Trophée Jules Verne J6 : IDEC SPORT ralenti dans le Pot au Noir

Francis Joyon et son équipage réduit sont entrés dans la zone de convergence intertropicale (également appelé Pot au Noir) la nuit dernière. Depuis ils progressent à petite vitesse, au fil des grains, leur avance de 200 milles sur le temps de Banque Populaire V avant le Pot au Noir s’est réduite à une 60aine de milles ce soir.  L’Equateur devrait être franchi dans les heures qui viennent, dans les temps  du détenteur du Trophée Jules Verne.

Jean-Marie Liot / DPPI / IDEC

Jean-Marie Liot / DPPI / IDEC

Francis Joyon : « On est entré dans le Pot-au-Noir en début de nuit. On a bataillé avec des premiers grains, des premiers calmes, un orage un peu brutal avec une pluie intense. On est dans des conditions plus régulières avec un vent faible d’une direction inconnue pour nous. C’est du nord-ouest, donc une direction contraire à l’alizé.

On essaye de gagner vers le sud pour retrouver des vents plus normaux. L’Équateur en ligne de mire est un gros morceau qui déterminera notre temps. Cela dépend de ce Pot-au-Noir qui est toujours un peu capricieux. On attend le meilleur comme le pire. On ne sait pas trop.

Les conditions sont un peu molles, pas très rapides. Par contre elles ne sont pas casse-bateau comme la dernière fois. On échange avec Marcel, tout ce que l’on peut dire, c’est que l’on ne sait rien. On peut mettre 24 heures pour aller à l’Équateur, qui est tout près, comme on peut mettre quelques heures.

Les alizés sont en place, ils ont plutôt tendance à remonter doucement vers nous. Ça, c’est positif. La seule inconnue est qu’il y a une zone de transition entre les alizés de nord-est et ceux de sud-est et il faut qu’on arrive à la franchir.

C’est toujours mieux d’être positionné plus à l’est parce qu’après on a un meilleur angle avec les alizés, du coup on peut allonger la foulée. Ça c’est plutôt bien. Après on n’a pas eu vraiment le choix, parce que les fichiers indiquaient que la situation était plus dégradée dans l’ouest, donc on est passé là où c’était le moins pire. »

 

 

Trophée Jules Verne J3, IDEC SPORT dans les temps du record

Francis Joyon et son équipage ont paré les Canaries il y a quelques heures, après un peu plus de deux jours de mer. IDEC SPORT est dans les temps du record de Banque Populaire V, avec un retard qui s’amoindrit (39 milles ce soir) au fur à et mesure de la progression du trimaran vers le sud.

Jean-Marie Liot / DPPI / IDEC

Jean-Marie Liot / DPPI / IDEC

L’équipage devrait profiter du flux d’une vingtaine de noeuds jusqu’au Pot au Noir, avant d’atteindre la zone de convergence, il faudra poursuivre le bord vers l’ouest avant un empannage qui orientera les étraves du trimaran plein sud.

Francis Joyon : « Ça a glissé pas mal, on est content de notre progression. On a retrouvé une mer un peu plus régulière où le bateau passait mieux. Le vent est encore un peu nord pour être appelé de l’Alizé, mais cela devrait tenir jusqu’au Pot au Noir. On a prévu d’empanner dans une quinzaine d’heures et on fera route directement sur l’Equateur. Là on est sur des bords intermédiaires entre gennaker et J1 car le vent est beaucoup plus fort que prévu. On va renvoyer le gennaker pour voir si on a un petit progrès. »

 

 

Trophée Jules Verne d’IDEC SPORT J1

Francis Joyon et son équipage ont quitté les pontons de Brest à 6h30 ce matin et ont rejoint la ligne au large d’Ouessant. Ils ont pris le départ de cette nouvelle tentative de Trophée Jules Verne à 09h 19mn 00sec.

