Macif vainqueur de The Bridge

François Gabart, Pascal Bidégorry, Guillaume Combescure, Antoine Gautier, Benoît Marie et Yann Riou ont remporté The Bridge aujourd’hui à 13h 31mn et 20sec (19h 31mn et 20sec, heure française).
Le maxi trimaran MACIF a coupé la ligne d’arrivée, sous le pont de Verrazano-Narrows en baie de New York, après 8j 00h 31mn et 20sec de course, l’équipage aura parcouru 3 582 milles à 18,61 nœuds de moyenne contre les vents dominants.

Idec Sport devrait prendre la seconde place de la course dans les heures à venir, Francis Joyon et ses quatre équipiers n’étant plus qu’à 100 milles de l’arrivée.

Francis Joyon, skipper d’IDEC SPORT : « Nous avons de nouveau beaucoup manœuvré cette nuit. La mer était agitée, et le bateau sautait face à la houle. Nous avons dû lever le pied, dans une brume épaisse. Le bateau est en bon état malgré de nombreuses petites casses matérielles. Cette transat aura été riche d’enseignements, car nous sommes demeurés longtemps au contact des autres bateaux, tous très différents architecturalement du nôtre. Nous avons tous beaucoup appris… »

Sodebo devrait suivre quelques heures plus tard, Thomas Coville et son équipage ont été contraint de réduire l’allure pendant quelques heures, suite à la blessure de Thierry Briend, victime d’un traumatisme crânien suite à une chute sur le trimaran. Les nouvelles sont rassurantes comme l’expliquait le skipper à la vacation.

Thomas Coville, skipper de SODEBO : « L’histoire de Thierry nous a fait peur hier. Ce matin, il est allongé dans la bannette et il va beaucoup mieux.On traversait un front avec des courants, la mer s’est levée et elle devenue forte et abrupte.

Les conditions n’étaient pas faciles et on avait décidé de ralentir le bateau. Thierry venait de me relayer à la barre. Il y a eu une vague plus grosse que les autres qui l’a désarçonné. Il a été projeté de toute sa hauteur, et il fait quand même 1m80. Il a heurté un winch, puis un deuxième placé au centre du cockpit pour régler le chariot de grand-voile et il a perdu connaissance. Ça a été un moment fort en émotion de le voir ainsi, ce n’est pas un garçon qui a l’habitude de se plaindre.

Il a perdu connaissance, on l’a installé à l’intérieur en respectant les procédures apprises à l’entraînement. Heureusement, il a rapidement repris connaissance, il n’était pas cohérent, avec des pertes de mémoire et il reposait les mêmes questions.

S’il ne se souvient plus des circonstances de sa chute, il va bien aujourd’hui et tout est opérationnel chez lui. Il a un hématome derrière la tête et il ne souffre à aucun autre endroit. Il reste allongé dans la bannette avec une minerve. Il a déjà repris des forces.

Quand ce genre d’évènements arrive, cela nous rappelle la violence de ces bateaux dans certaines conditions.

Chacun a pris son rôle. On a été assisté par le CROSS Gris Nez, le CCMM (Centre de Consultation Médicale Maritime) de Toulouse, le MRCC de Boston (Maritime Rescue Coordination Centre), par les coast guards américains et par le Docteur Chauve, médecin de la course, qui collaboraient tous ensemble. La procédure médicale de surveillance s’est immédiatement mise en place. Il a été question d’hélitreuillage ou d’une évacuation vers Nantucket. Aujourd’hui, il n’en est plus question car Thierry va mieux, on va aller jusqu’à New York tous ensemble, tous les six et en course. »

Nous avons ralenti le bateau mais il n’a jamais été question d’arrêter de courir. On a ralenti pour s’occuper de Thierry qui était la priorité. Nous sommes toujours en course et nous allons aller jusqu’à Verrazano tous ensemble.C’est la bonne nouvelle : Thierry va terminer la transat avec nous.

 Il n’y a pas de problème pour aller tous ensemble jusqu’à New York avec une arrivée prévue demain en milieu de la journée heure française.

Aujourd’hui, le classement montre un bateau dernier né avec un skipper et un équipage qui l’ont exploité au maximum de son potentiel. Ce n’est pas un hasard si Macif gagne, bravo à eux.»

L’équipage d’Actual, à 530 milles de l’arrivée devrait en terminer d’ici 48 heures.

Sam Davies, Actual :  « Nous avons négocié la nuit dernière un « Trof », une zone de brises violentes et très instables avec des rafales. Maintenant nous sommes à nouveau au près, dans 20 nœuds de vent, juste en bordure du Gulf Stream. Ça tape pas mal et n’est donc assez compliqué de viser les touches du clavier !

Les acrobaties de la nuit dernière dans des rafales jusqu’à 35 nœuds avec des bascules de vent à 90° m’ont fait découvrir que naviguer à bord de tels géants des mers peut être stressant. À trois sur le pont (Yves, Jean-Bapt et moi) on a réussi à maîtriser le bateau, mais nous n’avons pas arrêté de manœuvrer.

Je n’imagine pas une seule seconde gérer cela en solitaire ! Énorme respect pour les skippers qui vont s’engager dans des tours du monde en solitaire à bord de tels engins !

Nous sommes d’ailleurs tous focalisés sur le défi qu’Yves va relever l’hiver prochain et nous mettons cette course à profit pour l’aider à préparer au mieux cette tentative de record de tour du monde à l’envers. C’est génial de faire partie de cette préparation et je suivrai ce challenge d’autant plus près que j’ai aujourd’hui cette incroyable opportunité de découvrir le monde des Ultims. »

GC32 : SAP vainqueur devant Alinghi sur les Extreme Sailing Series à madère, Argo vainqueur à Villasimus

Les deux circuits GC32 faisaient étape ce week end, à Madère pour les équipages des Extreme Sailing Series, et à Villasimus pour ceux du GC32 Racing Tour.

