Transat Jacques Vabre : les Ultimes dans le Pot au Noir

Les deux trimarans Ultime  sont entrés ce matin dans le Pot au Noir, le jeu consiste maintenant à sortir de cette zone de vents faibles et changeant avant son concurrent  afin de rejoindre au plus vite la côte brésilienne. L’équipage de MACIF semble avoir choisi de couper au plus court plein sud alors que celui de Sodebo Ultim’ a choisi une route plus  à l’ouest.

Thomas Coville, Sodebo Ultim’ :
« Il y a pas encore trop de nuages. C’est une mer d’huile et il y a quelques cumulus au large devant nous. Pour l’instant, c’est plutôt grand soleil et mer plate totale avec une petite brise qui va sans doute être de moins en moins forte. Depuis le début, nous essayons de préserver notre position sauf hier où il y avait un énorme grain qui nous a obligé de revenir vers l’Est et nous avons réussi dans la nuit et dans la matinée à nous re-décaler dans l’Ouest, ce qui est plutôt bien. Soit tu mets plus de temps par l’Est mais souvent c’est plus compliqué  et ça a l’air d’être le cas aujourd’hui à la photo satellite… Soit tu sors un peu plus tard et un peu plus difficilement mais effectivement tu as un meilleur angle pour après. Soit tu sors plus tôt et tu arrives à resserrer l’écart petit à petit car finalement les trajectoires convergent.
C’est à chaque fois la même histoire : il faut avoir du décalage pour faire une différence et on a choisi dès le départ d’être plutôt Ouest. Je suis en train de dégouliner : c’est assez hallucinant la chaleur ! On a quand même pas mal manœuvré pendant toute la matinée… Le risque c’est la déshydratation. Là je sue à grosse goutte ! Moitié aux réglages, moitié c’est le pilote qui barre. Tu sais le pilote quand tu le mets en mode vent, il suit mieux que toi et d’une façon plus attentive : en moyenne sur une grande période, il est pas mal du tout. Cette année, je vais avoir fait quatre passages du Pot au Noir, je ne les compte plus, c’est comme les bougies sur le gâteau, à un moment donné, tu arrêtes d’en mettre… 
»

François Gabart, MACIF (Ultime)
«  Pour l’instant le Pot au Noir n’est pas trop marqué, nous sommes à peu près épargnés. Nous venons d’y rentrer et le plus difficile va arriver dans les heures qui viennent. La problématique du Pot au Noir, c’est qu’il est imprévisible, nous arrivons à voir les nuages quelques minutes avant, en revanche l’approche est faite souvent deux, trois jours avant et une fois que les dés sont jetés, nous ne pouvons plus faire grand chose. Nous avons un petit décalage latéral de 20-30 milles avec Sodebo et non de 200 milles : nous pouvons espérer ressortir ensemble. »

© Yvan Zedda / Sodebo

© Yvan Zedda / Sodebo

Les trois Multi50 ont nettement accéléré : FenêtréA Prysmian a pris l’avantage sur ces adversaires Ciela Village et Arkema.
Thierry Bouchard et Oliver Krauss devront faire  escale au Cap Vert suite à une casse, l’amure du gennaker s’est arrachée, endommageant également les parties avant du bateau. Ils ont tenté de réparer en mer, ce qui expliquait leur faible vitesse hier après midi. La réparation étant impossible ils se dirigent donc à terre pour réparer.

Erwan le Roux, FenêtréA-Prysmian (Multi-50)

« Ça glisse tout seul, c’est agréable, tout va bien à bord de FenêtréA Prysmian dans l’alizé de Nord Est. Avec Giancarlo et le routeur, nous avons bien géré l’empannage pour passer devant Ciela Village au bon moment. C’est dommage ce qui leur arrive, parce qu’on vivait une belle bataille mais rien n’est fait, la route est encore longue ! »

Transat Jacques Vabre : MACIF et Sodebo Ultim à grande vitesse dans les alizés

Les deux Ultimes en course MACIF et Sodebo Ultim’ ont paré les îles du Cap Vert dans la matinée et continuent à glisser dans les alizés. L’allure est particulièrement favorable pour les équipages des deux trimarans qui peuvent exploiter toute la puissance de leurs multicoques. Le dernier né, MACIF semble capable de descendre plus bas au portant que son adversaire, les deux bateaux suivent une route parallèle. François Gabart et Pascal Bidégorry naviguent désormais sur le « bon » côté du trimaran (celui équipé du foil, l’autre n’ayant pas pu être construit à temps), ils possèdent toujours un avantage de quelques milles sur Thomas Coville et Jean Luc Nélias

Ces conditions « idyllique » de navigation ne dureront pas avec l’entrée dans le Pot au Noir prévue dans 36 heures, le premier à sortir de la zone de convergence possèdera alors un bel avantage sur son adversaire.

