Trophée Jules Verne, conditions musclées sur la route de l’équateur pour IDEC SPORT

L’équipage d’IDEC SPORT navigue depuis hier en bordure d’une dépression, dans un flux soutenu. La trajectoire du trimaran a obliqué vers l’est ce matin afin d’éviter le centre du phénomène météo, qui génère des vents de 45 noeuds. Ils ont donc retrouvé des conditions plus maniables et un flux moins soutenu.

Sébastien Audigane : « À donf’ dans la brise ! (…) Nous avons empanné pour nous éloigner du centre de la dépression et du vent trop fort… La mer est creuse, 5 à 6 mètres par moment, le vent souffle à 45 nœuds en rafale, mais on navigue « safe » vers des vents moins forts. L’équipage se porte bien et se remet tranquillement des dernières semaines du Grand Sud. Quelques albatros planent encore dans notre sillage. Dans quelques jours nous serons sortis de leur territoire ».

Ils devraient dans les heures à venir reprendre une route nord, afin de négocier l’anticyclone de Sainte Hélène, dans des vents mollissants.

Photo Jean-Marie Liot / DPPI / IDEC

Photo Jean-Marie Liot / DPPI / IDEC

Frrancis Joyon et ses hommes, vont désormais tenter, sous la houlette de Marcel Van Triest, leur routeur à terre, d’éviter les zones de calmes à venir et le vent fort potentiel sur la dernière partie du parcours, afin de gérer leur avance, qui se porte ce soir à 2100 milles (4 jours et demi d’avance).

Francis Joyon, skipper d’IDEC SPORT« On n’avait encore jamais fait ça, du portant sous deux ris-J2, les plus petites voiles. Mais on a été obligés de réduire énormément, la mer déferlait beaucoup, le bateau partait à 45° sur les vagues et il plantait en retombant. C’était très chaotique, et cela commence seulement à s’arranger un peu. Mais d’ici une dizaine d’heures, on devrait pouvoir sortir de l’influence de cette dépression qui a levé cette mer dans tous les sens. L’objectif pour nous va être désormais d’attaquer les alizés assez loin dans l’est de façon à avoir un bon angle pour remonter vers l’équateur ».

 

Trophée Jules Verne : le Hron en 26 jours, 15 heures et 45 minutes pour l’équipage d’IDEC SPORT

Francis Joyon, Clément Surtel, Sébastien Audigane, Bernard Stamm, Gwénolé Gahinet et Alex Pella sont franchi la nuit dernière, à 1 heure 4 minutes, le Cap Horn après seulement 26 jours, 15 heures, 45 minutes, leur avance était au passage du cap de 4 jours 06 heures et 35 minutes d’avance sur le temps de référence de Banque Populaire V en 2012 (30 jours, 22 heures et 19 minutes).

lls empochaient dans le même temps le   record intermédiaire de la traversée de l’océan Pacifique entre la pointe sud-est de la Tasmanie et le Cap Horn en 07 jours 21 heures et 14 minutes (le record était jusqu’ici détenu par Bruno Peyron en 2005 en 8 jours, 18 heures et 8 minutes).

IDEC-SPORT a parcouru jusqu’au Horn 18332 milles de distance sur le fond à très haute vitesse, 28,7 nœuds de moyenne.
La vitesse est moindre depuis quelques heures, du fait de la négociation d’une zone de transition au large des Malouines.

Francis Joyon, skipper du trimaran IDEC SPORT : « Il y a eu un moment d’euphorie particulièrement sympa !   Nous comptons sur la légèreté du bateau pour ne pas trop ralentir lors de la traversée des zones de transition peu ventées qui nous attendent.

En ce moment, on est dans l’Ouest des Falkland, avec du vent de travers assez fort de 30 nœuds. Le bateau va à 35 nœuds sur la route.  Arrivé au nord des Malouines, on va avoir une zone de transition et après on attrapera un vent de Sud-ouest qui permettra de remonter vers le Nord, pendant une journée et demi. Après, cela se compliquera à nouveau avec une nouvelle zone de transition beaucoup plus complexe. Les records ne sont jamais gagnés, surtout quand on voit un atlantique un peu complexe comme on a là.

