L’actualité en bref

  • Deux MOD 70 s’affrontaient sur le Rolex Middle Sea Race, Phaedo 3 mené par Lloyd Thornburg et Maserati Multi70 (ex Gitana XV) de Giovanni Soldini. Phaedo 3 prenait rapidement la tête de la flotte et le meilleur sur Maserati, mais l’équipage commettait une erreur de navigation, et poursuivait sur une mauvaise marque. L’équipage du Multi 70 profitait de la défaillance de son adversaire pour prendre le leadership et remporté la course, et aussi battre le record de l’épreuve en 2 jours, 1 heure, 25 minutes et 1s. A noter que Maserati avait subi une casse avant le départ avec la perte d’un safran à plan porteur suite à une collision avec un OFNI.
  • L’équipage de Phaedo 3 n’aura pas patienté longtemps avant de reprendre la mer, puisqu’il s’est attaqué au record entre Monaco et Porto Cervo bouclé en 7 h 53 min et 31 secondes.
  • François Gabart et son routeur  Jean-Yves Bernot n’ont pas rencontré de fenêtre météo favorable au record de la Méditerranée, le skipper du trimaran Macif a donc convoyé son bateau vers Lorient.
    © Lloyd Images

    © Lloyd Images

    Le trimaran entrera en chantier dès aujourd’hui, comme l’explique le skipper :
    « Cela commence toujours par la vérification de la structure et le démontage de toutes les pièces. Nous avons bien tiré sur le bateau cette année, notamment lors du convoyage vers la Méditerranée, pendant lequel nous avons rencontré des conditions assez fortes, mais a priori, il n’y a pas de dommages importants. Après, nous n’avons pas prévu de modifications structurelles majeures, mais nous avons une belle job-list, avec un tas de petites évolutions dont l’objectif est de faciliter les manœuvres et la vie à bord et qui, mises bout à bout, vont bien nous occuper »

  • Autre chantier dans la classe Ultime pour Actual Ultim, le trimaran mené par Yves Le Blévec a quitté l’eau pour passer l’hiver en chantier. La plate forme du trimaran sera optimisée et recevra un  nouveau mât dans les mois à venir.

    © Th.Martinez / Sea&Co.  Trimaran ULTIM “ACTUAL”

    © Th.Martinez / Sea&Co.
    Trimaran ULTIM “ACTUAL”

  • Le chantier du trimaran Spindrift 2 se prolonge, prévu pour durer jusqu’à fin octobre, il se poursuivra jusqu’au mois de mars. Ceci pourrait s’expliquer par un problème structurel découvert sur le maxi trimaran, ce qui expliquerait l’annulation de la tentative de Trophée Jules Verne pour le Team Spindrift racing cet hiver.
    © Eloi Stichelbaut

    © Eloi Stichelbaut

    Le skipper, Yann Guichard fait également part dans un communiqué de presse de son retrait de The Bridge, la transatlantique entre Saint Nazaire et New York, du fait d’une limitation de l’équipage à 6 personnes, l’équipage se concentrera donc sur des record européens avant une nouvelle tentative de tour du monde l’hiver prochain :
    « Nous avions à l’origine prévu de courir THE BRIDGE, course transatlantique entre Saint-Nazaire et New-York. Malheureusement l’avis de course (pre notice of race) sorti récemment restreint le nombre d’équipiers à bord à 6 dans la catégorie Ultime ouverte à tous les grands multicoques, nous empêchant ainsi de participer avec Spindrift 2, un bateau optimisé pour 12 à 14 personnes en vue de la prochaine tentative de Trophée Jules Verne. Dans cette configuration, en équipage réduit, hormis les questions de sécurité qui se posent, il y a celle de la performance. Nous ne pourrons pas exploiter tout le potentiel sportif de Spindrift 2 pour tenter de battre le Queen Mary II. Ainsi cette année nous ne ferons pas de Transatlantique mais des records européens (comme le Tour des Iles Britanniques, record de la Manche, Tour de l’Irlande etc.) dans le cadre de notre campagne d’entraînement au Trophée Jules Verne »

    Le team Spindrift racing sera de nouveau engagé sur le le Word Match Racing Tour en M32 et sur le D35 Trophy.