François Gabart, skipper de Macif :
« Nous glissons dans l’alizé au large du Cap Vert, bâbord amure, il y a 20-25 nœuds de vent et le bateau avance à 30-35 nœuds.[…] Nous n’avons pas beaucoup changé de voiles, nous avons la même configuration depuis la sortie de la dorsale anticyclonique. En revanche, nous avons pris et largué des ris, mais également effectué quelques empannages. […] La course côte à côte avec Sodebo, c’est top. En ce moment, nous négocions le dévent des îles du Cap Vert, mais comme nous sommes à distance raisonnable, entre 150 et 220 milles, cela devrait bien se passer. Ensuite, nous devrons gérer au mieux l’approche du Pot-au-noir. Généralement, plus on le passe dans l’ouest, mieux on se porte, ce qui est notre cas. Le petit décalage avec Sodebo ne me paraît pas significatif, donc entre nous deux, cela va être du gagne-petit au niveau tactique pour gérer les nuages et l’instabilité de l’alizé.  […] Le bateau est vraiment complètement différent avec ou sans foil : il marche très bien sans, mais dès qu’il va vite, il plafonne, et il est difficile d’aller à plus de 28 nœuds, alors que là, au moment où je vous parle, avec le foil, nous avançons à 30-35 nœuds depuis quelques heures. C’est une vraie découverte pour nous, nous n’en sommes qu’au début, mais déjà, entre le départ et maintenant, nous avons bien progressé, cela devrait être encore le cas après le Pot-au-noir, puisqu’un long bord bâbord amure nous attend. »

http://www.youtube.com/watch?v=2WQ43o9UUjg

Jean-Luc Nélias, co-skipper de Sodebo Ultim’ (Ultime)
« Les alizés sont accueillants, mais faiblards, nous avons juste la vitesse qu’il faut pour nos bateaux, entre 18 et 20 nœuds de vent. Les bateaux sont fantastiques. On vise le pot au noir, l’endroit où on va se faire le moins engluer possible. Ca varie un peu tout les jours. La mer est plate, c’est agréable. Il faut avoir une trajectoire qui permettra de varier de point de pénétration dans le Pot au Noir. Concernant Macif, c’est son temps. Hier, il a bénéficié d’un coup de pouce de monsieur Eole qui lui a proposé du vent moins refusant que nous. On est au coude à coude depuis 4h30 ce matin, même cap, même vitesse. La nuit dernière, c’est la première fois que nous avons réussi à dormir. Nous sommes maintenant bien rentrés dans un  système de quart toutes les trois heures. Ce n’était pas le cas jusqu’à présent. Nous sommes sur un bord, après des empannages, tout va bien. Nous lisons les mails, nous répondons  à des questions, le quotidien qui occupe une journée complète des marins au large. »

Du côté des deux concurrents malheureux en classe Ultime, la situation s’est améliorée. Actual devrait être de retour  à la Trinité sur Mer lundi ou mardi. Et le team Prince de Bretagne a retrouvé la plate forme du Maxi 80 chaviré. Lionel Lemonchois et ses hommes  étudient maintenant le meilleur moyen de remorquer le bateau.

 

En Multi 50 FenêtréA Prysmian a pris l’avantage sur Ciela Village qui semble connaitre quelques soucis depuis le début d’après midi avec une vitesse réduite. Arkema est légèrement décalé dans l’est.
La situation reste très préoccupante sur la French Tech Rennes Saint Malo, Gilles Lamiré et Yvan Bourgnon sont en relation régulière avec les secours. Le flotteur babord est amputé de 5m de flotteur, et privé de safran, bloqué dans l’axe et de la dérive non manoeuvrante. Le trimaran ne peut naviguer que sur le flotteur tribord, à la cape. Le skipper est inquiet pour la structure du bateau, si les cloisons du flotteur babord venaient à se rompre, le risque  serait que le flotteur se détache de la plate forme ce qui enchainerait probablement le démâtage et le chavirage du trimaran. Ce problème rend également le remorquage impossible, les deux marins sont donc contraints de poursuivre leur route pour tenter de sauver le bateau.

César Dohy, co-skipper d’Arkema (Multi50)
« C’est mollissant, on est portant, on va envoyer un ris, on est sous gennaker depuis une quinzaine d’heures. On se demandait pourquoi il n’y avait pas plus de soleil, ça caille ici ! Il y a un empannage à faire dans la journée, on travaille là-dessus avec le routeur. Les concurrents ont évité une petite bulle anticyclonique avant hier, nous on a trouvé la porte de sortie vers le sud voilà l’explication du décalage, on a perdu du temps dans cette zone de vent mais on revient doucement vers le groupe de tête. On se concentre sur la conduite du bateau. Notre routeur nous explique la situation en règle générale et après on parle d’une stratégie, soit il nous envoie un waypoint c’est-à-dire un but à atteindre sur la carte ou il nous dit de continuer sur ce vent-là, il nous indique si il y aura empannage ou virement de bord. Il y a énormément d’échanges sur les conditions rencontrées et sur notre aptitude à faire marcher le bateau rapidement. Honnêtement, les données sont assez exactes, c’est étonnant.  On est en forme, à part le froid et l’humidité, on a des pathologies de petit vieux, on souffre de l’eau et du manque de soleil.  Nous n’avons aucune blessures, le bateau est nickel, tout le monde est en forme. On dort dans le cockpit, on a une couverture de survie, je suis rentré dans le bateau seulement à 2 ou 3 reprises depuis le début, tout se passe à l’extérieur du bateau. Je sors d’une sieste de plus 3 heures et mon camarade Lalou me l’a bien fait remarquer, il y a 10 minutes ! ».

