Trophée Jules Verne : IDEC SPORT à plus de 36 noeuds de moyenne

L’équipage d’IDEC SPORT, mené par Francis Joyon approche de la longitude du cap de Bonne Espérance ; et e à très haute vitesse.
Les six marins du bord profitent d’une mer plate et d’un vent soutenu pour allonger la foulée, ce soir, le score se porte à plus de 865 milles en 24 heures, la 2ème performance mondiale sur 24h.
Les conditions idéales pour la vitesse devraient se prolonger, et Francis Joyon et ses hommes pourraient approcher ou dépasser le record de Banque Populaire V avec 908 milles.

Le retard sur le temps du record de BP V s’amenuise également avec 457 milles sur l’adversaire virtuel.

Photo Jean-Marie Liot / DPPI / IDEC

Photo Jean-Marie Liot / DPPI / IDEC

Alex Pella :
« Nous ne comparons pas encore nos performances à la barre, mais si on vous le demande, dites que c’est moi le plus rapide. Ce bateau offre un passage dans la mer absolument fabuleux, et cela participe grandement à nous permettre de garder longtemps des vitesses élevées. On se fait vraiment plaisir à la barre, d’autant que la température extérieure, avec ce vent de secteur nord-ouest, demeure douce et très supportable. Nous sommes heureux de cette entrée tonitruante dans le grand sud.»

Francis Joyon, skipper d’IDEC SPORT :
« On file à 40 nœuds et plus par moments, c’est très dynamique à bord. Ça se passe bien parce qu’on a une bonne visibilité. On a 33 nœuds de vent, on a pris un ris dans la nuit et on est passé sous J2. Le bateau marche vraiment bien, il aime bien cette allure. On est bien sûr sur les écoutes, mais la mer n’est pas encore formée, on navigue en sécurité et à plat.

On a ciblé de passer Bonne Espérance par 45° Sud, parce que plus Sud que ça, il y a beaucoup de glaçons, d’icebergs. On essaye de jouer un compromis entre les glaces et la route la plus Sud. On va être forcé de traverser des zones de glaces, c’est certain. Mais on va les traverser plutôt de jour pour avoir de la visibilité.

On est sur l’avant d’une dépression et plus longtemps on restera en avant, plus longtemps on ira vite. Si tout se passe bien, cela durera 6 jours, jusqu’à l’Australie. Du coup, on aurait moins d’une journée de retard à Bonne Espérance et on rattraperait encore du retard à Leeuwin. Mais c’est encore lointain pour vendre la peau de l’ours. » .

IDEC SPORT accélère de nouveau vers Bonne Espérance

Francis Joyon et son équipage poursuivent leur route dans l’Atlantique sud, ils se sont élancés sur ce Trophée Jules Verne il y a 10 jours.
Ils ont connu une traversée du Pot au Noir difficile, et on du franchir une dorsale anticyclonique qui les a de nouveau ralenti hier.
La traversée de cette zone s’achève et l’équipage va toucher dans les prochaines heures des vents de secteur Nord-Ouest à Ouest qui vont les propulser à haute vitesse vers le Cap de Bonne Espérance . Ce soir le retard sur le temps de référence est de 740 milles,  Francis Joyon, Bernard Stamm, Clément Surtel, Alex Pella, Sébastien Audigane et Gwénolé Gahinet guidés par Marcel Van Triest savent qu’ils auront du retard sur le record au passage du premier cap de ce tour du monde, mais espèrent se refaire sur la suite du parcours.

Photo Jean-Marie Liot / DPPI / IDEC

Photo Jean-Marie Liot / DPPI / IDEC

Francis Joyon, skipper d’IDEC SPORT à la vacation du jour :  « On a eu beaucoup de manœuvres cette nuit. Là, cela commence à se stabiliser. On passe actuellement une zone de cisaillements un peu dure à traverser. On a fait des empannages, des virements, des changements de voiles toute la nuit. Depuis ce matin, on est au près, ça tape dur parce qu’on a la houle de face, mais on avance bien, on arrive à rejoindre les mers du Sud assez rapidement .
On est au péage du Grand Sud. Le retard sur le chrono était quelque chose de prévu. On savait qu’on payerait à ce moment là. On sait qu’on établira un moins bon temps que Loïck à Bonne Espérance, tout comme l’année dernière. Mais lors de notre précédente tentative, on a pu refaire la moitié de ce retard au cap Leeuwin. »

