Route du Rhum, le début de course s’annonce musclé

Le départ de la Route du Rhum sera donné demain à 14h02,  les conditions météo pour le départ  sont très favorables à une sortie de Manche très rapide pour les deux classes de grands multis (Multi50 et Ultimes). Les skippers évolueront  au reaching  et devraient « démancher » sur un seul bord.
Les choses se corseront ensuite avec une petite dépression à contourner au large de la Bretagne et dont la position est encore susceptible d’évoluer. Les trimarans devraient essayer de s’échapper au plus vite vers le Sud-Ouest afin d’éviter le plus gros d’une très dépression qui arrivera sur le plan dans la nuit de lundi à mardi. Celle-ci va détériorer les conditions de mer.  Les rafales pourront dépasser les 45 nœuds et les creux culminer à plus de six mètres. À l’arrière, la traîne sera très active.

© Easy Ride / BPCE

Les conditions s’annoncent donc idylliques pour les trois ultimes avec plans porteurs : Banque Populaire IX d’Armel le Cléac’h, Macif de François Gabart et Edmond de Rothschild mené par Sébastien Josse. Ils pourraient ensuite être plus à la peine dans la mer formée, les creux de 5 à 6m, les ramèneront à des trimarans archimédiens, Francis Joyon sur Idec Sport et Thomas Coville sur Sodebo Ultim devraient profiter de la connaissance de leurs bateaux respectifs et de leur fiabilité dans ces conditions musclées. Romain Pilliard, sur Remade-Use It AgainRomain Pilliard, sur Remade-Use It Again (ex Castorama) devrait quant à lui jouer la sécurité, l’essentiel pour le marin étant de rallier l’arrivée.

En Multi50, six marins s’affronteront également, Thibaut Vauchel-Camus part sur le dernier né de la flotte,  un plan VPLP, Solidaires en Peloton ARSEP, mais il aura fort à faire face à Lalou Roucayrol, sur Arkema, Erwan Le Roux sur FenétréA-Mix Buffet et également Armel Tripon sur Reauté Chocolat. Thierry Bouchard sur un plan VPLP également très abouti fait figure d’outsider, tout comme Gilles Lamiré sur son trimaran La FrenchTech Rennes Saint Malo. Le malouin étant le seul à ne pas disposer de foils.

Photo Jean-Marie Liot / ALeA / TJV17

Le départ sera diffusé en direct sur les chaines d’info en continu, ainsi que sur la chaine L’Equipe, France 3 assurera un long direct.
Pour les chanceux qui pourront être sur place, la pointe du Grouin et le Cap Fréhel restent les sites à privilégier.

 

Les Multi 50′ dans une nouvelle ère

La classe Multi50′ a pris des décisions importantes en fin de saison dernière, afin de renouveler sa flotte et d’attirer de nouveaux sponsors et skippers.
En effet la classe tombait petit à petit en désuétude, il avait donc été décidé d’exclure les anciens bateaux, afin de ne conserver que les plus récents et surtout d’autoriser les foils, sans toucher aux matériaux de construction des plates formes afin de limiter les coûts. Ces foils toujours dans un soucis de maitrise des coûts étant monotypes.

Le résultat est une classe qui reste attractive pour des PME avec un budget de’environ 2 millions d’euros pour un bateau neuf, et de moins de 500.000€ de budget de fonctionnement annuel, l’ajout des foils sur les bateaux déjà existants étant évalué à 200.000 €. Ces budgets sont donc bien éloigné de ceux des Ultimes (10 millions pour un bateau neuf) ou de l’IMOCA (4 à 5 millions pour un bateau neuf). Qui plus est la classe a réussi à organiser un championnat avec 7 épreuves alternant grand prix et courses au large.

L’arrivée des foils a, bien sûr, fait augmenter légèrement l’addition, mais elle a surtout permis de séduire les skippers. « Entre les études, le chantier que cela nécessite et la paire de foils, il faut compter 200.000 euros de plus », admet Tripon, ravi de son choix.

