Trophée Jules Verne : démâtage de Spindrift 2 au large de Brest

Yann Guichard et ses équipiers avaient quitté Brest en début d’après-midi afin de rejoindre la ligne de départ d’une tentative de Trophée Jules Verne. Le skipper qualifiait cette tentative de dernière chance, la saison des record prenant fin, les conditions s’annonçaient musclées avec un début de parcours au près dans plus de 30 noeuds de vent et 2 à 3 mètres de houle.

Vers 16h15, le maxi trimaran a démâté  entre la pointe de Saint Mathieu et Camaret.
Au moment du démâtage Spindrift 2 évoluait alors dans un flux de secteur ouest d’une trentaine de noeuds, dans une mer de 3 mètres et naviguait 2 ris J3 (ORC) au près à 15-18 noeuds.

Le trimaran a été remorqué par une vedette de la SNSM jusqu’à Brest, le mât et la voilure ont été largués sur la zone du démâtage du fait de la proximité de la côte. Ils font l’objet d’un appel à la vigilance.

© Chris Schmid/Spindrift racing

Yann Guichard, skipper du Maxi Spindrift 2  : « L’équipage est sain et sauf. C’est allé très vite ! En quelques secondes, le mât était tombé… Nous sommes tous très tristes : cela faisait déjà deux mois que nous patientions pour cette nouvelle tentative sur le Trophée Jules Verne. C’était la fenêtre de la dernière chance… C’est forcément une très grosse déception pour toute l’équipe, autant en mer qu’à terre car nous étions prêts. Il y a eu un gros travail d’optimisation sur le bateau et tout s’arrête en quelques instants. » déclarait Yann Guichard

« Nous faisions route vers la ligne de départ : les conditions étaient musclées, avec trente nœuds de vent et trois bons mètres de creux. Et quelques minutes avant que nous engagions notre virement vers la pointe Saint-Mathieu, le mât s’est rompu pour une raison inconnue. Il n’y a pas eu de blessés à bord et c’est le plus important. Malheureusement, nous avons du larguer le mât à la mer pour ne pas prendre de risques pour l’équipage car nous n’étions qu’à un mille et demi des roches du Toulinguet. Des opérations sont en cours pour pouvoir récupérer le gréement au plus vite car les conditions météorologiques vont se dégrader dès mardi matin. Maintenant, on va essayer de se poser pour comprendre ce qui s’est passé et puis aller de l’avant. »

 

Trophée Jules Verne : retour à Brest pour Spindrift2

Yann Guichard et son équipage ont fait demi tour et s’apprêtent à entrer dans le goulet de Brest, seulement quelques heures après avoir quitter le quai Malbert.

© Chris Schmid/Spindrift racing

En cause pour ce faux départ, la météo avec une absence de vent au large et donc l’impossibilité d’accrocher le front qui devait les emmener à l’équateur. Le skipper en accord avec le routeur à terre ont donc choisi de retourner à terre et de se remettre en stand-by.

Une nouvelle fenêtre pourrait de nouveau s’ouvrir en fin de semaine pour l’équipage de Spindrift 2.

Trophée Jules Verne : top départ ce soir pour l’équipage de Spindrift 2

Yann Guichard et ses onze équipiers vont quitter le port de Brest cette après midi afin de rejoindre la ligne de départ de leur tentative de Trophée Jules Verne entre Ouessant et le Cap Lizard. Ils devraient débuter cette tentative de record autour du monde en équipage entre 22h et 1h.
L’équipage de Spindrift2 n’aura pas eu beaucoup d’opportunités météos durant ce long stand by. Ils bénéficieront des conseils de Jean-Yves Bernot, qui sera leur routeur à terre.


