Trophée Jules Verne : une dernière nuit musclée

Les deux maxis trimarans IDEC SPORT et Spindrift 2 sont attendus au large d’Ouessant dans l’après midi. Yann Guichard, Dona Bertarelli et leurs douze équipiers devraient précéder l’équipage réduit de Francis Joyon de quelques petites heures.

Photo Jean Marie Liot / DPPI / IDEC

Photo Jean Marie Liot / DPPI / IDEC

La nuit dernière a été plus difficile que prévu pour les hommes d’IDEC SPORT avec de nombreuses manoeuvres pour passer le front.

La nuit prochaine, qui sera la dernière en mer pour les deux équipages s’annonce musclée avec des vents de 25 à 30 noeuds et une houle de 5 à 6 mètres.

A l’issue de ce tour du monde, IDEC SPORT fera route vers Brest, où le trimaran devrait accoster en début de soirée, Spindrift 2 rejoindra son port d’attache de la Trinité sur Mer.

© Eloi Stichelbaut

© Eloi Stichelbaut

Dona Bertarelli, co-fondatrice de Spindrift racing et barreuse sur Spindrift 2 :
 » A 13h TU nous avons donc empanné juste à quelques milles de L’île de Sao Miguel aux Açores. C’est à ce moment là que Yann a choisi de traverser le front et de se retrouver ainsi au plus fort de la tempête. Il fallait bien le faire à un moment donné au risque de rallier le Portugal au lieu de la Bretagne. Le « bacalhau” on en a assez mangé sur ce tour du monde même si c’était un de mes plats préférés.

Le dévent des Açores passé, nous nous sommes vite retrouvés dans le vif du sujet : grosse mer croisée, vagues de 6 mètres par le travers et vent de plus de 30 nœuds.

Une fois de plus je suis émerveillée par la capacité de Spindrift 2 de filer sur l’eau et de traverser les vagues quasi sans effort. Cette machine tient la mer comme nulle autre ! Elle est taillée pour ça. Pascal (Bidégory) avait dû en rêver, fatigué de planter jusqu’au mât avec ses précédents bateaux. De là où je me trouve, je ne peux que le remercier !

Une fois de plus, sur ce tour du monde, nous sommes les spectateurs privilégiés d’un coucher de soleil magique.

Le ciel est bleu. Au loin, la trainée de nuages bas, plats, noirs si typiques d’annonce de vent fort. La mer est démontée avec des creux parfois si prononcés que l’on est pour quelques cours instants amenés en apesanteur. Une brume, épaisse, au ras des vagues se crée par les embruns : les nôtres, mais aussi ceux des vagues déferlantes.

Et puis soudain, alors que nous étions en pleine manœuvre pour réduire notre voilure, en un instant, tout est devenu rouge pourpre. Le ciel, la mer, les hommes du bord… Le soleil, en se couchant derrière cette masse nuageuse effrayante, nous a fait vivre un moment d’une rare beauté.​ « 

Francis Joyon :
«  Nous avons essayé de traverser à un endroit où il y avait un double front froid qui était à priori très facile à traverser. Cela ne s’est pas passé comme on espérait. On a été pas mal ralenti. On a même eu des vents inférieurs à 10 nœuds. On a beaucoup galéré à manœuvrer, à régler, à affaler des voiles, à renvoyer. Du coup on a perdu un petit peu de temps sur notre heure d’arrivée.

On a retrouvé un bon vent et le bateau va vite sous gennaker dans 28 nœuds de vent qui est en train de forcir. Il y a un beau ciel, une mer avec une grosse houle bretonne… très beau paysage marin. On a pris des fichiers de vagues et la houle grossit fortement en montant vers le nord. Si elle est dans l’axe du bateau ça va, si elle est un peu plus en travers ce sera plus embêtant. On surveille ça

On a lancé deux routages qui nous font arriver à 16 h TU à Ouessant. Après il faudra bien compter une heure et demie pour rejoindre le goulet de Brest. La manœuvre d’amarrage du bateau se passera de nuit. L’arrivée sera plus fin de journée que ce que j’espérais.