On est hyper content du travail qui a été fait et de ce temps au cap Horn mais on reste ultra vigilent, ultra tendu. Cette nuit on a du s’arrêter pratiquement deux heures parce qu’on a eu un problème de cadène de gennaker. On ne pouvait plus rouler le gennaker. Cela a été une bagarre pour réparer. Rien n’est simple, rien n’est gagné avec un grand bateau comme ça, ultra exigent, ultra rapide. »

Trophée Jules Verne : IDEC SPORT au Horn cette nuit avec plus de 4 jours d’avance

Francis Joyon, Clément Surtel, Alex Pella, Sébastien Audigane, Gwénolé Gahinet et Bernard Stamm passeront le Cap Horn, le derniers des trois grands caps jalonnant ce tour du monde, cette nuit.
Ils auront alors, plus de quatre jours d’avance sur le temps du détenteur du Trophée Jules Verne, Banque Populaire V, ils décocheront donc le meilleur partiel sur le tronçon Ouessant-Cap Horn et également le record WSSRC de la traversée du Pacifique.
Francis Joyon et ses hommes auront donc un matelas confortable pour aborder la remontée de l’Atlantique.

Jean-Marie Liot / DPPI / IDEC

Jean-Marie Liot / DPPI / IDEC

 

 

Francis Joyon, skipper d’IDEC SPORT : « Nous sommes heureux de disposer d’un matelas conséquent d’avance au Horn. Un nouveau défi se présente à nous. Les fichiers météos ne sont pas encore très clairs quant à la nature de la sauce à laquelle nous allons être mangés, mais nous savons qu’une dure partie nous attend. »

Trophée Jules Verne : 3 jours et demi d’avance à 1300 milles du Horn

L’équipage de Francis Joyon a débuté ses premiers empannages qui les mèneront vers le Horn, distant de 1300 milles. Ils vont devoir enchainer ces manoeuvres afin de parer le dernier cap de leur tour du monde, une nouvelle zone de glaces se présente sur la route du trimaran, l’équipage passera donc au sud de cette zone située par 86° W et 57° S.
Ils naviguent désormais au portant dans un flux un peu plus soutenu qu’hier à des vitesses d’une trentaine de noeuds, ils devraient conserver ces conditions pendant 48h. Il possèdent actuellement plus de 1500 milles d’avance sur le record de Banque Populaire V, soit 3 jours et demi.

Photo Jean-Marie Liot / DPPI / IDEC

Photo Jean-Marie Liot / DPPI / IDEC

Francis Joyon, skipper d’IDEC SPORT : « Là, il y’a un peu de visibilité, ce qui est hyper appréciable quand on navigue dans ces endroits là. Le jour se lève, le bateau file à 30 nœuds sur un bord de portant. On ne va pas tarder à empanner. On est  sur un bord de glisse, avec le gennaker, la grand voile haute. On met même un petit bout de trinquette pour appuyer de temps en temps. On est réglé comme si on était en régate en baie de Quiberon, c’est pareil. On va faire notre possible pour  contourner cette zone de vents faibles (à proximité du Cap Horn) par le nord. On sait que cela ne va pas être simple jusqu’au détroit de Lemaire et qu’il y aura forcément un moment difficile avec des calmes et peut-être même un peu de vent debout. On va se confronter des petits phénomènes qui ne sont pas prévisibles. On espère encore creuser de l’avance. L’Atlantique reste un océan avec beaucoup d’incertitudes, il faut accumuler des milles d’avance pour augmenter nos chances pour la ligne d’arrivée »

Alex Pella :  « C’est une manœuvre qui dure un bon quart d’heure. C’est un grand bateau, on n’est pas nombreux, les efforts sont donc importants. Cela nécessite un peu de synchronisation entre nous. On essaye le plus possible de  « gyber » en nous calant avec le rythme des changements de quart pour être jusqu’à cinq sur le pont ».

 

Trophée Jules Verne, 1200 milles d’avance, le Horn dans 3 à 4 jours

Francis Joyon, Alex Pella, Sébastien Audigane, Gwénolé Gahinet, Clément Surtel et Bernard Stamm sont sur une route très sud, à 59°, de façon à passer sous un anticyclone, en conservant une vitesse correcte. Ils évoluent ce soir à 25  noeuds, avec une configuration de voilure maximale (grand gennaker et GV haute) et avec une avance conséquente sur le record de l’ordre de 1200 milles .
Ils naviguent dans une zone de glaces, le routeur à terre Marcel Van Triest, tente de guider l’équipage dans cette zone dangereuse, ce qui n’a pas empêché les hommes de quart la nuit dernière de détecter un iceberg au radar, à seulement 6 milles du trimaran.
Cette veille est indispensable, afin de détecter les icebergs de taille « modérés » qui ne sont pas forcément visibles sur les images satellites ; ceci étant encore plus nécessaire dans le brouillard qui sévit sur la zone avec une visibilité réduite de l’ordre de 100 à 200m.

