bord et cela nous a notamment permis de nous accrocher et de revenir dans le match lors de la dernière course où tout se jouait… Cette régate finale était vraiment sous haute tension : on savait que Loïck ne devait pas mettre plus de deux bateaux entre nous et nous finissons juste derrière lui ! C’est le scénario idéal, nous sommes vraiment heureux de cette nouvelle victoire « 

L’ultime régate permis à Franck Cammas de monter sur le podium pour la deuxième fois de la saison grâce à une victoire qui comptait double, comme toutes les dernières manches des étapes de l’iShares Cup. Groupama 40 finissait à égalité de points avec Holmatro,4ème, mais comptait deux victoires de manches contrre une pour Holmatro. Les explications de Franck Cammas sur ce week end de régates :  » Avec Groupama 40, on a tout gagné lors de la dernière manche. Nos adversaires ont été moins bons ce qui nous a permis d’en passer deux et d’accéder au podium ce qui n’était pas gagné à l’issue de la régate précédente !  Le constat certain après ces trois jours à Amsterdam, c’est qu’avec Groupama 40, nous n’avons pas encore bien compris comment fonctionner dans le petit temps. Dans le vent faible, on est moins à l’aise. On ne parvient pas à suivre les autres. C’était ma première participation dans du petit temps sur un plan d’eau aussi étroit. Il faut que l’on progresse, c’est indéniable ! Dès que le vent revenait, ça allait mieux. D’ailleurs, vendredi, à la faveur de la brise, ce fut pour nous une bonne journée ! « 

Loick Peyron et ses hommes sur Renaissance conservaient leur seconde place, l’autre bateau du team Oman Sail, Masirah enregistre son plus mauvais résultat de la saison avec une cinquième place. iShares avec deux victoires de manches paye son maque de régularité et termine 6ème devant Luna, BT et Ecover.

Le classement del’étape d’Amsterdam (après 17 manches)
1/ Gitana Extrême- Groupe LCF Rothschild (Yann GUICHARD) – 136 points
2/ Oman Sail Renaissance (Loïck Peyron) –  132 points
3/ Groupama 40 (Franck Cammas) – 115 points
4/ Holmatro (Mitch Booth) – 115 points
5/ Oman Sail Masirah (Pete Cumming) – 111 points
6/ iShares (Shirley Robertson) – 91 points
7/ Luna (Erik Maris) – 81 points
8/ BT (Nick Moloney) – 81 points
9/ Ecover (Mike Golding) – 59 points

© Th.Martinez/Sea&Co/OC Events
© Th.Martinez/Sea&Co/OC Events

Au classement général, la contre performance de Masirah et la victoire permettent à Yann Guichard et son équipage de revenir à égalité de points avec Masirah, Renaissance conforte sa troisième place.

Classement provisoire du championnat (après cinq épreuves)
1/ Oman Sail Masirah – 43 points (4e, 1er, 1er, 1er, 5e)
2/ Gitana Extrême- Groupe LCF Rothschild – 43 points (1er, 4e, 2e, 4e, 1er)
3/Oman Sail Renaissance – 42 points (3e, 3e, 3e, 2e, 2e)
4/ Groupama 40 – 33 points (5e, 5e, 6e, 3e, 3e)
5/ BT – 23 points (6e, 6e, 4e, 8e, 8e)
6/ iShares – 22 points (9e, 7e, 5e, 6e, 6e)
7/ Holmatro – 20 points (8e, 8e, 8e, 7e, 4e)
8/ Luna – 20 points (7e, 9e, 7e, 5e, 7e)
9/ BMW Oracle – 18 points (2e, 2e, DNC, DNC, DNC, DNC, DNC)
10/ Ecover – 8 points (10e, 10e, 9e, 10e, 3e)

© Th.Martinez/Sea&Co/OC Events
© Th.Martinez/Sea&Co/OC Events

La dernière étape de l’iShares Cup 2009 aura lieu à Almeria du 10 au 12 octobre, le titre devrait se jouer entre les deux bateaux du team Oman Sail : Masirah et Renaissance et Gitana Extreme. La quatrième place semble acquise pour Groupama 40, la bataille pour les 5,6,7 et 8ème places sera aussi intéressante à suivre étant donné les faibles écarts entre BT, iShares, Holmatro et Luna.

Temps de demoiselle et atelier composite à Amsterdam

La configuration du plan d’eau d’Amsterdam, lieu des régates de l’avant dernière étape de l’iShares Cup, s’annonçait propice au contact. En effet les bateaux évoluaient dans une zone de 865m de long pour 265m de large sur le canal d’IJ Haven.