Baptiste Morel/Vole-Multicoques.org

A Madère, il aura fallu attendre une dernière manche comptant double, pour connaître le vainqueur de l’Act 3 des Extreme Sailing Serie, et c’est l’équipage sous couleurs danoises SAP Extreme Sailing Team qui remportait l’événement devant Alinghi qui terminait à 3 points du vainqueur.  Oman Air complète le podium en troisième position.
A noter le retour d’Adam Minoprio sur le circuit après sa campagne sur l’America’s Cup au sein de Groupama Team France.

Adam Minoprio, barreur de SAP Extreme Sailing Team :  » C’était extrêmement stressant là-bas. Le vent était encore plus instable que les deux autres jours. À un moment donné, nous étions les derniers à la première marque et nous avons réussi à repasser premier à la suivante. Ensuite, ce fut l’inverse dans la dernière manche. C’était très stressant pour nous de naviguer dans ces conditions et je suis certain que ce devait être également stressant pour le public, mais je suis très, très content d’en sortir vainqueur « .

Arnaud Psarofaghis co-skipper et barreur d’Alinghi :  » C’est une bonne journée pour nous, car nous avons sécurisé la deuxième place du général ici. Nous nous sommes bien bagarrés avec SAP Extreme Sailing Team toute la journée et nous aurions presque pu les battre sur la dernière manche, mais ils étaient vraiment plus forts que nous. Donc nous sommes vraiment satisfaits de cette deuxième place. Barcelone sera une autre course et une autre histoire, et nous avons hâte d’y être ».

 

Pete Greenhalgh, régleur de grand-voile d’Oman Air :  » Nous trois ; SAP Extreme Sailing Team, Alinghi et notre équipage étaient très, très serrés, et on s’échangeait des coups à gauche, à droite et au centre, mais parfois ça ne payait pas. Vous essayez parfois de ralentir un peu quelqu’un pour lui faire du mal, mais au final, tu finis par te faire vraiment du mal à toi-même. Nous n’avons pas bien navigué parfois. Nous voulions vraiment remporter l’Act et terminer troisième est une déception, mais en réalité, nous n’étions pas assez bons pour gagner. Nous sommes quand même satisfaits d’avoir été dans le match. J’ai l’impression que notre jeu a évolué, mais nous avons encore un peu de travail « .

 

 

L’Act 4 des Extreme Sailing Series 2017 se tiendra à Barcelone, du 20 au 23 juillet.

 

Extreme Sailing Series Act 3, Madère Résultats après 4 jours, 21 courses

Position / Equipe / Points

1e SAP Extreme Sailing Team (DEN) Rasmus Køstner, Adam Minoprio, Mads Emil Stephensen, Pierluigi de Felice, Nicolas Heintz 228 points.
2e Alinghi (SUI) Arnaud Psarofaghis, Nicolas Charbonnier, Timothé Lapauw, Nils Frei, Yves Detrey 225 points.
3e Oman Air (OMA) Phil Robertson, Pete Greenhalgh, James Wierzbowski, Ed Smyth, Nasser Al Mashari 220 points.
4e Red Bull Sailing Team (AUT) Roman Hagara, Stewart Dodson, Shane Diviney, Sam Meech, Will Tiller 199 points.
5e NZ Extreme Sailing Team (NZL) Chris Steele, Graeme Sutherland, Harry Hull, Sam Meech, Josh Salthouse 195 points.
6e Land Rover BAR Academy (GBR) Rob Bunce, Owen Bowerman, Oli Greber, Will Alloway, Matt Brushwood 169 points.
7e Team Extreme (POR) Mariana Lobato, Olivia Mackay, Owen Siese, Peter Dill, Micah Wilkinson, Francesca Clapcich 150 points.

Classement general des Extreme Sailing Series™ 2017

Position / Equipe / Points

1e Alinghi (SUI) 34 points.
2e SAP Extreme Sailing Team (DEN) 33 points.
3e Oman Air (OMA) 30 points.
4e Red Bull Sailing Team (AUT) 26 points.
5e Land Rover BAR Academy (GBR) 25 points.
6e NZ Extreme Sailing Team (NZL) 23 points.

 

Le GC32 Racing Tour faisait étape en Sardaigne, à Villasimus.
Jason Caroll et son équipage sur Argo ont survolé leurs adversaires et remportent la compétition avec 14 points de moins que Realteam, second, Mamma Aiuto! et Movistar – Ventana Group terminent à égalité à 2 points du second.
Au classement général du GC32 Racing Tour, Realteam pointe en tête devant Team Argo et Team Engie.

 

The Bridge, Macif en route vers la victoire

L’équipage mené par François Gabart file vers la victoire sur The Bridge. En effet, Macif n’est plus qu’à 290 milles du but, avec 100 milles d’avance sur Idec Sport, 173 sur Sodebo et 614 sur Actual. La victoire semble donc acquise pour les six hommes de Macif sauf soucis technique.
Francis Joyon et ses quatre équipiers ont quant à eux sécuriser leur seconde place, aider par une avarie de safran sur Sodebo, suite à une collision avec un poisson.

