The Transat bakerly : Macif en tête, attendu demain à New York

La Transat anglaise 2016 approche de son épilogue, celle-ci aura été atypique pour les ultimes avec une route sud au portant sur une bonne partie du parcours. Les trois skippers ont donc eu des conditions propices à la glisse, et à ce jeu, c’est de nouveau François Gabart sur le trimaran Macif qui s’en sort le mieux. Il a dominé son principal adversaire Thomas Coville sur cette route sud, l’écart est de 122 milles ce soir, et de plus de 400 sur Yves le Blévec (Actual).
Aujourd’hui, les trois solitaires ont dû enchainer les manœuvres pour passer un front puis batailler dans les petits airs. Macif a été le premier à s’extirper de cette zone de calme, Thomas Coville devrait suivre dans les heures à venir.
Les ETA s’affinent avec une arrivée de François Gabart prévue demain vers 18h (HF), Thomas Coville étant attendu mercredi à 5h et Yves le Blévec jeudi dans la soirée.
Photo Vincent Curutchet / DPPI / MACIF

Photo Vincent Curutchet / DPPI / MACIF

François Gabart (Ultime / MACIF) : « On est au près, ce qui n’était pas arrivé depuis le départ et ce qui, sur une transat anglaise, reste un scénario peu surprenant. Mais cela fait partie du jeu et on en aura à peu près jusqu’à la fin ! Il y a pas mal de vagues, c’est assez inconfortable. Ce matin en revanche au reaching, je progressais pleine balle et je faisais du saut de vagues. J’ai clairement ralenti le bateau. Cela ne m’arrive pas souvent, mais il y a des moments comme celui là, où tu arrives à la fin de la course, tu es en tête… et il ne faut pas prendre le risque de casser quelque chose à bord. Avec le vent qu’il y avait, ça pouvait monter à 35-38 nœuds, j’ai volontairement levé le pied. L’idée de finir, cela ne rajoute pas forcément de pression supplémentaire. Cette pression, on l’a depuis le début et c’est celle de naviguer sur le trimaran Macif : c’est un fabuleux bateau et il faut en prendre soin. Arriver au terme de la course, ça rajoute juste un peu de piment, d’autant que terminer la transat anglaise, ce n’est pas rien ! Là même si je suis en tête, on sait que tout reste possible dans les courses à la voile. Jusqu’à la fin, il peut se passer plein de choses. Il ne faut pas faire de bêtises ou de mauvaises manœuvres. »
Thomas Coville (Ultime / Sodebo) : « Depuis hier dimanche, c’est très physique ! La mer est forte, toute cabossée, ça tape bien et on navigue au près dans du vent fort. Au moment où je parle, Sodebo Ultim’ s’élève de toute sa hauteur, l’étrave décolle, la dérive sort carrément de l’eau et quand ça retombe, c’est impressionnant comme ça tape et ça vibre ! J’ai très peu dormi, jusqu’au bout ce sera très physique ! Quand tu es un compétiteur, tu joues pour la gagne. On fait un beau duel depuis une semaine avec François. Il reste encore un front à passer, il faut être prudent, faire attention au bateau, surtout ne rien casser. Une petite erreur peut vite arriver. La nuit dernière, c’était un peu la folle cavalcade, et on est revenu sur Macif… Il peut encore se passer des choses, alors je ne veux rien lâcher, ce n’est pas le moment ! »

Yves Le Blévec (Ultime – Team Actual) : « J’ai passé un front en fin de nuit : toute la garde-robe du bateau y est passée. Renvoyer deux ris d’un coup, c’est sport ! Au moins dix minutes de colonne de winch non-stop, il ne faut pas partir trop vite, sinon on n’arrive pas au bout. Là, en revanche, le vent est tombé, c’était prévu, mais ce n’est jamais agréable, d’autant que les deux autres Ultime n’ont pas eu ce passage-là, ils profitent de conditions plus favorables, c’est un peu frustrant, mais ce n’est pas si grave. Je ne cesse de me réjouir d’avoir le privilège de mener une telle machine à vent sur les océans. Plus je passerai de temps à bord, plus j’apprendrai. La mer est restée formée, le bateau bouge dans tous les sens… Ce soir, il y a un nouveau front avec 25 à 30 nœuds, il va passer vite. Et le vent tombe à nouveau ensuite. Je vois beaucoup plus clair maintenant dans la façon d’enchainer les manœuvres et de les anticiper, j’ai les schémas en tête, mais tous les enchainements ne sont pas possibles. Je continue à bien réussir à me reposer. Je mange bien, ce bateau est quand même beaucoup plus confortable que le Multi 50 dans la mesure où l’habitacle est sec et en hauteur. Le seul point noir c’est que je mangerai demain matin mes derniers œufs-bacon… »

© Th.Martinez / Sea&Co. Trimaran ULTIM “ACTUAL”

© Th.Martinez / Sea&Co.
Trimaran ULTIM “ACTUAL”

En Multi50, l’option sud de Gilles Lamiré (French Tech Rennes-Saint Malo) reste toujours avantageuse avec un avantage de 175 milles sur Lalou Roucayrol (Arkema) revienne du diable vauvert, vu qu’il est encore phagocyté par les airs anticycloniques…

Transat bakerly duel Coville Gabart en tête de flotte

Deuxième jour de course sur The Transat bakerly, Thomas Coville et François Gabart bataillent en tête. Les deux solitaires sont sur des routes identiques avec une vingtaine de milles  d’écart en latéral.

