Trophée Jules Verne Jour 34

L’équipage de Spindrift 2 a connu deux journées difficiles avec la découverte d’une zone délaminée sur la partie basse mât du trimaran, probablement suite à des efforts en compression, et aujourd’hui avec le passage d’un anticyclone qui a beaucoup ralenti la marche du multicoque.

Sur IDEC SPORT, l’équipage réduit mené par Francis Joyon navigue à haute vitesse en contournant l’anticyclone par l’est. Ils ont de nouveau croisé un iceberg de 700 m de long et ont pu admirer celui-ci à distance raisonnable.

CREDIT : IDEC SPORT

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Francis Joyon, skipper d’IDEC SPORT :
 » On espère éviter une partie des zones de calme engendrés par l’anticyclone qui nous sépare de l’équateur. Ce n’est pas simple. Maintenant nous sommes sur la route directe, mais deux ralentissements successifs nous menacent d’ici deux jours. Ceci dit, cela peut aussi bien se passer. On est un peu dans l’inconnu encore de ce point de vue. C’était un iceberg de 700 mètres de long et 100 mètres de falaise qui dérivait par 43° Sud. On voyait des pans de falaise de glace tomber dans la mer… c’était sidérant ! Sûrement un morceau de la banquise de plusieurs dizaines de kilomètres de long qui s’est fractionné en eaux chaudes. Il y avait deux autres grands morceaux à quelques milles de nous… « 

Trophée Jules Verne Jour 32 : passage du Horn pour IDEC SPORT

Francis Joyon et ses hommes ont passé le Cap Horn à 3h50 TU après 31 jours, 1 heure, 47 minutes et 38 secondes de navigation depuis Ouessant. Le retard  sur le temps du record est de 3 heures, 28 minutes et 50 secondes et de 21 heures, 40 minutes et 36 secondes sur Spindrift 2.

CREDIT : IDEC SPORT

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Francis Joyon, skipper d’IDEC SPORT :
« Il nous a fallu batailler ferme pour rejoindre le Horn, en tirant des bords de portant dans du vent faible sous les côtes chiliennes. Nous aurions signé tout de suite avant le départ pour ce temps de passage au Horn. Il nous permet de conserver intactes nos chances d’améliorer ce record. »

L’équipage de Spindrift 2 a choisi une route au plus court entre la Terre de Feu et l’île des Etats, et à l’intérieur des Malouines, dans des vents instables. L’objectif étant  d’attraper un front  au Nord de ces îles puis une dépression au large du golfe de San Jorge demain.

CREDIT : IDEC SPORT

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Le programme est le même pour les six hommes sur IDEC SPORT, qui ont cependant choisi une stratégie un peu différente pour le début de cette remontée de l’Atlantique. IDEC SPORT a ainsi laissé loin à bâbord les îles des Etats et devrait aller chercher la pression dans l’est.

 

Trophée Jules Verne Jour 31 : passage du Horn

Spindrift 2 a franchi la longitude du cap Horn ujourd’hui à 09h 09 avec une brise de secteur Ouest d’une vingtaine de nœuds. L’équipage de Spindrift a passé ce Cap après 30 jours 04 heures 07 minutes de mer depuis le départ de Ouessant, soit une avance  de référence de 18 heures 11 minutes sur le record de Banque Populaire, ils s’adjugent le meilleur temps sur le partiel Ouessant-Cap Horn.

Francis Joyon et les cinq hommes qui l’accompagnent sur IDEC SPORT devrait parer le Cap avant minuit, conservant un petit avantage sur le temps du détenteur du record.