Le MOD n°2 acheté par une équipe américaine

Alors que la classe est toujours dans une impasse, Multi One Design (MOD) a annoncé aujourd’hui que le team américain Orion Racing, vient d’acheter le MOD70 n°02 (ancien Véolia). 

Ce team est dirigé par Cam Lewis : « C’est une super opportunité pour la voile aux USA. Les trimarans MOD70 sont à la pointe de ce sport. Ils ont été construits pour des courses inshore autant que pour des courses offshore. La Californie et Mexico, nos deux camps de base, offrent des conditions météorologiques incroyables pour naviguer à bord d’un MOD70. J’ai hâte de montrer aux navigateurs américains à quel point ces bateaux sont fantastiques et ultra rapides ».

En l’absence de circuit en 2013, Orion Racing va installer son camp d’entrainement à Puerto Vallarta (Mexique) au printemps 2013 puis sa base opérationnelle pour la saison d’été et d’automne 2013 à San Francisco. Le team devrait rejoindre le circuit en 2014 pour la Krys Ocean Race (Brest à New York).

Marco Simeoni, Président de Multi One Design : « MOD est heureux d’accueillir un armateur américain. Cet engagement important étoffe les nationalités engagées dans le circuit. De plus, Orion Racing va permettre d’apporter une nouvelle dynamique au développement du circuit avec de réelles opportunités de promotion de la série des MOD70 sur le marché américain ».

Quel avenir pour les MOD70 ?

Alors que la première saison des MOD 70 avait démontré le potentiel de la classe, avec des performances au rendez-vous, des courses serrées et une fiabilité somme toute satisfaisante, la seconde saison semble de plus en plus incertaine.

L’origine de cette impasse serait un désaccord entre les armateurs des bateaux et l’organisation MOD SA.

Le tour du monde prévu cette année était illusoire sans l’arrivée d’un sponsor de classe, comme l’avait déclaré Marco Simeoni, président de MOD SA il y a quelques mois, mais le tour de l’Europe initialement prévu ne semble plus être à l’ordre du jour.

Difficile pour les équipes ayant un bateau de vendre leurs projets dans ces conditions, seul Oman Sail continue à naviguer, Spindrift racing, Groupe Edmond de Rothschild et Race for Water ont été sortis de l’eau ; Michel Desjoyaux n’a pas de sponsor pour réarmer l’ancien Foncia, et Virbac Paprec, n’a pour sa part toujours pas mis son bateau à l’eau, le MOD n°2 (ex Véolia) n’a jamais trouvé preneur.

Le salut de la classe pour cette année pourrait venir de Prince de Bretagne qui organise son propre tour de l’Europe ouvert à tous les multicoques, ce qui permettraient aux armateurs de participer à une course.

L’ouverture de la Transat Jacques Vabre aux multicoques était également en discussion, mais il est peu probable que les skippers de MOD s’engagent si l’organisation ouvrait la course aux Ultimes (les MOD étant moins performants sur le papier).

L’avenir de la classe est donc plus que morose, et l’achat de Banque Populaire V par Spindrift racing, (plus le fait que le maxi trimaran était convoité par le Gitana Team), laisse à penser que les principaux acteurs du circuit ont de gros doutes sur celui-ci.

Sidney Gavignet :  » J’espère que cette faiblesse deviendra notre force »

Sidney Gavignet, l’un des marins français les plus expérimentés sur les grandes courses internationales (Volvo Ocean Race, America’s Cup), a intégré l’équipe d’Oman Sail il y a deux ans. Il a pris la barre de tous les multicoques de ce team (maxi trimaran, Extreme 40), et est désormais skipper du MOD70 Musandam.

Baptiste Morel/Voile-Multicoques.com

Sidney a accepté de répondre aux questions de Voile-Multicoques concernant cette première saison en MOD70.

Un mot sur ces MOD70, quels sont ses points forts ? Pensez-vous que certains éléments pourraient être améliorés sur le trimaran ?

Les bateaux sont très bien nés, marins, agréables à naviguer avec des réglages fins, qui se sentent tout de suite à la barre. Ces trimarans sont fiables, nous pouvons enchaîner les navigations avec des équipes techniques réduites, ce qui prouve leur solidité.

La classe a un problème technique principal, ce sont les foils qui sont fragiles. Nous en avons fait l’expérience sur la Krys Ocean Race, avec une casse sans qu’il n’y ait eu de choc sur l’appendice.

