Trophée Jules Verne Jour 41: passage de l’équateur pour Spindrift 2

Spindrift 2 vient de passer l’équateur après 39 jours 13 heures 31 minutes et 2 secondes, l’équipage navigue dans le Pot au Noir, large d’environ 250 milles et peu actif ce qui permet une progression du trimaran à des vitesses comprises entre 15 et 18 nœuds.
Yann Guichard, Dona Bertarelli et leurs douze équipiers devraient toucher les alizés d’Atlantique Nord dans la matinée demain.

Le retard sur le record est d’environ 530 milles et de 1 jour, 10 heures, 45 minutes et 14 secondes au passage de l’équateur sur le temps de Banque Populaire V.
Banque Populaire avait du effectuer un très large contournement de l’anticyclone des Açores et un passage très nord sur l’arrivée en Bretagne, certains routages prévoient une avance comprise de quelques heures à quasi une journée lors du passage de la ligne pour Spindrift 2 .

 

© Yann Riou/Spindrift racing

© Yann Riou/Spindrift racing

IDEC SPORT navigue désormais dans un alizé de sud-est établi au large de la corne brésilienne. Francis Joyon et ses cinq équipiers devraient passer dans l’hémisphère nord demain et enchaineront ensuite le Pot au Noir et l’arrivée sur la Bretagne. Les routages semblent relativement favorables en terme de vitesse pour l’Atlantique Nord, il est cependant peu probable qu’IDEC SPORT puisse combler son retard sur le temps de Banque Populaire V et sur son adversaire sur l’eau Spindrift 2.

CREDIT : IDEC SPORT

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Francis Joyon, skipper d’IDEC SPORT :
« Nous sommes sous un petit amas nuageux qui aspire un peu de notre vent, mais l’éclaircie est devant nous et nous n’allons pas tarder à reprendre notre course en avant. On a marché à plus de trente noeuds cette nuit, et retrouvé avec plaisir ces sensations uniques du bateau qui passe facilement dans la mer, bien soulagé par son foïl. Bien que jamais nous n’ayons connu de chute de moral, je crois que chacun a gardé en lui ses sentiments lors de ces sombres journées sans vent. L’alizé s’est bien renforcé, et les routages se montrent de plus en plus favorables. D’ici 4 ou 5 jours, nous serons de nouveau dans des configurations climatiques telles que vous les connaissez en France. L’alizé de nord-est est plutôt clément en terme de températures, mais les vents d’ouest dont nous avons besoin après les Açores sont à cette époque plus virulents. On s’attend d’ailleurs à subir du très gros temps pour l’atterrissage sur la pointe de Bretagne. »

 

VoileMulticoques.org vous souhaite avec un peu d’avance une excellente année 2016.

 

 

 

Trophée Jules Verne Jour 38 : le retard s’aggrave

IDEC SPORT a passé une nouvelle journée au ralenti en bordure de l’anticyclone de Sainte Hélène aujourd’hui. Les hommes de Francis Joyon n’ont que peu progressé et leur retard est désormais de plus de 1100 milles. Ils devraient retrouver un flux plus soutenu et accrocher les alizés dans la nuit.
Le retard est conséquent et les chances de battre le record s’amenuisent pour l’équipage d’IDEC SPORT, malgré un Atlantique Nord  quis’annonce plus favorable et un Pot au Noir peu actif.

CREDIT : IDEC SPORT

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Francis Joyon, skipper d’IDEC SPORT :
« Nous espérions tirer profit de notre beau décalage dans l’est après les Malouines, mais il nous a fallu refaire de l’ouest pour éviter de se faire encalminer, et donc affronter au près les flux de secteur nord le long des côtes brésiliennes.. Nous étions partis dans l’idée que l’anticyclone ne s’étalerait pas. Donc nous avons fait route assez loin vers l’est, pour couper le fromage, remonter et rejoindre les alizés. L’étalement de cet anticyclone nous a pas mal contrariés.

Une fois sortis de la dernière transition, nous aurons vent de travers. On regarde l’échéance du passage de l’Equateur. L’atlantique nord se présente plutôt bien, il sera assez rapide. » 

Pour Spindrift 2, les chances restent plus importantes, le trimaran navigue dans les Alizés au large du Brésil à environ 1000 milles de l’équateur et avec 717 milles de retard sur le record de Banque Populaire V.  La ligne de démarcation des deux hémisphères devrait être passer le 1er janvier. Yann Guichard croit toujours en ses chances, pour lui le record devrait se jouer à quelques heures.

