The Transat bakerly : François Gabart en route vers la victoire

Le skipper de Macif devrait franchir la ligne d’arrivée dans les heures à venir, il ne reste qu’une vingtaine de milles à parcourir avant une nouvelle victoire pour François Gabart et son trimaran MACIF. Son dauphin, Thomas Coville, attendu demain n’aura pas démérité et aura maintenu une forte pression sur le leader, qui ne cachait pas la difficulté de naviguer sur ces trimarans ultimes en solitaire.
Actual est ce soir à 500 milles du but. En Multi 50, Gilles Lamiré poursuit sur la route sud avec désormais une confortable avance sur Lalou Roucayrol.
Photo Vincent Curutchet / DPPI / MACIF

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François Gabart, skipper de l’ultime MACIF :

« Cela a été dur, je sais que j’ai fait une super course, je suis super content. Je suis fatigué et content d’arriver. Il y avait un dernier gros obstacle qui était la dorsale et à priori, je pense que je suis passé du bon côté, et là et cela devrait bien se passer. Je crois que c’est le truc le plus dur que je n’ai jamais fait dans l’engagement. C’est hyper exigeant. Il faut aller jusqu’au bout. Je ne me suis jamais autant impliqué physiquement. Je suis cramé.
J’hésite un peu à aller dormir. Je vais faire quelques siestes…. Je ne sais pas combien de temps je vais mettre à m’en remettre, mais il faudra du temps. Je ne suis pas capable d’en faire deux dans l’année des courses comme ça. Ça demande un tel investissement. Il faut faire attention, on approche des côtes. Je suis passé tout à l’heure juste à côté d’une bouée. J’étais à 38 nœuds juste à côté. En arrivant à New York, il va y avoir plein de cochonneries malheureusement. Je vais essayer de ne pas rencontrer des pêcheurs, des cargos. »

Jean-Luc Nélias, routeur à terre de Soedebo : « La route directe est face au vent, nous avons donc pris une option pour nous placer le mieux possible par rapport au vent et à la zone d’arrivée.

Thomas a été sur le pont toute la nuit, entre manoeuvres, changements de voiles, prise et lâché de ris… le vent était instable, mais malgré tout il a pas mal resserré l’écart au leader. D’ici New-York, ils vont rencontrer les mêmes conditions, mais en décalé car Thomas est un peu plus au sud. Ils seront confrontés à un anticyclone et risquent d’être successivement un peu ralentis.
Les derniers routages indiquent un passage de la ligne au petit matin (8h TU, 4h à New York, 10h heure française). François Gabart, lui, y sera plutôt dans la nuit. 
Les dernières heures seront difficiles, mais la perspective d’arriver et de conclure l’effort d’une semaine intense sont plutôt motivants ! »
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Yves Le Blevec (Ultime-Actual) : « Après la pétole de cette nuit, qui n’était pas simple à gérer, là c’est la guerre ! J’ai un ris dans la grand-voile et la trinquette devant, je vais à 30 nœuds en réel, mais à 25 – 26 nœuds seulement sur le fond à cause du Gulf Stream qui est contraire ! On jongle entre vent et courant avec Christian (Dumard, son routeur, ndlr), c’est assez complexe…
Ce n’est pas très drôle cette arrivée, on a beau dépenser beaucoup d’énergie et bien faire marcher le bateau, le gain au but est maigre. Mais le bateau va bien et moi aussi. L’objectif reste de ne rien casser d’ici l’arrivée. Il y a encore plus ou moins 48h de course et on n’est jamais à l’abri d’une bêtise. Je reste très attentif.
J’ai versé une petite larme ce matin pour mon dernier œuf-bacon… mais j’ai encore largement de quoi me nourrir ! Je continue à bien me reposer aussi : tout va bien, même si l’arrivée est longue…»
Gilles Lamiré (French Tech Rennes Saint-Malo) : « C’est une super course, je prends vraiment du plaisir ! J’essaye de bien me concentrer sur ce que je fais, je m’applique, parce que c’est dur. Et je me dis que si je fais tout bien, ça va continuer. On est très content de notre trajectoire. Yvan Bourgnon, qui me route, fait ça aux petits oignons et tout se déroule bien depuis le cap Finisterre. Quand il y a du vent, ça va bien, le bateau supporte bien la toile et peut tenir des cadences élevées. Le choix de cette route Sud a été mûrement réfléchi, ce n’était pas évident au début. Mais, on a pensé qu’au Nord, on n’éviterait pas le gros carton et surtout que les routages étaient peut-être un peu optimistes. Mais c’est vrai que je ne pensais pas faire une transat comme ça au portant au Sud des Açores, c’est incroyable ! »

The Transat bakerly : Macif en tête, attendu demain à New York

La Transat anglaise 2016 approche de son épilogue, celle-ci aura été atypique pour les ultimes avec une route sud au portant sur une bonne partie du parcours. Les trois skippers ont donc eu des conditions propices à la glisse, et à ce jeu, c’est de nouveau François Gabart sur le trimaran Macif qui s’en sort le mieux. Il a dominé son principal adversaire Thomas Coville sur cette route sud, l’écart est de 122 milles ce soir, et de plus de 400 sur Yves le Blévec (Actual).
Aujourd’hui, les trois solitaires ont dû enchainer les manœuvres pour passer un front puis batailler dans les petits airs. Macif a été le premier à s’extirper de cette zone de calme, Thomas Coville devrait suivre dans les heures à venir.
Les ETA s’affinent avec une arrivée de François Gabart prévue demain vers 18h (HF), Thomas Coville étant attendu mercredi à 5h et Yves le Blévec jeudi dans la soirée.
Photo Vincent Curutchet / DPPI / MACIF