Baptiste Morel/Voile-Multicoques.com

L’équipe a décroché sa première victoire sur une étape offshore (sur la 4ème étape de l’European Tour entre Cascais et Marseille), dans des conditions légères, quels ont été les points forts de l’équipage sur cette étape ?

Nous avons forcément eu un peu de réussite, mais nous avions une bonne vitesse dans ce petit temps, nous avons pu grappiller petit à petit en s’arrêtant moins que les autres bateaux dans les zones de pétole. Le fait qu’il y ait toujours plus de vent devant nous a aussi permis de creuser une belle avance jusqu’à l’arrivée.

Vous aviez également effectué un beau début de course sur la Krys Ocean Race avant la casse du foil, et ce malgré un équipage nettement moins expérimenté que sur les autres trimarans, avec notamment deux omanais sur les étapes offshore, quelle est la force de cet équipage ?

J’espère que cette faiblesse deviendra notre force. Nous sommes obligés du fait de ce manque d’expérience d’être très structurés à bord, avec une organisation quasi militaire, je pense que cette rigueur peut sur le long terme devenir une force.

La langue « officielle » sur le bateau est l’anglais, nous avons donc uniquement Brian Thompson qui parle sa langue naturelle ; ceci implique un lexique commun à tout l’équipage, ce qui renforce encore l’organisation nécessaire pour les manœuvres.

L’objectif d’Oman Sail est de former un équipage entièrement omanais, tu as à bord deux équipiers originaires du Sultanat sur les offshores et trois sur les inshores, comment jugez-vous la progression de ces marins ?

Leur progression est énorme, même si ce n’est jamais assez.

J’aime bien citer Fahad Al Hasni, qui est le plus jeunes des trois omanais qui naviguent à bord. Il a débuté la voile il y a seulement trois ans, en étant formé sur le Tour de France à la voile. Désormais c’est un très bon équipier, même si il n’est pas encore un bon pro, mais il le deviendra, d’abord au large, puis en peaufinant la technique sur les inshores également.

Nous sommes à Marseille, où je faisais sport-étude voile il y a 25 ans, c’est donc difficile de contracter une expérience de 25 ans comme la mienne en seulement trois ans.

Baptiste Morel/Voile-Multicoques.com

Il existe un programme de sélection de marins à Oman, mais comment se passe la sélection de vos équipiers sur le MOD ?

Oman Sail a de beaux résultats sur le tour de France à la voile, en Extreme 40 et nous avons nous aussi quelques bonnes performances en MOD70, mais chaque série travaille de son côté. Le vivier de marins existe, mais il est difficile de faire passer les gens d’une série à l’autre, et je suis presque en manque d’équipiers, c’est probablement la petite faiblesse du programme d’Oman Sail.

Oman Sail est donc très impliqué pour le développement de la voile dans le Sultanat, quel est l’impact de cet engagement au niveau local dans les écoles de voile ?

Ce programme a permis de construire deux écoles de voile dignes de celles que l’on peut trouver à Brest ou la Rochelle, les scolaires ont également accès à ces écoles de voile, un programme féminin se développe aussi, ce qui est important dans un pays musulman.

Le nombre d’enfants qui touchent à la voile depuis le lancement du programme est phénoménal.

Oman Sail est le seul équipage international de la série MOD70, que manque-t-il à cette classe pour attirer les marins étrangers ?

Effectivement il manque deux bateaux anglo-saxons sur cette classe, j’espère que nous les aurons bientôt .

Nous avons prouvé que les bateaux sont fiables, spectaculaires, que nous pouvons enchaîner les courses, le tour de l’Europe a été parfait et le tour du monde l’année prochaine le sera aussi, la classe a donc tout pour réussir, manque ces bateaux étrangers pour que le succès soit complet.

Aviez-vous des objectifs définis pour cette première saison en MOD70 ?

L’objectif sur la transatlantique New York Brest était de terminer la course, car nous avions débuté le navigations sur le trimaran seulement deux mois avant. L’objectif est donc rempli, malgré la casse du foil.

En ce qui concerne l’European Tour, nous visons le milieu de plateau, nous somme cinq, donc l’objectif est le podium, en gagnant des manches inshores et offshore. Actuellement nous avons atteint ces objectifs, mais la course est très serrée et nous pouvons finir 3ème comme 5ème.