Pour battre le record de Banque Populaire V, il leur faudra être de retour avant le lundi 30 janvier 2017 à 23h 00mn et 53sec, le temps à battre étant de 45j 13h 42mn 53sec.

Après quelques heures dans des vents faiblards, IDEC SPORT a ensuite trouvé on rythme de croisière à environ 30 noeuds, le Cap Finisterre devrait être parer dans les heures à venir. Pour l’instant l’équipage a un retard de 50 milles sur le record.

Photo Jean-Marie Liot / DPPI / IDEC

Photo Jean-Marie Liot / DPPI / IDEC

Les mots des marins avant le départ

Francis Joyon : « Ce matin, les prévisions sont un petit peu meilleures que celles d’hier soir. On a des chances de rejoindre le vent de Nord favorable avec moins de risques de calmes. La situation est plus confortable. En termes de visibilité météo, on voit clair jusqu’au large de l’Uruguay environ, jusqu’à 6000 milles d’ici. On est têtu, l’objectif reste le même : être de retour en moins de 45 jours. On n’est pas des mathématiciens, il est toujours difficile de parler en pourcentages pour ce genre d’aventure. Mais on a une chance, c’est déjà beaucoup, et on est là pour la saisir ! »

Alex Pella : «  Pour cette dernière nuit à terre, j’ai dormi sur le bateau, j’ai de l’avance sur mes petits camarades, je suis déjà amariné ! Je ne suis pas le seul, mais on a tous vraiment envie de partir, d’autant qu’apparemment la fenêtre est belle. L’attente a été un peu longue. On a gagné en sérénité par rapport à la dernière fois. La première tentative, avec une sortie de 15 jours en mer, nous a fait vraiment du bien, entre nous comme vis-à-vis du bateau. C’était un très bon entraînement, et il est temps maintenant de partir pour de vrai. »

Gwénolé Gahinet : « On a eu quelques heures devant nous avant de quitter le port, ce départ était prévu et cela nous permet d’être plus serein. On va être rapide jusqu’à l’équateur, le début s’annonce très satisfaisant. En Atlantique Sud, c’est un petit moins sur des roulettes, mais les temps restent corrects jusqu’au cap Bonne Espérance et je me dis qu’on peut avoir de bonnes surprises. On a fait une bonne répétition la dernière fois, je ne me sens pas du tout stressé, bien prêt, au taquet ! »

Clément Surtel : «  La saison avance et les périodes de stand-by sont toujours un peu longues. Je suis vraiment content d’y retourner. Sur ce tour du monde, on a une bonne vision sur l’équateur, la vision sur Bonne Espérance se mettra, elle, plus en route dans les deux-trois prochains jours. Humainement, cela reste une aventure, on ne part pas en croisière, on part faire un tour du monde avec toutes ses difficultés. Mais je crois que l’engagement de chacun est réel, nous avons tous la bonne motivation pour aller chercher ce record. Sur le plan technique, on reste confiant. Maintenant, croisons les doigts pour que la météo nous laisse passer, c’est elle qui jugera. »

Sébastien Audigane : « Je suis dans l’état d’esprit d’un départ de Jules Verne. Je pars pour 43-44 jours, ce n’est pas anodin. Ce qui reste un peu particulier, c’est que cela fait seulement une semaine que je le sais. Il a fallu que je me prépare à 150 à l’heure, j’ai d’autant plus hâte d’y aller »

Bernard Stamm : « La situation est meilleure que la dernière fois pour partir. On a eu le temps de bien se préparer, de finir les trucs propres. On est plus serein pour cette deuxième. La dernière fois, je m’étais habillé au cas où ça partait, il y avait beaucoup d’incertitudes jusqu’à la décision. La situation météo s’annonce vraiment pas mal pour l’hémisphère nord, même si on a plus de doutes pour l’hémisphère sud. Mais il reste le temps pour que ça bouge et que cela se mette en place, on verra. C’est bien de partir de jour, c’est moins scabreux pour mettre les watts dès le début. Là, les indicateurs sont favorables pour l’équateur ; et à un moment donné, il faut y aller ! »