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François Gabart (Ultime / MACIF) : « On est au près, ce qui n’était pas arrivé depuis le départ et ce qui, sur une transat anglaise, reste un scénario peu surprenant. Mais cela fait partie du jeu et on en aura à peu près jusqu’à la fin ! Il y a pas mal de vagues, c’est assez inconfortable. Ce matin en revanche au reaching, je progressais pleine balle et je faisais du saut de vagues. J’ai clairement ralenti le bateau. Cela ne m’arrive pas souvent, mais il y a des moments comme celui là, où tu arrives à la fin de la course, tu es en tête… et il ne faut pas prendre le risque de casser quelque chose à bord. Avec le vent qu’il y avait, ça pouvait monter à 35-38 nœuds, j’ai volontairement levé le pied. L’idée de finir, cela ne rajoute pas forcément de pression supplémentaire. Cette pression, on l’a depuis le début et c’est celle de naviguer sur le trimaran Macif : c’est un fabuleux bateau et il faut en prendre soin. Arriver au terme de la course, ça rajoute juste un peu de piment, d’autant que terminer la transat anglaise, ce n’est pas rien ! Là même si je suis en tête, on sait que tout reste possible dans les courses à la voile. Jusqu’à la fin, il peut se passer plein de choses. Il ne faut pas faire de bêtises ou de mauvaises manœuvres. »
Thomas Coville (Ultime / Sodebo) : « Depuis hier dimanche, c’est très physique ! La mer est forte, toute cabossée, ça tape bien et on navigue au près dans du vent fort. Au moment où je parle, Sodebo Ultim’ s’élève de toute sa hauteur, l’étrave décolle, la dérive sort carrément de l’eau et quand ça retombe, c’est impressionnant comme ça tape et ça vibre ! J’ai très peu dormi, jusqu’au bout ce sera très physique ! Quand tu es un compétiteur, tu joues pour la gagne. On fait un beau duel depuis une semaine avec François. Il reste encore un front à passer, il faut être prudent, faire attention au bateau, surtout ne rien casser. Une petite erreur peut vite arriver. La nuit dernière, c’était un peu la folle cavalcade, et on est revenu sur Macif… Il peut encore se passer des choses, alors je ne veux rien lâcher, ce n’est pas le moment ! »

Yves Le Blévec (Ultime – Team Actual) : « J’ai passé un front en fin de nuit : toute la garde-robe du bateau y est passée. Renvoyer deux ris d’un coup, c’est sport ! Au moins dix minutes de colonne de winch non-stop, il ne faut pas partir trop vite, sinon on n’arrive pas au bout. Là, en revanche, le vent est tombé, c’était prévu, mais ce n’est jamais agréable, d’autant que les deux autres Ultime n’ont pas eu ce passage-là, ils profitent de conditions plus favorables, c’est un peu frustrant, mais ce n’est pas si grave. Je ne cesse de me réjouir d’avoir le privilège de mener une telle machine à vent sur les océans. Plus je passerai de temps à bord, plus j’apprendrai. La mer est restée formée, le bateau bouge dans tous les sens… Ce soir, il y a un nouveau front avec 25 à 30 nœuds, il va passer vite. Et le vent tombe à nouveau ensuite. Je vois beaucoup plus clair maintenant dans la façon d’enchainer les manœuvres et de les anticiper, j’ai les schémas en tête, mais tous les enchainements ne sont pas possibles. Je continue à bien réussir à me reposer. Je mange bien, ce bateau est quand même beaucoup plus confortable que le Multi 50 dans la mesure où l’habitacle est sec et en hauteur. Le seul point noir c’est que je mangerai demain matin mes derniers œufs-bacon… »

© Th.Martinez / Sea&Co. Trimaran ULTIM “ACTUAL”

© Th.Martinez / Sea&Co.
Trimaran ULTIM “ACTUAL”

En Multi50, l’option sud de Gilles Lamiré (French Tech Rennes-Saint Malo) reste toujours avantageuse avec un avantage de 175 milles sur Lalou Roucayrol (Arkema) revienne du diable vauvert, vu qu’il est encore phagocyté par les airs anticycloniques…

Transat bakerly duel Coville Gabart en tête de flotte

Deuxième jour de course sur The Transat bakerly, Thomas Coville et François Gabart bataillent en tête. Les deux solitaires sont sur des routes identiques avec une vingtaine de milles  d’écart en latéral.

MACIF et Sodebo filent vers les Açores, à 30 nœuds environ, avec en point de mire l’anticyclone à négocier puis une dépression ensuite.

François Gabar, skipper de MACIF : « Il y a pas mal de vagues, c’est un peu chaud, il faut faire attention. Tu passes ton temps à rattraper les vagues et à un moment, il y en a une un peu plus haute qui te bloque. Hier au passage du Cap Finisterre, comme il y avait du vent et beaucoup de vagues, j’ai passé trois heures à la barre. J’ai réussi à bien dormir depuis le départ, j’ai trouvé ma petite organisation entre les écoutes dans la main, les alarmes et en gardant toujours un œil un peu ouvert. Sur un tel bateau, il faut garder toute sa lucidité, on ne peut absolument pas se permettre d’être dans le rouge. C’est donc impératif de trouver du temps pour se reposer en enchaînant les petites siestes. En moyenne, je dors entre 3 et 5 heures par tranche de 24 heures. Etre aussi proche après deux jours de course, c’est exceptionnel. Le fait d’avoir Thomas à côté du trimaran MACIF me pousse forcément à aller vite, ça ne donne pas envie de mollir. C’est aussi la compétition qui permet de se dépasser, de trouver des solutions pour grappiller quelques nœuds par-ci par-là. Grâce aux classements et parfois à l’AIS, je comprends tout de suite si ce que je fais sur le bateau me fait gagner en performance, c’est génial pour progresser. »