© Lloyd Images

Vincent Riou (Sodebo Ultim’): « On navigue bâbord amures dans 15 à 20 nœuds de vent, au près. On va continuer ainsi quasiment jusqu’à la fin de la course. Il y a un peu de mer et ça « couine ». On n’avait plus l’habitude avec ces conditions tellement clémentes depuis le départ. On va avoir du vent plus fort à partir du milieu de nuit, et ça va se renforcer. On sait que ce sera du près jusqu’à New York.
On a utilisé le gennaker dans moins de 5 nœuds de vent au départ à la pointe de la Bretagne, et depuis il est resté dans son sac… a priori il va y rester jusqu’à la fin. Le petit décalage que nous avons créé avec IDEC Sport en étant un peu plus au vent, c’est une opportunité même si nous n’avions pas trop le choix. Ça va être du louvoyage jusqu’au bout. On va avoir un grand bord bâbord amure qui va nous amener entre la Nouvelle-Écosse, Boston puis Nantucket. Ensuite, il y aura une légère rotation du vent sur la droite pour faire route sur l’arrivée en tirant des bords. Une vraie transat de près ! »

Jean-Luc Nélias (Sodebo Ultim’) :« Ce n’est pas la situation la plus fun mais il n’y a pas le choix. Aujourd’hui, nous allons pas mal nous rapprocher du continent avant de redescendre vers Nantucket demain. Ce matin il fait beau, on est au près serré à faire du saut de vagues. Il fait bon et doux, cela n’a rien à voir avec la nuit précédente et ses brouillards pénétrants. Cet après-midi, le vent va monter à 25 nœuds. Au louvoyage il va y avoir des changements de voiles et aussi pas mal de virements.
La stratégie c’est d’essayer de créer des leviers sur Idec pour avoir une chance de le passer. Cela n’est pas facile car Macif a des meilleures conditions que Idec qui a des meilleures conditions que Sodebo… qui a des meilleures conditions qu’Actual.
On commence à sentir les effets de la terre, la vraie vie à terre ce sera mardi soir.. Le trafic maritime devient plus important, on aussi a croisé des cachalots, des baleines, des dauphins, un filet dérivant et des thons.   C’est sans doute un thon qui a tapé dans le safran tribord alors que nous avancions à 25nds. Il y a eu un bruit métallique. On a ralenti pour regarder et on a essayé de bricoler quelques temps sans succès. Quand nous avons viré de bord, on s’est rendu compte que le bas du safran avait disparu.
Dans la soirée on a tapé de la même façon avec l’autre safran. On a eu la barre bloquée pendant quelques minutes avant de réussir à rétablir le système et à relancer la machine. Pour le moment, on a perdu un peu de temps à bricoler et on est un peu ralenti en bâbord amure. Nous avons perdu pas mal de terrain hier avec nos ennuis et le vent plus favorable pour notre prédécesseur. »

Thomas Coville (Sodebo Ultim’) : « Avec François Gabart, c’est un peu le remake de l’année dernière sur The Transat dans des conditions qui lui sont encore plus favorables et où il peut exploiter le maximum du potentiel en équipage. Dans le petit temps et le medium au près, Macif est au top.
Idec Sport et Sodebo ont des plateformes qui ont des bouts chacun d’époques similaires. Je dirai aujourd’hui que Idec est même une référence en équipage depuis cet hiver. Par rapport à Sodebo, ils sont un peu plus long de 50cm et 1.3 m plus large. Les bras et les flotteurs sont 5 ans plus jeunes que les nôtres et plus légers. Nous avons des gréements qui ont quasiment la même taille.
Les bateaux sont assez proches en vitesse, à part peut-être dans les transitions de petit temps où IDEC est très performant. Ils connaissent super bien leur bateau et la course se joue à très peu… comme percuter un poisson hier après-midi.
Jusqu’au bout, ce sera très ouvert. C’est pour ça qu’on se bat sur les problèmes techniques ; je suis toujours aussi content de les résoudre et on ne lâche rien ! »

Gwénolé Gahinet (IDEC SPORT) : « On fait du prés. On vient de prendre un ris dans la grand-voile. On rencontre une mer de face qui ne nous facilite pas la vie. On attend une rotation du vent dans quelques heures. On fait route directe vers New York, malheureusement, ça ne va pas durer, le vent va refuser en tournant à droite. On va chercher cette rotation du côté de la zone d’exclusion qui borde les côtes américaines.  On peut arriver à partir de 5h TU le 4 juillet, mais on risque de finir dans un vent de Sud-Ouest assez faible et il peut se passer des choses jusqu’au bout, avec pas mal de manœuvres, de virements. La baie de New York n’est jamais simple, surtout dans ce type de conditions. Au niveau du bateau, tout va bien, à part deux ou trois petits bobos. On a juste eu un petit souci avec la montée de la dérive. On a fait une erreur de manipulation pendant une prise de ris, mais on a réparé. Rien de grave. »

Stan Thuret (Actual) : « On est dans le brouillard avec une visibilité réduide à 50 mètres. On progresse à 84° du vent dans 24 nœuds. On est sous J2, grand voile haute. On trace bien, à 23 nœuds, on sort de la zone des glaces. Il y a pas mal de vie autour de nous, aquatique notamment avec des bancs de dauphins. Ils ne sont pas trop joueurs, on voit qu’ils sont plus là pour se nourrir. Il y a des oiseaux aussi que je n’avais jamais vus auparavant. On croise aussi des pêcheurs et des cargos qui se dirigent vers l’Europe. Cette nuit, l’eau était à 5°. Tout était humide à bord et ça piquait un peu. Davy (Beaudart) a eu le quart le plus froid. Le bonnet, les gants et l’écharpe étaient obligatoires. On estime qu’il nous reste 3 jours et 13 heures de course. On va donc rater la Fête Nationale Américaine, mais on sera là pour la remise des prix. »

 

 

The Bridge, Macif toujours en tête devant Idec Sport et Sodebo

Pas de changement au niveau du classement de The Bridge, François Gabart et ses hommes sont toujours en tête avec 80 milles d’avance sur Idec Sport, qui a réussi à contenir le retour de Sodebo qui pointe à 30 milles d’Idec Sport. Actual a près de 500 milles de retard.