 

Transat Jacques Vabre : Macif et Sod’b’O au coude à coude, Actual contraint d’abandonner

Yves le Blévec et Jean Baptiste Levaillant ont annoncé leur abandon ce matin suite à une rupture d’une pièce du vérin de hauban tribord. Les deux marins ont pu éviter le démâtage en sécurisant rapidement leur gréement. Ils font  désormais route vers la Trinité-sur-mer, qu’ils pourraient rallier d’ici trois jours environ.

Yves Le Blevec, skipper de l’Ultim Actual : « Ça a fait en grand « crack », le bruit caractéristique du démâtage… J’étais sur le pont, j’ai eu le réflexe de regarder sous le vent pour voir le mât tomber dans l’eau… mais non, heureusement, il s’est arrêté. Il est passé de 10° incliné au vent à 30 à 40° incliné sous le vent ! C’est une pièce du vérin de hauban tribord qui a cassé net. Une tige en acier, l’usure sans doute. Nous naviguions sous-toilés, car c’était des conditions à grains. Je pense que ça a sauvé le mât. Nous avons pris un troisième ris, empanné, puis sécurisé l’ensemble. Une fois l’urgence gérée, nous avons pris le temps de réfléchir. Il était possible de continuer la course, mais avec un bateau diminué, cela n’a plus grand intérêt et cela représentait une prise de risque importante. Démâter en plein pot au noir ne m’enchante pas vraiment. Si nous avions cassé le long des côtes brésiliennes, nous aurions bien sûr continué, mais là, pour la sécurité d’une part et pour faire progresser le projet d’autre part, il est franchement plus intéressant de rentrer, même si cela reste une décision très difficile à prendre. Ce sont des pièces que nous avions vérifiées. Nous avions même changé les poulies de ce vérin, mais pas la tige en acier. C’est très probablement dû à l’usure. »

Il ne reste donc que deux Ultimes en course, Sodeb’O et Macif , qui sont au coude à coude. Les deux équipages ont échangé la position de leader au cours de la journée, au rythme des empannages, ils prolongent leur option vers l’Ouest pour aborder au mieux le Pot-au-Noir qui devrait être particulièrement instable. François Gabart et Pascal Bidégorry ne semblent pas peiner à conserver de la vitesse même sur les bords sur le flotteur privé de foil, ce qui pourrait leur permettre de prendre creuser une petite avance dans les jours à venir.

http://www.youtube.com/watch?v=rFknSJXMgrk

La flotte des Multi 50 a touché les alizés et accélère la cadence sur la route directe. Ciela Village mène devant FenêtréA-Prysmian et Arkema.

Le team Prince de Bretagne a appareillé aujourd’hui depuis Bayonne, Lionel Lemonchois et Roland Jourdain, accompagnés de Patrice Richardot et de Gurloës Merrien, ont pris la mer ce matin, sur un ancien thonier de 40 mètres, aujourd’hui reconverti en bateau de travail et parfaitement bien équipé. Ils devraient ainsi rejoindre le trimaran chaviré demain à la mi journée.  L’équipe entamera ensuite le remorquage vers Lorient, leur port d’attache.

Lionel Lemonchois, skipper du Maxi 80 Prince de Bretagne :
« Une fois que nous serons arrivés à proximité du trimaran, l’idée c’est de le prendre en remorque mais nous avons envisagé une seconde option qui consiste à le retourner en mer dans le cas où le remorquage à l’envers ne serait pas possible. C’est en fait ce que nous avions été obligés de faire il y a un an et demi au large du Brésil, à la suite de mon chavirage sur la tentative de record de la Mauricienne », a souligné le skipper emblématique des producteurs bretons, sans cacher sa nette préférence pour la première solution qui serait clairement moins dommageable pour le bateau. « C’est vraiment important pour moi de récupérer Prince de Bretagne et je suis touché parce que Bilou tient particulièrement à aller avec moi au bout cette histoire que nous avons débuté ensemble »

 

Transat Jacques Vabre : Statu quo en classe Ultime

Aucun changement dans la hiérarchie de la classe Ultime aujourd’hui, quatre jours après le départ de cette transat Jacques Vabre.
Sodebo et MACIF enchaînent les empannages dans un flux de Nord-Est d’une quinzaine de noeuds le long des côtes africaines qui devrait les amener au Cap Vert.
François Gabart et Pascal Bidégorry sont toujours à une quarantaine de milles des leaders. Comme prévu Actual a vu son retard s’amplifier sur la journée suite au passage de la dorsale et navigue à plus de 675 milles des deux bateaux de tête.

Pascal Bidégorry, co-skipper de Macif (Ultime)
« On à 15 nœuds de vent, au portant, le vent s’est relevé après une nuit molle et on accélère un peu entre 25 et 30 nœuds de vitesse. Nous sommes passés très près des Canaries au petit jour et c‘était magnifique avec un lever de lune hier soir, c’est assez exceptionnel. On est passé près, pas pour faire du tourisme mais pour grappiller un peu de vent sur Sodebo, un peu mieux loti que nous et on se bat pour ne pas décrocher ! On va chercher du vent, un peu vers l’Ouest mais l’avenir nous le dira. Le bateau va bien, pas de problème, nous avons eu des petits soucis électroniques après le cap Finisterre mais pas de gros problèmes sur le bateau. Il marche bien du côté où il a son foil, en bâbord amures. Nous n’avons pas fait beaucoup de bâbord depuis que nous sommes partis, le bateau est jeune, du bon boulot a été fait dessus c’est plutôt satisfaisant. Le rythme est bon, ça se passe plutôt bien. Macif, c’est un gros bateau, il ne faut pas faire semblant, le bateau est exigeant en double. Les conditions sont sympas, la mer s’est rangée, 25-30 nœuds au portant. Je suis dans ma petite cabane, je regarde François par les hublots, il faut que je lui mette sa petite crème ! Vraiment ça va, nous avons des camardes de jeu qui ont dû affronter des conditions beaucoup plus difficiles que nous. »