Thomas Coville, skipper de Sodebo : « Il y a grosse bagarre ! Ça croise, ça recroise, ça tricote, on empanne… ça joue bien avec Macif depuis le départ ! L’écart s’est stabilisé, ce qui est bon pour nous. François a un léger avantage en vitesse. Grâce au travail à terre de Jean-Luc et Sam (Davies) à la cellule routage, nous avons réussi quelques coups stratégiques un peu audacieux, comme au passage du cap Finisterre où nous avons choisi d’aller chercher le vent fort en passant à l’est de la zone interdite au trafic. C’était payant puisque je suis bien revenu sur François. C’est comme si on était en Figaro au milieu de l’Atlantique mais le fait d’être à deux trimarans Ultime, ça permet de pousser sur le bateau et ça va super vite à 37 nœuds de moyenne ! On est loin de la dernière Transat anglaise où nous étions passés par la route nord ! Là, je suis au portant, le flotteur sous le vent touche à peine l’eau avec le foil qui pousse. Sodebo Ultim’ est bien calé et stable. Il y a un peu de mer et le bateau fait quelques bonds mais globalement il passe les vagues de crêtes en crêtes. C’est le paradis de naviguer dans ces conditions. Les vitesses du vent oscillent régulièrement entre 17 et 24 nœuds, on s’adapte. »

Yves Le Blevec sur Actual pointe en 3ème position, cette transat lui permet d’appréhender la navigation en solitaire sur son ultime : « J’ai bien dormi, je suis en forme ! Hier, il a fallu beaucoup manœuvrer. Là, je viens de faire encore un changement de voile : c’est du job ! Chaque manœuvre prend environ une heure : il faut rentrer la voile, la ranger, renvoyer l’autre, dérouler, régler, etc. À chaque fois, cela ralentit beaucoup le bateau. Sur le dernier changement de voile, j’ai réussi à relancer avant la fin de la manœuvre, c’était pas mal.Hier après-midi, après la première nuit blanche et la journée à manœuvrer, j’ai eu un coup de mou, ça n’a pas duré. Je suis bien dans mon rythme, j’ai une bonne « patate » ! Nous allons continuer sur une trajectoire assez sud. La route est bien sûr plus longue que la route directe, mais le bateau sera plus rapide, ça se présente bien… »

En Multi 50 Lalou Roucayrol a choisi une route plus nord que  celle de Gilles Lamiré, deux visions d’aborder la prochaine dépression pour les deux marins.
Erwan le Roux est arrivé en Espagne, aidé par son équipe technique pour l’entrée dans le port. Le skipper espère pouvoir mettre en place une réparation de fortune avant de convoyer son trimaran vers la Bretagne.
 

Transat berkely J2 : Macif talonné par Sodebo, casse de flotteur pour FenêtréA Cardinal

Après une journée et demi de course,  deux des trois ultimes se détachent de la flotte, Macif mené par François Gabart et Sodebo de Thomas Coville qui talonne son adversaire à moins de 5 milles. Actual d’Yves Le Blévec ne peut pas lutter en vitesse pure face aux deux derniers nés des maxis multicoques et pointe à une soixantaine de milles au large du cap Finisterre. Les deux leaders ont mis de l’ouest dans leur route après le passage de ce cap.

http://www.youtube.com/watch?v=zgZh2ezDMhc

En Multi50, la flotte était emmenée par Erwan Le Roux (FenêtréA-Cardinal) jusqu’à 19h, le skipper a alors averti la direction de course de The Transat bakerly d’une avarie. Le 50′ progressait au portant dans 25-27 nœuds de vent de nord-est à une soixantaine de milles au large du Cap Finisterre, lorsque le flotteur bâbord a cassé. Le skipper de FenêtréA-Cardinal a sécurisé son trimaran, il fait désormais route au 135° à allure réduite et cherche avec  son routeur Jean-Yves Bernot, un port sur la côte portugaise ou espagnole Portugal ou l’Espagne qu’il pourrait rejoindre en sécurité.

Erwan le Roux,  skipper du Multi50 FenêtréA-Cardinal,«  J’étais sous ORC, avec deux ris dans la grand voile. Il y a eu un premier gros choc. Je n’ai pas vu ce qui s’est passé car j’étais sur la caquette. Après ça, je suis parti au tas comme si j’allais chavirer. Il a fallu que j’intervienne tout de suite. Je suis allé rouler le gennaker et c’est là que je me suis rendu-compte qu’il manquait à peu près la moitié de la partie du flotteur située entre le bras avant et l’étrave »

 

Thomas Coville (Sodebo Ultim’) à la vacation du matin : « C’était un départ pas forcément facile à exécuter car la ligne était proche du break water et surtout, le départ s’est fait juste après un front. Il fallait faire le bon choix de voile avant de partir. Il y avait beaucoup de choses à anticiper avant ce départ. Je n’avais pas envie de prendre trop de risques. Je voulais faire ça proprement. François était un peu tôt sur la ligne, il a dû faire une petite abattée. On était l’un à côté de l’autre, un peu comme dans les livres. C’était magique. François, qui est un peu plus rapide à cette allure, m’a distancé progressivement mais rien de dramatique. En fait, depuis quelques jours, on voit que la route Sud est un peu moins exposée que la route Nord. Et surtout pour la fin, avec cette porte des glaces assez Sud qui oblige à redescendre si l’on part vers le Nord. Cette route Sud n’a que des avantages. On était à vue jusqu’à Ouessant avec François, à 5-6 milles l’un de l’autre et on a passé le Fromveur à plus de 30 nœuds. »