Le Horn se profile dans 3 à 4 jours, cependant la route ne sera pas de tout repos, puisque l’équipage devrait multiplier les empannages pour se recadrer, l’atterrissage sur le cap mythique s’annonce pour l’instant incertain, certains routages les faisant longer la côte pour arriver par l nord. Les prévisions s’affineront dans les jours prochains pour le passage du dernier grand cap de ce tour du monde.

Photo Jean-Marie Liot / DPPI / IDEC

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Francis Joyon, skipper d’IDEC SPORT :  « On est très content. Là, sous l’anticyclone, on tient encore une vitesse de 25 nœuds, ce qui est vraiment satisfaisant compte-tenu des conditions de petit temps que nous avons. Les gars sont au maximum sur les réglages. Dans la nuit, on a eu un écho nous indiquant un iceberg par 6 milles dans le travers. On a pu continuer sans devoir l’éviter.  Le terrain n’est pas miné jusqu’ au cap Horn. Il y a en fait un polygone de glace au nord de la mer de Ross. On est en train de s’éloigner de cette partie assez envahie par les icebergs. On va vers le mieux à ce niveau là, même si on doit rester hyper vigilant, les yeux en permanence sur le radar et sur l’horizon pour le barreur. S‘il veut  (le vent) bien alors se renforcer, nous pourrons tenir les mêmes vitesses, mais nous serons obligés de tricoter en tirant des bords. On va pouvoir revoir nos gammes en matière d’empannages. D’après certains routages, on pourrait avoir à en faire jusqu’à 50 avant d’approcher le Horn. Cela va nous réchauffer ».

 

Trophée Jules Verne : léger ralentissement avant une nouvelle accélération

Francis Joyon et ses équipiers ont mis un peu de nord dans leur route, afin de négocier au mieux une zone de transition entre la dépression qui les a accompagné depuis Bonne Espérance et une nouvelle dépression en formation.
L’équipage empannera dans la nuit, pour redescendre sur l’avant du nouveau système qui devrait accompagner IDEC SPORT dans les jours à venir.
L’avance sur le record est ce soir de 830 milles.

Photo Jean-Marie Liot / DPPI / IDEC

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Francis Joyon, skipper d’IDEC SPORT : « On est déjà dans le Pacifique, on a à peine le temps de le réaliser ! La dépression qui nous accompagne depuis une éternité va s’arrêter là. Notre idée est de faire route au Nord, de faire un empannage et de redescendre sur une autre dépression plus en avant. Il s’agit de passer dans un autre système. On a déjà renvoyé toute la toile. On n’avait pas revu la grand-voile haute depuis si longtemps. On va sûrement refaire un peu de gennaker dans la nuit jusqu’à ce qu’on retrouve la dépression et qu’on remette les plus petites voiles. »

 

Bernard Stamm : « C’est quand même incroyable de faire un tout droit comme ça, c’est fou ! Cela s’est vraiment bien enchaîné pour nous. Après cette zone de transition, on va toucher un nouveau flux et on va surtout pouvoir faire de nouveau cap au sud-sud-est. Et tout cela s’annonce plutôt bien, et jusqu’au Horn, même s’il y aura plus de manœuvres à faire ».

Trophée Jules Verne : IDEC SPORT à mi-parcours en moins de 20 jours

IDEC SPORT a passé la mi-parcours ce soir en moins de 20 jours , Francis Joyon et ses hommes ont déjà parcouru plus de 13300  milles sur le fond à 28,7 noeuds de moyenne (11160 milles sur l’orthodromie à plus de 24 noeuds de moyenne).

Ils décrochent un nouveau temps de référence Ouessant- Tasmanie, en 18 jours, 18 heures et 31 minutes.

Les six hommes de l’équipage du maxi trimaran naviguent désormais au sud de la Nouvelle Zélande avec une avance de 1077 milles sur le record de Banque Populaire V, avec une nouvelle journée à plus de 800 milles.

Jean-Marie Liot / DPPI / IDEC

Jean-Marie Liot / DPPI / IDEC

Les conditions de mer restent musclées avec 5m de houle et une mer déferlante, le skipper a du calmer les ardeurs de ses barreurs, qui poussaient le trimaran géant dans ses retranchements.