Jean-Marie Liot / DPPI / IDEC

Thomas Coville et son équipage ont recollé hier dans le passage d’un dorsale anticyclonique. Les quatre trimarans évoluent toujours au près, mais le flux s’est renforcé et devrait continuer à forcir, avec un possible atterrissage sur les côtes américaines dans 30 noeuds d’ici 48h.

Yves le Blévec (Actual) :
« Il n’y a pas beaucoup de vent et on avance très doucement. Davy (Beaudart) aux commandes fait marcher le bateau. J’étais à la table à carte en train de faire une petite sieste quand le fleet a sonné, et le quart en stand-by me chambre… Sinon, le Queen Mary 2 va arriver et nous on n’est pas rendus. C’est vraiment complexe pour arriver à New York, et du coup on prend notre mal en patience. Je suis content d’apprendre que nous avons été les plus rapides cette nuit. Tant que le premier n’a pas franchi la ligne d’arrivée, il y a encore du jeu. Hier, la visibilité s’est bien améliorée, et il y a même des moments où il faisait franchement beau, mais toujours dans une situation très instable. Le vent n’est vraiment pas facile à négocier, hyper variable en force et en direction, et sur une fréquence de quelques minutes. Cela génère pas mal de discussions à bord pour savoir quel est le niveau moyen de vent qu’il faut prendre en compte pour avoir la bonne voile. De plus, on traverse différents méandres sous l’influence du Gulf Stream, et la température de l’eau change régulièrement et modifie beaucoup la météo. »

Thomas Coville (Sodebo Ultim) :
« Les conditions de mer et de vent sont très clémentes depuis le début, parfois un peu trop à notre goût et elles sont les mêmes pour tout le monde mais pas au même moment ! Les phases de transitions favorisent légèrement Macif et Idec; on joue et on reste à l’affut à chaque fois. La vitesse du vent crée des différences de vitesses énormes, qui dessinent des scenarios improbables où tout se joue à chaque fois. L’espoir renaît alors et remplit l’équipe de l’énergie de la nouvelle situation.
J’adore ce moment où tout est possible de nouveau, même si la situation météo et les enchainements ne permettent pas de créer des décalages d’angle ou de route qui pourraient être une option. Il faut donc rester à 100 % sur les réglages et le fonctionnement du bateau pour s’offrir une opportunité.
Vivre l’instant sans perdre le fil du projet à suivre, voilà l’enjeu et mon rôle pour garder l’attitude d’attaquant de tout le groupe. Chacun y va de son commentaire. Chacun, avec son œil expert, reste compétiteur et se projette dans une situation. »

Gwénolé Gahinet (IDEC Sport) :
« Nous retrouvons le soleil. Le passage sur les grands bancs a été fidèle à la légende de l’endroit, telle que la narraient les Terre-Neuvas. On a beaucoup pensé à eux, qui travaillaient des semaines durant dans ce brouillard épais, dans le froid et l’humidité permanente. La bagarre sur l’eau est intense. Macif va vite, et on continue de cogiter pour exploiter la moindre opportunité. On contient bien Sodebo. Il était revenu hier dans la pétole à moins de deux milles et on l’observait à l’AIS. Puis on a viré et on est reparti. C’est une situation très tendue mais très excitante. Le vent est bien rentré à présent. On marche à 25 noeuds, toujours au près et avec notre grand J1 à l’avant. C’est notre voile magique qu’on tient à partir de 6 noeuds de vent. Bien utile d’avoir une voile aussi performante et aussi polyvalente pour un équipage réduit, car cela nous économise de fastidieux changements de voile. Le bateau se comporte très bien au près, surtout si l’on considère que nous n’avons pas de mât basculant. Le vent va continuer à se renforcer jusqu’à demain soir. Il y aura un contrebord à tirer et on s’attend à un atterrissage compliqué du côté de Nantucket, avec 25 à 30 noeuds de vent annoncés. »

The Bridge : la flotte au louvoyage

Au troisième jour de course, les quatre équipages des maxis trimarans évoluent au près, dans un couloir d’environ 200 milles de large, délimité par l’anticyclone des Açores au sud et la Zone des Glaces au nord, qui a été élargie.
Les conditions ne sont donc pas très favorables à la vitesse, l’anticyclone remontatn très nord engendre un flux faible, qui a permis à l’équipage de Sodebo de recoller un peu aux deux leaders. Thomas Coville et ses hommes pointent à 70 milles, Actual à 200.
Idec Sport a été légèrement décroché à une trentaine de milles du leader Macif.

 

Les premiers trimarans  sont attendus lundi vers 8h du matin, heure locale, à New York.

Image licensed to Lloyd Images

François Gabart (Macif) : « On est forcément ravis d’avoir réussi à creuser sur IDEC SPORT, ce serait dommage de ne pas l’être. Mais on arrive dans une zone avec pas beaucoup de vent, on reste prudents, c’est loin d’être fini tout ça.
Cette nuit, on a eu au plus fort 20-25 nœuds, au débridé, puis une petite molle. On va de nouveau tomber aujourd’hui dans une zone avec très peu de vent,  avec probablement un petit contrebord bâbord à faire. Dans ce genre de conditions, on peut se faire rattraper ou continuer à creuser. Dans les prochaines 24 heures, on a au moins deux virements à déclencher, avec beaucoup de changements de voiles. Il peut se passer plein de choses, ça peut recoller. Aller jusqu’à New York, cela reste pas simple du tout, je le confirme !  Les conditions ne nous facilitent pas la vie.  On n’est un peu coincé par l’anticyclone et la zone des glaces. Mais on va faire avec, on n’a pas le choix. »