Les deux équipages auront ensuite faire face à une phase un délicate jusqu’à demain dans une zone de transition avant de pouvoir accrocher une nouvelle dépression australe qui les accompagnera quelques jours.
© Yann Riou/Spindrift racing

© Yann Riou/Spindrift racing

Yann Guichard, skipper de Spindrift 2 :
 » Mon plus beau souvenir sera de passer ce cap Horn parce que, pour en avoir discuté avec ceux qui l’ont passé plein de fois, là il faisait soleil, la mer est plate, on a eu le temps d’apprécier, il y avait 15 nœuds de vent, on a longé toute la côte… Franchement, c’était fantastique. C’était assez magique. Dona a parlé avec le gardien du phare, c’était vraiment un moment sympa, tout le monde était réveillé et sur le pont. Cela marque un mois d’aventure qui s’est bien passée. Mon objectif depuis le départ était d’arriver au Horn dans les temps de Banque Populaire V, c’est chose faite, maintenant ça va être la météo qui va décider. Mais on a déjà fait un beau parcours, je suis ravi de mon équipage et de l’ambiance qu’il y a à bord, c’est vraiment top.

© Yann Riou/Spindrift racing

© Yann Riou/Spindrift racing

L’important c’était que ça se passe bien avec tout le monde, je crois que l’équipe est vraiment soudée, il y a une super ambiance, ça fonctionne bien, les quarts fonctionnent, le rythme est bon et on est ravi. Passer le cap Horn ensemble avec tout l’équipage et Dona ; c’est unique dans une vie d’aller voir ce caillou au bout du monde après 30 jours de plaisir partagé en mer. On a été entourés d’oiseaux tout l’indien et pacifique, c’était assez sympa. On a eu les albatros mais pas la grande houle. Sinon j’ai un stress matériel continu car je sais que si on finit, on sera dans les temps du record donc je veille à ce que le bateau soit en parfait état. C’est vraiment la gestion des hommes et de la machine qui me préoccupe au quotidien et qui est fatigant, usant mais aussi sympa.

Le schéma est assez complexe. On va essayer d’attraper une dépression dans 30 heures qui va nous amener jusqu’en Uruguay où, j’espère, il y aura un anticyclone à gérer. Des conditions pas faciles en Atlantique sud, mais c’est souvent le cas. C’est clair qu’on n’ira pas aussi vite que Banque Populaire V qui avait fait une trace assez rectiligne. Nous, ça va être plus compliqué mais il faut déjà sortir du passage de Le maire pour y voir un peu plus clair. Ça va être complexe à négocier. On devrait avoir une grosse dépression assez forte aux vents des Malouines dans quelques jours, mais ça va bien se passer. On est encore dans les temps, j’espère que ce sera toujours le cas à l’équateur. On aura surement perdu du terrain mais j’espère qu’on sera encore dans les temps pour essayer de battre le record quoi qu’il arrive. Je pense que ça va être vraiment serré jusqu’au bout.

Tu te rends compte qu’au delà du bateau, c’est vraiment la météo qui décide. Le jour où on arrivera à inventer un bateau assez rapide dans le petit temps pour dépasser les dorsales, c’est clair qu’on pourra faire 40 jours sur un tour du monde. Mais là, dans l’Indien et le P¬acifique, on a dû passer sept jours à buter dans des zones de molle où le vent revenait tout le temps par derrière. Avec IDEC qui revenait. Là, on a fait un petit break avec lui, il est peu bloqué derrière le front. C’est ça qui peut être frustrant, c’est qu’à un moment tu butes, tu butes, tu peux bourriner mais ça ne sert à rien d’aller vite puisque de toute façon tu vas buter sur un système. Mais ça, on ne peut pas y faire grand chose ! « 

CREDIT : IDEC SPORT

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Gwénolé Gahine, équipier sur IDEC SPORT :
 » Les dernières 36 heures ont été compliquées avec un grosse zone de pétole et pas mal de doutes sur la stratégie. Ce bord vers le nord, hier matin, n’était pas forcément le meilleur, donc pas mal de doutes. On est très soulagé d’avoir retrouvé le vent de nord-ouest qui permet d’avancer vers le but. On a hâte de voir le Cap Horn. « 