Départ demain pour une nouvelle tentative de Trophée Jules Verne our l’équipage d’IDEC SPORT

Francis Joyon et ses cinq hommes d’équipage, Bernard Stamm, Alex Pella, Clément Surtel, Gwénolé Gahinet et Sébastien Audigane, (qui remplace Boris Herrmann) se préparent ce soir à larguer les amarres du trimaran IDEC SPORT.
L’équipage est attendu tôt demain matin sur la ligne de départ de cette nouvelle tentative de Trophée Jules Verne (tour du monde en équipage). La ligne au large d’Ouessant devrait être coupée entre 7 et 8h.
Les premières heures s’annoncent musclées avec une grosse houle, Marcel Van Triest, leur routeur espère un passage de l’équateur en 5 à 5 jours et demi.

Photo Jean-Marie Liot / DPPI / IDEC

Photo Jean-Marie Liot / DPPI / IDEC

Quelle est la situation météo pour ce nouveau départ ?
Francis Joyon : « La situation n’est pas des plus faciles, mais elle est mieux que celle qui nous a vus partir la première fois cette année. On se prépare à partir plus ou moins tôt pour aller chercher le vent de Nord à l’approche de la pointe bretonne. Après une fois, qu’on l’aura attrapé, cela déroulera jusqu’à l’équateur. Le vent s’annonce mieux établi en Atlantique Nord que lors de notre dernière tentative qui a tourné court. Le vent au sud du Cap Vert paraît bien soutenu et le Pot au Noir semble beaucoup plus clair. »

Qu’est ce qui a changé depuis votre précédente tentative ?
F.J. : « Le bateau a bénéficié d’une petite remise en état classique. On a refait un avitaillement. La principale nouveauté depuis la dernière fois reste le changement d’équipier, avec la venue de Sébastien Audigane pour remplacer Boris Herrmann. C’est un local de l’étape, puisqu’il est Brestois. Il a déjà fait plusieurs tours du monde, il connaît bien ces grands bateaux, notamment IDEC SPORT à bord duquel il a déjà navigué.  Il n’arrive pas en terre inconnue. »

Comment appréhendez-vous ce deuxième départ en moins d’un mois ?
F.J : « On commence à être habitué, même si on ne va pas dire que cela devient la routine, il faut quand même s’arracher à la terre pour aller faire un tour du monde. Le fait d’avoir fait un faux départ, nous a permis d’avoir un entraînement à ce genre de situation. Concrètement, on espère être à l’équateur en 5 jours et demi. L’Atlantique sud reste encore un peu flou, tout n’est pas très bien établi. On peut espérer le meilleur comme le pire, mais au bout d’un moment, il faut y aller ! »

 

Thomas Coville dans les petits airs, départ possible demain pour Idec Sport

  • Thomas Coville fait face à un anticyclone au large des côtes sud américaines, qui ralentit sa progression vers le nord. Le skipper de Sodebo Ultim devrait retrouver un flux plus soutenu dans une douzainr d’heures qui lui permettra d’augmenter sa vitesse et de tirer des bords au large du Brésil.
    Thomas Coville, malgré ce ralentissement, conserve une avance confortable de plus de 1600 milles sur le record de Francis Joyon.

    © Yvan Zedda / Sodebo

    © Yvan Zedda / Sodebo

    A lire, l’interview du skipper sur Ouest-France, dans laquelle il revient sur son parcours.

  • Dix jours après son retour à Brest, le maxi-trimaran IDEC SPORT pourrait de nouveau quitter son quai dès demain pour une nouvelle tentative de Trophée Jules Verne.
    L’équipage mené par Franis Joyon est passé en code orange aujourd’hui, Sébastien Audigane remplaçant Boris Herrmann retenu par son projet IMOCA.
    Marcel Van Triest scrute les derniers modèles météos avant de lancer Francis Joyon et ses cinq équipiers autour du monde.