La première vraie confrontation a eu lieu ces derniers jours, dans le cadre du Grand Prix Guyader des Multi50. Au programme des runs de vitesse mais surtout des parcours côtiers sur lesquels le potentiel de ces multicoques océaniques pouvait pleinement s’exprimer. Même si les trimarans ayant adoptés les foils n’étaient pourvus que d’un seul appendice babord, suite à des délais plus importants que prévus de la part du fournisseur, l’effet boost espéré était bien ressenti par les différents équipages, puisque plusieurs d’entre eux ont frôlé ou dépassé les 40 noeuds dans des conditions de vent soutenu.

Au delà de la performance, c’est surtout le plateau réuni qui est un succès, avec cinq bateaux sur ce grand prix, et deux bateaux neufs sont par ailleurs en construction, Ciela Village pour Thierry Bouchard et Solidaires en Peloton-Arsep pour Thibaut Vauchel-Camus.

Sur cet événement, les trois des cinq engagés pourvus d’un foil se sont adjugés le podium : FenêtréA – Mix Buffet mené par Erwan Le Roux gagnant,  devant Arkema de Lalou Roucayrol et Réauté Chocolat d’Armel Tripon, 3ème. Eric Defert sur Drekan Groupe/Cegelec Finistère prenait la 4ème place devant la French Tech Rennes Saint Malo mené par Gilles Lamiré.

Erwan le Roux, vainqueur du GP Guyader en Multi 50′ :
« Nous sommes super content de gagner l’épreuve. Le bilan de ces quatre jours de course est vraiment positif. A bord, les gars ont vraiment bien bossé. Mathieu Renault a été impérial et Tom Laperche super efficace. Adam Currier et Clément Bouyssou se sont, eux, donné à fond physiquement après des mois de chantier pourtant difficiles. Ce bon résultat nous permet de valider pas mal de choses mais aussi d’aborder la suite de la saison plus sereinement. Reste que le fait que ça commence bien pour l’équipe n’est pas la seule chose de satisfaisante à l’issue de ce GP. Je suis super content de voir le niveau de la classe cette année, avec l’arrivée, à la fois, de nouveaux skippers et de nouveaux partenaires. La concurrence est très homogène et il va devenir de plus en plus difficile de gagner. C’est, évidemment, quelque chose dont je me réjouis.
Cette semaine, le plan d’eau de Douarnenez, assez exceptionnel il faut bien le dire, nous a offert des vitesses un peu affolantes avec nos foils. Cela étant dit, nous devons faire attention car nos bateaux ne sont pas forcément prévus pour aller à plus de 35 nœuds. Nous allons devoir analyser tout ça car aller vite, c’est bien, mais arriver de l’autre côté lors d’une transatlantique reste quand même la priorité. »,

Transat Québec Saint Malo, victoire et record pour Spindrift 2 en ultime, Arkema vainqueur en Multi50′

Le maxi trimaran Spindrift 2 de Yann Guichard et Dona Bertarelli remporte cette transat Québec Saint Malo dans la catégorie Ultime. L’équipage  aura bouclé cette course en un peu plus de six jours, améliorant le record de l’épreuve jusqu’ici détenu par Loïck Peyron (7 jours 20 heures 24 minutes) à bord du trimaran Orma Fujicolor II en 1996.

Son seul adversaire en « Ultime », le MOD 70 Musandam-Oman Sail avait chaviré à environ 700 milles du Canada. L’équipage a été récupéré par un cargo et déposé à Terre Neuve.Sidney Gavignet, Fahad Al Hasni et Alex Pella ont rejoint leurs foyers respectifs, tandis que Damian Foxall et  Mayeul Riffet, tentent de mettre en place une opération de récupération du trimaran.

Arrivée de Spindrift TQSM 2016 from Transat Québec St-Malo on Vimeo.