Thomas Coville (Sodebo Ultim’) : « On et en chasse depuis le petit décalage qui s’est produit il y a 48 heures.  On a beaucoup de manœuvres à faire, c’est assez tonique. On passe du près à des allures un peu plus débridées, travers au vent, comme on a eu cette nuit. Il faut suivre le rythme, les enchaînements, c’est là que cela se joue. À part le gennaker, toute la garde-robe y est passée. Depuis le départ, on n’a pas fait beaucoup de portant. On espère pouvoir profiter ou créer un petit décalage, un petit changement d’angle pour rattraper notre retard, qui peut se mesurer à 2 heures à bord de nos bateaux. On verra si le passage de la zone des glaces nous offre une opportunité. »

Davy Beaudart (Actual) : « Nous avons eu jusqu’à 25-30 nœuds la nuit dernière, la mer était hachée, le bateau cognait beaucoup ce qui nous a contraint à lever le pied un peu. Là ça va mieux, ça se dégage, le vent tombe. Nous avons remis de la toile aussitôt. Nous approchons de la bordure de l’anticyclone, il va falloir tirer des bords… Dans la journée, ça va mollir un peu et ça va refuser en approche de la dorsale de l’anticyclone. Les bateaux de devant vont buter dedans les premiers. À bord, Sam (Davies) fait tourner les modèles afin de déterminer la route optimale pour passer sous la zone des glaces, cela ne va pas être simple. Il va falloir la longer en tirant des bords. L’ambiance est vraiment très bonne à bord et on prend tous beaucoup de plaisir à être en mer.  »

Gwénolé Gahinet (IDEC SPORT) : « On est très content, le début de course s’est super bien passé. On a fait des manœuvres et des trajectoires propres. La nuit dernière a été un peu plus difficile dans du près sur une mer un peu hachée, et on a vu Macif nous passer à avec une bonne vitesse. Il a dû prendre un ris avant nous, mais avec son mât basculant et ses foils, cela reste un autre bateau. Dans ce type de conditions, il a un net avantage. Ce matin, on est dans la pétole, et on attend une petite rotation pour virer. Nous menons le bateau d’une façon qui est assez propre à Francis (Joyon). On place le curseur sur la conduite du bateau toujours assez haut, tout en essayant d’économiser les manœuvres, d’autant plus que nous ne sommes que cinq à bord. »

FrancisJoyon (IDEC SPORT). « Nous observions Macif à l’AIS et on pouvait deviner très précisément quand il se mettait à « voler ». Alors que nous étions parfaitement réglés avec la voile du temps, il allait jusqu’à 5 à 6 noeuds plus vite que nous qui naviguions de manière plus traditionnelle, à plat. C’était impressionnant. Avec un affaiblissement depuis ce matin de la force du vent, qui est passé de 25 à 10 noeuds, on voit que les vitesses s’égalisent entre Macif et nous.

C’est une Transat vent debout. Nous sommes parfois tentés d’abattre un peu pour aller titiller les 40 noeuds de vitesse, comme ce fut le cas la nuit dernière, mais ce n’est pas raisonnable car il nous faut rejoindre New York. Nous allons chercher le refus, moment où le vent va basculer dans l’axe de progression du bateau. Nous effectuerons alors un petit virement de bord pour reprendre notre progression vers l’ouest, toujours au près mais dans des vents faibles, dans l’attente de la prochaine dépression. Nous ne désespérons nullement de revenir sur Macif. Nous sommes heureux de pouvoir tenir tête dans certaines conditions à un bateau aussi novateur.

Les quarts tournent bien, et toujours dans la bonne humeur. Gwéno et moi-même récupérons deux fois par jour les fichiers météos américains et européens. On fait une petite synthèse, souvent avec le soutien de Pic (Sébastien Picault), tout en gardant un oeil sur l’AIS pour observer nos adversaires, et nous décidons ainsi du cap à suivre pour les heures à venir. Quentin Ponroy, benjamin du bord et voilier de son état, prend beaucoup de plaisir à la barre, le nez dans ses chères voiles qu’il inspecte en permanence pour en tirer la quintessence. »

The Bridge 2017 : Idec Sport et Macif s’échappent

Macif et IDEC SPORT se livrent bataille en tête de flotte de The Bridge, ils échangent la première place au rythme des classements.

Photo Jean-Marie Liot / DPPI / IDEC

Les deux équipages menés par François Gabart et Francis Joyon ont distancé Sodebo et encore plus Actual, ceci en ayant réussi à s’extirper des calmes hier soir, alors que leurs deux adversaires sont restés englués plusieurs heures.
Les deux leaders naviguent à plus de 32 noeuds ce soir, petit avantage de 6 milles pour l’équipage d’Idec Sport face à Macif, Sodebo pointe à 88 milles et Actual à 215.

Davy Beaudart (Actual) : « On est au près, on monte tranquillement au Nord pour aller chercher la bascule de vent de la première dépression. C’est ambiance « saute-moutons » sous un ciel gris avec quelques grains qui passent. On devrait virer dans le milieu d’après-midi (HF). On va alors toucher un flux de Nord qui va se renforcer gentiment entre deux dépressions. On va avoir 24 heures un peu toniques au reaching avec une mer un peu croisée. Ça va être une partie un peu plus rapide, mais aussi plus délicate à gérer. On adorerait profiter des transitions pour revenir sur nos trois camarades de devant, mais en vitesse pure, cela restera dur.  On va prendre ce qu’on peut prendre. On ne va rien lâcher jusqu’à l’arrivée. »

Yves le Blévec (Actual) : « Nous avons passé une journée un peu difficile hier dans la dorsale où l’on n’avançait vraiment pas vite. Là, nous sommes partis pour une vraie transat de près. Nous allons accrocher un premier petit front dans les heures qui viennent.
Actuellement, il y a une vingtaine de nœuds de vent avec des rafales : sur le pont il faut vraiment garder la main sur les écoutes car le vent est assez instable. Le jour est en train de se lever. On prend nos marques, chacun entre dans le rythme. Globalement ça va bien à bord, tout se met en place. »