Un mot sur les performances lors de la première journée des City Races de Marseille, dans le petite temps ?

L’équation était simple, deux mauvais départs, deux mauvaises manches, un bon départ une bonne place à l’arrivée, tout s’est joué sur ce point. Ceci fait parti de nos points à améliorer avec une marge de progression afin d’être plus constants dans ces phases de régates

Yann Guichard : « Bien sûr je suis satisfait des résultats »

Yann Guichard, skipper du MOD70 SPINDRIFT racing, et barreur de l’AC45 de l’Energy Team a de nouveau répondu aux questions de Voile-Multicoques lors de l’étape marseillaise de l’European Tour 2012.

L’interview a été réalisée le vendredi 29 septembre à l’issue de la première journée des City Races de Marseille.

Voile-Multicoques : Peux-tu nous donner des nouvelles de ton état de santé après ta blessure (le skipper avait chuté lors d’un enfournement) sur la fin de la 4ème étape de cet European Tour ?

Yann Guichard : Je vais mieux, heureusement je n’ai rien de cassé (il souffre de déchirures des muscles intercostaux), c’était mon inquiétude initiale. Je prends un traitement anti inflammatoire et des antalgiques, mais il persiste malgré tout des douleurs, j’essaye donc de me ménager un peu, dans la mesure du possible.

 

Voile-Multicoques.com/Baptiste Morel

Tu as choisi de modifier ton équipage pour la dernière étape, quelles sont les raisons de ce changement ?

J’essaye de faire tourner l’effectif depuis le début de cet European Tour, avec un nouvel homme à chaque étape en offshore et en inshore ; l’objectif de ce roulement est de sélectionner l’équipage pour le tour du monde de l’année prochaine. Cette rotation est une bonne chose, même si certains concurrents comme Foncia ont choisi d’avoir un équipage fixe.

Les nouveaux apportent du sang neuf et un œil « extérieur », qui permet de remettre en cause les certitudes que nous pouvons avoir après un mois de course.

Vous pointez en seconde position de cette épreuve à l’issue de l’avant dernière étape, l’objectif est de finir devant Foncia, quelle va être la stratégie adoptée par rapport au seul adversaire direct restant pour la victoire ?

Nous avons huit points de retard sur Foncia, l’idéal serait de revenir à quatre points à l’issue des City Races, étant donné qu’une place de différence en offshore représente quatre points, mais ceci s’annonce difficile.

Les trois points du parcours côtier seront également très importants, peut être plus que ceux des inshores.

Le marquage de Foncia sur la dernière étape (entre Marseille et Gênes) n’est pas faisable, mais je pense chacun des équipages va regarder ce que fait l’autre, il est peu probable que nous prenions une option radicalement différente.

Nous sommes désormais certains de finir deuxième au pire, la bagarre pour la place de vainqueur s’annonce belle, tout comme celle pour la troisième place de cet European Tour.

Voile-Multicoques.com/Baptiste Morel

Une seconde place ou une victoire sur cet European Tour, une victoire sur la Krys Ocean Race, les objectifs de l’équipe Spindrift racing sont donc atteints pour cette première saison en MOD70 ?

L’objectif reste de gagner le Tour de l’Europe, même si nous avons gagner la Krys Ocean Race, nous espérons poursuivre sur la lancée.

Nous ne ferons le bilan qu’à l’issue de cette course, mais bien sûr je suis satisfait des résultats. Nous avons malgré tout fait des erreurs sur les étapes trois et quatre, qui nous ont fait perdre des points sur Foncia.

Globalement nous progressons en apprenant à mieux connaître le trimaran, surtout dans le petit temps, où nous devons faire des progrès par rapport à d’autres équipages.

Nous avons peut être un petit avantage sur les City Races grâce à mon expérience sur d’autres circuits de régates en flotte, comme sur les America’s Cup World Series en AC45 (Yann partage la barre du catamaran à aile rigide d’Energy Team avec Loïck Peyron), ce qui permet d’être un peu plus à l’aise sur le placement du bateau lors des phases de départ.

Un mot sur les performances du jour (l’interview a été réalisé à l’issue de la 1ère journée des City Races de Marseille) ?

Nos performances sont très proches de celles de Foncia, nous sommes devant à l’issue de cette première journée, ce qui est pris n’est plus à prendre, mais rien n’est joué,. Il faudra continuer à prendre de bons départs, comme nous l’avons fait sur la 1ère et la 3ème manches afin d’assurer de bonnes places.