    Photo Jean-Marie Liot / DPPI / IDEC

    Photo Jean-Marie Liot / DPPI / IDEC

     

 

IDEC SPORT attendu à Brest ce week end

L’équipage d’IDEC SPORT fait route vers Brest, après l’abandon de sa tentative de Trophée Jules Verne, il se trouve actuellement à mi chemin entre le Cap Vert et les Canaries.
Francis Joyon et ses cinq hommes d’équipage espèrent atteindre Brest ce week-end, dimanche matin ou dans la nuit de samedi à dimanche.
Les marin s’attellent aux petites réparations lors de cette remontée, afin d’être prêts dès que possible à s’élancer sur une nouvelle tentative autour du monde.

Photo Jean-Marie Liot / DPPI / IDEC

Photo Jean-Marie Liot / DPPI / IDEC

Francis Joyon, skipper d’IDEC SPORT :
«  Nous sommes dans une zone de transition, dans l’alizé qui faiblit. Mais après cette période de calme, on doit attraper des vents dépressionnaires un peu plus au Nord, et remonter assez rapidement. On espère être à Brest dimanche matin, ou dans la nuit de samedi à dimanche si les conditions sont vraiment favorables.
À nous six, on en a franchi un paquet de Pot au Noir (Zone de Convergence  Intertropicale, ndlr). Je m’en souviens d’un qui avait été aussi virulent et aussi brutal avec des grains vraiment violents et des vents qui passent de 0 à 40 nœuds en quelques instants, mais cela reste très rare. D’autant que cette fois ci, cela a duré sur une vingtaine d’heures avant de se poursuivre sur une longue période de quasi calme. Au Pot au Noir, il reste une part de mystère… Rien de ce que nous avons eu n’était prévu ; ni par les fichiers, ni par les observations qu’on avait pu faire avant. On a décidé de faire demi-tour, de le retraverser en se disant qu’on allait déguster… Et en fait, dans la remontée, on a eu un Pot au Noir très rapide dans des vents réguliers et sans s’arrêter. C’était assez sidérant !
L’équipage a retrouvé sa bonne humeur après que chacun ait pris un peu sur soi pour accuser le coup dans son coin. Aujourd’hui, le bon naturel des uns et des autres a repris le dessus. On commence à regarder les nouvelles fenêtres météo possibles, il ne semble pas en avoir dans l’immédiat, mais de notre côté nous serons prêts. Il nous suffira juste de remettre deux semaines d’avitaillement à bord et on pourra repartir. »

Idec Sport fait demi tour et rentre à Brest

L’équipage d’IDEC SPORT, mené par Francis Joyon, après concertation avec leur routeur à terre Marcel Van Triest, a fait demi tour ce matin pour rentrer à Brest.

Francis Joyon, Bernard Stamm, Boris Herrmann, Clément Surtel, Alex Pella et Gwénolé Gahinet avaient pris le départ d’une tentative de Trophée Jules Verne il y a un peu moins d’une semaines. La fenêtre météo était clairement atypique, mais laissait envisager un temps correct à Bonne Espérance, et un bon enchainement pour débuter dans le Grand Sud.
La situation s’est cependant montrée moins favorable au fur et à mesure de la progression de l’équipage, avec un passage difficile des îles du Cap Vert, puis une évolution nettement défavorable au niveau du Pot au Noir. Celui-ci se révélait plus actif que les prévisions, plus large et en déplacement constant vers le sud, bloquant le trimaran a très petite vitesse.
Au moment du demi tour, l’équipage pointait avec 420 milles de retard sur le record de Banque Populaire V et celui-ci n’aurait fait que se majorer au fil de la descente vers Bonne Espérance, l’équipage a donc pris la décision de faire demi-tour, se laissant une chance non négligeable de pouvoir repartir si une nouvelle fenêtre météo se présentait. l