On est impatient d’arriver à terre et à la fois encore dans la marche du bateau. Nous sommes tellement habitués, depuis ces 45 jours, à faire marcher le bateau à fond que c’est une seconde nature. On ne peut plus s’empêcher de régler pour que le bateau soit au maximum de sa vitesse. Les gars sont aussi à fond tout le temps. Ils restent concentrés aussi, bien qu’ils pensent à l’arrivée à terre, comme moi. »

Trophée Jules Verne : pas de record cette année mais deux beaux tours du monde

Le chrono de Banque Populaire V est désormais dépassé pour les équipages de Francis Joyon sur IDEC SPORT et de Dona Bertarelli et Yann Guichard sur Spindrift 2.

En dehors d’une déception somme toute compréhensible pour ces chasseurs de records, les deux équipages auront bientôt accompli ce qui reste exceptionnel dans le monde de la voile, faire le tour du monde en environ 48 jours.

CREDIT : IDEC SPORT

CREDIT : IDEC SPORT

Les équipages vont devoir multiplier les empannages pour rester dans le front actif, en bordure d’anticyclone, les conditions se musclent petit à petit avec un vent qui se renforce et une mer qui grossit (6m de houle ce soir).

Francis Joyon prévoit une arrivée probable vendredi matin, dans la journée pour Spindrift2. IDEC SPORT rejoindra Brest, l’équipage de Spindrift 2 fera quant à lui route directe vers son port d’attache de la Trinité sur Mer.

Francis Joyon, skipper d’IDEC SPORT :
« Si on est à 100 % du potentiel du bateau, on peut même espérer couper la ligne vendredi midi. On verra bien si on y arrive. Nous avons alors mis en place le J1 qui est bien à partir de 30 nœuds. L’idée de notre montée en escalier est aussi de lui fournir du vent un peu plus fort et donc d’aller vite…L’idée de faire le meilleur temps du bateau, le Trophée nous échappe bien sûr, mais c’est aussi dans cette idée qu’on a gardé le grand gennaker aussi longtemps cette nuit. »

 

Trophée Jules Verne Jour 45

Alors que l’équipage de Banque Populaire V était proche de finir son tour du monde victorieux il y a quatre ans, il reste entre 1700 et 1800 milles à couvrir avant Ouessant pour Spindrift 2 et IDEC SPORT. Leur arrivée est toujours prévu vendredi.

CREDIT : IDEC SPORT

CREDIT : IDEC SPORT

Francis Joyon et ses cinq équipiers continuent de combler leur retard sur Spindrift, les deux trimarans filent à plus de 30 noeuds dans ce vent de Sud Ouest soutenu qui devrait se renforcer demain.

Francis Joyon, skipper d’IDEC SPORT :
« Nous sommes en bordure de l’anticyclone, c’est pourquoi il nous faut de temps en temps remettre cap vers le nord pour trouver un peu plus de pression. La mer est assez jolie, nous avons 25 nœuds de vent moyen sous un beau ciel bleu et nous prenons garde à ne pas trop nous approcher de l’anticyclone, tout en regardant ce qui nous attend dans les heures qui viennent.
Dès ce soir, les conditions seront difficiles pour nous . Le vent n’est pas un problème pour nous, on peut toujours réduire la voile pour le négocier. La grosse difficulté, ce sera l’état de la mer. Car quand le bateau commence à planter jusqu’au mât dans la vague de devant, nous n’avons pas d’autre solution que tenter de ralentir et faire le gros dos.
J’ai fait tourner un routage qui me donnait un temps de parcours relativement rapide… mais qui présentait aussi une hauteur de mer de 11 mètres avec la houle et la mer du vent ! Nous avions moins d’une heure à gagner en prenant cet itinéraire, donc nous allons logiquement opter pour une autre route… mais nous devrons tout de même y affronter des creux d’environ 6 mètres. »

 

Trophée Jules Verne Jour 44 : ETA le 8/1

Les deux équipages de Spindrift 2 et IDEC SPORT poursuivent leurs routes vers la ligne d’arrivée de leur tour du monde, même si ils ne sont plus en mesure de ravir le Trophée Jules Verne à Banque Populaire V.
Aujourd’hui ils ont pu incurver leur route vers le Nord Est et retrouver des VMG correctes, en contournant l’anticyclone des Açores, qui aura eu raison de leur espoir de record.
Les deux trimarans retrouveront une dépression dès demain avec des vents de secteur Sud-Ouest de 30-35 nœuds, voir 40 nœuds et une mer forte, avec une hauteur de houle de 6 à 7 mètres.