Yves Le Blevec ; skipper d’Actual Ultim : « Je viens de passer la dorsale (la limite sud de l’anticyclone, ndlr), j’ai donc retrouvé du vent et je peux commencer à faire cap à l’ouest. Je ne chercherai pas à descendre plus vers le Cap Finisterre, il y a beaucoup de pression là bas, avec une mer très formée, ce ne serait pas productif.
Nous sommes en train d’échanger avec Christian
(Christian Dumard, son routeur, ndlr) car même si tout le monde a choisi la route sud, le jeu stratégique reste très ouvert !
La nuit s’est bien passée, mais j’ai quand même traversé quatre zones réservées au trafic des bateaux de commerce ! Je n’ai donc pas beaucoup dormi… L’horizon commence à s’éclaircir de ce côté-là.
Les deux grands Ulitms s’échappent logiquement, je fais ma course. Tout va bien à bord, j’ai fait très attention à chaque manœuvre, j’ai pris le temps nécessaire pour que tout aille bien. Je suis pour l’instant sous gennaker et grand-voile haute, je suis très attentif à tout. »

Bon départ pour The Transat bakely

Les skippers engagés sur la Transat anglaise ont pris le départ de la célèbre transatlantique à 15h30 aujourd’hui, un flux d’une quinzaine de noeuds a accompagné les solitaires vers le phare d’Eddystone avant de plonger au sud en direction de Ouessant.

Erwan Le Roux  sur son Multi50 FenêtréA-Cardinal était le plus prompt sur la ligne, suivi de près par François Gabart  sur l’ultime Macif.  Thomas Coville sur son Sodebo ultime suivait de près son principal concurrent, Yves le Blévec choisissait la prudence avec un ris dans la grand voile et était donc un peu plus en retrait sur Actual, le dernier des maxis trimarans engagés.

En Multi-50 le peloton était emmenés par Erwan Le Roux (FenêtréA-Cardinal) et Lalou Roucayrol (Arkema), Gilles Lamiré (French Tech) était légèrement décroché.

La route nord, un temps envisagée ne semble plus être au programme aujourd’hui, celle-ci devait emmener les concurrents à plus de 56° nord avec des conditions de mer difficiles, les équipages des multis ont opté pour une route plus sûre et moins casse bateau.

« Nous allons devoir gérer l’arrivée d’un anticyclone dans la nuit de mardi à mercredi, un moment déterminant sur la manière de le traverser. Nous risquons de rencontrer des dépressions actuellement en formation : chaque transition est importante et la bonne gestion du rythme de vie à bord sera prépondérante. » Lalou Roucayrol (Multi-50 – Arkema)

The Transat Bakerly yacht race. The start of solo transatlantic race start from Plymouth UK  - New York. USA. Image licensed to Lloyd Images

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Transat Jacques Vabre : FenêtréA Prysmian vainqueur en Multi 50, Ciela Village 2nd

Erwan Le Roux et Giancarlo Pedote sur FenêtréA Prysmian gagnent la Transat Jacques Vabre dans la catégorie Multi50, Erwan le Roux devient par ailleurs triple vainqueur de l’épreuve de même que son trimaran sur plans VPLP.  Ils ont bouclé le parcours en 16 jours 22 heures 29 minutes et 13 secondes à la vitesse moyenne sur l’eau de 15,06 nœuds.

Le duo aura dû faire face à des soucis de grand voile et a été contraint de naviguer sous voilure réduite depuis la latitude de Salvador de Bahia.

Ciela Village mené par Thierry Bouchard et Oliver Krauss avait également connu des soucis qui l’avait obligé à faire escale au Cap Vert pour réparer son étrave, les deux skippers arriveront dans la nuit et se classeront seconds.  Arkema a également dû s’arrêter pour réparer  à Salvador de Bahia pour renforcer sa coque centrale qui se délaminait.

Erwan Le Roux, skipper de FenêtréA Prysmian (Multi50)

« Chaque victoire est différente, celle-là a une saveur particulière surtout avec ce bateau. C’est trois victoires sur ce bateau. Ca m’a fait remonter beaucoup d’émotions. J’ai pensé à Hubert Desjoyeaux qui m’a accueilli pour construire le bateau avec Franck-Yves (Escoffier).Tous ces souvenirs remontent, c’est un bel hommage que je veux leur rendre aujourd’hui, c’est grâce à eux tout ça. Ils ont construit un super bateau, j’ai participé à la construction de ce bateau également. C’est vraiment un super bateau. Le plus bel hommage, c’est de gagner des courses. Je dédie à Hubert cette victoire, c’était un grand homme et un grand constructeur de bateau. Cette arrivée est pleine d’émotions. Ca n’a pas été facile, on a eu des moments difficiles, les 5-6 premiers jours… Nous vivions à plat ventre. C’était délicat. Vivre à l’intérieur, c’est compliqué. Les mouvements sont brutaux, on se cogne, rien que de mettre un ciré demande une demie heure. Faire des besoins basiques, ça demande une énergie folle. Tout ça, entre deux vomis. Une première semaine compliquée. Les conditions n’étaient pas forcément dures, mais c’était long. Cinq jours dans une machine à laver c’est dur.
Avec Giancarlo, ça c’est bien passé. Nous avons réussi notre objectif. Il y avait une belle histoire à construire dès le début. C’était de lui transmettre mon expérience du multicoque et mon expérience sur ce bateau. On a travaillé là-dessus toute l’année. On a cultivé la victoire, on a gagné toutes les courses de la catégorie Multi50. Notre objectif de duo gagnant est atteint ! Contrat rempli ! Le prochain objectif, c’est au mois de mai, en solitaire sur The Transat. La course mythique en solitaire qu’il faut décrocher avec le Multi50. J’ai déjà hâte d’y être. Ce sera encore une autre histoire. Mais dans l’immédiat je profite de cette belle victoire sur cette Transat Jacques Vabre. Le lointain, on verra après ! »