Photo Jean-Marie Liot / DPPI / IDEC

Photo Jean-Marie Liot / DPPI / IDEC

Francis Joyon, skipper d’IDEC SORT :
« Entre grains d’une violence inouïe, et des longs moments totalement déventés, j’ai beaucoup réfléchi hier avant de poser la question à Marcel van Triest sur l’opportunité de poursuivre notre tentative. Il s’avère qu’avec ce retard imprévisible pris à l’équateur, nous ne serons pas en mesure d’accrocher les dépressions en formation du côté du cap Frio, au large du Brésil. En continuant notre route, nous risquions fort de nous présenter à Bonne Espérance avec un retard insurmontable…
Nous ne renonçons pas. La possibilité de faire demi-tour fait partie de ce genre de défi, et nous l’avions évoquée dès notre départ de Brest le week-end dernier. Nous allons de nouveau traverser les zones à grains du pot au noir pour rallier Brest dimanche prochain, et débuter un nouveau stand by. »

 

Idec Sport et Sodebo Ultim en avance sur leurs records

  • Thomas Coville poursuit sa route dans un Indien toujours musclé avec une avance stabilisée à 360 milles sur le record de Francis Joyon. Il devrait passer la latitude des Kerguelen dans les 24 heures à venir.

     Photo Jean-Marie Liot / DPPI / SODEBO

    Photo Jean-Marie Liot / DPPI / SODEBO

Le skipper revient sur ces derniers jours : « Hier j’ai dû réparer la barre de transmission du safran sur le flotteur suite à un choc avec une baleine. Ça a tapé très fort et le safran s’est désolidarisé du flotteur. J’ai dû me mettre à cheval sur le flotteur. J’allais prendre une photo pour l’envoyer à mon équipe technique, quand j’ai senti mes jambes glisser, la sensation que j’allais y passer. Tu sais que si tu n’arrives pas à réparer le safran, c’est l’abandon. Mais j’ai tout de suite trouvé la bonne solution pour le refixer. Je suis rentré dans le cockpit, les jambes en coton mais avec la sensation d’une petite victoire.
Ici tu es juste toléré. C’est hostile. Hier il y avait vraiment de la mer et des creux annoncés jusqu’à 10 mètres. Je n’en ai pas vu mais c’était gros.
Ce matin avant de renvoyer le 3ème ris, j’ai dû aller en bout de bôme et je me suis trouvé dans un ruisseau de grêlons qui c’était accumulé dans cette grande gouttière. J’étais à quatre pattes pour avancer. Il commence à faire très froid. Ça piquait fort sous le grain de grêle !
Aujourd’hui, il fait assez beau, de plus en plus froid et le vent est toujours relativement soutenu – environ 30 nœuds – mais la mer s’atténue et ça te change la vie.
Tu as envie d’aller plus vite, mais ce n’est pas toujours prudent. Quand tu essaies, tu te rends compte que c’est n’importe quoi. Il fallait passer ce noyau de grosses vagues de 8-9 mètres, sans rien casser. J’avais la frustration d’être en dessous des routages et de ce qui était prévu, ce qui me met la pression.
Il faut être encore plus réactif que sur mon ancien bateau. Tu n’as pas le droit à la moindre erreur quand tu arrives en bas d’une vague à 40 nœuds, c’est juste colossal. Tu dois gérer tous les paramètres. Plus le bateau est grand et large, plus tu accèdes à des vitesses importantes et plus la marge d’erreur est faible. »
  • Après un début de Trophée Jules Verne difficile au coeur d’un centre dépressionnaire, Francis Joyon et ses hommes ont empanné hier vers minuit et ont repris une route sud. IDEC SPORT progresse à plus de 30 noeuds de moyenne depuis le milieu d’après midi.
    Après presque trois jours de mer Francis Joyon, Clément Surtel, Boris Herrmann, Alex Pella, Gwenolé Gahinet et Bernard Stamm ont repris l’avantage sur leur adversaire virtuel et détenteur du record, avec une avance de 4 milles qui va s’accroitre dans le heures à venir.
    L’équipage et Marcel Van Triest, le routeur à terre, vont maintenant s’atteler à négocier au mieux le passage des îles du Cap Vert, en espérant éviter les dévents provoqués par le relief.