Ce circuit tient ses promesses au niveau sportif, mais peine à attirer des sponsors et des équipages internationaux. Que manque-t-il à la classe MOD70 pour arriver à ces objectifs ?

Effectivement nous avons montré que les bateaux sont bons, que nous pouvons faire de belles régates que ce soit en offshore ou en inshore.

Le plus important pour développer la classe serait l’arrivée d’un partenaire titre, idéalement une entreprise internationale.

Ceci permettrait aux nouvelles équipes de trouver des sponsors et d’attirer les skippers étrangers, beaucoup sont intéressés par les MOD70, mais la conjecture économique est difficile en Europe.

De notre côté, nous avons de bons résultats, un certain nombre de contacts, mais tout ceci reste en attente d’un partenaire titre pour le championnat, qui permettrait de pérenniser la classe avec un programme définitif pour plusieurs saisons.

Le trimaran monotype semble satisfaire les skippers au niveau des performances, qu’en est-il au niveau du comportement ? Tu avais émis le souhait d’un ballast arrière à l’arrivée de la Krys Ocean Race, peux-tu nous en dire plus ?

Ces trimarans sont bien nés, avec une monotypie parfaitement respectée, comme le prouvent les arrivées très serrées sur toutes les courses.

De mon côté je serai effectivement favorable à l’ajout d’un ballast à l’arrière, ce qui amènerait de meilleurs performances au portant dans le gros temps, mais surtout plus de sécurité dans ces conditions, en limitant l’enfournement. Cet aspect est important pour le tour du monde prévu l’année prochaine. Cette modification n’impliquerait pas de gros travaux, ni un chantier long, il suffit d’ajouter une cloison et un snorkel, j’espère donc que cette amélioration sera retenue.

Le Z-Drive (système de transmission permettant à l’hélice de pivoter) serait à revoir, car il entre en vibration à hautes vitesses (au dessus de 33-34 nœuds), le changement de ce système rendrait le trimaran plus agréable à la barre.

Voile-Multicoques.com/Baptiste Morel

Voile-Multicoques.com/Baptiste Morel

Comment sont prises les décisions concernant les modifications de la jauge au sein de la classe MOD70 ?

Les décisions sont prises par le collège d’armateurs en accord avec l’organisateur MOD, ces réunions se font en bonne entente entre les deux parties, chacun amène ses propositions et celles-ci sont discutées.

La prochaine réunion aura lieu en octobre et permettra de décider ce qui sera modifié sur les bateaux pour la saison prochaine.

MOD a bien fait les choses avec une vraie structure organisatrice et une hiérarchie, ce qui se révélera encore plus important quand nous serons huit ou neuf au sein de la classe.

Tu poursuis les navigations au sein de l’Energy Team sur le circuit ACWS. Un nouveau système de classement a de nouveau fait son apparition pour cette saison avec le Super Sunday, que penses-tu de ce nouveau format ?

Le système était pire la saison dernière avec des coefficients quatre à cinq pour certaines régates, désormais il y a un vrai plus pour ceux qui finissent sur le podium lors de ces courses. Finalement ceci permet à certains teams qui ont de moins bons résultats de se rattraper, même si le plus souvent ce sont les mêmes en tête de la flotte.

Le fait que ces régates soient diffusées en live à la télévision joue également un rôle, il est plus facile pour le public de comprendre que celui qui gagne sur ces manches remporte l’événement.

Ceci apporte également une grosse intensité, sur un format court, d’une vingtaine de minutes, avec une bagarre au contact, c’est donc un grand plaisir de naviguer sur ces bateaux, quel que soit le format.

Energy Team devait construire le sistership d’USA-17 (le 1er AC72 d’Oracle Team USA) si le budget était décroché pour la 34ème America’s Cup, ce qui n’a hélas pas été le cas. Pourrais-tu nous donner ton avis sur ces catamarans AC72 ?

Nous ne pouvons que regretter de ne pas avoir obtenu le financement pour construire ce bateau au vu des images de navigation des AC72, ces bateaux sont magiques, j’aimerai bien sûr naviguer sur des bateaux qui « volent » après seulement quatre jours de navigation comme l’a fait Emirates Team New Zealand.