Giancarlo Pedote, co-skipper (FenêtréA Prysmian)
« C’est magique, je rêvais de cette course depuis 2001. J’étais préparateur. Tous les soirs, je rêvais sur les quais d’être au départ un jour. Et quatorze ans plus tard, je réalise mon rêve, et en plus de la gagner c’est beaucoup d’émotions. L’arrivée de ma première transat était également au Brésil, donc le mélange de tout ça m’a touché ces derniers 10 milles de course. On a échangé nos sentiments avec Erwan, c’était un bel échange, un beau moment. J’étais bien fatigué au début de la course, j’étais un peu stressé des conditions, car je n’avais aucune idée de ce que cela pouvait donner. J’avais le mal de mer. Je ne me suis pas nourri pendant 48 heures. C’était dur, je serrais les dents. Après, c’est incroyable mon corps a repris de l’énergie, s’est habitué. Cela m’a fait l’effet opposé, car après j’étais très en forme. Je ne me sens pas trop fatigué. »

Transat Jacques Vabre : Sodebo Ultim second, FenêtréA Prysmian large leader en Multi 50′

Thomas Coville et Jean-Luc Nélias ont pris la 2ème place de cette Transat Jacques Vabre dans la classe Ultime, ils auront mis 13 jours 47 minutes 38 secondes à la vitesse moyenne de 17,26 nœuds sur le parcours théorique, et à 20,51 noeuds sur la route réelle de 6 415 milles. Sodebo Ultim’ est arrivé 7h 18min et 11sec derrière Macif.

Thomas Coville, skipper de Sodebo Ultim’ (Ultime)

« Ce n’est pas du tout de la déception, c’est le plaisir de s’être bagarré jusqu’au bout. On s’est fait une première nuit d’anthologie où on s’est vraiment régalé en mettant tout le monde d’accord. On s’est fait une dernière nuit rien que pour nous avec le plaisir de pousser le bateau à fond. Ca été une très belle régate, on a vécu un truc génial à deux, c’est magique de naviguer à deux sur ces bateaux. En fait, cette nuit, je me rendais compte à quel point on est privilégié de naviguer sur un bateau comme Sodebo.
Merci à Sodebo de s’être engagé dans l’aventure Ultime, il fallait oser. J’ai aussi eu le privilège de naviguer aux côtés d’un monsieur comme Jean-Luc Nélias, merci beaucoup à Jean-Luc. Cette nuit, je me suis senti très à l’aise quand on attaqué avec Jean-Luc. Je me suis senti très à l’aise et très serein sur Sodebo avec cette conception du large. La Transat Jacques Vabre a été plutôt une course au contact avec des vents médiums. Quand on sera dans le Grand Sud, je serais content d’être à bord de mon Sodebo. Je suis bien sur mon bateau, je suis très fier de ce bateau. C’était un projet de toute équipe quand on a transformé Géronimo. L’objectif est d’aller en solitaire autour de la planète, là ce sera une autre histoire. Si on peut se payer le luxe de se faire des bagarres comme ça en solitaire à 5 ou 6 bateaux on va changer l’Histoire. On va prendre un plaisir incroyable, c’est mon objectif, prendre du plaisir sur l’eau et que la planète soit notre terrain de jeu. Quel enthousiasme de se retrouver pionnier d’une nouvelle histoire. C’est émouvant d’arriver, c’est une histoire qui s’achève et à la fois on pense à la suivante. J’ai proposé à Jean-Luc en passant la ligne d’arrivée de remettre ça dans deux ans, il m’a répondu oui tout de suite. »

© Yvan Zedda / Sodebo

© Yvan Zedda / Sodebo

Jean-Luc Nélias, co-skipper de Sodebo Ultim’

« Ca s’est joué sur un coup de tactique-stratégie sur un empannage au niveau du cap Vert. Macif avait du retard, en empannant plus tôt que nous il a neutralisé son retard. Ca nous a positionné à l’entrée du pot au noir dans un position un peu décalée, et on pensait que notre position était la meilleure, et finalement c’est la leur qui a le mieux marché. C’est souvent le cas dans le Pot au Noir : on tente des trucs et on n’est pas sûr que ça marche. Il est sorti du Pot au Noir et il a touché du vent plus fort que nous et en multicoque ça ne pardonne pas. Les écarts sont très importants, et la vitesse double, on quitte le système d’alizés, et petit à petit, il s’est échappé. »

A lire : l’interview des deux co-skippers Pascale Bidégorry (MACIF) et Jean Luc Nélias (Sodebo Ultim’) sur Voiles et Voiliers.

En Multi 50, Erwan Le Roux et Giancarlo Pedote sur FenêtréA Prysmian ont du effectuer une réparation sur la grand voile hier et ont concédé quelques dizaines de milles sur leurs poursuivants. Ils conservent cependant plus de 360 milles sur le second Arkema. Ciela pointe à 55 milles d’Arkema.

Transat Jacques Vabre : dernière ligne droite pour MACIF, attendu en vainqueur à Itajai

François Gabart et Pascal Bidégorry sont tout proches de remporter cette Transat Jacques Vabre sur le trimaran MACIF, récemment mis à l’eau et doté d’un seul foil. Il sont attendus la nuit prochaine. Ils sont parfaitement négocier  le front orageux transitoire qui leur barrait la route au petit matin  et ont accroché un flux de sud est établi, la dernière difficulté sera l’approche des côtes avec un vent qui mollira petit à petit.

Thomas Coville et Jean Luc Nélias sont actuellement en train de passer la fin du front, à 180 milles du leader, ce retard ne devrait pas leur permettre d’inquiéter leur adversaire.

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François Gabart, skipper de MACIF (Ultime)
« On a passé le front froid permanent du cabo Frio, et maintenant le climat a changé, il fait plutôt froid alors qu’hier, c’était grand soleil et 40°. Nous sommes contents, car maintenant, c’est tout droit jusqu’à l’arrivée. Il n’y aura pas de grands changements météo, juste des grains à gérer. On est à 27 nœuds et on a du vent fort à venir dans l’après-midi et le début de soirée, ça va aller vite. Nous allons arriver entre 22h et 24h TU (soit 23h et 1h heure française) à une quarantaine de milles de l’arrivée. Le vent mollit à l’approche de la côte. Après, les derniers milles vont être compliqués. On va donc arriver fin de nuit prochaine. »

En Multi 50, FenêtréA Prysmian poursuit sa course, seul en tête, les deux autres multis 50 en course pointant à plus de 400 milles à la sortie du Pot au Noir, alors que le leader passe l’archipel de Fernando de Noronha.