Les équipages des Multi50 naviguent en bordure de la dorsale , dans le même système et à quelques milles d’Actual.
Erwan Le Roux et Giancarlo Pedote sur FenêtréA Prysmian ont réussi à passer la dorsale et bénéficient d’un vent d’ouest plus soutenu que leurs deux concurrents encore en course. Arkema et Celia Village devraient bénéficier de ce flux qui va se renforcer dans les heures à venir.

Oliver Krauss, co-skipper Ciela Village (MultiI50)
« On est encore au près, c’est un peu long, mais c’est bientôt fini, on va bientôt ouvrir les voiles, on va accélérer. On a beaucoup de vent, 27-28 nœuds avec du vent de sud-ouest. Nous allons passer un front d’ici 1 heure ou 2 et après on fait du plein sud. Il est temps que cela arrive, ça va nous faire du bien parce que là c’est difficile. Au dessous de 22 nœuds on arrive à dormir, mais au-dessus c’est plus compliqué. On fait avec, mais impossible de prendre une soupe ni de boire un café ! Je ne pensais pas que ca allait durer jusqu’à jeudi d’être au près. Nous sommes contents d’être en tête. Nous découvrons des choses, nous faisons quand même des erreurs de débutants sur le bateau. Avec des conditions comme ça, ça n’est pas évident quand tu ne connais pas le bateau. Mais notre routeur Xavier Macaire se débrouille super bien, il nous appelle, ça aide pas mal quand tu n’as pas le temps de regarder ton ordi, ta météo, c’est bien d’avoir quelqu’un à terre pour t’aider. Surtout quand tu lui fais 100% confiance. il nous appelle parfois c’est nous. C’est variable mais on l’a au téléphone au moins 5 à 6 fois par jour. A partir de demain après-midi, on pourra débrider les voiles. On va avoir du vent en bordure, un peu au près, nous sommes limite. On peut partir avec des vents de travers. Je n’ai pas regardé l’état de mes pieds,  avec une combinaison sèche, ça ne respire pas très bien, on ne doit pas sentir très bon. Ca serait bien un peu de soleil pour pouvoir prendre une petite douche ».

Lalou Roucayrol, skipper d’Arkema (MultiI50) :
« On a passé la nuit à batailler avec le gennaker. La mer était assez forte ce qui nous empêchait de progresser normalement. Il reste encore un petit front à passer : c’est vraiment difficile de gagner au Sud ! Hier, nous avons eu des pointes de vent à 40 nœuds : la mer était vraiment défoncée, j’ai trouvé ça surprenant ! C’est difficile cette année d’atteindre Madère, en plus il fait froid et nous sommes trempés depuis le départ, il est temps de retrouver un peu de chaleur et de soleil. Faire chauffer de l’eau, ça tient de la gageure…  A un moment donné, j’étais en haut, à l’intérieur, je sentais le foie, la rate, le court bouillon, ça faisait des bons, ça nous a vraiment bien secoué. »

Transat Jacques Vabre : le remorquage de Prince de Bretagne impossible dans l’immédiat

La situation météorologique sur la zone du chavirage du Maxi 80 Prince de Bretagne évolue défavorablement comme l’explique Dominique Vittet responsable technique du team : « Il y a en ce moment de forts vents de sud sud-ouest et des creux de six mètres et ça ne va pas s’arranger dans les jours qui viennent. Dans ces conditions, il est impossible d’envisager d’aller chercher le bateau et de le remorquer avant dimanche ».

© Marcel MOCHET

© Marcel MOCHET

Le trimaran devrait dériver vers la Bretagne, le team rentre donc en France et continue de suivre l’évolution météo et la dérive du multicoque afin d’organiser le remorquage du Maxi 80.

Transat Jacques Vabre : Sodeb’O et Macif au coude à coude au large du Maroc

En Ultime, le duel entre les duos Thomas Coville/Jean Luc Nélias sur Sodeb’O Ultim et François Gabart/Pascal Bidégorry sur Macif se poursuit au large du Maroc dans un nouveau système météo. Les équipages des deux trimarans ont du composer avec une dorsale anticyclonique, ils sont en train de retoucher un vent plus établi qui devrait les conduire rapidement vers les Canaries.  35 milles séparent les deux équipages avec toujours un avantage sur Sodeb’O, malgré tout Macif a réussi à combler une partie de son retard.
Yves le Blévec et Jean Baptiste Levaillant sur Actual sont à 240 milles du leader, ils n’ont pas pu bénéficier du système météo qui a accompagné les leaders le long du Portugal et sont contraints de contourner la dorsale, ce qui devrait accroitre leur retard.
Lionel Lemonchois, le skipper de Prince de Bretagne espère pouvoir affréter un remorqueur demain afin de pouvoir ramener la plate forme de son Maxi 80 Prince de Bretagne en sécurité.