© ORACLE TEAM USA / Photo: Guilain Grenier

La progression sur ces bateaux est énorme parce que les équipes ont des moyens, et aussi les meilleures personnes à tous les postes, ces catamarans apporteront forcément aux multicoques de compétition dans le futur.

Le fait de ne pas avoir décrocher le budget pour Energy Team est d’autant plus dommage que le deal entre Oracle Team USA et notre équipe était excellent et permettait de disposer d’un bateau compétitif par rapport aux autres challengers, même avec des moyens plus limités.

Même si il n’y a que trois challengers la qualité sera là, lors des éditions précédentes, le plateau comptait dix ou douze challengers, mais seulement trois ou quatre étaient réellement compétitifs.

La Louis Vuitton Cup et l’America’s Cup devraient offrir de superbes régates, la baie de San Francisco est magnifique à naviguer avec des conditions soutenues, il faudra avant tout finir les courses sur ces machines incroyables, mais nous pouvons faire confiances aux marins qui se sont parfaitement adaptés aux multicoques.

Voile-Multicoques remercie Yann Guichard pour sa disponibilité, Astrid van den Hove, et Caroline Muller.

Spindrift racing décroche la dernière étape, mais Foncia s’impose sur l’European Tour

Les skippers et les équipages engagés sur l’European Tour nous aurons encore offert un final à suspense pour cette ultime étape offshore.

Yann Guichard et ses hommes avaient réussi à prendre la tête de la flotte après une nuit au contact et se présentaient en vainqueur à Gênes, en ayant intercalé deux bateaux (Race for Water et Oman Sail) entre eux et Foncia, ce qui leur permettait de remporter ce tour de l’Europe, c’était sans compter sur la pugnacité de Michel Desjoyaux qui revenait dans les 10 derniers milles et parvenait à se glisser sous le vent de la flotte pour se présenter en deuxième position sur la ligne, Race for Water complète le podium de cette étape en terminant à trois minutes de Foncia.

Cet European Tour est donc remporté par Foncia et Michel Desjoyaux qui aura eu fort à faire pour l’emporter face à Spindrift racing, Yann Guichard et ses hommes se classent donc second à deux points de Foncia.

Race for Wtaer complète le podium grâce à leur troisième place sur cette cinquième étape offshore, Stève Ravussin et son équipage terminent également deux points devant Musandam Oman Sail, qui effectue une belle épreuve avec une courbe de progression tout à fait satisfaisante. Groupe Edmond de Rothschild termine cinquième de cette épreuve et paye une mauvaise fin de course au classement.

Michel Desjoyaux, skipper de FONCIA : « Cette arrivée est à l’image de l’ensemble de ce tour de l’Europe, pendant tout ce mois de course : acharné, disputé, des renversements de situation, quelques chassés croisés. Des grands moments de doutes et de solitude, des grands moments de bonheur pour certains, de catastrophe pour d’autres. C’est le jeu. Et à la fin, FONCIA s’en sort très bien. En sauvant notre place derrière Spindrift sur cette étape là, on sauve notre place au général »
« On a vu trois bateaux passer à 15 milles de l’arrivée. A un moment on s’est dit « et bien tant pis, c’est foutu, on a tout perdu ». Et puis on s’est dit que la ligne d’arrivée n’était pas encore franchie. On a vu Oman et Race for Water passer dans une zone avec très peu de vent. Nous, nous avons contourné cette zone, et nous sommes revenus par l’extérieur avec du vent tout le temps. On sauve notre deuxième place là-dessus et on sauve notre général. Avec deux points d’avance. Après un mois de course ! »
« Dès le début, nous savions que Spindrift serait notre gros morceau de ce tour Européen. On savait qu’ils seraient de très gros clients car ils venaient de gagner la Krys Ocean Race. Ce sont d’ailleurs eux qui gagnent le plus de manches je crois. »
« C’est un bateau sur lequel tout le monde bosse, où tout le monde est concentré, du début à la fin. A l’escale et en mer. C’est un réel plaisir de naviguer dans ces conditions, parce que tout le monde donne le meilleur de soi-même à n’importe quelle heure du jour et de la nuit. Et même si on fait des erreurs, on passe outre. Ce sont des gars compétents, motivés, travailleurs ».
« Pour le moment, cette victoire a surtout le goût du champagne parce que je me suis fait arroser par les copains de Spindrift ! Elle a un goût particulier parce que c’est la dernière course de ce bateau, de moi-même et de l’équipage sous les couleurs de FONCIA. C’est sympa de finir sur une très belle note, pour cette enseigne qui m’a permis de faire plein de belles choses depuis 2007. Je voudrais dédier cette victoire à tous les collaborateurs de FONCIA qui m’ont soutenu depuis janvier 2007. Les belles histoires ont aussi une fin ».