Trophée Jules Verne Jour 36 : au près

L’objectif pour les deux équipages en lice pour le Trophée Jules Verne est de progresser vers le Nord. Spindrift 2 et IDEC SPORT progressent au près à une vingtaine de noeuds.
Spindrift 2 attend la bascule au nord-est qui permettra de faire route vers les alizés d’Atlantique sud.

CREDIT : IDEC SPORT

CREDIT : IDEC SPORT

IDEC SPORT devra pour sa part naviguer encore trois jours au près avant d’espérer bénéficier d’un flux d’est.

Le retard s’est aggravé pour les deux bateaux avec 435 milles pour Spindrift 2 et 638 pour IDEC SPORT.

Yann Guichard, le skipper de Spindrift 2 espère un passage de l’équateur avec 700 milles de retard. Les routages laissent à penser que le record de Banque populaire V peut encore être battu de quelques heures.

Trophée Jules Verne Jour 34

L’équipage de Spindrift 2 a connu deux journées difficiles avec la découverte d’une zone délaminée sur la partie basse mât du trimaran, probablement suite à des efforts en compression, et aujourd’hui avec le passage d’un anticyclone qui a beaucoup ralenti la marche du multicoque.

Sur IDEC SPORT, l’équipage réduit mené par Francis Joyon navigue à haute vitesse en contournant l’anticyclone par l’est. Ils ont de nouveau croisé un iceberg de 700 m de long et ont pu admirer celui-ci à distance raisonnable.

CREDIT : IDEC SPORT

CREDIT : IDEC SPORT

Francis Joyon, skipper d’IDEC SPORT :
 » On espère éviter une partie des zones de calme engendrés par l’anticyclone qui nous sépare de l’équateur. Ce n’est pas simple. Maintenant nous sommes sur la route directe, mais deux ralentissements successifs nous menacent d’ici deux jours. Ceci dit, cela peut aussi bien se passer. On est un peu dans l’inconnu encore de ce point de vue. C’était un iceberg de 700 mètres de long et 100 mètres de falaise qui dérivait par 43° Sud. On voyait des pans de falaise de glace tomber dans la mer… c’était sidérant ! Sûrement un morceau de la banquise de plusieurs dizaines de kilomètres de long qui s’est fractionné en eaux chaudes. Il y avait deux autres grands morceaux à quelques milles de nous… « 

Trophée Jules Verne Jour 32 : passage du Horn pour IDEC SPORT

Francis Joyon et ses hommes ont passé le Cap Horn à 3h50 TU après 31 jours, 1 heure, 47 minutes et 38 secondes de navigation depuis Ouessant. Le retard  sur le temps du record est de 3 heures, 28 minutes et 50 secondes et de 21 heures, 40 minutes et 36 secondes sur Spindrift 2.

CREDIT : IDEC SPORT

CREDIT : IDEC SPORT

Francis Joyon, skipper d’IDEC SPORT :
« Il nous a fallu batailler ferme pour rejoindre le Horn, en tirant des bords de portant dans du vent faible sous les côtes chiliennes. Nous aurions signé tout de suite avant le départ pour ce temps de passage au Horn. Il nous permet de conserver intactes nos chances d’améliorer ce record. »

L’équipage de Spindrift 2 a choisi une route au plus court entre la Terre de Feu et l’île des Etats, et à l’intérieur des Malouines, dans des vents instables. L’objectif étant  d’attraper un front  au Nord de ces îles puis une dépression au large du golfe de San Jorge demain.

CREDIT : IDEC SPORT

CREDIT : IDEC SPORT

Le programme est le même pour les six hommes sur IDEC SPORT, qui ont cependant choisi une stratégie un peu différente pour le début de cette remontée de l’Atlantique. IDEC SPORT a ainsi laissé loin à bâbord les îles des Etats et devrait aller chercher la pression dans l’est.

 

Trophée Jules Verne Jour 31 : passage du Horn

Spindrift 2 a franchi la longitude du cap Horn ujourd’hui à 09h 09 avec une brise de secteur Ouest d’une vingtaine de nœuds. L’équipage de Spindrift a passé ce Cap après 30 jours 04 heures 07 minutes de mer depuis le départ de Ouessant, soit une avance  de référence de 18 heures 11 minutes sur le record de Banque Populaire, ils s’adjugent le meilleur temps sur le partiel Ouessant-Cap Horn.

Francis Joyon et les cinq hommes qui l’accompagnent sur IDEC SPORT devrait parer le Cap avant minuit, conservant un petit avantage sur le temps du détenteur du record.