Francis Joyon, skipper d’IDEC SPORT :
 » Le retour du vent nous fait du bien. Nous faisons de nouveau des pointes de vitesse à 32 et 33 nœuds. Mais ça peut encore mollir en arrivant au cap. Disons qu’on a pour objectif de rester devant le chrono de Banque Populaire V. Je pense que c’est possible. « 

Trophée Jules Verne Jour 30 : le Horn demain

Les deux équipages s’apprêtent à passer le Cap Horn , en début d’après midi pour Spindrift 2 et vers 18h pour IDEC SPORT.

Les deux bateaux ont repris des milles sur le record de Banque Populaire V, qui avait connu une fin de Pacifique difficile.

CREDIT : IDEC SPORT

CREDIT : IDEC SPORT

Reste une dernière difficulté avant le passage du troisième cap de ce tour du monde, un centre dépressionnaire que Spindrift traverse actuellement et qu’IDEC SPORT doit contourner par le nord afin d’éviter 48h de ralentissement.

Les équipages auront ensuite un peu plus de 15 jours pour regagner Ouessant pour espérer battre le record. L’Atlantique Sud pourrait être moins favorable que lors du passage de Banque Populaire V.

Trophée Jules Verne Jour 27 : le gentleman agreement, un choix de routeurs

La journée a été difficile pour les deux équipages engagés sur le Trophée Jules Verne avec le passage du centre dépressionnaire hier et d’une dorsale anticyclonique aujourdhui. Spindrift 2 et IDEC SPORT ont du multiplier les empannages et les virements dans les petits airs pour parer ces difficultés, ce qui devrait être fait dans les heures à venir.

Ensuite les équipages pourront faire route directe vers le Horn, les routeurs prévoyant toujours un passage dans des temps sensiblement identiques à celui du détenteur du record, Banque Populaire V.

Concernant le gentleman agreement pour éviter de plonger au sud, cette décision a été prise en concertation avec les deux routeurs, Jean Yves Bernot et Marcel Van Triest qui estimaient trop dangereux d’envoyer les deux trimarans dans les glaces pour un gain minime.

Dona Bertarelli, barreuse de Spindrift 2 et co-fondatrice de Spindrift racing :
« Toute la nuit, nous avons bataillé en enchaînant les virements de bords pour rester dans un léger flux très instable en direction, oscillant de l’Est au Sud, d’une force de 3 à 8 nœuds.
Pas de quoi être effrayé ! Mais pour Yann et Erwan, ainsi que Jean-Yves, notre routeur à terre, c’est une une vraie prise de tête.
Après avoir passé une ‘molle’ relativement facilement, nous voici en plein jeu de l’élastique avec une dorsale qui nous bloque la route pour attraper du vent stable et plus fort en direction du Cap Horn. C’est un continuel ‘va-et-vient’ qui met les nerfs à vifs de tout l’équipage – un coup on avance, un coup on est arrêté, un coup on vire de bord et ainsi de suite. « 

© Yann Riou/Spindrift racing

© Yann Riou/Spindrift racing

Francis Joyon, skipper d’IDEC SPORT :
 » Nous avons gardé cap au sud dans de tout petits airs de secteur sud est, au près donc. Cette allure n’était pas un problème en soi car la mer est toujours très lisse. Mais nous avons connu des heures stressantes, car en configuration record, ces moments ont tendance à instiller le doute. Nous accélérons à présent, conformément à notre plan de bataille, et nous nous dirigeons vers une nouvelle zone de calmes à traverser ce soir, dernière épreuve avant de toucher le sud ouest qui nous emmènera jusqu’au Horn. « 