MACIF et Sodebo filent vers les Açores, à 30 nœuds environ, avec en point de mire l’anticyclone à négocier puis une dépression ensuite.

François Gabar, skipper de MACIF : « Il y a pas mal de vagues, c’est un peu chaud, il faut faire attention. Tu passes ton temps à rattraper les vagues et à un moment, il y en a une un peu plus haute qui te bloque. Hier au passage du Cap Finisterre, comme il y avait du vent et beaucoup de vagues, j’ai passé trois heures à la barre. J’ai réussi à bien dormir depuis le départ, j’ai trouvé ma petite organisation entre les écoutes dans la main, les alarmes et en gardant toujours un œil un peu ouvert. Sur un tel bateau, il faut garder toute sa lucidité, on ne peut absolument pas se permettre d’être dans le rouge. C’est donc impératif de trouver du temps pour se reposer en enchaînant les petites siestes. En moyenne, je dors entre 3 et 5 heures par tranche de 24 heures. Etre aussi proche après deux jours de course, c’est exceptionnel. Le fait d’avoir Thomas à côté du trimaran MACIF me pousse forcément à aller vite, ça ne donne pas envie de mollir. C’est aussi la compétition qui permet de se dépasser, de trouver des solutions pour grappiller quelques nœuds par-ci par-là. Grâce aux classements et parfois à l’AIS, je comprends tout de suite si ce que je fais sur le bateau me fait gagner en performance, c’est génial pour progresser. »

Thomas Coville, skipper de Sodebo : « Il y a grosse bagarre ! Ça croise, ça recroise, ça tricote, on empanne… ça joue bien avec Macif depuis le départ ! L’écart s’est stabilisé, ce qui est bon pour nous. François a un léger avantage en vitesse. Grâce au travail à terre de Jean-Luc et Sam (Davies) à la cellule routage, nous avons réussi quelques coups stratégiques un peu audacieux, comme au passage du cap Finisterre où nous avons choisi d’aller chercher le vent fort en passant à l’est de la zone interdite au trafic. C’était payant puisque je suis bien revenu sur François. C’est comme si on était en Figaro au milieu de l’Atlantique mais le fait d’être à deux trimarans Ultime, ça permet de pousser sur le bateau et ça va super vite à 37 nœuds de moyenne ! On est loin de la dernière Transat anglaise où nous étions passés par la route nord ! Là, je suis au portant, le flotteur sous le vent touche à peine l’eau avec le foil qui pousse. Sodebo Ultim’ est bien calé et stable. Il y a un peu de mer et le bateau fait quelques bonds mais globalement il passe les vagues de crêtes en crêtes. C’est le paradis de naviguer dans ces conditions. Les vitesses du vent oscillent régulièrement entre 17 et 24 nœuds, on s’adapte. »

Yves Le Blevec sur Actual pointe en 3ème position, cette transat lui permet d’appréhender la navigation en solitaire sur son ultime : « J’ai bien dormi, je suis en forme ! Hier, il a fallu beaucoup manœuvrer. Là, je viens de faire encore un changement de voile : c’est du job ! Chaque manœuvre prend environ une heure : il faut rentrer la voile, la ranger, renvoyer l’autre, dérouler, régler, etc. À chaque fois, cela ralentit beaucoup le bateau. Sur le dernier changement de voile, j’ai réussi à relancer avant la fin de la manœuvre, c’était pas mal.Hier après-midi, après la première nuit blanche et la journée à manœuvrer, j’ai eu un coup de mou, ça n’a pas duré. Je suis bien dans mon rythme, j’ai une bonne « patate » ! Nous allons continuer sur une trajectoire assez sud. La route est bien sûr plus longue que la route directe, mais le bateau sera plus rapide, ça se présente bien… »

En Multi 50 Lalou Roucayrol a choisi une route plus nord que  celle de Gilles Lamiré, deux visions d’aborder la prochaine dépression pour les deux marins.
Erwan le Roux est arrivé en Espagne, aidé par son équipe technique pour l’entrée dans le port. Le skipper espère pouvoir mettre en place une réparation de fortune avant de convoyer son trimaran vers la Bretagne.
 

Transat berkely J2 : Macif talonné par Sodebo, casse de flotteur pour FenêtréA Cardinal

Après une journée et demi de course,  deux des trois ultimes se détachent de la flotte, Macif mené par François Gabart et Sodebo de Thomas Coville qui talonne son adversaire à moins de 5 milles. Actual d’Yves Le Blévec ne peut pas lutter en vitesse pure face aux deux derniers nés des maxis multicoques et pointe à une soixantaine de milles au large du cap Finisterre. Les deux leaders ont mis de l’ouest dans leur route après le passage de ce cap.

http://www.youtube.com/watch?v=zgZh2ezDMhc

En Multi50, la flotte était emmenée par Erwan Le Roux (FenêtréA-Cardinal) jusqu’à 19h, le skipper a alors averti la direction de course de The Transat bakerly d’une avarie. Le 50′ progressait au portant dans 25-27 nœuds de vent de nord-est à une soixantaine de milles au large du Cap Finisterre, lorsque le flotteur bâbord a cassé. Le skipper de FenêtréA-Cardinal a sécurisé son trimaran, il fait désormais route au 135° à allure réduite et cherche avec  son routeur Jean-Yves Bernot, un port sur la côte portugaise ou espagnole Portugal ou l’Espagne qu’il pourrait rejoindre en sécurité.