Clément Surtel :  « Hier, on a fait une belle opération réparation-entretien. On a bien vérifié tout le bateau et toutes les petites bidouilles qu’il pouvait y avoir à droite et à gauche. Il est vraiment à 100% de son potentiel. On sait que dès qu’on pourra débrider un peu, que la bateau sera à plus de 30 nœuds, on trouvera beaucoup de plaisir à la barre. On commence d’ailleurs à ressortir les collants, les polaires, les bonnets et on s’apprête progressivement à mettre plusieurs couches plus épaisses, plus étanches. Cette nuit, j’ai remis les bottes, et je ne suis plus le seul. À l’intérieur du bateau, l’humidité est déjà de retour. On commence à avoir de la condensation au niveau du puits de dérive. Ça y est, c’est parti ! »

Thomas Coville accueilli chaleureusement à Brest

Thomas Coville a passé la nuit en mer, accompagné par une partie de l’équipe technique de Sodebo, après avoir bouclé son tour du monde en solitaire en 49 jours 3 heures 7 minutes et 38 secondes.
Le skipper et son équipe ont rejoint Brest dans la matinée, Thomas Coville a été accueilli par ses proches, ses partenaires et par le public venu nombreux sur les quais pour accueillir le nouveau détenteur du record autour du monde en solitaires à la voile.

Photo Jean-Marie Liot / DPPI / SODEBO

Photo Jean-Marie Liot / DPPI / SODEBO

Les réactions du skipper à son arrivée :
« Ce que je voudrais qu’on garde de ce record, ce ne sont pas tellement les 49 jours 3 heures, c’est surtout le chemin parcouru. Je suis tombé, je me suis relevé, j’ai osé. C’est un travail de dix ans, un rêve très difficile à atteindre. Mais un rêve que j’ai vécu, que je vis.
Quand on a racheté Sodebo, le bateau Géronimo était là à Brest sur le Quai du commerce, c’était une épave. Et au moment où on s’est lancé dans cette histoire, de modifier Geronimo pour en faire le Sodebo actuel, je pense qu’il n’y a pas beaucoup de gens qui pensaient qu’on arriverait à faire la machine qu’on a réussi à faire aujourd’hui.
 
On s’est retrouvé avec l’équipe technique hier soir après le franchissement de ligne. Ils sont montés à bord et chaque réaction du team a été très émouvante et a reflêté l’esprit de cette équipe très éclectique. J’ai une très très belle équipe autour de moi qu’on a façonnée avec Sodebo petit à petit. Je me retrouve aujourd’hui entouré de gens que j’ai choisis, que j’aime mais qui sont avant tout de très grands professionnels.
 
Cette nuit je me suis offert le luxe de dormir 4 heures d’affilées. Mais vous ne pouvez pas imaginer ce que c’est. Là on revient au sommeil des enfants où lorsque tu t’endors tu n’as rien d’autre dans la tête que le fait que tu vas t’endormir. Tu n’as pas la préoccupation de l’adulte qui se projette. Non tu dors juste, c’est le sommeil que tu n’as pas connu depuis 30 ans.
 
Mon rythme de sommeil sur la course n’était absolument pas calé. Je n’ai jamais réussi à avoir des routines de sommeil. »

J’étais un petit garçon plutôt observateur, plutôt très admiratif et contemplatif dès que j’étais en pleine nature. J’ai toujours eu besoin et ressenti du plaisir à me retrouver dehors. Après il y avait tout ce qui était exploration et pionnier qui m’intéressait. Et dans la dimension du record la notion de pionnier, de faire une chose singulière et unique pour la première fois, c’est quelque chose qui est fort chez moi depuis que je suis gamin.
 
Certains valorisent ça dans une autre matière mais moi j’ai trouvé que le sport pouvait être quelque chose qui pouvait exprimer ce que j’étais. En plus dans la voile,il y a moyen de s’exprimer en équipage, en solitaire, longtemps… Il y a cette capacité de pouvoir trouver ce qui correspond le mieux à ton expression singulière.
 
C’est vrai que dans les records il manque une notion de compétition par rapport à l’autre et je me suis posée cette question. Mais ce qu’il y a de fabuleux dans un record, c’est de viser la barre la plus haute, comme Lavillenie aujourd’hui. C’est cette notion qui me fascine. Je pense que dans la vie d’un athlète, un record c’est assez gratifiant.
 