Marcel Van Triest, routeur à terre d’IDEC SPORT :
 » Les vents forts circulent très sud, et pour les atteindre, il nous aurait fallu plonger par 55 °Sud, au ras de la banquise. Hors de question. Il ne nous restait qu’un compromis, bancal comme tous les compromis, avec un contournement par le nord d’un premier obstacle matérialisé par un petit centre dépressionnaire. C’est ce que nous avons réalisé hier. Et nous allons aborder aujourd’hui le second obstacle sur notre route vers les grands flux du sud, constitué cette fois d’un anticyclone. IDEC SPORT va connaitre un second ralentissement, que nous espérons le plus court possible. Il y aura alors un virement à effectuer et ce sera le boulevard vers le Horn. IDEC SPORT retrouvera de hautes vitesses qui devraient lui permettre de parer le Horn dans le temps de Loïck Peyron en 2011. « 

Trophée Jules Verne Jour 25 : toujours en contact en bordure de dépression

Les deux trimarans ne se quittent plus, faute d’autre choix stratégique possible pour l’instant, ils naviguent toujours en bordure de la dépression qui s’essouffle petit à petit. Francis Joyon et ses hommes ont du effectuer quatre empannages aujourd’hui, contre deux pour l’équipage de Yann Guichard et Dona Bertarelli.
Les deux bateaux devraient de nouveau empanner dans la nuit, les vingt quatre prochaines heures s’annoncent difficiles dans des vents faibles et en partie au près. Un flux d’une vingtaine de noeuds est espéré vendredi.
Les routeurs des deux multicoques espèrent un temps de passage au Horn en environ trente jours, soit dans les temps du record.

CREDIT : IDEC SPORT

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Francis Joyon, skipper d’IDEC SPORT :
 » Nous sommes en train de contourner par le Nord une dépression qui s’étale un peu, qui est un peu molle. On reste pour le moment dans le flux de vent d’Ouest-Nord-Ouest, mais on va tricoter bientôt : on va tirer plusieurs petits bords pour réussir à contourner cette dépression et guetter un moment où nous pourrons plonger pour rejoindre un système anticyclonique plus au Sud. Pour passer d’un système à l’autre, c’est là où ce sera un peu compliqué : du petit temps, peut-être même du près. Il nous faudra donc réussir à bien tricoter pour rejoindre cet anticyclone, mais par contre une fois que nous serons dans ses vents réguliers, on pourra plonger en diagonale vers le sud et vers le cap Horn. Le cœur de la difficulté est pour dans 24 à 30 heures, quand on plongera plein sud pour couper au plus court la zone de calmes qu’il y a entre dépression et anticyclone. « 

 

Trophée Jules Verne Jour 24 : au contact après 25000 milles

Spindrift 2 et IDEC SPORT naviguent toujours à vue  au nord d’un centre dépressionnaire qui devrait les accompagner jusqu’à demain ou au mieux jeudi, il faudra ensuite plonger au sud pour éviter l’anticyclone du Pacifique.
L’écart latéral entre les deux bateaux est resté très faible entre 0,5 et 5 milles, les vitesses de progression sont identiques. La situation devrait perdurer demain, les options pourraient ensuite diverger, lorsqu’il faudra aborder l’anticyclone.

CREDIT : IDEC SPORT

CREDIT : IDEC SPORT

 

Francis Joyon, skipper d’IDEC SPORT :
 » Nous étions en début de nuit (ce matin heure française ndlr) à 0,5 milles de Spindrift 2. On ne s’attendait pas à régater d’aussi près après 24 jours de course. On est prêt moralement, on a même commandé une petite étude de glaces et quelques photos à CLS pour descendre très très sud. On est paré pour faire le plongeon dès qu’on aura réussi à franchir cette dépression dans le bon sens.