Yann Guichard, skipper de Spindrift 2 :
« On est vraiment très contents de remporter cette course. On l’imaginait un peu au départ qu’on descendrait en dessous de 7 jours mais finir à 6, c’est un beau chrono. Toute l’équipe a fait un super travail. J’avais participé à la transat en 2004, malheureusement j’avais du abandonner au milieu de l’Atlantique, donc là de la finir et de battre en plus le record c’est génial. C’était assez incroyable la traversée du Saint Laurent. C’était très étroit au départ et les premiers 50 milles sont assez difficiles. Heureusement nous sommes partis au portant avec Oman Sail. Cela a été une belle bagarre avec des rebondissements : un coup nous étions devant, l’autre coup c’était eux. On a finalement réussi à s’échapper juste avant la bouée de Gaspé sur un petit coup tandis qu’il reste dans une zone sans vent. Les meilleurs souvenirs sont cette sortie du Saint Laurent et le passage de Saint Pierre où il y avait du monde qui nous attendait en début de nuit avec 40 nœuds de vent, c’était un moment assez incroyable. Tout s’est bien passé à bord, on avait trois nouvelles personnes dont deux anglais. Ils se sont tout de suite acclimatés et ont pris la mesure du bateau. L’esprit était fantastique, le bateau est en parfait état il est prêt à repartir demain pour refaire une traversée de l’Atlantique ou faire un tour du monde. Avec Dona nous avons réussi à créer une équipe qui nous ressemble avec des personnes qui sont passionnées de la mer et aussi de la performance et là on l’a bien prouvé avec le bateau que nous étions capables de le mener rapidement à travers l’Atlantique. Le programme c’est de rester quelques jours ici à Saint-Malo où l’accueil a été très chaleureux, puis de ramener le bateau à notre port d’attache de la Trinité-sur-Mer et le préparer pour le prochain objectif qui est le Trophée Jules Verne l’hiver prochain ».

Dona Bertarelli, barreur régleur à bord de Spindrift 2 :
« C’était fantastique sportivement et humainement. Cela faisait plusieurs années que je voulais faire la Transat Québec Saint-Malo. La course est magnifique, le départ à Québec, le Saint Laurent, passer toutes ces marques qui sont historiques et mythiques comme le rocher Percé, Saint-Pierre-et-Miquelon et le Fastnet et puis l’arrivée ici à Saint-Malo, il y a plusieurs courses dans la course. Nous avons navigué à une vitesse réduite dans le Saint Laurent car il y a même des endroits où il y a des limitations de vitesse pour protéger les Belugas et on a également fait très attention à tous les cétacés qu’il y a dans la zone avant de pouvoir accélérer dans l’Atlantique. Il y a une multitude de choses dans cette course qui fait qu’elle est très belle et très spéciale. Nous sommes très contents d’avoir battu le record de Loick Peyron. C’est difficile de battre les records quand c’est un départ de course car on ne peut pas choisir notre départ et on doit donc composer avec la météo qui se présente. On a surtout pas eu beaucoup de vent sur l’arrivée ! Maintenant c’est un très beau chrono et on est fiers d’avoir fait ce qu’on a fait aujourd’hui »

 

En Multi50′, les arrivées se sont enchainées cette nuit, Arkema, skippé par Lalou Roucayrol  remporte la Transat Québec Saint-Malo, dans la catégorie Multi50 en 9 jours 9 heures 00 minute et 58 secondes, à la moyenne de 13,6 nœuds (3 254 milles nautiques sur le fond, à la moyenne de 14,46 nœuds).

Thierry Bouchard et son équipage parvenaient à accrocher la seconde place dans la catégorie sur Ciela Village en 9 jours, 10 heures, 42 minutes et 30 secondes, à la moyenne de 13,45 nœuds (3 214,60 milles nautiques sur le fond, à la moyenne de 14,18 nœuds).

Gilles Lamiré et ses hommes prenaient la 3ème place en Milti 50 à cinq minutes de Ciela Village seulement avec un temps de 9 jours, 10 heures, 47 minutes et 53 secondes, à la moyenne de 13,45 nœuds (3 272,65 milles nautiques sur le fond, à la moyenne de 14,43 nœuds).

Arrivée de French Tech Rennes Saint-Malo (VNR) from Transat Québec St-Malo on Vimeo.