Erwan le Roux,  skipper du Multi50 FenêtréA-Cardinal,«  J’étais sous ORC, avec deux ris dans la grand voile. Il y a eu un premier gros choc. Je n’ai pas vu ce qui s’est passé car j’étais sur la caquette. Après ça, je suis parti au tas comme si j’allais chavirer. Il a fallu que j’intervienne tout de suite. Je suis allé rouler le gennaker et c’est là que je me suis rendu-compte qu’il manquait à peu près la moitié de la partie du flotteur située entre le bras avant et l’étrave »

 

Thomas Coville (Sodebo Ultim’) à la vacation du matin : « C’était un départ pas forcément facile à exécuter car la ligne était proche du break water et surtout, le départ s’est fait juste après un front. Il fallait faire le bon choix de voile avant de partir. Il y avait beaucoup de choses à anticiper avant ce départ. Je n’avais pas envie de prendre trop de risques. Je voulais faire ça proprement. François était un peu tôt sur la ligne, il a dû faire une petite abattée. On était l’un à côté de l’autre, un peu comme dans les livres. C’était magique. François, qui est un peu plus rapide à cette allure, m’a distancé progressivement mais rien de dramatique. En fait, depuis quelques jours, on voit que la route Sud est un peu moins exposée que la route Nord. Et surtout pour la fin, avec cette porte des glaces assez Sud qui oblige à redescendre si l’on part vers le Nord. Cette route Sud n’a que des avantages. On était à vue jusqu’à Ouessant avec François, à 5-6 milles l’un de l’autre et on a passé le Fromveur à plus de 30 nœuds. »

Yves Le Blevec ; skipper d’Actual Ultim : « Je viens de passer la dorsale (la limite sud de l’anticyclone, ndlr), j’ai donc retrouvé du vent et je peux commencer à faire cap à l’ouest. Je ne chercherai pas à descendre plus vers le Cap Finisterre, il y a beaucoup de pression là bas, avec une mer très formée, ce ne serait pas productif.
Nous sommes en train d’échanger avec Christian
(Christian Dumard, son routeur, ndlr) car même si tout le monde a choisi la route sud, le jeu stratégique reste très ouvert !
La nuit s’est bien passée, mais j’ai quand même traversé quatre zones réservées au trafic des bateaux de commerce ! Je n’ai donc pas beaucoup dormi… L’horizon commence à s’éclaircir de ce côté-là.
Les deux grands Ulitms s’échappent logiquement, je fais ma course. Tout va bien à bord, j’ai fait très attention à chaque manœuvre, j’ai pris le temps nécessaire pour que tout aille bien. Je suis pour l’instant sous gennaker et grand-voile haute, je suis très attentif à tout. »

Bon départ pour The Transat bakely

Les skippers engagés sur la Transat anglaise ont pris le départ de la célèbre transatlantique à 15h30 aujourd’hui, un flux d’une quinzaine de noeuds a accompagné les solitaires vers le phare d’Eddystone avant de plonger au sud en direction de Ouessant.

Erwan Le Roux  sur son Multi50 FenêtréA-Cardinal était le plus prompt sur la ligne, suivi de près par François Gabart  sur l’ultime Macif.  Thomas Coville sur son Sodebo ultime suivait de près son principal concurrent, Yves le Blévec choisissait la prudence avec un ris dans la grand voile et était donc un peu plus en retrait sur Actual, le dernier des maxis trimarans engagés.

En Multi-50 le peloton était emmenés par Erwan Le Roux (FenêtréA-Cardinal) et Lalou Roucayrol (Arkema), Gilles Lamiré (French Tech) était légèrement décroché.

La route nord, un temps envisagée ne semble plus être au programme aujourd’hui, celle-ci devait emmener les concurrents à plus de 56° nord avec des conditions de mer difficiles, les équipages des multis ont opté pour une route plus sûre et moins casse bateau.

« Nous allons devoir gérer l’arrivée d’un anticyclone dans la nuit de mardi à mercredi, un moment déterminant sur la manière de le traverser. Nous risquons de rencontrer des dépressions actuellement en formation : chaque transition est importante et la bonne gestion du rythme de vie à bord sera prépondérante. » Lalou Roucayrol (Multi-50 – Arkema)

The Transat Bakerly yacht race. The start of solo transatlantic race start from Plymouth UK  - New York. USA. Image licensed to Lloyd Images

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L’actualité des ultimes

  • Aux Etats Unis, Tritium Racing, l’ex 60′ ORMA allongé à 72′  a été remis à l’eau pour participer à la Newport to Ensenada Yacht Race, le trimaran sera skippé par Ryan Breymaier. Il est équipé de foils plus longs achetés à Artemis racing, la dérive centrale a été supprimée.
    Orion, le MOD 70 (ex Veolia) sera également sur la ligne de départ, tout comme l’ex Groupama 3, Mighty Merloe.
  • Lloyd Thornburg et son équipage continuent leur programme avec toujours autant de succès, sur le MOD 70 Phaedo3. Ils signent une nouvelle victoire en temps réel aux Voiles de St Barth.
    Phaedo³ at Les Voiles de St Barth 2016 from Ocean Images on Vimeo.