L’équipage de Spindrift 2 a clairement levé le pied depuis hier, ce qui n’est pas de le cas de Francis Joyon et de ses hommes qui mettent tout en oeuvre pour combler leur retard sur Spindrift 2 (100 milles séparent les deux multicoques ce jour) et accrocher le second temps autour du monde.

L’ETA probable pour les deux équipages se situe dans la journée du vendredi 8 janvier.
© Yann Riou/Spindrift racing

© Yann Riou/Spindrift racing

Francis Joyon, skipper d’IDEC SPORT :
« La nuit dernière, on s’est un petit peu énervés. C’est vrai que c’était une belle nuit, la mer était lisse, il n’y avait pas trop d’efforts. Tout ça permettait de faire de la vitesse sans trop faire travailler le bateau, sans prendre de risques.Et puis on a un bateau devant nous (Spindrift) qu’on aimerait bien rattraper. Petit à petit on profite de la rotation des vents pour tourner légèrement sur la droite avec eux.
On voit des vents de 40 à 45 nœuds sur les fichiers, ce qui présume de conditions de mer vraiment difficiles. On essaiera de bien se placer par rapport à ces dépressions mais bon… il n’y a pas vraiment moyen d’échapper à ce mauvais temps. Un moment donné, il faudra bien se retrouver dedans pour se rapprocher de la Bretagne. »
Photo Jean Marie Liot / DPPI / IDEC

Photo Jean Marie Liot / DPPI / IDEC

Dona Bertarelli, co-fondatrice de Spindrift racing et barreuse de Spindrift 2 :
« Jusque dans les derniers moments avant d’annoncer que le record n’était plus à notre portée, vos encouragements nous ont accompagnés.

Les fichiers météo ne nous ont pas menti. Nous voyions depuis un certain temps que le couperet allait tomber, sauf miracle. Mais à l’approche de l’Anticyclone des Açores, le miracle ne s’est pas produit. Force est de constater que nous devons le contourner par son Nord-Ouest et rallonger sensiblement la route.

Certes, c’est ce qu’avaient dû faire Loïck (Peyron) et ses hommes, cependant, nous n’aurons pas les mêmes conditions météo. Les tempêtes de ces derniers jours au Nord de la France et celles à venir que nous devrons gérer pour naviguer en toute sécurité, ne nous laissent aucune chance car la mer sera démontée. Et même si nous pouvions aligner les vitesses nécessaires, le retard accumulé ne serait pas repris en raison des miles restant encore à parcourir.

Notre objectif a toujours été de couper la ligne d’arrivée, de terminer le travail commencé le 22 novembre dernier et de boucler ce tour du monde. Rien n’a changé. Notre routage nous indique un passage de ligne prévue le 8 janvier en milieu de journée, ce qui donne 36h à 48h de retard, soit plus de 1 000 miles sur Banque Populaire V.

Alors, il y a un moment il faut se rendre à l’évidence. Cela n’a jamais été notre style de se voiler la face. Ne pas voir les raisons qui nous ont poussés à faire cette annonce, serait mentir aux gens qui nous soutiennent depuis le début de cette aventure et donner des espoirs sans lendemain.

Nous sommes là pour partager une aventure, une vraie et vivre les bons moments comme les moins bons, tous ensemble.

Ces derniers jours, votre joie et espoir à chaque mille gagné, nous faisait craindre de gâcher une fête que nous aurions, nous aussi, aimé prolonger jusqu’à l’arrivée.

Il en est ainsi et il n’y a pas de regret à avoir. L’aventure est tout aussi belle que forte et la partager avec vous est un privilège.

La fête, il y en aura tout de même une, du moins on l’espère si la météo est plus clémente cette fois-ci et nous laisse rallier notre port d’attache de La Trinité-sur-Mer.

Alors, à tous ceux qui en ont la possibilité, mes 13 compagnons de route et moi, nous vous disons : à très vite !​ « 

Trophée Jules Verne Jour 43 : Spindrift 2 et IDEC SPORT ne battront pas le Trophée Jules Verne

Yann Guichard l’a annoncé ce matin, les conditions météorologiques se sont dégradées devant les étraves de Spindrift 2 et le record n’est désormais plus envisageable.
Loïck Peyron et l’équipage de Banque Populaire V conserveront donc le Trophée Jules Verne, record autour du monde en équipage, au moins une année de plus.