L’entame s’annonce atypique, comme l’explique le skipper de Spindrift 2, Yann Guichard :
« Nous n’avons pas eu d’ouverture depuis le début de notre stand-by mi-novembre ! C’est la première opportunité qui se dessine mais on va commencer par faire du près pour aller chercher un front dans l’Ouest qui va ensuite nous permettre de descendre avec du vent de Nord-Ouest vers les Canaries. À l’exception de cette entame, la route s’annonce assez classique avec une aile de mouette sous l’anticyclone des Açores…
L’anticyclone de Sainte-Hélène dans l’Atlantique Sud ne semble pas nous barrer la route, mais ne nous leurrons pas : nous avions prévu un stand-by jusqu’à la fin du mois de janvier et en partant en début de cette semaine, nous n’avons plus de joker ! Ce sera une tentative réussie ou non, il n’y en aura pas d’autres cet hiver… Il faut donc que nous fassions un temps correct (autour de 12 jours) pour arriver à la longitude du cap des Aiguilles. Francis Joyon et ses hommes n’avaient pas pu faire un super score lors de leur Trophée Jules Verne (12j 21h 22’) mais avaient enchaîné un Indien remarquable !  Spindrift 2 est prêt, l’équipage est prêt, nous sommes heureux de partir ! Il n’y a que la nourriture fraîche que Xavier Revil ira chercher lundi matin… Pour un départ du quai vers 18h00 et un passage de ligne tard dans la soirée. »

Le temps de passage estimé à l’équateur est d’environ cinq jours, il faudra ensuite un bon enchainement dans le grand sud afin d’aller chercher le chrono du détenteur du record, l’équipage d’Idec Sport en  40 j 23 h 30 min 30 s.

L’équipage de Spindritt 2 pour cette tentative de Trophée Jules Verne sera constitué de :
Yann Guichard (skipper)
Erwan Israël (navigateur)
Jacques Guichard (chef de quart/barreur-régleur)
Christophe Espagnon (chef de quart / barreur numéro un)
Xavier Revil (chef de quart/barreur-régleur)
François Morvan (barreur-régleur)
Antoine Carraz (barreur-régleur)
Thierry Chabagny (barreur /numéro un)
Ewen Le Clech (barreur-régleur)
Sam Goodchild (barreur / numéro un)
Thomas Le Breton (barreur-régleur)
Erwan Le Roux  (barreur-régleur)

Routeur à terre  : Jean Yves Bernot

 

Nice Ultimed, nouvelle course du Collectif Ultim en avril 2018

Alors que The Bridge se termine avec l’arrivée de l’équipage d’Actual aujourd’hui, une nouvelle course dédiée aux maxis multicoques a été dévoilée aujourd’hui.

Photo Jean-Marie Liot / DPPI / SODEBO

Cette course, organisée par ASO, se déroulera au départ et à l’arrivée de Nice du 28 avril au 6 mai 2018.
La course se déroulera en équipage, avec environ 7 jours de mer, dont plusieurs passages devant Nice, et à proximité de plusieurs côtes afin que le public puisse assister à ces passages.

Le plateau est pour l’instant composé de Banque Populaire XI qui sera mis à l’eau en fin d’année et qui sera mené par Armel le Cléach, de Sodebo deThomas Coville, d’Actual d’Yves Le Blévec  et  d’IDEC Sport mené par Francis Joyon.

François Gabart (MACIF), membre du collectif Ultim décidera de sa participation à l’issue de sa tentative de record du Tour du Monde en solitaire prévue cet hiver, et du chantier de remise en état de son trimaran qui la suivra.

Le Maxi Edmond de Rothschild, de Sébastien Josse, pourrait également faire parti du plateau.

The Bridge : IDEC SPORT 2nd, Sodebo 3ème

Après Macif, vainqueur de la course, arrivé hier, le podium de The Bridge a été complété aujourd’hui par l’équipage d’IDEC SPORT mené par Francis Joyon et par celui de Sodebo de Thomas Coville.

Les deux équipages ont terminé dans les petits airs au large de New York.
Francis Joyon, Alex Pella, Gwénolé Gahinet, Sébastien Picault et Quentin Ponroy auront mis 8 jours, 11 heures et 9 minutes sur IDEC SPORT, contre  8 jours 16 heures 18 minutes et 55 secondes Jean-Luc Nélias, Vincent Riou, Billy Besson, Loïc Le Mignon, Thierry Briend sur SODEBO.