L’intelligence de manœuvrer ce genre de bateau en solitaire n’est pas qu’une question de physique, il faut aussi être malin. Savoir profiter de la houle pour faire passer le gennaker permet de s’économiser. Et plus on a de l’expérience, plus on est capable de le faire. Sur ce tour du monde, j’ai autant navigué que si j’avais été en équipage. Je ne pense pas avoir fait moins de manœuvres que si on avait été plus nombreux à bord. Ce qui fait qu’on n’est pas très loin des temps d’équipage. »

Superbe performance de Thomas Coville autour du monde en solitaire, en seulement 49 jours et 3 heures

Thomas Coville signe aujourd’hui une superbe performance sportive, en bouclant son tour du monde en solitaire en 49 jours 3 heures 7 minutes et 38 secondes. Il améliore le record de 2007 de Francis Joyon sur Idec de 8 jours 10 heures 26 minutes et 28 secondes, à une vistesse de 24,09 noeuds de moyenne sur le fond (24800 milles parcourus), soit près de 5 noeuds de mieux que Francis Joyon en 2007 et la cinquième meilleur performance autour du globe, équipage et solitaire confondus.

Le skipper possédait une machine à la hauteur de ses espérances, son trimaran ayant été imaginé autour de ce but, en partant de Géronimo d’Olivier de Kersauson, profondément remanié. En effet, le skipper, entouré de son équipe et des architectes VPLP, ont conservé une partie des flotteurs et les bras de l’ancien trimaran d’ODK, pour obtenir ce trimaran taillé pour le tour du monde en solitaire à la voile.

 Photo Jean-Marie Liot / DPPI / SODEBO

Photo Jean-Marie Liot / DPPI / SODEBO

Thomas Coville a également fait preuve d’une pugnacité hors norme, le marin court après cet objectif depuis 2007, il a tenté 5 fois ce tour du monde et boucle cette circumnavigation en solo sur un multicoque pour la 3ème fois, après les échecs de 2008 et 2011. Il atteint donc son graal aujourd’hui.

Il aura puisé dans ces réserves pour parvenir à cet exploit, essayant de tirer le meilleur parti de sa monture, guidé par sa cellule routage composée de Jean-Luc Nélias, Thierry Douillard, Thierry Briend et Samantha Davies.

L’exploit est unanimement salué par l’ensemble des acteurs de la course au large, le public pourra également accueillir le navigateur demain aux alentours de 9h à Brest.

 

 

 

Francis Joyon, ex détenteur du record autour du monde en solitaire : « Thomas signe un superbe chrono, au terme d’un tour parfaitement négocié. Bravo à lui. Bravo pour sa performance et pour sa persévérance. Il place, avec ce bateau plus grand et plus toilé que ne l’était mon trimaran IDEC, la barre très haute. Il faudra à l’avenir beaucoup de réussite pour battre ce chrono en enchainant sans transition les systèmes météos ainsi que Thomas a su le faire. Nous ne sommes que trois, avec Ellen, a avoir bouclé ce tour du monde en multicoques et sans escale, et savons quel engagement extrême il a fallu a Thomas pour venir au bout de cette magnifique performance »

Trophée Jules Verne J6 : IDEC SPORT ralenti dans le Pot au Noir

Francis Joyon et son équipage réduit sont entrés dans la zone de convergence intertropicale (également appelé Pot au Noir) la nuit dernière. Depuis ils progressent à petite vitesse, au fil des grains, leur avance de 200 milles sur le temps de Banque Populaire V avant le Pot au Noir s’est réduite à une 60aine de milles ce soir.  L’Equateur devrait être franchi dans les heures qui viennent, dans les temps  du détenteur du Trophée Jules Verne.

Jean-Marie Liot / DPPI / IDEC

Jean-Marie Liot / DPPI / IDEC

Francis Joyon : « On est entré dans le Pot-au-Noir en début de nuit. On a bataillé avec des premiers grains, des premiers calmes, un orage un peu brutal avec une pluie intense. On est dans des conditions plus régulières avec un vent faible d’une direction inconnue pour nous. C’est du nord-ouest, donc une direction contraire à l’alizé.

On essaye de gagner vers le sud pour retrouver des vents plus normaux. L’Équateur en ligne de mire est un gros morceau qui déterminera notre temps. Cela dépend de ce Pot-au-Noir qui est toujours un peu capricieux. On attend le meilleur comme le pire. On ne sait pas trop.