Les deux équipages auront ensuite faire face à une phase un délicate jusqu’à demain dans une zone de transition avant de pouvoir accrocher une nouvelle dépression australe qui les accompagnera quelques jours.
© Yann Riou/Spindrift racing

© Yann Riou/Spindrift racing

Yann Guichard, skipper de Spindrift 2 :
 » Mon plus beau souvenir sera de passer ce cap Horn parce que, pour en avoir discuté avec ceux qui l’ont passé plein de fois, là il faisait soleil, la mer est plate, on a eu le temps d’apprécier, il y avait 15 nœuds de vent, on a longé toute la côte… Franchement, c’était fantastique. C’était assez magique. Dona a parlé avec le gardien du phare, c’était vraiment un moment sympa, tout le monde était réveillé et sur le pont. Cela marque un mois d’aventure qui s’est bien passée. Mon objectif depuis le départ était d’arriver au Horn dans les temps de Banque Populaire V, c’est chose faite, maintenant ça va être la météo qui va décider. Mais on a déjà fait un beau parcours, je suis ravi de mon équipage et de l’ambiance qu’il y a à bord, c’est vraiment top.

© Yann Riou/Spindrift racing

© Yann Riou/Spindrift racing

L’important c’était que ça se passe bien avec tout le monde, je crois que l’équipe est vraiment soudée, il y a une super ambiance, ça fonctionne bien, les quarts fonctionnent, le rythme est bon et on est ravi. Passer le cap Horn ensemble avec tout l’équipage et Dona ; c’est unique dans une vie d’aller voir ce caillou au bout du monde après 30 jours de plaisir partagé en mer. On a été entourés d’oiseaux tout l’indien et pacifique, c’était assez sympa. On a eu les albatros mais pas la grande houle. Sinon j’ai un stress matériel continu car je sais que si on finit, on sera dans les temps du record donc je veille à ce que le bateau soit en parfait état. C’est vraiment la gestion des hommes et de la machine qui me préoccupe au quotidien et qui est fatigant, usant mais aussi sympa.

Le schéma est assez complexe. On va essayer d’attraper une dépression dans 30 heures qui va nous amener jusqu’en Uruguay où, j’espère, il y aura un anticyclone à gérer. Des conditions pas faciles en Atlantique sud, mais c’est souvent le cas. C’est clair qu’on n’ira pas aussi vite que Banque Populaire V qui avait fait une trace assez rectiligne. Nous, ça va être plus compliqué mais il faut déjà sortir du passage de Le maire pour y voir un peu plus clair. Ça va être complexe à négocier. On devrait avoir une grosse dépression assez forte aux vents des Malouines dans quelques jours, mais ça va bien se passer. On est encore dans les temps, j’espère que ce sera toujours le cas à l’équateur. On aura surement perdu du terrain mais j’espère qu’on sera encore dans les temps pour essayer de battre le record quoi qu’il arrive. Je pense que ça va être vraiment serré jusqu’au bout.

Tu te rends compte qu’au delà du bateau, c’est vraiment la météo qui décide. Le jour où on arrivera à inventer un bateau assez rapide dans le petit temps pour dépasser les dorsales, c’est clair qu’on pourra faire 40 jours sur un tour du monde. Mais là, dans l’Indien et le P¬acifique, on a dû passer sept jours à buter dans des zones de molle où le vent revenait tout le temps par derrière. Avec IDEC qui revenait. Là, on a fait un petit break avec lui, il est peu bloqué derrière le front. C’est ça qui peut être frustrant, c’est qu’à un moment tu butes, tu butes, tu peux bourriner mais ça ne sert à rien d’aller vite puisque de toute façon tu vas buter sur un système. Mais ça, on ne peut pas y faire grand chose ! « 

CREDIT : IDEC SPORT

CREDIT : IDEC SPORT

Gwénolé Gahine, équipier sur IDEC SPORT :
 » Les dernières 36 heures ont été compliquées avec un grosse zone de pétole et pas mal de doutes sur la stratégie. Ce bord vers le nord, hier matin, n’était pas forcément le meilleur, donc pas mal de doutes. On est très soulagé d’avoir retrouvé le vent de nord-ouest qui permet d’avancer vers le but. On a hâte de voir le Cap Horn. « 

Francis Joyon, skipper d’IDEC SPORT :
 » Le retour du vent nous fait du bien. Nous faisons de nouveau des pointes de vitesse à 32 et 33 nœuds. Mais ça peut encore mollir en arrivant au cap. Disons qu’on a pour objectif de rester devant le chrono de Banque Populaire V. Je pense que c’est possible. « 

Trophée Jules Verne Jour 30 : le Horn demain

Les deux équipages s’apprêtent à passer le Cap Horn , en début d’après midi pour Spindrift 2 et vers 18h pour IDEC SPORT.