© Thierry Martinez / THE BRIDGE

Les réactions des équipages :

Francis Joyon, skipper d’IDEC SPORT
« On était à 3 nœuds par moment dans la rivière avec le contre courant, du plein ont arrière qui tournait vent debout. Le final était assez interminable, mais on s’en est assez bien sorti le long de Long Island avec un orage qui nous a bien aidés. 

Globalement, on est contents. Les gars se sont bien amusés. J’ai un équipage heureux qui est toujours content de naviguer proprement, de faire des bonnes blagues. On a fait des belles manœuvres, on a vraiment fait marcher le bateau au mieux tout le temps. Au niveau de la stratégie, on a essayé de faire des routes les plus propres possibles. Tous les cinq, nous sommes plutôt satisfaits de notre travail.
J’ai trouvé très amusant d’avoir des bateaux au contact, de pouvoir faire de la stratégie par rapport à eux. J’avais fait ça du temps des trimarans ORMA, et j’ai retrouvé ça avec plaisir. On était léger mais dans le gros temps, on aurait apprécié un équipier de plus. On a moins eu la sensation de vitesse qu’on a connu dans le Trophée Jules Verne. On a découvert le bateau à des allures de près. Il est très complet et on continue d’en apprendre sur son compte. J’ai rempli tout un cahier de petites améliorations à effectuer…

On a été devant MACIF un bout de temps, puisque le deuxième jour on était encore en tête. On était assez optimistes sur les capacités du bateau dans un certain type de temps, mais il est vrai que quand ses plans porteurs ont pu le faire voler, on ne pouvait plus faire grand chose à part regarder passer cinq nœuds pus vite que nous. On a essayé de faire des stratégies et des routes différentes qui ont parfois été assez payantes.

Contre les vents debout, on a forcément moins eu la sensation de vitesse au portant qu’on a pu avoir sur le tour du monde, ça nous a un peu manqué. Mais, on a découvert aussi les stratégies au près et les vitesses-cibles qu’on ne connaissait pas, on a vu les combinaisons de voilure les plus favorables.  Cela reste un bateau très complexe, et chaque fois que je navigue dessus, j’apprends énormément. »

Alex Pella, équipier sur IDE SPORT : « C’est une belle satisfaction que d’avoir pu rivaliser avec des bateaux aussi récents et aussi perfectionnés que Macif et Sodebo, malgré le désavantage d’un équipage ultra réduit… un beau résultat au final! »


© Thierry Martinez / Sea&Co

Thomas Coville, skipper de SODEBO :
« Lorsqu’on prend le départ d’une course comme The Bridge, on écrit l’épilogue avant même le départ : on veut tous le même résultat mais on ne sait pas encore comment ça va se passer. C’est la magie des courses et des transatlantiques.

En tant que skipper, je suis forcement déçu mais il ne peut y avoir qu’un seul gagnant.

Quand on navigue comme ça d’est en ouest, il y a des rebondissements et beaucoup de jeux d’élastique. A chaque fois que l’on revenait sur les leaders, nous avions un nouvel espoir et nous nous sommes battus pour. L’écart est relativement proche car il y a eu un vrai match. Sur le niveau de maîtrise des bateaux, il y a une vraie homogénéité.

L’adversaire a bien joué, très bien joué. François (Gabart) a un bateau plus récent que le nôtre, mais il faut savoir le mener !
IDEC SPORT a très bien joué stratégiquement. Une très belle course de Francis (Joyon) !

Macif est plus léger et plus large que nous. Il est plus véloce dans le petit temps et dans les relances.
IDEC SPORT est « le » bateau de référence de l’équipage autour du monde. Pour cette course, il avait typé le bateau avec une voile de petit temps.