 

Lalou Roucayrol, skipper d’Arkema :
« Une Transat extraordinaire! L’Atlantique en 4 jours, c’est fantastique pour nos Multi50 qui sont finalement des gros tris de sport. Très content pour l’équipage aussi. On a monté cette équipe avec César Dohy avec qui j’ai fait la Transat Jacques Vabre et Etienne Carra qui est mon préparateur et mon convoyeur. Il fallait quelqu’un à la navigation pour faire le lien. C’est Karine Fauconnier qui s’y est collée. Le bateau n’est pas facile et il fallait beaucoup de cohésion car c’est plus un bateau de solitaire. Je retiens la première victoire du bateau en transat, mais aussi ce beau travail d’équipe. On a des images plein la tête, les baleines de la Gaspésie, le passage magique à Saint Pierre et Miquelon. La passe à Henry est un goulet très étroit. On s’y est trouvé empétolé, sous la lune et les étoiles avec  des milliers d’oiseaux qui pillaient… étonnant. J’ai aussi eu une rencontre avec une baleine qui est sortie de l’eau 50 mètres devant le bateau. J’ai poussé la barre pour l’éviter, mais quelle belle vision. L’Atlantique a été très favorable, avec des conditions de record. On était en avant de la dépression, avec le vent qui rentrait sans avoir encore levé la mer. Cette Classe Multi50 est formidable. On est arrivé dans un mouchoir de poche au bout de 9 jours très intenses. »

 

Thierry Bouchard, skipper de Ciela Village :
« Pas du tout déçu, bien au contraire de cette deuxième place. La course a été magnifique, très engagée, très sportive, avec une arrivée super serrée. Gilles Lamiré était dans le rétro. Lalou était le plus rapide. La classe est homogène, malgré les architectes très différents. Ce sont les hommes qui ont fait la différence. Cette transat est extraordinaire. Du côtier dans le Saint Laurent, avec les courants, les vents très difficiles. L’Atlantique a été clément, et la Manche, comme d’habitude, très compliquée. Les trois bateaux battent le record, preuve de l’intensité de la course. J’ai adoré la régate au contact dans le Saint Laurent. »

Gilles Lamiré, skipper de la French tech Rennes Saint-Malo :
« Je suis fatigué. Je n’ai pas dormi depuis 36 heures. On s’est bagarré à couteaux tirés, entre marins qui s’apprécient. Les bateaux sont différents mais marchent superbement. Ces bateaux sont magiques, fantastiques. La Classe mérite de se développer davantage. On a eu de très belles conditions météos, pour tous battre le record. Personne n’a jamais rien lâché. Tous les passages de marques ont été magiques, Gaspé notamment. On a pris la tête dans la baie de Gaspé, au milieu du souffle des baleines. Incroyable. Je navigue avec des amis. Yvan Bourgnon est un grand marin qui nous fait progresser. Le projet continue de progresser depuis 10 ans et on va continuer ainsi… »

Transat Québec Saint-Malo : chavirage de Musandam-Oman Sail

Le trimaran Musandam-Oman Sail (MOD70), mené par Sidney Gavignet qui est engagé sur la Transat Québec Saint-Malo, a chavité tôt ce dimanche matin.
Le skipper français et ses équipiers omanais, Fahad Al Hasni, Sami Al Shukaili et Yassir Al Rahbi. ainsi que Damian Foxall sont en sécurité sur le bateau retourné, qui se situe à environ 450 milles nautiques à l’est de St-Pierre et Miquelon, au large du Canada.

Baptiste Morel/Voile-Multicoques.org

Baptiste Morel/Voile-Multicoques.org

Les opérations de sauvetage sont en cours afin de ramener les marins à terre.

Les Multi50 ouvrent la route sur cette transat (avec un départ dimanche dernier, alors que les deux ultimes engagés n’étaient parti que mercredi) et entament la dernière ligne droite avec moins de 850 milles avant l’arrivée.  Arkema mené par Lalou Roucayrol, est toujours sous la menace de Gilles Lamiré (French Tech Rennes St-Malo) et de Thierry Bouchard (Ciela Village) qui sont à une trentaine de milles du leader.

L’autre ultime en course, Spindrift 2 de Yann Guichard et Dona Bertarelli, poursuit sa route à haute vitesse, le trimaran a dépassé l’ensemble de la flotte des 40′ et prépare également son atterrissage sur la Bretagne.

 

Transat Jacques Vabre : FenêtréA Prysmian vainqueur en Multi 50, Ciela Village 2nd

Erwan Le Roux et Giancarlo Pedote sur FenêtréA Prysmian gagnent la Transat Jacques Vabre dans la catégorie Multi50, Erwan le Roux devient par ailleurs triple vainqueur de l’épreuve de même que son trimaran sur plans VPLP.  Ils ont bouclé le parcours en 16 jours 22 heures 29 minutes et 13 secondes à la vitesse moyenne sur l’eau de 15,06 nœuds.