Ce plan d’eau insolite pour des multicoques de cette taille aura bien été le théâtre de nombreux contacts entre les catamarans Extreme 40, deux collisions ont fait plus de dégâts, celle d’Ecover abordé par Renaissance lors de la journée presse de jeudi, les équipes d’Oman Sail et d’Ecover ont cependant réussi à remettrele bateau à l’eau pour lé début de la compétition vendredi.

© Th.Martinez/Sea&Co/OC Events

© Th.Martinez/Sea&Co/OC Events

L’autre collision a eu lieu entre BT et Masirah, le leader du classement général, Pete Cumming et ses hommes eux aussi victimes d’un refus de tribord, ont réussi à ramener leur bateau au ponton avec une importante voie d’eau, le catamaran a été gruté immédiatement, l’équipe technique d’Oman Sail a de nouveau travaillé toute la nuit pour remettre le bateau à l’eau pour les premières manches de la journée de samedi.

© Th.Martinez/Sea&Co/OC Events

© Th.Martinez/Sea&Co/OC Events

Les conditions météos ont été très légères, moins de 10 noeuds sur l’ensemble du week end, l’organisation de course avait évoqué un changement du format de régates en cas de vent supérieur à 12 noeuds : une division de la flotte en trois groupes de trois bateaux se rencontrant successivement.

© Lloyd Images/ Oman Sail

© Lloyd Images/ Oman Sail

Le dernier Grand Prix pour Foncia, le championnat pour Alinghi

Le dernier Grand Prix de la saison de Decision 35 et le titre du Challenge Julius Bar se seront joués sur une seule journée et 3 régates seulement, du fait de l’annulation des manches de vendredi, faute de vent suffisant.

C’est Alain Gautier et l’équipage de Foncia qui sortent vainqueurs après ces 3 bananes au large de Lausanne en s’imposant sur deux d’entres elles, Okalys -Corum barré par Loick Peyron termine 2nd de ce rendez vous devant Zen Too barré par Franck Cammas et Alinghi qui termine au pied du podium de ce Grand Prix.

Photo : Baptiste Morel

Photo : Baptiste Morel

Au classement général Alinghi s’impose de justesse devant Okalys-Corum, les deux bateaux sont à égalité de points et avec le même nombre de victoires (2), Ernesto Bertarelli et son équipage sur Alinghi ne doivent leur salut qu’à leurs 3 places de second alors qu’Okalys-Corum n’en aligne que 2. Foncia se classe troisième du Challenge avec une grosse marge d’avance sur les 4ème et 5ème : Julius Bar et Zen Too, eux aussi à égalité de points.

Photo : Baptiste Morel

Photo : Baptiste Morel

On retrouve Smart Home à la 6ème place, avec Fred Le Peutrec à la barre, et Banque Populaire en 7ème position, Fred Le Peutrec et Pascal Bidégorry, nouveaux venus sur le circuit reviendront l’année prochaine avec des ambitions de podium.

Toujours du côté des anciens skippers de 60′ ORMA, Karine Fauconnier sur Ladycat de Dona Bertarelli Spaeth se classe 9ème devant Steve Ravussin sur Veltigroup.

Masirah domine les débats

Pete Cumming sur Masirah a réaffirmé sa domination lors de la première journée de l’iShares Cup de Cowes en gagnant 5 des 6 régates courues dans un vent d’une douzaine de noeuds et sous la pluie, Shirley Robertson qui avait remporté une victoire sur la première étape l’an dernier, profitait de sa connaissance du plan d’eau pour placer iShares à la deuxième place provisoire devant Gitana Extreme et Renaissance.

© Th.Martinez/Sea&Co/OCEvents

© Th.Martinez/Sea&Co/OCEvents

La seconde journée a été très animée sur le plan d’eau, avec un vent plus fort que la veille : 18 à 22 noeuds, tout d’abord du fait de l’abordage d’iShares par un semi rigide spectateur, qui contraint l’équipage a abandonné pour le journée. Holmatro qui avait dématé lors des entrainements a aussi connu son lot de mauvaises surprises avec la casse de la drisse de grand voile les obligeant à renoncer à deux manches puis un problème de solent qui les contraint de nouveau à l’abandon pour la dernière manche de la journée.

L’équipage de Masirah dominait de nouveau cette deuxième après midi de régates avec 4 manches gagnées sur 6 courues, celui de Gitana Extreme profitait de l’abandon d’iShares pour conforter sa deuxième place avec 2 points d’avance sur Renaissance, le second bateau du Team Oman, barré par Loick Peyron.