Sur l’échiquier de l’Atlantique, MACIF et IDEC SPORT n’ont pas laissé de place même si à trois reprises, le décalage se comble et se reconstruit. C’est quasiment exponentiel.
Il n’y a pas d’erreur de la part de François et de Francis. Il y a une homogénéité en termes de compétences et c’est du très haut niveau qui présage des régates exceptionnelles. C’est positif pour ce qu’on essaie de construire avec le collectif.

C’est aussi un sport mécanique. Nous allions vite quand nous avons percuté un thon de bonne taille. Dans le choc, le safran tribord a cassé au ras du plan porteur, ce qui a été bien sûr un handicap pour la performance.
Nous avons aussi eu une fuite du système hydraulique, sur la fin de course. La réparation prend du temps sur la récupération et la navigation.
La blessure de Thierry a été très impressionnante pour lui et pour nous. Mais il ne faut pas résumer la course à cela. J’ai eu la chance de naviguer avec une super équipe, c’était jubilatoire, professionnel, avec de la rigueur et de l’humour.

Merci à l’organisation pour ce format de course différent. Tout ce qui a été monté à Nantes avec le basket, le départ de Saint-Nazaire avec beaucoup de monde, le symbole du Queen Mary 2, l’événement pour les partenaires à bord du paquebot pendant la course et l’arrivée dans ce site à New York… c’était un projet ambitieux qui a répondu à ses ambitions. Demain, je pense que le public se mobilisera à nouveau sur des projets comme ça, et nous en serons aussi acteurs avec Sodebo.»  

JEAN-LUC NÉLIAS, équipier sur SODEBO :
« Dans un équipage, c’est toujours bien de profiter et de partager l’expérience des autres et les cultures différentes. Tu es toujours content de voir dans l’œil des autres, sa découverte. L’arrivée à New York est toujours magnifique. Aujourd’hui, nous avons pu naviguer dans la baie à la voile jusqu’au Pont de Brooklyn avec du vent et pas de courant. »

VINCENT RIOU, équipier sur SODEBO :
« Nous avons eu quelques belles soirées avec de belles vitesses. On a tous partagés la barre pour profiter de l’instant. Sodebo Ultim’ est une des références parmi les bateaux les plus rapides au monde. C’est un bateau abouti, tout terrain, simple et bien pensé. Il est facile à manœuvrer. Il a été voulu et adapté au solitaire. Ce n’est pas un bateau conçu pour l‘équipage. »

L’équipage d’Actual reste le seul concurrent en mer, à 300 milles de l’arrivée.

Samantha Davies, Actual : « Tout va bien à bord Actual. Ce soir, après un début course sous le signe de la grisaille, nous avons eu enfin un ciel clair et nous avons profité de la lune et des étoiles. La lune est en phase croissante, et chaque nuit elle nous éclaire un peu plus. À cet instant, le clair de lune brille à travers le hublot de la table à carte, éclairant le clavier de mon ordinateur. 

La lune nous aide, mais les vagues sont contre nous ce soir. Nous faisons un peu des sauts dans vagues dans la partie la plus septentrionale du Gulf Stream. Les mouvements de ces trimarans Ultimes sont assez violents dans les moments chauds, mais associé au clapot, c’est un peu du rodéo qui ne s’arrête jamais.

Prendre son repas est toujours un défi et nous procure une série de « débordements » et de moments cocasses, heureusement sans dommages collatéraux. Le hors quart se limite à du repos et à trouver un emplacement confortable et stable, ce qui demande beaucoup d’énergie. La meilleure place est de se positionner dans les fonds, comme d’habitude !

Heureusement ces moments difficiles nous aiderons à rejoindre New York. Demain, nous allons passer encore quelques moments difficiles au passage d’une transition entre les vents d’Ouest et les vents d’Est, entraînant des zones de calmes.