Erwan Le Roux, skipper de FenêtréA Prysmian (Multi50)
« Je suis en pleine séance de matossage, donc je déplace le matériel de l’avant vers l’arrière. Tout le matériel de sécurité, toute l’eau qu’il nous reste, le matériel de rechange, la TPS, la pharmacie, etc., une dizaine de sacs que je déplace de 7 mètres environ et que j’entasse à l’arrière et ensuite j’amarre le tout avec un filet pour que cela tienne en cas d’enfournement intempestif.
Par cette chaleur, je suis à poil pour le faire, car c’est une suée incroyable. On fait ça parce que l’alizé commence à adonner et on ouvre un peu les voiles et dans les allures travers au vent, le bateau aime bien être assis sur l’arrière de la coque centrale, c’est pour cela qu’on met tout le matériel derrière.
On est à 32 milles de Fernando de Noronha et on va passer à 15 milles dans son vent. Le vent va adonner, donc il va falloir bien régler le bateau, on sera au reaching, donc il va falloir bien conduire le bateau pour ne pas le mettre en danger et rester à l’endroit.
Il me semble qu’il nous reste entre 4 et 5 jours, je dois faire un point avec notre routeur Jean-Yves (Bernot). Je crois que ça va mollir un peu à l’approche de Récif. Je ne sais pas, mais je pense que c’est 4-5 jours.
Giancarlo est à la barre, dehors en ciré, car comme ça avance vite, dehors c’est trempé. »

Oliver Krauss, skipper du Multi 50 Ciela Village
« On a eu un Pot au Noir tranquille pour nous, on a réussi à avancer tout le temps. Donc a fait une bonne nuit, on pensait s’arrêter et finalement on a avancé toute la nuit. On est devant Arkema, il est beaucoup plus dans l’est que nous donc il va repasser devant assez vite. Arrivés à Recife, on verra comme on se situe vis-à-vis de lui. On peut encore faire quelque chose. On n’a jamais fait en-dessous de 8-10 nœuds, sauf sous un nuage, mais notre moyenne est de 8 nœuds. On a continué à avancer, donc c’est le principal. On approche de Fernando de Noronha, on est au largue, et on va être vent de travers pendant un petit moment, on va avancer à fond.
Thierry dormait et moi j’étais au poste de barre sous pilote et j’ai vu un gros truc devant, je croyais que c’était un paquet d’algues, on avançait à 20 nœuds et quand j’ai vu ce que c’était : une baleine, je ne pouvais plus rien faire, elle est passée entre les flotteurs et la coque centrale, ce n’était pas une grosse baleine, ça s’est bien passé, mais c’était quand même stressant. C’est la mer, tu peux te prendre des baleines, des containers, c’est le risque.
Il y a pas mal d’algues. On a fait un petit arrêt pour les enlever des safrans. On le sent à la barre, dès qu’on va à 10-13 nœuds, on sent tout de suite si on a quelque chose, si on en a beaucoup ou pas et on fait une marche arrière. Mais c’était surtout hier, là ça va.
Depuis hier, le ciel est étoilé, et ce matin il y a quelques petits nuages noirs qui passent, qui amènent de la pluie, donc on essaye de les éviter. C’est ciel bleu avec pas mal de nuages, soleil, ombre, cumulus, mer plutôt plate qui commence à clapoter. Beau temps, belle mer ! »

Transat Jacques Vabre : MACIF en position de contrôle, ETA samedi entre 2 et 4h

Statu quo dans la classe Ultime, l’écart s’est sensiblement réduit dans la journée passant de plus de 260 à 140 milles. L’équipage de MACIF a été contraint de s’écarter de la route directe puis d’empanner, alors que Sodeb’O Ultim faisait plus ou moins une route directe vers le Cap Frio. Thomas Coville et Jean Luc Nélias effectuent néanmoins depuis quelques heures un recadrage vers la côte, ils pourraient tenter de couper au plus court dans la zone dans le front en Baie de Rio afin de refaire leur retard sur MACIF qui reste cependant en position de contrôle.

Jean-Luc Nélias, Sodebo Ultim’ :
« Certes, cela peut tamponner à terre mais j’ai quelques exemples récents où on passe comme des fleurs (2 Volvo Ocean Race). Notre problème d’hier, c’est qu’effectivement, on essayait de prendre le plus de marge possible depuis 48 heures (25 milles) mais qu’une grosse zone de grains est venue de l’Est sur la zone, pile poil au moment de notre passage. On le voyait sur le fichier météo CEP ! On a eu 5 nœuds dans le 175° par moment… MACIF qui a dû passer pas loin de six heures avant nous et n’a pas connu cette zone. En fait depuis la sortie du Pot au Noir, il a toujours eu de la droite avant nous et ça c’est normal, mais aussi une TWS plus stable quand on voit la constance de sa vitesse. Nous, derrière, on a subit plusieurs baisses de vent proche de 10 nœuds sous des lignes de grains et au final, il nous a mis une branlée ! On n’est pas dans le même timing météo… A part s’accrocher et batailler et espérer des miracles (qui arrivent parfois), on ne peut pas changer ce que nous propose la météo. Mais on espère que la roue tournera… »

Thomas Coville, skipper de SODEBO (Ultime)

« Aujourd’hui c’est grand soleil, on a retouché du vent, on est sous trinquette, au portant le long du Brésil. La vie pourrait être meilleure, elle peut toujours être meilleure, mais elle pourrait aussi être plus terrible. On essaye d’être concentré sur ce qu’on fait. On a fait une belle balade ce matin, on s’est enchaîné 1h30 de manœuvres et quand ça déroule bien on est super contents. Avec Jean-Luc, on se connaît de mieux en mieux, on connaît aussi mieux le bateau et on se répartit beaucoup plus les rôles. Il manque un ingrédient, car la bagarre est un peu tombée. Ils (François Gabart/Pascal Bidegorry, ndlr) sont partis à la sortie du Pot au Noir. Le duel était magique à vivre.