Yves le Blévec, skipper d’Actual
« Nous avons été rapidement vers le Sud et vers des conditions qui nous conviennent. Une barrière horizontale est en train de se former entre Gibraltar et Madère, une dorsale avec très peu de vent. Les deux autres Ultime essayent d’aller au plus près du Maroc, là où il y a du vent car d’ici quelques heures, ils auront plus de difficulté à passer. Nous n’avons pas été les plus rapides, et nous allons donc contourner cette dorsale par l’Ouest, ce qui va nous obliger à faire du près. Les premiers jours de course étaient difficiles. On découvre le bateau avec Jean-Baptiste : chaque manœuvre prend un peu de temps et d’énergie. »

Les trois Multi-50 sont dans la même situation que l’Ultime Actual et vont devoir contourner la bulle. Ciela Village  pointe toujours en tête devant Arkema et FenêtréA-Prysmian.
Gilles Lamiré et Yvan Bourgnon convoient la French Tech Rennes Saint Malo à petite vitesse vers Brest suite à leur collision avec un OFNI.

Erwan Le Roux, skipper de FenêtréA Cardinal (Multi50)
« C’est difficile de le dire autrement : notre début de course a été compliqué. Depuis la sortie de la Manche, plus que le vent, ce qui est compliqué, c’est l’état de la mer. Nous avons pas mal de virements de bord à faire et comme nous sommes au près, ça tape énormément. Ce n’est pas facile pour nous, mais ça ne l’est pas non plus pour le bateau qui encaisse les chocs. Nous n’avons pas encore régaté. Nous n’avons pas encore regardé où sont les petits copains mais nous savons que nous n’avons pas super bien navigué. Pour nous, jusqu’ici, l’essentiel a été de réussir à conserver le bateau en bon état et c’est ce que nous allons continuer de faire au moins jusqu’à ce soir, quand les conditions vont commencer à s’améliorer. Nous avons encore un front à passer. De ce fait, le vent d’ouest va tourner au sud-ouest. D’après les fichiers, cette rotation devrait avoir lieu vers 13 heures (heure de Paris) puis, sur les coups de 16 heures, ça devrait commencer à mollir un peu pour se stabiliser entre 10 et 15 nœuds dans la soirée. La mer restera sans doute très inconfortable mais je pense que ce sera plus facile. C’est clair que ça va faire du bien quand ça va s’arrêter de secouer et redevenir un peu plus confortable. Pour l’instant, l’objectif, c’est de passer ce nouveau front sans encombre puis, une fois que ce sera fait, ce sera de remettre un peu d’ordre dans le bateau, de faire deux-trois bricoles et d’établir une stratégie pour la suite. Il sera temps de vraiment passer à l’attaque ».

Transat Jacques Vabre : retour en vidéo sur l’hélitreuillage de Lionel Lemonchois et Roland Jourdain et sur l’avarie de Gilles Lamiré et Yvan Bourgnon

Le skipper de Prince de Bretagne est revenu sur les circonstances et les conséquences du chavirage. L’ensemble du team Prince de Bretagne reste mobilisé pour récupérer au plus vite la plate forme du trimaran, dont le gréement a été libéré par Lionel Lemonchois.

Lionel, pouvez-vous revenir sur les circonstances de l’accident ?
 « Je n’ai pas vu grand-chose car j’étais dans le bateau. On était au près, sous trinquette, dans de la mer, avec entre 15 et 17 nœuds de vent. Dix minutes avant, avec Bilou, on se posait la question de savoir s’il fallait qu’on déroule le solent ou pas. Je ne sais pas ce qui s’est passé, j’ai juste eu le temps de bondir et d’attraper Bilou pour l’attirer dans la descente. Est-ce que c’est le fait d’une vague ou d’une survente ou bien des deux, c’est difficile à dire… C’est dur parce que nous avions passé le plus gros du mauvais temps et que la météo allait vraiment en s’arrangeant. »

Qu’avez-vous ressenti à ce moment-là ?
« C’est le ciel qui vous tombe sur la tête. J’ai déjà vécu ça il y a deux ans (sur la Mauricienne, ndlr). Revivre deux fois de suite la même chose, ça commence à faire beaucoup. Je n’ai pas pensé à la Transat mais au bateau, à toute cette somme de boulot et d’énergie que nous avons dépensé pour que le Maxi80 Prince de Bretagne soit comme il est. C’est terrible de voir tous ces efforts foutus en l’air en l’espace de deux secondes et de penser aux conséquences qu’il va y avoir derrière. »

Dans un premier temps, vous n’avez pas demandé d’assistance puis finalement, vous avez déclenché votre balise de détresse. Qu’est-ce qui a motivé cette décision ?
 « Hier soir, quand j’ai appelé Mino (Dominique Vittet, le directeur technique du team, ndlr), il m’a annoncé des vents de plus en plus forts, précisant que ça pourrait monter jusqu’à 40 nœuds dans la soirée de jeudi. Cet après-midi, il y avait déjà cinq à six mètres de creux et ça soufflait à 30 nœuds. Je me suis dit que ça ne valait pas la peine de se mettre en danger à deux dans une mer pas loin d’être démontée. J’ai quand même fait en sorte de larguer le gréement pour soulager le bateau. J’y suis parvenu après deux bonnes heures passées dans l’eau avant d’être récupéré par les secours et de quitter le bateau. »