    Un article du Monde sur le parcours du propriétaire de Phaedo3 : ICI.

  • Oman Sail a remis son MOD 70 Musandam à l’eau la semaine dernière. Sidney Gavignet devrait aligner le trimaran sur la Québec Saint Malo et sur des courses du RORC (sur lesquelles devraient être présents les MOD 70 Concise 10 et Phaedo3
  • Le Gitana Team poursuit le développement de son Multi70 Edmond de Rothschild. Le trimaran navigue régulièrement, l’équipe a atteint son objectif de faire voler Gitana XV au large.
    Sébastien Josse, skipper du Gitana Team : « La théorie est une chose et la pratique une autre. Malgré la qualité des intervenants du projet et les progrès faits en termes de calculs numériques, rien ne remplace les milles sur l’eau. Pouvoir bénéficier d’une plate-forme telle que Gitana XV durant cette période de réflexion puis de construction du futur Maxi est une chance incroyable que nous avons su exploiter au maximum.

    Cette deuxième campagne d’essais dédiée au vol est plus que positive ! Les navigations que nous réalisons actuellement sont juste incroyables, tellement que je ne pensais pas vivre ça un jour…  Avec nos nouveaux appendices, nous avons dépassé des vitesses que nous n’espérions pas atteindre dans cette configuration ou tout du moins pas aussi rapidement ! Et puis la vitesse est une chose très importante mais ces dernières navigations nous ont également énormément appris sur le comportement du bateau, qui est très clairement différent de ce que nous connaissions jusqu’à présent ; le bateau ne flotte plus, il vole sur deux lames… Nous avons passé un cap très important. Les enseignements sont aussi très intéressants sur les erreurs à ne pas commettre dans l’avenir tant dans nos choix architecturaux que sur les systèmes embarqués. Le bureau d’études dispose ainsi de nombreuses données pour poursuivre ses recherches. Le travail ne s’arrête jamais et l’état de la mer est encore un facteur sur lequel nous devons progresser !»
    http://www.youtube.com/watch?v=j2y2az8A124

    Ces recherches effectuées sur le 70′, sous la houlette de Guillaume Verdier et du bureau d’études du team est d’appliquer celles-ci sur le maxi trimaran en construction chez Multiplast.
    Ce Gitana Maxi fera 33m de long par 22 de large, est donc en dehors du cadre architectural du Collectif Ultim. Un autre point de désaccord entre le team et le collectif concerne l’asservissement des appendices, la technologie développée par le Gitana Team étant rejetée par le collectif.
    Plus d’infos dans Tip&Shaft.

  • Spindrift 2 sera remis à l’eau le mois prochain, Yann Guichard et Dona Bertarelli devraient de nouveau tenter le Jules Verne cette hiver, une participation à la Transat Jacques Vabre est également envisagée.
    http://www.youtube.com/watch?v=g9hbz_yQuco
  • Idec Sport et son skipper Francis Joyon retenteront également l’expérience autour du monde en équipage cet hiver. D’ici là le skipper envisage une tentative de record des 24h en solitaire si une fenêtre se présente.
    L’interview du skipper : ICI.
  • Les trois membres actuels du Collectif Ultim sont en plein préparation de The Transat bakerly.
    François Gabart sur Macif et Thomas Coville sur Sodeb’O ont effectué des entrainements en commun organisés par le Pôle Finistère Course au Large.
    Yves Le Blévec a remis Actual a l’eau au début du mois sans grosses modifications

    Yves Le Blevec, skipper d’Actual : « Nous sommes déjà dans la procédure de départ pour The Transat. Je ne pourrais pas m’entraîner comme je l’avais prévu, mais nous nous adaptons. L’objectif, dans le temps qui nous est imparti, est de travailler les priorités. Je ne me fixe pas d’autres impératifs sportifs sur cette transat que de naviguer de la façon la plus sécuritaire possible, tout en restant performant bien sûr. Nous n’en sommes encore qu’au tout début du projet, assurer la sécurité du bateau, c’est assurer celle de notre programme. »

    François Gabart, skipper de Macif : « Le temps de préparation pour The Transat étant assez court (prologue le 23 avril à Saint-Malo, départ le 2 mai de Plymouth), ma priorité est de maîtriser au mieux les manœuvres en solo, ce qui est loin d’être évident . Par exemple, la semaine dernière, nous avons eu une navigation de 18 heures au total. J’ai fait cinq empannages, cinq virements et trois changements de voiles. J’ai passé plus de la moitié du temps à tourner les manivelles, c’était assez costaud !»

    • Thomas Coville qui participera donc à The Transat bakerly, s’alignera autour du monde en solitaire cet hiver. Tip&Shaft revient sur la concurrence face à Macif dans la newsletter du 15 avril, l’ex Géronimo a un petit déficit de performance face au dernier trimaran sorti de chantier (avant celles à venir de Banque Populaire IX et de Gitana Maxi), la question d’un nouveau bateau a été évoquée par le skipper auprès de son sponsor. Celui-ci préfère que le skipper exploite au maximum le bateau actuel étant donné les échéances à venir (Route du Rhum 2018 et Tour du monde en course en 2019). Thomas Coville envisage cependant un changement de flotteurs afin de gagner du poids, mais ce projet n’est pas d’actualité pour l’instant.