Vincent Riou (Sodebo Ultim’) : « On  a passé un petit front cette nuit. Pour nous la situation est compliquée, c’est très désavantageux d’avoir du retard, mais on est toujours à l’attaque et on attend notre heure. Devant nous, on a une zone de transition avec du vent un peu faible qui va nous ralentir toute la journée beaucoup plus que nos adversaires. Il va falloir se battre pour ressortir au plus vite. Actuellement, nous sommes au près serré dans 12/13 nœuds de vent. On a eu jusqu’à 25 nœuds cette nuit au passage de front, et là, on repart dans un vent de 10 nœuds, voire moins pour la journée. Le choses ne sont pas super bien enchaînées pour nous, on a raté deux-trois petits coups et depuis on est un peu la peine. Cela s’est joué à peu de choses lors de la première nuit, c’est la vie des courses au large et la route est encore longue. »

Jean Luc Nélias (Sodebo Ultim’) :  « On a passé en fin de nuit le centre d’une basse pression. Il a plu un peu. On a viré vers l’ouest au lever du jour. On a fait des sauts de vagues en tribord amures. Le ciel est entre bleu et gris et le vent redevient faible et instable. Ça oscille autour de 14 nœuds. Nous avons fait des changements de voiles d’avant et de ris dans la grand-voile. Les quarts n’ont pas été trop perturbé. Le maximum de vent que nous avons eu c’est 23 nœuds.
Aujourd’hui nous passons une zone de transition entre deux basses pressions sans vent, ce qui va impliquer des manœuvres. Pour le moment on subit un peu la stratégie. C’est toujours meilleur pour ceux qui ont réussi à être devant en arrivant dans l’Ouest de la Bretagne. Il fait plus froid depuis ce matin. »

Sébastien Picault (IDEC SPORT) : « On est très heureux du départ et de la façon selon laquelle se goupille ce début de course. Nous avons mis nos quarts en place de deux, avec Francis qui vient de nous donner des coups de main et supervise tout ça. Nous avons un petit décalag au Sud par rapport à Macif, qui reste quand même très à l’aise en vitesse et on ne trouvait pas très judicieux de faire une route similaire. On fait notre petit chemin. La route est encore longue, avec des petits trucs à jouer. On essaye de faire les bords rapprochants au mieux. On essaye de bien tenir nos rythmes de quarts. Jusqu’à présent, on a réussi à se reposer correctement. Au départ, cela a été plus sportif. Lais à présent, plus au large, on essaye de choisir le moment le plus judicieux pour déclencher une manœuvre afin d’être cinq sur le pont. Pour l’instant, tout se passe plutôt bien, pour le bateau, comme pour les bonhommes. »

Francis Joyon (IDEC SPORT) :« Nous avons eu le passage de front un peu plus tôt que Macif » explique Francis, « et avons viré de bord avant eux. Il va très vite dans notre nord. Nous surveillons aussi Sodebo qui a poussé son bord un peu plus nord pour bénéficier, j’imagine, d’un bon angle de descente aujourd’hui. Nous sommes heureux de pouvoir demeurer quelques heures sur un même bord tribord amure. Nous avons beaucoup travaillé depuis le départ, du fait de notre équipage réduit à 5 hommes. Nous commençons seulement à nous organiser en quarts de deux personnes sur le pont, prêts à réveiller les deux autres en cas de manœuvres lourdes. Je demeure hors quart, mais disponible pour tous en plus de mon tour de barre. Nous commençons seulement à récupérer mais par petites tranches de repos seulement, qui nous laissent un peu en dette de sommeil. La mer semble s’aplanir quelque peu. Il fait gris, mais avec peu de pluie. Tout le monde à bord est vraiment « au taquet », et Alex (Pella) n’a pas encore eu le loisir de nous raconter une de ses blagues coutumières. La course est tout sauf rectiligne. Pas de route directe en vue mais de nombreuses dépressions à négocier. Cela me rappelle mes Transats Anglaises… »

Macif suivi de près par Idec Sport sur The Bridge

Après un départ spectaculaire depuis Saint Nazaire hier, les quatre trimarans ultimes ont débuté cette course dans une dorsale anticyclonique, synonyme de petites vitesses.

© Thierry Martinez / THE BRIDGE

Les quatre équipages engagés n’ont eu que peu d’opportunités tactiques durant ces 24 premières heures et suivent une route nord comme l’explique Dominic Vittet, le consultant météo de la course : « Ce matin on voit que les quatre bateaux ont choisi l’option Nord. L’option Sud ne n’est pas révélée réaliste à long terme. Mais ils doivent d’abord travrser une immense zone de calmes qui s’étend de la pointe des Cornouailles Anglaises jusqu’au large de la Péninsule Ibérique ».

Demain, l’ambiance devrait être différentes sur les grands multicoques, qui vont toucher une dépression : « La nuit prochaine et les journées de mardi et mercredi s’annoncent bien meilleures et surtout plus musclées : plus les voiliers vont se rapprocher de la dépression, plus le Sud-Ouest va fraîchir (jusqu’à une vingtaine de nœuds) et basculer au Nord-Ouest.»

A l’heure actuelle François Gabart et ses cinq équipiers sur Macif mènent la danse devant Francis Joyon et ses quatre équpierssur Idec Sport. Ils ne sont qu’à 3 petits milles du leader, Sodebo pointe en 3ème place à 36 milles, Actual d’Yves le Blévec ferme logiquement la marche à 84 milles.