Les conditions sont un peu molles, pas très rapides. Par contre elles ne sont pas casse-bateau comme la dernière fois. On échange avec Marcel, tout ce que l’on peut dire, c’est que l’on ne sait rien. On peut mettre 24 heures pour aller à l’Équateur, qui est tout près, comme on peut mettre quelques heures.

Les alizés sont en place, ils ont plutôt tendance à remonter doucement vers nous. Ça, c’est positif. La seule inconnue est qu’il y a une zone de transition entre les alizés de nord-est et ceux de sud-est et il faut qu’on arrive à la franchir.

C’est toujours mieux d’être positionné plus à l’est parce qu’après on a un meilleur angle avec les alizés, du coup on peut allonger la foulée. Ça c’est plutôt bien. Après on n’a pas eu vraiment le choix, parce que les fichiers indiquaient que la situation était plus dégradée dans l’ouest, donc on est passé là où c’était le moins pire. »

 

 

Thomas Coville attendu le 25 ou le 26 décembre à Ouessant en plus ou moins 50 jours

Thomas Coville évolue ce soir à la latitude des Canaries, avec une avance confortable de plus de 2600 milles sur le record de Francis Joyon, alors que la distance à couvrir jusqu’à Ouessant est de moins de 2000 milles. Le skipper approche donc de la fin de son tour du monde en solitaire, il devra encore  contourner l’anticyclone des Açores qui barre la route directe vers Ouessant. La cellule routage du team Sodebo prévoit une ETA sur la ligne d’arrivée entre le 25 dans la soirée et le 26 en fin de journée.
Thomas Coville pourrait donc boucler ce tour du monde en moins de 50 jours.
 Photo Jean-Marie Liot / DPPI / SODEBO

Photo Jean-Marie Liot / DPPI / SODEBO

Thomas Coville, skipper de Sodebo Ultim :

 » Ce tronçon entre la latitude du Cap Vert et celle des Iles Canaries n’est pas la partie la plus drôle de ce tour du monde. Tu es face à la mer, c’est très humide. Dès que je mets le nez dehors, je m’équipe car ça mouille. Depuis deux jours, la météo est très instable avec des vents irréguliers et beaucoup de grains. En température il fait bon mais ça s’est bien rafraîchi.
 
Le plus difficile ce n’est pas de faire accélérer le bateau mais de le faire ralentir, car face à la mer, on peut tout casser. C’est difficile techniquement, du coup je dors très peu. Mentalement ce n’est pas très agréable. Mais je m’y attendais car ce n’est pas ma première fois. A chaque fois que je fais cette remontée, c’est une bonne piqure de rappel.
 
Cet alizé c’est la période la plus désertique où il se passe le moins de choses. Quand tu le fais dans le sens de la descente vers les Antilles, c’est plutôt agréable mais dans la remontée c’est très déplaisant. J’aime bien la lumière de l’alizé du soir. C’est le moment où je m’accorde un thé sur le pont et en ciré.
L’enchaînement à suivre va être très physique. On va se faire toute la garde-robe dans les deux sens. Il va falloir redéployer toute la toile. Ça va être très très physique. Ensuite ce sera un long run à faire dans du vent très fort que j’appréhende et qui est loin de me laisser serein. J’ai cette gamberge-là dans la tête de savoir à quelle sauce je vais être mangé et comment ça va se finir.
 
Je n’ai pas de problème physique, pas de tendinite c’est la preuve que je m’hydrate bien. Je ne suis pas blessé et c’est un point important. J’ai certainement perdu un peu de poids, je me sens comme du coton. Vu tout ce que je donne comme énergie, je dois avoir certaines carences. J’adore manœuvrer et je le fais plutôt bien généralement, mais je vois bien que je suis plus lent, que les manœuvres durent plus longtemps. Je ne me suis pas beaucoup épargné.
 