Comment s’est déroulée l’opération d’hélitreuillage ?
« L’hélicoptère du MRCC Madrid est arrivé hyper vite. Il nous a même surpris car on  ne l’attendait pas si rapidement. Il est passé une première fois au dessus de nous puis a refait un tour avant de descendre un gars qui nous a monté l’un après l’autre, Bilou d’abord et moi ensuite. Au total, ça a duré vingt minutes. C’était très impressionnant de voir le type au bout de son câble au dessus du bateau balancé dans tous les sens, mais on a vite senti que l’équipe avait l’habitude de faire ce genre de chose car l’opération s’est déroulée de façon très carrée et très pro. »

On imagine que, maintenant, votre priorité, est d’essayer de récupérer le Maxi80 Prince de Bretagne ?
« En tous les cas, nous allons tâcher de faire ce qu’il faut pour. Nous avons commencé les discutions pour trouver un remorqueur. L’idée, a priori, c’est plutôt d’essayer de remorquer le trimaran à l’envers jusqu’à La Corogne ou un autre port assez proche, puis de le gruter pour le retourner. A mon sens, c’est ce qui sera le moins destructeur pour lui. Notre équipe technique s’occupe de ça et si possible, nous partirons jeudi soir après le coup de vent pour être sur zone vendredi. »

Emotion également palpable pour le malheureux équipage de la Frenc Tech Rennes Saint Malo qui abandonne suite à une collision avec un container. Gilles Lamiré et Yvan Bourgnon espèrent rejoindre Brest d’ici trois jours.

https://dailymotion.com/video/x3b8tov

Transat Jacques Vabre : Sodeb’O 60 milles devant Macif

Thomas Coville et Jean Luc Nélias sur Sodeb’O Ultim continuent de creuser petit à petit un avantage sur leur concurrent direct Macif mené par le duo François Gabart/Pascal Bidégorry. Ils naviguent actuellement à la latitude de Lisbonne à 40 milles au large, les conditions se sont améliorées depuis le passage du Cap Finisterre, la mer s’organise et le vent se stabilise, ce qui devrait permettre au duo de tête dans la classe Ultime d’allonger la foulée.

© Yvan Zedda / Sodebo

© Yvan Zedda / Sodebo

Jean-Luc Nélias, so-skipper de Sodebo Ultim’ :
« Quand il y a un grain, on prie, on appelle au secours le gars qui tombe de la bannette…  Nous avons choqué les deux voiles, le rail d’écoute de grand-voile, c’est passé de 14 à 33 nœuds en deux minutes, et la vitesse du bateau était de 35-36 nœuds. Une fois qu’on a passé le DST (Dispositif de Séparation de Trafic), on a pu lâcher les chevaux. Là, On marche à 25 nœuds de moyenne. Une fois la dépression passée, la nuit a été assez calme, nous avons pu relâcher la tension nerveuse. Depuis, le vent est très irrégulier, la mer est de plus en plus marquée, il doit y avoir des photos de surf à Penice ! La houle est de plus en plus grosse. Il y a des grains, du soleil et les premiers poissons volants. On suit notre bonhomme de chemin vers le sud, tout va bien. Nous ne dormons pas beaucoup. Nous n’avons pas encore mis en place notre système de quart. Il y a quand même de la fatigue physique, car depuis le début il y beaucoup de manœuvres, de réglages à faire. Il faut être deux sur le pont, c’est difficile musculairement. Nous avons les bras endoloris, les épaules qui couinent, le biceps larmoyant.
Concernant le chavirage de Prince de Bretagne : « Sur la position, on voyait bien que le bateau n’avançait pas beaucoup. Je suis allé sur le site web de la Transat Jacques Vabre et j’ai vu qu’il avait chaviré. nous sommes émus, déçus, et contents à la fois  de savoir que les deux bonshommes soient à l’intérieur. Nous n’avons pas de détails, on sait juste qu’ils n’ont pas demandé assistance. On pense bien fort à eux, on est là pour leur envoyer des bonnets et des polaires pour qu’ils se tiennent chaud ! »

François Gabart, skipper de Macif :
« Je suis pas mal occupé, la mer est encore assez forte, le vent est assez instable. Nous avons pas mal de choses qui ne fonctionnent pas. Heureusement qu’on est deux, sinon je ne serais pas là à parler ! On essaye de tout remettre en place, ce sont surtout des problèmes électroniques. Le bateau dans sa structure en général, tient, donc on est ravi. Mais là actuellement, on n’a plus d’électronique.
On a essayé de naviguer prudemment, le bateau est léger, assez volage dès que le vent est instable, il faut se méfier. Je suis ravie de ce baptême du feu.
Le vent a molli, nous avons encore une grosse houle, mais ça se gère bien, on file vers le sud. Nous essayons de de nous dégager de cette zone un peu tumultueuse. Avec Pascal, nous nous entendons bien, de faisons de belles manœuvres ensemble, c’est juste génial. On commence à être un peu fatigué, mais juste ce qu’il faut pour se lancer dans la course. Sodebo a pris un peu d’avance, à la fois beaucoup et pas grand chose à l’échelle d’une transat. On verra bien dans quelques jours
. »

 

Yves Le Blévec et Jean Baptiste Levaillant sur Actual devraient parer le cap dans les heures à venir et pourront profiter de ces conditions plus clémentes. Les deux hommes, en phase de découverte du trimaran continuent une navigation prudente, comme l’expliquait le skipper ce matin.