On va avoir malheureusement une transition très très difficile quand on voudra quitter cette dépression. Il faudra passer à travers une zone de calmes et on risque de souffrir. Si c’est du près, le bateau devrait pouvoir s’en sortir plutôt mieux qu’au portant. Au portant, avec très peu de vent, on a un petit peu eu du mal dans les transitions en atlantique. « 

© Yann Riou/Spindrift racing

© Yann Riou/Spindrift racing

Message du bord de Spindrift 2 :
Rencontre improbable en plein Pacifique Sud, hier soir, entre Spindrift 2 et Idec Sport. Les deux trimarans ne s’étaient pas croisés depuis leur base de la Trinité Sur Mer, et c’est, sans aucune espèce de concertation, qu’ils avaient quitté Brest et coupé la ligne de départ du Trophée Jules Verne à seulement deux heures d’intervalle (le 22 novembre dernier). 15 000 miles plus tard, on les retrouve, les voilà bord à bord au milieu de nulle part, dans leur quête de ce trophée. Le sentiment à bord de Spindrift 2 est partagé entre la surprise de se retrouver ici, et l’excitation de trouver un concurrent bien réel dans cette compétition où l’adversaire est normalement virtuel. Alors, c’est certain qu’il était plus confortable de voir Francis Joyon et son équipage à plus de 800 milles dans le sillage de Spindrift 2. Mais, en même temps, cette situation, inédite dans l’histoire du Trophée Jules Verne, apporte un intérêt supplémentaire au défi. Les équipiers de Spindrift 2 sont des compétiteurs, et cette sorte de course au sein du record n’est pas pour leur déplaire. Lorsque l’on interroge Yann Guichard sur la probabilité de continuer à naviguer au contact d’Idec Sport, celui-ci n’exclut rien. « Les bateaux sont proches en performance, et les options météorologiques possibles pour le Cap Horn ne sont pas nombreuses. Il n’est pas impossible que nos routes se croisent de nouveau dans les jours prochains. » 

Trophée Jules Verne J4 : Entrée dans le Pot au Noir avec plus de 300 milles d’avance

Spindrift 2 et IDEC SPORT s’apprêtent à entrer dans le Pot au Noir dans les heures à venir, celui-ci s’annonce peu étendu et devrait être traversé en une douzaine d’heures.

© Yann Riou/Spindrift racing

L’avance est assez conséquente pour les deux trimarans, Spindrift 2 mène la danse avec 350 milles et IDEC SPORT 300 milles.

Francis Joyon, skipper d’IDEC SPORT : « Et bien là on est à 30/32 nœuds sur la route directe et on espère que ça va continuer le plus longtemps possible. Sur mon tour du monde de 2007, j’avais eu une trajectoire assez propre aussi, mais celle-ci est encore plus rapide. On est complètement dans les temps du record, on a même de l’avance, c’est sympa, ça met la banane à tout le monde ! Malgré la fatigue, on est vraiment contents d’être là. Et avec les gars tout va bien, l’ambiance est très bonne. Il faut leur poser la question à eux, mais pour l’instant ils ne m’ont pas jeté par dessus-bord…. »

Trophée Jules Verne J3 : Route directe vers le Pot au Noir

Après l’empannage d’hier, les équipages d’IDEC SPORT et de Spindrift 2 poursuivent leur route plein sud vers le Pot au Noir dans des alizés instables (20 à 25 noeuds).
Les trimarans devraient parer l’archipel du Cap Vert demain matin et entrer dans le Pot au Noir dans la soirée ou dans la nuit. Celui-ci s’annonce peu actif, l’alizé de Sud Est de 15-20 nœuds devrait être atteint jeudi dans la soirée.

Sur le plan comptable, les deux bateaux affichent ce soir une belle avance de193 milles pour IDEC SPORT et de 210 pour Spindrift 2.