Francis Joyon, skipper d’IDEC SPORT :  « Nous tentons de battre des records de vitesse, mais nous nous triturons les méninges depuis 48 heures pour essayer de ralentir le bateau tout en le préservant. J’ai du limiter la vitesse maximale à 40 nœuds » parce que les garçons exagèraient tellement qu’on était à la limite de l’autodestruction du bateau. J’ai dû calmer un petit peu le jeu. Nous bénéficions aujourd’hui d’un très bon angle au vent qui souffle toujours à une trentaine de nœuds, avec une mer qui pousse dorénavant sur l’arrière du bateau. Les embruns déferlent moins sur le barreur, et la conduite du bateau devient plus confortable que lors des deux derniers jours .»

Francis Joyon et le routeur à terre, Marcel Van Triest, essayent désormais de trouver la meilleure route sur le Pacifique pour rejoindre le Horn. En dehors d’un anticyclone à la mi-océan l’équipage ne devraient pas connaitre de grosses difficultés météorologiques.

 

Trophée Jules Verne : plus de 1000 milles d’avance pour IDEC SPORT

Francis Joyon et ses cinq équipiers poursuivent leur trajectoire au sud de l’Australie, en conservant de belles moyennes malgré un vent de travers moins favorable qu’il y a quelques jours.
L’équipage a incurvé sa route il y a 48 heures, les emmenant à 54° sud, ce qui leur permet de gagner des milles sur le record avec ce soir 1002 milles d’avance sur le record de Banque Populaire V.
IDEC SPORT a accroché hier un nouveau record (non homologué par le WSSRC) avec un temps de 17 jours, 6 heures, 59 minutes au Leeuwin soit 16 heures 58 minutes de mieux que le temps intermédiaire de référence datant de décembre 2011, détenu jusqu’ici par Banque Populaire V.

Dans les heures à venir, Francis Joyon et ses hommes accrocheront de nouveau un record intermédiaire (homologué WSSRC), après avoir passé la longitude de la Tasmanie, ils décrocheront alors le record de l’Indien avec un temps, et la meilleure performance sur le parcours depuis Ouessant.

Crédit : IDEC SPORT

Crédit : IDEC SPORT

 

Francis Joyon, skipper d’IDEC SPORT :  « Nous sommes en avance sur nos plus folles espérances Nous avons tiré le meilleur parti des conditions proposées. Le bateau, son excellent passage à la mer et son bon plan de voilure, associé à un équipage qui ne lâche rien, ont fait le reste. La route est encore longue et nous arrivons à un point de ce Trophée Jules Verne où hommes et matériel commencent à souffrir.  Passé le petit épisode un peu pénible de la nuit dernière, nous retrouvons un angle de descente au vent favorable, qui nous permet de gagner imperceptiblement vers le sud. Nous devrions glisser jusqu’à 54 degrés de latitude sud pour passer sous la Nouvelle Zélande. Marcel van Triest, notre conseiller météo à terre, est vigilant sur la position des glaces et il nous a rassuré sur ce point. »

La suite s’annonce favorable pour l’équipage du maxi trimaran, les prévisions sur le Pacifique avec un enchainement de dépressions, ce qui avait manqué l’année dernière.

Trophée Jules Verne, IEC SPORT file toujours à plus de 36 noeuds de moyenne

Francis Joyon, Bernard Stamm, Sébastien Audigane, Alex Pella, Clément Surtel et  Gwénolé Gahinet poursuivent leur route par 51° sud à très haute vitesse. IDEC SPORT file en effet à plus de 36 noeuds de moyenne depuis 48 heures avec des pointes à près de 45 noeuds, ce qui n’est pas sans danger, comme l’explique le skipper : « Il faut être sans arrêt sur les réglages et à la barre qui peut décrocher à tout moment, comme cela s’est passé –  une fois avec moi, une fois avec Alex -, dans des vitesses de l’ordre de 44-45 nœuds. C’est très sportif tout ça ! »

Les six marins du bord ne chôment donc pas afin de rester à l’avant de la dépression, pour gagner au plus vite vers l’est en évitant des conditions de mer difficiles s’ils étaient rattrapés par le phénomène météo.

Jean-Marie Liot / DPPI / IDEC

Jean-Marie Liot / DPPI / IDEC

Francis Joyon, skipper d’IDEC SPORT : « On essaye d’être proche des 40 nœuds. On est très motivés puisqu’il s’agit de ne pas se laisser rattraper par la dépression qui nous suit. Plus en arrière, on serait confronté à des conditions de vent et de mer plus difficiles qui nous rendraient beaucoup moins rapides. Il faut faire une moyenne de 36 nœuds pour rester devant et c’est vrai que 36 nœuds, ça y va… »

Bernard Stamm : « Le front froid dépressionnaire nous suit comme notre ombre. Et s’il nous venait de freiner, de traîner sur une manœuvre, il nous rattraperait. On changerait radicalement de décor. Raison de plus pour appuyer sur le champignon ».