Une classe Ultime dispersée

Voiles et Voiliers fait le point, dans un article disponible sur son site internet, sur la classe Ultime.
Les ultimes existent depuis plusieurs décennies et peinent à rassembler.
Plusieurs tentatives de fédérer ces maxis ont été des échecs (G-Class de Bruno Peyron, l’actuel collectif Ultim).

 

Photo Vincent Curutchet / DPPI / MACIF

Photo Vincent Curutchet / DPPI / MACIF

A ce jour, les différents protagonistes avancent en ordre dispersé, Actual, Macif, Sodebo font partie du collectif Ultim, tout comme Banque Populaire qui mettra à l’eau son bateau dans le courant de l’année. Ce collectif a pour but de développer un programme articulé sur de navigations en solitaire, il s’est doté d’un cadre architectural, excluant les MOD70, le maxi 80 Prince de Bretagne et Spindrift 2. Mais le collectif, du fait du faible nombre de « membres », se voit contraint d’intégrer des courses ne respectant pas le cadre architectural qu’il a défini, comme The Bridge, ou encore la Route du Rhum.

© Eloi Stichelbaut

© Eloi Stichelbaut

L’article de Voiles et Voiliers dévoile plusieurs informations importantes :
– le trimaran du Gitana Team serait hors cadre du collectif Ultim, de part sa taille de 33m (limité à 32m pour le collectif) et du fait de l’asservissement des appendices (ce qui n’est actuellement pas autorisé par le collectif)
– Prince de Bretagne souhaite rester impliqué dans la voile, l’actuel Maxi 80 pourrait être vendu pour acquérir un bateau d’occasion plus grand si l’opportunité se présentait. L’objectif pour le team et le skipper Lionel Lemonchois est la Route du Rhum 2018, le maxi 80 naviguera essentiellement en RP en 2016, le programme 2017 n’est pas défini- Actual d’Yves le Blévec naviguera avec un mât fixe cette saison suite à la rupture du vérin de bascule sur la Transat Jacques Vabre. Le programme 2016 inclut The Transat, Actual sera opposé à Sodebo et Macif sur cette transatlantique.
– une nouvelle course entre Monaco et Pondichery (avec escale à Maurice) pourrait avoir lieu en 2018

Thomas Coville et Sodebo (qui font partie du collectif) seront la The Transat, ensuite le skipper tentera sa chance autour du monde en solitaire cet hiver.
François Gabart sur Macif participera également à The Transat avant une tentative de record en Méditerranée en septembre.

Du côté des exclus du collectif (volontairement ou non), Spindrift racing a annoncé son intention de courir la Transat Québec Saint Malo cet été (pour l’instant Spindrift 2 est le seul dans la classe Ultime) avant une nouvelle tentative de Trophée Jules Verne l’hiver prochain. Idec et son skipper Francis Joyon semblent avoir été séduit par le Jules Verne de cet hiver et paraissent déterminé à retenter l’aventure en 2016.
Marc Thiercelin qui possède l’ex Majan (sistership d’Actual) cherche toujours des financements pour lancer le chantier de remise en état et d’élargissement de son trimaran.

 

 

L’actualité en bref

  • Le team MACIF dévoile son M24, trimaran de 24′ à foils. Ce bateau sert de laboratoire afin de valider les appendices du trimaran MACIF. La base est un Diam 24, doté de foils, et de safrans à plans porteurs. François Gabart effectue actuellement des tests sur une nouvelle version de safrans qui seront adoptés sur le maxi lors de sa remise à l’eau. Par ailleurs, le bateau sert également de support d’entrainement au skipper MACIF.
    Les photos du M24 sont visibles : ICI
  • Toujours concernant le Diam 24, la prochaine édition du Tour Voile fait le plein de concurrents avec 31 inscriptions et 4 wildcards pour des équipes étrangères. A découvrir également, l’interview de Jean Baptiste Durier, directeur du tour sur le Télégramme, il revient sur les modifications réalisés par MACIF sur le Diam 24. Une arrivée d’un Diam 24 à foils, si le projet est viable économiquement, semble être souhaitée.