Francis Joyon (IDEC SPORT) : « Bien que très concentrés sur nos manœuvres hier soir, nous n’avons pu nous empêcher d’être émus par ce magnifique départ devant Saint-Nazaire. On voyait ce monde incroyable le long des jetées et des berges. Je crois que le spectacle était magnifique pour tout le monde, marins comme public. On s’en tire plutôt pas mal dans le petit temps, à vue de Macif, un bateau de la toute dernière génération. Notre voile d’avant très polyvalente fait des merveilles. On a joué un peu à l’entrée du golfe du Morbihan hier soir, et notre bonne connaissance des lieux, et des courants, nous a grandement servis. Nous faisons à présent route directe vers New York, à la recherche de cette dépression qui va nous mener dans l’ouest de l’Irlande. Il y aura plus de vent, plus de mer aussi. Pour l’instant, la navigation est très paisible, et le vent de sud-ouest nous réchauffe un peu. Notre équipage réduit à 5 hommes a beaucoup manœuvré depuis le départ. Nous étions tous sur le pont jusqu’à deux heures du matin. On commence seulement à s’organiser, tellement nous avons été sollicités par des manœuvres de voiles d’avant. Nous allons terminer cette course probablement très fatigués. »

Yann Riou (Macif) : « Nous sommes en train de traverser notre première dorsale. Le vent, qui n’a jamais été très fort depuis le départ a faibli petit à petit jusqu’à maintenant, où nous déplaçons sur l’eau à la vitesse de 6 nœuds. Lorsque nous aurons passé l’axe de cette dorsale, le vent forcira progressivement. Évidemment, le premier bateau qui retouchera du vent pourra creuser un peu l’écart sur ses concurrents. D’où l’importance de ce qui se joue en ce moment.
Bonne ambiance à bord. Hier, la journée a été sportive, avec plusieurs virements, dont certains sous J1, notre plus grand génois, et donc le plus long à reborder. Aujourd’hui c’est un peu moins physique, mais on reste très concentré pour sortir des calmes. On surveille IDEC SPORT qui est à vue, et SODEBO Ultim’ sur l’AIS (système de reconnaissance  et de positionnement). Le tout sous un léger fond musical – la « playlist » de François – qui sort d’une petite enceinte dans le cockpit. »

Samantha Davies (Actual): « cette première nuit fut superbe, une navigation de rêve ! Maintenant, ça commence à être plus compliqué, sans vent, ça va durer toute la journée avant que l’on retrouve de la brise, de l’autre côté de cette dorsale. Et après, ce sera moins drôle : on aura de la pluie, du vent, mais le positif c’est que l’on ira vite et vers l’ouest !»

A lire également, une interview de Francis Joyon  sur Le Télégramme, qui revient l’équipage très réduit sur cette course, ainsi que sur le Collectif Ultim, sur lequel le skipper se montre assez critique.

Le Maxi Edmond de Rothschild dévoilé par le Gitana Team

Le Gitana Team a dévoilé en grande partie son nouveau trimaran, le Maxi Edmond de Rothschild, qui sera mené par Sébastien Josse.

Celui-ci est actuellement en chantier chez Multiplast à Vannes, le multicoque a été dessiné par l’architecte naval  Guillaume Verdier  en collaboration avec le bureau d’études Gitana.

Le trimaran bénéficie des recherches faites par l’équipe de Guillaume Verdier sur la dernière Coupe de l’America’ (l’architecte avait dessiné le catamaran d’Emirates Team New Zealand, finaliste de l’America’s Cup), la coque centrale et des flotteurs sont fins et leurs carènes présentent une forme en U afin de favoriser le planning, et le vol.
L’objectif du Gitana Team étant de disposer du premier trimaran océanique capable de voler au large, pour se faire l’équipe avait déjà grandement fait évoluer le MOD70 du team (qui navigue aujourd’hui sous les couleurs de Maserati), qui a servi de laboratoire pour le développement des appendices.
Comme sur le Multi70′, le Maxi Edmond de Rothschild disposera de foils en L et de safrans à plans porteurs, qui permettront au trimaran de décoller, ils ne seront dévoilés que lors de la mise à l’eau en juillet.
Le skipper espère des vitesses proches des 40 noeuds en mode archimédien, et probablement quelques noeuds de plus en mode « aérien ».

Un soin particulier a également été porté à l’aérodynamisme de la plate forme avec des carénages de bras et un cellule de vie profilé en forme de goutte d’eau intégrant l’emplanture du mât, ainsi que la cellule de vie et le poste de manoeuvre, qui offrira au skipper un espace protégé pour mener son trimaran.

Initialement prévu avec une taille de 33m de long pour 23 de large, le trimaran ne mesurera finalement que 32m de long, afin de coller aux mesures maximales du Collectif Ultim. Reste la question de l’asservissement des appendices sur lequel le Gitana Team travaille depuis plusieurs années, celui-ci est jusqu’ici interdit par le Collectif. Cependant il est probable que ce point puisse être rapidement revu afin d’intégrer le Maxi Edmond de Rothschild au groupe.

Le programme de Gitana 17 comprend la Transat Jacques Vabre en novembre 2017(Sébastien Josse embarquera Thomas Rouxel pour le seconder), en 2018 il sera sur la ligne de départ de la Route du Rhum puis  sur celle du tour du monde en solitaire en course à l’automne 2019.

En dehors des innovations technologiques, le Gitana Team innove aussi du côté artistique avec une décoration adaptée par Jean-Baptiste Epron au trimaran d’après une oeuvre originale de Cleon Peterson.