Aujourd’hui, j’ai commencé à parler anglais pour acclimater l’équipage francophone d’Actual dans la perspective de notre arrivée à New York… « an English speaking city! »
Samantha Davies

Macif vainqueur de The Bridge

François Gabart, Pascal Bidégorry, Guillaume Combescure, Antoine Gautier, Benoît Marie et Yann Riou ont remporté The Bridge aujourd’hui à 13h 31mn et 20sec (19h 31mn et 20sec, heure française).
Le maxi trimaran MACIF a coupé la ligne d’arrivée, sous le pont de Verrazano-Narrows en baie de New York, après 8j 00h 31mn et 20sec de course, l’équipage aura parcouru 3 582 milles à 18,61 nœuds de moyenne contre les vents dominants.

Idec Sport devrait prendre la seconde place de la course dans les heures à venir, Francis Joyon et ses quatre équipiers n’étant plus qu’à 100 milles de l’arrivée.

Francis Joyon, skipper d’IDEC SPORT : « Nous avons de nouveau beaucoup manœuvré cette nuit. La mer était agitée, et le bateau sautait face à la houle. Nous avons dû lever le pied, dans une brume épaisse. Le bateau est en bon état malgré de nombreuses petites casses matérielles. Cette transat aura été riche d’enseignements, car nous sommes demeurés longtemps au contact des autres bateaux, tous très différents architecturalement du nôtre. Nous avons tous beaucoup appris… »

Sodebo devrait suivre quelques heures plus tard, Thomas Coville et son équipage ont été contraint de réduire l’allure pendant quelques heures, suite à la blessure de Thierry Briend, victime d’un traumatisme crânien suite à une chute sur le trimaran. Les nouvelles sont rassurantes comme l’expliquait le skipper à la vacation.

Thomas Coville, skipper de SODEBO : « L’histoire de Thierry nous a fait peur hier. Ce matin, il est allongé dans la bannette et il va beaucoup mieux.On traversait un front avec des courants, la mer s’est levée et elle devenue forte et abrupte.

Les conditions n’étaient pas faciles et on avait décidé de ralentir le bateau. Thierry venait de me relayer à la barre. Il y a eu une vague plus grosse que les autres qui l’a désarçonné. Il a été projeté de toute sa hauteur, et il fait quand même 1m80. Il a heurté un winch, puis un deuxième placé au centre du cockpit pour régler le chariot de grand-voile et il a perdu connaissance. Ça a été un moment fort en émotion de le voir ainsi, ce n’est pas un garçon qui a l’habitude de se plaindre.

Il a perdu connaissance, on l’a installé à l’intérieur en respectant les procédures apprises à l’entraînement. Heureusement, il a rapidement repris connaissance, il n’était pas cohérent, avec des pertes de mémoire et il reposait les mêmes questions.

S’il ne se souvient plus des circonstances de sa chute, il va bien aujourd’hui et tout est opérationnel chez lui. Il a un hématome derrière la tête et il ne souffre à aucun autre endroit. Il reste allongé dans la bannette avec une minerve. Il a déjà repris des forces.

Quand ce genre d’évènements arrive, cela nous rappelle la violence de ces bateaux dans certaines conditions.

Chacun a pris son rôle. On a été assisté par le CROSS Gris Nez, le CCMM (Centre de Consultation Médicale Maritime) de Toulouse, le MRCC de Boston (Maritime Rescue Coordination Centre), par les coast guards américains et par le Docteur Chauve, médecin de la course, qui collaboraient tous ensemble. La procédure médicale de surveillance s’est immédiatement mise en place. Il a été question d’hélitreuillage ou d’une évacuation vers Nantucket. Aujourd’hui, il n’en est plus question car Thierry va mieux, on va aller jusqu’à New York tous ensemble, tous les six et en course. »

Nous avons ralenti le bateau mais il n’a jamais été question d’arrêter de courir. On a ralenti pour s’occuper de Thierry qui était la priorité. Nous sommes toujours en course et nous allons aller jusqu’à Verrazano tous ensemble.C’est la bonne nouvelle : Thierry va terminer la transat avec nous.

 Il n’y a pas de problème pour aller tous ensemble jusqu’à New York avec une arrivée prévue demain en milieu de la journée heure française.