    © Eloi Stichelbaut

    © Eloi Stichelbaut

  • Les trimarans Ultimes sont tous en chantier ou prêts à y entrer (pour Spindrift 2 et Idec Sport). Pas de révolutions à envisager, les différentes équipes travaillent à la fiabilisation de leurs bateaux et à quelques améliorations. Seulement trois bateaux sont inscrits à The Transat dans la catégorie Ultimes François Gabart sur MACIF, Yves le Blévec sur Actual, et Thomas Coville sur Sodebo Ultim.
    Une tentative de record autour du monde en solitaire est au programme de Thomas Coville l’hiver prochain.
    Les deux équipages de retour de leurs tentatives de Trophée Jules Verne, les skippers et les sponsors de Spindrift 2 et d’IDEC SPORT semblent prêts à retenter l’aventure l’hiver prochain.
  • A lire sur Course Au Large, (qui paraitra de nouveau sous forme papier cette année) les interviews des routeurs à terre Jean Yves Bernot et Marcel Van Triest. Les deux hommes épaulaient les équipes d’Idec Sport et de Spindrift 2 pour leurs choix météorologiques lors de leurs tentatives sur le Trophée Jules Verne.
  • Groupama Team France mené par Franck Cammas arbore de nouvelles couleurs, une livrée bleu-blanc-rouge a été dévoilée sur l’AC45F qui sera aligné sur les Louis Vuitton America’s Cup World Series (dont une étape aura lieu à Toulon les 10 et 11 septembre), et sur le futur AC45T et l’AC48 qui disputera la 35ème America’s Cup.
    Une interview du skipper à lire sur Voiles et Voiliers, qui livre des détails sur l’avancée des travaux  de l’AC45 Turbo et du design, et une autre de Jean Baptiste Epron, marin et designer de cette nouvelle livrée ici.
    © D.RAVON/ GROUPAMA TEAM FRANCE
  • Le team suisse TILT signe un partenariat avec l’équipe néo zélandaise Emirates Team New Zealand. L’équipe helvète laissera la barre de son GC32 au skipper de l’équipe kiwi Glenn Ashby sur le GC32 Racing Tour 2016. Par ailleurs le skipper aura un rôle dans la sélection et l’entrainement de l’équipe suisse qui sera amenée à disputer la Red Bull Youth America’s Cup sur AC45F.
Voile-Multicoques.org/Baptiste Morel

Voile-Multicoques.org/Baptiste Morel

Transat Jacques Vabre : les Ultimes dans le Pot au Noir

Les deux trimarans Ultime  sont entrés ce matin dans le Pot au Noir, le jeu consiste maintenant à sortir de cette zone de vents faibles et changeant avant son concurrent  afin de rejoindre au plus vite la côte brésilienne. L’équipage de MACIF semble avoir choisi de couper au plus court plein sud alors que celui de Sodebo Ultim’ a choisi une route plus  à l’ouest.

Thomas Coville, Sodebo Ultim’ :
« Il y a pas encore trop de nuages. C’est une mer d’huile et il y a quelques cumulus au large devant nous. Pour l’instant, c’est plutôt grand soleil et mer plate totale avec une petite brise qui va sans doute être de moins en moins forte. Depuis le début, nous essayons de préserver notre position sauf hier où il y avait un énorme grain qui nous a obligé de revenir vers l’Est et nous avons réussi dans la nuit et dans la matinée à nous re-décaler dans l’Ouest, ce qui est plutôt bien. Soit tu mets plus de temps par l’Est mais souvent c’est plus compliqué  et ça a l’air d’être le cas aujourd’hui à la photo satellite… Soit tu sors un peu plus tard et un peu plus difficilement mais effectivement tu as un meilleur angle pour après. Soit tu sors plus tôt et tu arrives à resserrer l’écart petit à petit car finalement les trajectoires convergent.
C’est à chaque fois la même histoire : il faut avoir du décalage pour faire une différence et on a choisi dès le départ d’être plutôt Ouest. Je suis en train de dégouliner : c’est assez hallucinant la chaleur ! On a quand même pas mal manœuvré pendant toute la matinée… Le risque c’est la déshydratation. Là je sue à grosse goutte ! Moitié aux réglages, moitié c’est le pilote qui barre. Tu sais le pilote quand tu le mets en mode vent, il suit mieux que toi et d’une façon plus attentive : en moyenne sur une grande période, il est pas mal du tout. Cette année, je vais avoir fait quatre passages du Pot au Noir, je ne les compte plus, c’est comme les bougies sur le gâteau, à un moment donné, tu arrêtes d’en mettre… 
»

François Gabart, MACIF (Ultime)
«  Pour l’instant le Pot au Noir n’est pas trop marqué, nous sommes à peu près épargnés. Nous venons d’y rentrer et le plus difficile va arriver dans les heures qui viennent. La problématique du Pot au Noir, c’est qu’il est imprévisible, nous arrivons à voir les nuages quelques minutes avant, en revanche l’approche est faite souvent deux, trois jours avant et une fois que les dés sont jetés, nous ne pouvons plus faire grand chose. Nous avons un petit décalage latéral de 20-30 milles avec Sodebo et non de 200 milles : nous pouvons espérer ressortir ensemble. »

© Yvan Zedda / Sodebo

© Yvan Zedda / Sodebo

Les trois Multi50 ont nettement accéléré : FenêtréA Prysmian a pris l’avantage sur ces adversaires Ciela Village et Arkema.
Thierry Bouchard et Oliver Krauss devront faire  escale au Cap Vert suite à une casse, l’amure du gennaker s’est arrachée, endommageant également les parties avant du bateau. Ils ont tenté de réparer en mer, ce qui expliquait leur faible vitesse hier après midi. La réparation étant impossible ils se dirigent donc à terre pour réparer.