Le duo aura dû faire face à des soucis de grand voile et a été contraint de naviguer sous voilure réduite depuis la latitude de Salvador de Bahia.

Ciela Village mené par Thierry Bouchard et Oliver Krauss avait également connu des soucis qui l’avait obligé à faire escale au Cap Vert pour réparer son étrave, les deux skippers arriveront dans la nuit et se classeront seconds.  Arkema a également dû s’arrêter pour réparer  à Salvador de Bahia pour renforcer sa coque centrale qui se délaminait.

Erwan Le Roux, skipper de FenêtréA Prysmian (Multi50)

« Chaque victoire est différente, celle-là a une saveur particulière surtout avec ce bateau. C’est trois victoires sur ce bateau. Ca m’a fait remonter beaucoup d’émotions. J’ai pensé à Hubert Desjoyeaux qui m’a accueilli pour construire le bateau avec Franck-Yves (Escoffier).Tous ces souvenirs remontent, c’est un bel hommage que je veux leur rendre aujourd’hui, c’est grâce à eux tout ça. Ils ont construit un super bateau, j’ai participé à la construction de ce bateau également. C’est vraiment un super bateau. Le plus bel hommage, c’est de gagner des courses. Je dédie à Hubert cette victoire, c’était un grand homme et un grand constructeur de bateau. Cette arrivée est pleine d’émotions. Ca n’a pas été facile, on a eu des moments difficiles, les 5-6 premiers jours… Nous vivions à plat ventre. C’était délicat. Vivre à l’intérieur, c’est compliqué. Les mouvements sont brutaux, on se cogne, rien que de mettre un ciré demande une demie heure. Faire des besoins basiques, ça demande une énergie folle. Tout ça, entre deux vomis. Une première semaine compliquée. Les conditions n’étaient pas forcément dures, mais c’était long. Cinq jours dans une machine à laver c’est dur.
Avec Giancarlo, ça c’est bien passé. Nous avons réussi notre objectif. Il y avait une belle histoire à construire dès le début. C’était de lui transmettre mon expérience du multicoque et mon expérience sur ce bateau. On a travaillé là-dessus toute l’année. On a cultivé la victoire, on a gagné toutes les courses de la catégorie Multi50. Notre objectif de duo gagnant est atteint ! Contrat rempli ! Le prochain objectif, c’est au mois de mai, en solitaire sur The Transat. La course mythique en solitaire qu’il faut décrocher avec le Multi50. J’ai déjà hâte d’y être. Ce sera encore une autre histoire. Mais dans l’immédiat je profite de cette belle victoire sur cette Transat Jacques Vabre. Le lointain, on verra après ! »

Giancarlo Pedote, co-skipper (FenêtréA Prysmian)
« C’est magique, je rêvais de cette course depuis 2001. J’étais préparateur. Tous les soirs, je rêvais sur les quais d’être au départ un jour. Et quatorze ans plus tard, je réalise mon rêve, et en plus de la gagner c’est beaucoup d’émotions. L’arrivée de ma première transat était également au Brésil, donc le mélange de tout ça m’a touché ces derniers 10 milles de course. On a échangé nos sentiments avec Erwan, c’était un bel échange, un beau moment. J’étais bien fatigué au début de la course, j’étais un peu stressé des conditions, car je n’avais aucune idée de ce que cela pouvait donner. J’avais le mal de mer. Je ne me suis pas nourri pendant 48 heures. C’était dur, je serrais les dents. Après, c’est incroyable mon corps a repris de l’énergie, s’est habitué. Cela m’a fait l’effet opposé, car après j’étais très en forme. Je ne me sens pas trop fatigué. »

Transat Jacques Vabre : Sodebo Ultim second, FenêtréA Prysmian large leader en Multi 50′

Thomas Coville et Jean-Luc Nélias ont pris la 2ème place de cette Transat Jacques Vabre dans la classe Ultime, ils auront mis 13 jours 47 minutes 38 secondes à la vitesse moyenne de 17,26 nœuds sur le parcours théorique, et à 20,51 noeuds sur la route réelle de 6 415 milles. Sodebo Ultim’ est arrivé 7h 18min et 11sec derrière Macif.