Ce rythme effréné leur permet donc de naviguer dans des conditions relativement maniables pour leur trimaran, et de combler petit à petit leur retard sur leur adversaire virtuel, et détenteur du Trophée Jules Verne, le retard ce soir étant de 229 milles.

Francis Joyon : « Pour moi la marge globale sur le record reste excellente si on arrive à rester devant le front. Pour nous, c’est un peu maintenant que le Trophée Jules Verne se joue. Si on arrive à se maintenir devant, on garde une chance importante de le battre »

Ils devraient passer dans le sud des Kerguelen demain, ils naviguent dans des eaux froides, à quelques degrés, ils ont du éviter dans la nuit un iceberg détecté au radar.

 

Trophée Jules Verne : l’équipage d’IDEC SPORT réduit son retard

IDEC SPORT a passé la longitude du Cap de Bonne Espérance la nuit dernière à 4h47 après 12 jours et 19 heures, avec un peu moins de 22h de retard sur le temps du record de Banque Populaire V.
L’équipage mené par Francis Joyon a profité de conditions favorables,  à l’avant d’un système dépressionnaire, pour afficher un belle distance sur 24h avec  879 milles parcourus à 36,6 nœuds de moyenne, soit la 2ème performance mondiale, et la meilleure sur un Trophée Jules Verne.

Francis Joyon, le skipper espère combler le retard actuel de 340 milles au passage du Cap Leeuwin.

Photo Jean-Marie Liot / DPPI / IDEC

Photo Jean-Marie Liot / DPPI / IDEC

 

L’interview du skipper d’IDEC SPORT, Francis Joyon :

Des vitesses moyennes de 36 nœuds, un cap Bonne Espérance paré en moins de 13 jours, les performances d’IDEC SPORT doivent vous satisfaire ? 
Francis Joyon : « C’est vrai que nous allons vite. Avec les 879 milles parcourus sur les dernières 24 heures, on réalise la meilleure performance enregistrée sur toute l’histoire du Trophée Jules Verne. 12 jours et une poignée d’heures, notre temps de passage à Bonne Espérance est très correct. Ce n’était pourtant pas gagné au départ, mais nous avons su surmonter les obstacles qui nous ont freinés sur la route pour nous positionner à l’avant d’un front dépressionnaire à l’entrée des mers du Sud. Depuis, nous tenons des moyennes très élevées en toute sécurité. Nous sommes vraiment très contents de performances du bateau dans ces conditions. On vient d’ailleurs de refaire une petite pointe de 40 nœuds ! »

Vous  rentrez dans le dur du Grand Sud, les glaces ne sont-elles pas aujourd’hui votre principal obstacle pour suivre la route idéale ?
F.J. : «  À ce stade du parcours, on est obligé d’être en veille permanente et continue vis-à-vis des icebergs : au niveau du radar, comme sur le pont et à la barre. À terre, Marcel van Triest, notre routeur, suit également de très près la position des glaces. Il nous fait éviter les zones de concentration importante. Mais contrairement à notre tentative de l’année dernière, la route optimale passe, selon les routages, un coup au nord, un coup au sud des îles Kerguelen ; mais en aucun cas, elle nous fait plonger aussi sud que lors de notre précédente tentative de l’année dernière. On va bien sûr continuer de descendre, mais sans doute pas plus bas que les 52° Sud. »

Ces trois derniers jours, vous avez déjà comblé une grande par de votre retard sur le tableau de marche du record. L’Indien va-t-il vous offrir les conditions pour prendre de l’avance sur le chronomètre ?
F.J. : « Actuellement, il fait gris, on voit à 500 mètres, la visibilité diminue, la température extérieure est de 7°. Il y a toujours de la brume, et c’est normal dans cette partie du monde. Mais surtout nous bénéficions de conditions idéales pour tenir des hautes vitesses dans un angle de vent très favorable. La mer n’est pas encore trop formée. Hier, nous avons réussi à aller plus vite que le système de vagues qu’on a pu dépasser. Tout l’enjeu consiste à rester à l’avant du front dépressionnaire qui nous pousse. Plus en arrière, cela complique les choses dans des vent plus irréguliers et sur une mer plus croisée.  Si tout se passe bien, on peut espérer rattraper ce retard sous l’Australie, au niveau du cap Leeuwin. Actuellement, nous avons encore 30 nœuds, nous nous apprêtons à renvoyer un ris dans la grand voile pour bien suivre les évolutions du vent et maintenir le rythme le plus élevé possible. »