L’un comme l’autre, on aime naviguer. Jean-Luc aura fait beaucoup de milles cette année, moi, j’en cumule aussi. On se retrouve là à régler le bateau au mieux, on n’a pas l’impression d’avoir mal fait, on n’a pas jeté l’éponge, tant que l’un de nous deux n’a pas passé la ligne tout est possible, même si les chiffres ne sont pas en notre faveur. On ne lâche rien et cela fera partie du plaisir de se dire qu’on a tout donné.

Au début on n’a pas eu de conditions viriles et on était plus à l’aise que MACIF. Dans du temps médium, il s’est avéré plus rapide. J’appréhendais que ce soit plus terrible. A la sortie du Pot au Noir et vue les conditions météos ils sont partis devant. Le jour du départ du Havre, quand j’ai vu qu’ils filaient avec le petit gennaker, je me suis dit que lorsqu’ils mettraient le grand ils allaient réellement filer encore plus. Et au large du Maroc, on s’est retrouvé avec eux. Pour un bateau neuf, ils ont encore pleins de chose à optimiser et ils iront sûrement plus vite après.

A la sortie du Pot au Noir, en étant sous le vent, on avait du refus, on était au près serré contrairement à MACIF qui avait de l’adonnante au large. Et nous avions moins de vent et plus de refus, donc les trajectoires étaient à l’opposé. C’était un choix subi à la sortie du Pot qui nous a emmenés plus à l’ouest que prévu.

Ca s’est joué sur un empannage en amont du Cap vert alors que nous étions en tête. A cet endroit-là tu ne pouvais pas savoir que tu allais rester 36 à 48h dans le Pot au Noir. Quand on fait cet empannage, MACIF fait cette option d’empanner à l’intérieur des îles, car ils avaient 35 milles de retard, on se retrouve sur la même latitude, ils annulent la dette, ils étaient plus dans l’est et cela s’est avéré être bon pour eux. C’est nous qui déclenchons cet empannage à l’intérieur et c’est eux qui en profitent. Hier, ils ont eu un vent forcissant et nous on avait une ligne de grain qui s’est formée. On est resté scotché pendant quelques heures. Il y a une zone à Cabo Frio où ça peut tamponner et après jusqu’à Itajaí, il peut y avoir de gros grains et peu de vent, donc si ça reste comme cela, ça peut bloquer devant et nous pouvons revenir. »

François Gabart, skipper de MACIF :
« Nous avons doublé notre avance sur les dernières 24h : ça allait assez vite, on avait du vent, 25 voire plus de 30 nœuds. Sodebo a eu une trajectoire plus serrée en approche de la côte, nous avons été assez surpris des dernières heures passées. On ne savait pas s’ils avaient un problème technique, s’ils devaient réparer mais ce qui est sûr, c’est que nous ne les avons pas attendus. Ce petit pécule d’avance, c’est à la fois beaucoup et à la fois rien du tout, ce sont des bateaux qui vont très vite et qui à 30 nœuds, peuvent faire 150 milles en 5h. Nous ne sommes pas à l’abri d’avoir des soucis techniques tant que la ligne d’arrivée n’est pas franchie, on est à fond et on ne lâche rien. Nous sommes tous les deux en forme, le bateau aussi, on essaye d’alterner pour éviter la fatigue inutile et traverser les dernières heures dans les meilleures conditions. »

Prince de Bretagne est arrivé ce matin en remorque à Lorient, le trimaran a ensuite été amarré à l’envers. L’opération de retournement n’a pas pu avoir lieu comme prévu dans l’après midi avec 25 noeuds établis, la manoeuvre aura lieu dès que possible. Lionel Lemonchois et son team inspecteront ensuite la plate forme et le chantier de remise en état débutera. Le skipper espère remettre à l’eau le Maxi 80 en avril, la prochaine échéance étant la Transat Plymouth – New-York en mai.

En Multi 50′, Erwan le Roux et Giancarlo Pedote sont sortis du Pot au Noir et peuvent aborder sereinement la fin de course, avec une avance non négligeable sur Arkema, qui est au coeur de la zone de convergence intertropicale à l’est. Ciela Village sur une route plus à l’ouest pourrait effectuer un beau retour après son arrêt technique.

Erwan Le Roux, skipper de FenêtréA Prysmian (Multi50)

« C’est un Pot au Noir particulier, mais pour nous c’est fini depuis hier. Il nous a fait un sale tour avec un vent un peu inhabituel, et une sortie avec un vent de sud-ouest. Et c’est uniquement depuis ce matin qu’on a trouvé les vents de sud-est. Le bord en tribord n’était pas sympa, car nous étions face à la mer, il était usant ce bord pour nous amener dans le sud-est, beaucoup de clapot. Depuis qu’on a viré de bord, c’est un vrai bonheur, ça accélère gentiment, on a ouvert un peu les voiles, on est à 13 nœuds pour 9 nœuds de vent. La machine à fabriquer du vent est enfin en route.
On a eu des grains mais pas beaucoup de pluie. C’est surtout cette nuit qu’on a eu de la pluie. Et avec le vent apparent qui est assez élevé en multicoque tu es rapidement en ciré, donc la douche ce n’est pas pour maintenant.
Giancarlo a déjà passé l’équateur quand il a fait la Mini en 2004. Et moi mon premier passage, ça devait être sur la Transat Jacques Vabre en 2005 sur Gitana avec Thierry Duprey du Vorsent et on devait passer l’Ascension. Je me souviens que c’était tellement la galère dans le près que Thierry ne m’avait pas bizuté. Le près dans l’anticyclone de Saint-Hélène c’était réellement la galère. C’est mon souvenir de mon premier passage de l’équateur. On va faire une petite offrande à Neptune des petits gâteaux, ceux qu’on n’aime pas, car nous n’avons pas pris d’alcool à bord, donc pas de champagne pour lui. On a bien récupéré cette nuit, je pense qu’on va continuer à nous reposer. On est bien en forme, on est pas mal pour attaquer la grande ligne droite. »