Thomas Coville, skipper de Sodebo Ultim’ (Ultime)

« Ce n’est pas du tout de la déception, c’est le plaisir de s’être bagarré jusqu’au bout. On s’est fait une première nuit d’anthologie où on s’est vraiment régalé en mettant tout le monde d’accord. On s’est fait une dernière nuit rien que pour nous avec le plaisir de pousser le bateau à fond. Ca été une très belle régate, on a vécu un truc génial à deux, c’est magique de naviguer à deux sur ces bateaux. En fait, cette nuit, je me rendais compte à quel point on est privilégié de naviguer sur un bateau comme Sodebo.
Merci à Sodebo de s’être engagé dans l’aventure Ultime, il fallait oser. J’ai aussi eu le privilège de naviguer aux côtés d’un monsieur comme Jean-Luc Nélias, merci beaucoup à Jean-Luc. Cette nuit, je me suis senti très à l’aise quand on attaqué avec Jean-Luc. Je me suis senti très à l’aise et très serein sur Sodebo avec cette conception du large. La Transat Jacques Vabre a été plutôt une course au contact avec des vents médiums. Quand on sera dans le Grand Sud, je serais content d’être à bord de mon Sodebo. Je suis bien sur mon bateau, je suis très fier de ce bateau. C’était un projet de toute équipe quand on a transformé Géronimo. L’objectif est d’aller en solitaire autour de la planète, là ce sera une autre histoire. Si on peut se payer le luxe de se faire des bagarres comme ça en solitaire à 5 ou 6 bateaux on va changer l’Histoire. On va prendre un plaisir incroyable, c’est mon objectif, prendre du plaisir sur l’eau et que la planète soit notre terrain de jeu. Quel enthousiasme de se retrouver pionnier d’une nouvelle histoire. C’est émouvant d’arriver, c’est une histoire qui s’achève et à la fois on pense à la suivante. J’ai proposé à Jean-Luc en passant la ligne d’arrivée de remettre ça dans deux ans, il m’a répondu oui tout de suite. »

© Yvan Zedda / Sodebo

© Yvan Zedda / Sodebo

Jean-Luc Nélias, co-skipper de Sodebo Ultim’

« Ca s’est joué sur un coup de tactique-stratégie sur un empannage au niveau du cap Vert. Macif avait du retard, en empannant plus tôt que nous il a neutralisé son retard. Ca nous a positionné à l’entrée du pot au noir dans un position un peu décalée, et on pensait que notre position était la meilleure, et finalement c’est la leur qui a le mieux marché. C’est souvent le cas dans le Pot au Noir : on tente des trucs et on n’est pas sûr que ça marche. Il est sorti du Pot au Noir et il a touché du vent plus fort que nous et en multicoque ça ne pardonne pas. Les écarts sont très importants, et la vitesse double, on quitte le système d’alizés, et petit à petit, il s’est échappé. »

A lire : l’interview des deux co-skippers Pascale Bidégorry (MACIF) et Jean Luc Nélias (Sodebo Ultim’) sur Voiles et Voiliers.

En Multi 50, Erwan Le Roux et Giancarlo Pedote sur FenêtréA Prysmian ont du effectuer une réparation sur la grand voile hier et ont concédé quelques dizaines de milles sur leurs poursuivants. Ils conservent cependant plus de 360 milles sur le second Arkema. Ciela pointe à 55 milles d’Arkema.

Transat Jacques Vabre : dernière ligne droite pour MACIF, attendu en vainqueur à Itajai

François Gabart et Pascal Bidégorry sont tout proches de remporter cette Transat Jacques Vabre sur le trimaran MACIF, récemment mis à l’eau et doté d’un seul foil. Il sont attendus la nuit prochaine. Ils sont parfaitement négocier  le front orageux transitoire qui leur barrait la route au petit matin  et ont accroché un flux de sud est établi, la dernière difficulté sera l’approche des côtes avec un vent qui mollira petit à petit.

Thomas Coville et Jean Luc Nélias sont actuellement en train de passer la fin du front, à 180 milles du leader, ce retard ne devrait pas leur permettre d’inquiéter leur adversaire.