Francis Joyon : « La trajectoire est très oscillante avec les grains cela bascule à 40° d’un coté et de l’autre. Au final on a un cap moyen qui est bien. Maintenant c’est tout droit mais nous subissons encore les perturbations de Ténerife. Quand on aura passé ça on fera route directe sur l’équateur dans l’alizé de nord-est. »

 Photo Jean Marie Liot / DPPI / IDEC

Photo Jean Marie Liot / DPPI / IDEC

Bernard Stamm : « On est un peu ralentis par des grains dans un vent assez instable. Des fois ça monte au dessus de 35 noeuds et cela peut descendre à 12-13 noeuds. C’est pas simple mais tout va bien. Là on est à 25 noeuds de moyenne. Il commence à faire chaud. On ne sait pas trop comment s’habiller car il y a beaucoup de vent apparent. Maintenant on se relaye toutes les heures et demi et on arrive à faire des tranches de sommeil de 3 heures. L’ambiance est bonne. ! »

 

Dona Bertarelli, Spindrift 2

« Enlevés les couches de laine mérinos, les gros cirés et les bottes ; bienvenue aux crocs, lunettes de soleil et crème solaire. Il commence à faire chaud et c’est bien agréable. On file toujours dans un vent oscillant autour des 15 nœuds, ligne droite sur l’équateur. On ne pouvait pas rêver mieux comme trajectoire.»

Trophée Jules Verne J2 : empannage pour les deux équipages

 Les deux trimarans, IDEC SPORT et Spindrift 2 ont empanné en fin de matinée, et vont maintenant filer bâbord amure dans un alizé bien établi vers l’équateur.
Les équipages ont des routes relativement similaires (Spindrift 2 est légèrement décalé dans l’ouest de la trajectoire d’IDEC).
Les routages semblent donner un temps de moins de 5 jours à l’équateur, les conditions de mer qui s’améliorent devraient donc permettre aux multicoques de conserver des vitesses proches de 30 noeuds.
Les deux bateaux affichent ce jour un léger retard sur le détenteur du record, Banque Populaire V, de 80 milles pour IDEC SPORT, et 50 pour Spindrift 2.
La tendance devrait s’inverser demain, en effet Banque Populaire avait été contraint de faire une route assez proches des côtes sur ce début de parcours et avait ensuite dû mettre de l’ouest dans sa route. Idec et Spindrift faisant route directe plein sud, les trajectoires actuelles et celles du détenteur actuel devraient converger demain. Les deux trimarans engagés cette année devraient donc combler ce retard très rapidement et accroitre une avance jusqu’au Pot au Noir.
© Yann Riou/Spindrift racing

© Yann Riou/Spindrift racing

Francis Joyon, skipper d’IDEC SPORT, joint aujourd’hui

Francis, vous venez d’empanner, peux-tu nous expliquer la situation ?

Francis JOYON : « Oui, nous sommes passés bâbord amures et nous avons envoyé le gennaker. Le but est bien sur de faire une route qui nous rapproche de l’équateur. Le flux dépressionnaire de nord nous donnait un cap qui allait de plus en plus vers l’ouest, donc au bout d’un moment il faut y aller pour retrouver une route plus directe. Là nous sommes cap au 180 °, plein sud, route directe sur l’équateur !  »

Cela veut dire qu’IDEC SPORT pourrait couper l’équateur via un seul empannage en tout et pour tout ?

« Un routage nous indiquait un petit contre-bord à faire en fin d’après-midi, un autre nous faisait espérer qu’on puisse aller tout droit. Le cap s’est bien amélioré donc oui on espère aller tout droit… et même s’il faut faire un petit contre-bord de recalage, ce ne sera pas bien grave. »

Vous espérez donc franchir l’équateur en plus ou moins 5 jours ?

« C’est ce qu’on espère oui ! Hier nous avions du mal à aller aussi vite que nous aurions voulu car il y avait beaucoup de mer, en particulier en face du cap Finisterre. Le bateau bondissait à travers la houle au portant… c’était assez spectaculaire ! Mais maintenant que la mer s’est un peu calmée, depuis quelques heures, nous allons pouvoir atteindre les vitesses-cible plus facilement. »

Peux-tu revenir sur les 24 premières heures de votre tentative?