Yves le Blévec, skipper d’Actual :
« Déjà que nous n’étions pas super à l’attaque, le chavirage de Lionel et Bilou nous a bien refroidis. Rassurés de les savoir tous les deux en sécurité mais un peu choqués de savoir que ça s’est passé juste devant nous. Il faut dire que les conditions ne sont plutôt pas faciles. Nous avons une houle bien marquée de travers qui, par moment, fait bien giter le bateau. Le vent nominal n’est pas très fort, autour de 20 nœuds, mais les grains sont parfois violents avec des rafales à 35 nœuds. Il fait froid. Un point positif, la lune vient éclairer la nuit et nous aide bien à voir les nuages dangereux. Jean-Baptiste et moi, on se fait des petits relais de 1 à 2 heures pour arriver à trouver du repos et rester vigilants. Nous naviguons plutôt sous-toilé par rapport à la vitesse du vent pour rester « safe » dans les grains.  On ne sera pas mécontents de sortir de cette zone instable… »

Lionel Lemonchois et Roland Jourdain sont à l’abri dans la coque centrale du Maxi80 Prince de de Bretagne suite à leur chavirage hier soir. Les deux skippers n’ont pas demandé d’assistance, mais pourraient patienter plusieurs jours dans le trimaran retourné. Ils devraient de nouveau joindre leur équipe technique à 13h afin d’organiser les secours.

En Multi 50, les écarts restent faibles, Ciela Village pointe en tête grâce à un positionnement plus sud devant FenêtréA-Prysmian, Arkema et La French Tech Rennes Saint Malo qui est le bateau le plus à l’ouest de la flotte des 50′.

Oliver Krauss, skipper de Ciela Village : «  La mer commence à être bien agitée depuis quelques heures. On a passé le front hier en début d’après-midi mais on a toujours du vent à bord. Pour l’instant, il faut faire attention, lever le pied : la priorité est de ne pas casser le matériel. Contents d’être toujours premiers, une journée de plus mais bon la course est très serrée, on verra ça après. »

 

Transat Jacques Vabre : Sodeb’O en tête, passage d’un front musclé dans les heures à venir

La première nuit s’est déroulée sans problème pour la flotte des multicoques, après un parcours côtier entre Le Havre et Étretat  dans un flux très faible. Les équipages ont trouvé de la pression  au milieu de la baie de Seine avec quinze, puis vingt nœuds établis au large de la pointe du Cotentin.

Trois des quatre Ultime ont ensuite choisi de passer à l’intérieur de Ouessant, par le chenal du Fromveur, profitant d’un courant favorable de marée. Sodebo Ultim passait au large.

En début d’après midi les deux leaders, Sodeb’O Ultim et Macif ont viré et pointent leurs étraves vers le Cap Finisterre. Prince de Bretagne pointe à 47 milles du leader, Actual étant à  75 milles, ces deux trimarans devraient eux aussi prendre un cap plein sud dans les heures à venir.

La flotte des Multi 50 est très groupée et va poursuivre sa route à l’ouest pendant quelques heures avant de suivre les Ultimes sur la route « directe » sous la dépression.

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Thomas Coville, skipper de Sodeb’O Ultim : « Belle Manche avec MACIF et Prince de Bretagne : nous avons empanné exactement en même temps, c’était sympa. Ces bateaux sont incroyables ! La nuit a été assez tonique, nous avons dû faire pas mal de manœuvres. Ce matin, la mer est encore très correcte, ce qui nous permet d’aller assez vite avant le passage du mauvais temps. »

Yves le Blévec, skipper d’Actual : « On est en train d’attaquer un front qui va âtre assez marqué. On va atteindre 35-40 nœuds dans deux heures. Nous nous sommes bien reposés cette nuit, nous avons navigué tranquillement et là nous attaquons un front costaud. Nous nous habillons chaudement et nous réduisons la voile en fonction du temps. On va sans doute encore prendre un ris dans la grand-voile. Il faut adapter le bateau et regarder les trajectoires pour essayer de protéger le bateau sans perdre de temps. On attend de la mer plus mauvaise dès la nuit prochaine. Pour le moment, nous avons un à deux mètres de creux, mais on attend beaucoup plus. Nous ne marcherons pas aussi vite du coup. Nous suivons les oscillations du vent. Les autres ultimes sont partis plus à l’ouest, leur route est plus radicale que la nôtre. Il vont plus vite car ils ont un meilleur mais nous nous donnons une limite de vitesse pour ne pas abîmer le matériel. »

 

Transat Jacques Vabre H-2 : comment suivre le départ

Le départ de la transat Jacques Vabre sera donné dans deux heures, si vous n’êtes pas au Havre le suivi en direct sera possible.