Aujourd’hui, le classement montre un bateau dernier né avec un skipper et un équipage qui l’ont exploité au maximum de son potentiel. Ce n’est pas un hasard si Macif gagne, bravo à eux.»

L’équipage d’Actual, à 530 milles de l’arrivée devrait en terminer d’ici 48 heures.

Sam Davies, Actual :  « Nous avons négocié la nuit dernière un « Trof », une zone de brises violentes et très instables avec des rafales. Maintenant nous sommes à nouveau au près, dans 20 nœuds de vent, juste en bordure du Gulf Stream. Ça tape pas mal et n’est donc assez compliqué de viser les touches du clavier !

Les acrobaties de la nuit dernière dans des rafales jusqu’à 35 nœuds avec des bascules de vent à 90° m’ont fait découvrir que naviguer à bord de tels géants des mers peut être stressant. À trois sur le pont (Yves, Jean-Bapt et moi) on a réussi à maîtriser le bateau, mais nous n’avons pas arrêté de manœuvrer.

Je n’imagine pas une seule seconde gérer cela en solitaire ! Énorme respect pour les skippers qui vont s’engager dans des tours du monde en solitaire à bord de tels engins !

Nous sommes d’ailleurs tous focalisés sur le défi qu’Yves va relever l’hiver prochain et nous mettons cette course à profit pour l’aider à préparer au mieux cette tentative de record de tour du monde à l’envers. C’est génial de faire partie de cette préparation et je suivrai ce challenge d’autant plus près que j’ai aujourd’hui cette incroyable opportunité de découvrir le monde des Ultims. »

The Bridge, Macif en route vers la victoire

L’équipage mené par François Gabart file vers la victoire sur The Bridge. En effet, Macif n’est plus qu’à 290 milles du but, avec 100 milles d’avance sur Idec Sport, 173 sur Sodebo et 614 sur Actual. La victoire semble donc acquise pour les six hommes de Macif sauf soucis technique.
Francis Joyon et ses quatre équipiers ont quant à eux sécuriser leur seconde place, aider par une avarie de safran sur Sodebo, suite à une collision avec un poisson.

© Lloyd Images

Vincent Riou (Sodebo Ultim’): « On navigue bâbord amures dans 15 à 20 nœuds de vent, au près. On va continuer ainsi quasiment jusqu’à la fin de la course. Il y a un peu de mer et ça « couine ». On n’avait plus l’habitude avec ces conditions tellement clémentes depuis le départ. On va avoir du vent plus fort à partir du milieu de nuit, et ça va se renforcer. On sait que ce sera du près jusqu’à New York.
On a utilisé le gennaker dans moins de 5 nœuds de vent au départ à la pointe de la Bretagne, et depuis il est resté dans son sac… a priori il va y rester jusqu’à la fin. Le petit décalage que nous avons créé avec IDEC Sport en étant un peu plus au vent, c’est une opportunité même si nous n’avions pas trop le choix. Ça va être du louvoyage jusqu’au bout. On va avoir un grand bord bâbord amure qui va nous amener entre la Nouvelle-Écosse, Boston puis Nantucket. Ensuite, il y aura une légère rotation du vent sur la droite pour faire route sur l’arrivée en tirant des bords. Une vraie transat de près ! »