© Th.Martinez/Sea&Co/OCEvents

© Th.Martinez/Sea&Co/OCEvents

Les impressions de Yann Guichard, barreur de Gitana Extreme : « Malgré des départs encore un peu hésitants, nous réalisons une belle journée de régates grâce au très bon travail d’équipe du bord. Avec le courant et le clapot que nous rencontrons, les virements et par conséquent les relances consécutives peuvent s’avérer très pénalisants. Mais je crois que nous sommes l’un des équipages qui nous sortons le mieux de ces situations et cela nous aide beaucoup. Demain, il nous faudra être plus incisif sur les départs. Car c’est évident cela nous manque depuis le début … »

L’équipage de Luna barré par Jean Christophe Mourniac pour cette étape anglaise semble plus à l’aise dans ces conditions musclées avec quelques places sur le podium des manches, l’équipage d’Ecover continue son apprentissage sur ce support et ne semble pas en mesure d’inquiéter les autres concurrents.

© Th.Martinez/Sea&Co/OCEvents

© Th.Martinez/Sea&Co/OCEvents

Première journée de l’iShares Cup Cowes samedi

Les 9 équipages qui participeront à cette troisième manche de l’iShares Cup ont été contraints de rester au port aujourd’hui du fait de conditions météos musclées : rafales à plus de 30 noeuds et plan d’eau agité.

Hier Holmatro, le catamaran skippé par Carolijn Brouwer a dématé, les explications de la barreuse :  » Nous nous entrainions avec Luna, Groupama et Ecover, quand à mi-chemin de la première bouée, le mat est tombé. Heureusement le mat est tombé au vent alors que nous nous trouvions tous sous le vent. C’est en fait la liaison entre la pâte d’oie et l’étai qui a cassé. Evidemment, nous avons endommagé le tangon et quelques autres parties du bateau mais les voiles semblent intactes, donc nous sommes plutôt chanceux! »

Photo : Baptiste Morel

Photo : Baptiste Morel

Quelques changements dans les équipages, Mitch booth qui assurait le remplacement de Darren Bundock sur BT aura de nouveau la barre du catamaran aux couleurs de l’opérateur de téléphonie anglais lors de cette étape, du côté de Groupama, Gildas Philippe remplace Franck Cammas actuellement sur la tentative de record sur l’Atlantique Nord.

iShares Cup : BMW Oracle absent de l’étape de Cowes

La 3ème étape de l’iShares Cup qui se disputera à Cowes à partir de vendredi se fera sans l’équipe américaine qui renonce à ce rendez vous pour préparer l’America’s Cup face à Alinghi .

Le skipper de BMW Oracle Racing, James Spithill, explique : « Tester notre trimaran de 90 pieds récemment modifié est une phase importante et requiert toute notre attention à ce stade. Avec une America’s Cup qui se profile d’ici 6 mois, nous avons un gros travail de préparation à effectuer. Nous sommes d’autant plus déçus de ne pouvoir être à Cowes que notre position de leader est à défendre, mais nous espérons pouvoir rejoindre le circuit à Kiel. »

BMW Oracle qui occupe la tête du classement provisoire avec 18 points devrait  donc laisser sa place de leader à Masirah,  Gitana Extreme, tous deux à un point des américains avant cette étape, ou à Renaissance à 2 points.

Franck Cammas sur Groupama 40 aura aussi à coeur de briller sur cette étape pour effacer les résultats en demi-teinte des deux premières étapes.

BMW Oracle remet BOR 90 à l’eau, Alinghi se prépare pour celle d’Alinghi 5

L’équipe BMW Oracle a remis à l’eau son trimaran après un long chantier, première grosse modification : les étraves qui sont désormais du même type que celles du catamaran d’Alinghi, c’est à dire perce vagues.

© Gilles Martin Raget / BMW ORACLE Racing

© Gilles Martin Raget / BMW ORACLE Racing

D’autres modifications ont probablement été effectuées, cependant il est difficile de s’en rendre compte sur les quelques photos diffusées par l’équipe.

© Gilles Martin Raget / BMW ORACLE Racing

© Gilles Martin Raget / BMW ORACLE Racing

Du côté d’Alinghi, la tente qui avait servie à dissimuler le bateau pendant son assemblage a été démontée afin de préprer le bateau à l’hélitreuillage vers le Lac Léman prévu demain.

© Stefano Gattini/AlinghiStefano Gattini/Alinghi

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