Les deux bateaux ont repris des milles sur le record de Banque Populaire V, qui avait connu une fin de Pacifique difficile.

CREDIT : IDEC SPORT

CREDIT : IDEC SPORT

Reste une dernière difficulté avant le passage du troisième cap de ce tour du monde, un centre dépressionnaire que Spindrift traverse actuellement et qu’IDEC SPORT doit contourner par le nord afin d’éviter 48h de ralentissement.

Les équipages auront ensuite un peu plus de 15 jours pour regagner Ouessant pour espérer battre le record. L’Atlantique Sud pourrait être moins favorable que lors du passage de Banque Populaire V.

Trophée Jules Verne Jour 27 : le gentleman agreement, un choix de routeurs

La journée a été difficile pour les deux équipages engagés sur le Trophée Jules Verne avec le passage du centre dépressionnaire hier et d’une dorsale anticyclonique aujourdhui. Spindrift 2 et IDEC SPORT ont du multiplier les empannages et les virements dans les petits airs pour parer ces difficultés, ce qui devrait être fait dans les heures à venir.

Ensuite les équipages pourront faire route directe vers le Horn, les routeurs prévoyant toujours un passage dans des temps sensiblement identiques à celui du détenteur du record, Banque Populaire V.

Concernant le gentleman agreement pour éviter de plonger au sud, cette décision a été prise en concertation avec les deux routeurs, Jean Yves Bernot et Marcel Van Triest qui estimaient trop dangereux d’envoyer les deux trimarans dans les glaces pour un gain minime.

Dona Bertarelli, barreuse de Spindrift 2 et co-fondatrice de Spindrift racing :
« Toute la nuit, nous avons bataillé en enchaînant les virements de bords pour rester dans un léger flux très instable en direction, oscillant de l’Est au Sud, d’une force de 3 à 8 nœuds.
Pas de quoi être effrayé ! Mais pour Yann et Erwan, ainsi que Jean-Yves, notre routeur à terre, c’est une une vraie prise de tête.
Après avoir passé une ‘molle’ relativement facilement, nous voici en plein jeu de l’élastique avec une dorsale qui nous bloque la route pour attraper du vent stable et plus fort en direction du Cap Horn. C’est un continuel ‘va-et-vient’ qui met les nerfs à vifs de tout l’équipage – un coup on avance, un coup on est arrêté, un coup on vire de bord et ainsi de suite. « 

© Yann Riou/Spindrift racing

© Yann Riou/Spindrift racing

Francis Joyon, skipper d’IDEC SPORT :
 » Nous avons gardé cap au sud dans de tout petits airs de secteur sud est, au près donc. Cette allure n’était pas un problème en soi car la mer est toujours très lisse. Mais nous avons connu des heures stressantes, car en configuration record, ces moments ont tendance à instiller le doute. Nous accélérons à présent, conformément à notre plan de bataille, et nous nous dirigeons vers une nouvelle zone de calmes à traverser ce soir, dernière épreuve avant de toucher le sud ouest qui nous emmènera jusqu’au Horn. « 

Marcel Van Triest, routeur à terre d’IDEC SPORT :
 » Les vents forts circulent très sud, et pour les atteindre, il nous aurait fallu plonger par 55 °Sud, au ras de la banquise. Hors de question. Il ne nous restait qu’un compromis, bancal comme tous les compromis, avec un contournement par le nord d’un premier obstacle matérialisé par un petit centre dépressionnaire. C’est ce que nous avons réalisé hier. Et nous allons aborder aujourd’hui le second obstacle sur notre route vers les grands flux du sud, constitué cette fois d’un anticyclone. IDEC SPORT va connaitre un second ralentissement, que nous espérons le plus court possible. Il y aura alors un virement à effectuer et ce sera le boulevard vers le Horn. IDEC SPORT retrouvera de hautes vitesses qui devraient lui permettre de parer le Horn dans le temps de Loïck Peyron en 2011. « 

Trophée Jules Verne Jour 25 : toujours en contact en bordure de dépression

Les deux trimarans ne se quittent plus, faute d’autre choix stratégique possible pour l’instant, ils naviguent toujours en bordure de la dépression qui s’essouffle petit à petit. Francis Joyon et ses hommes ont du effectuer quatre empannages aujourd’hui, contre deux pour l’équipage de Yann Guichard et Dona Bertarelli.
Les deux bateaux devraient de nouveau empanner dans la nuit, les vingt quatre prochaines heures s’annoncent difficiles dans des vents faibles et en partie au près. Un flux d’une vingtaine de noeuds est espéré vendredi.
Les routeurs des deux multicoques espèrent un temps de passage au Horn en environ trente jours, soit dans les temps du record.