Oman Air remporte le GC32 Championship devant Alinghi et SAP Extreme Sailing

Au terme des cinq jours de régates, l’équipage d’Oman Air, mené par Phil Robertson, s’est imposé face aux dix autres équipages engagés sur ce premier championnat GC32.
Les « locaux » de l’étape n’auront jamais été réellement menacé au classement général. Alinghi et SAP Extreme Sailing Team ont bataillé pour la seconde place, l’équipage suisse a pris le meilleur sur les danois et s’impose à la seconde place au général devant SAP.
Une belle performance pour l’équipage mené par Ernesto Bertarelli, qui a barré son catamaran sur une bonne partie de ce championnat.
Red Bull Sailing Team prend la quatrième place devant les jeunes de Team Tilt et le Team ENGIE.
Là aussi, la performance est satisfaisante pour l’équipage du jeune team suisse, qui a nettement dominé les équipages qu’ils rencontreront lors de la prochaine Red Bull Youth America’s Cup.

Les équipages des différents GC32 vont désormais se répartir sur les différents circuits.
Oman Air, Alinghi, SAP Extreme Sailing Team, Red Bull Sailing Team, Land Rover BAR Academy seront de nouveau présents sur ce circuit, rejoint par le team néo-zélandais Tawera Racing.
Les équipes de Team ENGIE et du team Tilt ont été invité par les organisateurs des ESS afin de participer à la première étape des ESS.
Ce principe de wildcard devrait être de nouveau proposé sur chaque étape afin de pallier au plateau réduit et encourager l’émergence d’équipes locales.

Le plateau du GC32 Racing Tour (circuit européen) devrait être un peu plus fourni avec une dizaine d’équipages espérés.

Arnaud Psarofaghis, barreur d’Alinghi :
« En 3ème position ce matin, nous avions 7 points de retard sur SAP et 14 sur Oman Air. Etant donné les prévisions annonçant peu de vent, et donc peu de courses possibles, c’était assez difficile de viser la première place.
Mais on s’est dit qu’il fallait tout tenter dès la 1ère manche alors nous sommes partis à l’opposé de la flotte, ce qui a très bien payé puisque nous la gagnons avec une belle avance.
Lors de la 2ème course, nous avons tenté d’exécuter le même plan. Avec un peu moins de réussite sur le départ, nous trouvons une belle ligne au près qui nous fait passer en tête à mi parcours. Puis, la direction du vent a tourné vers la droite…-rires d’Arnaud-…et on s’est un peu manqué sur le moment exact où il fallait lancer la dernière manœuvre pour aller au plus vite couper la ligne d’arrivée. Oman Air en a profité pour nous rafler la victoire de manche d’une seconde ! »

Yves Detrey , n°1 d’Alinghi :
« C’était globalement une belle semaine de compétition. Un peu de vent nous a manqué sur deux des cinq journées mais nous sommes satisfaits de cette reprise avec une bonne vitesse au près et au portant et une très belle 2ème place au classement général ce soir.
Nous avons commencé la semaine sur le podium et n’en sommes jamais descendus. C’était important d’être régulier sur ce type de long championnat. Si on regarde les 16 courses en détail, notre plus mauvais score est une place de 7ème, quand nos adversaires ont réalisé des 8ème, 10ème ou dernière place pour disqualification au départ.
Alors certes nous avons ponctuellement moins figuré aux avant-postes que nos concurrents directs, mais au final ça paye puisque nous terminons devant eux au classement général ! Team Tilt et Engie remportent chacun deux courses mais terminent 5ème et 6ème ce soir. SAP en gagne quatre, termine trois fois 2ème, trois fois 3ème mais monte sur la dernière marche du podium.
En tous cas, je tiens à adresser une mention spéciale à Ernesto qui, appliqué et super concentré, n’a rien lâché. Après un an d’absence à la barre du GC, il a su, comme le disait Nico hier, assimiler en quelques heures d’entrainement ce que nous avons appris sur plusieurs mois. Chapeau !
Place maintenant à un jour de repos sans navigation, avant de reprendre les entrainements et d’en découdre à nouveau sur le plan d’eau de Muscat dès mercredi. »

© Loris von Siebenthal

Jocelyn Keller, régleur de Team Tilt :
« Nous avons eu des conditions plus difficiles les deux derniers jours avec moins de vent, et sommes déçus de ne pas avoir réussi à jouer avec les premiers jusqu’au bout. Nous avons beaucoup appris et nous réjouissons de continuer cette semaine sur les Extreme Sailing Series, on est à fond ! »

Sébastien Schneiter, skipper de Team Tilt :
« On a commencé assez fort en gagnant des manches, et terminant dans les trois premiers, on était satisfait de notre niveau de navigation. On a plus de difficultés sur la fin mais on a beaucoup appris et terminons cinquièmes, un résultat correct vu le niveau général. C’était génial avec l’équipage jeune, on a tout donné et avons pu tourner l’équipe à bord. On est vraiment dans une phase d’apprentissage, on a énormément appris et on se réjouit d’utiliser cela dans quelques jours sur les Extreme Sailing Series ! »

Oman Air toujours en tête du GC32 Championship

Après quatre courses hier, la journée a été écourtée aujourd’hui à Oman. Une seule manche a été courue dans 9 à 10 noeuds de vent, celui-ci est ensuite tombé, la seconde manche du jour a été annulée pour cause de dépassement du temps limite. Les conditions ne s’étant pas améliorées, le comité n’a pas pu lancer d’autre manche ce jour.

©Jesus Renedo/GC32 Championship Oman 2017

©Jesus Renedo/GC32 Championship Oman 2017

Oman Air mène toujours, cependant l’écart s’est réduit et SAP Extreme Sailing prend la seconde place du général grâce à une deuxième place de la seule manche du jour, les danois pointent à 4 points du leader et ont 3 points d’avance sur Alinghi. Team Tilt est 4ème devant le Team ENGIE.

Les régates reprendront demain dès 12h heure locale.