Transat Jacques Vabre : MACIF creuse son avance

François Gabart et Pascal Bidégorry continuent leur route le long des côtes brésiliennes à plus de 28 nœuds de moyenne, avec près de 600 milles parcourus sur 24 heures. Ils bénéficient toujours d’un angle plus favorable et d’un peu plus de pression que leur concurrent Sodeb’O Ultim. MACIF possède désormais plus de 200 milles d’avance sur le duo Thomas Coville/ Jean Luc Nélias.
La situation devrait restée stable jusqu’à Rio, ensuite les deux Ultimes seront dans un système de transition jusqu’à l’arrivée à Itajai.

http://www.youtube.com/watch?v=M2A9pTAHwGY

Pascal Bidegorry, co-skipper de MACIF (Ultime)
« Nous, après la latitude de Recife, on peut tirer un peu plus sur la barre. Ça accélère un peu, mais c’est plus bruyant. Nous sommes à 90°-110° degré du vent, avec 18-20 nœuds de vent, ça allonge la foulée. Le vent est toutefois assez irrégulier, plutôt instable : il faut être un petit peu vigilant. C’est pas mal pour nous en termes de météo car on peut faire de l’écart par rapport à notre camarade Sodebo Ultim’. Le cabo Frio porte bien son nom : il fera un peu plus frais mais je ne pense pas que nous aller entre les plateformes de forage pétrolier qui sont nombreuse à ce niveau là du Brésil… En multicoque, ça change super vite et avec François on a bien compris que ça sert à rien de s’emporter : la dernière ligne droite n’est pas la plus facile et il peut y avoir des retournements de situation ! »

Jean-Luc Nélias, co-skipper de Sodebo Ultim’ (Ultime)
« C’est un peu ambiance shaker. On marche à 24-25 nœuds assez près du vent. On fait des sauts de vagues. Il reste encore un peu de tout droit jusqu’à Salvador de Bahia avec du portant et des empannages, un front froid au Cabo Frio. Est-ce qu’on passe à la côte ou au large ? Il y aura des options, des opportunités d’attaque, il ne faut pas lâcher. Il reste pas mal de milles, un peu moins de 2000. Sur une course de 600 milles, il peut se passer des choses. On reste combatifs, même s’il reste 2 bateaux à courir dans la classe, il faut être le premier. Le Pot au Noir était très énervant, nous n’avons pas eu une goutte de pluie ni de vent, nous avons mis 36 heures à nous en extirper. Il y a une part de réussite à la sortie du Cap Vert pour l’entrée dans le Pot au Noir

En Multi 50, la sortie du Pot au Noir semble proche pour FenêtréA Prysmian, la pari risqué d’Arkema dans l’est de la zone de convergence ne devrait pas être payant, l’équipage de Ciela Village espère donc pouvoir combler une partie de son retard suite à son pit stop au Cap Vert et espère pouvoir se battre pour la seconde place.

Oliver Krauss, co-skipper de CIELA Village (Multi50)
« Ce fut un pit-stop plutôt un peu long, un peu dur, on a finalement très peu dormi. Au début de la course, on ne s’attendait pas à être aussi bien, à aller aussi vite avec le bateau. Le côté positif est ce qui s’est passé jusqu’à maintenant : on est toujours là et avec le bateau. Comment on navigue, c’est une bonne question ? On fait plus attention quand le vent est un peu plus fort, mais avec de la retenue. On navigue comme si on naviguait avec les copains. »

Gilles Lamiré et Yvan Bourgnon sont désormais en approche de la Trinité sur Mer, ils devraient arriver au ponton vers 18H ce soir. Gilles Lamiré et Yvan Bourgnon ont sauvé le trimaran très endommagé suite à une collision avec un cointainer, le bateau devrait rapidement entrer en chantier.

Gilles Lamiré, skipper de la French Tech Rennes Saint Malo :  » Notre sport n’est pas un sport mécanique comme les autres. Si la course s’arrête quand on casse, il n’est pas question d’abandonner l’engin sur le bas-côté. Il faut ramener le bateau et l’on peut voir que c’est parfois toute une aventure ! Si on l’avait abandonné, il n’aurait certainement pas été récupérable et je suis bien content que l’on soit resté à son chevet. On a réussi à trouver le bon angle météo pour revenir à terre, et c’est une très grande satisfaction. »

Yvan Bourgnon, co-skipper de la French Tech Rennes Saint Malo: « Je suis très heureux d’avoir participé au sauvetage de ce navire. C’est un très bon bateau, très rapide et à l’aise dans le mauvais temps. D’ailleurs, avant de taper dans un OFNI, nous étions vraiment dans le match et je vois aujourd’hui, à l’image de l’avance des IMOCA dans la course, que notre option Ouest était vraiment la bonne. Cela me rassure sur le plan sportif et me met en confiance pour la suite. »

Lionel Lemonchois et son équipe devraient également rejoindre la terre ferme, le Jif Xplorer, qui ramène le Maxi80 Prince de Bretagne en remorque devrait arriver à Lorient dans la nuit.