Erwan le Roux, FenêtréA-Prysmian (Multi-50)

« Ça glisse tout seul, c’est agréable, tout va bien à bord de FenêtréA Prysmian dans l’alizé de Nord Est. Avec Giancarlo et le routeur, nous avons bien géré l’empannage pour passer devant Ciela Village au bon moment. C’est dommage ce qui leur arrive, parce qu’on vivait une belle bataille mais rien n’est fait, la route est encore longue ! »

Transat Jacques Vabre : MACIF et Sodebo Ultim à grande vitesse dans les alizés

Les deux Ultimes en course MACIF et Sodebo Ultim’ ont paré les îles du Cap Vert dans la matinée et continuent à glisser dans les alizés. L’allure est particulièrement favorable pour les équipages des deux trimarans qui peuvent exploiter toute la puissance de leurs multicoques. Le dernier né, MACIF semble capable de descendre plus bas au portant que son adversaire, les deux bateaux suivent une route parallèle. François Gabart et Pascal Bidégorry naviguent désormais sur le « bon » côté du trimaran (celui équipé du foil, l’autre n’ayant pas pu être construit à temps), ils possèdent toujours un avantage de quelques milles sur Thomas Coville et Jean Luc Nélias

Ces conditions « idyllique » de navigation ne dureront pas avec l’entrée dans le Pot au Noir prévue dans 36 heures, le premier à sortir de la zone de convergence possèdera alors un bel avantage sur son adversaire.

François Gabart, skipper de Macif :
« Nous glissons dans l’alizé au large du Cap Vert, bâbord amure, il y a 20-25 nœuds de vent et le bateau avance à 30-35 nœuds.[…] Nous n’avons pas beaucoup changé de voiles, nous avons la même configuration depuis la sortie de la dorsale anticyclonique. En revanche, nous avons pris et largué des ris, mais également effectué quelques empannages. […] La course côte à côte avec Sodebo, c’est top. En ce moment, nous négocions le dévent des îles du Cap Vert, mais comme nous sommes à distance raisonnable, entre 150 et 220 milles, cela devrait bien se passer. Ensuite, nous devrons gérer au mieux l’approche du Pot-au-noir. Généralement, plus on le passe dans l’ouest, mieux on se porte, ce qui est notre cas. Le petit décalage avec Sodebo ne me paraît pas significatif, donc entre nous deux, cela va être du gagne-petit au niveau tactique pour gérer les nuages et l’instabilité de l’alizé.  […] Le bateau est vraiment complètement différent avec ou sans foil : il marche très bien sans, mais dès qu’il va vite, il plafonne, et il est difficile d’aller à plus de 28 nœuds, alors que là, au moment où je vous parle, avec le foil, nous avançons à 30-35 nœuds depuis quelques heures. C’est une vraie découverte pour nous, nous n’en sommes qu’au début, mais déjà, entre le départ et maintenant, nous avons bien progressé, cela devrait être encore le cas après le Pot-au-noir, puisqu’un long bord bâbord amure nous attend. »

http://www.youtube.com/watch?v=2WQ43o9UUjg

Jean-Luc Nélias, co-skipper de Sodebo Ultim’ (Ultime)
« Les alizés sont accueillants, mais faiblards, nous avons juste la vitesse qu’il faut pour nos bateaux, entre 18 et 20 nœuds de vent. Les bateaux sont fantastiques. On vise le pot au noir, l’endroit où on va se faire le moins engluer possible. Ca varie un peu tout les jours. La mer est plate, c’est agréable. Il faut avoir une trajectoire qui permettra de varier de point de pénétration dans le Pot au Noir. Concernant Macif, c’est son temps. Hier, il a bénéficié d’un coup de pouce de monsieur Eole qui lui a proposé du vent moins refusant que nous. On est au coude à coude depuis 4h30 ce matin, même cap, même vitesse. La nuit dernière, c’est la première fois que nous avons réussi à dormir. Nous sommes maintenant bien rentrés dans un  système de quart toutes les trois heures. Ce n’était pas le cas jusqu’à présent. Nous sommes sur un bord, après des empannages, tout va bien. Nous lisons les mails, nous répondons  à des questions, le quotidien qui occupe une journée complète des marins au large. »

Du côté des deux concurrents malheureux en classe Ultime, la situation s’est améliorée. Actual devrait être de retour  à la Trinité sur Mer lundi ou mardi. Et le team Prince de Bretagne a retrouvé la plate forme du Maxi 80 chaviré. Lionel Lemonchois et ses hommes  étudient maintenant le meilleur moyen de remorquer le bateau.

 

En Multi 50 FenêtréA Prysmian a pris l’avantage sur Ciela Village qui semble connaitre quelques soucis depuis le début d’après midi avec une vitesse réduite. Arkema est légèrement décalé dans l’est.
La situation reste très préoccupante sur la French Tech Rennes Saint Malo, Gilles Lamiré et Yvan Bourgnon sont en relation régulière avec les secours. Le flotteur babord est amputé de 5m de flotteur, et privé de safran, bloqué dans l’axe et de la dérive non manoeuvrante. Le trimaran ne peut naviguer que sur le flotteur tribord, à la cape. Le skipper est inquiet pour la structure du bateau, si les cloisons du flotteur babord venaient à se rompre, le risque  serait que le flotteur se détache de la plate forme ce qui enchainerait probablement le démâtage et le chavirage du trimaran. Ce problème rend également le remorquage impossible, les deux marins sont donc contraints de poursuivre leur route pour tenter de sauver le bateau.