Yann Guichard, skipper de Spindrift racing : « On n’est pas passé loin ! On est irréprochable sur les trois dernières courses, on a pris tous les points qu’il était possible de prendre. Mais FONCIA a très bien navigué et il mérite cette belle victoire. Ils gagnent le tour européen avec 2 points d’avance sur 280 points distribués, rien que ça, ça parle ! La 3eplace aussi s’est jouée sur la dernière manche. On a vu des arrivées très serrées tout le temps. A Dublin, 3 bateaux en 77 secondes. A naviguer, c’est super. Et à suivre de terre, ça doit être chouette aussi !
« Au passage de la ligne d’arrivée : j’ai d’abord congratulé mon équipage, parce qu’on a fait une belle course. Cette étape est une des plus belles qu’on ait faite avec la première. On n’a jamais rien lâché. On a été en tête après le départ, on s’est fait décrocher, on est bien revenu. On a fait ce qu’il fallait faire. On y a cru. On avait le potentiel pour gagner. Maintenant, je crois que l’étape qui nous coûte le plus cher, c’est Around Portugal…c’est celle-là qui a creusé notre tombe. Dans toutes les autres, on a été dans le coup. On n’a pas beaucoup de regret à avoir même si c’est sûr, une fois à terre, on recompte forcément les points. Nous avons le potentiel. Nous avons gagné la Krys Ocean Race, nous faisons 2e de l’European Tour, nous sommes en tête au Multi One Championship… Donc, quelque part, on gagne la saison 2012. »

« Le MOD70 était une découverte pour moi, pour l’équipage, et je suis ravi d’avoir intégré ce circuit. On a montré à tout le monde que le bateau est fantastique, le circuit sympa et que ça fait de super courses. »
« On est très cuits. J’ai bien enchaîné, ça fait deux mois et demi que je suis sur l’eau. Mais je suis heureux, je ne vais pas me plaindre, c’est une bonne fatigue. Mais c’était vraiment intense. On navigue à vue sur ce tour de l’Europe, même sur des étapes de 1000 milles. On est constamment à vue. Je crois qu’avec FONCIA, sur un mois de course, on a  dû se voir 28 jours non stop. C’est assez incroyable et c’est ce qui fait que le rythme est soutenu. Mais c’est super à vivre, d’être fatigué comme ça, mais ne jamais rien lâcher. Il y a toujours une bonne ambiance à bord du bateau. »

Stève Ravussin, skipper de Race for Water : « Fantastique finish. C’était une belle étape, on était tous ensemble, on se voyait. Il y avait des petites options plus ou moins payantes à faire. Mais on voit que quand les bateaux s’arrêtent, les autres sont tellement proches qu’ils reviennent vite. Le team Race for Water est très content. Cette année, j’ai très peu navigué. J’étais mauvais sur les régates inshore, dans les départs notamment. Dans les courses offshore, c’était mieux. Sur les trois dernières manches, on était tout le temps dans le coup. Mais je crois qu’il faut s’entraîner, naviguer beaucoup, parce que c’est très très serré »

« Le moment fort, pour nous, je crois que c’est cette 3e place, aujourd’hui, sur le podium. C’est bien pour l’équipe, pour tous nos petits gars, nos jeunes, que j’ai essayé de faire naviguer cette saison. C’est un beau petit clin d’œil. On n’était pas loin de toucher une victoire. J’espère qu’on le fera plus tard. »

« Les bateaux sont solides, fiables, très proches en performance. Dans la monotypie, c’est le meilleur être humain qui gagne à la fin et là, c’est Michel Desjoyeaux et son équipage. »

«Nous avons 7 bateaux sont construits. Si on les a en 2013, ce sera super. Nous, on va chercher des financements pour le bateau. Et le championnat MOD70 va perdurer, parce qu’il n’y a que ça de vrai ».