Le record était encore possible hier soir mais l’anticyclone des Açores s’est étalé  dans la nuit, réduisant à néant les espoirs de pouvoir couper celui-ci sur une trajectoire moins ouest que prévu. La route du maxi trimaran se trouve donc sensiblement  rallongée et un système de haute pression secondaire va également barrer la route directe vers Ouessant.
L’atterrissage sur la Bretagne s’annonce également compliqué avec une succession de dépression et une houle forte. L’équipage privilégiera donc la sécurité pour son arrivée au large de Ouessant.

Yann Guichard et Dona Bertarelli ont déjà annoncé que le maxi trimaran Spindrift 2 serait de nouveau engagé sur le Trophée Jules Verne l’année prochaine en cas d’échec, nous aurons donc le plaisir de retrouver ce multicoque autour du monde l’hiver prochain.

© Eloi Stichelbaut

© Eloi Stichelbaut

Yann Guichard, skipper de Spindrift 2 :
« L’anticyclone des Açores continue de grossir et nous allons devoir faire route au Nord-Ouest pendant encore 1000 milles (1852 km) pour pouvoir le contourner et attraper les dépressions. Cela peut paraître difficile à comprendre car nous n’avons que 170 milles d’écart (samedi soir) avec le détenteur mais nous aurons 1000 milles de retard à l’arrivée dus à ce grand détour. Nous espérions toujours qu’une fenêtre s’ouvre pour faire route plus rapidement mais ce n’est pas le cas et il faut se rendre à l’évidence.

Il va falloir vraiment gérer l’atterrissage sur la Bretagne car les vents et la mer annoncés sont très forts. Nous ne sommes donc plus en mode record car on ne peut plus battre le Trophée Jules Verne, l’objectif est maintenant de passer la ligne d’arrivée à Ouessant en toute sécurité.

Il y a un peu de déception forcément, de ma part et de celle de tout l’équipage, mais nous avons tout donné depuis le départ, nous avons fait une belle course, l’ambiance à bord était fantastique et n’avons pas à rougir de notre performance.  Nous sommes arrivés avec 500 milles d’avance au Cap Horn mais la météo n’a pas voulu que ça passe jusqu’à l’arrivée. Tout le monde nous a soutenus du début jusqu’à la fin et ce n’est que partie remise pour tenter de battre à nouveau ce record du Trophée Jules Verne. »

Dona Bertarelli, barreur-régleur :
« Il y a forcément de la déception d’arriver aussi proche du but et de ne pas pouvoir concrétiser tout ce travail par un record. Cela est et restera une très belle aventure. Longtemps avant notre départ on connaissait les règles du jeu, la météo faisant office d’arbitre. Il faut savoir accepter ce sort. Maintenant, l’objectif est de boucler ce tour du monde et de retrouver toutes les personnes qui nous ont encouragés et soutenus tout au long de ce Trophée Jules Verne. »​

Francis Joyon et ses hommes sur IDEC SPORT, dans ce contexte, auront à coeur de réduire le plus possible l’écart avec Spindrift 2 et de boucler le tronçon Equateur-Ouessant le plus rapidement possible, en espérant empocher le meilleur temps sur ce dernier partiel.

Trophée Jules Verne Jour 42 : Spindrift 2 fixé demain sur ses chances de battre le temps de Banque Populaire V

Spindrift 2 a de nouveau parcouru 700 milles sur les 24 dernières heures au reaching dans l’alizé de nord ouest.

L’équipage contournera l’anticyclone des Açores vers 40 degrés Ouest, demain, celui-ci est peu large mais très étendu, ce qui contraint à ce contournement assez ouest. Outre ce phénomène somme toute fréquent (la trajectoire est semblable à celle du détenteur du record Banque Populaire V), la difficulté majeure de cette fin de parcours sera la bulle secondaire qui devrait se développer sur la route directe. Si les marins de Spindrift 2 parviennent à éviter cette zone de calmes, le record est jouable, dans le cas contraire, ils pourraient perdre une demi-journée et échouer. La situation devrait être plus claire demain ce qui permettra d’envisager une ETA possible.

Yann Guichard a déjà annoncé qu’en cas d’échec cette année, une nouvelle tentative aura lieu l’année prochaine.