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François Gabart, skipper de MACIF (Ultime)
« On a passé le front froid permanent du cabo Frio, et maintenant le climat a changé, il fait plutôt froid alors qu’hier, c’était grand soleil et 40°. Nous sommes contents, car maintenant, c’est tout droit jusqu’à l’arrivée. Il n’y aura pas de grands changements météo, juste des grains à gérer. On est à 27 nœuds et on a du vent fort à venir dans l’après-midi et le début de soirée, ça va aller vite. Nous allons arriver entre 22h et 24h TU (soit 23h et 1h heure française) à une quarantaine de milles de l’arrivée. Le vent mollit à l’approche de la côte. Après, les derniers milles vont être compliqués. On va donc arriver fin de nuit prochaine. »

En Multi 50, FenêtréA Prysmian poursuit sa course, seul en tête, les deux autres multis 50 en course pointant à plus de 400 milles à la sortie du Pot au Noir, alors que le leader passe l’archipel de Fernando de Noronha.

Erwan Le Roux, skipper de FenêtréA Prysmian (Multi50)
« Je suis en pleine séance de matossage, donc je déplace le matériel de l’avant vers l’arrière. Tout le matériel de sécurité, toute l’eau qu’il nous reste, le matériel de rechange, la TPS, la pharmacie, etc., une dizaine de sacs que je déplace de 7 mètres environ et que j’entasse à l’arrière et ensuite j’amarre le tout avec un filet pour que cela tienne en cas d’enfournement intempestif.
Par cette chaleur, je suis à poil pour le faire, car c’est une suée incroyable. On fait ça parce que l’alizé commence à adonner et on ouvre un peu les voiles et dans les allures travers au vent, le bateau aime bien être assis sur l’arrière de la coque centrale, c’est pour cela qu’on met tout le matériel derrière.
On est à 32 milles de Fernando de Noronha et on va passer à 15 milles dans son vent. Le vent va adonner, donc il va falloir bien régler le bateau, on sera au reaching, donc il va falloir bien conduire le bateau pour ne pas le mettre en danger et rester à l’endroit.
Il me semble qu’il nous reste entre 4 et 5 jours, je dois faire un point avec notre routeur Jean-Yves (Bernot). Je crois que ça va mollir un peu à l’approche de Récif. Je ne sais pas, mais je pense que c’est 4-5 jours.
Giancarlo est à la barre, dehors en ciré, car comme ça avance vite, dehors c’est trempé. »

Oliver Krauss, skipper du Multi 50 Ciela Village
« On a eu un Pot au Noir tranquille pour nous, on a réussi à avancer tout le temps. Donc a fait une bonne nuit, on pensait s’arrêter et finalement on a avancé toute la nuit. On est devant Arkema, il est beaucoup plus dans l’est que nous donc il va repasser devant assez vite. Arrivés à Recife, on verra comme on se situe vis-à-vis de lui. On peut encore faire quelque chose. On n’a jamais fait en-dessous de 8-10 nœuds, sauf sous un nuage, mais notre moyenne est de 8 nœuds. On a continué à avancer, donc c’est le principal. On approche de Fernando de Noronha, on est au largue, et on va être vent de travers pendant un petit moment, on va avancer à fond.
Thierry dormait et moi j’étais au poste de barre sous pilote et j’ai vu un gros truc devant, je croyais que c’était un paquet d’algues, on avançait à 20 nœuds et quand j’ai vu ce que c’était : une baleine, je ne pouvais plus rien faire, elle est passée entre les flotteurs et la coque centrale, ce n’était pas une grosse baleine, ça s’est bien passé, mais c’était quand même stressant. C’est la mer, tu peux te prendre des baleines, des containers, c’est le risque.
Il y a pas mal d’algues. On a fait un petit arrêt pour les enlever des safrans. On le sent à la barre, dès qu’on va à 10-13 nœuds, on sent tout de suite si on a quelque chose, si on en a beaucoup ou pas et on fait une marche arrière. Mais c’était surtout hier, là ça va.
Depuis hier, le ciel est étoilé, et ce matin il y a quelques petits nuages noirs qui passent, qui amènent de la pluie, donc on essaye de les éviter. C’est ciel bleu avec pas mal de nuages, soleil, ombre, cumulus, mer plutôt plate qui commence à clapoter. Beau temps, belle mer ! »