CREDIT : IDEC SPORT

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Francis Joyon, skipper d’IDEC SPORT :
 » Nous sommes en train de contourner par le Nord une dépression qui s’étale un peu, qui est un peu molle. On reste pour le moment dans le flux de vent d’Ouest-Nord-Ouest, mais on va tricoter bientôt : on va tirer plusieurs petits bords pour réussir à contourner cette dépression et guetter un moment où nous pourrons plonger pour rejoindre un système anticyclonique plus au Sud. Pour passer d’un système à l’autre, c’est là où ce sera un peu compliqué : du petit temps, peut-être même du près. Il nous faudra donc réussir à bien tricoter pour rejoindre cet anticyclone, mais par contre une fois que nous serons dans ses vents réguliers, on pourra plonger en diagonale vers le sud et vers le cap Horn. Le cœur de la difficulté est pour dans 24 à 30 heures, quand on plongera plein sud pour couper au plus court la zone de calmes qu’il y a entre dépression et anticyclone. « 

 

Trophée Jules Verne Jour 24 : au contact après 25000 milles

Spindrift 2 et IDEC SPORT naviguent toujours à vue  au nord d’un centre dépressionnaire qui devrait les accompagner jusqu’à demain ou au mieux jeudi, il faudra ensuite plonger au sud pour éviter l’anticyclone du Pacifique.
L’écart latéral entre les deux bateaux est resté très faible entre 0,5 et 5 milles, les vitesses de progression sont identiques. La situation devrait perdurer demain, les options pourraient ensuite diverger, lorsqu’il faudra aborder l’anticyclone.

CREDIT : IDEC SPORT

CREDIT : IDEC SPORT

 

Francis Joyon, skipper d’IDEC SPORT :
 » Nous étions en début de nuit (ce matin heure française ndlr) à 0,5 milles de Spindrift 2. On ne s’attendait pas à régater d’aussi près après 24 jours de course. On est prêt moralement, on a même commandé une petite étude de glaces et quelques photos à CLS pour descendre très très sud. On est paré pour faire le plongeon dès qu’on aura réussi à franchir cette dépression dans le bon sens.

On va avoir malheureusement une transition très très difficile quand on voudra quitter cette dépression. Il faudra passer à travers une zone de calmes et on risque de souffrir. Si c’est du près, le bateau devrait pouvoir s’en sortir plutôt mieux qu’au portant. Au portant, avec très peu de vent, on a un petit peu eu du mal dans les transitions en atlantique. « 

© Yann Riou/Spindrift racing

© Yann Riou/Spindrift racing

Message du bord de Spindrift 2 :
Rencontre improbable en plein Pacifique Sud, hier soir, entre Spindrift 2 et Idec Sport. Les deux trimarans ne s’étaient pas croisés depuis leur base de la Trinité Sur Mer, et c’est, sans aucune espèce de concertation, qu’ils avaient quitté Brest et coupé la ligne de départ du Trophée Jules Verne à seulement deux heures d’intervalle (le 22 novembre dernier). 15 000 miles plus tard, on les retrouve, les voilà bord à bord au milieu de nulle part, dans leur quête de ce trophée. Le sentiment à bord de Spindrift 2 est partagé entre la surprise de se retrouver ici, et l’excitation de trouver un concurrent bien réel dans cette compétition où l’adversaire est normalement virtuel. Alors, c’est certain qu’il était plus confortable de voir Francis Joyon et son équipage à plus de 800 milles dans le sillage de Spindrift 2. Mais, en même temps, cette situation, inédite dans l’histoire du Trophée Jules Verne, apporte un intérêt supplémentaire au défi. Les équipiers de Spindrift 2 sont des compétiteurs, et cette sorte de course au sein du record n’est pas pour leur déplaire. Lorsque l’on interroge Yann Guichard sur la probabilité de continuer à naviguer au contact d’Idec Sport, celui-ci n’exclut rien. « Les bateaux sont proches en performance, et les options météorologiques possibles pour le Cap Horn ne sont pas nombreuses. Il n’est pas impossible que nos routes se croisent de nouveau dans les jours prochains. »