« C’était quand même chaud ! Le bateau faisait un peu le fou. La mer n’était pas orientée dans le même sens que le vent, ce qui complique beaucoup le truc. Le bateau tapait énormément par moments… On s’en sort sans trop de casse, juste avec deux ou trois bricoles à réparer comme la protection pour le barreur, mais rien de grave. On a affronté ces 24 premières heures avec un peu de réussite, pour ce qui est du passage dans la mer et de la route accomplie. »

On te sent plutôt satisfait de ce début de record…

« Oui, je crois bien que je n’ai jamais traversé aussi vite le golfe de Gascogne ! Malgré les vagues et les rafales, ça n’a pas trainé ! On a tenu de bonnes vitesses moyennes et le fait de pouvoir être en route directe vers le sud maintenant c’est bien. C’est sympa! »

Quelle ambiance à bord avec l’équipage ?

« Nous sommes forcément un petit peu fatigués, car le rythme a été très soutenu depuis le départ. C’est normal : on n’a pas beaucoup dormi, pas beaucoup récupéré, pas beaucoup mangé… On est contents maintenant de pouvoir nous restaurer sans voir la nourriture sauter par dessus-bord ou tomber par terre! Avec les grains, il fallait être vigilants et nous étions à fond sur le bateau… Sinon l’ambiance est à l’entraide, tout le temps, nous avons mis en place un système de quarts avec des changements très souvent et ça fonctionne bien. Il y a une énorme entraide pour bien faire marcher le bateau. »

En allant vers le sud, vous devez avoir un peu moins froid à bord…

« Effectivement, il a fait très froid la première nuit et aussi au cap Finisterre. Mais maintenant les températures remontent nettement. Dehors, au lever du jour tout à l’heure, on voyait des énormes nuages noirs avec des grains, mais maintenant le soleil perce les nuages et ça se dégage progressivement. Il n’est pas impossible qu’on ait un peu de belle lumière dans la journée, ça va être très sympa… »

L’état de la mer s’est-il bien amélioré?

« Le phénomène de mer croisée qui rendait le passage très brutal s’est calmé Le bateau glisse maintenant, c’est vraiment agréable. Gwénolé (Gahinet) m’a remplacé à la barre et on retrouve du vent au moment où je te parle. On va accélérer assez rapidement, je pense. »

 

Yann Riou, médiaman à bord de Spindrift 2, à 7h ce matin :

« Toujours au portant dans une mer qui semble bien vouloir se ranger un peu. On est passé il y a environ une heure sous gennaker medium (on avait auparavant le petit gennak’ de brise), signe que le vent a tendance lui aussi à se calmer.
Tout est relatif, il y a encore 25 nœuds et on fait encore des pointes de vitesse régulières à 35 nœuds, ce qui est pas mal pour du portant. On sent aussi clairement que la température de l’eau et de l’air augmentent rapidement. Les 24 premières heures ont été toniques. Il y a eu une mise en place de gennaker de brise très humide et des pointes jusqu’à 46 nœuds.
A l’intérieur, il fallait s’accrocher pour se déplacer sans se faire éjecter sur une paroi. Disons que pour réussir à manger, il fallait avoir très faim et que pour réussir à dormir, il fallait avoir très sommeil.
L’équipage va bien, tous semblent être contents être là. Le bateau fonctionne bien. On a juste eu un petit problème d’entrée d’eau par le puits de dérive. Une petite piscine d’eau de mer mais rien de grave. Antoine (Carraz) nous a arrangé cela.
Au niveau stratégique, on est plutôt satisfait de ces premières 24 heures, et de cette fenêtre. Il va y avoir un empannage à venir et c’est ce qui accapare toute l’attention d’Erwan (Israël) et de Yann qui se relaient à la table à cartes. »

Une première version de cartographie regroupant les deux trimarans en lice et celle du détenteur du Trophée Jules Verne est disponible sur Volodiaja.net