    Jean-Marie Liot / DPPI / IDEC

    Jean-Marie Liot / DPPI / IDEC


     Gwénolet Gahinet : « Nous sommes en permanence en train de choquer et de reborder, toutes les 20 minutes. C’est exigeant ! »
    Clément Surtel : « Un départ, c’est toujours fort émotionnellement et celui-ci a été brutal. On s’en sort bien. On a évité le gros du vent. La mer se calme. On tient bien la feuille de route en bataillant avec des grains un peu mous. On attaque pour se sortir des grains. On est content de notre moyenne. Un peu de bricolage à faire mais rien de grave. On commence seulement à s’alimenter régulièrement, œufs au bacon pour moi ce matin. Pour l’instant on ne regarde pas trop les écarts, mais on reste concentré sur les conseils de Marcel. On est dans la bonne gestion du bateau, dans la mise en route de ce tour du monde. Avec le vent régulier, on va allumer.  Francis et Marcel échangent par mail et on discute entre nous. J’espère qu’il est content de nous»

Trophée Jules Verne, Idec Sport file vers les alizés

Francis Joyon et l’équipage du trimaran Idec-Sport poursuivent leur route au sud ouest, sur la bordure orientale de la dépression, qui les propulse à une trentaine de noeuds vers les alizés.

Le retard sur le record s’est stabilisé à 200 milles environ, après le passage de la molle sur les premières heures du record, le trimaran a couvert 700 milles depuis hier. Cet écart est conforme aux prévisions du routeur à terre, Marcel Van Triest, qui vise surtout le temps à Bonne Espérance.

Francis Joyon, skipper d’Idec Sport :  « Le passage du centre de la dépression, une douzaine d’heures après notre départ d’Ouessant, nous a un peu bousculé. Il y a eu beaucoup de manœuvres préjudiciables à la haute vitesse, avec une bonne douzaine de changements de voiles très fatigante, car nous ne sommes que 6 à bord de ce grand bateau. On a ainsi peu dormi et vécu sur nos réserves. »

 

Trophée Jules Verne, l’équipage d’IDEC SPORT s’engage avec une fenêtre météo inhabituelle

Francis Joyon, Bernard Stamm, Gwénolé Gahinet, Alex Pella, Clément Surtel et Boris Herrmann ont pris le départ du Trophée Jules Verne hier à  22 heures, 14 minutes et 45 secondes. Pour battre le record de Banque Populaire V, il leur faudra boucler ce tour du monde avant  le 5 janvier 2017 à 10h 56 mn et 38 sec (TU) à Ouessant.

Le début de ce record a été totalement atypique, habituellement, les équipages et les solitaires partant pour un record autour du monde s’élancent dans un flux soutenu qui les accompagne jusqu’au Pot au Noir. Ce scénario ne s’est pas présenté pour l’équipage d’IDEC SPORT qui a navigué  durant neuf heures dans des vents très faibles avant d’accrocher ce matin la perturbation qui leur a permis de plonger au sud ouest à vive allure.

Le trimaran va désormais parer le Cap Finisterre à plus de 30 noeuds, mais avec 185 milles de retard. Cette fenêtre inhabituelle laisse entrevoir au routeur Marcel Van Triest un temps correct à l’Equateur, de l’ordre de 5 jours et une douzaine d’heures, (l’équipage avait bouclé ce partiel en 5 jours et 1 heures en 2015), mais un chrono très intéressant à Bonne Espérance, de l’ordre de 13 jours et demi, avec la possibilité d’éviter de descendre trop sud dans la  zone de glaces.

Photo Jean-Marie Liot / DPPI / IDEC

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