César Dohy, co-skipper d’Arkema (Multi50)
« C’est mollissant, on est portant, on va envoyer un ris, on est sous gennaker depuis une quinzaine d’heures. On se demandait pourquoi il n’y avait pas plus de soleil, ça caille ici ! Il y a un empannage à faire dans la journée, on travaille là-dessus avec le routeur. Les concurrents ont évité une petite bulle anticyclonique avant hier, nous on a trouvé la porte de sortie vers le sud voilà l’explication du décalage, on a perdu du temps dans cette zone de vent mais on revient doucement vers le groupe de tête. On se concentre sur la conduite du bateau. Notre routeur nous explique la situation en règle générale et après on parle d’une stratégie, soit il nous envoie un waypoint c’est-à-dire un but à atteindre sur la carte ou il nous dit de continuer sur ce vent-là, il nous indique si il y aura empannage ou virement de bord. Il y a énormément d’échanges sur les conditions rencontrées et sur notre aptitude à faire marcher le bateau rapidement. Honnêtement, les données sont assez exactes, c’est étonnant.  On est en forme, à part le froid et l’humidité, on a des pathologies de petit vieux, on souffre de l’eau et du manque de soleil.  Nous n’avons aucune blessures, le bateau est nickel, tout le monde est en forme. On dort dans le cockpit, on a une couverture de survie, je suis rentré dans le bateau seulement à 2 ou 3 reprises depuis le début, tout se passe à l’extérieur du bateau. Je sors d’une sieste de plus 3 heures et mon camarade Lalou me l’a bien fait remarquer, il y a 10 minutes ! ».

 

Transat Jacques Vabre : Macif et Sod’b’O au coude à coude, Actual contraint d’abandonner

Yves le Blévec et Jean Baptiste Levaillant ont annoncé leur abandon ce matin suite à une rupture d’une pièce du vérin de hauban tribord. Les deux marins ont pu éviter le démâtage en sécurisant rapidement leur gréement. Ils font  désormais route vers la Trinité-sur-mer, qu’ils pourraient rallier d’ici trois jours environ.

Yves Le Blevec, skipper de l’Ultim Actual : « Ça a fait en grand « crack », le bruit caractéristique du démâtage… J’étais sur le pont, j’ai eu le réflexe de regarder sous le vent pour voir le mât tomber dans l’eau… mais non, heureusement, il s’est arrêté. Il est passé de 10° incliné au vent à 30 à 40° incliné sous le vent ! C’est une pièce du vérin de hauban tribord qui a cassé net. Une tige en acier, l’usure sans doute. Nous naviguions sous-toilés, car c’était des conditions à grains. Je pense que ça a sauvé le mât. Nous avons pris un troisième ris, empanné, puis sécurisé l’ensemble. Une fois l’urgence gérée, nous avons pris le temps de réfléchir. Il était possible de continuer la course, mais avec un bateau diminué, cela n’a plus grand intérêt et cela représentait une prise de risque importante. Démâter en plein pot au noir ne m’enchante pas vraiment. Si nous avions cassé le long des côtes brésiliennes, nous aurions bien sûr continué, mais là, pour la sécurité d’une part et pour faire progresser le projet d’autre part, il est franchement plus intéressant de rentrer, même si cela reste une décision très difficile à prendre. Ce sont des pièces que nous avions vérifiées. Nous avions même changé les poulies de ce vérin, mais pas la tige en acier. C’est très probablement dû à l’usure. »

Il ne reste donc que deux Ultimes en course, Sodeb’O et Macif , qui sont au coude à coude. Les deux équipages ont échangé la position de leader au cours de la journée, au rythme des empannages, ils prolongent leur option vers l’Ouest pour aborder au mieux le Pot-au-Noir qui devrait être particulièrement instable. François Gabart et Pascal Bidégorry ne semblent pas peiner à conserver de la vitesse même sur les bords sur le flotteur privé de foil, ce qui pourrait leur permettre de prendre creuser une petite avance dans les jours à venir.

http://www.youtube.com/watch?v=rFknSJXMgrk

La flotte des Multi 50 a touché les alizés et accélère la cadence sur la route directe. Ciela Village mène devant FenêtréA-Prysmian et Arkema.

Le team Prince de Bretagne a appareillé aujourd’hui depuis Bayonne, Lionel Lemonchois et Roland Jourdain, accompagnés de Patrice Richardot et de Gurloës Merrien, ont pris la mer ce matin, sur un ancien thonier de 40 mètres, aujourd’hui reconverti en bateau de travail et parfaitement bien équipé. Ils devraient ainsi rejoindre le trimaran chaviré demain à la mi journée.  L’équipe entamera ensuite le remorquage vers Lorient, leur port d’attache.

Lionel Lemonchois, skipper du Maxi 80 Prince de Bretagne :
« Une fois que nous serons arrivés à proximité du trimaran, l’idée c’est de le prendre en remorque mais nous avons envisagé une seconde option qui consiste à le retourner en mer dans le cas où le remorquage à l’envers ne serait pas possible. C’est en fait ce que nous avions été obligés de faire il y a un an et demi au large du Brésil, à la suite de mon chavirage sur la tentative de record de la Mauricienne », a souligné le skipper emblématique des producteurs bretons, sans cacher sa nette préférence pour la première solution qui serait clairement moins dommageable pour le bateau. « C’est vraiment important pour moi de récupérer Prince de Bretagne et je suis touché parce que Bilou tient particulièrement à aller avec moi au bout cette histoire que nous avons débuté ensemble »