  • Via le site internet de la course avec un flux vidéo et la cartographie mise à jour toutes les 15 minutes pour les multis
  • A la télévision, sur France 3 avec une émission spéciale à partir de 13h20 jusqu’à 15h, le départ sera également retransmis sur les chaines d’information en continu
  • Sur les réseaux sociaux des concurrents

La météo sur la ligne de départ sera clémente avec 8 à 12 noeuds, le flux va ensuite se renforcer à 30 noeuds, la Manche sera rapidement avalée dans la nuit pour les Ultimes avant 24 à 36 heures difficiles dans le Golfe de Gascogne (vents supérieurs à 35 noeuds et mer forte avec des creux supérieurs à 7m).

Les dernières réactions des skippers de la classe Ultime

Lionel Lemonchois, skipper du Multi 80 Prince de Bretagne : « Très vite après le départ qui risque d’être un peu mou, nous allons toucher un flux de sud sud-est pour 15-20 nœuds qui va nous permettre de débouler à fond de balle sur une mer bien plate et donc de « démancher » assez vite. Après, à la pointe Bretagne, plusieurs options vont s’ouvrir à nous. Nous aurons le choix entre aller chercher le front au large et ainsi prendre vraiment baston ou rester sur une route plus intermédiaire pour éviter le plus gros du mauvais temps. Avec Bilou, nous sommes d’ores et déjà assez d’accord pour prendre la trajectoire qui nous semblera alors la plus raisonnable pour ne pas casser le bateau. Reste que dans tous les cas, ce sera humide et très inconfortable jusqu’au cap Finisterre, il n’y a aucun doute là-dessus ! »

© Marcel MOCHET

© Marcel MOCHET

Roland Jourdain, co-skipper du Multi 80 Prince de Bretagne : « Au moment du départ, tout à l’heure, il n’y aura pas beaucoup de vent et cela nous libère un peu de stress. Bien sûr, cela ne veut pas dire que nous n’allons pas transpirer un peu, mais ce sera un peu mieux. Cette nuit, ce sera certainement assez sympa parce que nous aurons du vent de travers en bâbord amure et que ça dropera bien. C’est dans le golfe, comme Lionel l’a dit, que les emmerdements commenceront véritablement. Nous aurons alors de la grosse mer et du vent. Ce ne sera pas très rigolo, c’est sûr, mais avec le Maxi80 Prince de Bretagne qui a déjà fait ses preuves et qui est bien éprouvé par Lionel depuis un moment, ça donne un minimum de confiance pour aborder la situation ce qui n’est peut-être pas le cas de tous nos petits camarades de jeu. Certains n’ont, en effet, pas encore rencontré des conditions aussi balèzes avec leur monture actuelle. »

 

François Gabart skipper de Macif : « Je suis content d’y aller, je suis déjà concentré parce qu’il va falloir qu’on fasse passer ce grand bateau dans le petit trou. Après on aura un peu de temps pour regarder encore la course. Avant de venir, j’ai jeté un œil sur la météo, même si nous avons le schéma bien en tête. Sur le départ, nous aurons du petit temps, du courant, beaucoup de bateaux, et ensuite il y aura du vent et beaucoup de mer à partir de demain. Ca va aller vite, donc il va falloir rentrer vite dans le match. Demain soir, on sera au cap Finisterre, on aura 24 à 36 heures rock’n roll. Sur une course comme ça qui va très vite, il faut vite être dans le match, il faut être dans le coup sportivement tout de suite. »

Thomas Coville et Jean Luc Nélias sur Sodeb’O Ultim : « On part le 25 octobre et on sait qu’on s’expose à des dépressions hivernales. La décision de la direction de course est claire. Ce matin, le briefing météo était concis. Il est du ressort de la liberté de chacun de partir ou pas. Ce ne sont certes pas les conditions optimales pour ceux qui ont beaucoup bossé sans avoir assez de temps pour se préparer. De notre côté, notre bateau a deux ans et nous avons beaucoup navigué : nous avons déjà fait quatre traversées de l’Atlantique. D’après les routages météo, nous ne serons pas dans des endroits scabreux au moment où les conditions seront viriles.

© Yvan Zedda / Sodebo

© Yvan Zedda / Sodebo

Après l’été indien qui va nous permettre de partir avec toute la toile sous le soleil, et dans des vents faibles, les conditions vont progressivement se dégrader et nous allons descendre la Manche sur un seul bord dans des vents de sud de plus en plus forts. Petit à petit, nous serons contraints de réduire la voilure jusqu’à porter le minimum. En arrivant dans le golfe de Gascogne, nous trouverons de la mer formée et du vent avec des vagues de 6 mètres en moyenne et jusqu’à 9 mètres pour les plus grosses. Le jeu sera de trouver le bon compromis entre l’énergie des vagues et du vent. En arrivant à la pointe nord ouest de l’Espagne, après 36 heures de course, il faudra être particulièrement vigilant. C’est un endroit mal famé où la mer est très dure. »

Yves Le Blevec, skipper de l’Ultim Actual : « La dépression dont tout le monde parle depuis quelques jours est très évolutive. Selon les modèles météo, les prévisions sont assez différentes et celles d’aujourd’hui sont plutôt meilleures que celles d’hier… Cela peut bien sûr encore changer. Les routages conseillent d’aller assez au large, là où il y aura le plus de vent et de mer. Même si le gain sur le papier est important, ce n’est pas la stratégie que nous suivrons. L’objectif reste de naviguer de la façon la plus sécuritaire qui soit pendant les deux premiers jours de course. »