Jean-Luc Nélias (Sodebo Ultim’) :« Ce n’est pas la situation la plus fun mais il n’y a pas le choix. Aujourd’hui, nous allons pas mal nous rapprocher du continent avant de redescendre vers Nantucket demain. Ce matin il fait beau, on est au près serré à faire du saut de vagues. Il fait bon et doux, cela n’a rien à voir avec la nuit précédente et ses brouillards pénétrants. Cet après-midi, le vent va monter à 25 nœuds. Au louvoyage il va y avoir des changements de voiles et aussi pas mal de virements.
La stratégie c’est d’essayer de créer des leviers sur Idec pour avoir une chance de le passer. Cela n’est pas facile car Macif a des meilleures conditions que Idec qui a des meilleures conditions que Sodebo… qui a des meilleures conditions qu’Actual.
On commence à sentir les effets de la terre, la vraie vie à terre ce sera mardi soir.. Le trafic maritime devient plus important, on aussi a croisé des cachalots, des baleines, des dauphins, un filet dérivant et des thons.   C’est sans doute un thon qui a tapé dans le safran tribord alors que nous avancions à 25nds. Il y a eu un bruit métallique. On a ralenti pour regarder et on a essayé de bricoler quelques temps sans succès. Quand nous avons viré de bord, on s’est rendu compte que le bas du safran avait disparu.
Dans la soirée on a tapé de la même façon avec l’autre safran. On a eu la barre bloquée pendant quelques minutes avant de réussir à rétablir le système et à relancer la machine. Pour le moment, on a perdu un peu de temps à bricoler et on est un peu ralenti en bâbord amure. Nous avons perdu pas mal de terrain hier avec nos ennuis et le vent plus favorable pour notre prédécesseur. »

Thomas Coville (Sodebo Ultim’) : « Avec François Gabart, c’est un peu le remake de l’année dernière sur The Transat dans des conditions qui lui sont encore plus favorables et où il peut exploiter le maximum du potentiel en équipage. Dans le petit temps et le medium au près, Macif est au top.
Idec Sport et Sodebo ont des plateformes qui ont des bouts chacun d’époques similaires. Je dirai aujourd’hui que Idec est même une référence en équipage depuis cet hiver. Par rapport à Sodebo, ils sont un peu plus long de 50cm et 1.3 m plus large. Les bras et les flotteurs sont 5 ans plus jeunes que les nôtres et plus légers. Nous avons des gréements qui ont quasiment la même taille.
Les bateaux sont assez proches en vitesse, à part peut-être dans les transitions de petit temps où IDEC est très performant. Ils connaissent super bien leur bateau et la course se joue à très peu… comme percuter un poisson hier après-midi.
Jusqu’au bout, ce sera très ouvert. C’est pour ça qu’on se bat sur les problèmes techniques ; je suis toujours aussi content de les résoudre et on ne lâche rien ! »

Gwénolé Gahinet (IDEC SPORT) : « On fait du prés. On vient de prendre un ris dans la grand-voile. On rencontre une mer de face qui ne nous facilite pas la vie. On attend une rotation du vent dans quelques heures. On fait route directe vers New York, malheureusement, ça ne va pas durer, le vent va refuser en tournant à droite. On va chercher cette rotation du côté de la zone d’exclusion qui borde les côtes américaines.  On peut arriver à partir de 5h TU le 4 juillet, mais on risque de finir dans un vent de Sud-Ouest assez faible et il peut se passer des choses jusqu’au bout, avec pas mal de manœuvres, de virements. La baie de New York n’est jamais simple, surtout dans ce type de conditions. Au niveau du bateau, tout va bien, à part deux ou trois petits bobos. On a juste eu un petit souci avec la montée de la dérive. On a fait une erreur de manipulation pendant une prise de ris, mais on a réparé. Rien de grave. »

Stan Thuret (Actual) : « On est dans le brouillard avec une visibilité réduide à 50 mètres. On progresse à 84° du vent dans 24 nœuds. On est sous J2, grand voile haute. On trace bien, à 23 nœuds, on sort de la zone des glaces. Il y a pas mal de vie autour de nous, aquatique notamment avec des bancs de dauphins. Ils ne sont pas trop joueurs, on voit qu’ils sont plus là pour se nourrir. Il y a des oiseaux aussi que je n’avais jamais vus auparavant. On croise aussi des pêcheurs et des cargos qui se dirigent vers l’Europe. Cette nuit, l’eau était à 5°. Tout était humide à bord et ça piquait un peu. Davy (Beaudart) a eu le quart le plus froid. Le bonnet, les gants et l’écharpe étaient obligatoires. On estime qu’il nous reste 3 jours et 13 heures de course. On va donc rater la Fête Nationale Américaine, mais on sera là pour la remise des prix. »