Par rapport à mon bateau d’avant, il y a une vraie rupture technologique qui fait que je suis bien plus rapide en termes de vitesse sur l’eau. Avec Sodebo Ultim’ il faut une réactivité énorme pour traverser les systèmes météo. C’est la première fois que quelqu’un s’expose à faire un tour du monde avec un bateau aussi grand et avec des voiles aussi lourdes. Remplies d’eau, les voiles d’avant font entre 110 et 120 kilos, voire plus. Les rouler, dérouler c’est long, et en Atlantique Sud, j’en ai fait ! Les atouts et les avantages dont j’ai retiré le maximum dans la descente jusqu’au Cap Horn, je les paie maintenant. Physiquement c’est le revers de la médaille. J’aurais pu m’accorder d’être plus lent en me disant de faire moins de manœuvres et de rater un système, mais je n’ai pas fait ce choix-là, donc on verra si c’était le bon.  »

Thomas Coville de retour dans l’hémisphère nord en 41 jours 14 heures

Thomas Coville a passé l’équateur avec un nouveau temps record, le marin boucle le trajet Ouessant-équateur en seulement 41 jours 14 h 53’08 ». Sodebo Ultim aura bouclé ce partiel avec un meilleur temps  que celui de Groupama 3 en 2010.
Il ne reste au trinitain que 3200 milles avant la ligne d’arrivée au large d’Ouessant, où il est attendu entre le 26 et le 28 décembre. Il possède près d’une semaine d’avance sur le record de Francis Joyon.
Le skipper redoute cependant cette dernière partie du parcours, avec une dépression hivernale qui l’accompagnera jusqu’à l’atterrissage sur Ouessant.

 Photo Jean-Marie Liot / DPPI / SODEBO

Photo Jean-Marie Liot / DPPI / SODEBO

Thomas Coville, skipper de Sodebo Ultim :
« J’ai passé l’Equateur cette nuit à 5 heures du matin votre heure. C’est un passage toujours délicat. A l’aller, j’ai été extrêmement chanceux et je suis passé comme une fleur. Cette nuit, ça été plus difficile. Je n’ai pas dormi car il y avait beaucoup de grains très actifs avec de grosses averses et des zones de calme. J’ai trouvé la bonne configuration de voiles sur Sodebo Ultim’. Et je me suis fait plaisir à jouer dans les grains. Il y avait un peu de lune. J’apprécie la navigation de nuit.
Alors que le pot au noir est un endroit anxiogène, je me suis fait plaisir dans ces dernières 24 heures. J’étais au reaching, avec des sensations de glisse pure. J’ai même réussi à prendre une douche sous les grains.
  Ce basculement dans l’hémisphère nord cela signifie pour moi la fin de la remontée de l’Atlantique Sud qui a été dure et éprouvante. Ce n’est pas le fait de rentrer vers la maison. Nos bateaux ont l’avantage d’allonger, c’était le cas dans l’Indien et le Pacifique. Sur cet Atlantique Sud qui a été très changeant, je suis passé de l’hiver à l’été, de très peu de vent à beaucoup de vent. Jusqu’à 50 nœuds au large de l’Uruguay.
Avec les 50 nœuds au large de l’Uruguay et les calmes du petit temps avec beaucoup d’empannages, il a fallu se démener. Un vrai job d’athlète ! C’est au-delà du pilotage et de la stratégie, il faut mouliner sur les winchs et porter des voiles qui sont très lourdes. C’est vraiment un engagement physique.
Quand j’ai viré de bord au niveau de Rio pour pointer les étraves de Sodebo vers le nord, c’était symboliquement la fin du petit temps. J’ai voulu tout de suite aller de nouveau vite et me mettre dans cette situation mentale. Tout cela ne laisse pas beaucoup de repos. Le seul repos est dans la gestion quotidienne de bien s’hydrater, de se nourrir et de dormir quand on peut. Il va falloir que je gère la fatigue car j’ai un gros tronçon qui m’attend devant et que je vais devoir gérer. 
La remontée dans l’alizé va être virile et très difficile avec une houle de face. Plus tu avances et plus tu approches du but, plus tu oublies l’avance et plus tu es conscient de la fragilité liée à la météo et aux avaries intérieures et extérieures. Je me sens plus dans cet état d’esprit, avec cette pression d’être sur le qui-vive, plutôt que dans la projection de l’arrivée. Devant il y a des vents de 45 nœuds avec une grosse dépression hivernale qu’il va falloir gérer. Jusqu’à l’arrivée je serai dans la gestion de l’instant.
Je vois bien que le bateau commence à avoir de l’usure. Le challenge c’est d’anticiper et bien maintenir le matériel. C’est ma responsabilité. La météo sur la fin de parcours sera virile. Il va falloir tenir et gérer de la grosse mer et du vent fort. Ma dernière angoisse, c’est le côté physique. J’ai été malade dans l’Océan Indien avec une grosse infection au genou que j’ai réussi à palier avec des antibiotiques. Avec la fatigue, tu peux te blesser. Après 40 jours où tu tires sur ton physique, tu as peur que ça lâche avec la fatigue. Après 40 jours, les manœuvres sont plus dures. A un moment donné, tu as peur de la blessure, de la tendinite. Tout cela tient aussi au mental. C’est cette partie qui fera sûrement la différence à la fin. »