Sidney Gavignet, skipper de Musandam Oman Sail : « Cette étape Marseille/ Gênes est celle qui m’a procuré les plus beaux moments sur mon MOD. Parce qu’il y avait la pleine lune, de gros nuages noirs avec le soleil qui se couche d’un côté et la lune qui se lève de l’autre, avec des couleurs dans les nuages, gris, bleus, roses. Puis aussi parce qu’il y a eu les plus beaux moments de navigation, des conditions idéales, en partant de Marseille, on était sous gennaker, le vent est monté, le bateau était calé sur son flotteur, la coque centrale hors de l’eau, on restait comme ça de longs moments à 30 nœuds, constants. A l’intérieur, il n’y avait pas de bruit car la coque centrale ne touchait pas l’eau. C’était de beaux moments.
« On n’a pas la 3ème place qu’on voulait, mais ce n’est pas grave. On a bien tenu notre place et fait partie de la bagarre. C’était l’objectif. On voulait gagner un ou deux trucs par-ci par-là, c’est ce qu’on a fait en gagnant une étape à Marseille et une city race à Cascais. On a beaucoup appris. On est heureux d’avoir participé à cet European Tour. Le format est à refaire. On sera heureux de revenir l’an prochain. On a tous énormément progressé. Tout le monde est méritant. Il y a 3 déçus et 2 contents dans cette course. Les deux contents : FONCIA et Race For Water qui réussissent à attraper la 1ère et la 3ème place. Et trois déçus, Spindrift qui rate la 1ère place, nous qui ratons le podium et Gitana qui fait dernier. Mais tout le monde a animé la fête. C’était un beau tour de l’Europe. »

Sébastien Josse, skipper de Groupe Edmond de Rothschild :  « Un peu frustré et déçu. On avait mis pas mal de cœur au début de l’étape. On était dans le bon paquet et dans le bon rythme. Et patatras quand le gennaker s’est déchiré en deux. Pas moyen de réparer et de raccrocher le wagon ! On n’avait plus trop de moyens de rivaliser alors qu’on était dans une bonne phase.

« Si on regarde le classement, ce n’est pas très satisfaisant. Je pense que nous étions pas mal dans le coup les 2 premières étapes. On a raté des opportunités qui auraient pu nous mettre en confiance pour avoir une motivation psychologique qui nous aurait permis d’accrocher Spindrift et FONCIA. Mais on ne va  pas refaire l’histoire. Il y a du niveau, ça se joue à rien. A certains moments clés, nous n’avons pas pris les bonnes décisions. On aurait pu faire beaucoup mieux.

Sur toutes les étapes, ça s’est fini à vue, sauf l’avant-dernière. On peut être satisfait du support et du fait qu’il n’y ait pas trop de technique qui rentre en jeu. L’équipage et les prises décisions font la différence. Quant à la fiabilité, le contrat de ce côté là est rempli. On va préparer le bateau pour le convoyage retour, un arrêt à Nice pour le Grand Prix d’Extrême 40 et ensuite un débriefing de la saison à froid à Lorient afin de bien préparer 2013 ! »

Foncia toujours devant

L’European Tour devrait se terminer dans une dizaine d’heures à Gênes, après une descente express la nuit dernière à plus de 25 noeuds vers la première marque de parcours, les cinq équipages des MOD70 continuent leur bataille de placement au large de la Corse pour passer la Giraglia.

Deux groupes s’étaient formés, Foncia et Race for Water sur une route plus près de la côte et d’un autre côté Spindrift racing, Musandam-Oman Sail et Groupe Edmond de Rothschild.

Voile-Multicoques.com/Baptiste Morel

Ce soir c’est Michel Desjoyaux et son équipage qui ont un petit avantage sur leurs poursuivants puisqu’ils pointent avec une meilleure vitesse et 4,5 milles d’avance sur Stève Ravussin et une dizaine sur Spindrift racing et Oman Sail, Groupe Edmond de Rothschild a perdu quelques milles dans une zone de grains dans laquelle le gennaker du trimaran du Gitana Team s’est déchiré. Malgré cette petite avance, rien n’est jouer puisque le vent devrait faiblir à l’approche de l’arrivée, et il est probable que les cinq bateaux se regroupent de nouveau en baie de Gênes pour un dernier sprint.

Voile-Multicoques.com/Baptiste Morel