© Eloi Stichelbaut

© Eloi Stichelbaut

L’équipage réduit d’IDEC SPORT poursuit sa route également à haute vitesse. Francis Joyon et ses hommes ne battront pas le record, ni leur adversaire Spindrift 2, mais espèrent améliorer le record de Groupama 3 et prendre le 3ème temps autour du monde. La situation après le passage de l’anticyclone des Açores pourrait également être un peu plus favorable que pour Spindrift, ce qui permettrait d’accrocher le meilleur partiel sur le tronçon Equateur-Ouessant.

Photo Jean Marie Liot / DPPI / IDEC

Photo Jean Marie Liot / DPPI / IDEC

Francis Joyon, skipper d’IDEC SPORT :
« Les conditions en Atlantique Nord sont propices à aller vite, avec cet alizé qui doit nous mener en deux jours dans l’ouest des hautes pressions qui barrent l’Atlantique à hauteur des Canaries. Nous devrions alors rencontrer de conditions de portant assez faibles mais suffisantes pour nous permettre de toucher les dépressions venues de l’ouest. L’arrivée sur la pointe de Bretagne s’annonce tonique. »

Trophée Jules Verne Jour 41 : réduction du retard

Les quatorze marins de Spindrift 2 ont sensiblement réduit leur retard aujourd’hui puisqu’ils pointent à moins de 300 milles du détenteur actuel du Trophée Jules Verne.
Ils progressent dans un flux de Nord-Est  leur permettant de tutoyer les 30 noeuds de moyenne sur les dernières 24h. La dernière difficulté sera le passage de l’anticyclone des Açores, pour l’instant, l’équipage suit une route semblable à celle de Banque Populaire V. Il faudra contourner ce dernier par l’ouest et surtout suivre l’évolution de la dépression après le passage de l’anticyclone. Si une route directe est possible, le record reste tout à fait envisageable, dans le cas contraire, la situation sera nettement plus complexe.

Le maxi-trimaran IDEC SPORT a franchi l’équateur aujourd’hui à  17 heures, 56 minutes  après 40 jours,  14 heures,  53 minutes de mer. Francis Joyon et ses cinq hommes d’équipage accusaient au passage du méridien 0 un retard de   708 milles sur le détenteur du record soit 2 jours, 12 heures, 7 minutes et 50 secondes sur le temps de référence et 1 jour, 1 heure, 22 minutes et 36 secondes sur Spindrift2.

CREDIT : IDEC SPORT

CREDIT : IDEC SPORT

Le record parait quasi impossible à battre pour ces six hommes, qui espèrent malgré tout inscrire leurs noms parmi les plus rapides autour du monde.

Francis Joyon, skipper d’IDEC SPORT :
« Nous avons bien rattrapé par rapport au timing prévu. C’est satisfaisant de voir que nous franchirons l’Équateur le 1er janvier.

Pour l’atlantique nord, la route la plus logique est celle que l’on suit d’habitude : on prend les alizés de nord-est, vent de travers puis on file vers un point au milieu de l’atlantique et on revient avec les vents d’ouest. L’hypothèse de serrer pour raccourcir la route, en passant vers les Canaries, n’est pas complètement exclue, mais nous sommes plus sur l’hypothèse du milieu de l’atlantique. »

Trophée Jules Verne Jour 41: passage de l’équateur pour Spindrift 2

Spindrift 2 vient de passer l’équateur après 39 jours 13 heures 31 minutes et 2 secondes, l’équipage navigue dans le Pot au Noir, large d’environ 250 milles et peu actif ce qui permet une progression du trimaran à des vitesses comprises entre 15 et 18 nœuds.
Yann Guichard, Dona Bertarelli et leurs douze équipiers devraient toucher les alizés d’Atlantique Nord dans la matinée demain.

Le retard sur le record est d’environ 530 milles et de 1 jour, 10 heures, 45 minutes et 14 secondes au passage de l’équateur sur le temps de Banque Populaire V.
Banque Populaire avait du effectuer un très large contournement de l’anticyclone des Açores et un passage très nord sur l’arrivée en Bretagne, certains routages prévoient une avance comprise de quelques heures à quasi une journée lors du passage de la ligne pour Spindrift 2 .