 

Trophée Jules Verne J3, IDEC SPORT dans les temps du record

Francis Joyon et son équipage ont paré les Canaries il y a quelques heures, après un peu plus de deux jours de mer. IDEC SPORT est dans les temps du record de Banque Populaire V, avec un retard qui s’amoindrit (39 milles ce soir) au fur à et mesure de la progression du trimaran vers le sud.

Jean-Marie Liot / DPPI / IDEC

Jean-Marie Liot / DPPI / IDEC

L’équipage devrait profiter du flux d’une vingtaine de noeuds jusqu’au Pot au Noir, avant d’atteindre la zone de convergence, il faudra poursuivre le bord vers l’ouest avant un empannage qui orientera les étraves du trimaran plein sud.

Francis Joyon : « Ça a glissé pas mal, on est content de notre progression. On a retrouvé une mer un peu plus régulière où le bateau passait mieux. Le vent est encore un peu nord pour être appelé de l’Alizé, mais cela devrait tenir jusqu’au Pot au Noir. On a prévu d’empanner dans une quinzaine d’heures et on fera route directement sur l’Equateur. Là on est sur des bords intermédiaires entre gennaker et J1 car le vent est beaucoup plus fort que prévu. On va renvoyer le gennaker pour voir si on a un petit progrès. »

 

 

Trophée Jules Verne d’IDEC SPORT J1

Francis Joyon et son équipage ont quitté les pontons de Brest à 6h30 ce matin et ont rejoint la ligne au large d’Ouessant. Ils ont pris le départ de cette nouvelle tentative de Trophée Jules Verne à 09h 19mn 00sec.

Pour battre le record de Banque Populaire V, il leur faudra être de retour avant le lundi 30 janvier 2017 à 23h 00mn et 53sec, le temps à battre étant de 45j 13h 42mn 53sec.

Après quelques heures dans des vents faiblards, IDEC SPORT a ensuite trouvé on rythme de croisière à environ 30 noeuds, le Cap Finisterre devrait être parer dans les heures à venir. Pour l’instant l’équipage a un retard de 50 milles sur le record.

Photo Jean-Marie Liot / DPPI / IDEC

Photo Jean-Marie Liot / DPPI / IDEC

Les mots des marins avant le départ

Francis Joyon : « Ce matin, les prévisions sont un petit peu meilleures que celles d’hier soir. On a des chances de rejoindre le vent de Nord favorable avec moins de risques de calmes. La situation est plus confortable. En termes de visibilité météo, on voit clair jusqu’au large de l’Uruguay environ, jusqu’à 6000 milles d’ici. On est têtu, l’objectif reste le même : être de retour en moins de 45 jours. On n’est pas des mathématiciens, il est toujours difficile de parler en pourcentages pour ce genre d’aventure. Mais on a une chance, c’est déjà beaucoup, et on est là pour la saisir ! »

Alex Pella : «  Pour cette dernière nuit à terre, j’ai dormi sur le bateau, j’ai de l’avance sur mes petits camarades, je suis déjà amariné ! Je ne suis pas le seul, mais on a tous vraiment envie de partir, d’autant qu’apparemment la fenêtre est belle. L’attente a été un peu longue. On a gagné en sérénité par rapport à la dernière fois. La première tentative, avec une sortie de 15 jours en mer, nous a fait vraiment du bien, entre nous comme vis-à-vis du bateau. C’était un très bon entraînement, et il est temps maintenant de partir pour de vrai. »

Gwénolé Gahinet : « On a eu quelques heures devant nous avant de quitter le port, ce départ était prévu et cela nous permet d’être plus serein. On va être rapide jusqu’à l’équateur, le début s’annonce très satisfaisant. En Atlantique Sud, c’est un petit moins sur des roulettes, mais les temps restent corrects jusqu’au cap Bonne Espérance et je me dis qu’on peut avoir de bonnes surprises. On a fait une bonne répétition la dernière fois, je ne me sens pas du tout stressé, bien prêt, au taquet ! »

Clément Surtel : «  La saison avance et les périodes de stand-by sont toujours un peu longues. Je suis vraiment content d’y retourner. Sur ce tour du monde, on a une bonne vision sur l’équateur, la vision sur Bonne Espérance se mettra, elle, plus en route dans les deux-trois prochains jours. Humainement, cela reste une aventure, on ne part pas en croisière, on part faire un tour du monde avec toutes ses difficultés. Mais je crois que l’engagement de chacun est réel, nous avons tous la bonne motivation pour aller chercher ce record. Sur le plan technique, on reste confiant. Maintenant, croisons les doigts pour que la météo nous laisse passer, c’est elle qui jugera. »

Sébastien Audigane : « Je suis dans l’état d’esprit d’un départ de Jules Verne. Je pars pour 43-44 jours, ce n’est pas anodin. Ce qui reste un peu particulier, c’est que cela fait seulement une semaine que je le sais. Il a fallu que je me prépare à 150 à l’heure, j’ai d’autant plus hâte d’y aller »

Bernard Stamm : « La situation est meilleure que la dernière fois pour partir. On a eu le temps de bien se préparer, de finir les trucs propres. On est plus serein pour cette deuxième. La dernière fois, je m’étais habillé au cas où ça partait, il y avait beaucoup d’incertitudes jusqu’à la décision. La situation météo s’annonce vraiment pas mal pour l’hémisphère nord, même si on a plus de doutes pour l’hémisphère sud. Mais il reste le temps pour que ça bouge et que cela se mette en place, on verra. C’est bien de partir de jour, c’est moins scabreux pour mettre les watts dès le début. Là, les indicateurs sont favorables pour l’équateur ; et à un moment donné, il faut y aller ! »

Départ demain pour une nouvelle tentative de Trophée Jules Verne our l’équipage d’IDEC SPORT

Francis Joyon et ses cinq hommes d’équipage, Bernard Stamm, Alex Pella, Clément Surtel, Gwénolé Gahinet et Sébastien Audigane, (qui remplace Boris Herrmann) se préparent ce soir à larguer les amarres du trimaran IDEC SPORT.
L’équipage est attendu tôt demain matin sur la ligne de départ de cette nouvelle tentative de Trophée Jules Verne (tour du monde en équipage). La ligne au large d’Ouessant devrait être coupée entre 7 et 8h.
Les premières heures s’annoncent musclées avec une grosse houle, Marcel Van Triest, leur routeur espère un passage de l’équateur en 5 à 5 jours et demi.

Photo Jean-Marie Liot / DPPI / IDEC

Photo Jean-Marie Liot / DPPI / IDEC

Quelle est la situation météo pour ce nouveau départ ?
Francis Joyon : « La situation n’est pas des plus faciles, mais elle est mieux que celle qui nous a vus partir la première fois cette année. On se prépare à partir plus ou moins tôt pour aller chercher le vent de Nord à l’approche de la pointe bretonne. Après une fois, qu’on l’aura attrapé, cela déroulera jusqu’à l’équateur. Le vent s’annonce mieux établi en Atlantique Nord que lors de notre dernière tentative qui a tourné court. Le vent au sud du Cap Vert paraît bien soutenu et le Pot au Noir semble beaucoup plus clair. »

Qu’est ce qui a changé depuis votre précédente tentative ?
F.J. : « Le bateau a bénéficié d’une petite remise en état classique. On a refait un avitaillement. La principale nouveauté depuis la dernière fois reste le changement d’équipier, avec la venue de Sébastien Audigane pour remplacer Boris Herrmann. C’est un local de l’étape, puisqu’il est Brestois. Il a déjà fait plusieurs tours du monde, il connaît bien ces grands bateaux, notamment IDEC SPORT à bord duquel il a déjà navigué.  Il n’arrive pas en terre inconnue. »

Comment appréhendez-vous ce deuxième départ en moins d’un mois ?
F.J : « On commence à être habitué, même si on ne va pas dire que cela devient la routine, il faut quand même s’arracher à la terre pour aller faire un tour du monde. Le fait d’avoir fait un faux départ, nous a permis d’avoir un entraînement à ce genre de situation. Concrètement, on espère être à l’équateur en 5 jours et demi. L’Atlantique sud reste encore un peu flou, tout n’est pas très bien établi. On peut espérer le meilleur comme le pire, mais au bout d’un moment, il faut y aller ! »