 

© Yann Riou/Spindrift racing

© Yann Riou/Spindrift racing

IDEC SPORT navigue désormais dans un alizé de sud-est établi au large de la corne brésilienne. Francis Joyon et ses cinq équipiers devraient passer dans l’hémisphère nord demain et enchaineront ensuite le Pot au Noir et l’arrivée sur la Bretagne. Les routages semblent relativement favorables en terme de vitesse pour l’Atlantique Nord, il est cependant peu probable qu’IDEC SPORT puisse combler son retard sur le temps de Banque Populaire V et sur son adversaire sur l’eau Spindrift 2.

CREDIT : IDEC SPORT

CREDIT : IDEC SPORT

Francis Joyon, skipper d’IDEC SPORT :
« Nous sommes sous un petit amas nuageux qui aspire un peu de notre vent, mais l’éclaircie est devant nous et nous n’allons pas tarder à reprendre notre course en avant. On a marché à plus de trente noeuds cette nuit, et retrouvé avec plaisir ces sensations uniques du bateau qui passe facilement dans la mer, bien soulagé par son foïl. Bien que jamais nous n’ayons connu de chute de moral, je crois que chacun a gardé en lui ses sentiments lors de ces sombres journées sans vent. L’alizé s’est bien renforcé, et les routages se montrent de plus en plus favorables. D’ici 4 ou 5 jours, nous serons de nouveau dans des configurations climatiques telles que vous les connaissez en France. L’alizé de nord-est est plutôt clément en terme de températures, mais les vents d’ouest dont nous avons besoin après les Açores sont à cette époque plus virulents. On s’attend d’ailleurs à subir du très gros temps pour l’atterrissage sur la pointe de Bretagne. »

 

VoileMulticoques.org vous souhaite avec un peu d’avance une excellente année 2016.

 

 

 

Trophée Jules Verne Jour 38 : le retard s’aggrave

IDEC SPORT a passé une nouvelle journée au ralenti en bordure de l’anticyclone de Sainte Hélène aujourd’hui. Les hommes de Francis Joyon n’ont que peu progressé et leur retard est désormais de plus de 1100 milles. Ils devraient retrouver un flux plus soutenu et accrocher les alizés dans la nuit.
Le retard est conséquent et les chances de battre le record s’amenuisent pour l’équipage d’IDEC SPORT, malgré un Atlantique Nord  quis’annonce plus favorable et un Pot au Noir peu actif.

CREDIT : IDEC SPORT

CREDIT : IDEC SPORT

Francis Joyon, skipper d’IDEC SPORT :
« Nous espérions tirer profit de notre beau décalage dans l’est après les Malouines, mais il nous a fallu refaire de l’ouest pour éviter de se faire encalminer, et donc affronter au près les flux de secteur nord le long des côtes brésiliennes.. Nous étions partis dans l’idée que l’anticyclone ne s’étalerait pas. Donc nous avons fait route assez loin vers l’est, pour couper le fromage, remonter et rejoindre les alizés. L’étalement de cet anticyclone nous a pas mal contrariés.

Une fois sortis de la dernière transition, nous aurons vent de travers. On regarde l’échéance du passage de l’Equateur. L’atlantique nord se présente plutôt bien, il sera assez rapide. » 

Pour Spindrift 2, les chances restent plus importantes, le trimaran navigue dans les Alizés au large du Brésil à environ 1000 milles de l’équateur et avec 717 milles de retard sur le record de Banque Populaire V.  La ligne de démarcation des deux hémisphères devrait être passer le 1er janvier. Yann Guichard croit toujours en ses chances, pour lui le record devrait se jouer à quelques heures.

Trophée Jules Verne Jour 36 : au près

L’objectif pour les deux équipages en lice pour le Trophée Jules Verne est de progresser vers le Nord. Spindrift 2 et IDEC SPORT progressent au près à une vingtaine de noeuds.
Spindrift 2 attend la bascule au nord-est qui permettra de faire route vers les alizés d’Atlantique sud.

CREDIT : IDEC SPORT

CREDIT : IDEC SPORT

IDEC SPORT devra pour sa part naviguer encore trois jours au près avant d’espérer bénéficier d’un flux d’est.

Le retard s’est aggravé pour les deux bateaux avec 435 milles pour Spindrift 2 et 638 pour IDEC SPORT.

Yann Guichard, le skipper de Spindrift 2 espère un passage de l’équateur avec 700 milles de retard. Les routages laissent à penser que le record de Banque populaire V peut encore être battu de quelques heures.